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Société Périllos ©

Bérenger Saunière dans le Pilat
Un fauteuil du Diable
et l’étrange copie du tableau de la
chapelle Marie-Madeleine

 

L’étape oubliée de St Antoine et le vœu de Saunière ?

Nos travaux de prospection de l’été 2005 se sont également déroulés au Mont Pilat. Le secteur choisi est celui que nous savions lié au voyage de Bérenger Saunière, en suivant la piste qu’il pouvait avoir empruntée, depuis Lupé jusqu’à la chapelle Ste Marie-Madeleine. En suivant l’ancien chemin, nous trouvons, peu avant de parvenir à cette dernière étape pratiquement située sous le Crêt de l’Oeillon, un site qu’autrefois personne n’aurait osé manquer : la chapelle St Antoine. Il s’agit d’une robuste petite construction, que rien de particulier ne signalerait comme but de procession très localisée, ou halte religieuse, si elle n’était surmontée d’une croix de pierre à son faîtage. Cette étape est aujourd’hui oubliée et pratiquement personne ne se souvient de ce petit sanctuaire et du rite qui y était attaché.
L’unique porte d’entrée était percée d’un petit guichet en forme de croix. Lorsque la porte était fermée, il était aisé, par ce vide cruciforme, de regarder l’intérieur de la chapelle pour y voir une petite statue de St Antoine en carton bouilli. Après une courte mais rituelle prière, spécifique au lieu, personne ne serait parti sans lancer dans la nef une pièce de monnaie. Plus la pièce arrivait près de la statue, plus l’intercession de St Antoine était efficace pour le souhait adressé. Saunière y fit-il un vœu ou une demande ??? Pourquoi pas, puisque la seconde statue était une petite Ste Madeleine, mais debout avec une cruche à la main, toute aussi délicate, en carton pâte.

De St Antoine au roi géant

Les deux fragiles sujets, finalement réduits peu à peu en un état déplorable, finirent par être enlevés, et seul St Antoine eut droit à une réplique un peu plus solide. Aujourd’hui, une borne de pierres, au bord de la route, rappelle au passant pressé qu’il se trouve devant la chapelle St Antoine. Une date sur une pierre commémore sans doute un événement et la belle croix rustique au faîtage arrière nous rappelle que ce lieu est sacré.
Mais ce n’est pas tout. Une très vieille légende raconte qu’un oratoire d’origine avait été autrefois construit pour commémorer l’existence d’un géant, roi d’un pays lointain et mort dans le bois au-dessus. Effectivement, dans l’épaisseur de la forêt surmontant l’édifice, on peut trouver un grand tumulus avec quelques pierres à cupules. Sans doute s’agit-il d’une tombe collective ou d’un seul personnage important… des époques lointaines du paganisme. Peut-être y avait-il là une sorte de culte oublié et obscur… que la religion, à son habitude, s’est empressée de couvrir d’un autre culte à ‘demande de vœux’ ou à destination de … ‘pénitence’ ? A moins que ce ‘personnage’ géant et important ne soit autre chose qu’un Gargantua ou le fruit d’une imagination mythique débordante et superstitieuse.

A la recherche d’un ‘siège du Diable’

C’est un peu plus loin de cette chapelle que nous avons fini par retrouver ce site mégalithique oublié que nous recherchions. Le chemin venant de Lupé pouvait également passer par cet endroit et conduire plus rapidement à Ste Marie-Madeleine en passant par une autre très belle maison forte au nord de Roisey !
Cependant, il s’agit d’un très vieux chemin, maintenant à usage ‘forestier’ et dont l’état aujourd’hui l’interdit à la circulation des véhicules.
Depuis plus de vingt ans, nous savions un ensemble de roches, comportant diverses gravures, dispersé sur plus d’un kilomètre. Mais surtout, nous recherchions une roche dans laquelle était taillé un siège du même type que celui du ‘fauteuil du Diable’ dans les bois au-dessus de Rennes-les-Bains. C’est après une longue marche dans les fourrés que nous avons fini par retrouver cette roche et d’autres aux alentours.
Il s’agit bien du même style de ‘siège’ et on peut même dire qu’il serait orienté de la même manière que son cousin de Rennes-les-Bains. La visée également serait également axée sur une ancienne source ou résurgence, maintenant quasiment obstruée et invisible l’été.

Le même siège du Diable que celui… de Rennes-les-Bains !

La cavité en forme de siège ne semble pas avoir été prévue pour une autre fonction que celle de recevoir un personnage s’y asseyant. On ne peut non plus supposer cette cavité comme une érosion naturelle ou une énorme cupule ayant fini par avoir un de ses bords cassé, puis érodé de manière à former une partie vide, un passage libre vers l’extérieur. Comme le ‘siège du Diable’ de Rennes-les-Bains, il ne peut s’agir d’autre chose… pour le Diable ou autre. Egalement, un peu plus loin, nous trouvions un autre ensemble de roches dont la principale semble vouée à un usage identique.
Cependant, cette dernière, dans la même orientation, présente devant elle des pierres formant une sorte de ‘barque’ dont le pont arrière serait ce trône rocheux. L’avant, ou étrave de cet assemblage, s’ouvre en deux, comme pour mieux suggérer un viseur ou une direction à suivre… correspondant pratiquement à un axe passant vers la chapelle Ste Marie-Madeleine sous le ‘Crêt de l’Oeillon’ du Pilat.
Y aurait-il eu une similitude de site entre ceux ayant pour pièce principale une sorte de ‘siège’… ‘Siège du Diable’, ‘siège d’un roi géant oublié’ ou siège.. de ‘la Mourtre’ ? Ces sites répertoriés sur Rennes-les-Bains, le Pilat et Périllos auraient-ils un point commun ? Si oui, qui pouvait avoir droit d’y siéger, et pour quelle décision ou cérémonie ??? Ne peut-il s’agir que d’un hasard si le chemin que pouvait utiliser Saunière passait par ce genre d’endroit ?... ou s’agissait-il d’un périple reprenant des détails en forme de balises, confirmant au ‘pèlerin’ qu’il était sur la bonne voie ? Le saurons-nous un jour ?… En attendant, il nous semblait judicieux de fournir ces détails mégalithiques identiques entre trois sites, que nous connaissons bien maintenant dans l’affaire de Bérenger Saunière.

Retour à la chapelle Ste Madeleine du Pilat

De ces deux premiers points sur le chemin qu’a pu emprunter l’abbé Saunière, nous rejoignons normalement le site de la chapelle Ste Madeleine qui devait être l’ultime étape de son périple. Nous reviendrons par ailleurs, et en détails, sur la halte de la maison forte de Champailler dont nous avons déjà abordé les gravures et les curiosités.
Habituellement, il était possible d’arriver en véhicule jusqu’à la petite construction. Cependant, en raison des travaux forestiers dans ce secteur, nous devons laisser les véhicules au ‘Collet’ et poursuivre à pied.
C’est dans cette chapelle qu’eut lieu le vol d’un tableau montrant Marie-Madeleine dans sa grotte, rapporté dans notre chapitre ‘Bérenger Saunière dans le Pilat’. Nous nous sommes rendus jusqu’au petit sanctuaire car nous avions appris que le tableau dérobé était maintenant remplacé par une copie conforme et remis dans son cadre d’origine.

La porte semble renforcée, mais un orifice permet toutefois de porter son regard à l’intérieur.
Nous avions fait état des détails, sur ce tableau, qui pouvaient avoir de l’importance dans notre recherche comme, sans doute, celle de B. Saunière. Des détails insolites montrant que le peintre avait, forcément, suivi des directives précises pour entrer dans son décor des éléments que Saunière était peut-être venu retrouver.

Un tableau annoncé copie conforme à l’original… et qui ne l’est pas !

En venant voir la reproduction, prétendue « à l’identique », nous nous attendions à contempler un tableau comportant rigoureusement la même scène, les mêmes détails, mais en plus ’frais’, plus nets, donc plus lisibles.
L’obtention de la copie conforme d’une oeuvre détruite se fait habituellement à l’aide d’un projecteur et d’un ancien excellent cliché du sujet à reproduire. On projette l’image du modèle à telle distance qu’elle emplisse le nouveau support, une toile vierge par exemple. Il est ensuite facile de suivre, en les traçant, tous les contours de ce qui faisait l’original. Il reste ensuite à appliquer les couleurs selon le même procédé. On obtient ainsi un véritable jumeau du modèle primitif… parfois plus convaincant que son modèle, puisque dans le cas présent les déchirures et raccords auraient été supprimés. C’est ce que nous nous attendions à trouver, dans l’ancien cadre derrière le maître-autel, afin d’en prendre une nouvelle photographie… et c’est ce que nous n’avons pas trouvé !
Ce qui est maintenant en place dans la chapelle, en guise de tableau, est sans doute à première vue identique au précédent… pour le visiteur qui n’a jamais vu l’original. Mais en réalité, à part le personnage de Madeleine qui se tient approximativement de la même façon, la croix et vaguement la forme des montagnes derrière le personnage… le reste est peu ressemblant et certains détails ont purement et simplement été supprimés !

L'originel

La reproduction

Pour le chercheur qui voudrait suivre, et vérifier notre hypothèse, il est maintenant certain qu’il ne croirait pas un seul instant la description que nous avons fait de certains détails du tableau, sans faire état des précieuses indications qui se trouvaient derrière la toile. A présent, la piste s’arrêterait là si nous n’avions pas eu, bien avant le vol du tableau, l’initiative de copier et faire un cliché du détail écrit au dos de la toile. La vue de ce qui était écrit au dos du tableau sera présentée le moment venu, ce qui ne saurait tarder.

Nos recherches sous haute surveillance

Enfin, nous ajoutons que lors de notre dernière prospection d’été sur le secteur du Pilat, nous avons appris que certains services de l’Etat suivent à la trace nos travaux et s’y intéressent au plus haut point. Par exemple, ils s’émeuvent du fait que nous visitons certaines églises du secteur de Pélussin en y faisant de nombreuses photographies… Comme nous ne nous cachons pas, il ne doit pas être difficile de vérifier les lieux où nous nous rendons, et le fait que nous y prenions des photos.
En échange, nous avons su à cette occasion que l’enquête sur le vol du tableau de la chapelle Ste Madeleine dans le Pilat suivait son cours… qui doit être assez lent, et sans résultat marquant, puisque cet acte crapuleux eut lieu il y a maintenant plusieurs années…
Pour information, il est utile de préciser que nous avions demandé l’ouverture de l’église, qu’un guide nous accompagnait, qu’il nous a renseignés (avec erreurs au demeurant) sur le lieu sans nous préciser la moindre interdiction de photographier. Ajoutons, surtout, que sur aucune des portes des édifices, où nous avions fait des prises de vues, il n’y avait de panneau interdisant les photos !

Petits constats pour le moins intrigants

Nous pourrions émettre quelques réflexions depuis tous ces derniers détails.
- Il ne s’agit pas d’un acte de vandalisme pur, car il y aurait eu saccage et destruction et non un vol sans autre casse que l’ouverture du passage.
- Ce tableau ne peut avoir été dérobé par des voyous qui auraient, sans doute, plutôt emporté des objets monnayables afin d’en tirer profit.
- Un collectionneur non plus n’aurait sans doute pas pris tant de risque pour une toile… sans valeur ni style particulier ou thème remarquable.
- Un pourvoyeur d’œuvres d’art ‘rustique’, ou ‘religieux local’, non plus, ne s’y serait ni trompé, ni aurait engagé son dévolu sur… une ‘croûte’ sans valeur.
Que nous reste t’il comme hypothèses simples et logiques ? Il nous reste, seulement, la piste de ‘quelqu’un’ ayant pour ce tableau un tout autre intérêt que celui du profit financier ou des œuvres d’art.
Ce délit eut lieu peu après que nous ayions fait mention de nos observations sur cette peinture… Pourquoi ne pas envisager qu’il y ait eu alors « cause à effet » ? Le hasard ?... Dans cette affaire, il serait douteux. A l’opposé, il pourrait s’agir d’une initiative, malhonnête, depuis le suivi de nos travaux et l’annonce des détails que nous avions trouvés. Si l’on admet cette possibilité, voici ce qui peut, sans trop de ridicule, avoir conduit à cet acte méprisable :
- ‘On’ veut nous doubler dans nos conclusions, tout en voulant empêcher qui que ce soit de poursuivre cette piste de BS, nous y compris.
- ‘On’ veut s’accaparer ce qui est révélateur.
- ‘On’ n’a pas été capable de décoder le message, mais ‘on’ a compris qu’il existait et il est mis hors circuit.

Une autre possibilité digne du Da Vinci Code

Une dernière possibilité, encore plus … délicate :
- ‘On’ sait depuis longtemps cet épisode de la découverte du secret par Saunière.
- ‘On’ est devenu (volontairement ou non) gardien de ce savoir.
- ‘On’ a compris que nous étions à la veille de mettre en lumière tout un pan de ce savoir caché.
- ‘On’ s’aperçoit que nous poursuivons notre progression et que d’autres chercheurs peu à peu vont arriver à ce point important d’un lieu ou d’un secret.
- ‘On’ soustrait donc ce ‘jalon’ avant que d’autres le découvrent aussi. A cette fin, ‘on’ maquille cette ‘mise en sécurité’ en vol crapuleux, sans autre motif qu’un minable petit profit.
- ‘On’ constate que la disparition ne suffit pas… les travaux se poursuivent tout de même et des chercheurs utilisent nos clichés puisque l’original est ‘volé’.
- ‘On’ s’arrange pour ‘suggérer’ de remettre dans le circuit une copie déclarée ‘conforme’ mais qui ne l’est pas… sachant que ceux qui suivront nos recherches pourront douter de nos photos, et ainsi fragiliser, voire ridiculiser ou ruiner notre hypothèse.

La volonté évidente d’un faux

Certes, nous entendrons dire que nous ‘poussons un peu loin le bouchon’ et que ceci n’est qu’une risible annexe au ‘Da Vinci Code’… Mais de quel rire rirons-nous en nous demandant pourquoi cette copie n’a pas été faite de manière à être réellement conforme ? Puisqu’il était décidé de refaire ce tableau de Marie-Madeleine à l’identique, pourquoi ne pas s’en être donné les moyens ? En la matière, il n’était pas plus compliqué (sans doute même plus simple), ni plus long (sans doute même plus rapide), d’utiliser la méthode de reproduction d’un original par projection d’un cliché… Pourquoi s’être donné tant de mal pour ne pas arriver au résultat annoncé ? Pourrait-on argumenter un manque de documents photos sur le sujet… alors que nous savons les personnes qui en avaient des exemplaires ? L’auteur de cette dernière œuvre pouvait, depuis toutes ces archives, au moins reprendre certains détails et les représenter avec le même sens artistique qu’il utilisa pour son travail…
A moins, évidemment, que le résultat de l’œuvre soit ce qui en était attendu : une copie, telle qu’on peut la voir à présent, sur laquelle les détails intéressants… n’existent plus. Oui, mais alors, quelles sont les raisons de cette étrange opération ? Serait-ce vraiment une autre histoire ? Nous verrons que d’autres éléments, dans le Pilat, suivent le même chemin de la disparition… fortuite. Le plus étrange réside surtout dans le fait que ce soit à chaque fois un de nos éléments balises… Mais que tout un chacun se rassure, nous disposons de suffisamment d’anciens clichés d’origine, qui nous permettront, malgré tout, de poursuivre et présenter tous nos travaux sur ces sujets.

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