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Brenac Le chœur à ses peintures que la peinture ignore |
Pour
achever la visite de l’église de Brenac il nous reste maintenant
à parcourir les peintures de la dernière partie de l’église
: le chœur. Ces représentations se disposent en deux parties
distinctes : sur le plafond de la coupole et sur les murs. Sur ces deux
étages la répartition se fait en cinq volumes, chacun illustré
de différents motifs.
On observe que le choix des thèmes et sujets est maintenant différent
de celui du plafond de la nef. Ce dernier était composé d’éléments,
représentations d’objets religieux symboliques sur fond noir
toutefois sans thème particulièrement suivi.
Dans
le chœur le choix est tout autre
-
Pour la partie ‘basse’, demi-circulaire des murs, on trouve
cinq volumes nettement détachés les uns des autres chaque
fois par deux minces colonnes jumelées. Dans ces espaces, celui du
centre est occupé par un Christ en croix pouvant avoir servi lors
de processions. Les quatre autres compartiments sont décorés
des quatre évangélistes classiques : de la gauche vers la
droite : St Jean , St Marc, St Matthieu et St Luc.
- Pour la partie ‘haute’, en coupole, la division est également
de cinq compartiments. Le décor représente 3 personnages encadrés
par … les tables de la loi. L’ensemble est ainsi réparti
de la gauche vers la droite : les Tables de la Loi (première partie),
un personnage avec un calice, un autre semblant tenir un bâton, un
troisième avec un cœur rayonnant et enfin la seconde partie
des Tables de la Loi . Le centre de la coupole est orné d’un
triangle ocre rouge dans un soleil jaune sur fond bleu…
Les
choix de l’abbé Courtade
Là
encore il semblerait que ce soit l’abbé Courtade qui soit à
la fois l’instigateur et l’auteur de ces décorations…
du moins selon les dires locaux. En vérité, à mieux
observer le travail de peinture, on constate deux factures sensiblement
différentes pour le traitement des sujets du sanctuaire de l’édifice.
En effet la série peinte sur le mur semi-circulaire des évangélistes
est nettement plus naïve et dans un style différent de l’ensemble
des autres scènes du plafond, nef et chœur confondus. Cependant
nous précisons bien que le qualificatif ‘naïf’ apporté
à ces dessins n’est à aucun moment utilisé au
sens péjoratif. Au contraire pour nous il a le mérite d’être
clair et bien représenter les évangélistes en question.
Là encore les scènes s’inscrivent dans un cercle. Ajoutons
que si les fonds de rinceaux des décors ‘hauts’ sont
d’un bleu égal, le fond des médaillons ‘bas’
est un orangé uniforme pour les quatre personnages. Nous reviendrons
plus loin sur cette remarque.
Les
peintures de la partie ‘basse’
Saint Jean l’Evangéliste |
Saint Marc |
Nous
commencerons donc par cette partie ‘basse’.
De la gauche vers la droite :
- Saint Jean l’Evangéliste : sa main droite levée ouverte,
il présente à gauche, un livre ouvert près duquel apparaît
l’aigle emblématique du personnage. Est-ce un hasard si la
forme ample de sa tunique verte suggère un cœur ?
- Saint Marc : penché sur un grand livre bleu, il semble en poursuivre
l’écriture dans le geste de sa main droite levée tenant
une sorte de crayon. Derrière lui, à sa gauche on distingue
une étrange tête animale… forcément le lion symbolisant
cet évangéliste…
- Saint Matthieu : vêtu d’un manteau brun il présente
une page de sa main gauche et de la droite tient un petit personnage (l’Homme
ou l’Ange propre à cet évangéliste) assis montrant
lui aussi le même document.
- Saint Luc : appliqué dans la lecture d’un livre, également
bleu, il est le seul à porter la barbe et à ne pas élever
de main. A sa gauche se trouve le taureau qui le distingue.
N’oublions pas de rappeler le grand Christ en croix au centre du mur
de la nef entre saint Marc et saint Matthieu…
Saint Matthieu |
Saint Luc |
Des
peintures au-dessus de tous soupçons ?
Et
tout pourrait avoir été dit ici dans cette description des
évangélistes de Brenac. Cependant nous voudrions encore apporter
une remarque sur le décor de ces médaillons. Certes, sans
doute ce détail n’est guère signifiant mais il mérite
toutefois d’être souligné :
L’encadrement agrémentant chaque représentation de ces
médaillons circulaires forme une couronne de fruits… essentiellement
des poires ! Lorsqu’on sait l’aversion de l’Eglise pour
ce fruit on peut être pour le moins étonné de sa présence
par quatre fois répétée autour des évangélistes
classiques… Pourrait-il y avoir une autre idée qu’un
simple fruit de décoration ??? qui peut le dire ?
Afin de mesurer un peu plus la présence surprenante de ce fruit dans
le décor du sanctuaire reprenons ce qu’en dit la religion (dossier
RLC N°2 « Arques, ouverture sur un secret »).
« En raison de sa saveur agréablement sucrée et de son
suc abondant ce fruit symbolisait Vénus ou Aphrodite… aussi
sans doute par ses formes rondes et douces elle inspirait l’érotisme
symbolisant souvent la femme, l’amante, l’amour.
Pour la religion ce fruit n’est pas d’un bon symbolisme et ne
représente pas un modèle de droiture ou d’exemple à
suivre. Par contre la pomme qui coûta fort cher à Adam et Eve
se retrouve assez facilement dans un symbolisme facile et positif tous comptes
faits… »
Les
peintures de la partie haute
Pour
la partie haute (plafond) le style semble être le même que celui
des décors du plafond de la nef. Les scènes de cette dernière
et celles du chœur sont toutes inscrites dans des médaillons
et sur fond noir exclusivement. Cependant, les thèmes de la nef montrent
surtout des objets ou symboles religieux et le seul personnage s’y
trouvant représenté est celui assis adossé au château
arrière d’un bateau à voile (voir quatrième
partie de notre dossier – médaillon travée II 1G).
Dans le chœur nous voyons seulement des personnages au nombre de trois
et deux représentations des Tables de la Loi. Les sujets traités
ici le sont dans une vive polychromie contrairement au plafond de la nef
où les sujets sont tous dans une sorte d’harmonie sourde, mais
chaude, tenue dans la seule gamme d’ocre.
Les trois personnages, de la gauche vers la droite, sont difficiles à
désigner. Il ne peut s’agir de saints ou saintes car aucun
ne dispose de palme ou d’un objet significatif de son martyre…
Peu de chance aussi qu’il s’agisse des patrons de l’église
de Brenac au nombre de deux… Ajoutons que s’il s’agit
de représentants typiquement religieux ils ne disposent pas d’éléments
permettant une identification rapide et certaine. Peu de chance encore qu’il
puisse s’agir d’un ‘remplissage’ ou d’une
panne d’imagination hagiographique ou religieuse.
Alors… pourrait-il s’agir d’une sorte de rébus
? de jeu de piste ? d’indications conduisant à une information
réservée à une catégorie de personnes ‘averties’…
pourquoi pas.
Trois
personnages non identifiés vus de plus près
-
Premier sujet (à gauche): les traits du visage sont fins et il semble
qu’il s’agisse d’une femme représentée ici
(on peut deviner l’esquisse d’une poitrine sous le vêtement)
tenant ostensiblement un calice d’or de sa main droite d’où
dépasse une ostie… tandis que sa main gauche montre visiblement
l’objet. Le personnage est couronné d’un étroit
et court bandeau blanc lui retombant sur le front. Le plus curieux est un
autre bandeau translucide à hauteur des yeux. Ce ‘détail’
ne voile pas les yeux qui se distinguent nettement par transparence. Etrange
représentation d’un sujet ne pouvant voir ce ‘calice’
contenant le corps du Christ (selon la phrase rituelle) mais pouvant le…
tenir ou le posséder puisque son autre main invite notre regard dans
un sens précis … ou encore qu’il ne soit possible de
porter son regard sur ce sujet qu’à travers un voile ? Cette
vision serait-elle alors à comprendre comme dangereuse ou n’aborder
qu’en voilant le thème ? Il s’agit bien d’une sorte
de fin bandeau puisque le reste de ce dernier flotte derrière la
tête du personnage. Enfin nous pouvons compter trois ‘entourages’
décoratifs ou utiles : une mince couronne blanche sur la tête,
un bandeau et un large ‘collier’ argenté autour du cou
au niveau du vêtement blanc… coquetterie féminine ou
autre signification?
- Second sujet (au centre) : cette fois il s’agirait d’une sorte
de berger illustré ici, vêtu d’une tunique verte et d’un
manteau beige. Son visage est tourné vers le bas à sa droite.
Seule la main droite apparaît en nous montrant une direction vers
le haut. En suivant cette invitation nous distinguons une sorte de bâton
orné de ce que nous prendrions, de loin, pour un ruban noué
à son sommet. A regarder de plus près il ne s’agit pas
d’un ornement en tissu mais bel et bien d’un anneau très
clair. De plus on distingue nettement que ce ‘bâton’ est
en réalité une sorte de cône très mince finissant
en pointe avec une boucle au bout (donc pas une arme). Mais plus étonnant
encore à côté de ce ‘pique’ pointu se trouve
une grande flèche en forme de pointe de harpon courbée selon
la ligne de l’épaule du personnage. S’agirait-il d’un
pêcheur avec ses instruments, et si oui qui serait-il pour occuper
la place de choix au centre du chœur au-dessus du Christ en Croix ?
Que cherche t’il à nous montrer ? une pointe de harpon courbée?
De plus ce personnage ne comporte aucun signe précis martyrologique,
hagiographique ou religieux… De qui peut-il bien s’agir ? pourquoi
ne s’agirait-il pas ici d’une ancre de marine dont seule une
partie apparaîtrait ? Quel personnage masculin s’illustrerait
avec un symbole de navire… un armateur peut-être ? comme Joseph
d’Arimatie par exemple ?
- Troisième sujet : Il s’agit d’un sujet féminin
tenant dans sa main droite une sorte de cœur flamboyant à quatre
pointes sombres, là encore ostensiblement montré par la main
gauche du personnage qui est le seul à porter un voile blanc sur
la tête.
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Les
deux sujets encadrant les personnages
De
part et d’autre de ces trois représentations singulières
se trouvent non pas des personnages mais des représentations des
Tables de la Loi.
De prime abord on peut supposer qu’il s’agit d’une représentation
des fameuses Tables de la Loi que Moïse reçut de Dieu.
Dans un périmètre rectangulaire, et sur fond bleu, sont représentées
les Tables de la Loi tenues par des sortes de griffons. Au-dessus de cette
scène un aigle semble tenir entre ses ailes un livre ouvert avec
une simulation d’écriture. Le tout est entouré d’arabesques
baroques dans le style de la ‘chapelle miraculeuse’. Déjà
la présentation sous forme de peintures murales des Tables de la
Loi est en elle-même peu commune et mérite d’être
soulignée.
Première remarque : ces ‘Tables’ sont présentées
en deux groupes de deux tables. Elles contiennent en réalité
seulement des nombres écrits en chiffres romains superposés.
A aucun moment on ne distingue le moindre texte se rapportant aux commandements
ou commentaires sur la question. Certes entre les ailes des aigles des ‘écritures’
semblent être simulées mais les écrits bibliques ne
mentionnent nulle part un livre en lieu et place des Tables de la Loi…
ou des commandements.
Tables
de la Loi ou… loi d’une Table ?
Nous pourrions en rester effectivement à cette représentation
et ne pas aller plus loin. Cependant si ces peintures sont l’œuvre
ou l’intention d’un prêtre comme l’abbé Courtade
plusieurs remarques insolites vont se présenter à nous. En
effet il semble logique de supposer qu’un prêtre soit un minimum
à propos des détails bibliques liés à l’événement
de Moïse recevant les commandements de son Dieu.
Panneau
de gauche :
La première ‘table’ indique en chiffres romains les nombres
superposés de haut en bas : I, II et III.
La ‘table’ arrière comprend les nombres : V, VI et VII.
Le premier nombre qui devrait être le IV n’est pas lisible presque
entièrement dissimulé par la patte de la créature…
Panneau de droite :
La première ‘table’ présente les nombres en chiffres
romains : IV, XVI et VV.
La table ‘arrière’ ne comporte aucun chiffre mais seulement
une simulation d’écriture sur cinq lignes.
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Une
étrange vision des Tables de la Loi…
Il
semblerait, s’il s’agit vraiment d’illustrations représentant
les Tables de la Loi, qu’il y ait un petit problème de chronologie
dans les nombres. En effet nous devrions d’abord avoir seulement dix
commandements résumés par les chiffres romains : I, II, III,
IV, V, VI, VII, VIII, IX, X.
Ensuite si on veut équilibrer ces 10 commandements sur 2X2 tables
il est impossible de les répartir de manière équilibrée,
10 ne pouvant se diviser par 4 sous la forme d’un chiffre rond : 10
: 4= 2,5 !
Si on poursuit la représentation des peintures nous nous heurtons
au même constat en lisant seulement 3 tables comportant des numéros
(la 4ème comportant des simulations d’écriture): 10
: 3 = 3,333 !
L’abbé Courtade semble avoir choisi cette formule qui ne manque
pas d’interrogation : Trois ‘tables’ comprenant trois
nombres totalement lisibles chacune… soit :
A
gauche :
1ère table : I – II – III
2ème table: V – VI – VII
A droite :
1ère table (la seule avec des nombres) IV – XVI – VV
Ce qui nous donne surtout… de nombreuses incohérences ! Effectivement
plusieurs constats surprenants apparaissent. D’abord dans la présentation
de gauche il nous manque le IV (4) pour arriver sans encombre jusqu’à
VII (7).
Le
4 joue et gagne
Arrêtons-nous
un instant sur le IV (4) manquant apparemment. Mais ce 4 manque t’il
vraiment ? ne pourrions-nous pas le retrouver par 3 fois … si nous
considérons que se trouvent face à face (sur les deux ‘tables’)
les nombres :I et V – II et VI – III et VII. Si l’on enlève
chaque fois le chiffre de la 1ère table à celui de la 2ème
nous obtenons à chaque fois : V-I = 4 !, VI-II = 4 !, VII –
III = 4 ! Le chiffre 4 dissimulé aurait-il ici tant d’importance
qu’on le retrouve caché par 3 fois… comme les 3 seules
tables entièrement tracées de chiffres romains ?
Ensuite dans celle de droite nous ne recommençons pas par le VIII
(8) qui serait entièrement logique, mais par le IV (9). Mais l’incohérence
se prolonge par un saut direct au nombre XVI (16 !) en oubliant carrément
les nombres 10 – 11- 12- 13- 14 et 15 ! Mais ce n’est pas tout…
car nous arrivons au dernier nombre romain, le ‘VV’ ! Ici nous
sommes dans une impossibilité complète car soit il s’agit
de VV = 55 et ce nombre ne peut s’écrire ainsi dans en chiffres
romains (55 = LV)… soit il s’agit de 5 et puis 5 plus loin et
en cas cette ‘expression’ ne veut rien dire dans le contexte
des commandements des Tables de la Loi ! Si enfin on veut écrire
10 on ne le fait jamais sous la forme ‘VV’ mais simplement ‘X’
! Il y a sur ce dernier chiffrage une incohérence complète
!
De plus la Bible fait mention des DIX commandements remis à Moïse,
non de 16 et encore moins de 55 !.. ou alors les prêtres du secteur
en savaient bien plus que leurs supérieurs… ce qui n’est
pas à écarter du tout !
Les
anges au ‘calice’
Sous les cinq scènes peintes on trouve une sorte de frise en relief de couleur blanche débordant sur l’extérieur. Si cette frise n’a pas de quoi retenir notre attention plus qu’il ne faut car elle est une simple répétition laconique de différentes décorations courantes sans grand intérêt. Nous noterons cependant que dans l’axe du chœur, juste à l’aplomb du ‘berger au bâton incertain’ se trouve deux personnages en volume, également de couleur blanche, représentant deux anges assis de la grandeur d’un enfant de 4 ans environ. Celui de gauche brandit de sa main droite un calice haut levé. Les deux petits personnages tiennent devant eux, et au-dessus du vide, une couronne circulaire… Là encore aucune explication ne peut justifier ces deux anges dont chacun n’a qu’une aile… celle de l’extérieur !
Le
brouillard de l’abbé Courtade ?
Qu’a voulu représenté l’abbé Courtade à ce ‘niveau supérieur’ du chœur de son église pour que tout à coup, et sans que ça se voit au premier coup d’œil, il ait autant d’incohérents détails si bien dissimulés??? Que s’est-il surtout passé pour ces deux panneaux de peintures « aux tables de la loi » voulus par l’abbé Courtade ??? Peut-on une fois encore supposer qu’il ait pu tout à coup ne plus savoir quoi dessiner ou représenter ? C’est évidemment inconcevable… Faut-il alors admettre une totale méconnaissance des chiffres romains ? impossible pour un prêtre ! Doit-on comprendre aussi que ce curé ne savait pas vraiment combien Moïse avait reçu de commandement écrits sur les Tables de la Loi données par Dieu ? C’est une hypothèse complètement irrecevable ! Alors enfin s’agirait-il d’une simple erreur de dessinateur ? Là encore il est difficile d’admettre cette possibilité de la part d’un curé montrant jusque là une rigueur et un esprit religieux inflexibles ! Et si tout simplement l’abbé Courtade avait voulu dissimuler sous un brouillard d ’aspect anodin de chiffres assimilables, à première vue aux commandements bibliques, une autre série d’informations ainsi cachées facilement mais compréhensibles pour celui qui saura la lire ? Une information, par exemple, inscrite dans la logique des trois personnages qui eux aussi ne peuvent clairement s’inscrire dans un cadre rigoureusement religieux… mais qui en ont tout l’air au premier abord ? Et bien en ce cas nous aurions une logique parfaitement incorporée dans un cadre prévue pour ne pas la laisser accessible au ‘non initié’ !
Le
travail d’Alan Scott
Sur
ce registre nous présentons à l’issue de ce chapitre
un travail dont la version originale vient du site ‘Rennes
Discovery’, de notre ami, et membre de la SP, Alan Scott sur le
sujet des chiffres et nombres de ces étranges « tables de la
loi » de l’église de Brenac. Il arrive ainsi à
des relations formidables entre ces peintures ‘numériques’
et le livre de l’abbé Boudet sur le cromlech de Rennes les
Bains… Mais encore à des liens entre ces nombres et d’autres
liés à l’église de Rennes-le-Château et
les travaux de Saunière tels que les nombres : 1891 (date sur le
pilier Wisigothique), 1887, 111 et 17… qui nous le savons ont tous
une étrange relation avec l’énigme de l’Histoire
des deux Rennes et de Périllos !
A
ce stade du chapitre il nous est difficile, et pas recommandable d’apporter
plus de précision. Nous ne manquerons pas de soumettre nos constats
à quelques spécialistes des représentations picturales
religieuses. Cependant une remarque s’impose : L’abbé
Courtade était le commanditaire, voire l’auteur, de ces décorations.
Il se montre, au fil de ce que nous retrouvons sur ses qualités ecclésiastiques,
un religieux irréprochable dans le choix des décors de son
église (on est loin d’un Asmodée)… d’où
la moindre fantaisie dérivante est exclue, du moins pour la nef et
les chapelle latérales.
Cependant force est de constater qu’en ce qui concerne les peintures
du chœur un certain nombre de questions reste pour l’instant
sans réponse. Par exemple si les quatre évangélistes,
certes de représentation un peu naïve, sont parfaitement justifiables,
il en est tout autre pour les trois personnages décorant la demi-sphère
supérieure. Qu’est-ce que l’abbé Courtade a voulu
illustrer à travers ces sujets difficilement explicables ? On peut
là aussi exclure toute idée de manque d’imagination
ou une panne de thème à représenter dans le sanctuaire
de l’église de Brenac…
Une
peinture pour cacher de nombreux détails ?
De
plus nous devons bien admettre qu’à première vue rien
ne peut choquer le visiteur pressé, ou peu attentif à l’ensemble
décoratif des lieux. Il ne voit rapidement qu’un personnage
tenant un calice puis une sorte de berger et un dernier montrant un ‘sacré
cœur’...le tout encadré par deux illustrations des Tables
de la Loi… et rien de plus ou de moins qui ne puisse avoir sa place
dans le sanctuaire. Pourtant nous voyons à l’étude que
nous nous trouvons face à des détails pouvant totalement échapper
au rationnel religieux en matière d’illustration. Là
où devrait se trouver normalement des personnages sans ambiguïté,
de multiples détails sont inexplicables et hors norme hagiographique
attendue à cet emplacement… S’il est évidemment
impossible de supposer que l’abbé Courtade ait perdu l’esprit,
il nous faut bien admettre qu’il nous laisse dans l’interrogation.
De plus ces surprises ne surgissent qu’à l’issue d’une
observation détaillée quasiment impossible à faire
sans un agrandisseur d’image. Admettons tout de même qu’il
n’est guère fréquent de trouver les Tables de la Loi
coupées en deux groupes de deux ‘tables’ près
de personnages dont rien ne montre une stricte appartenance religieuse…
dans une église !
Ce prêtre
a t’il voulu à travers sa maîtrise du trait dissimuler
des éléments imperceptibles au profane… mais parfaitement
visibles et compréhensibles pour un ‘initié’ ?
Si « oui » de quel ‘initié’ s’agirait-il
? un religieux ? un laïc ? le membre d’une fraternité
bien spécifique ? Maintenant, si l’on est tenté de répondre
« non » il faudra pourtant bien apporter une réponse
satisfaisante à cette question. Ne pourrait-on pas admettre, qu’à
l’image de quelques uns de ses collègues de ce secteur, Courtade
se soit livré à enregistrer pour une postérité,
sur laquelle nous ne savons rien, une sorte de message jamais saisi à
ce jour ? pourquoi pas ?
Un
berger attentif à son troupeau
Enfin
à l’instant de quitter l’église il nous reste
une peinture à regarder… celle-ci n’est pas visible depuis
la partie accessible au visiteur ordinaire. Il s’agit d’un grand
tableau, lui aussi réalisé par l’abbé Courtade,
se trouvant dans un petit couloir entre la nef et sans doute la sacristie.
Il s’agit d’une représentation du berger attentif à
sa moindre brebis.
Evidemment nous reconnaissons les traits de Jésus délivrant
l’agneau d’un buisson épineux… Rien de bien extraordinaire
penserait-on et pourtant là encore ce genre d’illustration
n’est pas d’un usage courant en matière de peinture ecclésiastique.
A moins bien entendu que cette peinture ne nous renvoie innocemment à
la sculpture commandée par l’abbé Saunière pour
décorer le haut de son confessionnal. Ceci, en soit, n’aurait
rien de bien mystérieux et il n’y aurait rien à y redire.
Pourtant si ce tableau est le rappel de ce thème retrouvé
en bonne place dans l’église de Rennes-le-Château il
se pourrait bien qu’il serve de fil conducteur à une autre
observation inhabituelle que nous livrerons au chapitre ‘le confessionnal
de l’abbé Saunière de Rennes-le-Château’…