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Une étrange assiette en pierre |
D’abord
l’Homme de Tautavel
Comme
nous le démontrions dans nos textes précédents, les
occupations primitives des lieux qui deviendront le fief des seigneurs de
Périllos, au début du moyen-âge, remontent probablement
aux plus lointaines origines de l’homme comme le prouvent les découvertes
de la Caune d’Arago sur la voisine commune de Tautavel. Ces ancêtres
âgés de près de 450.000 ans sont, certes, légèrement
éloignés de l’image de nous même à ce jour
mais l’évolution de notre espèce a fait le reste et
ce que nous sommes devenus.
Si rien ne prouve la présence humaine sur le secteur périllossien
et ses environs, rien ne permet non plus d’en douter vraiment, vue
la distance de quelques kilomètres séparant les deux sites.
On peut, sans trop risquer de se tromper, penser que si la Caune d’Arago
était occupée elle n’était pas le seul endroit
de cette contrée à l’être, surtout si on considère
que, depuis cette grotte ses occupants parcouraient plus de trente kilomètres
pour aller chercher la matière première minérale leur
permettant la fabrication de leurs outils et armes de silex.
En échange, la présence de nos ancêtres, sur le secteur
de Périllos, pourrait de manière quasiment certaine se situer
aux environs de 50.000 ans en raison de l’analyse faite par un spécialiste
de la datation des vestiges humains sur cette région. Les restes
de cette dépouille humaine, montrent par leur disposition, que l’inhumation
n’a pas été pratiquée dans l’urgence ou
dans le désintérêt, mais, au contraire, selon une sorte
de rite funéraire déjà visiblement bien établi
pour l’époque. Il en ira de même pour plusieurs autres
emplacements souterrains, situés dans l’espace qui deviendra
le territoire des seigneurs de Périllos. Ces sites seront présentés
et localisés avec précision, aux cours de prochains chapitres,
afin que chacun puisse apporter sans doute d’autres points de vue
que les nôtres sur le sujet.
…
puis l’évolution de celui du néolithique
Ces
humains apportèrent à chaque époque des témoignages
de leur présence, certes des plus discrètes ou effacées,
et parfois quelques vestiges en mobiliers ou effets funéraires. Si
au début ces êtres sont des nomades, se déplaçant
au rythme des saisons et des réserves naturelles de nourritures,
ils deviennent progressivement sédentaires et s’organisent
pour une vie en communauté avec des structures matérielles
qui déboucheront sur des hameaux puis des villages et des ébauches
de règles de vie sociale. La suite de l’évolution de
l’humanité, nous la connaissons relativement bien et, de fait
nous revenons maintenant au sujet de notre intérêt.
Arbitrairement, nous arrêtons notre voyage dans le temps de l’humanité
à l’époque dite néolithique. On admet généralement,
d’après les préhistoriens, pour ce qui deviendra notre
pays que le néolithique suivant le Paléolithique est la fin
de la préhistoire. Les dates avancées pour cette époque
varient quelque peu selon les ‘écoles’, comme on peut
le vérifier sur le net. Nous retenons sommairement les éléments
où l’ensemble des scientifiques sont d’accord. Tout semble
commencer avec la domestication de quelques animaux, comme le mouton pour
la nourriture et le chien pour la garde et la chasse. On note également
la trépanation (exercice chirurgical difficile) sans doute rituelle
qui réussira, sans qu’on soit certains de l’état
du patient vers -5000 ans, dans la région qui deviendra l’Alsace
à Ensisheim… Les premières structures de villages organisés
comme tel remontent à – 4650 et seront découvertes à
Courthézon en 1969. Sur le plan cultuel les premiers mégalithes
sont dressés aux alentours de -3600. Ajoutons que ces vestiges sont
encore l’objet de bien des polémiques tant dans le milieu scientifique
que… parallèle. Ces premières sédentarisations
sont un tournant définitif et capital dans l’évolution
de l’homme terminant ici son état de prédateur pour
acquérir celui de producteur. Les hameaux se composeront très
vite d’enclos d’élevage, d’habitations structurées
et solides, d’une enceinte de protection et d’un lieu de culte.
Le schéma de nos cités est établi dans ses grands principes.
Si l’image de nos ancêtres de ces temps farouches nous est un
peu floue il reste que nous ne pouvons que rester admiratifs ou perplexes
devant une trépanation, même religieuse, dans les conditions
et le matériel de l’époque… tout comme pour le
fait de dresser des masses rocheuses de plusieurs tonnes tenant encore debout
sans avoir subit du suivi ‘technico commercial’ alors que souvent
nos modernes constructions ne survivent pas plus de 50 ans avant de s’effondrer
lamentablement… comme on peut le vérifier à propos des
bâtiments abandonnés dans le village mort de Périllos
! Pour cet ensemble d’extraordinaires pas en avant d’êtres
humains dépourvus de ‘caisses à outils’, ‘tracto-pelle’
et matériel d’intervention chirurgicale, nous pouvons applaudir
sans retenue à ces performances dont nous serions bien incapables
dans les même circonstances.
Inhumation
et âge de la ‘nouvelle pierre’
A
propos de culte l’homme de cette époque incinère parfois
ses morts en préférant toutefois à cette méthode
l’inhumation bien plus fréquente. Les sépultures sont
plus individuelles que collectives et les dépouilles le plus souvent
installées en position fœtale. La tête tournée
vers l’est avec l’intention d’orienter le regard au sud.
Les corps sont accompagnés d’objets votifs adaptés au
sexe, rang et fonction. Bijoux et pendeloques simples ou de grande valeur
pour les femmes et outils, lames et armes en silex pour les hommes. On retient
la mise à jour de belles parures en coquillages pour les régions
méridionales. Des poteries et divers récipients accompagnent
également le défunt dans son voyage vers le royaume des morts.
Ces derniers détails montrent à l’évidence un
rite funéraire élaboré et un grand respect pour ceux
et celles ayant quittés ce monde pour un autre qui déjà
semble intriguer nos ancêtres de moins en moins lointains.
Enfin nous terminerons ce petit survol de l’état de l’homme
du néolithique par l’origine même de ce mot qui se décomposerait
ainsi :
Néo signifierait ‘nouveau’ et lithique ‘pierre’.
Néolithique indiquerait donc grossièrement « nouvelle
pierre » ou encore « âge de la nouvelle pierre ».
En effet on peut reconnaître qu’à cette époque
les mégalithes sont dressés et les outils essentiels pour
la chasse, les travaux agraires, domestiques et la défense du clan
sont tous issus de la pierre. Même si l’arrivée du bronze
et des métaux n’est plus très loin il faut bien admettre
que la civilisation de cette époque est remarquable quant à
l’extraordinaire travail de l’artisan néolithique sur
la pierre comme on peut le constater dans quasiment tous les musées
de l’histoire de l’Homme.
Petit
comparatif périllossien
Cependant
le lecteur peut se demander où nous voulons en venir avec ce chapitre
largement ouvert sur le néolithique, et son rapport avec nos travaux
de recherches sur Périllos.
Pour répondre à cette interrogation nous utiliserons plusieurs
parties distinctes.
- Nous dirons tout d’abord que le village de Périllos et ses
environs se trouve sur un territoire des plus anciens de cette contrée
et forcément riches en de multiples, et non exploités vestiges
préhistoriques et néolithiques précisément.
De cette importante époque de l’évolution humaine nous
tenons à souligner plusieurs analogies remarquables retrouvées
dans le secteur de Périllos qui nous intéresse.
- Des emplacements mégalithiques partiellement détruits dans
le secteur de la grotte de La Caune… ainsi que tout près un
alignement quasiment intact, encore en place, ayant fort heureusement échappé
aux destructeurs, pillards et tartarins locaux...
- Dans cette dernière des tessons de poteries dites « au ruban
» comme en donnent d’autres sites de l’époque…
- Des lieux funéraires dissimulés dans des cavités
du secteur et dont les vestiges de dépouilles sont dans l’ensemble
mortuaire désigné ci-dessus…
- Des bijoux ou amulettes en coquillages (pris au début pour des
ivoires d’animaux) travaillés et perforés…
Ensuite nous disons qu’avant le massacre de deux emplacements avec la prétendue rénovation de constructions ruinées au sein du village mort de Périllos il n’était pas impossible parfois de retrouver ça et là, au cours de nettoyages ou débroussaillages, des pièces de silex ou de pierres taillées comme nous en détenons à présent un lot important. Le chamboulement, sur ces lieux privilégiés, exécuté dans le plus parfait mépris des mises à jour potentielles de pièces archéologiques ne permet plus les découvertes fortuites… Cependant les terrains alentours, viticoles ou en friches, encore épargnés par les bâtisseurs à l’emporte-pièce, sont encore généreux à celui ou celle qui veulent s’en donner un minimum de peine… comme nous le verrons bientôt.
Détour
par la pierre taillée
Sur
ce propos, nous pouvons dire ici qu’une habitante d’Opoul nous
a remis un certain nombre de vestige en pierres taillés ainsi qu’un
autre lot de pierres polies et bijoux de cette époque… Cependant,
que les Tartarins d’Opoul ne se leurrent pas… ce genre de découverte
n’est pas du à l’usage d’un détecteur de
métaux, qui au demeurant serait d’une rare inefficacité
pour des découvertes minérales. De plus, contrairement à
eux nous ne passons pas nos journées (et nos soirées) à
dévaster et piller les richesses archéologiques de cette superbe
région avec ce genre d’instrument dont l’usage est formellement
interdit. Enfin les objets nous ayant été remis par cette
dame proviennent précisément d’une de ses propriétés
et ont été retrouvées lors du nettoyage d’une
vigne sous Périllos. Nous présenterons à la suite de
ce texte le détail et les photographies mais le but de nos comparaisons
ne s’arrêtera pas à ce genre de découverte, bien
qu’elle soit peut-être fort ancienne.
Découverte
fortuite
En
effet, il y a quelques temps déjà nous finissions de faire
un petit relevé des ruines du village abandonné afin de situer
sur notre maquette ce qu’il reste de parties de constructions très
anciennes, médiévales et plus lointaines encore.
C’est au cours de ces mesures exigeant parfois une ‘immersion’
dans les fourrés, buissons et dangereux décombres que fut
faite une découverte des plus intéressantes. Nous sommes là
quasiment au cœur de l’ancien village qui se trouvait en contre-bas
des bâtiments ‘administratifs’ (mairie, école et
poste de l’époque). Dans l’amas de ruines et de gravas
dus à l’effondrement des toitures et chaînages de murs
restaient alors des restes d’anciennes caves dont une encore voûtée.
Dans l’amoncellement, au niveau le plus bas, d’une des plus
anciennes constructions furent récupérés un certain
nombre d’objets qui n’étaient autres que des outils agricoles
et viticoles : ciseaux à tonte, instruments de menuiserie, outils
à greffons et autres dont la liste est trop longue à énumérer…
Nous retiendrons maintenant que divers ustensiles, peut-être réservés
à des usages alimentaires, dépareillaient par leur état
de conservation du reste du lot bien attaqué par la rouille et les
injures du temps, de l’oubli des hommes et de l’humidité
du réservoir souterrain tout proche, maintenant étrangement
tari depuis les derniers travaux de rénovations… destructives.
Une
étrange assiette de pierre
Si
nous disons avoir retrouvée… une sorte de grande assiette ou
plat de cette forme personne ne pourra penser qu’il puisse s’agir
là d’une découverte extraordinaire, mais plutôt
que les activités de la SP déclinent sérieusement.
Effectivement de vieilles assiettes on en trouve de partout et ce genre
d’objet est des plus anodins et fréquents. Trouver des assiettes
dans quelques caves abandonnées n’est pas non plus des plus
exceptionnels en raison du fait que ces instruments de tous les jours finissaient
parfois leur parcours sous des pots de fleurs, de récipients pour
de petits animaux ou autre au fond d’une cavité oubliée
de tous. Tous nos joyeux adversaires pourraient éclater de rire…
si ce récipient ne présentait pas certaines particularités.
En effet sa forme fait immédiatement penser à une pièce
de cuisine recevant de la nourriture. Cependant où tout change c’est
au moment de parler de la matière composant cette objet que l’on
attend habituellement en terre, porcelaine, faïence, verre ou pour
les plus riches en étain, cuivre ou argent. Le problème reste
que ce ‘plat’ n’est pas dans une des matières usuelles
mais… en pierre. Or, ce genre de chose pour le moins inhabituelle
demande maintenant quelques détails descriptifs supplémentaires
sous forme de cotes.
Descriptif
sommaire
-
poids : 2,960 kg
- capacité : un peu plus de 125 cl
- diamètre extérieur : 29,5 cm. diamètre intérieur
: approximativement 15 cm.
- profondeur intérieur : 4 cm.
- diamètre extérieur de l’assise : 16 cm.
- épaisseur générale sur l’ensemble : environ
1cm.
Ces cotations, en tenant compte que la taille est irrégulière,
sont à considérer comme une moyenne approchante. Une précision
supplémentaire en la matière n’apporterait pas plus
d’informations.
La matière est visiblement une pierre assez lourde qui a pu supporter
une taille rudimentaire et une sorte de polissage pour la partie intérieure
visiblement mieux finie que celle de l’extérieur. Cette partie
qu’arbitrairement nous appellerons de ‘contenu’ est lissée
et adoucie jusqu’à ne plus présenter de rugosité
due à la taille de l’objet. Le façonnage ne peut être
le résultat d’un travail exécuté avec un tour,
même rudimentaire, vertical ou horizontal. Les surfaces planes intérieure
et extérieure ne présentent pas le moindre témoignage
d’un axe de rotation ou traces de ‘griffes’ de blocage
pour un usage avec un tour quelconque. L’extérieur, comme on
le voit sur les photos, présentent une surface bosselée, comme
devait l’être l’intérieur lors du dégrossissage
et avant finition. Cette dernière pour le ‘dehors’ montre
un ponçage grossier n’ayant eu pour mission qu’un fini
rudimentaire fait pour simplement atténuer les aspérités.
Cette rugosité montre à l’évidence que le travail
ne put être fait avec un tour qui en tournant aurait interdit de donner
des coups de burin ou ciseau-à-froid qui auraient atterris de manière
incohérente et désordonnée sur la surface à
tailler. L’objet a donc bien été façonné
sans tournage attestant par ce détail une possibilité d’ancienneté
remarquable.
On distingue des traces sombres sur la surface de repos prouvant par là
qu’elle a été en contact suffisamment longtemps avec
des supports pour en être souillée.
La teinte de cette pierre est généralement d’un gris
vert tendre et clair avec une importante veinure plus sombre couvrant l’objet
de part en part et dans son épaisseur.
Aucun signe sur ce ‘plat’, ni signature ou autre détail
décoratif ni ‘rainures’ ornementale ou d’utilité.
L’arrondi de la lèvre périphérique extérieure
est légèrement ébréché en plusieurs endroits
tous curieusement situés sous le rebord comme si les légers
chocs les ayant provoqués n’aient eu lieu ni sur le coté
ni dessus mais uniquement par le dessous de l’ustensile.
Un
avis scientifique compétent
Bien
entendu nous avons soumis cette découverte à un scientifique
compétent en la matière. Son avis est des plus intéressants…
et intéressé car en effet il n’existerait quasiment
pas d’exemplaire de ce type en un seul morceau, sans fêlure
ni dégradation due à des produits qui auraient pu par leur
coloration naturelle entacher la pierre. On ne prend pas en compte une sorte
de ‘mouillure’ (visible sur photo) blanchâtre épousant
le pourtour intérieur de l’assiette. Ce résidu peut
résulter simplement d’une ‘humidité ambiante’
légèrement saline ou salpêtrée. Bien entendu
une seconde expertise plus minutieuse aura lieu un peu plus tard afin de
tenter de percer les mystères entourant cet objet dont l’usage
est délicat à définir. Pour ce scientifique spécialisé
en mobilier préhistorique la datation est difficile. C'est-à-dire
qu’elle peut avoir deux points chronologiques totalement indépendant
l’un de l’autre et séparés de plusieurs milliers
d’années.
La première réflexion est que de toutes manières ce
plat est très ancien par sa conception et sa facture et ne peut,
archéologiquement, être considéré plus récent
que le 17e siècle. Cependant son utilité, toujours d’après
ce spécialiste, ne peut être à usage d’assiette
de tous les jours ni, par son aspect frustre avoir été attaché
à un usage ponctuel pour un jour de fête par exemple. Sa capacité,
trop faible, également ne correspond pas à un usuel ‘plat
de service’. Quand à un emploi cérémoniel il
resterait à démontrer depuis d’autres objets de ce type
ou autres informations documentaires précises.
Il reste donc, pour cet expert, la seconde solution archéologique
d’une origine très ancienne se situant précisément
à la fin du néolithique. Cette possibilité s’expliquerait
par le ‘bosselage’ de taille, visible sur le verso du plat,
ressemblant à s’y méprendre à celui qu’on
peut rencontrer sur des socs de charrue de cet époque (nous en avons
un dans nos collections) ou de gros objets comme des meules ou ‘broyeurs’.
Notre expert propose bien évidemment que nous cédions ce vestige
afin qu’il finisse paisiblement ses jours dans la vitrine d’un
musée. Et nous lui donnons raison car précisément nous
avons l’intention que cet objet soit exposé dans le petit musée
qui est maintenant le nôtre, mais pas avant que nous n’ayons
fait parvenir à la DDA compétente une fiche de découverte
et de propriété comme l’exige la loi en la matière.
Cette démarche, également, exclura radicalement tous commentaires
tentant de nous dénigrer, contester notre propriété
et la véracité de cette découverte. De plus cette démarche
des plus administratives ne saurait déplaire à nos détracteurs
qui devront provisoirement trouver d’autres cibles pour leurs diatribes.
Et
d’autres scientifiques similitudes
Le
rocher de la Caille
Si ce professionnel nous a donné un avis d’expertise sommaire
il nous a également donné, à toutes fins utiles, des
informations pouvant servir à une autre approche de similitude de
récipients de l’époque néolithique.
C’est ainsi qu’on aurait trouvé sur le site magdalénien
du ‘Rocher de la Caille’ des lampes et récipients en
pierre taillée puis polie. Pour information nous citons ce bref passage
sur le sujet : « Le site a livré une vingtaine de fragments
de récipients, presque tous en stéatite. L'analyse archéologique
de leurs caractéristiques techniques et morphologiques ainsi que
le recours à une analyse physico-chimique et une observation au M.E.B.
pour certains exemplaires permettent de conclure que trois d'entre eux seulement
ont pu servir de lampes. La plupart des autres récipients, de forme
et de profondeurs variées, sont ornés de décors originaux,
bossettes sculptées sur le pourtour, encoches gravées sur
la margelle, traits gravés en quadrillage sur le rebord... Quelle
que soit la fonction de ces récipients en stéatite, ils constituent
un bon marqueur d'une des activités techniques exercées dans
l'habitat: le fait qu'ils soient tous fragmentaires, l'absence de trace
de finition par polissage et de trace d'utilisation permettent en effet
de penser que leur fabrication se faisait sur place et que seuls sont restés
sur le site les fragments non réutilisés. » (Madame
Sophie de Beaune - Université Jean-Moulin Lyon III - Lyon).
Egypte
Ajoutons encore que de nombreuses autres données sur le sujet existent
à propos de l’Egypte ancienne de cette époque où
les pots en pierre sont si courants qu’ils constituent un des plus
importants artefacts égyptiens.
Jérusalem
Enfin il nous semble important de citer une autre découverte ayant
eu lieu à Jérusalem (mont Scopus) où fut faite une
étrange découverte. Un engin d’excavation, ouvre fortuitement
le haut d’une grotte immense ayant abritée un important atelier
de manufacture de récipients en pierre d’un modèle daté
de la fin d’époque du second temple de Jérusalem. L’estimation
de cette production est évaluée à … plusieurs
dizaines de milliers d’articles, ce qui a de quoi nous laisser pantois
et ridicule devant notre pièce unique… Cependant cette formidable
mise à jour permet de nous demander à quoi pouvait bien servir
de tels ustensiles pour être produits en si grande quantité.
La réponse pourrait se trouver dans une tradition religieuse juive
voulant à ces époques de l’antiquité que soient
scrupuleusement observées les règles de pureté de la
loi juive halakhique. Selon celle-ci seuls les récipients de pierre
ne peuvent devenir impurs après leur usage rituel. Ceci explique
qu’ils aient été utilisés en si grande quantité
sous forme de contenant pour l’eau et la nourriture, et donc comme
vaisselle imputrescible sur le plan religieux !
Le dossier rapportant ces détails rappelle que cet usage était
en activité à Jérusalem jusqu’à sa destruction
par les romains en 70. La grande déception, pour messieurs les archéologues,
est qu’ils n’ont pas pu mettre la main sur un seul de ces ‘plats’
intacts mais seulement des éclats ou des morceaux…
Quoi,
quand et où ?
Il
n’empêche qu’au moment de conclure ce petit travail nous
ne pouvons qu’avoir des informations morcelées ou incomplètes
à son sujet, sur son origine et son usage rituel ou… domestique
et culinaire. On pourrait envisager qu’il puisse s’agir d’une
‘vaisselle juive’ abandonnée par eux au moment de laisser
les hameaux (au dessus de Embres et de Castelmaure par exemple) où
ils travaillaient le verre ou… d’autres choses. On pourrait
encore envisager qu’il puisse s’agir d’un dernier vestige
issu d’une agglomération néolithique, dont on sait l’existence
dans le périmètre de la grotte de La Caune… On pourrait
aussi envisager que ce témoin magnifique provienne du pillage d’une
tombe antique découverte fortuitement ou non, par quelques bergers
locaux, dans ce secteur où on en trouve entre La Caune et Périllos…
En ce cas on serait en présence d’un rare reste d’un
culte funéraire réservé à l’accompagnement
des morts jusqu’en leur royaume sous Périllos…
Toujours est-il qu’il est difficile de comprendre, et ceci sans considérer
les époques d’origine, comment cette énigmatique ‘assiette’
a pu finir sa trajectoire au fond d’une cave oubliée sous les
ruines de Périllos. Retenons que ce fut une chance exceptionnelle
que celle de pouvoir retrouver cet objet avant que soit aveuglément
effondré un nouveau bâtiment… remonté ensuite
sans considération sur un passé d’une exceptionnelle
richesse, dans l’indifférence de tous et toutes.
Mais pour terminer sur une autre note périllossienne, ne pourrait-on
pas envisager que ce plat puisse tout simplement avoir eut comme fonction
d’apporter sur la table du seigneur de Périllos quelques poires
lui rappelant ses armoiries ???
Hormis cette note d’humour il est bien possible qu’après
la seconde expertise cette ‘vaisselle’ révèle
un peu plus d’élément sur ses usages et origines qu’elles
soient néolithiques, antiques, médiévales ou du 17e
siècle… Donc, à suivre.
André
Douzet