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| Du sang sur la piste de danse |
La
production de ‘Bloodline’ a duré plus de trois ans…
C’est beaucoup quand on sait que l’annonce, dans les salles
de cinéma, était faite pour tenir la vedette sous forme d’une
prétendue réalité alternative au ‘Da Vinci Code’…
au moment où cette dernière production est présentée
dans les salles de cinéma du monde entier, au printemps 2006 !
Après une dernière année des plus embarrassantes au
cours de laquelle les dates de sortie sont reportées pitoyablement
les unes derrière les autres, Bloodline se révèle enfin
de manière retentissante et internationale… sous la forme de
deux seules projections dans deux salles de cinéma, une à
New York et la seconde à Los Angeles. Un public assoiffé de
révélations peut lire à l’affiche que «
BLOODLINE est l’enquête sur une rumeur populaire montrant Jésus
marié avec Marie Madeleine et tous deux s’enfuyant dans le
sud de la France avec leurs enfants. Dans une aventure digne de ‘Indiana
Jones’, le réalisateur Bruce Burgess et son équipe mettent
à jour une obscure société secrète, connue sous
le nom de Prieuré de Sion. L’investigation suit des indices
reliant les Chevaliers Templiers à la légende de Marie Madeleine.
Des messages secrets imbriqués dans le décor de la célèbre
église de Rennes-le-Château, en France, conduisent finalement
à des découvertes renversantes : un coffre enterré,
avec des artefacts datant de Jérusalem du 1er siècle, ainsi
qu’un tombeau caché rempli d’un fabuleux trésor
près d’un corps momifié drapé dans un linceul
portant une distinctive croix rouge ».
La sortie de ce documentaire, qui aurait pu profiter intelligemment de la
sortie du dernier film d’Indiana Jones, est en vérité
une lamentable dégringolade se situant parmi les plus petites sorties
de l’année. Son importance est proportionnellement inversée
au succès d’ « Indiana Jones et le royaume du crâne
de cristal » qui s’avère la plus colossale sortie
Paramount jamais vue… et sera probablement une des plus importantes
recettes de l’histoire du cinéma. Cette opposition souligne
combien s’est éloigné le sujet de Rennes-le-Château
tombé en totale désuétude ‘cinématesque’
depuis le matraquage publicitaire du ‘Da Vinci Code’ il y a
trois ans, au moment où Bloodline entame son laborieux périple
documentaire.
On
observe également comment l’astucieuse affiche racole en utilisant
toute la panoplie des termes porteurs, et prometteurs, du ‘Da Vinci
Code’ : Prieuré de Sion, Marie Madeleine… sans oublier
l’incontournable tombeau caché avec cette fois, en prime, un
corps momifié. Cette mascarade ‘sonne’ familier ; et
c’est bien là le problème ! Quand Bloodline entre en
scène avec le thème porteur de Rennes-le-Château, en
novembre 2005, c’est à grands coups de communiqués de
presse claironnant que ses producteurs, Bruce Burgess en tête avec
un palmarès annoncé de 1244 films (nombre établi pour
coïncider astucieusement avec l’année de la reddition
de Montségur), sont disposés à investir près
de 200 000 euros pour financer des fouilles dans la crypte sous la chapelle.
C’est aussi la première fois que la DRAC (administration civile
française en charge des découvertes archéologiques)
entre dans le débat puisqu’on lui demande ouvertement son opinion
sur la possibilité d’un tel chantier archéologique.
« Nous ne sommes pas totalement contre ce projet que nous ne bloquerons
pas uniquement par principe ». Si c’est bien là le genre
d’affirmation souvent faite pour attirer les investisseurs, quoi qu’il
arrivât ou ait été intentionné… pas le
plus petit pas n’a jamais été fait pour découvrir
ce que la crypte de Rennes-le-Château contenait !!! On peut seulement
conjecturer que l’argent – et les investisseurs – ne furent
pas au rendez-vous et, par conséquence, l’envergure de la production
dut être drastiquement réduite à sa plus simple expression.
A la place de la fabuleuse perspective, un grand nombre de personnes a été
interviewé, et certaines de ces interviews mises directement en ligne
sur le site Bloodline. Ajoutons que ce dernier, bizarrement, était
actif avant que tout schéma essentiel du film ait été
créé. Nous retenons, par exemple, un extrait vidéo
particulièrement divertissant avec le célèbre Alain
Féral qui, dans une déclaration atypique, affirme tout de
go que la crypte se trouve à quasiment 30 mètres sous l’église…
ce qui s’avère en complet désaccord avec ce qui est
connu sur la présence de la crypte, dont la localisation est après
tout sans le moindre mystère, ce dernier se bornant simplement à
ce qu’elle peut contenir.
Mais il y a encore pire, si faire se peut ! En effet, Burgess est ensuite
montré affirmant, devant la caméra, que Féral est vraisemblablement
entré dans cette cavité et en sait plus… en dépit
du fait que Féral nie catégoriquement avoir jamais pu y mettre
un pied! Après que plusieurs interventions se soient dressées,
arguments à l’appui, contre ces inepties, l’interview
disparut miraculeusement du site.
Ben
Hammott
Pendant
ce temps, partout où le moindre petit documentaire est en tournage,
il semble que Bloodline ait devancé par ses interviews, une personne
ou une autre concernées, sans vraiment jamais aborder, ni présenter,
le sujet du film. Cette absente chronique de fil conducteur semblait peu
à peu devenir un obstacle crucial. Le problème avec Burgess
se situe également dans le fait que vers 2005, avec la fièvre
Da Vinci à son paroxysme, toutes les prima dona de Rennes et du Prieuré
de Sion se sont vu interviewées au moins plus de cinq fois ! Cette
concentration rendait l’originalité des ténors de plus
en plus difficile… Burgess, comprenant la quadrature de sa difficulté,
décida de focaliser ses efforts sur ce qui restait ‘au fond
du tonneau’, c'est-à-dire ce dont personne ne voulait ou savait
faux. C’est donc sur des éléments délaissés
de tous que ce metteur en scène s’est rabattu, parmi lesquels
on reconnaissait Gérard Thom, Bill Kersey, Nicolas Haywood…
et surtout Ben Hammott. Ce dernier, malgré son fantaisiste pseudo,
connu précédemment sous l’autre sobriquet de Tombman,
affirme avoir trouvé un site funéraire phénoménal…
mais dont à vrai dire il prétend ne plus pouvoir se rappeler
l’emplacement ! On croit rêver !
Kersey est un autre personnage qui, des années durant, s’ingénie
à attirer l’attention des médias sur ces travaux de
recherches. Dans les années 1970, tout d’abord, il tente sa
chance avec Henri Lincoln et la BBC… Puis, plus récemment,
il essaie d’intéresser le président israélien,
en lui déclarant savoir où reposent la Ménorah et autres
artefacts du Temple de Jérusalem. Pour se faire, il affirme qu’il
y a trois grottes dans lesquelles réside le fabuleux trésor.
Cette délirante affirmation, dans le film Bloodline, est reprise
par Haywood « Membre du Prieuré », affirmant que la tombe
d’Hammott était en fait une des trois tombes. C’est la
foire d’empoigne qui commence !
Si
nous remontons à l’année 2006, nous trouvons Burgess
confronté à une alternative: présenter un documentaire
comme il en existe tant d’autres, ou essayer de faire quelque chose
« unique ». Ayant opté pour ce second choix, Burgess
se doit d’accomplir le tour de force d’accommoder des restes
de nourriture avariée rejetés par les autres… afin d’en
concocter une recette ‘quatre étoiles’ au guide Michelin
! C’est prétendre à une grande tâche vouée
à faillir par défaut d’éléments sérieux…
néanmoins, Burgess continue jusqu’à la déconfiture.
Tout d’abord, Burgess décide de coller fidèlement à
son habituel format de tournage pour de simples documentaires, plutôt
que de choisir une approche radicalement différente. C’est
ainsi que plusieurs séquences de tournage seraient supposées
s’inspirer du fameux « Blair Witch », et tout particulièrement
la « vidéo journal » de Burgess.
Mais ces éléments sont déjà de l’histoire
ancienne pour ce réalisateur semblant surtout vouloir s’intégrer,
s’impliquer lui-même dans ces ‘vidéo journal’
comme s’il voulait être plus acteur qu’enquêteur.
Quant à d’autres de ces substrats, on les situerait facilement
aux confins d’une forme de paranoïa hallucinatoire.
Début 2006, nous sommes au moment d’une manifestation, un 17
janvier, à Rennes-les-Bains ; il devint clair – sauf bien entendu
pour Burgess – qu’un certain G. Thom, considéré
comme prétendu détenteur de l’axe principal de ce documentaire…
n’allait, ou ne pouvait conduire, nulle part ! Pourtant, en février
2006, Thom prit néanmoins Burgess pour une vaste chasse à
l’oie, ou plutôt comme le théâtre d’une grande
chasse au Temple Salomon dont la localisation du site se déplace
alors au fil des jours. A ce stade, quand on voit comment l’excellent
documentaire « Les Mensonges Interdits » de Anna Broinowski
fut bien perçu, les producteurs disposaient du matériel idéal
pour parfaitement illustrer certains des mensonges les plus flagrants, et
les plus basses intrigues du mystère de Rennes-le-Château.
Hélas, cette formidable opportunité ne fut pas saisie et,
à partir de cet instant, Bloodline part irrémédiablement
en travers.
S’il y avait eu un script clair (mais il n’y en avait pas) Bloodline,
en 2006, en aurait été à sa troisième réécriture.
La « quête pour une fin positive » - laquelle de quelque
façon, bien sûr, correspondrait toujours avec le titre du film
! – conduisait dans la direction de Bill Kersey et d’un chercheur
anglais inconnu « Tombman ». Ce dernier, ensuite, affirme que
son nom est Ben Hammott, qui hélas est encore le pseudonyme dissimulant
sournoisement un certain Bill Wilkinson. Comme mentionné, quelques
années auparavant, ce dernier écrit sur des forums internet
en expliquant sa découverte d’un tombeau alors qu’il
laisse traîner sa caméra vers le sol, lors d’une randonnée
quelque part « près » de Rennes-le-Château. L’incroyable
se pose un peu plus tard lorsque, visionnant son enregistrement, il réalise
l’importance de ce qu’il vient de trouver inopinément,
mais qu’il semble incapable de relocaliser… Cette pénible
incapacité s’estompe cependant très vite et, par miracle
(comment dire autrement), l’intention d’un documentaire permettant
de flatter son égo semble faire retrouver la mémoire du formidable
Ben Hammott. Mais le grotesque n’est pas encore à son comble
car voici qu’il révèle, lors d’une réunion
du « Groupe de Rennes », avoir mis à jour le flacon et,
l’ouvrant devant son auditoire médusé… il affirme
que c’est une bouteille cachée par Saunière. Cette allégation
mérite qu’on se demande comment cet ‘extralucide’
peut savoir à l’avance ce détail des plus troubles,
vu qu’il n’avait jamais ouvert la bouteille auparavant et que
le mystère de Saunière n’a jamais eu de connexion avec
des bouteilles sauf, bien sûr, pour les vins et spiritueux. Quand
notre fakir de service montre le flacon magique, non seulement peu de personnes
dans l’honorable assemblée sont impressionnées mais
certaines clament que c’est une fraude éhontée. Bien
entendu, à ce stade, nous concédons encore que « Ben
» puisse être assez naïf pour simplement être victime
d’un canular mal ficelé.
Avant le tournage du documentaire, les producteurs s’étaient visiblement appliqués à prier intensément Ste Claire d’Assise -sainte patronne de la télévision- de leur être bienveillante car « un tombeau caché » ignoré des ‘fabricants’ de documentaires était jusqu’ici une bénédiction des dieux pour cette présentation. Mais la sainte patronne veillait sur ses ouailles car le meilleur est encore à venir. En succession rapide – et filmée – Hammott, tout à coup retrouvant toute sa mémoire, s’avère capable de trouver non pas une mais pas moins de trois ou quatre (car abondance de bien ne nuit pas !) bouteilles de plus. On se croirait dans une verrerie industrielle à la chaîne de fabrication des flacons… Il est vrai que Saunière ayant eu la réputation d’être un buveur remarquable, il ne devait plus savoir que faire des bouteilles vides ! Comme on peut le voir sur le site web de Bloodline, une de ces fioles est ouverte, dans des conditions de tel mépris de toutes règles que le moindre observateur averti les qualifierait de non conformes aux précautions et règles élémentaires de l’archéologie… mais bien adaptées au seul besoin d’un scoop ‘gratiné’ pour la caméra. L’attention des témoins est telle que le spectateur peut ne pas prêter attention à un détail des plus importants en matière de farces et attrapes en tous genres. En effet, peu avant l’ouverture du récipient, une personne de l’équipe d’Hammott s’exclame que la bouteille contient une clé, or… il n’y a aucun moyen, à moins de disposer de rayons X ou être médium, d’affirmer que la bouteille contient une clé… enveloppée comme elle l’est dans du papier ! Quand on regarde attentivement l’objet non déballé du papier, pouvoir dire ce que contient ce dernier, ou supposer qu’il enveloppe une clé est totalement invraisemblable. Ce qui semble logique au moindre témoin attentif, ou digne de foi, ne paraît pas poser d’obstacle à cette équipe pour le moins peu regardante sur l’honnêteté des faits. Il en est différemment si ce groupe de farceurs sait ce qui est dans le papier lui-même déposé dans le flacon… et cela pourrait expliquer la manière extrêmement nonchalante et ‘emboîtée’ avec laquelle les personnages traitent cette découverte qui ferait hurler de rire le moindre archéologue. En effet, l’ouverture et la mise à jour entière sont traitées comme une plaisanterie, tout comme les personnes présentes autour de la table se montrent tellement mauvais acteurs qu’ils ne peuvent donner l’impression de chercheurs authentiques à l’instant de savoir ce que contient le morceau de papier. A propos de ce dernier, il est indispensable de dire qu’il est revêtu de gribouillages en mauvais latin, en mauvais français, ainsi qu’une signature se voulant celle de l’abbé de Rennes-le-Château. L’ennui est que la ‘griffe’ écrit « Sauniére » (avec un accent aigu) et non Saunière avec un accent grave. Il est donc clair qu’il ne peut s’agir de la main de notre abbé qui, n’en doutons pas un instant, est réputé capable d’écrire son propre nom assez correctement !
Arrivons
maintenant au ‘tombeau de Bloodline’. L’un des gros problèmes
du tombeau est sa mise à jour et ensuite le fait qu’il n’y
avait pas de lien direct avec Rennes-le-Château, exception faite d’une
proximité physique. Dans cette affaire, on ressent un impérieux
« besoin de décoder » l’église de Saunière,
ainsi que les messages contenus dans les bouteilles opportunément
trouvées… Si jusque là ce ‘besoin’ cible
sur ces éléments, le dieu des découvertes semble juger
opportun d’élargir ses voies mystérieuses dans cette
affaire.
Bien que le documentaire mentionne énigmatiquement un tombeau, il
faut bien admettre que l’effet de battage du Da Vinci s’est
maintenant sérieusement éloigné des foules et des médias.
Aussi les distributeurs, ainsi que les réseaux de télévision,
ne montrent plus aucun enthousiasme vis-à vis d’un «
vrai tombeau » de Marie Madeleine, non localisé sous la Chapelle
sainte Roseline, mais apparemment en France où on prétendrait
pouvoir le trouver. Les producteurs intensifiant encore plus frénétiquement
leurs prières à Ste Claire, peut-être par lassitude
ou agacement, celle-ci semble enfin prête à leur accorder sa
pleine bienveillance et accéder à leur suppliques. Car voici
qu’après une longue année de nombreux reports de dates
limites manquées (connues en raison du fait que les producteurs les
proclamaient sans avoir signé de contrat de distribution), le film
est enfin miraculeusement programmé pour distribution… et pourrait
aussi bien avoir pour titre « Le Calvaire »… puisqu’il
occasionna du sang, de la sueur et sans aucun doute des larmes !
Enfin…
oui enfin, le 17 avril 2008, un communiqué de presse est produit.
Il sous-entend explicitement, mais toujours avec prudence, que le tombeau
retrouvé est vraisemblablement la tombe de Marie Madeleine. L’annonce
se veut fracassante car il est dit que les autorités françaises
alertées, et affranchies, vont bientôt fouiller le site phénoménal.
Si nous étions face à la vérité, il ne s’agirait
pas seulement d’une nouvelle majeure, mais également d’une
action en opposition à tout ce que l’on pourrait attendre de
telles organisations de l’Etat français en matière de
culture et de religion. En effet, sachant que si vraiment le corps de Marie
Madeleine était identifié comme étant en France, le
gouvernement de notre pays, conscient de bientôt bouleverser environ
un milliard de chrétiens dans le monde… aurait aussitôt
pris un train de mesures des plus sévères pour ce lieu sacré
et à la hauteur de la révélation. Or… il n’en
est strictement rien !
Et
maintenant, considérons la suite des réjouissances : «
L’équipe fut capable d’extraire quelques brins de cheveux
du corps, qui a subi un test par le Paleo-DNA Laboratoire de l’Université
Lakehead en Ontario, Canada. « Comme de plus anciens ou dégradés
échantillons, nous savions que notre meilleure chance pour des résultats
fructueux serait de focaliser nos efforts sur l’ADN Mitochondriale,
» disait l’analyste Renée Praymack Fratpietro. «
Nous étions capables de déterminer une origine maternelle
du Moyen Orient de l’individu basé sur l’information
haplotypante. Après que nous ayons découvert d’où
cet échantillon de cheveux provenait, nous réalisâmes
la signification de ce travail. »
Tout d’abord, nous avons là seulement la parole des producteurs
que ce cheveu soumis aux analyses provienne du tombeau… car admettons
bien qu’ils n’en seraient plus à un canular de plus ou
de moins à ce stade. Nous notons, sur ce registre, qu’aucun
archéologue officiellement attitré n’est présent
pendant le prélèvement du cheveu (mais, au fait, pourquoi
ne pas avoir pris un de ces messieurs pour témoin, ce qui aurait
définitivement entériné la découverte ?). Cette
absence incroyable invalide immédiatement et irréversiblement
toute ligne de preuve. Comme tel, aucun cheveu du tombeau pourrait n’avoir
jamais été pris… ou pourrait fort bien, en cours de
route, avoir été substitué par un échantillon
du système pileux d’une employée égyptienne ou
d’une serveuse lors d’un dîner d’Oklaoma. Sur ce
registre, nous avons encore plus fort. En effet, lors d’un contact
avec le journaliste Joseph Brean, Steve Ftratpietro déclare que les
résultats sont on ne peut moins concluants : « Même le
sexe du corps était incertain, bien qu’il fut tracé
à un groupe génétique originaire du nord du Moyen Orient
et qui se répandit en Europe. »
Ensuite, nous avons ceci qui retient notre attention : « Le commissionnaire
de la DRAC de la région, Jean-Pierre Giraud disait : « Ceci
est certainement une découverte très intrigante, mais c’est
encore trop tôt pour dire combien c’est important. Nous avons
besoin de faire une étude complète du site pour déterminer
l’âge du corps et des autres éléments du tombeau.
Le département archéologique de la DRAC-LR [Languedoc-Roussillon]
poursuivra son examen du site dès que l’accès aura été
rendu possible. ».
C’est au cours de la seconde visite qu’apparemment Burgess prend
contact avec la DRAC. Mais cette fois, après tant d’incohérences,
peu de personnes peuvent croire que la DRAC se soit impliquée. C’est
à la suite de contacts, de notre part, avec monsieur Giraud que se
révèle une réalité quelque peu différente
que celle citée par Bruce… à son avantage évidemment.
Giraud nous explique que Bruce Burgess et « Ben Hammott » vinrent
le voir, lui montrèrent une courte vidéo, puis partirent dans
la foulée et sans autre forme de procès. La chose suivante
qu’il entendit, nous explique-t-il, est une requête afin de
vouloir faire une déclaration qui est celle ci-dessus. Depuis, il
n’entendit plus jamais parler des deux individus qui se gardèrent
bien de poursuivre la démarche, vu qu’ils avaient obtenu ce
qu’ils voulaient : une vague déclaration qu’ils ‘torturèrent’
de telle sorte qu’elle aille dans le sens de leur canular. J.P. Giraud
nous a clairement confirmé qu’aucun dossier n’a jamais
été ouvert ni aucune déclaration de découverte,
comme le veut la loi française en matière de mise à
jour… ni qu’il ne put fait une inspection du site, malgré
ses demandes réitérées. C’est quelque peu, le
moins qu’on puisse dire, en complet désaccord avec la déclaration
de Burgess claironnant, sans la moindre honte, que « des plans sont
maintenant en route pour un examen de grande envergure ».
Ainsi,
nous en sommes à ce constat : nous sommes, quasiment de force, amenés
à croire que ce site ‘pourrait’ être le tombeau
de Marie Madeleine… ou du moins une antique sépulture très
importante. Ajoutons que, selon les dires de ‘l’inventeur’,
cette découverte faite il y a quelques années, Hammott n’a
jamais pris la précaution d’informer la moindre autorité.
Mais ce n’est pas, en fait, le vrai problème, vu qu’il
n’y avait rien à déclarer ! C’est seulement en
2007 qu’il se décide à prévenir l’administration
concernée, en raison du fait qu’à ce moment il veut
l’intégrer dans un documentaire. On observe qu’au lieu
de faire une déclaration officielle de découverte, certes
impossible puisqu’il n’y a rien de réel, le personnage
s’exprime d’abord sur le Net et ensuite montre aux archéologues
une vague vidéo depuis laquelle il sollicite une citation officielle
(sujette à caution) et ne se représente plus jamais à
la DRAC, et pour cause, de Montpellier ! Est-ce là la conduite d’un
homme qui croit que c’est potentiellement le plus important de découvrir
les origines du Christianisme ? A la place de ce qui est évident,
nous avons tous les signes révélateurs d’une chasse
à la citation : vous interloquez les gens avec un événement
majeur, et ensuite vous leur demandez un commentaire, un avis, que vous
utilisez à vos fins et puis vous méprisez, en les rejetant,
ceux que vous avez dupés.
Contactés pour des commentaires sur les éléments ci-dessus
impliquant la DRAC, les producteurs de la Bloodline déclarent : «
Nos accords avec la DRAC ne sont pas des discussions publiques, tous comme
leurs propos ou les nôtres. La seule chose importante est la recherche
sur le terrain et les analyses du tombeau lui-même. Toutes ces informations,
vous en serez informés en temps voulu. Vous comprenez sûrement
que c’est ainsi que les choses doivent être faites. Nous sommes
prudents avec raison sur ce que nous disons parce qu’il semble y avoir,
dans la communauté de Rennes-le-Château, ceux qui ne reculeront
devant rien pour détruire les recherches et les travaux qui ne sont
pas les leurs. La découverte de Ben mérite d’être
pleinement examinée par la DRAC, et autres, sans interférence
de quiconque». Si vrai, nous pouvons seulement nous demander pourquoi
les producteurs de la Bloodline mettent particulièrement une déclaration
de la DRAC dans un communiqué de presse, qui est sûrement prévue
être « pour une discussion publique » ? Mais peut-être
certains sont moins égaux, ou à la hauteur, que d’autres.
Nicolas
Haywood
Ce
qui nous amène au Prieuré de Sion, le mot à la mode
en la matière. En fait, au début, Bloodline semble se tourner
vers le Prieuré, comme son titre même le suggérait :
le Prieuré comme protecteur de la Bloodline, lequel, nous le savons
tous, protège le thème si nous adhérons au rapport
imaginaire de Brown.
Alors, qu’est-ce qui est tout à coup ‘parti de travers’
? Pour commencer, il y eut les interviews usuelles avec Gino Sandri, ce
qui est difficilement un scoop puisqu’en fait un documentaire sans
lui est plus rare qu’un avec lui ! Ensuite, nous trouvons un individu
mystérieux, non identifié de préférence car
ça fait plus mystérieux, déclarant haut et fort être
membre du Prieuré de Sion. Toutefois, au moment de la sortie du film,
il était identifié comme Nicolas Haywood. Pour une organisation
supposée être secrète, c’était visiblement
hors nature ! Comme évidemment il n’y a pas de Prieuré,
Haywood ne peut pas en être un membre… tout comme n’importe
qui peut s’en réclamer sans le moindre risque, ou mieux encore,
se créer, s’il le désire, son petit Prieuré de
Sion portatif et individuel.
Nous savons qu’Haywood, autrefois, végétait autour d’un
individu d’origine écossaise prétendant en être
ni plus ni moins le Grand Maître. Ce dérisoire faux privilège
inspira semble-t-il Haywood d’en faire autant. En écoutant
son interview, encore disponible sur le site web de Bloodline, il est clair
que le Prieuré accompagnera toute chose que vous voudrez lui attribuer,
aussi longtemps qu’il rend Haywood encore plus mystérieux.
C’est une technique dont il pourrait s’être indirectement
inspiré de celle de l’impayable Gino Sandri.
Mais
ce n’est pas encore tout ! Dans une interview, Burgess déclare
comment il prend en charge certaines recherches après que ses conseillers
historiques (ou se prétendant tels) lui aient conté tant de
fadaises sur l’histoire fascinante du ‘Da Vinci Code’
de Brown afin de présenter comme vraie cette fiction romanesque.
Pour ce faire, ces messieurs experts en tricheries exposent « une
accumulation de preuves » démontrant que la lignée de
Jésus et Marie Madeleine existe dans un tombeau sous une église
française. Ceux-ci pourraient être le même type de rêveurs
que ceux venant à Rennes-le-Château en demandant aux villageois
de leur indiquer dans quelle maison exactement vivait Marie-Madeleine !
Mais comme nous allons de plus en plus fort, écoutons encore notre
metteur en scène expliquant: « qu’il pensait avoir fait
une découverte fondamentale après que Lord Lichfield offrit
de lui montrer des documents vitaux » qui aideraient la recherche
du documentariste d’opérette. Hélas, le membre de la
famille royale fut trouvé mort en novembre 2005. A ce propos, dans
le nouveau film palpitant, présenté en Amérique ce
mois de mai 2008, Burgess dit qu’il s’agissait là d’
« Un homme que nous allions rencontrer, Lord Lichfield, mourut la
nuit dernière au cours d’une réception. Apparemment
il mourut d’une hémorragie cérébrale. Il allait
nous montrer quelques papiers qu’il avait rattachés au Prieuré
et tout ce mystère ».
Nous avons, bien sûr, seulement la parole de Burgess pour étayer
cette affirmation. Et pour tout ce que nous, et Burgess, savons, les documents
vitaux pourraient avoir été la preuve que le Prieuré
n’a jamais existé !!!! Ce qui est loin du sens sous-entendu
par notre metteur en scène. Ce dernier confesse ensuite « qu’il
n’a pas idée si Lord Lichfield était, à vrai
dire un membre du Prieuré de Sion, mais il a vu que ce dernier avait
une copie des Bergers d’Arcadie de Nicolas Poussin dans son bureau.
La peinture passe pour être une image codée que tous les membres
du Prieuré de Sion chérissent ». A ce stade, le grotesque
atteint ses plus hauts sommets, car n’importe qui ayant le strict
minimum de connaissance sur l’histoire de Rennes-le-Château
sait que cela est inventé pour la circonstance. Dans ce même
ordre d’idée, notez que j’ai une image de Jean le Baptiste
et de Léonard de Vinci dans mon salon. Cette représentation,
selon « La Révélation des Templiers », forme la
base du ‘Da Vinci Code’ et tient encore plus de clés
et d’importance pour le fameux Prieuré fantoche que la peinture
de Poussin. Est-ce que le fait que cette peinture soit dans notre salon
fait de nous un des plus hauts nautoniers hiérarchiques du Prieuré
?
Tout
mythe, celui de Rennes bien plus que d’autres, est basé sur
des insinuations. Pour exemple, prenez celle-ci : « Bruce, avec sa
casquette de documentaliste découvrant (on se demande comment) que
son téléphone cellulaire et ses téléphones d’hôtels
sont branchés sur table d’écoute pendant son enquête,
apprend également que trois hommes ayant récemment transmis
des papiers révélateurs, liés au Prieuré de
Sion à un libraire, furent tous trouvés morts dans les 24
heures ». Il y a bien sûr de bonnes raisons pour lesquelles
le téléphone de Burgess aurait été mis sur écoute,
pour toutes les conséquences normales, y compris celle d’agences
de renseignement réfléchissant sur cet homme qui précédemment
entra à toute vitesse dans la « Zone 51 » pour obtenir
quelques séquences pour un documentaire sur les OVNI… Ce dernier
dépendant de la vague d’un autre film à grand succès,
« Independance Day », il serait normal que ces services d’informations
se demandent de quoi pourrait être capable maintenant son auteur.
« Trois hommes qui récemment transmirent des papiers révélateurs
» est bien entendu un thème donné en référence
aux documents du Serpent Rouge, déposés en 1967, bien qu’il
soit difficile de considérer une trentaine d’années
plus tôt comme un moment « récent » ! Les raisons
du film imposent de ne pas prendre ce genre de chose en compte. En outre,
il est notoire que les noms de ces hommes morts furent liés plus
tard à l’énigme de Rennes-le-Château, la déposition
elle-même ayant été faite après leur mort…
rendant impossible le fait qu’ils fassent l’enregistrement légal
eux-mêmes !
Poursuivons notre chemin de croix en compagnie de Bruce nous expliquant
que la mort soudaine de Lord Lichfield lui donne à réfléchir
: « Si des membres du Prieuré ont été tués
pour empêcher que des informations soient révélées,
alors il est possible qu’ils essaient de m’arrêter aussi.
» Ainsi, tout d’un coup, la révélation nous est
donnée en pleine lumière : Lichfield est apparemment devenu
brutalement un membre du Prieuré ! Notre guide feignant la surprise
nous amène astucieusement à deviner, en frissonnant d’horreur,
qu’il ne s’agit pas d’un accident naturel mais bel et
bien d’un ignoble assassinat. Le Prieuré de Sion venant de
frapper à nouveau, Bruce serait la pantelante victime suivante !
Certes, on est admiratif devant le courage affiché face aux tueurs
du Prieuré… Pourtant cet héroïque tableau se ternit
assez vite si on considère que Burgess prit plusieurs années
pour faire ce documentaire… et que les redoutables spadassins du Prieuré
auraient eu amplement le temps de le tuer plus de cent fois, tout particulièrement
en 2007, quand il cherchait un distributeur. Il semble, fort heureusement
pour notre héros, que sa peau n’intéresse personne ou
encore que les armes se soient enrayées, la dynamite humidifiée,
les poisons éventés ou les bolides lancés sur les passages
pour piétons en panne d’essence. Le problème fondamental,
bien sûr, est qu’il n’y a pas plus de tueurs que de Prieuré
fantoche ici ou…« là-bas »… tout simplement
parce que ce documentaire est aux antipodes de pouvoir révéler
quoi que ce soit !
Quant
à notre Indiana Jones de service, nous voulons dire Bill Wilkinson,
on est en droit de se demander s’il trouva, ou non, le moindre tombeau
? Suivant le communiqué de presse, les bureaux de la DRAC à
Montpellier furent inondés de coups de téléphone…
ce qui aurait laissé l’équipe pas très contente.
Notons, à propos, que le tombeau a publiquement, avec force tapage,
été relié à Marie Madeleine, et que si les archéologues
avaient été appelés à la rescousse, comme c’eut
été légal, ils auraient probablement évité
toutes séquelles ou détériorations à ce site.
Quant à ce cheveu, coupé en quatre, il est évident
qu’en cas de vérité il aurait été prélevé
sans autorisation et d’une manière particulièrement
arbitraire, pendant que les lieux auraient été irrémédiablement
violés et sacrifiés… uniquement pour les besoins d’un
douteux documentaire de troisième ordre. Admettons, sans crainte
de se tromper, que tout ceci a dû être bien mal accueilli par
les autorités et soulever quelques sanctions, bien méritées
au demeurant.
Ainsi, qu’il y ait ou non un tombeau, nous ne le saurons vraisemblablement
pas dans un proche ou lointain avenir ! Cela, bien entendu, n’a pas
vraiment d’importance. Le documentaire a réussi, et réussira
d’autant plus facilement que le temps passera, à ajouter une
nouvelle histoire fascinante, par son ridicule, aux yeux des mythomanes
de Rennes-le-Château. Peut-être, dans ces derniers, Wilkinson
prend-il place au premier rang. Et, dans cet ordre d’idée,
on pourrait après coup nous montrer que si les autorités françaises
n’enquêtent jamais… et bien, c’est tout simplement
en raison des énormes pressions exercées sur eux par le Prieuré
de Sion aux plus hautes instances de notre gouvernement… pour protéger
son impossible secret !? Parce que, si le Prieuré de Sion est
bel et bien là pour s’assurer que ce secret ne soit jamais
révélé – dixit leur prétendu porte-parole
Nicolas Haywood – ses représentants ont visiblement fait quelques
sérieuses bévues que quelqu’un devra bientôt redresser.
Cependant, si ce documentaire n’obtint jamais que d’être
projeté dans deux salles, peut être est-ce aussi, sans aucun
doute, une partie du phénoménal pouvoir du Prieuré
de Sion, faisant pression sur les distributeurs pour s’assurer que
« le secret » ne soit pas divulgué… ou alors le
plus faiblement possible?
Nous finirons sur les propos d’un critique, particulièrement
lucide, commentant le documentaire : « Il n’est non plus jamais
expliqué pourquoi une société secrète placerait
des lettres et documents dans des archives publiques si ils sont, effectivement,
une société secrète. » Il pourrait, effectivement,
y avoir une raison à cette remarque, mais il semble bien qu’elle
soit le cadet des soucis des intérêts de Bloodline, peu pressé
de le découvrir.