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« Lettre pastorale et mandement
de Monseigneur l’Evêque de Carcassonne :… : relative à la Franc-Maçonnerie »

 

Nous poursuivons notre série de documents avec un autre, également authentique, dont nous sommes certains de l’auteur. Il s’agit, cette fois, d’une « lettre pastorale et mandement de Monseigneur l’Evêque de Carcassonne :… : relative à la Franc-Maçonnerie ». Cette ‘lettre’ est signée Félix Arsène Billard, date de 1884 et se compose des pages 445 à 457 du recueil.
Effectivement, il s’agit d’un avertissement adressé aux paroissiens du diocèse de Carcassonne afin de les mettre en garde contre cette relativement nouvelle société humaniste qu’est la Franc-Maçonnerie. On y retrouve l’arsenal habituellement déployé dans ce genre d’exercice et tout pourrait paraître conforme aux idées politiques et religieuses du moment.
Cependant, à regarder de plus près, certains détails sont à souligner.
Par exemple, à la fin de cette ‘lettre’ (p. 454) Mgr Billard identifie la Franc-maconnerie comme l’héritière du catharisme et, de fait, elle doit être combattue comme l’a été cette religion au XIIe siècle: « Pourquoi les Francs-Maçons qui descendent en ligne directe de l’hérésie Albigeoise et qui ne sauraient renier leur filiation, ne seraient-ils pas aussi désarmés, vaincus, ou plutôt convertis ? »… puis suivent des commentaires tout aussi intéressants dans lesquels on retrouve, intimement mélangés, St Dominique, ‘l’antique serpent’, l’Immaculée Conception, Prouille, Lourdes, St François d’Assise et… St Vincent de Paul ! En bref, en moins d’une page, Mgr Billard souligne, sans en avoir l’air, bien des éléments qui nous sont chers lorsqu’on étudie ceux liés à la Sanch et ses rapports de cette dernière avec Bérenger Saunière !
Ensuite, nous trouvons tout au long du texte les exhortations de Monseigneur émaillées de multiples « Très Chers Frères » et « NTCF » (pp. 445, 446, 448 par deux fois, 450, 451, 452, 453)… Une remarque pourrait s’imposer … Mgr ne s’adresse t’il qu’à des hommes (Frères) en déconsidérant la gente féminine, oubliée dans cette mise en garde ? Les femmes, dans la religion, n’auraient-elles pas de place en cas de danger face aux Franc-maconnerie ?
De plus, il est tout aussi étonnant de constater qu’entre eux les Francs-maçons utilisent les mêmes termes (TCF)… Tout pourrait à ce stade n’être qu’un amusant détail… si, en première page, la lettre pastorale de Mgr Félix Arsène ne portait le N°… 33 ! Quel hasard, monsieur Lazare !!!
Bref, ça fait tout de même de quoi méditer, si on ajoute également que Monseigneur est affilié lui aussi à une société secrète (oui, mais religieuse !), la fameuse A.A., et qu’au sein de cette dernière il use du « Mon TCF » à chaque occasion de s’adresser à ses confrères, dont l’abbé Henri Boudet n’est pas un des moindres ! A cela nous ajouterons, pour provisoirement en finir sur ce document, que Bérenger Saunière, comme l’abbé Boudet, reçurent la ‘lettre’, comme chaque prêtre du diocèse… Que pouvait penser Saunière de cette mise en garde anti-maçonnique, lui qui fréquentait plusieurs de ces messieurs « TCF » dont la liste et les relations sont expliquées dans notre dossier Rennes-le-Château N° 5 ?…
Billard, en vigilant Monseigneur, était-il tenu de se montrer sévère d’une part… mais ‘fraternel’ (puisqu’il propose la conversion au fils de la ‘légion’) d’autre part envers ceux qu’il sait de son ‘bord’, ou au moins frères de recherche ou de savoir, et vers qui il lance discrètement des signaux d’apaisement ou de danger… Billard aurait-il joué sur deux tableaux à la fois et montré par cette ‘lettre’ quelques signes destinés à une autre fraternité à propos du secret qu’il partageait avec eux ? Qui pourrait, en tout cas, dire et affirmer le contraire ?
Bonne lecture !

André Douzet