Plan du site | Recherche | Forums | Publications | Actualités
Bérenger
Saunière dans le Pilat |

Les
relais pour le Pilat
Eglise de St Irénée. St Polycarpe....
Bérenger
Saunière, quittant Lyon définitivement, a peut-être
visité une dernière fois le parvis arrière de l’église
St Irénée… S’y est-il inspiré, pour son
église de Rennes-le-Château, du chemin de croix extérieur
dont le sens de lecture est inversé ? Pourquoi n’aurait-il
pas eu cette idée à ce moment ?
Mais Saunière n’est pas venu ici seulement pour des intérêts
lyonnais. Des rencontres, des documents l’ont invité à
se diriger vers un secteur, cette fois bien précis, du Massif du
Pilat. Pour ses déplacements éloignés de Lyon, il lui
faut un moyen de locomotion indépendant. A cet effet, il utilise,
nous l’avons vu, un attelage chez un loueur du nom de Bellon. Il y
a, à cette époque, une multitude de sociétés
de ce type à Lyon, mettant à disposition des véhicules
attelés, de promenade et utilitaires. Le choix de cette maison de
location n’est peut-être pas le fruit du hasard. Effectivement,
cette entreprise est quasiment la seule de Lyon à disposer de ‘relais’,
sur la vallée du Rhône, jusqu’à Chavanay et St
Pierre de Bœuf… deux bourgades au pied du massif du Pilat ! C’est
d’ailleurs celle de Chavanay, près de la gare, qui assura le
dépannage d’un attelage de Saunière endommagé
un peu plus haut, vers Pélussin sans doute.
Une
région définie
Que
pouvait venir faire notre abbé sur de très courtes durées,
dans ce pays quelque peu reculé ? Sans doute pas du tourisme ou des
visites de courtoisie à quelques confrères… nous en
aurions forcément la trace. Par les éléments inscrits
sur le billet de dépannage, on peut avoir une estimation assez précise
de la distance où peut s’être rendu Saunière.
Par exemple, depuis Chavanay, il n’a pas franchi le col de Pavezin,
et s’est cantonné au versant ‘vallée du Rhône’
du Pilat. Un autre chercheur suit cette piste curieuse : Patrick Berlier.
Il est, sans doute, le premier à avoir fait le lien entre un certain
tableau de cette région et une peinture dans l’église
de Rennes-le-Château… dessinée par l’abbé
Saunière. On ne peut donc pas nous accuser, comme c’est parfois
le cas, d’avoir inventé et monté cette hypothèse
du Pilat de toutes pièces.
Mais, avant de regarder certains détails plus attentivement, localisons
ce pays et quelques éléments de son passé historique.
Notons qu’il est sans doute préférable de dire «
le Massif du Pilat », au lieu de « le Pilat ». En effet,
ce nom est celui d’une région montagneuse qui servait de point
frontalier entre les provinces de l’Aquitaine, la Lugdunaise et la
Narbonnaise. Plusieurs langues et traditions régionales s’y
délimitaient également. Pour nous cette région est
surtout celle où se trouve la chartreuse de Ste Croix-en-Jarez, le
château de Lupé et plusieurs autres lieux sur lesquels nous
allons plus longuement nous arrêter.
Au
commencement est le choix de Ponce Pilate
D’abord
une légende … elle nous conte que Ponce Pilate, rongé
par les remords de son acte de mise à mort de Jésus, serait
venu ici se suicider, en se noyant dans la source du Gier. S’il est
vrai que le procurateur Pilate s’est arrêté à
Vienne (au pied du Pilat), de longs mois, pour de graves raisons de santé…
il est totalement faux qu’il y trouva la mort. On sait que Ponce Pilate
finit ses jours en Suisse, près de Lucerne, vers un autre mont qui
prit quasiment son nom (Pilatus).
Cependant, pour des raisons difficiles à comprendre, ce fut également
le cas pour ces monts aux confins du Forez et du Jarez qui s’appelleront
très vite : Pilat ! Quelles furent les vraies raisons de la halte
prolongée de Pilate à Vienne et les expéditions qu’il
fit dans cette contrée ? Sans doute ne s’agit-il pas d’un
exercice de tourisme ou de curiosité géologique… mais
probablement d’un motif suffisamment grave pour justifier cette étape
inattendue sur le chemin de son retour. En effet, si Pilate est aussi gravement
malade que le dit la tradition, il aurait dû, logiquement, accélérer
son avance pour atteindre rapidement Lugdumun, plutôt que de s’arrêter
à Vienne. D’abord, la distance entre les deux cités,
à cette époque, est parcourue en moins d’une demi-journée
; ensuite, sans mépriser les médecins romains viennois, il
est certain que la capitale romaine offrait ce qu’il pouvait y avoir
de meilleur en matière médicale…pour un homme de son
importance. Le choix de Pilate est donc bien de s’arrêter à
Vienne, plus proche de ce massif montagneux, pour des raisons qui lui sont
impératives… ou dictées formellement !
L’empreinte
des Roussillon
Après
ce procurateur romain de renom, il faut attendre un peu le cours de l’histoire
pour retrouver une famille emblématique : les Roussillon !
Leur
nom, dans l’histoire qui nous intéresse, est étroitement
associé à ce secteur tout aussi éloigné des
Pyrénées… que de la Bourgogne. Un lieu ‘péage
de Roussillon’ nous rappelle encore maintenant l’empreinte de
cette illustre famille… tout autant que le fameux « Edit de
Roussillon » signé dans le château du même nom
au pied du Pilat dans la vallée du Rhône. Rappelons simplement
que cet édit du 9 août 1564, sur ordre de Charles IX, fit commencer
l’année le 1er janvier et non plus le jour de Pâques
!
C’est
également aux confins de ce pays de Pilat, dans la vallée
du Gier, que se tenait le fort de Châteauneuf… appartenant aux
Roussillon. Au pied de ce castel se trouvait une curieuse chapelle Sainte-Madeleine,
réputée contenir les reliques de St Lazare… dont la
résurrection est si bien représentée sur des vitraux
de l’église de Saunière à Rennes-le-Château
! C’est de là que part Guillaume de Roussillon pour une énigmatique
mission suicidaire, pour rejoindre sur ordre du roi de France, le grand
Maître de l’ordre du Temple, Guillaume de Beaujeu. Après
la mort du seigneur de Roussillon, sa femme Béatrix a un songe qui
fait naître la construction de l’énigmatique chartreuse
de Ste Croix-en-Jarez… et l’histoire que nous en savons !
Les Roussillon s’illustrèrent encore avec l’illustre
Girard de Roussillon qui revendiqua de ‘savoir’ les vraies reliques
de Marie-Madeleine… depuis lesquelles il fonde la basilique de Vézelay
où elles sont toujours vénérées !
Bérenger Saunière venait-il ici pour une leçon d’Histoire
de France ?.. ou plus particulièrement pour plusieurs histoires oubliées
de cette Histoire qu’il savait peut-être retrouver ici ?
Luppé
et Mérovée
Ce
n’est pas tout pour le passé de cette région aux aspects
paisibles ! Effectivement, une autre famille illustre y possédait
des droits importants. Il s’agit des Luppé, que nous avons
déjà rencontrés dans nos études.
Il nous faut, ici, évoquer la charte d’Alaon qui reconnaissait
une origine mérovingienne à plusieurs familles. Parmi celles-ci
était la famille Luppé… (curieusement, l’Eglise
connaît un saint Ours et un saint Loup, le deuxième ayant succédé
au premier à l’évêché de Troyes. Si le
prénom Loup est toujours à la mode - on connaît plusieurs
Jean-Loup- personne ne se prénomme Ours!)
Château
de Lupé
Si le “secret” recherché par Saunière (peut-être abordé dans un mystérieux “3ème parchemin”) est lié à la généalogie des Mérovingiens, ne serait-il pas à découvrir dans une autre, oubliée mais différente de la généalogie “romanesque”? En ce cas, il ne pouvait pas manquer de chercher cette descendance ‘effacée’ des Mérovingiens, dans les généalogies disponibles et connues. Les familles de Montesquieu, Gallard, Comminges, Gramont, concernées par cette origine, sont connues et répertoriées dans “l’armorial des principales maisons du royaume”. Mais, curieusement, il n’en est pas de même pour les Luppé. Or, il n’y a que deux lieux portant ce nom en France: Luppé dans le Gers, et Lupé... dans le Pilat! Et le château de ce village fut bien la demeure d’une famille du même nom (dans Luppé le doublement du P n’est qu’une “variante intensive” de Lupé).
En
passant par Dame Loup
On
accède, depuis St Pierre de Bœuf (dernier relais du loueur lyonnais
Bellon) à Lupé, par les gorges et le village fortifié
de Malleval. Nous reviendrons longuement sur ce site médiéval
extraordinaire.
Pour l’instant, nous retiendrons seulement quelques détails
pouvant avoir un lien dans les recherches de Saunière. Hormis la
belle légende d’une Dame Loup (qui pourrait nous rappeler le
transport des reliques de St Jacques le Majeur) nous nous arrêterons
dans l’église, comme l’a sans doute fait notre abbé.
Comme lui, nous trouvons, en entrant dans le sanctuaire, une statue de Saint
Antoine de Padoue, et une de Sainte Germaine. Cette Sainte étant
d’origine Languedocienne, sa présence est logique à
Rennes-le-Château, mais beaucoup moins dans le Pilat… sauf si
son culte n’y ait été apporté pour des raisons
précises. Nous ajouterons, peut-être, l’étrange
‘maison du pendu’ avec un blason religieux chiffré encadré
par quatre os plantés dans le mur.
En
suivant un chemin… angélique
En
suivant un chemin angélique. La tour de Virieu idem celle de Saunière.
Nous
arrivons à Lupé par les gorges du Baralon. Le village et son
château ne constituaient pas pour Saunière la fin de la piste,
mais le début d’une autre, nettement plus intéressante
et inconnue. Depuis l’arrière du château, un antique
chemin conduit vers la montagne. Quittant Lupé par Bessey (où
non loin se trouve une étrange et très ancienne sculpture
avec des anges), le chemin se poursuit par la Chaize, où il passe
sur le versant qui fait face au bourg de Pélussin, constitué
de quartiers superposés. Celui du haut, Virieu, est dominé
par la tour de son château: une tour crénelée flanquée
d’une tourelle escalière. La ressemblance avec la tour Magdala
est surprenante, mais en raison des dates de construction, c’est plutôt
la tour Magdala qui ressemble à la tour de Virieu...
Laissons maintenant Pélussin, et suivons le sentier... Après
avoir passé l’étrange “ Pierre des Morts”,
nous arrivons au hameau de Champailler. Ici, le temps semble s’être
arrêté: silence et pierres. Le promeneur non averti fera une
courte halte, près de la fontaine sortant d’une grosse bâtisse,
et poursuivra sa randonnée. Cette construction retient notre attention.
Il s’agit là d’une grosse ferme au milieu du hameau.
Probablement la plus ancienne, de par son appareillage de pierres, agrémentée
de fenêtres à meneaux sculptés d’une grande finesse.
Il s’agissait d’une construction forte, à murs épais,
étrangement implantée sur une source captée à
l’intérieur qui s’écoule dans un “bâchât”
à l’extérieur.
Outre cette curiosité fort utile et pratique, nous reviendrons sur
plusieurs détails qui méritent notre attention : une sculpture
sur un tableau de fenêtre, et d’autres sur le cadre d’une
porte astucieusement dissimulée à la vue de tous.
La
maison forte inutile de Champailler
Plusieurs récits affirment que cette construction était une maison fortifiée mise en place pour défendre “un” chemin partant de LUPE. Si l’épaisseur des murs accrédite cette fonction... cette dernière ne semble guère plausible en raison du fait que ce chemin conduit vers un petit bâtiment oublié, peu fréquenté, sans objets ou reliques de grande valeur. On peut, sans risque d’erreur, dire que cette sente ne représentait aucun intérêt stratégique ou commercial… ce qui ne justifiait en rien un système de défense aussi imposant. A moins que la suite nous en explique un peu plus.
Une
crucifixion dans un pentagone
Reprenons
l’observation des sculptures de cette étrange maison forte.
La maison forte et sa fenêtre à la crucifixion
Le
décor sur le tableau de la fenêtre. La façade côté
chemin (maintenant goudronné) est ornée de plusieurs ouvertures
moulurées de style gothique. Sur l’une d’entre elles
le tableau de fenêtre comporte une sculpture étrange : une
pierre pratiquement carrée sur laquelle se détache un pentagone
dans lequel on distingue trois formes. L’axe de cette figure est composé
d’une silhouette à la fois anthropomorphe et cruciforme, semblant
se tenir sur la pointe des pieds. Sous les bras de cette “crucifixion”,
deux petits personnages équilibrent la scène. Celui de droite
est agenouillé, en attitude suppliante ou de prière, mains
et bras tendus vers la croix anthropoïde; l’ampleur de son vêtement
pourrait styliser celui d’une femme. Le personnage de gauche, mains
sur les hanches, l’air suffisant, ne touche pas la croix. Les traits
qui l’entourent dessinent indiscutablement... les ailes déployées
d’un ange! N’est-ce pas là une scène de la crucifixion
dans une sorte de pentagone dont les deux seuls témoins seraient
une femme à genoux et un ange? Quelle peut-être cette femme
suppliante, à genoux, au pied de la croix… sinon Madeleine,
la seule parfois représentée dans cette posture (dans l’église
de Périllos)? Quant au second sujet, il reste énigmatique,
en fonction du fait qu’aucun texte ne fait mention d’un ange
lors de la crucifixion.
L’ensemble de cette scène pourrait représenter simplement
deux témoins majeurs de la crucifixion… dans le sens de deux
témoins de la vérité sur la mise en croix de Jésus
: une femme qui aurait été dans son droit le plus strict et
une entité plus récente et certaine de sa place (un air suffisant),
comme par exemple une fraternité Angélique ? une… Angélina
?
La
porte est à l’intérieur !
Cependant,
le plus curieux est à l’intérieur. Dans le bâtiment
se trouvent, à moins de deux mètres, les murs d’une
autre construction extrêmement
ancienne, ainsi protégée dans une sorte d’étui-bâtiment
dont la mission serait de défier le temps... et la vue du passant
en conservant l’essentiel.
La porte au dedans...
Au sud-ouest, dans cette deuxième muraille, se trouve une porte murée.
L’encadrement, dans un parfait (et presque anormal) état de
conservation, de style gothique, est visiblement d’origine et à
sa place. La base des moulures commence avec d’étranges dessins:
triangles complets et tronqués, surmontés de deux segments
courbes. Le sommet de l’encadrement d’ouverture se termine sur
une croix potencée... ostensiblement inclinée à droite
de 7 à 8 degrés.
Au-dessous, ce que l’on pourrait, de prime abord, prendre pour une
fleur de lys stylisée, est, en vérité... la représentation
d’un fer de pique “gardian”, tel qu’on le retrouve
sur l’emblème de la Camargue... et aux Saintes-Maries de la
Mer, où la légende fait ‘atterrir’ quelques personnages,
trop témoins de ce qui ne les regardaient pas lors de la crucifixion…
parmi lesquels on trouve à nouveau Madeleine ?
Et puis il y a d’autres pierres qui comportent de bien curieux dessins
en creux, dont un “P” et un “S” entrelacés
en lettrines gothiques. Plus loin, un autre “S” enlace maladroitement
ce qui semble être un “B”... Et enfin, toujours sur la
même pierre, un autre “S” sert de liaison à deux
“M” reliés. Notons aussi, sur une autre pierre, des traits
rectilignes qui se coupent et se recoupent toujours sous un seul et unique
angle de... 18° !
On peut se demander pourquoi une véritable maison forte pour contrôler,
ou défendre, un sentier dérisoire, impraticable l’hiver
qui, à l’origine, se terminait en cul de sac sur un oratoire
dédié à Madeleine…
Ce n’est que plus tardivement que sera érigée sur cet
emplacement le sanctuaire connu aujourd’hui. Le tout depuis le château
d’une famille se disant légitimement descendante de…
Mérovée, ce roi prétendu d’origine divine ! Ce
cheminement, et ce bâtiment, cette destination, sont-ils un des messages
que retrouva l’abbé Saunière depuis Lyon? Pourquoi pas,
si l’on admet que les lettres gravées (BS) peuvent signifier
Bérenger Saunière.
La
chapelle Sainte Madeleine
Chapelle Ste Madeleine
Après cette halte (sans doute, à l’époque, agrémentée d’un contrôle sévère sans qu’on en sache maintenant la raison), vers un point d’eau salutaire en été, le chemin poursuit à travers la montagne. Par une sente on pouvait passer par une première chapelle dédiée à saint Antoine. A l’intérieur on trouvait, autrefois, une statue du saint qui était identique à celle de Rennes-le-Château (une autre statue le remplace maintenant). Evidemment toutes les statues d’un saint sont à peu près identiques; le plus étonnant est de retrouver les mêmes saints personnages à la fois dans l’église de Rennes-le-Château et sur cette piste étroite du Pilat. L’autre sentier, plus direct, passe par ‘La Pacaly’ (autrefois Lapocaly) et ‘Le Purgatoire’ poursuit en direction des sommets jusqu’à atteindre, enfin, la “Trêve du Loup”. Dans cette épaisseur forestière, seulement troublée par le gargouillis des sources, s’élève une deuxième chapelle solitaire dédiée à Sainte Madeleine, ultime étape de notre piste.
Vision
topographique d’un tableau
A
l’intérieur, un simple et grand tableau derrière le
Maître Autel: une représentation classique de Marie-Madeleine…
dont il faut souligner l’étrange ressemblance avec le bas-relief
de Rennes-le-Château! La sainte est en prière dans une grotte,
agenouillée, les mains croisées, devant une croix faite de
rameaux de bois vert, mal ébranchés, liés par un nœud.
Devant elle: un vase à parfums, un crâne humain, un parchemin
déroulé... Mais le plus étonnant est dans le paysage
visible par l’ouverture de la grotte. On y distingue les deux sommets
les plus caractéristiques du Pilat: le Pic des Trois Dents et le
Crêt de l’Oeillon. Cette montagne est représentée
avec la croix qui marque son sommet, et qui fut érigée en
1867. Ce détail nous permet de dater le tableau, qui serait donc
forcement postérieur à cette date.
Si Bérenger Saunière
a suivi l’histoire des Lupé, la “piste des loups”,
il est arrivé jusqu’à cette chapelle et a pu prendre
le thème de ce tableau comme modèle pour le bas-relief de
Rennes-le-Château... comme modèle, et pourquoi pas, comme clé
de cryptage !
Nous savons que l’attelage de Saunière fut dépanné
par le relais de Chavanay et non celui de St Pierre de Bœuf. Il y a
donc lieu de penser que l’incident s’est déroulé
sur le secteur de Pélussin et non sur celui de Lupé, Maclas,
Roisey ou Véranne. De plus, nous savons aussi que l’incident,
sur un axe de roulement, pourrait être l’effet d’un usage
du véhicule dans des conditions difficiles (chemin non carrossable
par exemple). L’état de la piste, depuis Champailler vers la
chapelle Ste Madeleine, à cette époque, ne semble pas compatible
avec l’usage d’une sorte de calèche (une biche).
Saunière a t’il fait s’aventurer inconsidérément
ce véhicule sur ce chemin au risque d’endommager l’attelage ?
C’est bien probable. En écrivant ‘Saunière’
il est évident que nous le considérons également commanditaire
d’un travail qu’il ne pouvait mener sur plus de deux jours…
en raison d’une absence pouvant devenir intrigante à Rennes-le-Château.
Dans ce cas un ‘délégué’ accomplissait
une ‘certaine’ besogne à la place de l’abbé
qui en réglait les modalités.
Le
Pilat dans l’église de Rennes-le-Château ?
Revenons
maintenant sur quelques détails intéressants depuis le bas-relief
sous le maître-autel de l’église de Rennes-le-Château…
pouvant avoir été inspirés depuis le Pilat.
Oublions Marie-Madeleine et observons le paysage visible depuis la grotte.
On y voit un sentier montant vers une colonne et une sorte de portique coiffé
de trois ‘dents’. Au loin, une montagne de forme triangulaire.
A ceci nous ajouterons seulement l’angle du regard de Madeleine. Si
rébus volontaire il y a, nous en prendrons le premier élément
dans
la
langue celtique et le second en latin. En celte le mot PYLA (donc ‘Pilat’)
signifie ‘porte’ ou ‘passage’. En latin PILA (PILAT)
correspond au mot ‘colonne’. Phonétiquement cette ‘clé’
est suffisamment parlante.
Madeleine ... dans le Pilat
Les autres éléments retenus qu’il nous reste : ‘trois
dents’ et ‘œil’. Si nous lisons une carte IGN du
Pilat nous avons les plus hauts sommets caractéristiques sous les
noms de : « Les Trois Dents » et « Crêt de l’Oeillon
». C’est ce décor réel qui se lit sur le tableau
dans la chapelle de Madeleine dans le Pilat ! Si l’abbé Saunière
avait voulu nous donner une indication simple pour signaler cette région
près de Lyon, il ne pouvait le faire plus astucieusement ! Pourtant
, à ce jour, cette remarque n’a jamais été faite
par les chercheurs de Rennes-le-Château. Seul Jean Markale, dans un
chapitre curieusement intitulé « La porte est au dedans »
a pu approcher de près cette possible clé… et la maison
forte de Champailler :
« La clé, la fameuse clé qui permet d’accéder
à l’or maudit de Rennes-le-Château, se trouve là,
dans la grotte où est agenouillée la Madeleine, et qui n’est
pas la grotte légendaire de la Sainte-Baume, mais une représentation
symbolique voulue en tout point par le curé de Rennes-le-Château.
»
Mais J. Markale semble vouloir aller encore plus loin dans le chapitre où
il aborde le problème du Bézu qui est un autre rappel à
la similitude entre les deux sites connus de Saunière :
« Le nom de Bézu est extrêmement répandu dans
le domaine autrefois occupé par les Celtes… Au pays de Galles,
il apparaît fréquemment sous sa forme Bedd… il signifie
à la fois le ‘bouleau’ et le ‘tombeau’…
C’est le sens le plus courant au pays de Galles, où l’on
peut voir les débris d’un dolmen nommé Bedd Taliesin…
Une tradition locale prétend que si l’on dort sur ce dolmen,
on se réveille ou poète ou fou ». C’est la même
tradition que nous retrouvons près de Ste Croix-en-Jarez, aux ‘Roches
de Marlin’ et à la ‘Chapelle des Fous’ de Jurieu
! (voir la page Rabary). Nous avons servi
de guide à Jean Markale pour visiter tous ces sites… Lui manquait-il
un dernier élément pour conclure, ou avait-il quelques raisons
pour ne parler qu’à mots couverts de son éventuelle
découverte ?…
…
et le monument aux morts de H. Giscard dans le Pilat
Le
monument de H. Giscard
Il
reste également à signaler un détail intriguant. Tout
bon habitué à l’affaire de Rennes-le-Château connaît
les réalisations statuaires, pour l’abbé Saunière,
de l’artisan H. Giscard. On n’ignore pas, non plus, le célèbre
‘monument aux morts’ du même fabricant qui fit couler
beaucoup d’encre ! On pensait savoir où se trouvaient tous
les monuments de ce modèle. Et bien voilà qu’il y en
a un autre dans le Pilat… à côté d’une importante
maison fortifiée des chartreux de Ste Croix… Sur le sujet nous
reviendrons plus longuement avec des photos. Ce ‘détail’
nous semble toutefois utile à signaler dans un chapitre comme celui-ci.
En effet, comment expliquer qu’une église d’un petit
village du Pilat ait eu un monument aux morts provenant d’un atelier
toulousain, alors qu’à St Etienne et surtout à Lyon,
on devait trouver d’aussi belles réalisations que celles de
H. Giscard… sans doute le même hasard que celui qui fait acheter,
par la librairie Derain-Raclet de Lyon, la bibliothèque de l’abbé
Saunière ???
Il est temps maintenant d’apporter encore quelques précisions
sur le développement de ce chapitre.
Le
vol du tableau de Madeleine… de gros risques pour rien ?
Après que nous ayons signalé la présence du tableau de la chapelle Ste Madeleine dans le Pilat… celui-ci a été volé. D’après ce que nous avons pu apprendre, les pillards, ne pouvant venir à bout des fermetures de sécurité de la porte, seraient passés par le toit. Or, ouvrir un orifice dans ce toit dut demander beaucoup de temps et d’efforts. Ensuite, il semble que rien d’autre n’ait été volé en dehors du tableau soigneusement découpé… Le cadre et d’autres objets ne semblaient pas offrir d’intérêt pour les auteurs de ce pillage ! Ce tableau oublié, œuvre d’un peintre local, n’avait que peu de valeur artistique, pour ne pas dire aucune… sauf pour les sinistres voyous qui prirent de gros risques pour se l’approprier. Il est difficile de croire qu’il s’agisse de l’action isolée d’un collectionneur, ou celle d’un maniaque des environs. Il reste à admettre que nous sommes face à un acte parfaitement concerté, organisé et conduit avec sang-froid et détermination… pour une ‘croûte’ sans la moindre valeur apparente, sinon religieuse, ou sentimentale, pour les habitants des environs ?.. à moins que cette peinture ne représente un jalon oublié devenu urgent à soustraire rapidement à la vue des chercheurs de Rennes-le-Château égarés en ces contrées ? De toute évidence, si seul le thème représenté était ‘révélateur’, ce pillage arrivait trop tard… car ce tableau est visible sur nos ouvrages ! De plus, nous disposons d’un excellent cliché professionnel capable de supporter un agrandissement satisfaisant. Non… ce ne devait pas être uniquement l’image qui était visée par ce vol crapuleux !
Et
au verso…ce qu’il y avait à dérober
Mais
alors… si ce n’était pas le sujet qui était à
soustraire, n’était-ce pas… ce qu’il y avait au
dos ? Car le fait de découper la toile fit que l’enquête
judiciaire aboutit à un vol de tableau… et c’est tout
!.. L’enquête et ses éléments s’arrêtèrent
au stade d’une affaire classée sans suite. L’ennui pour
ces voleurs ‘avertis’ est que nous connaissions parfaitement
ce tableau et surtout… une inscription à son verso, qui forcément
maintenant ne peut plus être accessible depuis la nouvelle copie (fort
belle) mise en place dans la chapelle!
Au dos du tableau, se trouvait, avec trois noms locaux, le nom d’une
pieuse famille, sans doute commanditaire de cette peinture, ou de son auteur…
et une phrase de supplique religieuse : « JM Jarau-Mermoutte J.M.
- MM + S.A. - P.P.N. ». De plus, sous cet émouvant petit élan
mystique, se trouvait une étiquette toilée, avec un autre
petit texte laconique : « je suis venu. BS prêtre »…
Certes, les mécontents argumenteront que BS peut être n’importe
quel prêtre… ‘Benoit Sous’, par exemple… L’ennui
réside aussi dans le fait que l’on retrouve l’ombre de
Saunière tout au long de cette découverte.
Le
savoir de Saunière…
Une autre personne ‘savait’ ces inscriptions et les avaient
relevées. Il s’agit de Gérard Moraux de Waldan qui avait
déjà récupéré un lot d’écrits
relatifs aux ‘A.A.’... écrits dans lesquels il aurait
retrouvé les noms de Henri Boudet et Mgr Billard... Ce qui, encore
une fois, ne peut tout prouver, mais laisser converger à nouveau
vers la région lyonnaise, une société aussi religieuse
que fermée, les protagonistes de l’affaire Rennes-le-Château
et Saunière à Lyon. Les ‘A.A ;’... une telle société
Angélique aurait fort bien pu user d’un balisage comme celui
allant du château de Lupé à la chapelle Ste Madeleine…
et Saunière en être aussi informé et en
suivre
facilement le cheminement oublié de tous… pourquoi pas par
les confidences de sa logeuse lyonnaise dont le nom figure derrière
le tableau?
Mais est-ce seulement le fait d’une sorte de pèlerinage solitaire
qui ait pu ainsi motiver l’abbé Saunière à monter
une telle expédition ?
Saunière a appris (ou lui a t’on appris ?) que le Pilat est
fortement impliqué, d’une façon ou d’une autre,
dans le secret de Rennes-le-Château et surtout de Périllos.
Sinon, comment expliquer :
- La présence de Ponce Pilate, venu ici pour faire quoi…après
son arrêt près de Narbonne… sous prétexte de soins
médicaux invraisemblables ? Observer… ou apporter quelque chose
?
- D’illustres membres des familles de Roussillon finançant,
puis dirigeant une chartreuse dans des conditions étranges. D’autres
de ces familiers partent pour une expédition suicidaire près
du grand Maître du Temple à St Jean d’Acre pour que cette
chartreuse puisse être construite… sur un lieu secret.
- Un prieur qui découvre, sous cette même chartreuse, une fortune
ainsi que d’étranges éléments lui permettant
d’annoncer la véritable histoire de l’église et
des rois… qui lui coûteront la honte de fuir sans espoir.
- Des Lupé descendant des mérovingiens qui instaurent un chemin
‘angélique’ finissant à un oratoire dédié
à Madeleine… après un passage obligé vers une
étrange maison forte contenant de bien curieuses sculptures hermétiques…
- Une chapelle avec un tableau représentant la sainte… dont
Bérenger Saunière s’inspirera… et qui disparaîtra,
volé après que nous l’ayons signalé !!!!
- Le nom de la famille hébergeant Saunière à Lyon écrit
derrière ce fameux tableau sans valeur. Le nom de Saunière
ajouté à ce nom…
- Le monument aux morts de H. Giscard… dans une église près
d’une maison forte de chartreux de Ste Croix…
Ajoutons que la fameuse maison forte de Champailler est une propriété
privée. Il est donc recommandé de la considérer comme
telle en droit. De plus les ‘gravures de la porte intérieure’
sont maintenant sous un dangereux éboulis. Cependant nous entrerons
un album de clichés complet sur ce sujet. Le relevé d’état
des lieux est déposé.
Si nous avons pu retrouver ces éléments, il nous manque encore la raison profonde et singulière de ces courts séjours dans le Pilat… ainsi que les autres dernières raisons des visites à Lyon de l’abbé B. Saunière, curé de Rennes-le-Château. Cherchait-il le secret des Lupé ? d’UNE Marie-Madeleine ? Celui de Ste Croix et de Polycarpe ? Où, pourquoi pas, la synthèse de cet ensemble laissé à qui saurait trouver le chemin oublié ? En ce cas, Saunière a t’il travaillé pour lui seul ou pour quelqu’un d’autre ? C’est ce que nous tenterons d’approcher au quatrième et dernier volet de ce chapitre.
A suivre
| Merci
à Maurice pour ses photographies prises, parfois, dans des conditions
difficiles… NB : pour compléter ce texte, on peut consulter, sur ce site, les pages ‘le château de Lupé’, ‘la piste des Ours’, ‘la piste des loups’, Ste Croix-en-Jarez, Polycarpe de la Rivière, et ‘de Rennes-le-Château au Pilat’. Il est également conseillé de prendre connaissance des ouvrages de notre ami Patrick Berlier sur le sujet... et d’autres. Pour situer les lieux : Plis 5B et 6B, Carte du Pilat-Parc Naturel Régional. Au 1 :50 000. IGN. Edition de 1987 pour celle consultée. |