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La Belgique Secrète Rencontre
avec l'insolite d'un passé étonnant |
En
forme de prélude
IIl y a plusieurs années nous étions contactés par les descendants d'un illustre personnage connu dans son pays mais aussi en France pour y avoir accompli, sur ordre du roi au XVIIe siècle, une importante mission topographique. Cette dernière, à l'évidence, cachait d'autres investigations dans le sud de la France fort heureusement restées inconnues du large public. Ce contact chaleureux, suivi d'une invitation, nous permit de visiter certains lieux et rencontrer les représentants de groupes d'initiés visant les mêmes objectifs que les nôtres. A ce jour les rapports entre eux et nous sont restés cordialement entretenus.resplendissants.
Pour
la seconde fois la Société Périllos déplace
ses pôles d'intérêts vers l'extérieur de la France
à savoir la Belgique, son passé, son histoire et certaines
personnalités oubliées. Depuis près d'un an nous avons
des relations d'investigations avec la Hollande et quelques correspondants
belges. Nos échanges, dès le mois d'avril, se sont brusquement
accélérés et amplifiés en raison de découvertes
documentaires et sur sites permettant de sérieusement envisager qu'il
y eut, depuis la fin de l'antiquité et le moyen-âge, plusieurs
faits et personnages reliant ces pays au sud de la France mais aussi à
l'Espagne méridionale plus particulièrement.
Nous avions bien entendu, et ce n'est un secret pour personne, depuis près de 5 ans des échanges amicaux et associatifs avec des personnes habitant la Belgique. Ces liens déjà forts, le sont devenus encore plus au moment où certains événements eurent lieu sur plusieurs sujets nous concernant directement et personnellement. C'est alors que notre archiviste nous signale quelques anomalies à propos du site de Moustier et ses environs. Il s'avère que cette affaire, et d'autres de la même eau, depuis longtemps, se trouvent dans le collimateur de MaryAnge Tibot comme on peut le vérifier dans ses ouvrages sur la Belgique et Bruges. Ce fut alors le début d'une collaboration des plus étroites amplifiée du fait que plusieurs autres chercheurs belges nous rejoignent avec de nouveaux et inédits documents. A ce jour plusieurs pistes s'ouvrent à nous et, à l'évidence, il s'avère que quasiment personne ne s'y soit aventuré... d'où tout l'intérêt de ce travail commun ne pouvant manquer de déboucher sur de surprenants éléments intéressant le sud et notre affaire.
Ce qui, au départ, devait être une série de visites touristiques et amicales s'est instantanément transformé en une véritable enquête aux ramifications de plus en plus nombreuses et serrées. C'est ainsi qu'à partir de ces moments nous découvrons, avec et grâce aux travaux de MaryAnge, de nombreux faits concernant Girart de Roussillon et plusieurs de ses lieutenants, opposants ou protagonistes. De fait, ceci nous amène à des ouvertures inédites sur Madeleine et d'autres saints, saintes ou profanes 'languedociens, hispaniques ou roussillonnais' souvent laissés pour compte et prenant là une coloration et une importance démesurée, comme nous le vérifierons plus tard. Au demeurant, ces faits sont également en rapport avec le Saint Sang ou d'autres reliques parfois considérées comme désuètes ou négligeables. Ce que nous trouvons actuellement nous montrera que tout ceci est loin d'entrer dans le cadre des délires obsolètes, ou dérisoires légendaires hagiographiques, car depuis ces tous récents éclairages nous allons devoir minutieusement reprendre nos travaux en Italie, Espagne et Portugal.
La liste des sujets attenants à ces énigmes s'allonge de jour en jour et nous ne citons brièvement ici pour exemple les plus conséquents: Graal, Saint-Sang et ses reliques dérivés, Madeleine, Véronique et autres plus étonnantes encore. A ceci il faut rajouter quelques codages ou découvertes faisant appel au grand Magistère, à l'Orient, à la société Angélique ou autres ouvertures pratiquées depuis la langue oiselée, verte pour G. d'Orcet ou celle des armes si parlantes à G. de Sède...
L'avancée de ces découvertes et remises à jour ne pouvait se faire sans l'étroite, et fort agréable, collaboration avec MaryAnge Tibot et ce groupe de chercheurs belges arrivés à point nommé pour cette intrigante aventure qui s'ouvre à nous désormais.
C'est ce travail commun, sous plusieurs signatures, qui sera proposé sur nos colonnes dans cette nouvelle rubrique concernant la Belgique et le fascinant pays nervéen. Il nous semble utile d'expliquer ici, même au risque d'être un peu long, le pourquoi et le comment de ces nouvelles rubriques qui ne manqueront jamais d'un intérêt inédit pour le profit de tous ceux, et celles, que fascinent ces énigmes oubliées. Précisons qu'initialement une série de chapitres était simplement envisagée sur nos sites. Cependant, devant l'importance, l'ampleur et l'abondance de ces nouveaux éléments, plusieurs ouvrages sont déjà programmés. Ils contiendront alors la globalité de ce que nous ne pouvons pas encore dévoiler ou déflorer en quelques dizaines de pages qui ne pourraient, malgré tous nos efforts, donner à ces éléments toute l'entière saveur qu'il méritent, comme par exemple la plénitude de plusieurs complexes décodages trop longs à exposer ici et peut-être... à ne pas mettre en toutes les mains.
Bonne lecture en attendant!!!! "
Dans le séculaire silence de la pierre est inscrit l'écho de la parole perdue, qu'entendront les prédestinés" (Victor Michelet)
Du
sud de la France au pays nervéen...et inversement
Depuis quelques mois plusieurs correspondants belges, ainsi que d'autres venant de Hollande, rejoignent nos rangs dans le domaine de la recherches d'éléments étrangement communs entre des sites de ces pays et le sud de la France, leur historique, passé, personnages y étant liés, faits, traditions et chroniques
De nombreux contacts eurent lieu tout d'abord sur ces sujets survolés largement.
Depuis ce point, la richesse et l'inédit des informations apportées nous poussèrent à aller plus loin dans nos investigations.
Ces contrées qui, de prime abord, semblent aux antipodes de nos mystères méditerranéens pourraient apparaître comme bien plus proche de notre Sud ou, au moins, offrir une étrange complémentarité manquante à l'une de ses plus intrigantes énigmes.
Mais, à ce stade, depuis que nous faisons allusion aux nervéens (ou nerviens selon certains historiens) ou à leur ancien pays, il est opportun de situer ces deux éléments grâce à qu'il reste de leur histoire. Ce peuple très religieux, est hautement cultivé, sobre et discipliné. Son antique territoire, qui fut peut-être tout où partie de la célèbre Thiérache, se composait des provinces belges actuelles des Brabant (Brabant Flamand et Wallon), Hainaut et Anvers. A ceci on ajoute, pour la France, les sud et est du département du Nord avec l'actuel Bavay (Bagacum) et les oppidums d'Estrun (qui, pour de nombreux spécialistes pourrait être l'emplacement du camp fortifié d'où César put écraser l'armée nervéenne) et Flaumont-Waudrechies. Après cette catastrophique défaite de la bataille du Sabis il ne reste quasiment rien de ce peuple dont l'armée était pourtant une des plus valeureuses de son époque.
La capitale de ce pays (une civitas) est transférée à Cambrai, d'où partiront sept voies romaines importantes à la fin de l'empire romain. César reste admiratif et respectueux envers ces hommes qu'il considère comme les plus courageux et déterminés (ils ne buvaient jamais d'alcool estimant que leur esprit devait rester net pour être brave au combat) de ses conquêtes. Cette admiration respectueuse sera telle qu'il incorpore ces combattants dans des légions dont Tacite dit que, grâce à eux, elles formaient des troupes d'élite.
Le Hainaut actuel est ce qui reste du pays des Nerviens. Cependant, avant de nous en aller visiter certains éléments oubliés du passé de ces contrées, nous soulignerons qu'elles furent occupées par d'épaisses forêts impénétrables... Nous verrons, au moment d'aborder le chapitre en relation avec Girard de Roussillon, que ce détail 'forestier', loin d'être anecdotique, prend toute son importance... une importance jusque là restée dans l'indifférence générale de tous les ténors en la matière. Cependant nous n'en sommes pas encore là, et il est temps de nous mettre en queste de ce passé mystérieux et si riche.
Moustier...aux
innocents les mains pleines

Tout a commencé par quelques découvertes, connues de MaryAnge Tibot qui en confirme de fait les tenants, de notre incontournable archiviste qui observe, dans l'historique et certains lieux du pays de Moustier, des analogies avec l'affaire de RLC et Périllos. Quelques vérifications plus loin il s'avère qu'on puisse trouver par là des traces pour le moins surprenantes de l'existence de la Sanch et d'un superbe... "Christ au lièvre", sans parler d'autres éléments dont il est un peu trop tôt pour en faire état avant que nous n'ayons pris une sérieuse longueur d'avance.
Nous sommes ici dans une province dont le passé néolithique et gallo-romain est des plus intéressants, puisqu'une antique voix romaine (diverticulum) le traversait pour aller de Lahamaide à Tournai. Sur le territoire du Bois du Carmois, plusieurs dépôts et points de vie sédentaires néolithiques ont été remis à jour, pendant qu'au Bois St Martin se trouve un tumulus et une villa romaine qui remonte de l'oubli sous les sondages archéologiques. Pourtant l'origine de ce nom de Moustier reste une énigme encore tenace pour l'instant, bien que ce ne soit pas la seule comme nous le verrons plus loin.
La première solution étymologique serait que ce nom provienne du fait qu'il y ait eu à cet endroit un monastère donnant cette contraction actuelle issue de 'monasterium'. Il n'y a là rien d'incongru puisque deux ordres religieux y tenaient d'importantes seigneuries (Saint-Sauveur d'Anchin au Carmois et Saint-Martin de Tournai à Dameries), pendant qu'un seigneur 'de Moustier', vers 1100, s'en serait réclamé le maître tout comme les familles de Ligne, Lalaing, Croy, Harchies et de Pollehoy (1643). Admettons que ça fait beaucoup de postulants empressés pour ce petit territoire semblant en fin de compte loin d'être dénué d'intérêt, du moins connus des historiens. La seconde possibilité provenant de 'l'église' pourrait être satisfaisante puisque ce village est munie de deux églises côte à côte... la plus petite pouvant être la chapelle attachée à un ancien château qui, parait-il, aurait été brûlé accidentellement, le 18décembre 1940, par des soldats allemands qui en occupaient les bâtiments.
Un
siècle et des saints pas si anodins que ça
Cependant
nous avons pu observer, dans cette église, quelques curiosités
propres à retenir notre attention. Tout d'abord la statuaire qui,
si elle n'offre rien de fracassant à première vue, peut se
montrer curieuse si on lui porte un peu plus d'intérêt. Certes,
on trouve sur les murs de la nef l'incontournable litanie statuaire de quelques
saints Antoine, Martin, Charles, Pierre et sainte Philomène.
Arrêtons nos yeux sur cette jeune martyre de 13 ou 15 ans, probablement mise à mort avec des flèches, datant du siècle apostolique, c'est-à-dire au plus tard vers l'an 150 de l'ère chrétienne. Curieusement, expulsée du calendrier liturgique, sans la moindre explication évidente, elle serait cependant à l'origine de la guérison de Pauline-Marie Jaricot, et faisait l'objet d'une vénération frôlant l'idolâtrie de la part du curé d'Ars.
Mais ce n'est pas encore tout à fait fini avec cette jeune sainte, car dans sa tombe découverte dans la catacombe de Priscillia à Rome (le 25 mai 1802) fut trouvée une fiole de sang scellée dans la maçonnerie du sépulcre. Cette ampoule fut décriée à l'époque au point que, pour calmer les esprits commençant à s'orienter vers une nouvelle relique hémophilique, les scientifiques prétendirent, du bout des lèvres, qu'une ampoule de la sorte était monnaie courante dans toutes les tombeaux anciens. On croit rêver car comment n'y avions nous pas penser à propos du St Sang et autres San Gennaro de Bénevent ou Graal!!! Pour provisoirement terminer ce petit survol de Ste Philomène, nous ajoutons que ce prénom signifierait "Bien aimée" (du grec Phileo : aimer), ou si on préfère suivre la racine latine, on trouvera "Fille de la lumière" (Filia lumin).
Un
dernier autre saint retient notre attention. Il s'agit de Saint Bavon (622-659)
ou Saint Bavon de Gand...
Gand
la ville où il sera patron de la cathédrale élevée
en son saint nom.
Si jusque là on ne voit rien d'extraordinaire, il n'en est pas de même quand on sait que célébré le jour de sa mort (1er octobre), son nom de naissance est curieusement Allowyn (Allowinus) et qu'il serait parent de Pépin de Landen. Ce dernier, rappelons-le brièvement, est solidement posé sur une des branches dans lesquelles se greffent quelques noms tels que : Clotaire 1er, Garibald 1er, Dagobert 1er et la naissance des carolingiens. Après ce petit détour généalogique on retient que Bavon, sous son nom d'Allowyn, représente le monstrueux géant du Reuze lors du carnaval de Dunkerque. Enfin, dans l'église de moustier il est en ostume de légionnaire romain avec un faucon posé sur sa main droite ce qui semble lui être traditionnel.
Vitraux et tables de la loi
Après cette insolite galerie statuaire tournons nos regards vers la lumière des vitraux traités en blanc, grisaille et jaune. De part et d'autre de la nef, deux de ces hautes verrières représentent les tables de la loi en deux blocs identiques des deux côtés de la nef (dont une, à peine visible, derrière le confessionnal à droite). Les premiers sont chiffrés de I à III et les seconds de IV à X. Ils sont surmontés d'un triangle, irradiant des rayons solaires droits intercalés avec d'autres en épée flamboyante de vénérable maître maçon. Le triangle sacré contient l'il divin. L'ensemble des éléments de ce décor en vitrail s'inscrit dans une mandorle.

Les autres vitraux comportent un sacré cur flamboyant percé d'un fer de lance. En opposition, de l'autre côté de la nef, un autre cur (ni saignant, ni flambant), représenté avec sept épées plantées sur son sommet, porte 4 roses blanches immaculées sur son pourtour. Ce décor de lumière veut-il nous suggérer les sept plaies du Christ sanchois, ou l'Ordre de N.D. des Sept Douleurs, comme on peut les retrouver dans la petite chapelle du même nom à Ormeignies (dont l'église, soit dit en passant, est dédiée à saint Ursmer qui mérite à lui seul tout un autre chapitre à venir) près de Ath ?
Un
tableau introuvable et un chemin de croix...espagnol
Ensuite,
après la statuaire, nous passons sans plus tarder à la peinture.
Nous ne retenons qu'un seul tableau représentant une descente de
la croix où évidemment on retient la présence éplorée
de Madeleine qui, toute chevelure déployée, tend les bras
vers l'homme dieu. Un autre tableau devrait nous retenir encore plus, mais
voilà qu'il a curieusement disparu... ce n'est cependant pas très
grave car nous en avons une ancienne photographie retrouvée dans
quelques archives. Notre but était de pouvoir prendre un cliché
de cette uvre dans son environnement religieux local. Décidément,
les services de restauration et d'entretien des peintures belges, comme
leurs collègues français en certaines circonstances, doivent
crouler sous les travaux de remise en état.
Puisque nous sommes dans le domaine pictural nous allons, pour nous consoler, tenter de trouver quelques autres uvres artistiques. Par exemple, nous observons les stations d'un chemin de croix dont les scènes sont traitées au trait, noir et blanc, par un procédé lithographique, probablement du XIXe siècle, réalisé par un certain Villain exerçant, alors, son art remarquable au 36 rue St Rome à... Toulouse. Le monde du hasard est bien petit en la matière !
Le sujet un peu 'pompier', sans grand intérêt particulier, montre les scènes classiques développées au long des 14 stations habituelles. Il n'y aurait pas grand chose à dire si ce n'était que le texte résumant chaque station est à la fois en français et... en espagnol!!! Évidemment, nous ne doutons pas une seconde que cette particularité à été mise en place pour permettre aux nombreux croyants locaux parlant cette langue de pouvoir suivre avec dévotion cette montée au calvaire. Il faut cependant qu'ils soient foule, ces pratiquants espagnols pour qu'une telle attention leur soit réservée. Lors de notre visite nous n'avons sans doute pas eu de chance car nous n'en avons pas rencontre un seul... une autre fois sans doute ? Toujours est-il que ce détail, échappant au commun nous permet de nous interroger sur ce détail pour le moins insolite, à moins forcément qu'il y ait un sens caché à cette volonté d'expression des langues qui nous échappe à première vue, ce qui n'est pas impossible du tout.
Retour
en force aux tables de la Loi
Il
nous reste maintenant à nous rendre près du chur dont
le maître autel de stuc blanc, entouré de six
personnages
(dont deux anges agenouillés ainsi que Pierre et Paul) serait plutôt
dans ce style baroque qui souligne un monde inconstant où le temps
s'écoule, en transformant les êtres et les choses. Dans les
chapelles latérales (dédiées l'une à la Vierge
et l'autre à St Martin) du sanctuaire se trouve dans chacune un maître-autel
de marbre blanc. Ces deux éléments sont connus des milieux
de l'ésotérisme belge en raison de décors apposés
sur la face basse de la table. Il s'agit, à première vue,
de tables de la loi énigmatiques répétées en
deux exemplaires.
Il n'y aurait rien de plus naturel à ce que ces représentations religieuses aient leur place bien en vue pour le croyant venant se recueillir ici. Cependant nous retenons quelques observations flagrantes qui, ensuite, engendrent une ou deux réflexions.
Sur une face, d'un des deux autels indifféremment, il y a bien une paire de plaques sculptées chacune écrites de cinq lignes symboliques, chacune représentant les dix commandements de Dieu formant le code de l'Alliance avec son peuple en exile.

Au départ nous pensions entrer nos remarques et hypothèses dans ce présent chapitre. Pourtant, l'importance de ce que nos réflexions engendrent mérite sans doute d'être entièrement développé puis inclus dans un ouvrage dont se charge actuellement MaryAnge Tibot et qui doit sortir prochainement. Cette mesure, si elle peut sembler frustrante et arbitraire, est cependant nécessaire car nous ne tenons plus, dès à présent, à ce que, comme d'habitude quelques prétendus chercheurs récupèrent nos avancées, en usent à leur compte et fassent leur notre hypothèse de déchiffrage. A ce propos il est utile de préciser que les diverses tentatives de décodage n'ont encore rien donné de satisfaisant ou clair et cet affligeant constat explique notre décision de ne pas se faire voler la paternité de nos travaux.
Cette mesure concerne également nos convictions et découvertes à propos de cette phrase laconique expliquant hermétiquement que "L'autel de Moustier fut donné à l'abbaye d'Anchin en 1122 par l'évêque Burchar de Cambrai". Cette phrase, à ce jour, n'a jamais été retenue ou décortiquée de manière satisfaisante par quiconque... Nos ténors manqueraient-ils à ce point de perspicacité ? Nous ne pouvons le penser raisonnablement et il ne peut s'agir là que d'un simple oubli qui sera convenablement réparé à la parution des prochains travaux de MaryAnge Tibot sur ce thème.
L'ombre
de Girard de Roussillon...
Avant d'en arriver à celui qui nous intéresse, depuis des décennies, il est utile de faire un dernier détour par l'époque romaine. Un frère Cordelier, au XIVe siècle, écrit qu'Octave, fils adoptif de César et héritier de l' Empire romain, prend à la mort de ce dernier le nom d'Auguste signifiant "sacré", puis se fait attribuer le pouvoir tribunitien à vie.
Considéré, de fait, comme comte de Tournai, il profite de son titre pour exiger que le territoire de Burbant s'appelle Comté de Nerves. Dans son 'onzième livre' le religieux en arrive à "Gérard de Ruscillon duc de Bourgongne" qu'il décrit arrivé, fuyant et démuni, dans la comté de Haynaut où curieusement il obtient aussitôt Nerves et la comté de Burbant. Le premier souci de cet exilé notoire est d'installer les abbayes de Leuse, Antoing, Condé, Renay, etc... Admettons que pour quelqu'un de démuni ce n'est pas si mal que ça. Peut-être, pour justifier ceci, De Bossu, au XVIIIe siècle écrit que ce cordelier citerait Girart comme légitime héritier du comté de Burbant de sorte qu'il serait alors le troisième seigneur de Hath. Ceci expliquant, sans doute, la facilité qu'il eut de s' nstaller dans ce comté et d'y faire édifier de nombreuses abbayes qui deviendront ensuite des chanoineries.
L'auteur
de ces chroniques 'hannoniques' (???) souligne, en ajoutant une généalogie
sommaire, que Girard est celui ayant fait "translater le corps de
Ste Madeleine en Vézelay fondé par luy" et finit
son commentaire en insistant sur des "choses étranges advenues
à luy durant son exil". A l'irritante question "quelles
choses étranges ?", que se pose également De Bossu en
1750, nous n'avons pas idée des réponses qui pourtant nous
brûlent l'esprit et la curiosité. Ensuite, la place semble
si confortable ou importante que plusieurs, tel Gueric le Sor en 1020 (seigneur
d'Avesne), se chamaillent le comté jusqu'à, pour arriver à
leurs fins, s'improviser quelques merveilleuses descendances avec G. de
Roussillon.
Toujours est-il que depuis l'empereur Octave César cette région passe des romains à G.de Roussillon, sans coup férir, sous couvert de succession légitime ou non, et dans la plus parfaite indifférence des historiens locaux et plus éloignés. Il est évident que ce comte en exil pouvait fort bien se retrancher en France, dans le viennois, où il dispose de nombreux biens, dont le fameux "Château du Diable" au pied du massif du Pilat ou en Provence.
Ce choix, pour s'incruster étonnamment un temps certain dans le vieux pays nervéen, peut nous sembler anachronique surtout si on ne sait oublier d'une part l'implication dans les 'promenades' des reliques de Madeleine de sites en sites jusqu'au confins du Roussillon... et d'autre part que César Auguste est élu peu après le temps où naît, et sévit dans l'histoire sainte, à Bethléem, un petit village au sud de Jérusalem, un enfant du nom de Jésus.
Hasards,
coïncidences et suggestions convergentes ?
Mais, bien entendu, suggérer depuis ces éléments convergents que certains personnages médiévaux en savaient long sur quelques dépôts sacrés, ou éléments, enfouis en pays nérvéen ne peut, en tous points, que rester du domaine de la plus pure coïncidence... Tout comme il nous faut considérer comme fruit du hasard que cette région devienne le réceptacle d'une ampoule du Saint Sang et de bien d'autres éléments dont le légendaire saura nous transmettre l'essentiel à travers diverses, et considérées comme désuètes, traditions religieuses ou folkloriques locales. A celles-ci sauront s'ajouter quelques cènes du plus grand intérêt, d'incongrus fers à chevaux ressemblant à s'y méprendre à ceux du 'trou du cheval' entre Périllos et Vingrau, ainsi que moults faits et éléments liés étroitement à des reliques telles que des suaires avant, pendant et après la divine lettre.
Bien entendu nous ne saurions terminer ce petit volet sur Moustier, à l'origine de nos travaux sur la Belgique, sans ajouter un petit détail qui pourrait bien le rattacher plus solidement que prévu à l'affaire des deux Rennes du Razès. En effet, dans ce secteur de Moustier il existe une peinture identique à celle arbitrairement appelée " le Christ au lièvre " contenu dans l'église de Rennes les Bains. Cependant, à ce stade de nos travaux en dire plus reviendrait à en dire beaucoup trop... à suivre donc.
André Douzet et MaryAnge Tibot
6 décembre 2009
Seconde partie : promenade initiatique dans le Bruges ancien