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La
légende du Babaos |
Du
légendaire des contrées de Périllos nous retiendrons
surtout l’étrange histoire du BABAOS… Le récit,
pratiquement oublié de nos jours relate l’existence, et les
méfaits, d’une créature gigantesque ayant élu
domicile dans cette contrée peu après le départ, pour
la huitième croisade, du seigneur de Périllos. Le monstre,
décrit comme un monstrueux serpent ailé à visage humain,
se nourrissait, dès la tombée de la nuit, d’animaux
domestiques ou, de préférence, de jeunes enfants ou bergères
égarées… Les autorités royale et religieuse furent
alertées et malgré une forte récompense les massacres
se poursuivaient inexorablement. Au retour de croisade le sire de Périllos,
apprenant l’horrible nouvelle, se mit aussitôt en chasse avec
une arme redoutable rapportée de Palestine : une arbalète.
Il s’équipa de trois chiens et trois serviteurs puis poursuivit
trois jours durant l’épouvantable créature. Au troisième
crépuscule la bête décida d’affronter le guerrier
qui dut lui décocher trois carreaux d’arme pour la blesser
à mort. Celle-ci s’engloutit dans un gouffre si profond que
trois autres jours furent nécessaires au sire de Périllos
pour arriver à l’énorme dépouille… dont
il remonta trois gigantesques cotelettes en témoignage de son combat.
La légende affirme qu’une côte resta au château
de Périllos, une autre fut remise en échange de la récompense
enfin la troisième fut déposée en l’église
de Prat de Mollo en signe de dévotion religieuse, témoignant
de la lutte éternelle contre la Bête maléfique. C’est
au porche de l’église actuelle de cette citadelle que cet imposant
vestige est toujours fiché et visible… Mais qui était
cet étrange et fabuleux Babaos ? Ce genre de récit fabuleux
se retrouve essentiellement sur le pourtour méditerranéen
avec souvent des éléments répétitifs similaires.
Le plus souvent il s’agit d’un serpent, parfois barbu, avec
des ailes ou « encore d’énormes griffes ». La dernière
créature de ce type aurait été aperçue vers
1935, et 1970 en Tunisie où il est question là, d’un
serpent chevelu de plus de 3 mètres de long dévorant une jeune
bergère ! Concernant Périllos, on retrouve un écrit
de 1583 (notes du religieux marius Cornellas Naquote) dans lequel il est
question encore d’une créature de ce genre identifée
comme « une serpente monstrueuse et fétide issue des amours
d’un ‘Draco Volans’ … et d’une des fées
du lieu » ! Faut-il admettre une survivance de récits très
anciens concernant d’étranges créatures locales pouvant
être « le dépôt constitué par toute l’expérience
ancestrale depuis des millions d’années » comme l’expliquait
Carl Gustav Jung ? S’agirait-il, encore, de la bête illustrant
l’un des combats d’Hercule dans la région d’Aspremont
? du serpent volant ‘monstrueux’ d’Ambroise Paré
? de celui décrit, au Ve s. av J.C. par Hérodote lui-même
? peut-être du souvenir des épouvantables ‘Tatzelwurm’
des Alpes helvétiques et du ‘Scheltopusik’ des Balkans
?… qui peut le dire ?
Toujours est-il qu’il existe un lieu légendaire sur les anciennes terres de Périllos réputé jusqu’au XVIIIe S. être la ‘Tombe d’Hercule’… et qu’à Prat de Mollo l’étrange ossement est encore visible ! De plus le légendaire mémorisa bien le récit chevaleresque de la victoire du sire de Perillos sur la bête ignoble. Récit formidable digne des plus valeureuses « chansons gestuelles médiévales » et duquel nous retiendrons la persistance du chiffre 3 répété 7 fois. Le symbolisme de cette odyssée formidable méritera notre attention et une étude approfondie toute particulière, car nul doute qu’une telle histoire puise ses racines dans quelques faits et lieux rituels majeurs à ces époques reculées et dont les tenants sont aujourd’hui oubliés…