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| Arques, ouverture sur un secret |
Volontairement
ou non, Bérenger Saunière laissa toujours supposer, ou deviner,
à tort, que ses découvertes ‘monétaires’,
ou autres, se situaient dans le premier périmètre de Rennes-le-Château.
Cette méthode prouvera plus tard son efficacité redoutable,
ce qui pourrait bien expliquer la quasi-inexistence, la pauvreté
et la rareté des découvertes concernant cette énigme
sur la commune même de Rennes-le-Château… Le triste résumé
de cette situation pourrait être qu’à l’heure actuelle
les mises à jour sur Rennes-le-Château sont diamétralement
opposées à la masse des éléments énigmatiques
et secrets découverts dont ‘on’ nous promet, à
chaque fois, qu’ils seraient enfin révélateurs de la
solution d’accès au fabuleux trésor de l’abbé
Saunière !.. Et bien des ‘spécialistes’ de s’étonner
de la baisse du taux d’intérêt de leurs lecteurs !
Tous les éléments retrouvés par Bérenger Saunière
n’étaient pas tous dans le premier périmètre
de son église, loin s’en faut. L’abbé entretenait
des affinités avec quelques autres de ses collègues dont les
paroisses pouvaient contenir les informations, qui lui manquaient et pouvant
lui être utiles pour sa recherche… Nous savons qu’il rendait
fréquemment des visites au curé d’Arques. On retrouve
l’anecdote de ce prêtre qui voulait décorer son église
d’un chemin de croix comme celui commande par Saunière…
et qui avait tant prêché qu’il avait obtenu une somme
pouvant lui en payer deux ! Ensuite on trouve derrière le Maître
Autel de l’église d’Arques la Signature de ’B.
Saunière – prêtre’ écrite à la mine
de plomb près d’autres noms et prénoms… Mais Bérenger
se rendait-il à Arques seulement pour de petites visites de bon voisinage…
ou pour d’autres raisons plus profondes ? Comme nous allons le voir
il semblerait que les lieux de cette paroisse et quelques décors
de l’église pouvaient avoir de quoi intéresser notre
curé. Nous avons de bonnes raisons de penser qu’ici il trouva
des éléments permettant de définir globalement une
région du Roussillon, et non des Corbières ou du Razès.
Il est maintenant certain que l’abbé Saunière, depuis
ces bribes d’informations retrouvés ici, à Brenac, N.D.
de Marceille et ailleurs, put se rendre dans ce secteur roussillonnais où,
très probablement, il eut confirmation d’une hypothèse
déjà sous-entendue dans son église Sainte Madeleine
à Rennes-le-Château. Mais à présent tentons de
comprendre ce que pouvait chercher à Arques l’abbé Bérenger
Saunière, curé de Rennes-le-Château.
Arques
– généralités
cadastre
d'Arques selon Albert FABRE en 1885
La commune d’Arques se situe au sud de Carcassonne, sur le canton de Couiza, arrondissement de Limoux. Son territoire est limité au nord par les communes de Bouisse et Valmigère, à l’est par celles de Bouisse et Albières, au sud par Fourtou et Sougraigne et enfin à l’ouest par la commune de Peyrolles. Ce village est situé à une altitude de 350m. Les monts environnants s’élèvent rapidement à des hauteurs respectables : la Grande Berque à 793m, le pic du Traou d’al Bivou à 804m, le Roubettou à 682m, Mont-Redon à 576m, et le Paradis à 479m. Le village d’Arques est desservi par la route départementale 613 (ancienne G.C. n°12 de Narbonne à Chalabre). Dans la description de l’accès à Arques, depuis Couiza, Albert Fabre (1885) nomme les sites traversés par la route… nous y retrouvons ceux qui illustreront Arques dans l’affaire R.L.C. par le biais de plusieurs éléments que nous reprendrons peu à peu : « Le vallon d’Arques avec ses hautes montagnes qui l’enserrent à droite et à gauche de la route et son cours d’eau dans un lit encaissé, offre au voyageur parcourant la route de Couiza à Arques, des échappées sur cette nature dont le caractère parfois sauvage et grandiose impressionne vivement l’imagination. Après avoir dépassé le chemin conduisant aux Bains de Rennes ( à présent Rennes-les-Bains), le petit village de Serres, et les hameaux des Pontils et de la Peyrade, on voit le vallon jusqu’alors très étroit s’élargir graduellement… ».
Les premières occupations de l’Homme, sur le secteur, remontent aux époques préhistoriques (collections Budillou et surtout Guinardet). Puis l’Antiquité stabilisera un habitat statique devenu carrément sédentaire. La conquête romaine imposera des établissements agricoles encadrés de postes militaires chargés de la sécurité des premiers colonisateurs des lieux (vestiges trouvés au ‘Col Paradis’ par D. Roché). La situation stratégique d’Arques motiva très vite des constructions fortifiées définitives. Dans l’idée de ‘castel’, il faut bien séparer le château extérieur au village tel qu’on le visite aujourd’hui, de l’enceinte primitive encore en fonction jusqu’au XIIe S. située sur l’emplacement du village actuel dont certains vestiges sont encore visibles. Le nom d’Arques évolua toujours sur la même racine : ARC. Ainsi dans les documents et chartes, on retrouve cette évolution : Arces, Arcae, Archés, Archis (1260), Arquis (1320), Arcas (1538)… On dénombre aussi seulement 5 homonymes de ce nom : 3 pour la France : Arques dans le Pas-de-Calais, Arques en Seine-Maritime, Arques dans l’Aveyron. Un autre au nord-est de l’Italie : Arqua, et Arqué enfin en… Bolivie. Nous ajouterons que cette commune se trouve à très courte distance du Méridien de Paris, appelé aussi ‘Méridienne zéro’. Précisons encore qu’Arques est une paroisse d’Alet, sous l’autorité de l’archiprêtré d’Alet et du Haut-Razès.

Arques
– un peu d’histoire
L'église
Les origines du village, bien qu’antiques, comme en témoignent de nombreux vestiges archéologiques, sont assez flou concernant la conquête romaine. Il faut attendre les Wisigoths pour retrouver les premiers éléments certains d’implantation définitive du bourg. Après avoir fondé ‘Rheddoe’ (orthographe selon A. Fabre), qui deviendra plus tard Rennes-le-Château, le second souci des Wisigoths fut d’édifier la forteresse d’Arces (Arques). La situation stratégique du lieu n’échappa plus désormais aux conquérants de toutes les époques suivantes, car l’emplacement permet de surveiller efficacement toute la plaine alentour et de verrouiller la seule voie d’accès possible de cette vallée. En vérité le premier château, digne de ce nom, se situait à l’emplacement du village ; En observant le plan cadastral du bourg on constate bien que le quartier ouest, celui de l’église, s‘inscrit dans le tracé d’une fortification primitive très compacte.
L’église
actuelle formait alors l’extrême sud de la forteresse, comme
le confirme le clocher actuel (tour carrée de 5m x 5m à sa
base), vestige d’une tour d’angle du premier castel. Près
de la maison de Déodat Roché, face à la place de la
mairie, se trouve la ‘Maison Granger’ qui abritait le four banal
des seigneurs d’Arques. On remarquera la façade de ce bâtiment,
datant probablement du XIVe S., comportant de beaux vestiges architecturaux
du Moyen-Age. De plus, lors de travaux de terrassement, au nord du bourg
primitif, on retrouva des sarcophages mérovingiens et des tombes
wisigothes.
Le château, tel qu’on le visite à présent, est
situé à l’extérieur du village en direction de
Rennes-les-Bains. Sa construction remonterait à la fin du XIIIe S.,
époque à laquelle Gilles de Voisins choisit Arques pour résidence
féodale principale. Globalement ce second fort s’inscrivait
dans un grand quadrilatère entouré de solides remparts probablement
délimités par des tours carrées. Ce premier système
de défense était renforcé par un large fossé
toujours rempli d’eau courante. L’entrée au sud de l’enceinte
ouvrait sur une cour d’où on accédait au donjon faisant
encore aujourd’hui l’admiration des connaisseurs d’architecture
militaire qui le qualifient unanimement comme « l’un des plus
beaux spécimens de l’art gothique appliqué à
l’architecture militaire du midi de la France ».
Arques
– Ses seigneurs
Retenons
de toute la chronologie seigneuriale d’Arques, trop longue à
présenter entièrement ici, quelques remarques historiques
sommaires.
En 800 : l’un des grands vassaux de Charlemagne sera le ‘comte
Guillaume’. Il léguera à son fils Béra la charge,
concernant le château d’Arques, de « le garder pour le
roi de France » (Fédié, Histoire du comté du
Razés). Une singularité nous surprend dans ce texte : à
cette époque il n’y a pas de roi, Charlemagne est empereur
comme son successeur Louis le pieux. IL ne saurait donc être question
du mot ‘Roi’. De plus le terme ‘France’ n’existe
encore dans aucun écrit. Toujours pour cette époque il n’est
question que d’un ‘empire’ et c’est tout ! Alors,
demandons-nous pour quel ‘roi de France’ ce château doit
être conservé à cette date ? Seule, et un peu plus tard,
l’Eglise nous entretiendra du mot ‘France’ et encore pour
nous dire que le pays de ce nom est ‘sa fille aînée’!!!
Prémonition avant l’heure ? Ou erreur de Monsieur Fédié
au moment de traduire ?
L’appellation ‘Seigneurs d’Arques’ se prolongera
du XIe S. (Béranger d’Arques) à 1118, époque
où Bernard Aton entre en guerre contre le seigneur d’Arques
qui lui conteste sa suzeraineté sur cette contrée. Arques
fut inféodé au seigneur de Termes et le restera jusqu’à
la croisade contre les Albigeois.
1217, l’invasion du Razès par Simon de Montfort atteint Arques.
Le château, malgré sa résistance, est pris et détruit
ainsi que tout le bourg attenant. Béranger d’Arques, rangé
sous la bannière de la croisade en profite pour demander la restitution
de ses terres.
La charte de Louis IX confirme Pierre de Voisins comme ‘baron d’Arques’.
Ce Pierre de Voisins, il est utile de le souligner ici, est à cette
époque non seulement ‘baron d’Arques’ mais encore
: ‘Pierre de Voisins, chevalier, seigneur de Rennes (Rennes-le-Château)
en 1304 et encore en 1315’ (Dom Vaissette, page 125 et 162, tome 4,
d’ HISTOIRE GENERALE DU LANGUEDOC). Nous savons encore que Pierre
de Voisins est parti pour les croisades en Palestine… avec l’ultime
expédition commandée par Guillaume de Roussillon, seigneur
de Châteauneuf (dans le Pilat, secteur de la chartreuse de Ste Croix
en Jarez, et tout à côté des terres de Lupé…
si chères, des siècles plus tard, à B. Saunière
qui y trouvera son modèle pour Marie Magdeleine sous son maître
autel). Cette expédition se rangera sous les ordres de Guillaume
de Baujeu, Grand Maître du Temple… Curieusement les fameuses
et ‘inestimables’ reliques, faisant la fierté légitime
de l’église d’Arques, auraient été rapportées
justement de Palestine par ce seigneur… Reliques qui, si elles étaient
authentiques, pourraient d’une part soulever bien des interrogations,
et d’autre part expliquer bien des détails dans l’affaire
de Rennes-le-Château !
Ce sera Gilles 1er de Voisins qui commencera les travaux du second, et définitif
château, à moins d’un demi-kilomètre du village.
La construction sera terminée en 1316. Les de Voisins resteront seigneurs
des lieux jusqu’en 1518, date à laquelle la dernière
héritière, Françoise de Voisins, épouse Jean
de Joyeuse. Ainsi les de Joyeuse seront seigneurs d’Arques au moins
jusqu’à la fin du XVIe S.
En 1683, les barons et marquis du Bourg seront barons et marquis d’Arques
jusqu’en 1733. Puis ce seront les « De Rébé »,
les « De Castanier » et enfin les Poulpry qui se succéderont
à Arques jusqu’à la Révolution Française.
A cette époque le château d’Arques sera vendu comme bien
national. L’enceinte sera démantelée et il ne restera
plus que le donjon… il faudra attendre le XXe S pour que ce dernier
soit enfin classé aux Monuments Historiques et heureusement conservé
au patrimoine de notre pays.

Arques
– Noces nobiliaires
Nous
retiendrons un événement que peu d’historiens et chercheurs
soulignent dans les alliances et chronologies familiales nobiliaires.
C’est au 17e S. qu’a lieu une étrange et double alliance
méritant notre attention. Il s’agit d’un double mariage
entre les De Joyeuse et les De Gaste. En effet Anne de Gaste épouse
François de Joyeuse, tandis que simultanément Claude de Gaste
(frère d’Anne de Gaste) épouse Françoise de Joyeuse…
tante du célèbre cardinal de Joyeuse. Ce qui eut pour effet
d’allier les terres et la seigneurie d’Arques à celles
de Lupé dans le massif du Pilat… juste au-dessus de ‘Péage
de Roussillon’. Personne n’expliquera jamais les raisons de
cette alliance familiale insolite faite dans la plus grande discrétion.
Nous retiendrons seulement que Lupé est le fief des De Gaste et que
ce château fut le berceau d’une des rares familles descendantes
de Mérovée par filiation directe. Cet insolite château
de Lupé (Loup), pourtant discret et sans prétention, abrita
bien des personnages énigmatiques et initiés de toutes époques
et se trouva, hélas, mêlé étroitement à
la tentative de reconstitution du St Empire de Charlemagne. Sur ces mêmes
terres, Béranger Saunière viendra chercher, d’abord
son modèle de Marie-Magdeleine (dans une chapelle du château
des Lupé ) pour son bas-relief du maître autel de R.L.C., ensuite
des éléments et objets qu’il récupéra
très discrètement dans ce secteur pour son plus grand profit.
Pour mémoire, rappelons qu’après ces ‘recherches’,
B. Saunière entre en contact avec un orfèvre et un courtier
en pierres précieuses, tous deux en région lyonnaise. (voir
‘La piste des Loups’ dossier N°1
RLC). A propos du cardinal de Joyeuse, neveu de Françoise de
Joyeuse, il est utile de rappeler son intérêt disproportionné
(3 siècles plus tard) pour les reliques d’Arques que nous avons
vues, au chapitre précédent, ramenées de Palestine
par Pierre de Voisins, seigneur de Rennes-le-Château…
Arques –
Petites déclinaisons pour un nom
Du
nom d’Arques peuvent dériver plusieurs interprétations
que nous retrouverons au fil des écrits divers, ou besoin ponctuel
de tel ou tel écrivain. Si l’on utilise la ‘Langue Oiselée’
ou ‘Langue verte’, il est nécessaire ‘d’entendre’
le mot et non de l’écrire… donc d’user de la seule
phonétique. Sur ce registre nous retiendrons, en conservant toujours
les racines ‘ARQUE’ et ‘ARC’ : phonétique
parfaite de ‘ARQUES’ : ARCes : commandement (latin traduit du
grec). Ce qui conviendrait à une place forte ou ayant une importance
impérative. ARCa : (latin) coffre, cassette, cercueil… en tous
cas une idée de récipient à contenant précis.
Il sera plus loin intéressant de retenir la correspondance ‘cercueil’,
donc ‘tombe’, ‘tombeau’, ‘caveau’ avec
la double analogie du célèbre tableau de Nicolas Poussin :
‘Les Bergers d’Arcadie’ !
Nous retiendrons encore de ce mot la traduction ‘borne’ dans
le sens de ‘limite’, ce que pourrait nous indiquer le menhir
local qui pour certain serait ‘La pierre de la reine’.
ARCas : serait un lien avec le roi éponyme d’Arcadie et aussi
le rapport direct avec la racine ‘ARKos’ : l’Ours ! (voir
‘La piste des Ours’ dossier N°1
RLC)
Si nous retenons ARCas comme racine avec ARCadie, nous obtiendrons la fameuse
dérive avec ARCadien habitant de l’ARCadie ou un de ses occupants.
Enfin comment passer sous silence ces dernières déclinaisons
:
ARC – ARCanum – ARCanus : secret, caché comme ARChé
en grec. De ce mot ARCanum nous pourrons retrouver, l’ARCane : mystérieux
et dissimulé, mais aussi ARCanne (du latin alcanna) la craie rouge
du tracé des charpentiers… ce mot nous indiquerait, ici, le
tracé rouge de la méridienne qui passe près d’Arques
sur… le soi-disant ‘tombeau’ des ‘Bergers d’ARCadie’
de Nicolas Poussin. Notons pour mémoire que ce peintre interviendra
dans les sous-sols de l’Observatoire Royal au moment de la mise en
place de la méridienne d'origine : ‘la Méridienne zéro’
donc la méridienne rouge !
Moins usité par les chercheurs de l’affaire RLC :
ARCh : le premier des 2 trônes attribués à Dieu ou encore
‘terre en usufruit collectif’ !
ARChe : arche d’alliance, arche de Noë… ARChée :
le Principe vital en alchimie. ARCot coulée de fonderie tombée
dans la cendre !
Nous rencontrerons plus loin des rappels de ces déclinaisons dont
certainement nous avons oublié d’autres traductions ou interprétations…
des pires et des meilleures !
Arques
– Le tombeau qui n’est pas à Arques
Il
est de notoriété, dans l’affaire de Rennes-le-Château,
que l’énigme du tombeau dit ‘des Bergers d’Arcadie’
liée étroitement à Arques pour deux raisons. La première
découle logiquement du jeu de mot Arques – Arcadie et ses dérives.
La seconde raison est en rapport avec l’existence d’un tombeau
improprement dit ‘d’Arques’, ou des ‘Bergers d’Arcadie’,
de Nicolas Poussin.
Nous commencerons donc par l’étude de ce tombeau et de ses
propriétaires. Curieusement, quasiment tous les ouvrages relatifs
à l’énigme font un détour plus ou moins accentué,
selon les convictions de leurs auteurs, par le secteur où se trouvait
cette curieuse construction mythique aujourd’hui détruite.…
Mythique, car il est évident que :
1) le paysage de la peinture et celui de la réalité n’ont
qu’un seul rapport d’identité bien maigre : leurs fonds
montagneux.
2) le ‘tombeau de Poussin’ ne pourrait dater tout au plus que
de 1630 et celui en place fut édifié en 1903.
3) la littérature sur ce propos est souvent une vision personnelle
de l’écrivain et non une réalité géographique
ou historique.
En 1973, paraît « La race fabuleuse » de Gérard
de Sède. Et commence la ‘saga’ du tombeau d’Arques
! L’auteur nous conseille de nous diriger vers Alet, puis «
A quelques kilomètres de là, engagez-vous sur la R.N. 613,
jusqu’au point précis où cette route coupe le méridien
de Paris. Vous êtes à la cote d’altitude 297, sur un
petit pont, sur le territoire de la commune d’Arques. De là
part, à droite, un petit sentier long à peine d’une
vingtaine de mètres. Prenez-le car au bout, voici, entouré
de ses arbustes, la tombe des Bergers d’Arcadie.

C’est
bien elle, taillée à pans coupés, posée sur
un socle. Tout y est, même la petite excroissance de pierre sur laquelle
le berger découronné du tableau appuie son pied gauche. Et
regardez bien les montagnes qui se découpent de part et d’autre
du massif d’arbustes : ce sont exactement celles qu’a peintes
Poussin. Celle de gauche à nom Bézil Grand ; celle de droite
est le roc de Blanchefort. »
Dans cette brève présentation nous constatons 4 erreurs :
1- Le tombeau n’est pas sur la commune d’Arques, mais sur celle
de Serres (à la limite de Peyrolles, la rivière servant de
frontière).
2- Aucun berger n’est découronné dans le tableau.
3- C’est le berger de droite qui appuie son pied gauche sur une excroissance
de pierre.
4- Bézil est le nom d’un ruisseau, la montagne s’appelle
Berque Grande.
D’autres
erreurs émailleront la description que G. de Sède fait du
tableau de N. Poussin, en 1973. Ces erreurs simples à déceler
avec un peu d’attention n’empêcheront pas de nombreux
auteurs de reprendre à leur compte les mêmes observations et
de les amplifier.
Bérenger Saunière, affirmait-on, se serait procuré
à Paris une reproduction des ‘Bergers d’Arcadie’
en raison du fait que la tombe de Marie Nègre d’Ables comportait,
comme sur le tableau de Poussin, le texte latin « ET IN ARCADIA EGO
». Le message secret des parchemins précisait : « Que
Poussin, Teniers gardent la clé… » Tout était
clair désormais. Si Poussin a réalisé ce tableau, c’est
de toute évidence, pour y dissimuler les secrets qu’il transmet
au surintendant Fouquet ; dans la foulée Louis XIV fait emprisonner
Fouquet qui en meurt, puis rachète l’œuvre de N. Poussin.
Forcément ce secret est celui de RLC… Et bien des lecteurs
fascinés suivront cette hypothèse quelque peu fragile, pour
ne pas dire complètement débridée !
« Les Bergers d’Arcadie » est considéré
comme le chef-d’œuvre de Poussin. Hor mis le fait que ce tableau
est une formidable réflexion imagée sur le thème de
la mort, c’est aussi la personnification de ‘l’Arcadie’
qui prendra le devant de la scène et sera largement soulignée,
et utilisée, dans l’affaire de RLC.
L’Arcadie est une région de Grèce où les poètes
antiques situèrent le royaume idéal du bonheur. La phrase
« et in arcadia ego » est une formule très ancienne associée
à la mort se traduisant , entre autres , par : « et moi aussi
j’existe en Arcadie », mais d’autres interprétations
sont possibles et tout aussi justes. En vérité, la ‘sentence’,
pour être la bonne, doit ‘coller’ à sa représentation
iconographique, rendant les deux éléments indissociables pour
conserver ensemble leur véritable sens. De fait, seul Nicolas Poussin
pourrait donner la traduction authentique de « et in arcadia ego »
dans ses ‘Bergers d’Arcadie’… S’il l’a
fait nous n’en avons plus connaissance aujourd’hui.
Nicolas
Poussin
On
retiendra globalement que l’Arcadie sera toujours, pour les peintres
célèbres, un rappel sentencieux de l’état de
simple mortel. Cette formulation sera aussi utilisée par Le Guerchin
qui, dans un tableau, met en scène des bergers contemplant un crâne
humain sur une pierre cubique comportant ce même texte. Il y eut deux
tableaux des ‘bergers d’Arcadie’ de N. Poussin. Le second,
déposé au Louvre, est celui qui nous intéresse présentement.
L’Arcadie est aussi considérée comme le « pays
des ours ». La déesse Arcas, compagne de chasse d’Artémis,
après avoir été séduite par Zeus, eut un enfant.
Pour la soustraire à la punition d’Artémis, Zeus cache
Arcas et son enfant dans deux constellations : Arcas deviendra la Grande
Ourse, et son enfant la Petite Ourse. Il est curieux de constater que plusieurs
auteurs littéraires comparèrent le Razès à l’Arcadie.
Si la comparaison géographique peut se comprendre facilement…
il sera intéressant de s’interroger sur ce curieux prolongement
concernant le plan héréditaire des antiques familles ‘Ursus’
issues du Roussillon et qui échappa, heureusement, aux habitués
du sujet.
Pour nous il est évident que le tableau ‘Les Bergers d’Arcadie’
ne constitue pas ‘LA clé du secret’… dans le sens
vu par certains auteurs. Force est de convenir que ni son paysage, ni son
tombeau, ni sa chronologie, n’ont de rapport direct avec ce secteur
audois qui aurait dû rester logiquement paisible et ‘sans histoire’.
Cependant les associations d’idées suggérées
par le tableau et son auteur pourraient bien avoir un lien ‘discret’
avec l’affaire de Rennes-le-Château.
Des hypothèses et des questions ne demandent qu’à se
dégager de ces constats afin de nous indiquer des détails
que nous allons reprendre et examiner ici.
A- Les tombeaux sont identiques, mais le réel est construit en 1903,
sur le modèle du tableau de Poussin, et non l’inverse. Poussin
prend donc valeur de modèle dans ce cas.
B- L’Arcadie mythique pourrait avoir sa correspondance réelle
dans le Razès.
C- ‘L’autre’ Artémis fut introduite en Gaule, puis
christianisée et amalgamée à Ste Marie-Madeleine.
D- Marie-Madeleine pourrait avoir son refuge et son tombeau dans le Razès,
la ‘Nouvelle Arcadie’.
E- Arcas, compagne de chasse d’Artémis en Arcadie, a été
transformée en constellation. Les bergers connaissent les étoiles
et ont leur astre propre : ‘l’étoile du berger’.
Marie-Madeleine fut guidée par une étoile.
F- L’Arcadie était le pays des ours. Artémis, comme
Artios, est symbolisée par un ours. Mais les bergers craignaient
plutôt le loup.
G- La consonance ‘Arcadie’ évoque ‘Arcade,’
pièce d’architecture soutenue par deux piliers ou colonnes.
H- La manne, au sens figuré, évoque une ‘richesse’
providentielle énorme ; dans ‘La manne’, autre tableau
de Poussin apparaît une arche ou ‘porte’ naturelle.
I- Dans son autoportrait, Poussin dissimule à l’arrière
plan une femme coiffée d’un diadème orné d’un
œil. Et enfin :
J- Quelles informations circulèrent entre Poussin et la fameuse ‘Société
Angélique’ ?
K- Quels rapports entretenait Poussin avec les chartreux en général,
et avec Bonnaventure d’Argonne ?
L- Et aussi, pourquoi un original a-t-il voulu reproduire, en 1903, le décor
des ‘bergers d’Arcadie’, justement en ce lieu précis
?
Mais qui était le personnage qui fit édifier cette copie du
tombeau des ‘bergers d’Arcadie’ ?