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| Monsieur Lawrence et ses rites de momification |

Un
premier tombeau pour les Galibert
C’est
en 1880 que s’installent, au lieu-dit ‘Les Pontils’, Louis
Galibert et sa compagne Elisabeth. Sur cette propriété, Monsieur
Galibert implante une petite manufacture d’habillements militaires.
Il profite de la rivière pour installer une turbine électrique
qui fournit l’énergie nécessaire aux diverses machines
utiles à sa fabrique.
Leur petit-fils fait édifier un caveau, surmonté d’une
sorte de tombeau en pierres de taille, sur un léger promontoire,
face à la route mais séparé de celle-ci par un petit
ravin. On ne saura jamais la raison d’un tel choix.
Nous sommes en 1903… et le tombeau, qui entrera plus tard de plein
pied dans la légende de Rennes-le-Château sous le nom de ‘tombeau
des Bergers d’Arcadie’, vient de ‘naître’,
sans toutefois avoir la forme définitive que nous lui connaissons
!
Elisabeth Galibert fut ensevelie dans ce caveau sur la propriété
familiale… Peu après, Louis Galibert quitte ce secteur pour
transférer sa manufacture à Limoux. Il acquiert, dans cette
ville, une concession au cimetière pour y transférer, le 12
décembre 1921, les restes mortuaires de sa défunte compagne.
La porte du caveau et des pierres de taille seront emportées et serviront
au caveau ‘Galibert’, maintenant à Limoux.
L’arrivée
de Monsieur Lawrence
Les
bâtiments mis en vente au lieudit ‘Les Pontils’ ne resteront
pas longtemps sans habitants. En effet, deux américains achètent
le petit domaine et l’occupent très vite. Il s’agit de
deux personnages pour le moins énigmatiques : Madame Rivera et celui
qu’elle dit être son fils, un certain ‘Monsieur Lawrence’
âgé de plus de 50 ans et la grand-mère de ce dernier.
Madame Rivera est une dame effacée et ne laissera pas grande mémoire…
pas plus que la grand-mère.
‘Monsieur Lawrence’, par contre, passe pour un homme énigmatique.
Il est, paraît-il, très malade et son état de santé
impose une tranquillité totale. On dit qu’il aurait mis dans
l’usine désaffectée plusieurs élevages d’animaux…
Les habitants locaux le fuiront avec crainte. ‘Monsieur Lawrence’,
étrangement, sort très peu et, la nuit, l’usine reste
allumée jusqu’au matin. Ceux qui passent à proximité
l’entendent crier des mots étranges, souvent incohérents
ou dans une langue inconnue. Le personnage intrigue d’autant plus
qu’il s’avère être un érudit doté
de nombreux diplômes de très haut niveau… D’ailleurs
il se livre parfois, à l’extérieur des bâtiments,
à de nombreux travaux avec des instruments de mesure dont la complexité
étonne les habitants d’Arques.
Mais
de plus, on ne sait pas de quoi vivent ‘Monsieur Lawrence’,
sa mère et sa grand-mère. Si ces personnes n’ont pas
vraiment l’apparence de ‘rouler sur l’or’, ils semblent
cependant ne manquer de rien. Des colis, de lourdes caisses, arrivent souvent
par camion sans que rien ne laisse deviner ce qu’elles contiennent.
Puis, brusquement, un jour, il se met au travail sur le caveau-tombeau démonté
partiellement par les Galibert au profit de leur tombe de Limoux. Il reconstruit
curieusement l’étrange monument en lui donnant cette fois l’aspect
définitif, que nous connaissons bien, du tombeau des ‘Bergers
d’Arcadie’ de Nicolas Poussin.
Lorsque la grand-mère décède, il scelle l’étrange
monument. Puis sa mère meurt à son tour. Les rares personnes
qui l’approchaient de loin en loin diront que ce ‘Monsieur’
se livrait à d’étranges rites, que les cris et les bruits
la nuit s’intensifiaient, ainsi que les travaux dont personne ne saura
jamais rien de plus. On apprendra, par une personne notoire et proche du
maire d’Arques, que ‘Monsieur Lawrence’ avait tout simplement
pratiqué un rite d’embaumement sur le corps de sa mère
! Ce rituel achevé, l’homme accomplit le même cérémonial…
sur les deux chats de la maison. Cet étrange équipage (de
trois corps embaumés) fut enseveli selon un autre protocole tout
aussi précis… Pour cette dernière cérémonie,
cinq hommes et une femme, étrangères à la région,
assistèrent ‘Monsieur Lawrence’ dans les méandres
étranges de ce rite d’un autre temps…
Une étrange
symbolique mortuaire
D’un
autre Temps, certes… mais l’Espace, lui, se trouve sans doute
imbriqué dans le pourquoi de ce site devenu tout à coup hors
du commun. Une étrange symbolique mortuaire semble, avec une logique
implacable, s’être imposée sur le lieu, dans la plus
parfaite et complète indifférence des autorités locales.
Rite de mort indiscutable : la méditation sur l’outre-tombe,
bien symbolisée par le tableau de Poussin, est suivie par le rite
d’accès au royaume ténébreux des morts, selon
des règles qui, celles-ci, sont bel et bien ‘Solaires’
! La dualité Soleil – Ténèbres, Vie – Mort,
nous fait franchir ici un seuil réservé à l’ultime
initiation.
Le franchissement irréversible de ce seuil, d’où personne
ne revient, peut nous permettre de comprendre, d’un seul coup, pourquoi
dans cette affaire tant d’éléments se retrouvent inversés…
Tels tableaux comportent des paysages simplement inversés, telles
stèles mérovingiennes inversées sur elles-mêmes,
tels multiples détails ne pouvant se lire ou se concevoir qu’à
l’envers… ne nous indiquent-ils pas que le cheminement, du moins
sur une bonne partie, ne doit ‘s’entendre’ qu’inversé…
vu ‘DE L’AUTRE COTE’ pour être dans le bon ‘SENS’
?
Si cette hypothèse s’avère être la bonne (ou la
moins mauvaise), le message concernerait donc le royaume de l’obscurité,
de la mort… Mais d’une mort et d’une obscurité
indispensables à une renaissance, peut-être, symbolique…
une sorte de digestion, de gestation dans laquelle la durée du Temps
n’a ni prise, ni dimensions humaines, donc une ‘mesure’
qui nous est incompréhensible au premier degré.
Du pays des merveilles
à Jean Cocteau ?
C’est
peut-être ce qui nous ‘déroute’ (au vrai sens du
mot !), comme tant de chercheurs, et nous cache la simplicité logique
du message : « Pour être dans le bon sens il nous faut obligatoirement
passer de l’autre côté du ‘miroir’…
dans ‘l’autre domaine’ ». Une sorte de voyage au
‘Pays des merveilles’, là où Monsieur Lapin demande
: « Le Temps, qu’est-ce que le Temps ? » De plus, pour
voyager au centre de cette nouvelle terre, il nous faut des guides, des
‘doubles de nous’, des ‘Maîtres Patrons’…
des Anges peut-être ? Des Anges parfois sombres qui ne nous laissent
qu’une alternative : être à notre égard interrogateurs
? … Ou ‘dévorateurs’ ? …
Souvenons-nous de Monsieur Jean Maurice Eugène Cocteau et de son
‘dialogue avec l’ange’ dans le film ‘Orphée’
: « A Orphée qui lui demande où il a appris ‘toutes
ces choses redoutables’ sur les fameux miroirs qui sont les portes
par lesquelles la Mort va et vient, Heurtebise, ange, mais aussi vitrier
– dont le chevalet est la métaphore visuelle des ailes –
réplique avec ironie mais non sans maniérisme : ‘vous
savez, les miroirs, ça rentre un peu dans la vitre. C’est notre
métier ». Nous verrons plus tard, dans un autre dossier, comment
la fameuse maquette de Saunière, pour être lisible, doit se
regarder totalement inversée…
En attendant, notons cette rumeur tenace qui fait de Monsieur Jean Cocteau
un des ‘passés’ maîtres du mystérieux ‘Prieuré
de Sion’. Il y a peu de temps encore, (cela n’engageait que
nous) nous restions persuadés que cette société n’existait
que dans l’imagination fiévreuse de quelques inconditionnels
d’une farce rocambolesque… Nous avons, maintenant, toutes raisons
(et documents) de penser tout autrement et d’être persuadés
que ce ‘prieuré’, non seulement a existé, mais
existe encore... A présent, toujours pour nous, il paraît possible
que Monsieur Cocteau, non seulement ait été un Maître
secret de cet Ordre, mais se soit trouvé également initié
à une société tout aussi ‘brumeuse’ et
‘Angélique’, dont l’avantage notoire serait d’être
située réellement dans le temps et les lieux… et peut-être
avoir le but de servir d’antichambre ou d’écran de ‘brouillard’
à un Prieuré toujours en activité!
Nous savons que les six ‘visiteurs discrets’ qui assistèrent
‘Monsieur Lawrence’ dans son travail mortuaire appartenaient
tous à une société toulousaine dûment répertoriée
au registre des associations de la préfecture de Toulouse, dont nous
parlerons dans un prochain travail !
Lawrence
d’Arabie ?
Franck
Marie, à notre connaissance, fut le seul à s’intéresser
à ceux qui ‘firent’, et surtout ‘défirent’,
le ‘Tombeau d’Arques’… mais, à notre grand
regret, il n’alla pas assez loin.
Nous ferons donc notre possible pour combler quelques lacunes :
Si les ‘notables’ locaux, bien au courant des agissements de
‘Monsieur Lawrence’, ne sont jamais intervenus, il semble que
d’autres services administratifs se soient intéressés
de très près à ce curieux personnage. Régulièrement,
les représentants des ‘forces de l’ordre’, ainsi
que d’autres plus ‘discrets’ (en civil), sont venus visiter
‘Monsieur Lawrence’, non pas inopinément, mais de manière
très régulière… sans animosité et en toute
tranquillité… une sorte de visite de routine, presque courtoise,
à fréquence régulière… Ce sont ces ‘forces
de l’ordre’ (mais… quelle ‘force’ ? et de
quel… ‘ordre’ ?) qui rassureront laconiquement, de loin
en loin, la municipalité d’Arques, en expliquant ‘que
tout était sous contrôle’ et qu’il n’y avait
absolument pas lieu de s’inquiéter ou d’aller sur place…
Cette ‘trop’ grande bienveillance éveilla même
des soupçons ; les rumeurs les plus débridées commenteront
les activités passées du mystérieux ‘Monsieur
Lawrence’ ; certains diront qu’il s’agissait, ni plus
ni moins, que de ‘Lawrence d’Arabie’… ; d’autres
s’orienteront vers des services secrets étrangers en action
sur notre territoire… en accord avec l’Etat français…
des pires et des meilleurs. Chaque histoire a une fin… Celle de ce
‘Monsieur’ énigmatique s’achèvera lamentablement…
Dès sa mère ensevelie avec ses deux chats dans le tombeau
des Pontils, tout s’arrête. Plus de travaux nocturnes, plus
de cris ni d’imprécations obscures… Plus aucun service
d’état ne le visite… il quitte sa propriété
et s’installe à Carcassonne où il dilapide un substantiel
et discret capital… Il s’éteint misérablement
dans une totale indifférence, le 25 juillet 1954 !
Une certaine personne prétendra dans un petit pamphlet, pour contrebalancer nos informations, que ‘Monsieur Lawrence’ fut le projeteur auteur des plans du sémaphore de Leucate… pour justifier les instruments et les connaissances du personnage. Après tout, pourquoi pas un Lawrence architecte en bâtiments techniques ? L’ennui pour ce genre d’affirmation réside dans les dates d’aménagements et réaménagements qui ne ‘collent’ pas du tout à l’époque où vivait ‘Monsieur Lawrence’ et où il aurait pu intervenir dans ce domaine !
Une étrange
aventure près du tombeau
Par
contre, il nous semble important d’apporter un autre élément
dans cette affaire. Il y a une vingtaine d’années, une personne
que nous connaissons bien, et qui écrit sur nos colonnes, a eu une
étrange aventure sur le site du ‘tombeau des Pontils’.
Il vient pour visiter le lieu et y réaliser quelques photographies.
Pendant cette activité surgissent sur le site plusieurs personnages
dont le comportement est assez insolite et même inquiétant.
Après une série d’échanges de propos assez tendus
sur le sujet du tombeau et de son instigateur, ces personnes proposent alors
de le photographier sur les lieux… Notre ami Alain accepte et se dispose
selon l’angle proposé par les intervenants. Ceux-ci lui demandent
de prendre du recul et encore du recul… jusqu’au moment où
Alain s’aperçoit que s’il recule encore d’un pas…
il tombe dans le gouffre au pied de la falaise ! L’affaire tourne
alors assez court et les ‘visiteurs’ s’en vont en lui
conseillant de ne plus trop ‘mettre le nez’ dans l’énigme
du tombeau ni sur les lieux.
En cours de conversation, Alain note également que ces individus
font mention de l’existence d’une obscure société
ou d’un ordre des plus discrets veillant sur l’endroit. Cet
épisode sera, sans doute, raconté en détail lors d’une
de nos prochaines réunions à Opoul, par notre ami lui-même…
Cependant, nous pouvons supposer que l’intérêt du site
des Pontils n’est pas aussi éteint et saugrenu qu’on
peut le penser.
Des
visites hors la commune
Dès
‘Monsieur Lawrence’ parti des Pontils, les cinq messieurs qui
assistèrent au rite mortuaire reviennent sur les lieux… la
dame qui les accompagne ne reviendra que deux fois avec eux. Ils récupèrent
les instruments de mesures… ainsi que d’autres objets personnels
ayant appartenu à l’étrange personnage. Ils se livrent
ensuite à un nettoyage méticuleux, puis à un peu de
terrassement et de jardinage... Puis l’avatar s’arrête
là. Nous laisserons l’oubli, couleur de poussière du
temps, recouvrir ce pan peu connu de l’affaire de Rennes-le-Château
via Arques et ses agréables environs. Il reste quelques détails
à ajouter… Il existe encore une partie des objets rapportés
des Pontils. Il s’agit de deux plaques de cheminée très
anciennes, gravées de symboles et d’allégories fort
curieuses dont certaines rappellent, par certains aspects, des détails
de la maquette de B. Saunière et d’autres plus... mythiques.
Parmi les objets encore visibles, nous retiendrons pêle-mêle
: des instruments de visée optique, topographique et astronomique
de qualité professionnelle, plusieurs systèmes de ‘détections
lourdes’ puis une très belle collection d’objets antiques
d’origine orientale et occidentale, à connotation essentiellement
rituelle, de grande valeur, dont l’origine ne fut jamais expliquée
à cet endroit. Et encore une imposante collection d’ouvrages
anciens ainsi que plusieurs catalogues de photographies concernant tous
des sujets techniques et scientifiques. A cela s’ajoute enfin un plein
sac de courriers de France et d’étranger.
En conclusion, une question reste à poser : ‘Monsieur Lawrence’, le lieu géographique, l’étrange tombeau calqué sur celui des ‘Bergers’ de Poussin, le passé et le village d’Arques, le passage justement ici de la méridienne zéro… sont-ils en rapport direct avec l’affaire de Rennes-le-Château ?
André
Douzet
Images Les Pontils: Jean Brunelin