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De
Sainte Angelina à un savoir perdu (1ère partie) - ‘A la sainte Angélina massacre qui tu voudras, et la solution tu approcheras’ (dicton inventé et librement adapté à l’affaire d’un crime monstrueux) |
Un
monde paisible
Le
château de Coustaussa
On
pourrait presque dire que cette histoire commence à Coustaussa…
En réalité, c’est ici que nous prendrons le cours de
l’histoire qui nous intéresse.
Coustaussa est un petit village au sommet d’une colline comme tant
d’autres dans le Razès. Un petit village paisible, avec les
vestiges de son ancien château… comme celui de Rennes-le-Château
qui lui fait face. Un petit village avec un curé… comme celui
de Rennes-le-Château. Un petit village avec, à cet instant,
ni plus ni moins d’Histoire et d’histoires… que celui
de Rennes-le-Château. En effet, il a peu d’histoires à
la fin de ce 19ème siècle, au moment où nous arrêtons
nos pas à Coustaussa. Et, à ce moment, l’affaire qui
deviendra celle « de Rennes-le-Château » n’est encore
qu’une poudrière endormie, inconnue, qui attend son détonateur
: le livre de Gérard de Sède.
Tout est encore calme… Certes, il circule bien quelques ragots sur
le curé de Rennes-le-Château. ‘On’ murmure, çà
et là, qu’il serait soudainement devenu riche et qu’il
aurait un comportement peu ‘orthodoxe’ avec sa nouvelle gouvernante
d’un peu plus de vingt ans. On dit tant de choses quand on a rien
d’autre à faire de plus intéressant…
Bien entendu, le curé de Coustaussa, Antoine Gélis, est en
bonne intelligence avec l’abbé Bérenger Saunière.
Il l’est sans doute tout autant avec le bon curé de Rennes-les-Bains,
l’abbé Henri Boudet, mais quoi de plus normal, entre collègues
? Pourtant un infime détail semble être commun à ces
trois religieux si besogneux pour leurs pauvres communes : ils disposeraient,
dit-on, de largesses financières peu habituelles pour de pauvres
curés. Ce détail est insignifiant, et la jalousie, l’envie,
en ces temps si durs, font dire n’importe quoi…
Et le temps s’écoule, monotone, sur Coustaussa, son passé
oublié, les ruines de son château, son curé… comme
il doit en être de même à Rennes-le-Château. Oui…
tout est paisible jusqu’à ce matin du 1er novembre de 1897
où, tout à coup, le village se réveille brutalement
dans l’horreur : Monsieur le curé vient d’être
trouvé assassiné !
Gélis
et ses ‘amis’
Mais,
au fait, qui est ce prêtre ? Il est né un 1er avril 1827 et
a donc 70 ans au moment de cette tragédie. Il semble être devenu
étrangement méfiant ces derniers mois à Coustaussa.
Il s’enferme chez lui, ne reçoit personne… ou alors des
étrangers, et pratiquement en se cachant. Sans doute restait-il cependant
en contact avec ses collègues religieux. Il semblait pas très
aimé de ses ouailles… On le disait cupide. En tous les cas,
il sera prouvé, par l’enquête de gendarmerie, que la
fortune dont il disposait n’était pas une légende. Pourtant,
ce ne sera pas le mobile de ce meurtre atroce.
Le tombeau de Gélis
Cette nuit du 31 octobre 1897, il ouvre sa porte facilement à celui
qui lui apporte la mort. Sans doute connaissait-il bien celui à qui
il laisse le passage, visiblement sans méfiance. Comme il ne fréquentait
plus personne, sauf peut-être ses collègues religieux, ‘on’
dira que c’est Bérenger Saunière qui est son meurtrier…
‘On’ dit n’importe quoi, surtout quand on n’a rien
à dire !
Pourtant, il faut admettre que ces deux prêtres locaux ont plusieurs
choses en commun. Ils sont tous deux amis de l’abbé Henri Boudet
… Et puis aussi Gélis a été vicaire à
Durban… tout comme Boudet ! Durban… ce petit village des Corbières
où se rend Saunière, soit disant pour y faire bonne chaire.
Après l’aisance financière qui lie les trois hommes,
le village de Durban – sa cure, ses archives de Périllos et
ses bons repas – semble aussi être un de leurs points communs…
Peut-être aussi pourrait-on y deviner une découverte commune,
un savoir, l’accès à un secret provenant d’un
point connu des trois prêtres et qui ne se situerait pas sur le secteur
de Rennes-le-Château mais bel et bien ailleurs… et au sujet
duquel Gélis aurait pu détenir des éléments
qu’il ne voulait pas, ou plus, partager, ou qu’il s’apprêtait
à divulguer ? Si tel fut le cas, la sanction est tombée radicalement
!
Gélis
au rendez-vous de la mort
L’abbé
Gélis connaissait bien celui qui allait devenir son assassin…
De ce dernier, il reçut, avec une violence rageuse, 13 coups dont
seuls les trois derniers furent mortels. On peut estimer qu’ainsi
son bourreau porta une dizaine de premiers coups méthodiques à
sa victime. Le but d’un tel acharnement était, peut-être,
de faire dire par le prêtre un élément qu’il avait
pris la précaution de seulement conserver dans sa mémoire.
Gélis a t-il parlé ? Nul ne peut le dire… Le fait est
que ces tortures infligées, avec une telle froideur, ne pouvaient
que se conclure par les derniers coups fatals scellant à jamais dans
la mort, le nom du tortionnaire, qui ne pouvait faire autrement pour échapper
à une dénonciation annoncée.
Le presbytère de Coustaussa
La justice soupçonne vite plusieurs suspects faciles… trop
faciles pour être plausibles… Pourtant les chefs d’inculpation
sont abandonnés et jamais les enquêteurs ne trouveront l’assassin…
de ce meurtre parfait !
Certes, les motifs de cet assassinat furent d’abord avancés
comme crapuleux et dans le but de dévaliser le vieux prêtre
de sa fortune cachée chez lui. Ce chef d’accusation fut vite
abandonné en raison du fait que si, effectivement, ‘on’
avait chamboulé le presbytère sans prendre de précaution,
les valeurs retrouvées dispersées lors de cette fouille y
étaient toujours… et l’auteur de ces actes ne pouvait
pas ne pas les avoir vues. De toute évidence, la présence
de pièces d’or méprisées, affirmait bien une
autre raison à ce déchaînement qu’une fortune
vite disponible. La valeur attendue de l’interrogatoire mortel de
Gélis représentait, par une information tenue secrète,
bien plus que des rouleaux de pièces d’or et des valeurs négociables
sans ennuis. Ce secret serait-il celui de Rennes-le-Château…
disposé en un autre lieu inconnu et retrouvé par Gélis…
et un ou deux autres religieux locaux ?... qui eux, prudemment, avaient
décidé d’en taire l’existence ? Pourquoi pas ?
Un
rite mortuaire pour monsieur le curé ?
Et
puis il reste aussi un autre aspect peu abordé dans cette monstrueuse
affaire. Certes, tout ceci présente bien le théâtre
d’un crime épouvantable. Mais il peut y avoir une nuance quasiment
imperceptible avec un autre fait. Un assassinat est souvent l’issue
d’une multitude de raisons personnelles telles que haine, jalousie,
peur, pressions ou convictions politiques, religieuses ou sociales…
et tant d’autres. En échange, dans le cadre de l’usage
du mot ‘crime’ ou ‘meurtre’ on peut supposer également
un aspect plus… symbolique ou rituel… ce qui, nous l’admettons,
ne change pas grand-chose à l’issue pour la victime. Pourtant,
il y a loin, même si au premier abord ce n’est guère
visible, d’un assassinat crapuleux à un meurtre… ‘rituel’.
On pourrait hausser les épaules, et simplement plaindre ce pauvre
abbé Gélis, pour une fin aussi atroce… c’est vrai.
Cependant nous ne pouvons négliger certains détails reconnus
par les enquêteurs :
- Nous avons tout d’abord le nombre de coups portés à
la victime : 13 coups, dont 3 furent mortels. Nous ne pouvons pas entendre
ces chiffres sans penser qu’ils sont d’un symbolisme flagrant.
Cependant, nous pouvons ici penser à un effet macabre du hasard,
c’est certain.
- Ensuite il a été noté que les mains de l’abbé
Gélis avaient été retrouvées rassemblées
sur sa poitrine… comme dans un geste de piété ou de…
pitié. Un assassin qui aurait torturé sa victime de cette
façon aurait pu traduire sa pitié en lui faisant grâce
ou en usant d’un autre moyen de persuasion qu’une abominable
mise à mort. Ajoutons aussi l’étrange l’orientation
du cadavre. N’est-il pas dit, aussi, que ce dernier aurait été
retrouvé avec une jambe repliée sous l’autre à
hauteur du genou ? Si tel était le cas, ‘on’ aurait pu
vouloir indiquer, par cette macabre mise en scène, la douzième
lame des arcanes majeurs du Tarot : celle du Pendu !... cette lame qui a
pour complémentaire… celle de la roue de Fortune (voir l’église
de Bugarach) ! Le ‘pendu’ symbolisant ‘le sacrifice ou
la victime’, ne pourrait-il pas, ici, représenter les deux
? De plus, cet arcane suggère également l’expiation,
le paiement des dettes, la punition, la traîtrise et… la restitution
finale ! Enfin, dans le registre d’un crime rituel, la lame douze
préside à l’ouverture de l’initiation. Tout ce
programme pourrait fort bien correspondre à la mortelle punition
administrée à l’abbé Gélis. Enfin, cette
posture est celle du conservateur du musée du Louvre, un certain
Saunière, trouvé mort dans son musée… dans le
roman ‘Da Vinci Code’.
- Il y a ensuite ce choix de la date pour exécuter cet acte. Il semble
difficile de croire que le meurtrier ait agi au hasard, sans avoir mûrement
calculé son acte, ne serait-ce que pour échapper à
la justice ? Cette date, en cas d’une réflexion volontaire,
est significative. Il s’agit de la nuit qui ouvre le 1er novembre…
jour des morts !!!... la Toussaint !!! Ce jour était-il choisi pour
honorer une autre mort, celle de Gélis, les deux à la fois ?
Ces quelques constats -il doit y en avoir d’autres- suffisent déjà
pour montrer une méthode et une façon de penser qui suivent
un plan établi et… symbolique. Mais, admettons-le encore à
ce stade, on peut envisager une suite de faits dûs seulement à
un hasard insistant.
Un
‘Tsar’ de papier…
Un
autre détail pèse encore plus lourd dans cette énigme
criminelle. Les enquêteurs retrouvent, près du cadavre, un
cahier de papiers à cigarettes. Il est de la marque « Le Tsar
» et ne comprend plus qu’une seule feuille à rouler.
Tout d’abord, cette marque de papier n’est pas en vente, à
l’époque, dans le département de l’Aude…
Nous reviendrons ensuite sur ce détail.
Ensuite, et surtout, la dernière feuille encore en place dans le
cahier comporte une sorte d’expression en deux mots : « viva
Angélina » (sans point d’exclamation).
Ce papier à cigarette fut-il oublié ou laissé volontairement
?... dans les deux cas, que signifiait cette exclamation adressée
à un personnage féminin…
De toute évidence, ce ne pouvait être l’abbé Gélis
qui utilisait ce genre de produit, car il ne fumait pas et détestait,
paraît-il, que l’on fume en sa présence. Cette nuit là,
la seule personne qui pouvait détenir ce papier à rouler n’était
que le criminel… Ce qui exclut également les accusations stupides,
faites par certains chercheurs en mal de ‘scoop’, tournées
en direction de l’abbé Saunière qui ne fumait pas ou
si peu. Il n’empêche que ce témoignage muet portait,
bel et bien, un indice écrit sur sa dernière feuille.
Avant d’avancer notre hypothèse sur le sujet, voyons l’action
judiciaire et ses constats. Le juge d’instruction déclanche
une enquête sur les deux sujets : le prénom féminin
et la marque du papier.
Concernant cette dernière, si nous lisons les comptes rendus des
recherches, les services judiciaires, effectivement, confirment que la marque
n’est pas vendue sur le secteur audois… Ce qui plus troublant,
c’est que la réponse est formelle et négative concernant
Narbonne (on peut lire cette affirmation dans la copie du CR tenue dans
le livre de messieurs J. Rivière, G. Tappa et C. Boumendil : «
Le secret de l’abbé Gélis », éd. Belisane,
1996, page 53). Pourquoi les services de recherches s’orientent-ils
sur Narbonne ? En effet cette marque pouvait être en vente plus près
du lieu du crime : Carcassonne, Limoux, Espéraza, Couiza ou carrément
à Coustaussa ? Y aurait-il eu une information inédite qui
aurait poussé l’enquête vers une ville connue pour avoir
été fréquentée par plusieurs personnages liés
à l’affaire de Rennes-le-Château ? A ce stade, on reste
encore dans le domaine du hasard.
…
Et « Viva Angélina !!! »
Il
reste également le sujet ‘Angélina’ qui constitue
un autre axe de renseignements. Et, curieusement, nous nous retrouvons une
seconde fois à Narbonne. En effet, seul le commissariat de cette
ville répond avoir trouvé une prostituée de ce prénom
: Angélina Ganier. Il ne s’agit pas d’un pseudonyme,
mais de son véritable prénom d’état civil. De
plus, cette femme ne se trouvait pas dans ce secteur au moment des faits
criminels. Enfin, son ‘surnom’ de prostituée est celui
de « Henry IV », en raison de l’attrait de ce roi pour
ses ‘mignons’, aux spécialités sexuelles particulières…
Gélis
Quoiqu’il en soit aucune autre ‘Angélina’, qui
soit susceptible d’avoir suscité un intérêt vengeur
ou exclamatif, ne sera retrouvée dans le pays audois. Cette piste
sera alors définitivement abandonnée.
Certes, s’il était possible que ces deux mots aient été
écrits pour une femme… il était possible également,
en cas d’un crime bien plus hermétique que crapuleux, que cette
sorte d’exclamation se soit adressée à une autre forme
d’Angélina.
Le faisceau de convergences que nous avons trouvé pouvant conduire
à un crime violent mais à connotation rituel s’agrémenterait
tout à fait d’une représentation religieuse ou symbolique
d’Angélina. En ce cas, ce personnage pouvait être une
sorte de ‘totem’, de témoin, récepteur ou de catalyseur
pour un acte allant jusqu’à l’extrême : la mort.
Mais peut-être aussi que si les paroles s’envolent (avec l’âme
de Gélis ?)… les écrits restent… où s’envolent
dans la fumée d’une cigarette ?
Le prénom même d’Angélina prend sa racine dans un sens ‘angélique’ qui nous conduit à certaines sociétés qui, sans être spécifiquement religieuses, se tournent toutefois vers le Ciel ou les ‘aides’ de Dieu. En ce cas, le nombre symbolique de coups portés à Gélis, son orientation Nord-Sud après sa mort, la date de la fête des morts, et la mise en scène des mains rassemblées sur sa poitrine, pourraient se compléter avec une ‘patronne’, dont le nom signifie ‘messagère’, présidant à certains rites liés aux tombeaux et à la mort… Ceci en raison, ou mémoire, d’un autre tombeau et d’une autre mort, les deux bien plus significatifs… et dont Gélis aurait été à la veille d’en faire révélation ou découverte.
Une
sainte si peu catholique
Monastère
de Krushedol
Si
le personnage est ‘angélique’, nous devions regarder
en direction de la religion. Nous avons donc fait quelques recherches à
propos d’une sainte Angèle, Angeline, angélique et surtout
Angélina. Concernant cette dernière, la réponse est
claire : cette sainte est absente des registres catholiques… et n’existe
pas ! On trouve une sainte Angèle, fondatrice des Ursulines, qui
est célébrée le 27 janvier, et une Angeline, de l’ordre
de St François, au 15ème siècle, fêtée
le 22 décembre… Cette dernière est, tout au plus, la
seule qui s’apparente vaguement à ‘Angélina’…
En revanche, il y a bien une sainte Angélina (de Serbe), mais dans
le culte orthodoxe. Sa fête est le 30 juillet, jour de la St Pierre
pour les catholiques.
Angélina est la fille du prince Scanderbeg, en Albanie. Stephan Brankovitch,
roi de Serbie, fuyant ses assassins, se réfugie chez le père
d’Angélina. Celle-ci et le jeune roi, atteint de cécité,
épris l’un de l’autre, décident de se marier.
De leur union naissent deux fils : Georges et Jean. En 1457, les Turcs envahissent
le pays. Face à ce déferlement, la famille royale fuit en
Albanie, et enfin se réfugie en Italie jusqu’en 1468. Bientôt
veuve, Angélina reçoit du roi de Hongrie la ville de Kupinovo…
où elle fait ensevelir la dépouille de son royal époux.
En 1486, elle quitte l’Italie.
Le premier fils, Georges, décide d’entrer dans la religion,
sous le prénom de Maxim, et cède son titre royal à
son frère Jean. Ce dernier meurt sans enfant en 1503.
Angélina, très âgée, suit le chemin religieux
de son premier fils et adopte « une manière angélique
de vie » dès 1496. Devenue abbesse, elle décède
en 1510.
Angélina et ses deux fils deviendront des saints. Les reliques offertes
par Jean donneront de nombreux miracles… Les trois personnages sont
ensevelis ensemble dans un tombeau de l’église du monastère
de Krushedol, à Frushka Gora, où se poursuit, encore aujourd’hui,
le culte aux trois saints. Les lieux s’ornent, encore, de superbes
fresques du 15ème siècle.
Dans l’ancien calendrier, la sainte est célébrée
le 30 juillet… dans la période ‘caniculaire’. Ensuite,
elle est fêtée le 12 août qui correspond, dans le calendrier
catholique, à celle de St Gérard…
Enfin, ajoutons qu’Angélina signifie… messagère
!
Une
réunion du 17 janvier de la S.P. et Sainte Angélina
Tout
pourrait être dit et nous pourrions quitter le cours de l’histoire
de cette dérive étrange, et sanglante, de l’affaire
de Rennes-le-Château. Pourtant il devait en être autrement.
Il y a deux ans, lors d’une de nos réunions du 17 janvier,
l’un de nos adhérents nous propose, à cette occasion,
de visiter un lieu insolite. Nous sommes alors en quête de nouveaux
éléments concernant le passé des familles de Périllos
et la description de l’endroit nous semble des plus intéressants.
C’est, donc, dans le secteur du Roussillon Catalan que nous trouvons
nos guides. Et c’est dans un endroit très peu connu, pratiquement
absent des guides touristiques que nous attend une surprise de taille. Tout
d’abord, le lieu semble une sorte de petit « nom de la Rose
» (un célèbre film connu des amateurs…) éloigné
de tout et de tous… Nous reviendrons dans la seconde partie de notre
présentation sur le nom de l’endroit, sa localisation et sa
description…
Pour l’instant, nous entrons dans les bâtiments d’une
manière si étrange que l’on ne peut savoir de l’extérieur
la merveille qui se trouve à l’intérieur. Ce sont des
images et des instants hors du temps qui nous y attendent. Architecture
étrange et aménagements réservés à …
une visite royale dont on ne saura jamais rien. Des peintures romanes, des
objets du cultes oubliés et précieux et surtout une statuaire
qui nous interpelle au détour d’une déambulation dans
la pénombre… Et c’est là que notre étonnement
trouve son comble. Dans un recoin, mais bien visible, veille une statue
grandeur nature de… Sainte Angélina !
Le premier étonnement passé, et on comprend pourquoi, une
question vient aussitôt à l’esprit : que fait une sainte
Angélina orthodoxe dans une église catholique si bien dissimulée
et absente des principaux grands guides touristiques ?
Il s’agit bien d’une
représentation religieuse… D’ailleurs, le nom de la sainte
est écrit sur le socle. La statue aurait fort bien pu sortir des
ateliers… ayant fourni B. Saunière pour décorer son
église.
Le personnage, d’attitude sévère, est revêtu jusqu’à
la coiffure d’un habit monacal sombre. Angélina, puisqu’il
s’agit bien d’elle, tient un livre dans sa main gauche. Un livre
fermé pouvant suggérer que la vie du personnage s’est
achevée complètement et dans la plénitude. Mais il
peut, selon la tradition et la symbolique statuaire, montrer que le sujet
porte la connaissance (livre = instruction = culture) et que cette dernière
est occulte et fermée ! De plus, Angélina ne tient pas de
palme, ni d’instruments de supplice suggérant, habituellement,
comment le personnage fut martyrisé…
Ouverture
sur d’intéressantes recherches
Nous
ne sommes pas loin des endroits où se pratiquait un culte des morts…
que vénéraient et fréquentaient quelques personnages
principaux dans l’affaire de Rennes-le-Château… Il nous
faut bien admettre qu’il existe très peu, pour ne pas dire
aucune (du moins à notre connaissance) statue religieuse de sainte
Angélina. Egalement, et c’est heureux, il n’y eut qu’une
affaire criminelle où ce prénom fut étrangement mêlé.
Y eut-il un lien entre ces deux faits ? Evidemment, nous ne pouvons pas
l’affirmer. Cependant, de nombreuses concordances, que nous dévoilerons
dans nos prochains volets de ce travail, pourraient bien finir par devenir
une piste plus sérieuse et étonnante, qu’une autre prétendue
‘corse’ dans la mort de l’abbé Gélis.
Et, n’en déplaise aux habituels grincheux de service, ce lieu
ne pouvait absolument pas être inconnu aux seigneurs de Périllos,
ni à certains prêtres qu’il semble de mauvais ton de
rapprocher de l’énigme de ce village oublié… comme
nous le verrons formellement dans le second volet de cette petite étude.
Le lien entre le « viva Angélina » et quelques éléments
retrouvés dans l’histoire du lieu et du passé de diverses
‘sociétés’ et ‘confréries’
nous amènera directement à reprendre le fil de l’énigme
de Rennes-le-Château et de Périllos… sur une surprenante
piste à nouveau quasiment inédite.
André
Douzet & Filip Coppens
Nous
remercions Jérôme, pour la richesse toujours égale de
sa documentation et pour nous avoir apporté son concours précieux
dans ce travail.
A lire à propos de l’abbé Gélis : « Le secret de l’abbé Gélis » J. Rivière, G. Tappa et C. Boumendil. Aux éditions BELISANE. 1996. |