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Société Périllos ©

Au commencement était le 17

 

Six fois dix sept sur une tombe

Imaginons Saunière découvrant, un beau jour d’été 1885, la tombe de la ‘Dame d’Hautpoul’. Prétendument décédée un 17 janvier. Sans doute , même, l’avait-il remarquée auparavant car, natif de la région, il serait bien étonnant qu’il n’ait pas assisté à quelques enterrement à RLC. Son intelligence et son esprit d’analyse ne pouvait que lui avoir fait remarquer les divers ‘dix-sept’ visibles ou subtils que suggéraient le texte sur la pierre tombale :
- le dix-sept de ‘XVII JANVIER’
- le dix-sept estropié de 1781 dans MDCOLXXXI
- le dix-sept obtenu par l’addition des chiffres composant cette date 1+7+8+1=17
- les dix-sept mots correctement orthographiés, m^me s’ils présentent des anomalies, et non coupés : GIT NOBLE DE NEGRE DAME DE BLANCHEFORT AGEE DE SEPT ANS DECEDEE LE XVII JANVIER IN PACE
- le dix-sept obtenu en divisant le nombre total de lettres (119) par le nombre de lettres erronées ou anormales (7) : 119 :7 = 17 (est-ce un hasard ?).
- le mot ‘épée’ formé par les quatre lettres plus petites : pour un prêtre, cette arme blanche est tout d’abord l’attribut de certains saints, en l’occurrence, Saint Sulpice qui se fête précisément le 17 janvier.

Quand le dix-sept est VIXI

Les Romains vouaient un culte particulier au chiffres impairs, mais considéraient le 17 comme maléfique car son orthographe en chiffres romains est l’anagramme de VIXI signifiant « j’ai vécu » . Souvent un décès, chez les romains, était annoncé par « vixit » ce qui signifiait « il a vécu ». On note que pour les Napolitains et les Corses le nombre dix-sept est toujours entouré d’une crainte superstitieuse. Par exemple Bonaparte a reculé d’un jour son coup d’état pour qu’il se trouve, non pas le 17 Brumaire, mais le 18…
On peut supposer que Saunière ne pratiquait pas la superstition romaine au moment de tenter l’approche de l’énigme de la tombe de la Dame d’Hautpoul. Il devait savoir que cette épitaphe composée par l’abbé Bigou, avec ces allusions au dix-sept, ne pouvaient être interprétée, en ces temps et lieux, que par un prêtre, seul personne à détenir les connaissances bibliques suffisantes à ce travail.

Le 17 Biblique

Car, en effet, le dix-sept est avant tout un nombre biblique et cela, l’abbé Saunière ne peut l’ignorer. Certes de nombreux chiffres et nombres se trouvent, à un moment ou un autre, dans l’immensité des écrits bibliques… cependant force est de constater que dix-sept se trouvent souvent à des passages-clés et plus particulièrement lorsque Dieu punit l’homme.
Dans la Genèse, Yahvé impose à Adam : « mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car le jour où tu en mangeras, tu mouras sûrement ». Avertissement ô combien grave de conséquence en cas de désobéissance -que l’homme transgressera pourtant- et qui constitue le verset 17 du 2e chapitre.
Plus tard, lorsque le péché originel est commis, Dieu maudit l’homme et lui assène : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre au sujet duquel je t’avais donné cet ordre : tu n’en mangeras pas - maudit soit le sol à cause de toi ! Dans la peine tu t’en nourriras tous les jours de ta vie ». Au chapitre 3, verset 17, Yahvé conclue son imprécation par la célèbre parole : « Souviens-toi, homme, que tu es poussière, et à la poussière tu retourneras ». On retrouve cette phrase neuf fois dans la Bible sous diverses variantes.
La neuvième et dernière citation introduit le chapitre 17 du livre de l’Ecclésiastique ; A Rennes-le-Château, on la retrouve inscrite en latin sur le linteau de l’entrée du cimetière sur montée d’une tête de mort et de deux tibias entrecroisés.

Litanie pour un 17

Yahvé furieux d’avoir créé l’homme décide de ‘l’effacer’ de la surface de la Terre à l’aide du déluge. Il annonce à Noé, seul homme trouvant grâce à ses yeux ; « et moi, voici que je vais faire venir sur la terre le déluge »… dans la Genèse, chapitre 6, verset 17 !
Et le récit est ensuite rythmé par le chiffre 17 :
- « En l’an six cent de la vie de Noé, le deuxième mois, le dix-septième jour du mois, en ce jour-là jaillirent toutes les source sdu grand Abîme et les fenêtres du ciel s’ouvrirent » - chapitre 7, verset 17.
- « Le septième mois, le dix-septième jour l’arche se posa sur les monts d’Ararat » - Chapitre 7, verset 17.
- Le récit du déluge s’achève avec l’apparition de l’arc-en-ciel dans la nuée : « Dieu dit à Noé : tel est le signe de l’alliance que j’ai établie entre moi et toute chair qui est sur la terre » - chapitre 9, verset 17.
De la genèse, premier livre de la Bible, passons maintenant à l’Apocalypse qui est le… dernier livre de la Bible. Il est évidemment question de la ‘Bête’, de son nom et de son trop fameux chiffre : « le nom de la Bête ou le chiffre de son nom ». Chapitre 13, verset 17 !
Et suit cette sentence, désormais célèbre, que nous connaissons tous : « Que celui qui a de l’intelligence calcule le chiffre de la Bête ; car c’est un chiffre d’homme, et son chiffre est six cent soixante six ».
Notons déjà que nous nous retrouvons avec le code postal d’Opoul Périllos si agaçant pour certains Ordres de Galaad… mais ensuite revenons l’invite à peine dissimulée de la Bible. On nous y demande de calculer le chiffre de la Bête ? Peut-être ce ‘calcul’ signifie t’il que 666 n’en constitue qu’une partie et non la globalité ? Le récit ajoute des détails –plusieurs têtes et des cornes extraordinaires- qui au premier degré sont effarants… afin peut-être de retenir notre attention sur ces monstrueuses précisions. Tentons, à notre nombre 666, d’ajouter le nombre de têtes (7) de la Bête et le nombre (10) de ses cornes : 666 + 7 = 10 = 683 ; soit : 6+8+3 = 17 !
17 est donc un « chiffre d’homme »… et c’est tout à fait vrai puisque le corps humain est divisé en dix-sept parties essentielles :
- tête
- cou
- thorax
- bassin
- deux bras comprenant : bras + avant-bras + mains
- deux jambes comprenant : cuisses + jambes + pieds
ce qui nous fait un total de 16 auquel nous ajoutons ce qui permet de différencier, sur le plan général, l’homme de la femme : le sexe… ce qui nous donne effectivement dix-sept !

Détours par l’Apocalypse

Revenons au récit de l’Apocalypse qui signifie en grec « Révélation ».
Au chapitre 17 nous retrouvons trois Bêtes. Après celle de la mer et celle de la terre surgit la Bête écarlate supportant la « grande prostituée ». Généralement ce personnage est représenté comme une femme peignant sa longue chevelure d’une main et de l’autre tenant une coupe. Les exégètes nous expliquent qu’il s’agit là d’une allégorie symbolisant Rome. Ajoutons au passage que les romains avaient pour habitude de surnommer les prostituées « les louve »… soit en latin : « Lupa »… qui donnera le mot « lupanar ».

Péché originel, déluge, Bêtes, semblent représenter les mots-clés d’un message sibyllin…

Péché originel

Si les événements décrits dans la Genèse, entre le verset 17 du chapitre 2 et le verset 17 chapitre 3, n’avait jamais eu lieu, autrement dit si le péché n’avait jamais été commis, nous serions tous, en ce moment, nus et heureux dans les jardins d’Eden ! Mais n’oublions pas que l’histoire d’Adam et Eve représente une version poétique du récit de la création du monde. D’ailleurs n’était-il pas incontournable que l’homme accomplisse ce péché ? Vaste débat philosophique mais hors de notre propos.
C’est par la femme qu’est venu le péché, mais si Yahvé ne pardonne pas à Eve, Jésus lui pardonnera aux pécheresses, allant jusqu’à s’entourer de femmes, « qui avaient été guéries d’esprits mauvais », partant du principe, exposé à Simon le Pharisien, que plus les péchés sont nombreux plus leur rémission sera grande, et plus grand aussi l’amour de la pécheresse pour son rédempteur !
Enfin, n’oublions pas le rôle du serpent lors du péché originel : il pousse Eve puis Adam à mordre dans la pomme… Pomme qui dans le secteur de l’église de RLC a tendance à se teinter de bleu, et un peu plus vers Arques et Périllos à prend l’aspect, fâcheux pour certains, d’une poire !

Le Déluge

Soulignons que Noé est le premier navigateur guidé par la seule volonté divine. Cette odyssée se rattacherait donc aux récits merveilleux de Saint Jacques et de Ste Madeleine.
Noé aborde des terres étant au préalable recouvertes par les eaux… qui pourraient bien être une allusion géographique aux rivages du Roussillon pas si lointains que la mer recouvrait à une époque encore proche.

La Bête

La Bête du chapitre 17 fait suite aux Bêtes de la mer et de la terre… est-ce encore pour nous rappeler une progression mer – terre ? Elle est ‘écarlate’, rouge vif… couleur de l’impur et de la prostitution, mais aussi celle de l’amour fervent. Impossible de ne pas rapprocher cette symbolique de celle de la rousse Marie-Madeleine… car sur la piste des loups, les ours n’auraient -ils pas rencontrés la Bêtes ?

Pour la kabbalistes, 17 c’est 8+9. Ces deux chiffres correspondent à la valeur ésotérique des lettres hé et vav se trouvant au centre du nom de Yahvé.
Dans le même ordre d’idée on retrouve aussi le nombre de poissons que Jésus ressuscité fait prendre à ses disciples : 153, qui est ni plus ni moins que la somme des chiffres de 1 à 17 !
« Que celui qui a des oreilles entende ! ». Jésus.

Saunière selon le 17

Si nous ne savons toujours pas quel secret l’abbé Saunière à pu trouver réellement, nous pouvons en échange admettre qu’il aurait parfaitement compris (ou le lui a t’on fait parfaitement comprendre) le sens du message tenu par le nombre dix-sept. En effet nous allons retrouver ce ‘17’ disposé discrètement et subtilement par l’abbé en différents lieux et formes de l’édifice.
Nous sommes à l’entrée, au porche, de l’église de Rennes-le-Château. Sur le linteau des inscriptions accueillent le visiteur.

- Tout en haut :

DOMUS MEA DOMUS ORATIONIS VOCABITUR

« Ma maison sera appelée maison de prières ». Ce sont les paroles prononcées par Jésus lorsqu’il chasse les marchands du Temple , selon l’Evangile de Marc au chapitre 11, verset… 17 ! Et Jésus poursuit : « mais vous en avez fait une caverne de brigands ». Jésus semblait simplement citer Isaïe : « Ma maison sera appelée maison de prières pour tous les peuples ». Isaïe, 56, 7.
Mathieu, Luc et Marc ont rapporté aussi ces paroles de Jésus. Cependant le texte de Marc semble le plus complet et nous le supposons choisi pour avoir été placé ici. Ce 17 nous semble douteux ? alors allons un peu plus loin.

- au centre du fronton :

TERRIBILIS EST
LOCUS ISTE

-enfin au dessus de l’entrée, en demi-cercle, de part et d’autre :
HIC DOMUS DEI EST ET PORTA COELI (la fin est illisible maintenant)
De nombreuses interprétations ont été faites sur ces deux phrases, mais le plus souvent de manière séparée. En fait, pourquoi ne serait-elle pas la suite logique l’une de l’autre, ce qui nous donnerait : « Ce lieu est terrible ! C’est la maison de Dieu et la porte du ciel ». Ce qui reprendrait le discours de Jacob à Béthel après le célèbre songe ‘de l’échelle’. Génèse, chapitre 28, verset… 17 !

ASMODEE… le retour

Entrons à présent dans l’église.
Les écritures sont à présent, à l’entrée, non plus en latin mais en français. Nous voici en présence d’anges et du démon Asmodée, infaillible gardien du seuil (du perron ?) voulu par Saunière. Les quatre anges, surmontant Asmodée, décomposent le signe de croix sur les conseils de l’inscription : « PAR CE SIGNE TU LE VAINCRAS ». Dans cette phrase a été rajoutée ‘LE’ à la devise de Constantin « IN HOC SIGNO VINCES » qui se trouve à l’extérieur au sommet de la sculpture faîtière.
Asmodée se trouve dans la Bible au début du Livre de Tobie. Parlons un peu de ce livre et de cette histoire. C’est un récit reposant ou il y a de l’action, de l’aventure, de l’amour, de l’émotion et un « happy end » hollywoodien. Tobie fils de Tobit l’aveugle par récupéré le trésor de son père grâce à la moitié d’un message écrit. Il fait la connaissance de Sara qui eut le malheur de voir ses sept maris tués par Asmodée durant leur nuit de noce ! Tobie vaincra le démon grâce aux conseils d’un archange lui ayant enseigné une arme redoutable contre Asmodée : la fumée du cœur et du foie d’un poisson sur un brûle parfum… Le démon vaincu et le trésor de famille récupéré, Tobie s’en retourne chez lui avec son épouse et guérit son père aveugle !

Saunière et le coup du poisson grillé ?

« PAR CE SIGNE TU LE VAINCRAS »… oui, très bien mais par quel signe précisément ? Sûrement pas celui de la croix car Constantin n’a pas été vainqueur par cette vision… mais bien par celle d’un chrisme ! Le chrisme est l’emblème paléo-chrétien du Christ composé des lettres en grec : XPISTOS. Mais le Christ dispose d’un autre emblème de cette époque : le poisson acrostiche du mot grec (ichtus, « poisson ») dont les lettres donnent les initiales des mots « Jésus, Christ, de Dieu, le Fils, Sauveur ». Avec ce parallèle ‘signe = chrisme = poisson’ la sentence devient : « PAR CE POISSON TU LE VAINCRAS ». Remarquons que cette phrase colle au livre de Tobie et à l’arme contre Asmodée !

Encore deux petites remarques :
Souvenons nous de la ‘grille’ du « sot pêcheur » à l’origine de tant de nuits blanches désespérantes à plus d’un chercheur ! analogie ? suggestion entre les deux ? message de BS ?
Et ensuite une dernière précision amusante : Tobie constitue le… dix-septième livre de la Bible !

Des Basilics selon BS

Message de BS nous disions plus haut… pourquoi pas sous cette forme ‘initiales’ ? En effet au-dessus du bénitier, sous la devise du signe de croix, on trouve les lettres B et S dans un cartouche rouge entre deux basilics. On a à peu près tout dit sur ce détail. Alors pourquoi ne pas ajouter notre remarque : Si le B est la seconde lettre de l’alphabet et le S la dix-neuvième nous pouvons retrancher la valeur numérique de la première de la deuxième : B=2 , S=19 : 19-2=17 !
Plus sérieusement regardons ces beaux ‘dragons’ (Babaos ?) et admettons qu’ils ne sont sans doute pas là pour faire seulement une agréable décoration.
En effet dans cette composition à première vue tout n’est que biblique : des personnages, des ‘signes’ à la sentence. Les basilics seraient-ils la seule fantaisie hors écriture biblique que ce serait permis BS pour se délasser ???
Ne pourrions nous pas admettre qu’il puisse s’agir ici, aussi non pas que d’une simple ornementation capricieuse, mais bien d’une indication précise? Une référence biblique par exemple qui pourrait être celle-ci : « SUR LE LION ET LE BASILIC TU MARCHERAS » Psaume 91, verset 13… qui fait suite à la phrase : « sur leurs mains ils te porteront ». Cette remarque ne pourrait-elle pas nous renvoyer au fond de la nef vers le chœur ou BS fait ‘porter par les mains des anges un Saint Antoine de Padoue ? D’autant plus que c’est à ce même psaume 91 qu’est cité le démon tentant Jésus dans le désert !
Dans l’angle opposé à l’ensemble ‘asmodéen’ est le baptistère orné d’une statue de Jésus recevant le baptême des mains de St Jean. L’épisode de jésus baptisé est repris par les quatre évangélistes. Cependant seul Matthieu y consacre les versets 13 à … 17. Verset 17 qui serait le plus important dans l’évangile de Matthieu car il nous apprend l’origine divine de Jésus.

17 en écriture ‘bâton’

Bérenger Saunière décore son église avec plusieurs saints personnages équipés de bâtons : St Roch, St Antoine l’Ermite, Joseph dont l’attribut était le ‘bâton fleuri’… A propos de bâton, il fut l’outil donné à Moïse par Yahvé ainsi : « Quant à ce bâton, tu le prendras dans ta main : c’est par lui que tu feras les signes ». Exode, chapitre 4, verset 17 ! C’est ce bâton qui se transformera en serpent et changera en sang l’eau du Nil : « Voici que moi du bâton qui est dans ma main, je vais frapper les eaux qui sont dans le Nil ». Exode, chapitre 7, verset… 17 !
Ce sera enfin par un bâton, qui refleurit comme ceux de Joseph et de Christophe (dont les parents étaient ‘à tête de chien’) que Dieu distingue Aaron, le frère et porte-parole de Moïse. On retrouve cet épisode dans le Livre des Nombres depuis le verset… 17 du chapitre… 17 ! Mais également ce bâton fleuri n’illustrera t’il pas plus tard, pour les chartreux et d’autres ‘initiés’ le symbole de la croix de bois vert mal ébranché symbole de vie ou… de sur-vie.

Un thème tiré par les cheveux ?

On peut encore remarquer que l’abbé Saunière, après les saints au bâton, s’évertue à honorer, puis à dévouer une véritable passion pour une sainte à ‘longue chevelure’ patronne de son église depuis le 14e siècle : Sainte Marie Madeleine. Ce thème de la longue chevelure évoque irrésistiblement le fameux Samson dont la force résidait dans sa chevelure. Il finira par trahir son secret à Dalila qui causera sa perte ; « Si j’étais rasé, ma force se retirerait de moi. Je deviendrai faible et je serai comme tous les hommes » Livre es Juges, chapitre 16, verset… 17 !
Ce thème des chevelures symbolisant la force ne rapporterait-il pas au rois mérovingiens et aux princes de… Roussillon dont s’était la fierté et l’apanage ?

J’ai méprisé le règne de ce monde

Regardons encore, entre l’ensemble asmodéen et le baptistère, le formidable grand bas-relief surmontant le confessionnal de BS. Nous reviendrons dans un autre travail sur ce gigantesque mélange de moulage et de peinture voulu là encore par l’abbé Saunière.
Et s’il pouvait, à l’image d’Asmodée reflet de la citation au porche de l’église : « IN HOC SIGNO VINCES », en être de même pour cette fresque ? Ne pourrait-elle pas être le prolongement imagé suggérant la longue phrase latine au dessus du linteau de l’entrée ?: « REGNUM MUNDI ET OMNEM ORNATUM SOECULI CONTEMPSI PROPTER AMOREM DOMINI MEI JESU CHRISTI QUEM AMAVI IN QUEM CREDIDI QUEM DILEXI » : « j’ai méprisé le règne de ce monde, et les attraits de ce siècle, à cause de l’amour de mon maître Jésus-Christ ; que j’ai vu, que j’ai aimé, en qui j’ai cru, et que j’ai choisi ».
No pourrait-on pas quasiment attribuer ces paroles à Marie-Madeleine… cette phrase étant judicieusement placée sous l’inscription ‘Sta MARIA MAGDALENA’. Notons que cette citation n’est pas extraite de la Bible mais du Bréviaire en usage à l’époque de l’abbé Saunière -de fait qu’il ne pouvait donc ignorer- et précisément de ‘l’office des Saintes femmes’, 8e leçon.
Cet enseignement ne représente t’il pas pour tous croyant le refus des richesses et biens terrestres au profit de la queste de l’Amour divin ; « L’adieu au monde et le mépris de ses vaines grandeurs »… comme le titrait si justement un certain prieur chartreux, de la chartreuse de Ste Croix, du nom de Polycarpe de la Rivière dont nous faisons état dans une autre rubrique de ce site… et qui fut pourchasser comme un gibier par l’Eglise pour avoir eu le culot de prétendre révéler « la véritable histoire de l’Eglise et des rois de France »… et ses ouvrage condamnés l’interdit. On ne plaisante pas avec… la vérité, du moins celle du plus fort !

Par un heureux hasard…

Par un heureux hasard cet extrait du Bréviaire est resté lettre morte et ne fut pas retenu par les ténors habituels en RLCéisme (du moins après coup nous diront-ils, le plus sérieusement du monde qu’ils le savaient mais ne jugeaient pas utile d’en faire état !). oui… un heureux hasard car la phrase suivant cette citation aurait sans doute fait recette en ouvrant la 9e leçon : « Thesaurus autem caeleste est desiderum absconditur ». Thesaurus absconditur… ne signifie t’il pas… trésor caché ? Bien entendu il est question de trésor spirituel certainement, du moins le supposons nous prudemment selon la phrase ; « le trésor des cieux est le seul désirable »… oui mais et si Saunière avait eu des informations autres sur ce ‘trésor des cieux’ ??? Ces deux phrases ; celle visible et celle invisible car elle en est la suite forment une charnière aux leçons 8 et 9 … n’est pas très tentant de deviner que 8+9 = 17 ?
Ajoutons que ce passage du fameux Bréviaire est présenté dans « Les Cahiers de Rennes-le-Château » N°2 des éditions Bélisanes de 1984. Regrettable oubli ou … heureux hasard ?

Il se tint sur un plateau

Revenons au bas-relief où l’on voit Jésus au sommet d’une colline, bras tendus vers la foule des indigents. Cette représentation est-elle la suite logique de l’enseignement selon lequel il faut abandonner les richesses du monde, ce sac empli d’or, au bénéfice du terrain fleuri de la félicité ? Bérenger Saunière place une légende sous cette scène : « VENEZ A MOI VOUS TOUS QUI SOUFFREZ, QUI ETES ACCABLES, ET JE VOUS SOULAGERAI ». Cette phrase est issue de l’Evangile de Matthieu (11-28). Mais cette scène ici ne ferait-elle pas plutôt songer à une référence d’un passage de l’Evangile de Luc : « Il se tint sur un plateau. Et il y av ait la foule nombreuse de ses disciples et une multitude nombreuse de gens… qui étaient venus pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies » au chapitre 6, verset… 17 !

Deux Antoine et deux 17…

Terminons ce trop rapide périple, « selon le 17 », dans l’église de Bérenger Saunière à Rennes-le-Château par un arrêt respectueux devant la statue de Saint Antoine Ermite. Il nous est présenté vêtu d’une robe de franciscain. Sans doute une erreur du fabriquant qui dut confondre les tenues habituelles des deux Antoine : Saint Antoine Ermite et Saint Antoine de Padoue. Ce dernier est traditionnellement représenté avec la robe franciscaine. Cette erreur ne dut pas déranger outre mesure l’abbé Saunière qui put peut-être se permettre un petit dernier ‘clin d’œil’. Comme les plaies du Christ furent miraculeusement imprimée sur le corps de Saint François d’Assise… n’y aurait-il pas ici ‘projection’, non pas des étranges ‘pommes bleues’, mais du froc franciscain sur le bon Saint Antoine Ermite dont la fête est célébrée le 17 janvier… rappelant ainsi celle des stigmates de Saint François en septembre… un 17 !