Plan du site | Recherche | Forums | Publications | Actualités

Société Périllos ©

Les secrets oubliés de l’église de Rennes
(4ème partie) - La dernière ‘mission’. Le langage du pilier wisigothique selon l’abbé Saunière.

 

Jeu de mots pour une mission

Pour ce dernier chapitre, nous revenons sur la fin de notre travail concernant le pilier ‘wisigoth’. En particulier, il s’agit de reprendre la date gravée sous l’inscription laconique ‘MISSION’ du cartouche. Si ce dernier et son millésime sont lisibles dans le bon sens, nous avons vu que le pilier, en échange, est inversé. Ce qui revient, logiquement, à dire qu’au moment où nous cherchons, sur une photographie par exemple, à regarder le pilier comme à son origine, c’est le mot MISSION et la date qui se retrouvent à l’envers. Ces détails ont été abordés dans notre article sur le maître-autel de l’église détruit sur ordre de l’abbé Saunière au moment des bouleversements qu’il organise. Certes, nous envisagions un caprice dont ce prêtre n’était pas économe. En échange, nous ne pouvions pas mépriser que ces inversions aient un sens connu, et voulu (ou commandité), de ce prêtre qui a déjà habitué les chercheurs à son étrange manie d’utiliser la lecture dans le miroir comme le faisait, avec gourmandise, Jean Cocteau…
Dans ce cas, il faut admettre que la date puisse s’harmoniser à des événements à retenir dans les deux sens : endroit et inversion… comme la maquette géographique voulue par l’abbé lui-même. Le mot ‘MISSION’ s’avère très difficile à retourner sans prêter le flanc à des dérives incontrôlables telles que : ‘MISSION’ = ‘SION MIS’, ce qui, pour certains, voudraient dire que Sion à mis… ‘quelque chose’ qui se situe encore à Rennes-le-Château. C’est en tous cas une hypothèse sur laquelle nous ne revenons pas. A propos du jeu des lettres mises en anagramme, nous rappellerons que, sur un vitrail de l’église de Rennes, on peut lire le mot ONIS suivi de points et de chiffres. On sait que cette verrière a été commandée par Saunière, mais si les chiffres sont la date de mise en place, il fallait que l’abbé l’ait commandée à l’âge de 15 ans et ait su qu’il serait prêtre à Rennes-le-Château… 18 ans plus tard (voir notre chapitre à ce sujet), ce qui est absolument impensable. Tout ceci fait qu’à ce stade nous n’avancerons pas plus d’éléments sur les possibilités offertes par les lettres du mot MISSION, ses reflets et inver…sions. En échange, le millésime 1891 peut nous apporter des éléments de réflexion et quelques constats intéressants.

L’an 1891

Envisageons 1891 comme une date commémorative voulue par le prêtre. Certes, cette date correspond à l’année de la mise en place du pilier ‘inversé’ servant de support à la statue de N.D. de Lourdes, inaugurée lors d’une procession le 21 juin. Cette cérémonie ratifiait-elle également celle d’une mission religieuse ordinaire (comme il y en avait tant à cette époque) au sein de la paroisse de Rennes-le-Château ? Jusque là, il n’y a rien d’extraordinaire à signaler. Cependant, cette année-là s’avère significative pour Saunière. C’est effectivement celle qui correspond à la découverte d’une cache ‘dans le balustre’ au moment du changement de la chaire en septembre 1891… mais ce n’est encore qu’une date et comme dans cet étrange absolu seuls les faits semblent compter, nous nous efforcerons de seulement considérer ces derniers.
D’ailleurs, nous observons que 1891, hormis cette découverte, correspond à la réalisation des travaux extérieurs importants tels que le calvaire, la grotte et ce qui est appelé maintenant ‘le reposoir’, autrefois le bureau bibliothèque de l’abbé, étrangement construit sur une citerne (voir cet article).
Cette année est également celle de la finition du nouveau porche de l’église avec apposition des armes du pape Léon XIII et de Mgr Billard, le bienveillant évêque du curé de Rennes. C’est aussi celle qui marque la fin des travaux liés aux découvertes faites ‘dans’ le sanctuaire de Rennes. Nous retenons également que c’est le 21 septembre 1891 que l’abbé Saunière inscrit dans son journal « lettres de Granes - découverte d’un tombeau, le soir pluie ». Ce 21 septembre marque l’équinoxe d’automne… en opposition au 21 juin célébrant le solstice, précisément le jour de l’inauguration et de la Mission. Ces événements ont-ils un rapport avec ces dates et l’affaire qui nous intéresse ? Pourquoi pas…

Une année riche en événements

Cette ‘remarque’ n’est pas la seule sur ce fameux carnet car, huit jours après, nous pouvons lire : “ le 29 septembre : Vu curé de Névian. Chez Gélis. Chez Carrière. Vu Cros et secret.” Sans revenir longuement sur cette note assez sommaire, on ne sait s’il s’agit de ‘Cros’ vicaire général de l’évêché de Carcassonne, ou d’un autre ‘Cros’, sans doute apparenté à Charles Cros, un Franc-maçon notoire qu’estimait et fréquentait Saunière. Evidemment, ce texte laconique prend une toute autre signification s’il s’agit de l’un ou l’autre de ces personnages.
Enfin, ajoutons que c’est cette année-là que s’installe au presbytère la famille Dénarnaud, dont la fille Marie deviendra la dévouée servante qui assistera Saunière dans ses recherches (pas toujours bien convenables en ce qui concerne le cimetière)… puis sa légataire universelle…

Mais revenons une dernière fois sur le cahier qui sert de ‘journal’ à l’abbé Bérenger Saunière. En effet, dans les pages de ce mémento personnel, il souligne tout l’intérêt de cette année sous une forme pour le moins surprenante, puisqu’il s’agit d’un montage fait du collage de deux images visiblement découpées dans une ancienne revue.
L’illustration d’en bas représente l’adoration des rois mages apportant leurs offrandes à l’enfant Jésus. Celle du dessus, un peu plus grande, montre un enfant emporté vers les nuées par trois anges. L’équipage, survolé par une colombe, semble guidé par un rayon sortant des nuages. Avant d’aller plus loin, il faut savoir que Saunière ne se livrait guère à ce genre de loisir ou de passe-temps. Ses carnets personnels étaient au nombre de deux, et Antoine Captier, qui était propriétaire, en connaissait bien les contenus. Il nous confirme qu’il s’agit là du seul assemblage d’images de ce type pour l’ensemble des notes de l’abbé. Nous avons toutes raisons de le croire sans problème. La seule possibilité de lointaine similitude se tient dans un autre cahier au fil des pages duquel le prêtre colle un ‘feuilleton’ qu’il coupe dans un journal. S’il s’agit d’un découpage collage ; il n’a toutefois aucune ressemblance (c’est un roman sentimental) avec celui qui nous intéresse et se trouve dans un cahier visiblement ouvert à ce seul usage. Il faut donc admettre que cette particularité n’est sans doute pas la conséquence d’un désoeuvrement ou une nouvelle vocation saugrenue de Bérenger Saunière. C’est pourquoi il y a lieu de s’y arrêter.

Des rois mages au-dessus de tous soupçons

L’illustration est centrée et sur les côtés se lisent les salutations des rois mages envers l’enfant, exprimées ainsi :
Melchior : Salut, roi des siècles.
Gaspard : Salut, roi des cieux.
Balthazar : Salut, rédempteur des morts.
Un petit texte entre parenthèses relie cette tirade à la suivante : (les mages s’agenouillent. Ils adorent l’enfant et lui offrent successivement leurs présents). Puis ils enchaînent leurs propos :
Melchior : Reçois, Ô roi, l’or, symbole de la royauté.
Gaspard : Reçois la myrrhe, symbole de la sépulture.
Balthazar : Reçois l’encens, ô toi qui est véritablement Dieu.
Effectivement, sur l’image, on voit les trois rois (sans bien distinguer le noir) présentant leurs présents. La Vierge tient l’enfant Jésus, tandis qu’un chérubin à gauche, en bas, regarde la scène. En arrière plan se trouve un arbre fruitier... alors qu’au-dessus de celui-ci brille l’étoile à six branches… ce qui est logique en raison des rois guidés par elle.
Bien entendu, nos traditionnels grincheux diront, cette fois à juste titre, qu’il n’y a là rien de plus normal. Certes, à première vue, donc au premier degré, les ingrédients de l’adoration des mages sont bien rassemblés. Nous émettrons plus loin quelques autres remarques, anodines bien entendu.

Les anges et la croix ?

Le tableau d’en haut est un encadré fait d’une frise de fleurs de lys stylisées. Dans un drapé, un enfant est emporté vers un rai de lumière sortant des nuées. Le transport est assuré par trois anges ailés survolés par un oiseau, une colombe sans doute. Cet ensemble de quatre sujets ‘volants’ pourrait représenter le signe de la croix symbolisé : « le Père, le Fils, le St Esprit, Amen ».
Et le fait qu’un prêtre se soit ‘amusé’ à réaliser cet assemblage n’aurait, à priori, rien d’extraordinaire de la part d’un homme d’église. Certes, c’est vrai. De plus, nous ajoutons, pour parfaire les insinuations des avocats du diable, que ces dessins sont extraits d’iconographies imprimées et qu’il serait douteux qu’elles l’aient été spécialement pour le curé de Rennes-le-Château…
Cependant, ces quatre créatures ailées, représentant les étapes du signe de croix, ne nous en rappelleraient-elles pas quatre autres, zélées celles-ci, supportées par un Asmodée terrassé à l’entrée de l’église de Rennes-le-Château ? Si toutefois, dans cette figuration, il nous manquait effectivement Jésus, nous nous en approcherions en regardant la partie ‘griffée’ de l’aile du pauvre Asmodée. Ces griffures, semblant perforer la ‘soie’ de l’aile, forme (voir notre chapitre sur Asmodée) en inversion précisément le mot Iésus… De plus, prendre quelqu’un sous son aile ne signifie t-il pas le protéger, l’envelopper, le draper pour mieux le soustraire à la vindicte ? Quelle étrange similitude due au plus parfait des hasards. De plus, ce dernier fait particulièrement bien les choses puisque les personnages principaux de cette scène sont des anges. A ce propos, nous savons quelle place prépondérante ces créatures divines prennent dans certains aspects des annexes ‘angéliques’ de l’affaire de Rennes à Périllos.
L’enfant Jésus porté dans la draperie tient dans une main un petit globe, identifiant probablement la Terre, et un petit cierge allumé dans l’autre main. La lumière divine ici se passe de plus de commentaire. Pourtant, cette image est assez insolite car il s’agirait sans doute d’une montée au ciel de Jésus après son supplice et ses quarante jours de réincarnation. Sans doute l’homme dieu n’a-t-il pas d’âge sur le plan symbolique et un enfant peut en représenter l’innocence ou la pureté. Nous retiendrons alors que le linge utilisé soit en ce cas d’ascension une draperie ou… un linceul !?

Les rois mages selon Saunière

La partie basse du collage montre l’adoration des rois mages décrite précédemment, dont nous retiendrons quelques détails pour notre petite étude. En fond du décor, on voit briller l’étoile comportant 6 branches. Devant elle, un arbre porte des fruits bien ronds : pommes, grenades ou… poires. Les personnages sont bien représentés dans un style du 19ème siècle typique. Au premier plan, au bas de ce tableau, un muret avec deux vases contient… des roses ! Si on note l’absence du bon Joseph et des deux animaux habituels (l’âne et le bœuf), on retrouve un angelot regardant la scène… un ange encore !
Le texte qui encadre est anodin si on n’y prend garde plus précisément. En vérité, ces portions de texte mis en un seul nous donneraient ceci :
« Salut, roi des siècles, roi des cieux, rédempteur des morts (les mages s’agenouillent. Ils adorent l’enfant et lui offrent successivement leurs présents). Ô roi, l’or, symbole de la royauté. Reçois la myrrhe, symbole de la sépulture. Reçois l’encens, ô toi qui est véritablement Dieu ».
Ce sont effectivement les bibliques cadeaux apportés par les mages. Le terme de ‘Roi’ est cité par quatre fois dans ces courtes tirades, pendant que par deux fois il est question de la mort et de la sépulture… et une fois un sens de divinité absolue. Certes, une fois de plus, ce texte a été pris dans une revue sans doute religieuse ; cependant, il est aussi possible que Saunière ait fait un choix comportant les éléments qu’il lui fallait pour les entrer dans son cahier personnel. Pourtant, à ce stade, nous pourrions dire que ce roi divin, donc sacré, est illustré également par une sépulture. Un notaire royal du nom de Courtade aurait-il plagié (du moins prophétisé, quelques deux cents ans auparavant) ce commentaire en mentionnant, sur les terres des seigneurs de Périllos « un tombeau royal et sacré »... certainement pas puisqu’il transcrivait, sans état d’âme, les actes terriers sous sa juridiction ! Un hasard de plus, n’en doutons pas, si ce territoire se superpose exactement à celui de la maquette de Saunière!

L’année 1891 portée dans l’éternité

Il nous manque un élément important que nous n’avons pas abordé dans ce collage. Il s’agit de l’inscription se trouvant sous la scène du haut : « L’année 1891 portée dans l’éternité, avec le fruit dont on parle ci-dessous ». Or… en regardant ‘ci-dessous’ on ne trouve pas d’autre trace de fruit que celle éventuellement symbolisée par l’enfant Jésus. Bien entendu, le terme fruit peut s’entendre de bien des façons tout en s’adaptant à cet enfant divin comme le suggère le « je vous salue Marie » en précisant « et Jésus, le FRUIT de vos entrailles, est béni… ». Cependant, la phrase est sensiblement différente à cette allusion car, que nous sachions, cet enfant aussi divin qu’il le puisse n’est pas né en 1891, loin s’en faut ! En l’occurrence, ici, il est surtout question de cette fameuse année 1891 qui doit être « portée dans l’éternité »… avec le fruit que nous devrions trouver ci-dessous, et que nous ne distinguons pas vraiment. Encore qu’à bien regarder, il peut, dans un autre état d’esprit, s’agir de comprendre un second degré d’interprétation de l’image du bas. Et comme fruit, à part ceux de l’arbre dont les branches hautes s’imbriquent vers l’étoile à six branches, on ne voit rien d‘autre que des formes fruitières de pommes, grenades ou… poires ! A moins que l’ensemble, dans l’esprit de Saunière, n’ait un sens qui soit sensé échapper à la première lecture. Cependant, cette remarque doit être faite avec prudence, car ce cahier personnel de Saunière n’était pas fait pour être lu par le commun. A ceci il faut ajouter que, pour son auteur, ce collage-montage a un sens autre qu’un insolite passe-temps. A ce jour, cette petite composition n’est toujours pas résolue et nos ténors s’en détournent avec dédain ou prudence… peut-être, et surtout, parce qu’ils n’ont rien à dire ?

Le savoir de Saunière selon Gérard de Sède

Le seul auteur qui se lance résolument dans une explication est Gérard de Sède (Rennes-le-Château - le dossier, les impostures, les phantasmes, les hypothèses – Laffont, 1988). Il souligne lui aussi que cette année 1891 est capitale pour Saunière qui dut, pour monter son message sous forme d’un ‘rébus’, « s’inspirer de la langue ‘punique’ utilisé par son ami Boudet ». Puis il explique que, pour lui, le message correspond à une allusion géographique… ce dont nous sommes aussi persuadés en raison d’une certaine ‘sépulture’ retrouvée par le curé de Rennes! Mieux que nous, il exprime son hypothèse en écrivant que « Quoi qu’il en soit, ce qui est certain, c’est que ce collage ne renvoie pas à la découverte des trésors relativement modestes – les monnaies, les bijoux et le calice anciens – découverts par notre curé dans son église, puisque ces trouvailles-là ne datent pas de 1891, mais de 1886-1887. Si pour Bérenger Saunière l’année 1891 méritait d’être éternisée, ce fut parce qu’elle lui avait apporté une découverte bien plus importante et, très probablement, d’une autre nature, justifiant cette mention dans son journal :’découverte d’une tombe… Secret’. ». Une fois encore, les écrits de monsieur de Sède vont étrangement dans le sens de la maquette, de son contenu chiffré et de notre hypothèse de recherche. Pourtant, il nous faut encore ajouter que ce texte et ces images ne sont pas une commande de l’abbé Saunière mais en provenance d’une revue courante bien que religieuse. Puisqu’il est question de revue religieuse, il serait intéressant de savoir à quelle lecture était abonné Saunière… donc d’où il pouvait tirer ses découpages. Pour Antoine Captier, le propriétaire de ce document, il ne peut s’agir que du seul journal ‘La Croix’ des mois de juillet ou août. De plus, il est notoire qu’en cette année 1891 eut lieu un important pèlerinage populaire à… Jérusalem. Les illustrations ne devaient pas vraiment manquer alors pour célébrer cet événement formidable. Saunière a pu trouver son inspiration à ce moment où les images du genre devaient foisonner.

Le revers de la page et l’impossible 1891

Dans ce carnet, ces gravures rapportées soigneusement par Bérenger Saunière gardent intact quasiment tout leur mystère, tout en montrant qu’effectivement elles ne sont pas ‘le fruit’ d’un passe-temps de curé désoeuvré. On pourrait en rester à ce constat si l’observation de la page ayant reçu le montage ne retenait encore un peu notre attention. En effet, retournée, elle devrait montrer une page d’écriture ou de notes comme les autres feuilles de ce carnet. A notre surprise, il n’en est rien puisqu’au verso un autre découpage collé vient s’apposer au dos du premier. Cette fois, il s’agit d’un découpage depuis une feuille quadrillée pliée en quatre et recollée à plat. Elle comporte ces mots :

Registre des
Travaux
de la maison                           d’habitation
de la terrasse, des bassins de l’enclos, etc

On note que cette sorte de titre, à la répartition insolite, nous donne un groupe de 17 mots si on considère les apostrophes comme mots, et 15 dans le cas contraire… L’ensemble est d’autant plus étonnant qu’il a été choisi pour arriver au dos du montage précédent, alors qu’à la suite de cette page, collée sur une couverture de cahier verdâtre, il n’y a aucun texte correspondant aux travaux de la dite maison d’habitation, de la terrasse, ni des bassins de l’enclos. Le problème est que les travaux en question ne commenceront qu’en 1901 et que le collage illustre l’année 1891, soit un écart de 10 ans ! Une réflexion s’impose depuis ces éléments. Il semblerait que ce soit en 1901 que le collage ait été fait avec des éléments récupérés sur des documents datés de 1891… et non l’inverse, car, en 1891, l’abbé ne pouvait pas savoir avec précision de quoi son domaine allait être fait et encore moins en tenir un registre des travaux ! C’est donc 10 ans après environ que Saunière commémore « L’année 1891 portée dans l’éternité, avec le fruit dont on parle ci-dessous ». Ce détail montre qu’il sut environ dix ans après cette date et pourquoi « l’an 1891 est porté dans l’éternité » et de quel « fruit » on doit nous « parler ci-dessous »… et là, n’en déplaise à l’enfant Jésus, il est évident qu’il s’agit d’un élément lui correspondant sans n’avoir aucun lien avec sa montée dans les nues… C'est-à-dire juste après son dernier voyage à Lyon, où les Amitiés Angéliques sont nombreuses, et dans le Pilat où l’attendait un bien étrange itinéraire ‘angelé’! Décidément, le hasard, cette fois, se surpasse pour notre plus grand plaisir!

Un millésime qui mérite l’attention

Papus

En partant du principe que 1891 fut une année exceptionnelle pour l’abbé Saunière, et nous en doutons de moins en moins, il faut également regarder ce qui s’est passé de notoire durant celle-ci, sur des registres annexes à celui de l’abbé.
Papus, cette année-là, devient Grand Maître de l’Ordre Martiniste, pendant que Jules Bois adhère immédiatement à la nouvelle Loge parisienne Ahathor de la Golden Dawn. Un autre personnage arrive à cette époque sur le devant de la scène, un certain Joseph Péladan qui vient de créer, le 23 août, l’Ordre du Temple et de la Rose Croix catholique… Les événements doivent se produire à leur heure, c’est vrai. Cependant, nous verrons très bientôt qu’un autre fait vient ‘d’illuminer’ la vie de Saunière… cette année 1891. Un événement que nul n’attend vraiment bien qu’il ait été suggéré plusieurs fois par certains chercheurs, mais sans preuve jusque là… Nous y reviendrons précisément le moment venu, qui ne saurait tarder. Sur ces ‘petits’ faits du monde de l’ésotérisme, De Sède disait, sans doute à juste titre, que « la coïncidence de date entre ce ‘réveil’ et la découverte de la tombe par Bérenger Saunière peut difficilement être attribuée au hasard, après ce que nous venons de dire de la tradition rosicrucienne relative aux cycles de cent huit ans ». C’est un point de vue que nous partageons tout à fait, à un détail près. Pour cet auteur incontournable, le cycle de 108 ans est celui des résurgences de la Rose-Croix depuis Christian Rosenkreutz et la Fama Fraternitatis. Comme lui, nous appliquons ce principe depuis que l’abbé Bigou fait graver la dalle funéraire de la dame d’Hautpoul, en 1783. A cette date, on ajoute 108 ans pour obtenir 1891 qui est l’année des révélations pour Saunière. De Sède ajoute encore 108 ans à ce nombre pour obtenir 1999 qui, en effet, comme il le précise, est la porte ouverte aux spéculations apocalyptiques de la Rose-Croix. Le gros ennui dans ce calcul est qu’à cette veille millénariste … il ne s’est rien passé de notoire en la matière. Nous voyons que Saunière est des plus attentifs pour l’an 1891, mais qu’astucieusement il laisse une possibilité de comprendre qu’il agit en 1901. C’est peut-être qu’il souhaite que nous comprenions que les 108 ans s’ajoutent simplement à 1901… ce qui nous donne 2009 !

Révélation !

Sur ce mode de calcul, nous citons avantageusement un certain Jacques Breyer qui pressentit cette époque, plutôt que 2000, pour être celle de l’Apocalypse. Ce mot, qui fait si peur à tous et qui s’inscrit à chaque fois dans l’imaginaire en scènes abominables de fin du monde, ne signifie rien d’autre que ‘REVELATION’ ! Une révélation, si elle est capable de bouleverser un monde, ne signifie pas obligatoirement fin de ce monde, ni qu’elle s’accompagne de scènes inimaginables de destructions ou d’horreurs. L’homme est depuis bien longtemps un maître en matière d’abominations sans pour autant célébrer l’Apocalypse chaque jour de son calendrier… Cette année 2009 serait-elle celle d’une révélation liée à une ‘découverte religieuse’ capable de changer les bases de l’Eglise ? Si rien ne prouve que non, certains prémices pourraient bien l’annoncer, effectivement, en suivant le chemin roussillonnais tracé par l’abbé Bérenger Saunière et quelques uns de ses confrères en religion. L’année 2009 serait-elle celle « portée dans l’éternité, avec le fruit dont on parle ci-dessous » ?… Comme Saunière finit de nous entretenir, après sa mort, d’un lieu qu’il identifia, en suivant messieurs les curés Bigou, Boudet et Gélis, comme illustré d’un fruit en forme de poire, nous pourrions tout à coup estimer qu’il a bien rempli sa… MISSION de 1891 ! Mission qui, en s’inversant comme un certain pilier de la religion, se terminerait avec un potentiel de réussite considérable près d’une autre croix de mission datée ‘I89I’ et commémorant, comme nous l’avons démontré précédemment, la MISSION de Cassini en 1681 sur les terres de Périllos ! 1681 qui, en s’inversant comme le pilier, nous redonne bel et bien 1891 ! Il est certain que, cette fois, il sera difficile à notre hasard de service de faire mieux !

En 1891, Mission accomplie !

Saunière savait-il plus de choses qu’il ne le laissait paraître ? Certainement, puisque toute une partie de sa vie est parsemée d’éléments codés, inversés ou chiffrés… Dans son carnet personnel, il entre, d’un seul coup, un jeu de date par le biais d’innocentes images pieuses en sachant qu’il y a (comme l’affirme la sagesse populaire) toujours un revers à une médaille. Tout y est pour celui qui lit la façon ‘vitrière et angélique’ de cet abbé à s’exprimer de manière codée sans le laisser paraître. On trouve effectivement une date, des mages, des trésors royaux, des roses, une étoile, des fruits, un roi, une sépulture royale et sacrée, un homme dieu et… des anges !
Cet ensemble, que le prêtre millésime de 1891, avec la manière d’en comprendre la véritable date, est reporté en ‘mémoire’ sur un pilier wisigothique renversé, tronqué, supportant une statue de Marie d’un goût douteux. De plus, la Vierge de Lourdes surmonte, comme pour l’excuser, cette fameuse inscription ‘missionnaire’ qui n’est pas à la place qui devait être la sienne. Son véritable emplacement de commémoration devait être forcément sur le calvaire dressé en ‘Croix de mission’ face précisément à l’étrange assemblage constitué d’incohérences d’apparences des plus anodines… Peut-être pour cette raison, Mgr Billard, pensant que cette fois son protégé, ou téléguidé, avait ‘poussé le bouchon un peu trop loin’… s’empressa t-il de bâcler la cérémonie de bénédiction de ces ‘révélations’ et de s’en aller, visiblement troublé, le plus vite possible des lieux… Peu importait alors à l’abbé Saunière puisque la mission, peu en accord avec son ministère officiel, était remplie au-delà de toute attente de ceux et celles qui, comme lui, en ‘savaient’ le sens profond.

NB : Ce chapitre, s’arrêtant provisoirement ici, est cependant loin d’être terminé. Sa suite logique concernant une dernière étape de la vie de l’abbé Bérenger Saunière, aura lieu prochainement, au moment d’une révélation qui ne viendra pas de nous. La ‘personnalité’ qui fera cette ‘révélation’ accréditera considérablement toute une grande partie de notre hypothèse lyonnaise dont un aspect est discrètement exposé ici… Donc, à suivre attentivement !

André Douzet
Tous nos remerciements à Antoine Captier pour son amitié, sa confiance et pour nous avoir donné la primeur de ce verso de feuille (extraite d’un cahier personnel de l’abbé Saunière) jamais présenté à ce jour…