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Les
secrets oubliés de l’église de Rennes (4ème partie) - La dernière ‘mission’. Le langage du pilier wisigothique selon l’abbé Saunière. |
Jeu
de mots pour une mission
Pour
ce dernier chapitre, nous revenons sur la fin de notre travail concernant
le pilier ‘wisigoth’. En particulier, il s’agit de reprendre
la date gravée sous l’inscription laconique ‘MISSION’
du cartouche. Si ce dernier et son millésime sont lisibles dans le
bon sens, nous avons vu que le pilier, en échange, est inversé.
Ce qui revient, logiquement, à dire qu’au moment où
nous cherchons, sur une photographie par exemple, à regarder le pilier
comme à son origine, c’est le mot MISSION et la date qui se
retrouvent à l’envers. Ces détails ont été
abordés dans notre article sur le maître-autel de l’église
détruit sur ordre de l’abbé Saunière au moment
des bouleversements qu’il organise. Certes, nous envisagions un caprice
dont ce prêtre n’était pas économe. En échange,
nous ne pouvions pas mépriser que ces inversions aient un sens connu,
et voulu (ou commandité), de ce prêtre qui a déjà
habitué les chercheurs à son étrange manie d’utiliser
la lecture dans le miroir comme le faisait, avec gourmandise, Jean Cocteau…
Dans ce cas, il faut admettre que la date puisse s’harmoniser à
des événements à retenir dans les deux sens : endroit
et inversion… comme la maquette géographique voulue par l’abbé
lui-même. Le mot ‘MISSION’ s’avère très
difficile à retourner sans prêter le flanc à des dérives
incontrôlables telles que : ‘MISSION’ = ‘SION MIS’,
ce qui, pour certains, voudraient dire que Sion à mis… ‘quelque
chose’ qui se situe encore à Rennes-le-Château. C’est
en tous cas une hypothèse sur laquelle nous ne revenons pas. A propos
du jeu des lettres mises en anagramme, nous rappellerons que, sur un vitrail
de l’église de Rennes, on peut lire le mot ONIS suivi de points
et de chiffres. On sait que cette verrière a été commandée
par Saunière, mais si les chiffres sont la date de mise en place,
il fallait que l’abbé l’ait commandée à
l’âge de 15 ans et ait su qu’il serait prêtre à
Rennes-le-Château… 18 ans plus tard (voir notre chapitre à
ce sujet), ce qui est absolument impensable. Tout ceci fait qu’à
ce stade nous n’avancerons pas plus d’éléments
sur les possibilités offertes par les lettres du mot MISSION, ses
reflets et inver…sions. En échange, le millésime 1891
peut nous apporter des éléments de réflexion et quelques
constats intéressants.
L’an
1891
Envisageons
1891 comme une date commémorative voulue par le prêtre. Certes,
cette date correspond à l’année de la mise en place
du pilier ‘inversé’ servant de support à la statue
de N.D. de Lourdes, inaugurée lors d’une procession le 21 juin.
Cette cérémonie ratifiait-elle également celle d’une
mission religieuse ordinaire (comme il y en avait tant à cette époque)
au sein de la paroisse de Rennes-le-Château ? Jusque là, il
n’y a rien d’extraordinaire à signaler. Cependant, cette
année-là s’avère significative pour Saunière.
C’est effectivement celle qui correspond à la découverte
d’une cache ‘dans le balustre’ au moment du changement
de la chaire en septembre 1891… mais ce n’est encore qu’une
date et comme dans cet étrange absolu seuls les faits semblent compter,
nous nous efforcerons de seulement considérer ces derniers.
D’ailleurs, nous observons que 1891, hormis cette découverte,
correspond à la réalisation des travaux extérieurs
importants tels que le calvaire, la grotte et ce qui est appelé maintenant
‘le reposoir’, autrefois le bureau bibliothèque de l’abbé,
étrangement construit sur une citerne (voir cet article).
Cette année est également celle de la finition du nouveau
porche de l’église avec apposition des armes du pape Léon
XIII et de Mgr Billard, le bienveillant évêque du curé
de Rennes. C’est aussi celle qui marque la fin des travaux liés
aux découvertes faites ‘dans’ le sanctuaire de Rennes.
Nous retenons également que c’est le 21 septembre 1891 que
l’abbé Saunière inscrit dans son journal « lettres
de Granes - découverte d’un tombeau, le soir pluie ».
Ce 21 septembre marque l’équinoxe d’automne… en
opposition au 21 juin célébrant le solstice, précisément
le jour de l’inauguration et de la Mission. Ces événements
ont-ils un rapport avec ces dates et l’affaire qui nous intéresse
? Pourquoi pas…
Une
année riche en événements
Cette
‘remarque’ n’est pas la seule sur ce fameux carnet car,
huit jours après, nous pouvons lire : “ le 29 septembre : Vu
curé de Névian. Chez Gélis. Chez Carrière. Vu
Cros et secret.” Sans revenir longuement sur cette note assez sommaire,
on ne sait s’il s’agit de ‘Cros’ vicaire général
de l’évêché de Carcassonne, ou d’un autre
‘Cros’, sans doute apparenté à Charles Cros, un
Franc-maçon notoire qu’estimait et fréquentait Saunière.
Evidemment, ce texte laconique prend une toute autre signification s’il
s’agit de l’un ou l’autre de ces personnages.
Enfin, ajoutons que c’est cette année-là que s’installe
au presbytère la famille Dénarnaud, dont la fille Marie deviendra
la dévouée servante qui assistera Saunière dans ses
recherches (pas toujours bien convenables en ce qui concerne le cimetière)…
puis sa légataire universelle…
Mais
revenons une dernière fois sur le cahier qui sert de ‘journal’
à l’abbé Bérenger Saunière. En effet,
dans les pages de ce mémento personnel, il souligne tout l’intérêt
de cette année sous une forme pour le moins surprenante, puisqu’il
s’agit d’un montage fait du collage de deux images visiblement
découpées dans une ancienne revue.
L’illustration d’en bas représente l’adoration
des rois mages apportant leurs offrandes à l’enfant Jésus.
Celle du dessus, un peu plus grande, montre un enfant emporté vers
les nuées par trois anges. L’équipage, survolé
par une colombe, semble guidé par un rayon sortant des nuages. Avant
d’aller plus loin, il faut savoir que Saunière ne se livrait
guère à ce genre de loisir ou de passe-temps. Ses carnets
personnels étaient au nombre de deux, et Antoine Captier, qui était
propriétaire, en connaissait bien les contenus. Il nous confirme
qu’il s’agit là du seul assemblage d’images de
ce type pour l’ensemble des notes de l’abbé. Nous avons
toutes raisons de le croire sans problème. La seule possibilité
de lointaine similitude se tient dans un autre cahier au fil des pages duquel
le prêtre colle un ‘feuilleton’ qu’il coupe dans
un journal. S’il s’agit d’un découpage collage
; il n’a toutefois aucune ressemblance (c’est un roman sentimental)
avec celui qui nous intéresse et se trouve dans un cahier visiblement
ouvert à ce seul usage. Il faut donc admettre que cette particularité
n’est sans doute pas la conséquence d’un désoeuvrement
ou une nouvelle vocation saugrenue de Bérenger Saunière. C’est
pourquoi il y a lieu de s’y arrêter.
Des
rois mages au-dessus de tous soupçons
L’illustration
est centrée et sur les côtés se lisent les salutations
des rois mages envers l’enfant, exprimées ainsi :
Melchior : Salut, roi des siècles.
Gaspard : Salut, roi des cieux.
Balthazar : Salut, rédempteur des morts.
Un petit texte entre parenthèses relie cette tirade à la suivante
: (les mages s’agenouillent. Ils adorent l’enfant et lui offrent
successivement leurs présents). Puis ils enchaînent leurs propos
:
Melchior : Reçois, Ô roi, l’or, symbole de la royauté.
Gaspard : Reçois la myrrhe, symbole de la sépulture.
Balthazar : Reçois l’encens, ô toi qui est véritablement
Dieu.
Effectivement, sur l’image, on voit les trois rois (sans bien distinguer
le noir) présentant leurs présents. La Vierge tient l’enfant
Jésus, tandis qu’un chérubin à gauche, en bas,
regarde la scène. En arrière plan se trouve un arbre fruitier...
alors qu’au-dessus de celui-ci brille l’étoile à
six branches… ce qui est logique en raison des rois guidés
par elle.
Bien entendu, nos traditionnels grincheux diront, cette fois à juste
titre, qu’il n’y a là rien de plus normal. Certes, à
première vue, donc au premier degré, les ingrédients
de l’adoration des mages sont bien rassemblés. Nous émettrons
plus loin quelques autres remarques, anodines bien entendu.
Les
anges et la croix ?
Le
tableau d’en haut est un encadré fait d’une frise de
fleurs de lys stylisées. Dans un drapé, un enfant est emporté
vers un rai de lumière sortant des nuées. Le transport est
assuré par trois anges ailés survolés par un oiseau,
une colombe sans doute. Cet ensemble de quatre sujets ‘volants’
pourrait représenter le signe de la croix symbolisé : «
le Père, le Fils, le St Esprit, Amen ».
Et le fait qu’un prêtre se soit ‘amusé’ à
réaliser cet assemblage n’aurait, à priori, rien d’extraordinaire
de la part d’un homme d’église. Certes, c’est vrai.
De plus, nous ajoutons, pour parfaire les insinuations des avocats du diable,
que ces dessins sont extraits d’iconographies imprimées et
qu’il serait douteux qu’elles l’aient été
spécialement pour le curé de Rennes-le-Château…
Cependant, ces quatre créatures ailées, représentant
les étapes du signe de croix, ne nous en rappelleraient-elles pas
quatre autres, zélées celles-ci, supportées par un
Asmodée terrassé à l’entrée de l’église
de Rennes-le-Château ? Si toutefois, dans cette figuration, il nous
manquait effectivement Jésus, nous nous en approcherions en regardant
la partie ‘griffée’ de l’aile du pauvre Asmodée.
Ces griffures, semblant perforer la ‘soie’ de l’aile,
forme (voir notre chapitre sur Asmodée)
en inversion précisément le mot Iésus… De plus,
prendre quelqu’un sous son aile ne signifie t-il pas le protéger,
l’envelopper, le draper pour mieux le soustraire à la vindicte
? Quelle étrange similitude due au plus parfait des hasards. De plus,
ce dernier fait particulièrement bien les choses puisque les personnages
principaux de cette scène sont des anges. A ce propos, nous savons
quelle place prépondérante ces créatures divines prennent
dans certains aspects des annexes ‘angéliques’ de l’affaire
de Rennes à Périllos.
L’enfant Jésus porté dans la draperie tient dans une
main un petit globe, identifiant probablement la Terre, et un petit cierge
allumé dans l’autre main. La lumière divine ici se passe
de plus de commentaire. Pourtant, cette image est assez insolite car il
s’agirait sans doute d’une montée au ciel de Jésus
après son supplice et ses quarante jours de réincarnation.
Sans doute l’homme dieu n’a-t-il pas d’âge sur le
plan symbolique et un enfant peut en représenter l’innocence
ou la pureté. Nous retiendrons alors que le linge utilisé
soit en ce cas d’ascension une draperie ou… un linceul !?
Les
rois mages selon Saunière
La
partie basse du collage montre l’adoration des rois mages décrite
précédemment, dont nous retiendrons quelques détails
pour notre petite étude. En fond du décor, on voit briller
l’étoile comportant 6 branches. Devant elle, un arbre porte
des fruits bien ronds : pommes, grenades ou… poires. Les personnages
sont bien représentés dans un style du 19ème siècle
typique. Au premier plan, au bas de ce tableau, un muret avec deux vases
contient… des roses ! Si on note l’absence du bon Joseph et
des deux animaux habituels (l’âne et le bœuf), on retrouve
un angelot regardant la scène… un ange encore !
Le texte qui encadre est anodin si on n’y prend garde plus précisément.
En vérité, ces portions de texte mis en un seul nous donneraient
ceci :
« Salut, roi des siècles, roi des cieux, rédempteur
des morts (les mages s’agenouillent. Ils adorent l’enfant et
lui offrent successivement leurs présents). Ô roi, l’or,
symbole de la royauté. Reçois la myrrhe, symbole de la sépulture.
Reçois l’encens, ô toi qui est véritablement Dieu
».
Ce sont effectivement les bibliques cadeaux apportés par les mages.
Le terme de ‘Roi’ est cité par quatre fois dans ces courtes
tirades, pendant que par deux fois il est question de la mort et de la sépulture…
et une fois un sens de divinité absolue. Certes, une fois de plus,
ce texte a été pris dans une revue sans doute religieuse ;
cependant, il est aussi possible que Saunière ait fait un choix comportant
les éléments qu’il lui fallait pour les entrer dans
son cahier personnel. Pourtant, à ce stade, nous pourrions dire que
ce roi divin, donc sacré, est illustré également par
une sépulture. Un notaire royal du nom de Courtade aurait-il plagié
(du moins prophétisé, quelques deux cents ans auparavant)
ce commentaire en mentionnant, sur les terres des seigneurs de Périllos
« un tombeau royal et sacré »... certainement pas puisqu’il
transcrivait, sans état d’âme, les actes terriers sous
sa juridiction ! Un hasard de plus, n’en doutons pas, si ce territoire
se superpose exactement à celui de la maquette de Saunière!
L’année
1891 portée dans l’éternité
Il
nous manque un élément important que nous n’avons pas
abordé dans ce collage. Il s’agit de l’inscription se
trouvant sous la scène du haut : « L’année 1891
portée dans l’éternité, avec le fruit dont on
parle ci-dessous ». Or… en regardant ‘ci-dessous’
on ne trouve pas d’autre trace de fruit que celle éventuellement
symbolisée par l’enfant Jésus. Bien entendu, le terme
fruit peut s’entendre de bien des façons tout en s’adaptant
à cet enfant divin comme le suggère le « je vous salue
Marie » en précisant « et Jésus, le FRUIT de vos
entrailles, est béni… ». Cependant, la phrase est sensiblement
différente à cette allusion car, que nous sachions, cet enfant
aussi divin qu’il le puisse n’est pas né en 1891, loin
s’en faut ! En l’occurrence, ici, il est surtout question de
cette fameuse année 1891 qui doit être « portée
dans l’éternité »… avec le fruit que nous
devrions trouver ci-dessous, et que nous ne distinguons pas vraiment. Encore
qu’à bien regarder, il peut, dans un autre état d’esprit,
s’agir de comprendre un second degré d’interprétation
de l’image du bas. Et comme fruit, à part ceux de l’arbre
dont les branches hautes s’imbriquent vers l’étoile à
six branches, on ne voit rien d‘autre que des formes fruitières
de pommes, grenades ou… poires ! A moins que l’ensemble, dans
l’esprit de Saunière, n’ait un sens qui soit sensé
échapper à la première lecture. Cependant, cette remarque
doit être faite avec prudence, car ce cahier personnel de Saunière
n’était pas fait pour être lu par le commun. A ceci il
faut ajouter que, pour son auteur, ce collage-montage a un sens autre qu’un
insolite passe-temps. A ce jour, cette petite composition n’est toujours
pas résolue et nos ténors s’en détournent avec
dédain ou prudence… peut-être, et surtout, parce qu’ils
n’ont rien à dire ?
Le
savoir de Saunière selon Gérard de Sède
Le seul auteur qui se lance résolument dans une explication est Gérard de Sède (Rennes-le-Château - le dossier, les impostures, les phantasmes, les hypothèses – Laffont, 1988). Il souligne lui aussi que cette année 1891 est capitale pour Saunière qui dut, pour monter son message sous forme d’un ‘rébus’, « s’inspirer de la langue ‘punique’ utilisé par son ami Boudet ». Puis il explique que, pour lui, le message correspond à une allusion géographique… ce dont nous sommes aussi persuadés en raison d’une certaine ‘sépulture’ retrouvée par le curé de Rennes! Mieux que nous, il exprime son hypothèse en écrivant que « Quoi qu’il en soit, ce qui est certain, c’est que ce collage ne renvoie pas à la découverte des trésors relativement modestes – les monnaies, les bijoux et le calice anciens – découverts par notre curé dans son église, puisque ces trouvailles-là ne datent pas de 1891, mais de 1886-1887. Si pour Bérenger Saunière l’année 1891 méritait d’être éternisée, ce fut parce qu’elle lui avait apporté une découverte bien plus importante et, très probablement, d’une autre nature, justifiant cette mention dans son journal :’découverte d’une tombe… Secret’. ». Une fois encore, les écrits de monsieur de Sède vont étrangement dans le sens de la maquette, de son contenu chiffré et de notre hypothèse de recherche. Pourtant, il nous faut encore ajouter que ce texte et ces images ne sont pas une commande de l’abbé Saunière mais en provenance d’une revue courante bien que religieuse. Puisqu’il est question de revue religieuse, il serait intéressant de savoir à quelle lecture était abonné Saunière… donc d’où il pouvait tirer ses découpages. Pour Antoine Captier, le propriétaire de ce document, il ne peut s’agir que du seul journal ‘La Croix’ des mois de juillet ou août. De plus, il est notoire qu’en cette année 1891 eut lieu un important pèlerinage populaire à… Jérusalem. Les illustrations ne devaient pas vraiment manquer alors pour célébrer cet événement formidable. Saunière a pu trouver son inspiration à ce moment où les images du genre devaient foisonner.
Le
revers de la page et l’impossible 1891
Dans
ce carnet, ces gravures rapportées soigneusement par Bérenger
Saunière gardent intact quasiment tout leur mystère, tout
en montrant qu’effectivement elles ne sont pas ‘le fruit’
d’un passe-temps de curé désoeuvré. On pourrait
en rester à ce constat si l’observation de la page ayant reçu
le montage ne retenait encore un peu notre attention. En effet, retournée,
elle devrait montrer une page d’écriture ou de notes comme
les autres feuilles de ce carnet. A notre surprise, il n’en est rien
puisqu’au verso un autre découpage collé vient s’apposer
au dos du premier. Cette fois, il s’agit d’un découpage
depuis une feuille quadrillée pliée en quatre et recollée
à plat. Elle comporte ces mots :
Registre
des
Travaux
de la maison d’habitation
de la terrasse, des bassins de l’enclos, etc
On note que cette sorte de titre, à la répartition insolite, nous donne un groupe de 17 mots si on considère les apostrophes comme mots, et 15 dans le cas contraire… L’ensemble est d’autant plus étonnant qu’il a été choisi pour arriver au dos du montage précédent, alors qu’à la suite de cette page, collée sur une couverture de cahier verdâtre, il n’y a aucun texte correspondant aux travaux de la dite maison d’habitation, de la terrasse, ni des bassins de l’enclos. Le problème est que les travaux en question ne commenceront qu’en 1901 et que le collage illustre l’année 1891, soit un écart de 10 ans ! Une réflexion s’impose depuis ces éléments. Il semblerait que ce soit en 1901 que le collage ait été fait avec des éléments récupérés sur des documents datés de 1891… et non l’inverse, car, en 1891, l’abbé ne pouvait pas savoir avec précision de quoi son domaine allait être fait et encore moins en tenir un registre des travaux ! C’est donc 10 ans après environ que Saunière commémore « L’année 1891 portée dans l’éternité, avec le fruit dont on parle ci-dessous ». Ce détail montre qu’il sut environ dix ans après cette date et pourquoi « l’an 1891 est porté dans l’éternité » et de quel « fruit » on doit nous « parler ci-dessous »… et là, n’en déplaise à l’enfant Jésus, il est évident qu’il s’agit d’un élément lui correspondant sans n’avoir aucun lien avec sa montée dans les nues… C'est-à-dire juste après son dernier voyage à Lyon, où les Amitiés Angéliques sont nombreuses, et dans le Pilat où l’attendait un bien étrange itinéraire ‘angelé’! Décidément, le hasard, cette fois, se surpasse pour notre plus grand plaisir!
Un
millésime qui mérite l’attention
Papus
En
partant du principe que 1891 fut une année exceptionnelle pour l’abbé
Saunière, et nous en doutons de moins en moins, il faut également
regarder ce qui s’est passé de notoire durant celle-ci, sur
des registres annexes à celui de l’abbé.
Papus, cette année-là, devient Grand Maître de l’Ordre
Martiniste, pendant que Jules Bois adhère immédiatement à
la nouvelle Loge parisienne Ahathor de la Golden Dawn. Un autre personnage
arrive à cette époque sur le devant de la scène, un
certain Joseph Péladan qui vient de créer, le 23 août,
l’Ordre du Temple et de la Rose Croix catholique… Les événements
doivent se produire à leur heure, c’est vrai. Cependant, nous
verrons très bientôt qu’un autre fait vient ‘d’illuminer’
la vie de Saunière… cette année 1891. Un événement
que nul n’attend vraiment bien qu’il ait été suggéré
plusieurs fois par certains chercheurs, mais sans preuve jusque là…
Nous y reviendrons précisément le moment venu, qui ne saurait
tarder. Sur ces ‘petits’ faits du monde de l’ésotérisme,
De Sède disait, sans doute à juste titre, que « la coïncidence
de date entre ce ‘réveil’ et la découverte de
la tombe par Bérenger Saunière peut difficilement être
attribuée au hasard, après ce que nous venons de dire de la
tradition rosicrucienne relative aux cycles de cent huit ans ». C’est
un point de vue que nous partageons tout à fait, à un détail
près. Pour cet auteur incontournable, le cycle de 108 ans est celui
des résurgences de la Rose-Croix depuis Christian Rosenkreutz et
la Fama Fraternitatis. Comme lui, nous appliquons ce principe depuis que
l’abbé Bigou fait graver la dalle funéraire de la dame
d’Hautpoul, en 1783. A cette date, on ajoute 108 ans pour obtenir
1891 qui est l’année des révélations pour Saunière.
De Sède ajoute encore 108 ans à ce nombre pour obtenir 1999
qui, en effet, comme il le précise, est la porte ouverte aux spéculations
apocalyptiques de la Rose-Croix. Le gros ennui dans ce calcul est qu’à
cette veille millénariste … il ne s’est rien passé
de notoire en la matière. Nous voyons que Saunière est des
plus attentifs pour l’an 1891, mais qu’astucieusement il laisse
une possibilité de comprendre qu’il agit en 1901. C’est
peut-être qu’il souhaite que nous comprenions que les 108 ans
s’ajoutent simplement à 1901… ce qui nous donne 2009
!
Révélation
!
Sur
ce mode de calcul, nous citons avantageusement un certain Jacques Breyer
qui pressentit cette époque, plutôt que 2000, pour être
celle de l’Apocalypse. Ce mot, qui fait si peur à tous et qui
s’inscrit à chaque fois dans l’imaginaire en scènes
abominables de fin du monde, ne signifie rien d’autre que ‘REVELATION’
! Une révélation, si elle est capable de bouleverser un monde,
ne signifie pas obligatoirement fin de ce monde, ni qu’elle s’accompagne
de scènes inimaginables de destructions ou d’horreurs. L’homme
est depuis bien longtemps un maître en matière d’abominations
sans pour autant célébrer l’Apocalypse chaque jour de
son calendrier… Cette année 2009 serait-elle celle d’une
révélation liée à une ‘découverte
religieuse’ capable de changer les bases de l’Eglise ? Si rien
ne prouve que non, certains prémices pourraient bien l’annoncer,
effectivement, en suivant le chemin roussillonnais tracé par l’abbé
Bérenger Saunière et quelques uns de ses confrères
en religion. L’année 2009 serait-elle celle « portée
dans l’éternité, avec le fruit dont on parle ci-dessous
» ?… Comme Saunière finit de nous entretenir, après
sa mort, d’un lieu qu’il identifia, en suivant messieurs les
curés Bigou, Boudet et Gélis, comme illustré d’un
fruit en forme de poire, nous pourrions tout à coup estimer qu’il
a bien rempli sa… MISSION de 1891 ! Mission qui, en s’inversant
comme un certain pilier de la religion, se terminerait avec un potentiel
de réussite considérable près d’une autre croix
de mission datée ‘I89I’ et commémorant, comme
nous l’avons démontré précédemment, la
MISSION de Cassini en 1681 sur les terres de Périllos ! 1681 qui,
en s’inversant comme le pilier, nous redonne bel et bien 1891 ! Il
est certain que, cette fois, il sera difficile à notre hasard de
service de faire mieux !
En
1891, Mission accomplie !
Saunière
savait-il plus de choses qu’il ne le laissait paraître ? Certainement,
puisque toute une partie de sa vie est parsemée d’éléments
codés, inversés ou chiffrés… Dans son carnet
personnel, il entre, d’un seul coup, un jeu de date par le biais d’innocentes
images pieuses en sachant qu’il y a (comme l’affirme la sagesse
populaire) toujours un revers à une médaille. Tout y est pour
celui qui lit la façon ‘vitrière et angélique’
de cet abbé à s’exprimer de manière codée
sans le laisser paraître. On trouve effectivement une date, des mages,
des trésors royaux, des roses, une étoile, des fruits, un
roi, une sépulture royale et sacrée, un homme dieu et…
des anges !
Cet ensemble, que le prêtre millésime de 1891, avec la manière
d’en comprendre la véritable date, est reporté en ‘mémoire’
sur un pilier wisigothique renversé, tronqué, supportant une
statue de Marie d’un goût douteux. De plus, la Vierge de Lourdes
surmonte, comme pour l’excuser, cette fameuse inscription ‘missionnaire’
qui n’est pas à la place qui devait être la sienne. Son
véritable emplacement de commémoration devait être forcément
sur le calvaire dressé en ‘Croix de mission’ face précisément
à l’étrange assemblage constitué d’incohérences
d’apparences des plus anodines… Peut-être pour cette raison,
Mgr Billard, pensant que cette fois son protégé, ou téléguidé,
avait ‘poussé le bouchon un peu trop loin’… s’empressa
t-il de bâcler la cérémonie de bénédiction
de ces ‘révélations’ et de s’en aller, visiblement
troublé, le plus vite possible des lieux… Peu importait alors
à l’abbé Saunière puisque la mission, peu en
accord avec son ministère officiel, était remplie au-delà
de toute attente de ceux et celles qui, comme lui, en ‘savaient’
le sens profond.
NB : Ce chapitre, s’arrêtant provisoirement ici, est cependant loin d’être terminé. Sa suite logique concernant une dernière étape de la vie de l’abbé Bérenger Saunière, aura lieu prochainement, au moment d’une révélation qui ne viendra pas de nous. La ‘personnalité’ qui fera cette ‘révélation’ accréditera considérablement toute une grande partie de notre hypothèse lyonnaise dont un aspect est discrètement exposé ici… Donc, à suivre attentivement !
André
Douzet
Tous nos remerciements à Antoine Captier pour son amitié,
sa confiance et pour nous avoir donné la primeur de ce verso de feuille
(extraite d’un cahier personnel de l’abbé Saunière)
jamais présenté à ce jour…