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Société Périllos ©

Monsieur Bérenger Saunière
Prêtre
Rue des Macchabées
Lyon, Rhône

 

L’habituelle litanie des mécontents qui ne pouvaient pas…

Combien de fois avons-nous été traités de noms peu obligeants par des détracteurs surtout furieux de n’avoir pu accéder aux mêmes informations que nous sur le fait que l’abbé Saunière se soit rendu à Lyon ? Ces éléments, nous les détenons depuis de nombreuses années et le lecteur peut se demander, avec justesse, pourquoi ce long délai d’attente pour les révéler ici. Déjà, la majeure partie de cette information, Saunière à Lyon, fut présentée dans un petit fascicule, avec, également, ce dont nous disposions sur la fameuse maquette de Saunière. L’édition sortie en peu d’exemplaires, le nombre de collectionneurs ayant eu ce livret est, de fait, assez minime. Avant d’aller plus loin, il est curieux que nos affirmations, ‘BS à Lyon’ et ‘l’affaire maquette’ ait eu le même accueil sous les moqueries, les insultes et les provocations ridicules.

La maison de Saunière, rue de Macchabées

Les chimères pitoyables

Ce qui peut surprendre, c’est que nos adversaires soient d’une telle virulence envers nous, qui ne nous intéressons pas vraiment à tout ce qui peut se dire ou faire dans le petit monde de Rennes-le-Château…Etrange comportement d’individus s’acharnant sur nos travaux qui ne les empêchent nullement de tourner en rond en poursuivant leurs chimères… alors qu’ils restent indifférents, voire sympathiques et attentifs, à certaines dérives pour le moins douteuses ! Nous verrons plus loin que nous disposons d’autres éléments sur les deux sujets en question, que nous conduirons de front à certains moments… en raison du fait que plusieurs fois ils se recoupent curieusement, du moins géographiquement, pour ne pas dire plus. Tout comme nous retrouverons, dans ces ‘détails’, le nom d’un de nos antagonistes, le plus virulent mais aussi le plus discret de tous !
Ainsi nous reprendrons, en leur répondant, les arguments et facettes ‘anti-BS à Lyon’, pour mieux répondre et argumenter notre recherche.
Sur le principe, qu’y aurait-il d’invraisemblable à ce que Saunière se soit rendu à Lyon ? Est-ce plus ridicule, ou impossible, que le fait qu’il soit allé à Lourdes, Arles sur Tech, Perpignan, Brenac, Limoux ou… Durban ? Les voyages à Paris sont, quant à eux, mis en quarantaine… On ne sait jamais, si ça pouvait servir un jour ou l’autre !

La vache à lait… qui glisse vers ailleurs

Ce qui gène surtout dans nos informations, c’est d’abord que personne ne les ait trouvées avant nous… et qu’ensuite elles apportent des ouvertures de recherches qui progressivement font glisser vers ‘ailleurs’ la vache à lait de Rennes-le-Château !… et nombreux sont ceux qui la traient sans vergogne en n’appréciant guère qu’une seule goutte de cette précieuse manne leur échappe! Admettons, avec humour, que ce soit le seul ‘trésor’ qu’ils ne trouveront jamais sur ce si plaisant, tolérant et riant village de Rennes-le-Château !
Nous ne reviendrons pas sur l’affligeant argument que l’impossibilité soit attestée par le seul manque de preuve de règlement de titre de transport… Nous en avons démontré l’incohérence.
Que ça plaise ou non, il faut admettre que l’abbé Saunière s’est bel et bien rendu à Lyon.

Entre ‘ monsieur Bérenger’ et ‘ monsieur le curé’

Nous aurions pu tout aussi bien écrire cette phrase sous cette forme : « Il faut admettre que Bérenger Saunière s’est bel et bien rendu à Lyon ». Personne n’aurait vu la différence car la levée de boucliers aurait été identique et aussi sonore.
Et pourtant ! Oui, pourtant, le sens de ces deux phrases est bien différent et mérite que nous nous y arrêtions. La différence réside simplement dans le fait que ce soit « Bérenger Saunière » (en tant qu’individu) ou « l’abbé Saunière » (et ici c’est le prêtre) qui s’est déplacé jusqu’à Lyon. Et ce détail peut changer bien des aspects. En effet, un voyage de ‘Bérenger’ peut être discret et anodin pour un homme qui n’est pas connu à Lyon. S’il s’agit du prêtre, ce pourrait être pour des raisons précises que nous allons tenter de comprendre.
Saunière, donc, se présente à Lyon comme le prêtre qu’il est. Ceci peut signifier plusieurs choses.

Des avantages d’être prêtre

D’abord, à cette époque, l’état de prêtrise entend un respect accompagné d’absence de questions pouvant vite devenir embarrassantes pour un particulier. On fait confiance à un ecclésiastique… on ne lui demande pas de garantie ou de se justifier. Il peut y avoir ici une sorte de facilité matérielle, non négligeable, apportée par cette situation.
Ensuite, Saunière se rend-il, peut-être, auprès d’autres curés ? Dans ce cas, selon les sujets à aborder, ses ‘collègues’ pourraient s’étonner, pour ne pas dire plus, d’avoir un laïc pour interlocuteur, et ne pas être aussi conciliants et confiants qu’avec un confrère…
Mais encore, le fait d’être curé, à cette époque, ouvre bien des portes qui seraient restées, poliment, fermées à quiconque: certaines archives religieuses, certains lieux sacrés fermés, certaines personnes influentes, certaines autorités de l’Eglise…
Selon les factures et courriers que reçoit Saunière à Lyon, nous ne le voyons pas se rendre de manière cyclique ou régulière dans cette ville… Encore que nous ne disposions, sans doute, que d‘une partie de sa correspondance.

La manière de se loger à Lyon

Enfin, il y a sa manière de loger à Lyon, qui échappe à tous nos joyeux adversaires depuis le début de nos annonces. Les plus goguenards, grassement (mais c’est sans doute en raison de leur métier de gâte-sauce), font état « d’une garçonnière de Saunière à Lyon »… Les autres carrément annoncent qu’il est impossible que Saunière ait pu avoir un appartement dans cette ancienne capitale des Gaules ! Sur le principe, les deux, et d’autres, ont raison.
Arrêtons-nous à ce détail. Car, en effet, partir plusieurs jours, au moins deux, impose un logement… mais on ne peut imaginer notre curé faisant du camping, dormant sous un pont ou à l’asile de nuit des indigents!
Evidemment, si l’abbé était descendu à l’hôtel, l’affaire était réglée et on n’en aurait rien su. Mais un prêtre dans un hôtel… ce serait pour le moins remarquable et un peu curieux. Evidemment, sous le nom de Bérenger Saunière, la situation était jouable, mais il fallait en ce cas prévoir des habits ‘civils’… et perdre tous les avantages d’une fonction. Or, nous avons vu Saunière choisir délibérément d’annoncer son état. Il lui faut donc faire avec. Et, sans doute, notre homme y trouve t-il son compte au delà de l’imaginable.
Trouver un ‘point de chute’ pour peu de jours nécessite au moins deux possibilités : un logement avec un bail sur plusieurs années qui permet d’y venir sans avoir de compte à rendre à personne… ou acheter cet appartement. Dans les deux cas, effectivement, ceci laisse forcément des traces de comptabilités, actes, taxes, impositions et frais tels que Saunière n’aurait pu les cacher longtemps dans sa comptabilité. De plus, le montant des sommes à engager pouvait se montrer très élevé, même pour notre abbé au moment où il est le plus ‘à l’aise financièrement’.
Il y avait, certes, le type ‘pension de famille’ ou logement ponctuel. Les deux, là encore, auraient fini par amener des questions que ne souhaitait sans doute pas notre homme.

L’hospitalité catholique lyonnaise

Voici donc comment Saunière, abbé, pouvait facilement se loger pour de très courtes durées. Prêtre depuis 1882, il sait qu’il peut, de fait, être hébergé par certaines congrégations ou organisations religieuses proposant des lieux d’hébergement pour les ecclésiastiques de passage. Nous sommes en 1898 quand il se rend à Lyon (sans garantie que ce soit la première fois !). Il y a donc près de 16 ans qu’il connaît cette opportunité.
Et c’est vraiment d’une opportunité dont il est question. En effet, dans ce cas, il n’a aucun compte à rendre sur le but avoué de son voyage qui peut être parfaitement ‘religieux : pèlerinage, retraite, vœux, visite pieuse… Les prêtres, à cette époque, sont nombreux à user de cette solution et Saunière se trouve noyé dans cette masse religieuse en mouvement.
Lyon est la seconde ville de France à ce moment et offre tant de pieux prétextes pour l’extériorisation de la foi… Et ce sont tout simplement plusieurs organismes, laïques ou religieux, qui s’occupent de loger prêtres et religieuses en déplacement pour de plus ou moins longues durées. Pour Lyon, il y avait une multitude de possibilités, depuis les grands et petits séminaires de La Plaine et Francheville, les congrégations autour de Fourvière et St Jean, St Georges… jusqu’aux organismes laïques (de bons tons évidemment !) faisant acte d’hospitalité en hébergeant parfois plusieurs semaines ou régulièrement un (une) ou plusieurs représentants de la foi…

Madame veuve Jarau-Mermoutte et Monsieur Saunière, Prêtre

C’est simplement cette solution que choisit Bérenger Saunière, prêtre, pour se rendre parfois à Lyon, en toute sécurité, quiétude et pourtant discrétion absolue ! C’est ainsi qu’il était reçu, avec toute l’attention due à son état, par madame veuve Jarau-Mermoutte Jeanne-Marie. Cette dernière, disposant d’un important parc immobilier, offrait généreusement, exclusivement à l’usage d’ecclésiastiques, plusieurs petits appartements sur la colline de Fourvière, St Irénée et jusqu’à Ste Foy-les-Lyon. Cette dame se montrait bienveillante envers les voyageurs de la religion, mais également généreuse bienfaitrice pour une congrégation religieuse féminine… dont nous tairons le nom ici par… charité chrétienne, car nous y reviendrons plus loin.
C’était si simple qu’il suffisait d’analyser la situation et se renseigner sur cet état de fait d’une époque où l’autorité religieuse de la ville de Lyon recevait, pour de multiples raisons, de nombreux membres du clergé qu’il fallait accueillir le plus confortablement possible !

Presbytère de St Irenée

Cette opportunité fut, sans doute, une raison de plus pour que ce soit « monsieur Saunière, prêtre » qui apparaisse sur l’intitulé de l’adresse.
Mais, à notre avis, ce n’est pas tout.

Du choix de Saunière pour la ville de Lyon

En effet, il reste à définir pourquoi le choix de Saunière s’est porté sur Lyon. Il pouvait tout aussi bien choisir Vienne (Isère) pour point d’arrivée. Cette ville offrait, alors, un système hospitalier pour prêtre, identique à bien d’autres grandes villes… tout comme des attelages ou véhicules hippomobiles, aussi facilement qu’à Lyon. De plus, Vienne se trouve bien plus près du Pilat que ne l’est l’ancienne capitale des Gaules. Il fallait donc que « monsieur le curé » ait des raisons précises pour établir son choix. On peut exclure aussi le fait que ce soit une cité moins importante que Lyon et, donc, moins discrète par sa masse d’habitants dans laquelle on peut ‘se perdre’ facilement.
Non… il faut convenir que Lyon était un lieu devenu incontournable, et pratique pour l’abbé B. Saunière, où il se rendra au moins par trois fois à notre connaissance.

Les visites à Lyon et les réalisations de Saunière… un hasard ?

Remarquons que la première période de ses ‘visites’ à Lyon (mai, juin et septembre 1898) se situe l’année de la fin des travaux concernant l’église, le presbytère et tous les aménagements extérieurs. Cette année marque aussi le début des acquisitions (1898-1905 : achat des terrains: 7 parcelles cadastrées dans le village) pour le ‘domaine’ de l’abbé à Rennes-le-Château et marque la fin de tous les gros travaux concernant les locaux religieux. Un autre voyage à Lyon se signalerait en juillet 1899 et le dernier en mai 1900. C’est en 1901 que débutent les travaux de la ‘Villa Béthania’. Certes, ces dates ne prouvent rien, mais elles s’inscrivent dans des événements ‘financiers’ importants pour Saunière, sans pour autant bien entrer facilement dans de prétendus ‘trafics’…ou ‘transports de valises fructueuses’!
Le lieu d’hébergement sur l’une des collines de Lyon peut également nous donner des indications. Saunière pouvait fort bien choisir le secteur de Fourvière ou montée du Gourguillon, bien fréquentés par ses semblables.
Sans doute le hasard fait que la rue des Macchabées s’achève près de l’église St Irénée et surtout de son presbytère. L’église des Macchabées se trouve bien plus bas, à faible distance des instituts catholiques de Fourvière et de ‘La Porte de Lyon’.

Le passé et les surprenants dessous de l’église St Irénée

C’est donc l’église de St Irénée qui retiendra notre attention. Ne doutons pas que notre abbé ne put faire moins que de rendre une visite de courtoisie à son collègue en place si près de lui. Une visite de courtoisie ou… d’intérêt ? En effet, le passé de cette église mérite plus qu’une visite touristique. C’est un des rares accès encore utilisables au 19ème siècle pour se rendre dans d’anciennes galeries souterraines… Le réseau était bien connu des Résistants (guerre 39- 45) qui l’utilisaient pour ressortir d’ici ou descendre jusqu’à la Mulatière sans remonter une seule fois au jour. Inutile de dire que ces entrées furent condamnées en raison du danger qu’elles représentaient pour des enfants ou des curieux non initiés à ce genre d’exploration. Cependant, on en voit toujours l’entrée, solidement fermée par une grille, sous le grand calvaire au bout de l’esplanade du presbytère.
Une autre surprise souterraine se trouve ici. Dans l’antique crypte, sous l’église, se trouvait un puits. Celui-ci était une des entrées d’accès aux antiques catacombes du vieux Lyon.

Les catacombes et leurs sorties ‘magdaléniennes’

Plusieurs textes anciens expliquent que de ce passage on se trouvait dans le réseau mortuaire où se terraient les chrétiens pour échapper à la persécution romaine. C’est un fait reconnu, tout comme le fait que ce réseau s’étendait en direction de Fourvière et plusieurs sorties furent mises à jour lors des grands travaux des années 1975-1979. De ce point encore, sous la colline de Fourvière, une galerie secondaire redescendait vers le Rhône en direction de St Georges et surtout l’abbaye d’Ainay…
Tout ceci est historique et archéologique et on ne peut s’imaginer que Saunière soit venu à Lyon pour pratiquer un peu de spéléologie amateur. La région du Razès est aussi riche, sinon plus, en lieux où s’adonner à ce genre de sport. Sans doute… mais sans doute aussi, sur ce réseau encore praticable mais interdit aujourd’hui, d’autres surprises attendent le visiteur souterrain.

Les catacombes de St Irénée

Le premier oratoire, dans les catacombes, sous St Irénée, est dédié à … Madeleine. Un hasard sans doute. Et des hasards de ce genre, il y en a dans ce secteur !
Nous trouvons à Fourvière une chapelle dédiée à Ste Madeleine en 1394… puis une vigne « de la Madeleine », au pied de Fourvière, à une sortie des catacombes ouvrant dans une chapelle de « la bienheureuse Marie-Madeleine et de St Loup »…
Encore un petit hasard si, dans la basilique d’Ainay, une autre sortie des catacombes se trouvait vers un oratoire, sous la protection de Ste Marie-Madeleine, dédié à la mémoire des 10 000 martyrs de la persécution de 202 à Lugdunum… Les corps de ces martyrs furent ensevelis dans la grande nécropole entre les églises de St Irénée et de St Just, reliées entre elles par la rue des Macchabées, dont le nom fut celui de la première église de St Just.
Et c’est doute un autre hasard si, sur un plan perspective de 1550, on trouve sur les lieux de ce cimetière une autre chapelle « Magdeleine » sur l’emplacement de laquelle un autre accès aux souterrains se trouvait… Ces vestiges seront également mis à jour lors des travaux de 1977. Ces détails reviennent à dire que sur 3 ou 4 km se situent à la fois un réseau souterrain mortuaire sous la protection de « La Madeleine » et au-dessus un autre assemblage de sorties débouchant toutes dans des oratoires ou chapelles dédiés à « Ste Marie-Madeleine ». Il va sans dire qu’on trouve dans de nombreux immeubles, situés sur ces réseaux, des ouvertures comblées ayant la réputation « d’ouvrir autrefois sur les catacombes de la Madeleine »…

L’ombre du Gryphon commence par A-A ou… Pilat ?

Evidemment, tout ceci n’explique pas, en principe, que l’abbé Saunière soit allé à Lyon et dans ce quartier ponctuel. A moins qu’une tradition ‘oubliée’ relie Marie-Madeleine au royaume souterrain, à celui des morts et à ceux « qui se réveillent d’un long sommeil ». Ce long sommeil et ce réveil sont expliqués dans la légende des ‘7 Dormants d’Ephèse’ qui prend son origine au chapitre 7 du 2ème livre… des Macchabées. Il est question de 7 frères martyres et de leur mère, et à Ephèse, à l’entrée de cette grotte on trouvait un reliquaire de... Madeleine ! Une archive particulière aurait-elle contenue des mentions sur ces éléments liés à d’autres moins connus encore ? Saunière y aurait-il puisé un certain intérêt ? Pourquoi pas…
Il est également à noter que dans ce secteur sera rassemblé nombre d’éléments se rapportant curieusement à la Société Angélique de l’imprimeur Sébastien Gryphe au milieu du 16ème siècle. Cette société, connue sous le signe de AGLA, rassemblait de nombreux personnages évoluant dans un cercle à propos d’une grande partie de l’énigme qui nous intéresse personnellement. Ces personnages, semble t-il, prenaient plaisir à habiter dans ce secteur de la colline de Fourvière. Un certain Guillaume du Choul, par exemple, très lié au Pilat et à son passé, se trouvait sur l’emplacement d’une reclusière ‘Magdelaine’, montée du Gourguillon. Tant d’autres détails, personnages et faits, fort bien expliqués par Patrick Berlier dans son livre « La Société Angélique », se trouvent regroupés dans ce petit secteur ‘madalénien’ qu’il n’est plus guère possible de penser à un hasard les réunissant tous ici.

L’abbaye d’Ainay. Gravure de Rogatien le Nail.

Est-ce ce passé ‘nuageux’ et ‘brumeux’ que recherchait Saunière ? Est-ce depuis Lyon, ou depuis le Razès, qu’il porte un bref intérêt pour le massif du Pilat ? Que pouvait représenter, pour l’abbé Saunière, ce secteur qui fascinait tant Du Choul et bien d’autres comme … Polycarpe de la Rivière qui fut reçu Chartreux à Lyon avant de partir sous le grade de Prieur pour la chartreuse de Ste Croix-en-Jarez… pour venir mourir totalement inconnu… dans le Roussillon !

Le monde discret des orfèvres et autres sociétés lyonnaises

Toujours est-il que notre abbé rencontra à Lyon plusieurs personnes. Nous avons déjà rencontré précédemment les libraires Gacon et Derain-Raclet, qui ne pouvaient avoir eu connaissance de la bibliothèque de Saunière qu’en l’ayant rencontré à Lyon ! Mais ce n’est pas tout, car il y a, comme nous l’avons vu, les courriers de messieurs Soulier et Coîndre. Le premier est orfèvre-bijoutier, et non commerçant en bijouterie, et Coîndre (dont nous ne connaissons pas le prénom) qui, lui, est négociant en pierres précieuses. Les deux courriers retrouvés à l’adresse de Saunière à Lyon sont courts et laconiques. Il s’agit de ‘cartons’ indiquant simplement des rendez-vous « en leurs locaux » sans autre précision. Il est vrai que ce genre de corporations vit dans une discrétion extrême. Saurons-nous bientôt si Saunière allait à ces rencontres pour ‘acheter’ ou pour ‘vendre’ ? Toujours est-il que nous pouvons éliminer probablement l’hypothèse de visite de courtoisie… Encore que ces deux personnages se retrouvent sur les listes de membres d’une société martiniste de Lyon… qui fut rattachée à une ‘loge sœur’… catalane ! Ajoutons enfin que monsieur Soulier avait un hôtel particulier dans le secteur de St Irénée et fréquentait, avec monsieur Coîndre, le salon de madame veuve Jarau-Mermoutte Jeanne-Madeleine. Nous reviendrons forcément, documents à l’appui, sur ces deux personnes, aussi discrètes qu’intéressantes, lors de notre étude sur Saunière et le martinisme lyonnais.

Ajoutons, pour en finir avec ce chapitre, que l’abbé Saunière pouvait fort bien trouver dans l’Aude des orfèvres, courtiers en pierres précieuses et le milieu martiniste, sans être obligé de se déplacer jusqu’à Lyon. A moins, bien entendu, que les raisons de ces rencontres ne puissent s’expliquer que sur la région de Lyon ou du Pilat !

Où il est question de maquette à Lyon…

Un autre détail prend maintenant ici toute sa place. En effet, si Saunière pouvait trouver dans le Languedoc négociants et sociétés discrètes, il y a peut-être quelque chose d’autre qu’il ne pouvait faire ailleurs. Et très étrangement cette remarque nous ramène à la maquette de l’abbé.
Il nous faut maintenant laisser Saunière à son époque et revenir à la notre. Nous avons été contactés vers 1998 par une personne qui prétendait avoir vu un objet pratiquement identique à cette fameuse maquette. Notre correspondant, beaucoup plus tard, nous mit en liaison avec une congrégation religieuse qui, semble t’il, détenait cet autre moulage… Le détail de la transaction sera expliqué dans la rubrique ‘maquette’. Nous prendrons seulement ici ce qui concerne Lyon. En effet cette copie de maquette (avec cependant plusieurs détails différents) se trouvait sur le large secteur périphérique lyonnais. Malgré son mauvais état, le prix demandé restait supérieur à nos moyens.

…et de l’ombre de Marlin

A cette époque, nous étions en excellents termes avec Philippe Marlin (ou plutôt Miecret), qui nous était très proche et suivait nos travaux avec une attention (trop !) bienveillante. Il apprit notre incapacité à conclure l’achat et proposa immédiatement de financer l’opération ! Cette opportunité fut même étalée sur son site yahoo « serpent-rouge ». Plusieurs participants de ce site, mis en effervescence par cette info, s’empressèrent d’essayer fébrilement de tout savoir sur cette transaction…Là, il n’était plus question, pour Marlin et ses compères, de me ridiculiser… mais de chercher à savoir où, qui, combien, pourquoi ?.. car cet objet était accompagné d’un petit carnet écrit à son sujet !!!

Fourvière

En fin de compte, ce sont nos amis espagnols (et la suite ‘marlinienne’ nous montra que nous pouvions largement nous en féliciter) que nous avons choisis pour financer l’opération et acquérir cet objet qu’ils nous prêtent volontiers.
L’important, dans cet épisode, réside curieusement dans le fait que B. Saunière commande, bien après ses visites à Lyon, une maquette, et qu’une très ressemblante copie se retrouve, dans la région lyonnaise, au sein d’une congrégation religieuse dont la très généreuse bienfaitrice était l’hôtesse même de l’abbé lorsqu’il se rendait à Lyon ! Evidemment, on peut se demander si… ceci n’a toujours aucun lien avec les voyages de l’abbé Saunière à Lyon ?
C’est ce que nous verrons avec le volet ‘Pilat et Saunière’…

André Douzet
le 25 juillet 2005

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