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Société Périllos ©

Journée du dimanche 7 octobre 2007
Visite du plateau de Salveterra


Les premiers temps du site

Le choix de ce sujet s’imposait naturellement pour cette activité du fait de l’entrée, sur les colonnes du site SP, de la première partie de notre présentation sur le passé même de ce plateau de Salveterra. Cette approche d’abord historique justifiait que nous allions sur site retrouver ce qui est encore visible et qui témoigne de ce que fut la vie sur ce lieu chargé de mémoire.
Le regroupement des participants s’est fait sur le grand parking au pied du plateau. La météo, ce jour là, se montrait clémente avec nous et c’est sous le soleil, cependant accompagné d’une Tramontane moyenne, que nous commencions notre périple.
Un bref rappel historique de présentation des lieux, qui ne furent à aucun moment la possession d’un quelconque seigneur d’Opoul… s’il était utile de préciser, une fois encore, que ce village n’en eut aucun. Nous soulignons surtout l’occupation de ce secteur aux époques néolithiques et celles qui suivirent. Curieusement, très peu d’informations sont accessibles pour cet endroit qui pourtant dispose de nombreux ‘gisements’ certifiant ainsi une occupation précoce de l’Homme. Ceci nous a permis d’expliquer rapidement des découvertes fortuites faites au fil de défonçage ou défrichage de terrains à des fins de culture de vignes ou d’exploitations agricoles. Il est vrai également que ces vestiges, pourtant assez nombreux, ne semblent guère intéresser la municipalité. Ces découvertes furent aussi heureuses sur le plateau de Salveterra, sans parler de Périllos, évidemment, où elles s’avèrent nettement plus abondantes.

Détails pour une défense rapprochée

Au cours de la montée vers le plateau, nous nous sommes arrêtés aux différents lieux de défense de l’accès à la forteresse. Par exemple, comme nous le verrons en détail dans notre second volet, un astucieux système est adopté pour ralentir considérablement, voire décourager, une petite troupe pourtant décidée à prendre la place d’assaut. Une première porte d’aspect puissant est faite pour résister assez longtemps à l’assaillant afin qu’il ait une sensation de grande résistance. De fait, la barbacane tombe et les soldats s’engagent alors dans une cour enserrée entre la première poterne et une seconde. Dans cette sorte de nasse, ils se trouvent pris au pied du mur d’où les défenseurs leur lancent d’énormes pierres destinées à briser l’assaut, ce tir meurtrier n’utilisant somme toute aucun projectile fabriqué (flèches, lances ou carreaux d’arbalètes). On s’aperçoit très vite que l’architecte de guerre, auteur de cette défense, a utilisé chaque détail naturel des falaises afin de minimiser le risque des défenseurs (le tir de bas en haut est difficile et peu efficace) bien protégés derrière un haut rempart. L’usage de pierres vaguement dégrossies lancées sur l’adversaire en contrebas ne coûte que peu d’effort et aucune pièce d’arme. Mais ce n’est pas tout, car on observe que la montée vers les poternes est étroite, faite de hautes marches et d’aucun espace en terrasse. Ces détails insistent d’eux mêmes sur le fait qu’ainsi il est impossible de tirer, ou pousser, un engin du type catapulte ou bélier pour enfoncer les portes étroites. Les hautes marches ont aussi pour effet de ralentir la montée des guerriers empêtrés dans des harnachements lourds et pénibles.
C’est ce trajet que nous avons suivi également pour notre visite, en respectant un arrêt à chacun de ces détails pour en observer et comprendre les éléments. La seconde poterne passée, nous voici enfin sur le plateau lui-même où une puissante Tramontane nous attend. Nos pas se dirigent tout d’abord vers les anciennes citernes du plateau, destinées à l’usage des habitants civils.

Accès secondaire, citernes et dernier village

De ce point, on peut voir le second chemin d’accès en provenance de Périllos. Curieusement, ce dernier n’est ni connu ni précisé par les rares auteurs sur le lieu et son historique. Une fois de plus, nous pouvons constater que le lien vers Périllos est passé sous silence ou carrément ignoré. Si ce comportement est quelque peu déplorable, nous pouvons, en échange, nous en féliciter car cette rampe d’accès est intacte dans sa structure et les équipements qui la protégeaient au moment d’arriver sous les défenses du plateau. A cet endroit, nous avons pu admirer les vestiges de tours de défense et d’une barbacane, parfaitement identifiables. C’est donc tout près du rempart que se situe la citerne du dernier village en place au 17e siècle. Habituellement, il est dit qu’à cet emplacement se trouvent trois réservoirs de grande capacité. C’est en regardant mieux les structures que nous avons pu, lors de cette visite, vérifier qu’il ne s’agit pas là de trois citernes mais bel et bien d’une seule. En effet, celle-ci est en vérité constituée de trois parties correspondant entre elles par des tuyauteries en terre cuite. La forme quasiment circulaire de cet équipement est spectaculaire et ne peut se comprendre qu’une fois au fond des deux parties extérieures. Ce choix de figure géométrique s’expliquerait simplement par le fait qu’il permet une excellente répartition de la résistance de pression de l’eau une fois les réserves pleines. Nous étions sur site pour visiter certains points détaillés et c’est sous la vigilance de notre spécialiste spéléologue Lucien qu’ont pu descendre ceux qui le désiraient. Soulignons que pratiquement tous visitèrent en toute sécurité les trois parties du réservoir. Cependant, nous nous posons toujours la question de savoir comment l’eau était acheminée jusque là car il est évident que cette installation, souterraine à l’origine, ne pouvait se remplir seule. Nous avons échafaudé un début d’hypothèse que nous vérifierons plus tard.

Nous recommandons à toutes personnes la plus grande prudence à l’approche des vestiges en soubassement qui ne sont pas signalés, ni balisés, et dont seul un ‘regard’ est protégé par une grille de fer. Le reste des ruines est laissé à l’abandon le plus complet et l’état croulant des brèches visibles peut être extrêmement dangereux pour des enfants, animaux domestiques ou simplement des promeneurs inattentifs et non prévenus… La municipalité sans doute porte toute son attention à remonter les ruines plus spectaculaires du village mort de Périllos, au détriment d’autres mémoires de pierres comme celles du plateau, moins accessibles ou immédiatement attirantes et touristiques…
Avant de nous diriger vers ce qu’il reste du château, nous nous sommes intéressés aux ruines du dernier village de Salveterra. Quelques alignements de murets, derniers souvenirs d’appareillages bien maçonnés, rappellent qu’ici s’élevait le village de Salveterra avec son église « Santa Magdeleina » dont l’alignement des structures se distingue par des murs plus épais et bien agencés.

Le château royal

Notre groupe s’est ensuite rendu vers ce qu’on appelle généralement château et qui s’avère être simplement un petit bastion tourné vers le sud. Nous pouvions vérifier ainsi que ce point fortifié avait avant tout la fonction d’observer le secteur maritime et l’éventuelle fréquentation militaire de la seule voie de communication locale vers l’Espagne… ou du moins les premiers contreforts pyrénéens. Brièvement, nous nous sommes souvenus que le plateau de Salveterra était la seule défense militaire catalane opposée à la couronne de France. Certains d’entre nous s’attendaient à trouver ici une forteresse puissante et vaste. En vérité, à l’image du château de Montségur, nous sommes ici dans une structure certes fortifiée mais assez dérisoire pour un bastion de ligne frontalière… laissant la sensation d’une utilité plus ‘rapprochée’ et locale qu’une redoutable fonction militaire. L’épaisseur des murs, cependant respectable, semble bien avoir été le seul point de défense particulièrement soigné. Dans l’état d’actuel de délabrement, il nous a été impossible de deviner où pouvaient se trouver la poterne et le ponton permettant de passer étroitement du plateau à l’enceinte fortifiée. Seules les premières structures d’ancrage d’une tour permettent encore de comprendre les rares postes de défense tournés vers l’intérieur et protégés par une douve sèche. Sur plusieurs parties des appareillages de cette douve se devinent encore les vestiges de constructions wisigothes, en ‘arêtes de poisson’, montrant ainsi qu’à cette époque reculée existait déjà une occupation militaire de l’endroit. Quelques commentaires sur les équipements du fort avec, par exemple, sa citerne, ses bâtiments de réserves, l’emplacement hypothétique d’un oratoire ou petite chapelle qui devait, d’après la documentation dont nous disposons sur le sujet, contenir un intéressant ‘carré magique’.

… et le hameau wisigoth

Nous sommes encore restés en ces temps wisigoths puisque notre visite du plateau s’est terminée par l’endroit où s’élevait un hameau d’habitations. Si des fouilles officielles eurent lieu ici, on ne trouve nul document ou compte rendu sur le sujet. Il n’est pas question pour les autorités de nous dire qu’il n’y eut aucune activité d’études puisque nous nous étions rendus à plusieurs sur le site pour le visiter au moment des recherches… Une fois encore, les archives administratives concernant le sujet ont une fâcheuse tendance à disparaître ou à se trouver indisponibles.
L’emplacement du site wisigoth se trouve, par hasard, en bordure de plateau en face du fameux ‘Roc Roudoun’ qui constitue l’amer de la maquette de Saunière ! Quelques fonds de constructions, probablement d’une exploitation regroupée, ont été mis à jour et se voient encore parfaitement. Les substructures montrent encore les appareillages bien soignés de locaux sédentaires regroupés ici. A peu de distance de ce qu’il reste du hameau, nous avons pu trouver les restes d’une autre citerne plus modeste, probablement à l’usage de ce point sédentaire… un peu plus haut encore, nous sommes près du seul gouffre connu ouvrant sur le plateau. Il serait intéressant de savoir si cet aven est répertorié ou exploré.

Repas et convivialité

Après cette intéressante exploration, il est l’heure, pour notre groupe, de se rendre sur le lieu du repas de midi…C’est donc à peu de distance de la Belle Oriole que nous établissons notre point de repos et de casse-croûte. Comme à l’accoutumée, la Société Périllos propose un apéritif apprécié de tous… Puis chacun et tous se restaurent convivialement après cette matinée riche en découvertes sur le plateau de Salveterra.

La machine qui remonte le temps

Comme nous l’avions convenu et annoncé, après nous être restaurés, nous montrons la mécanique pouvant remonter le temps. Chacun peut vérifier que cette machine existe et qu’effectivement elle remonte le temps… à sa manière et avec sa fonction. Un article détaillé est en préparation et sera inclus sur les colonnes de notre site SP afin que nos lecteurs puissent se rendre compte de ce fait assez exceptionnel. Sans rien déflorer de cet événement, nous pouvons dire qu’il y eut un ‘incident’ lié à la découverte du retournement de la maquette de l’abbé Saunière montrant la partie géographique de Périllos où se trouvent deux tombeaux… Cette ‘machine’, alors anodine à cet instant, s’est anormalement mise à s’inverser. Certes, expliquer ceci froidement soulève des protestations et l’avance d’une plaisanterie. Cependant, et fort heureusement, il y eut des témoins à chaque nouvelle manifestation de cette ‘remontée du temps’… Cette mécanique s’étant arrêtée fut déclarée inutilisable et son délicat mécanisme qualifié d’irrémédiablement hors service. Sur l’insistance d’une personne qui nous est des plus proches, et malgré l’avis de deux spécialistes en la matière, l’appareil fut, une fois encore, testé puis essayé… et à la surprise générale tout s’est remis à fonctionner et nos participants ont pu le vérifier sur pièce. A l’appui de nos dires, un petit film de quelques minutes sur le sujet était proposé grâce à l’ordinateur portable de notre ami Jiel. Il a été convenu que cette affaire ferait l’objet d’un dossier et d’études plus approfondies qui ont été déjà engagées par Pascal, spécialiste en ‘remontée du temps’, responsable à ce titre de la fameuse expérience ‘Chronodrome’.

Le vrai château d’Opoul et la maison des maîtres

L’après-midi étant considérablement avancé, nous sommes allés ensuite, comme convenu, visiter l’église d’Opoul, évidemment fermée un dimanche. L’édifice en lui-même, extérieurement, ne présente aucun intérêt remarquable et on pouvait, à juste titre, se demander pourquoi nous avions choisi ce lieu en prolongement du château de Salveterra. Comme nous nous trouvions face au porche de ce sanctuaire, nous pouvions voir à gauche un imposant bâtiment aux allures austères du nom de presbytère. Evidemment, dans le village d’Opoul autant qu’en mairie, cette appellation est la seule connue. Nous avions eu de multiples occasions de visiter l’intérieur du bâtiment et c’est naturellement suite à ces visites que nous pouvions, pour cette activité, affirmer que peut-être le curé local avait-t-il été hébergé ici… mais que jamais l’endroit n’eut primitivement cette fonction. Nous n’avions pas besoin de longs discours pour nous rendre compte depuis l’extérieur que l’imposante construction était l’ancien donjon du lieu, accolé à l’église comme c’était souvent la tradition au Moyen-Âge. En vérité, nous terminions notre activité sur l’emplacement du véritable château d’Opoul qui dut donner naissance au village de ce nom. Ce fait indéniable prouve ainsi que le château sur le plateau de Salveterra n’eut jamais cette appellation bien orgueilleuse dont le pare encore la municipalité en mal d’importants vestiges pour dorer péniblement son blason de viande grillée.
C’est en faisant le tour de l’église d’Opoul que nous voyons encore les vestiges de murailles montrant son appartenance wisigothe en raison de son appareillage fidèle à la technique en ‘arêtes de poisson’, rencontrée dans les soubassements du château royal de Salveterra.

Un fond baptismal et une expérience sur l’attraction terrestre

Enfin, pour conclure notre journée sur le sujet de ce haut plateau, nous nous sommes arrêtés sur la placette à droite de l’église, pour y retrouver le dernier élément en provenance de Salveterra. Il s’agit d’une cuve baptismale qui gisait autrefois près de la douve sèche du fort royal. Le vénérable vestige fut, nous dit-on, descendu du plateau à l’aide d’un hélicoptère, déposé et scellé ici afin de servir de cendrier aux badauds qui n’en ont cure… du fait que pas la moindre indication n’en fournit une explication !…
Pour la circonstance, notre ami Christian nous a gratifiés d’une très intéressante expérience pour nous démontrer la puissance de la force d’attraction terrestre. L’exercice délicat, exigeant un porte-clés de voiture, démontrait un phénomène des plus curieux à propos des efforts prodigieux à fournir pour hisser l’objet engagé dans un conduit vertical en pierre. La curieuse expérience laborieusement terminée avec succès, nous avons applaudi à la démonstration savante de notre ami qui ne manquera pas lors de prochaines activités de nous montrer d’autres curiosités du genre… mais cette fois avec son propre porte-clés!
Au moment de nous séparer, Jiel nous a montré un bâtiment tout proche, sur lequel nous reviendrons en détails dans un prochain article. Il s’agirait de la maison de maître proche de l’ancien donjon accolé à l’église. Comme celle-ci serait unique en son genre, il est possible d’imaginer que ce fut ici que De Cassini fut hébergé lors de son long séjour sur place pour son tracé de triangulation… dont il refusa curieusement sur ses cartes de donner le détail. Jiel ensuite nous conduisit hors du village pour nous montrer, depuis un point de vue connu de lui seul, un chemin totalement oublié qui conduisait autrefois d’Opoul à Périllos et sans doute aux mines de ces anciens seigneurs capables de traiter à égal avec papes et rois… loin des regards et des questions.

Notre activité de ce jour-là montre tout d’abord l’intérêt porté par nos adhérents et amis pour nos travaux, la régularité de leur fréquentation et le nombre croissant des participants. Ensuite, si ces journées se déroulent avant tout dans une atmosphère très conviviale, elles n’en démontrent pas moins tout ce qu’il nous reste à découvrir sur le thème de Périllos, son passé, ses énigmes et ses seigneurs… C’est cette tâche que nous ne manquerons pas d’essayer de poursuivre le plus assidûment possible.
Nous tenons à remercier particulièrement Jiel pour sa connaissance de la région, Pascal pour nous parler des expériences temporelles, Lucien pour son aide à nous permettre d’explorer certains lieux, la personne qui nous a permis de voir fonctionner la machine à remonter et ‘montrer’ le temps, et enfin Christian pour sa démonstration sur le phénomène de l’attraction terrestre…

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