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De
Sainte Angelina à un savoir perdu (4ième partie) - La connexion Serbe |
Où
nous retrouvons Angélina
Nous
nous souvenons de notre visite au Coral et de notre surprise de découvrir,
dans un recoin sombre, une statue de Ste Angélina, sous la chapelle
haute qui est, à elle seule, une autre rare curiosité. Sur
cette étrange présence, peu d’explications pour ne pas
dire aucune ! On sait seulement, d’après quelques témoignages,
qu’elle aurait été enlevée de l'église
de Prats-De-Mollo et déposée dans l’ombre paisible des
recoins du Coral. Pour les habitués de l’affaire de Rennes-le-Château,
rappelons que le prénom ‘Angélina’ est attaché
au meurtre de l’abbé Gélis, massacré dans des
conditions effroyables. Les enquêteurs avaient retrouvé, près
du cadavre et dans une mare de sang, un cahier de feuilles à cigarettes
comportant l’inscription « Viva Angélina »…
L’affaire n’a jamais été élucidée
et l’oubli s’est appesanti sur cette exécution et ce
détail surprenant. Pour la religion et l’hagiographie, sainte
Angélina n'est pas une sainte catholique, mais d’une origine
orthodoxe où elle est particulièrement populaire. On peut,
à juste titre, se demander ce que peut faire une sainte orthodoxe,
aussi respectable soit-elle, dans le secteur religieux de Prats-De-Mollo ?
Cette origine orthodoxe lui a-t-elle valu d’être extraite de
Prats-de-Mollo et ‘remisée’ au Coral ? On ne peut raisonnablement
accepter cette explication car si elle était devenue indésirable,
cette statue pouvait finir dans l’oubli du grenier ou de la cave d’une
sacristie… ou simplement être radicalement détruite.
Non… elle se trouve bien visible et dans un coin d’ombre apaisante,
sous la chapelle haute.
Pourtant, cette représentation n’est pas le fruit d’une
génération spontanée dans le domaine difficile de la
statuaire religieuse… Non, elle n’est pas arrivée ici
seule et miraculeusement. Aussi, on peut se demander qui l’a commanditée
et offerte ou déposée dans ce secteur des Pyrénées
catalanes cher aux Périllos. Il est évident que quelqu’un
a bien voulu cette sainte Angélina ici et pas ailleurs. Le style
montre qu’elle serait d’une origine très proche des sujets
similaires fabriqués par la maison Giscard à Toulouse…
là où l’abbé Bérenger Saunière
commandait les ornements statuaires et religieux pour son église
de Rennes-le-Château.
Malheureusement, la statue de St Angélina dans le Coral (ou d'autres)
ne révèle aucune signature, ou marque, de son fabricant, de
sorte que pour le moment nos recherches restent impossibles sur ce sujet.
Ce détail étonnant nous laisse au point de nous demander si
cette absence d’indice ‘parentale’ est une fois de plus
le fruit du hasard ou… celui d’une volonté d’effacer
la possibilité de remonter à l’origine d’un généreux
donateur emporté par une crise de foi ou animé de la volonté
de laisser une balise anonyme conduisant vers une piste à ce jour
totalement inexplorée par les ténors ‘RLCéens’…
Une expédition angélique
Les coïncidences sont parfois ‘bonnes filles’ au point que la Société Périllos, à la suite de plusieurs échanges, est entrée inopinément en contact avec Aleksandar Jovanovich juste avant qu'une série d'articles sur Sainte Angélina soit mise en ligne. Au cours des mois suivants, nous avons eu de nombreuses coopérations à haut niveau, dont un plus particulièrement axé sur Ste Angélina et ses énigmes. Notre nouveau correspondant, durant cet été, a bien voulu conduire une importante mission de reconnaissance à Krusedol -un monastère fondé par Angélina- et une approche historique de plusieurs autres sanctuaires situés à proximité de Krusedol. C’est ainsi que mi-novembre de cette année, notre ami permettait à la Société Périllos de se rendre en Serbie, pour une trop brève mais fascinante session qui incluait le site de Krusedol et son étrange passé.
Krusedol
Le
vieux monastère de Krusedol, proche de la ville d'Irig, a été
fondé par Durad Brankovich (Maxim de son nom de moine) et sa mère
Angélina, épouse du prince Stefan Brankovich, dit ‘l’aveugle’.
L’édification des bâtiments du monastère commence
réellement dès 1509. En 1513, l’ensemble des importants
travaux de construction se poursuit avec l'aide financière du duc
russe Vasilij Jovanovich et du duc Jovan Njagoja Basaraba de Vlach. Malgré
d’importants efforts financiers et matériels, quand Maxim Brankovich
décède le 18 janvier 1516, le sanctuaire n'est pas encore
terminé.
Le site religieux de Krusedol devait devenir le lieu mortuaire abritant
la crypte des princes de Brankovich, où reposent déjà
les restes du père de Maxim, Stefan « l’aveugle »,
et de son frère le despote Jovan Brankovich. Après la mort
de Maxim, Angélina demande à entrer au monastère…
Plus tard, son corps sera à son tour inhumé dans le grand
mausolée.
L’ensemble
de la construction des bâtiments religieux est achevé en 1546.
L’édification des colonnes portant la coupole centrale peinte
fut plus rapide puisque cette dernière est mentionnée en 1543.
La plupart des fresques sont datées de la moitié du 18e siècle,
bien qu'une partie encore visible de ces peintures remonte au 16e siècle.
En 1716, les Turcs envahissent la région et détruisent de
nombreux vestiges et reliquaires. Durant la seconde guerre mondiale, les
Croates -donc catholiques- poursuivent une destruction systématique
de tous les monastères de ce secteur. Beaucoup de ces inestimables
sanctuaires n'ont jamais été reconstruits. Quant à
celui de Krusedol, il semble avoir été épargné
par ces vagues dévastatrices, car une grande partie restée
intacte a ultérieurement servi de lieu de rétention. Les troupes
Croates pillèrent proprement la majeure partie de la bibliothèque
du monastère, les archives et le trésor. Il serait question
d’une mise à sac qui remplit près de vingt caisses entièrement
consacrées au fruit de ce pillage. Le tout fut expédié
sous bonne escorte militaire à destination de Zagreb où le
dépôt est encore à ce jour. Cependant, on sait par d’autres
sources fiables que le vol fut deux fois plus important et que, pour d’obscures
raisons, une moitié du trésor de guerre fut dissimulé
sur place. On imagine qu’il faut une cachette capable de recevoir
l’équivalent d’un volume de vingt autres caisses et qu’il
ne peut s’agir d’une petite cache sous une marche d’escalier…
On comprend l’importance du monastère en regardant son illustration,
même symbolique, sur la pièce de monnaie de 5 dinars.
Fruska Gora
Krusedol
se trouve à une heure de route au nord de Belgrade, dans une province
viticole, ‘Fruska Gora’, réputée pour ses vins…
et une remarquable concentration élevée de monastères.
Le nom de Fruska Gora signifierait « les collines saintes »,
bien qu'une traduction plus précise donne « les collines Franks
(franches) »… mais une dernière possibilité affirme
qu’il s’agit plutôt de « les collines françaises
». Le nom « les collines franches » serait effectivement
une référence au peuple des Francs. A ce propos, certains
usages en la matière privilégièrent le fait que les
Mérovingiens étaient aussi des Francs.
La
région entre Belgrade et Novi Sad est quasiment plate et, bien que
le Fruska Gora soit formé de « collines », celles-ci
sont toutes en pentes douces. Le point le plus élevé de ce
secteur culmine péniblement à 500 mètres d’altitude.
La distance entre les deux points est longue de 80 kilomètres. Les
monastères que l’on y trouve sont situés la plupart
du temps du côté méridional des dessertes.
Entre les 16e et 17e siècles, 35 monastères ont été
édifiés dans cette contrée… Il n’en reste
seulement que 17. Si on reste perplexe devant une telle concentration, en
aussi peu de temps, la raison d’une telle éclosion spontanée
de tels bâtiments religieux dans cette région est maintenant
perdue. Par contre, ce qui est plus étonnant, et très peu
connu, c’est que tout ce secteur n’était pas identifié
autrefois sous le nom de « Fruska Gora », mais bel et bien sous
celui, assez merveilleux, de ‘Montsalvache’… ce qui a
de quoi nous laisser rêveurs ! Un autre détail nous paraît
digne d’être souligné. En effet, il semble que tous ces
édifices religieux soient datés officiellement du 16e siècle.
Cependant, il serait notoire, officieusement, qu’ils aient été
construits bien avant qu’ils ne deviennent orthodoxes. Il est dit
que les premières constructions, remplacées au 16e siècle,
soient à l’origine cisterciennes et que l’impulsion de
St Bernard de Clairvaux soit la véritable base sacrale de toute cette
région…
Aujourd'hui, cette province et les derniers monastères restent un
lieu populaire pour de nombreux pèlerinages. On note particulièrement
Krusedol, reconnu comme point d’unification de l'identité Serbe,
sans doute en raison des nombreuses reliques qui y reposent et ses remarquables
vestiges d'art sacré. En raison de sa représentation symbolique
de l'identification Serbe, de nombreuses personnalités ont souhaité
reposer dans ce sanctuaire, y compris, en 1901, le Roi Serbe Milan Obrenovich.
Le Mont Athos Serbe
Fruska
Gora est souvent considéré comme l'équivalent du Mont
Athos, bien que quelques sources considèrent que sa chaîne
de montagnes Serbes soit plus sacrée encore qu’Athos.
Les os de St Angélina
Une légende antique raconte que la Sainte Vierge Marie, durant son périple de Joppa à Chypre, naviguait en compagnie de St Jean l'évangéliste afin de rendre visite à Lazare. Cependant, en cours de route, le vent tourna et le navire se retrouva involontairement détourné vers Athos et forcé de s’ancrer à proximité du port de Klement, peu éloigné du monastère actuel d'Iviron. La Vierge Marie ayant pris pied sur cette terre fut subjuguée par la beauté merveilleuse et sauvage de cette montagne au pied de laquelle elle se trouvait. Elle bénit le lieu en demandant à son fils bien aimé que ce décor devienne son propre jardin. Une voix, alors, se fit entendre: « prenez cet endroit pour être à jamais votre jardin consacré, un paradis et un asile de salut pour ceux qui cherchent à être sauvés ». Depuis ce miraculeux instant, la montagne est consacrée comme le jardin intime de la mère de Dieu et accessible à nul autre qu’elle.
Le
monastère Kovilj
Krusedol
est certainement le plus célèbre monastère, mais il
n’est pas le plus ancien de la région… Ce privilège
revient à Kovilj. Malheureusement, nous n'avons pas pu visiter ce
site, faute de temps. Ce sera en juillet qu’Aleksandar Jovanovich
se rendra sur place pour nous fournir un compte rendu.
Selon la légende, le monastère de Kovilj aurait été
fondé par le premier archevêque de Serbie, Saint Sava. Ce dernier,
au 13e siècle, est à l’origine le prince Rastko Nemanjic,
fils du gouverneur de Serbie et fondateur de l'état à l’époque
médiévale. Il est le saint patron le plus important de l'église
orthodoxe Serbe. Durant sa jeunesse (aux environs de 1192) il quitte la
maison familiale pour rejoindre la colonie monastique orthodoxe située
sur le Mont Athos. C’est là que le saint homme prend le nom
de Sava. Il se rend tout d’abord dans un monastère russe et
se déplace ensuite jusqu’au monastère grec de Vatopedi.
Vers la fin de 1197, son père, le Roi Stefan Nemanja, le rejoint.
En 1198, les deux hommes reconstruisent le monastère abandonné
de Hilandar. A cet instant, ce sanctuaire est le centre essentiel de la
vie monastique chrétienne de Serbie.
Une
étrange histoire attachée à Kovilj raconte que le monastère
aurait été visité par « le Grand Maître
Antoan », de l'Ordre du Temple… au 16e siècle. Laissons
pour l’instant de côté la spéculation au sujet
de l’Ordre du Temple dont il peut s’agir, trois siècles
après la dissolution du Temple médiéval ! Nous poursuivrons
l'étrange histoire de cet énigmatique visiteur avec la façon
dont il méditait sur l’étoile Sirius et comment il communiquait,
par l'intermédiaire de cette étoile, avec les autres chevaliers
dans son Ordre. Cette surprenante révélation concernant une
« communication psychique » faisait état de l'utilisation
de pierres, comportant des ‘signatures’, placées autour
de lui pour ce rituel oublié. Mais ce n’est pas encore tout,
car l'histoire continue en expliquant que cet étrange maître
du Temple utilisait un Rite d'ouverture d’une ‘Croix de St John’…
qu’abritait le monastère. Le 27 septembre se déroule
la liturgie pour l’élévation de la croix, bien qu'on
observe apparemment une interdiction pour n'importe qui d’utiliser
cette croix. Si ces traditions sont à peine croyables, l'histoire
poursuit en affirmant qu'Antoan aurait donné des instructions à
‘une personne’ afin de replacer dans ce monastère l'Arche
de Alliance qui se serait trouvée cachée dans la cathédrale
française de Laon.
Nous laisserons de côté de tels récits pour le moment et, en échange, nous remarquerons derrière le maître autel une copie de la Cène comme l’a peinte Leonardo da Vinci.
Pour
ceux, peu familiarisés avec le culte orthodoxe, nous devons préciser
qu'une telle image n'a aucune place dans ce culte. Par conséquence,
on se demande, à juste titre, quelle fut l’impérative
raison qui imposa le choix d’incorporer la Cène dans cet environnement
spécifiquement orthodoxe. Ce détail est à lui seul
une énigme du type du Jésus en croix peint par un juif dans
l’église d’Arques… une énigme aussi étonnante,
mais non résolue, que celle du ‘quand et pourquoi’ quelqu'un
aurait décidé d’apporter une statue de Ste Angélina
dans le milieu religieux de Prats-De-Mollo ! Enfin, nous notons sur le dessus
de la croix une représentation de Jésus, avec l’étrange
particularité d’être accompagné d’un serpent
Orphique… ce qui forme, il faut bien l’admettre, une symbolique
pas plus catholique qu’orthodoxe. Cette grande croix est ornée
sur ses quatre extrémités, d’une étoile octogonale,
avec une rosette en son centre. Ces références à la
préoccupation des templiers pour le chiffre huit, ainsi publiquement
exprimée, sont-elles habituelles dans la conception de leurs églises
? C’est un sujet que nous ne manquerons pas de développer plus
tard.
Retour à Krusedol
Pour
arriver à Krusedol, il faut suivre la route bifurquant à droite
peu avant Irig. La desserte devient bientôt pratiquement un chemin
à voie étroite, parsemé de ‘nids de poules’
rendant la circulation et les croisements souvent délicats. On peut
comparer ce trajet, pour ceux qui connaissent, à la difficile piste
forestière qui conduit au Coral.
Après avoir dépassé le dessus d'une colline, s’ouvre
une vallée abritant le monastère. Immédiatement, la
nature paisible et puissante de ce décor fait oublier toutes les
considérations des vicissitudes mondaines d’aujourd’hui.
Curieusement,
la disposition de Krusedol est identique à celle du Coral: les bâtiments
du monastère, avec le temps, ont fini par encercler l'église,
devenue centrale… qui reste néanmoins isolée des constructions
environnantes et anciennes. A présent, l'accès au sanctuaire
ne peut se faire sans passer obligatoirement par le monastère.
L'église, consacrée à Ste Angélina, est disposée
à côté d'une tour clocher de cinq étages. Une
porte simple permet d'entrer dans le narthex, le hall d'entrée, où
se trouvent plusieurs tombeaux, y compris celui d'Obrenovich. En allant
vers la nef - notons au passage que, fort heureusement, la pratique de permettre
l’accès à cette dernière seulement aux chrétiens
orthodoxes n'est quasiment plus en fonction - nous admirons une scène
typiquement orthodoxe: des fresques peintes sur le dôme central avec
un Christ traditionnel symbolisant la toute puissance (Pantokratoros).
Enfin,
nous observons le tympan servant d’écran entre la nef et le
saint des saints qui, conformément à la coutume orthodoxe,
est couvert d'icônes.
Sur cette partie s’ouvrent les trois portes habituelles, une centrale
encadrée de part et d’autre d’une ouverture moins imposante.
La porte centrale, appelée traditionnellement « Belle Porte
», est exclusivement réservée à l’usage
du clergé. Les passages de chaque côté ont pour noms
« Portes des diacres » ou encore « Portes des anges ».
Cette dénomination en raison du fait qu’elles soient décorées
de fresques représentant les Archanges Michel et Gabriel. Ces deux
portes sont employées par les diacres et les servants pour entrer
dans le sanctuaire. Dans l’église de Krusedol, nous retrouvons
la collection habituelle des saints, et surtout l'icône du saint à
qui l'église est consacrée… en l’occurrence Sainte
Angélina !
Derrière la séparation se trouve « le saint des saints
». Nous n’aurons, cependant, pas besoin d'aller si loin pour
retrouver les reliques de la sainte patronne des lieux puisque, devant un
pilier, à la droite de l'écran, repose un petit sarcophage
contenant les os de Ste Angélina.
Krusedol, deuxième étape
Après
avoir quitté le monastère, nous continuons notre visite jusqu’au
village de Krusedol qui est un petit bourg avec une église en grande
partie oubliée. L'emplacement, semblant extrêmement ancien,
est situé sur une petite île, créée par les deux
bras d'un fleuve… comme à Paris. Il y a tout lieu de supposer
que cet îlot fluvial abritait un antique emplacement païen qui
fut sans doute christianisé.
L'église est hélas fermée. Cependant, nous savons qu’elle
est le premier sanctuaire construit par Ste Angélina avant la construction
du monastère voisin. De l'extérieur, cette église est
sur un modèle d’aspect nettement plus catholique. Tout autour,
on trouve encore de vieux tombeaux pour le moins très intrigants.
Saunière
en Serbie ?
A notre retour, nous avons été informés par plusieurs sources fiables que Saunière aurait ‘prétendûment’ visité la Serbie. Vérifications faites, il semblerait bien que Saunière se soit effectivement rendu en Serbie… « pour visiter certains sites de pèlerinages ». Ces faits seraient faciles à vérifier sur ce qu’il reste des carnets du prêtre… En ce qui nous concerne, à cet instant, nous n’avons pas la confirmation absolue de cette histoire. Cependant, si ceci s’avérait exact, nous devrions noter que Krusedol (et la région de Fruska Gora en général) est l'emplacement idéal et principal en matière de pèlerinage en Serbie ! En conséquence, si l’abbé Saunière a réellement fait ce voyage, cette destination est la plus probable… Nous laisserons à d'autres chercheurs, accédant aux fameux ‘carnets’ ou éléments précis sur les pèlerinages de Saunière à l’étranger, le soin de confirmer ou non cette hypothèse. Si cette dernière s’avérait exacte, elle établirait le ‘rapport Serbe’ comme une des plus importantes révélations dans l'énigme de Saunière. En effet, cette possibilité des plus probables montrerait que Bérenger Saunière avait eu connaissance de sainte Angélina… ce si beau prénom (angélique !!!) impliqué tragiquement dans le crime monstrueux de l’abbé Gélis ! Cependant, si cette théorie n’est pas la bonne -ou non confirmée- alors « la connexion Serbe« demeure intact dans ses contextes ancien et récent.
Retour au Coral
Qui
était Sainte Angélina ? Angélina est issue du sang
Serbe-Albanais de la famille de Nemanjic et de Balsic. La Maison de Nemanjic
a régné sur la Serbie depuis pratiquement 1166 et jusqu'en
1371. La Maison de Balšic était une dynastie médiévale
de Serbie qui dura de 1356 à 1435. Même si Balšic était
Serbe, il est certain qu'il ne soit pas d'origine Slave. Plusieurs historiens,
spécialistes en la matière, arguent que les origines de cette
famille viendraient de Provence… en France. Leur dernier nom ‘franc’
pourrait être à l'origine de celui de ‘Baux’ avant
de se rendre à Zeta à la fin du 13ème siècle
(entre 1272 et 1280). Nous savons qu’un De Baux est allé Naples
puis en Sicile. C’est à cette époque que ce nom -Baux-
pour la première fois fut interprété sous la forme
Balz(i)o ou Balcio, avant de le retrouver à Zeta (actuellement Montenegro).
La Reine Jelena d’Anjou, veuve du Roi Uroš I de Serbie, était
de noble lignée française. C’est elle qui prit la décision
d'aider la famille de Balšic et de lui donner des terres et des titres
de seigneurie dans toute une partie de la Doclea.
Eglise de Krusedol
En
ce qui concerne nos recherches et travaux déjà accomplis,
il est étrange de noter que cette ancienne famille Serbe était
également liée aux rois d'Aragon. Notons que ce n'est pas
la première fois qu'une telle alliance survient dans cette affaire.
En consultant la vie de la comtesse souveraine Maria Fadrique d’Aragon
de Salona, Burggravine de Siderokastron (1370-1404, Grèce), nous
notons qu'elle est la fille du comte Luis Fadrique d’Aragon de Malte,
Gozzo et Salona (d. 1381/82) et de Despotina Helene Asenina Cantakuzene
(d. 1394). Mais c'est surtout la lignée des futurs maris qui est
plus intrigante encore : elle est issue de Geoffroy et Bernaduc de Rocaberti…
la fameuse famille qui fait alliance avec les de Périllos et une
autre famille possédant Serralongue, près de Prats-De-Mollo
et Notre-Dame du Coral ! L’union se fait après avec Stefan
Dukas Nemanjic de Serbie, puis avec Matheu de Moncada, avant finalement
de se marier avec le Sultan turc Bayazid I vers 1394.
Quant aux Rocaberti proposés en alliance avec la famille de Périllos…
celle-ci s’est faite sous l’impulsion de Ramon de Périllos
(conseiller de Jean I d'Aragon) qui est celui s’étant rendu
au Purgatoire de St Patrick et qui, à son retour, déclara
savoir que sur ses terres se trouvait une « entrée vers l’autre
monde ». Nous notons que ce Ramon de Périllos est le plus important
conseiller de Jean I d'Aragon et qu’il organisa l’alliance de
la famille Périllos avec celle de Rocaberti. Pourtant, un fait inconnu…
ou quelqu'un… ourdit une autre destinée entre la comtesse Maria
Fadrique et les Rocaberti. Nous voyons qu’à travers ces multiples
péripéties il y eut, à n’en pas douter, plusieurs
tentatives d’établissement de liens par le mariage avec les
rois de Serbie. Face à tous ces faits ayant l’apparence d’alliances
princières anodines, mais étranges concernant les Périllos,
avec la lointaine Serbie, nous pouvons nous demander à juste titre
s’il ne s’agirait pas d’une ‘connexion Serbe’
justifiée pour d’autres raisons plus… obscures et profondes,
imposées pour d’autres raisons plus secrètes que celles
de simples mariages… de raison ! Ce que nous ne manquerons pas de
chercher à comprendre ultérieurement.
Filip
Coppens
Avec le précieux et cordial concours d’Aleksandar Jovanovic,
Aleksandar Bercek et Milan Vidojevic, que nous remercions chaleureusement.