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Brenac Les peintures du plafond de l’église de Brenac |

Qui
est à l’origine des décors ?
Le
décor intérieur de l’église de Brenac serait
dû, en majeure partie, à l’initiative de l’abbé
Courtade qui aurait été d’ailleurs auteur et artisan
de la plupart des œuvres (sculptures, statues, chaire tableau, fresques
des chapelles) agrémentant l’ensemble du bâtiment.
Mais qu’en est-il pour la plupart des peintures ornant l’édifice
? Sommes-nous là aussi devant le fruit de ses volonté et réflexion
(forcément) en la matière ? Quoiqu’il en soit, il ne
peut-être qu’intéressant d’en prendre connaissance
avec attention.
Pour le moment nous ne savons rien sur l’ancienne décoration
des murs et du plafond de l’église. Il se peut tout simplement
qu’il y ait eu des parements de pierres pour les murailles et une
charpente de bois doublée d’un lambris sans ornementation.
Il est tout aussi possible que l’ensemble de l’intérieur
ait été recouvert d’un enduit coloré ou agrémenté
de motifs ou scènes. Actuellement nous en sommes encore au stade
d’une recherche documentaire (archives départementales locales
et religieuses) sans grand résultat.
Un
aperçu chronologique extérieur
Le
plan de l’édifice et les détails architecturaux visibles
de l’extérieur nous apportent déjà quelques précisions.
Une sorte de chronologie de construction, tout d’abord, semble se
détacher de l’ensemble du bâti. Le chœur en demi-cercle
est de toute évidence
la partie la plus ancienne de l’église. Rappelons qu’on
peut y distinguer l’ancienne litre s’arrêtant au remaniement
de la nef. La nef dut être agrandie un peu dans sa largeur, et considérablement
dans sa longueur. Pour cette dernière, on remarque au moins deux
étapes de progression légèrement différentes
en raison d’appareillages de différentes factures. Ces reprises
semblent d’ailleurs se trouver à hauteur des travées
de nef pour l’intérieur ce qui serait d’une logique indiscutable.
Une
vue de l’intérieur et une nef mal répartie
A
présent regardons le plan intérieur de l’église.
Pour le chœur, le réaménagement se fera en obstruant
les 3 anciennes ouvertures au bénéfice d’un enduit décoré
entièrement et divisé en cinq panneaux historiés sous
forme de rinceaux décorés. Nous reviendrons sur ceux-ci plus
loin.
La nef est maintenant divisée en quatre travées distinctes
mais irrégulières. Les deux premières en entrant semblent
de la même longueur que la dernière. La troisième est
par contre nettement plus courte. Il est possible que cet écart de
dimension soit une information de la première longueur de l’église
primitive. L’agrandissement du vaisseau aurait pu se faire , pour
la seconde partie près de l’entrée actuelle, ultérieurement…
Puis il y eut une dernière étape composée de l’aménagement
du porche d’entrée permettant d’installer une chapelle
de chaque côté de cet accès.
Nous savons que le porche a été réalisé en 1837
et ce sera pour l’instant la seule certitude en la matière.
C’est en 1809 que Mgr de Laporte constate l’état catastrophique
de la toiture de l’église et celui déplorable de l’intérieur.
Courtade
auteur des peintures ?
La
brochure, à propos de l’église de Brenac (1993), nous
dit qu’en « 1843, la décoration intérieure est
décidée : le plafond de la nef est orné de panneaux
peints richement décorés de rinceaux… ». Pourtant
d’autre part nous apprenons que ce serait justement l’abbé
François Courtade qui serait à l’origine des motifs
du plafond de l’église et en serait même l’auteur.
Cependant il y a un petit problème de date. Si l’abbé
Courtade arrive à Brenac le 10 mai 1848 il ne peut être le
réalisateur des peintures de 1843… A moins évidemment
que la date de 1843 soit seulement celle d’une décision en
attente de réalisation qui se serait faite en 1848 ? Là encore
nous cherchons qui aurait pu être mandaté pour ce travail si
ce n’est pas l’abbé Courtade. De toutes façons
la réalisation d’un travail à une telle hauteur demandait
obligatoirement un important échafaudage qui ne pouvait pas passer
inaperçu et ne pouvait pas, en tous cas, provenir de la caisse à
peinture d’un curé aussi motivé soit-il. Ce genre d’appareillage
provenait forcément d’un professionnel et doit avoir laissé
des traces écrites ou comptables. C’est ce que nous cherchons
actuellement.
Les
peintures du plafond
Quoiqu’il
en soit, l’information de Courtade auteur des peintures provenant
de monsieur le maire de Brenac nous pouvons la prendre sérieusement
en considération et l’admettre pour juste. De plus la teneur
de ces peintures est telle que si elle provenait d’une autre source,
cette dernière n’en serait que plus intéressante et
intrigante.
Et ces peintures effectivement ont de quoi retenir toute notre attention.
Elles se répartissent en espaces rectangulaires délimitant
chaque fois un décor lisible selon un sens défini depuis la
base de voûte. Les décors s’opposent donc par la ligne
de faîtage du plafond arqué.
Dans notre travail nous définirons arbitrairement les travées, depuis l’entrée, en I – II - III - IV. Ensuite dans chacune de ces travées les illustrations (4) seront numérotées 1, 2, 3 et 4. Pour la travée étroite (III) nous trouvons deux illustrations, donc 1 et 2. La lettre G identifiera, en plus, le côté gauche et D le côté droit.
L’illustration se présente chaque fois sous la forme d’un
rectangle dont la longueur correspond à la largeur de la travée.
- Ceci est valable uniquement pour les travées ‘larges’.
Dans ces dernières on trouve quatre rectangles décorés
répartis également en 2 X 2 équilibrés suivant
l’axe général de la nef.
- Pour la travée ‘courte’ on trouve seulement deux rectangles
répartis selon un de chaque côté de l’axe du plafond.
Le rectangle ici a donc sa largeur égale à celle de la travée.
Le sens de lecture est aussi depuis la base de la voûte.
- Ainsi sur toute la longueur aucun motif ne se trouve dans l’axe.
Il s’agit dans les trois travées de même dimension (1,2
et 4) de sujets tenus dans des médaillons ronds pris dans un décor
filiforme de style baroque au nombre de 4. Dans la travée courte
(3) les dessins sont pris dans un médaillon ovale et seulement au
nombre de 2.
Le plafond est de couleur blanchâtre. Le décor de l’ensemble
des médaillons est toujours sur fond intérieur noir et dans
des tons allant du jaune au brun roux en passant par les orangés.
Deux scènes comprennent en plus de la couleur rouge sang ( travée
II – 2 et travée III-2D).
Travée
I
1G |
2G |
4
médaillons décorés ainsi :
1G : un pélican nourrissant de son sang ses quatre petits. Au-dessus
de la scène se trouve un IHS d’où partent trois rayons.
Une croix surmonte la barre horizontale du H.
2G : une tour surmontée de 6 créneaux et ornée d’une
porte. Un palmier et des taillis assurent le décor végétal.
La tour est formée d’un appareillage de…17 rangs de pierres.
La moitié de la tour est dans l’obscurité et pour la
partie éclairée on distingue… 33 pierres dorées
(bel hasard !).
3D : d’une étoile en haut partent seize rayons de lumière
sur lesquels se trouve une ancre de navire.
4D: un aigle ( ?) survole 7 formes pouvant suggérer ses petits ou
des flammes. Au-dessous se trouvent deux cœurs flamboyants, celui de
droite étant entouré d’une couronne d’épines.
Le tout est disposé sur des nuages.
3D |
4D |
Travée
II
1G |
2G |
4
médaillons décorés ainsi :
1G : un bateau à voile, dont le mât est surmonté d’une
croix. Dans l’embarcation un personnage assis contre le château-arrière
semble tenir une pièce dans sa main gauche. Au-dessus une nuée
d’où sort un triangle, pointe en haut, irradiant sur la scène
17 rayons de lumière.
2G : une sorte de tombeau orné d’un crâne et deux os
longs. Sur le dessus deux croissants se terminent vers un tabernacle sur
lequel un oiseau saigne abondamment (notons que c’est un des deux
décors où est utilisée la couleur rouge vif). En haut
un triangle, pointe haute, rayonne à 360° sur cet ensemble.
3D : sur la nuée, un triangle doré d’où tombent
des rais de lumière sur un chien (ou un loup) ayant de chaque côté
deux oiseaux. Les animaux regardent vers le haut sous la nuée une
main ouverte.
4D : sur une couronne de 6 fleurs un triangle doré pointe haute d’où
tombent des rayons sur lesquels se trouve à droite une grande croix
penchée avec une couronne d’épines autour de la branche
d’en bas.
3D |
4D |
Travée
III (étroite)
1G
: dans une nuée une grande croix haute avec trois cœurs flamboyants.
Celui d’en haut (à hauteur de la barre horizontale) est entouré
d’une couronne d’épines et les deux du dessous sont percés
d’une sorte d’épée ou poignard. En haut de la
croix un phylactère avec : « IN HOC SIGNO VINCES ».
2D : une croix haute entourée des instruments de la passion : échelle,
lance, éponge, trois clous, marteau, tenaille, fouet, verge et deux
points jaunes ronds non identifiés. On note, en haut de la croix,
l’écriteau ou habituellement on trouve les lettres «
INRI »… ici on lit « NRJ. » ; il est possible que
la dernière lettre soit un I mais il est présenté autrement
(regarder le haut et le bas). A l’épicentre de la croix on
distingue bien une sorte de soleil brillant jaune vif. La croix et les objets
sont surlignés sur la droite d’un trait rouge.
1G |
2D |
Travée
IV
1G
: seulement un cœur flamboyant.
2G : un calice orné sur le devant d’une sorte de cabochon rond.
Un cercle jaune vif commence et s’arrête vers la partie ‘coupe’
du calice. Dans le cercle le triangle sur la coupe rayonne circulairement.
3D : une Arche d’Alliance surmontée de deux anges agenouillés,
leurs ailes déployées hautes. Derrière, en croix de
St André, les deux barres de transport de l’arche. Au-dessus
un disque doré rayonne circulairement sur la scène.
4D : seulement un cœur transpercé.
2G |
3D |
Observation
rapide
Sur
14 médaillons nous dénombrons surtout :
- 7 ‘cœurs flamboyants’.
- 3 fois la croix.
- 3 Textes ou lettres rassemblées : ‘IHS’, ‘NRJ.’,
‘IN HOC SIGNO VINCES’
- 5 triangles rayonnants toujours pointe en haut.
Si ces scènes peuvent avoir des interprétations symboliques
liées à des références religieuses, à
aucun moment cependant on peut signaler un personnage particulièrement
religieux.
Des
liens avec l’église de Rennes-le-Château selon Saunière
?
Y aurait-il dans ces décors des relations à faire avec des éléments voulus et tenus à Rennes-le-Château par l’abbé Saunière ?
Les
armoiries de Mgr Billard au porche de l'église de Rennes-le-Château
Par
exemple le médaillon (travée II-1G) pourrait bien ressembler
à l’illustration du blason de Mgr Félix-Arsène
Billard inscrit au porche de l’église de Rennes-le-Château…
par Bérenger Saunière ?
Tout comme une attention particulière au ‘Sacré Cœur’
représenté par 7 fois à Brenac et que l’on peut
admirer dans le double vitrail de la villa de Saunière…
Ensuite, la seule phrase, en latin, écrite dans l’ensemble
des médaillons du plafond de l’église de Brenac est
« IN HOC SIGNO VINCES ». Serait-ce un rappel de cette même
devise qui se trouve à l’extérieur au sommet de la sculpture
faîtière du porche de l’église de Rennes-le-Château...
voulue par Saunière ? et qui se retrouve en français cette
fois au-dessus d’Asmodée ?
Vitrail
Sacré Coeur dans la villa de Saunière
Certes, il serait maladroit d’affirmer un lien depuis trois éléments
similaires pour justifier un savoir partagé entre les églises
de Brenac et Rennes-le-Château -et surtout par leurs curés-,
pourtant c’est une possibilité à ne pas totalement négliger.
Et nous ne serions pas les seuls à entrevoir cette possibilité
déjà sérieusement approchée par les liens de
la famille Courtade sur près de 3 siècles, comme nous l’avons
vu au tout début de ce travail. En effet, pour s’en assurer
un peu plus, il suffit de reprendre les ouvrages de messieurs Urbain de
Larouanne (Géographie Sacrée du Haut-Razès en 1981)
et H. Elie (‘A la Gloire de Jésus-Christ’1983 et ‘Ouverture
sur l’invisible’ 1986)… sur lesquels nous reviendrons
au dernier volet de ce travail.
Nous ajouterons également que la technique de représentation
des médaillons de Brenac se rapproche par plusieurs autres détails
des fameux médaillons alchimiques dans la grande nef de Notre-Dame-de-Marceille,
près de Limoux!