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Société Périllos ©

Où il est question de Bugarach

 

Concernant le département de l’Aude, ou généralement les pays de Corbières, Razès et Roussillon, chaque fois qu’il est question d’événements irrationnels ou paranormaux nous retrouvons, en filigrane, le nom de Bugarach intimement mêlé à des faits étranges. Son étymologie proche de ‘Boulgre’ laisse supposer un lien secret avec les terribles événements de la croisade contre les Albigeois… Plus loin la rumeur nous entretient de faits mystérieux se déroulant au long des pentes du Pech de Thauze. Le secteur de Bugarach apparaît aussi dans plusieurs affaires locales plus connues, comme celles de Renne-le-Château, Rennes-les-Bains… dans lesquelles s’imbriquèrent de nombreux personnages bien connus : les abbés Saunières, Boudet et tant d’autres familles tout autant connues, celle d’Hautpoul par exemple qui furent seigneurs des lieux. Histoire de trésors oubliés, d’énigmes insolubles et secrets mortelles émaillent également ce pays aux ombres formidables…
La sagesse populaire affirme « qu’il n’y a pas de fumée sans feu » ! Dans ces conditions Bugarach, peu à peu, disparaît sous un si épais rideau fumigène qu’on se demande qui a bien pu allumer un tel feu, et surtout pour dissimuler quoi, qui, pourquoi et depuis quand ? Pour le rationaliste il ne saurait y avoir quelque chose de concret derrière cette masse de propos énigmatiques et déroutants, et à première vue rien d’aussi méchant qu’on veut bien nous le laisser craindre ! Et la commune de Bugarach de retourner à son environnement légendaire sans autre forme de procès… avec sa cohorte d’étranges ‘visiteurs’ d’un crépuscule frissonnant sous un inquiétant ciel d’orage…
Plus tard le curieux, le promeneur, le chercheur s’étonnent, au fil de recherches documentaires, de la pauvreté de ses résultats. Effectivement on ne peut qu’être surpris du peu d’ouvrages (pour ne pas dire aucun à notre connaissance) totalement consacrés à la commune de Bugarach, son passé historique, ses richesses archéologiques, curiosités naturelles ou anecdotiques. Cà et là on doit se contenter de bribes mentionnant telles curiosités minérales ou minières, et de petits chapitres relatant quelques épisodes historiques de la région dans lesquels se distingue brièvement le nom de Bugarach… Rien de bien complet ou constructif en la matière. Pourtant cette commune, à l’environnement extraordinaire, doit disposer de toute sa place dans les guides touristiques régionaux. Mais c’est aussi dans les méandres de son passé historique, culturel et traditionnel que cette terre formidable retiendra toute notre attention. En effet l’étude des différentes voies de recherches sur le sujet nous ouvrent progressivement de formidables possibilités de travaux jusqu’ici jamais réalisés ou rassemblés en une seule étude. Ce qui semble, tout d’abord, n’être qu’une succession de simples détails insolites, s’avère très vite déboucher sur des possibilités dépassant largement nos premiers espoirs.
Rapidement ces études nous montrent que nous ne sommes pas les premiers engagés dans cette étrange enquête. Plusieurs prédécesseurs s’y risquèrent souvent avec, hélas, de dramatiques conclusions, car rien ne s’avère fortuit dans ces observations et conclusions encore provisoires pour l’instant… Ils trouvèrent tous un ou plusieurs éléments d’une énigme complexe en attente de solution.
Que cette région soit liée au mystère de Rennes-le-Château, et inversement d’ailleurs, ou à un ensemble plus large sur le plan de notre passé, le cheminement reste entier. Nous ne pouvons laisser s’éteindre irrémédiablement ce qui restent de témoignages laissés, comme autant de pièces d’un rébus engagé il y a des siècles, en sauvegarde d’une révélation… qui nous est peut-être aujourd’hui destinée.

Que s’est-il réellement passé dans cette région que certains ‘initiés’ voulurent occulter sans vouloir radicalement effacer… Il est certain qu’un événement, un ‘savoir’ important y est encore terré. Cette lourde connaissance fut sans doute sous la protection de plusieurs familles locales impliquées dans les énigmes du Razès et d’autres endroits… Comme en d’autres lieux, connus pour leurs mystères, des signes restent visibles, des gravures, des dessins, des graffiti, des documents, des légendes, des vestiges qu’ils soient seigneuriaux, religieux ou datant de la nuit des temps. Ces ultimes témoins attestent d’un dépôt traditionnel sans doute fabuleux, d’une mémoire, d’un vestige dont la valeur est à la dimension des précautions assurant toujours sa sauvegarde. Un étrange parcourt s’ouvre de grottes en châteaux, d’église en ermitages, de rivière souterraine en mines occultées, de gravures en images de lumière, d’écrits religieux en souvenirs d’une prétendue Atlantide, de notaires oubliés en archives obscures, de philosophies occultes en ésotérismes symboliques, des archives de St Polycarpe à l’écrivain Jules Verne… tous ces relais conduisent jusqu’à l’ultime révélation d’un voyage au centre… du mystère !
Cependant n’oublions jamais que ce cheminement parsemé de pièges redoutables peut, certes conduire au ‘savoir’, mais aussi se refermer mortellement sur l’imprudent ou le sacrilège… A l’image de certaines questes médiévales nous pouvons accéder à quelques châteaux ‘Périlleux’, à quelques coupes d’immortels secrets, à quelques tables où un treizième siège vide attend le téméraire ou l’inconscient… Il y a ‘quelque chose’ dans le passé de Bugarach qui justifia de telles précautions. Un ‘quelque chose’ défiant le temps et l’espace. Un ‘quelque chose’ à la fois sacré, occulte et hermétique. Un ‘quelque chose’ ouvert sur des dimensions qui nous sont inconnues ou difficiles à admettre.
Le travail proposé aujourd’hui n’a d’autre but que de rassembler des éléments oubliés, effacés… dissimulés. Cette petite somme d’informations n’a surtout pas la prétention de TOUT contenir, loin s’en faut… elle se veut seulement une possibilité, un début d’ouverture tangible depuis ces éléments épars sur les énigmes de Bugarach.

Mosaïque d’une commune

« Au sud, se déroulent, à perte de vue et en ligne droite, les anneaux de la chaîne de Saint-Antoine de Galamus, au-delà de laquelle on aperçoit deux crêtes appartenant à la chaîne d’Ayguebonnes et de Lesquerde, alignée parallèlement à la première, et les plus hauts sommets des massifs compris entre Quillan et Caudiès. Au nord de la chaîne, vers l’ouest , le sol offre l’aspect d’une vaste surface ondulée, d’une mer houleuse tout-à-coup pétrifiée, dont les énormes vagues, surtout lorsque le soleil les anime de sa lumière, semblent vouloir se rapprocher parallèlement d’un rivage situé vers le nord.
A l’est, et par delà les crêtes du massif de Tuchan, on distingue la mer, puis, en descendant vers le sud et l’ouest : Perpignan et la plaine du Roussillon, le Canigou, le mont Madres et cette partie des Pyrénées qui forme la frontière d’Espagne vers Mont-Louis et le département de l’Ariège.
On descend du pic par le sentier que l’on a suivi pour l’atteindre, et de là on se rend au village même de Bugarach, en passant par la ferme des Bringots, où les voyageurs altérés par la chaleur et l’air vif de la montagne peuvent étancher leur soif à une fontaine fournissant en abondance une eau excellente. » (‘Lectures variées sur le département de l’Aude’ d’A. Ditandy, extrait de l’édition 1875, par la fameuse imprimerie de François Pomiès, au 50 rue de la Mairie… éditeur qui, 11 ans plus tard, produira ‘La vraie Langue Celtique’ de l’abbé Boudet.) Et nous voici arrivés à l’entrée du village de Bugarach…

Etymologie

Bugarach ! Un autre abbé justement, du nom de Sabarthès, dans son ‘Dictionnaire topographique du Département de l’Aude –1916-‘ apportera d’autres précisions sur l’évolution toponymique de cette commune : « Canton de Couiza, église dédiée à la Sainte Vierge, la cure était unie au chapitre Saint-Paul de Fenouillèdes ; sénéchaussée de Limoux. –
Villa Burgaragio, 889. – Bugaaragium, 1231. – Ecclésia de Burgairagio, 1259. – Bugaragium, 1347. – S. Marie de Bigarach, 1194 – 1500. – Bigarach et malet, 1298 – 1500. – Locus de Brigaragio, 1377. – Bugaraich, 1594. – Beugarach, 1647. – Bugarach, 1781. »
Bugarach, 3ème canton du district de Quillan, en 1916, se compose de Bugarach, Camps, Cubières, le Bézu, Parahou, Saint-Just et Saint-Louis.
Sur le plan religieux cette paroisse dépend de l’Archiprêtré d’Alet et du haut-Razès…
Pour l’instant nous nous contenterons de ces données toponymiques provenant de documents d’archives officiellement répertoriées.

Image habituelle

Bugarach… Paysage à l’image de ce pays d’exception à la palette formidable de sensations, couleurs, moments où se confondent intimement passé obscur, Histoire dévastatrice, légendaire et réalité d’une humanité mystérieuse .
Bugarach… Etrange embranchement géographique ayant à ses pieds les eaux amères de la Sals. Du village on remonte jusqu’au col d’où un sentier nous conduit au sommet du mont Bugarach, point culminant de la région avec ses 1231 mètres d’altitude. De ce col, la route, par le Linas, redescend vers Cubières, véritable porte de Galamus, en contournant l’émergeant Pech abrupt et dominateur. Plus loin ce sera Camps et son ruisseau, l’Agly…
Bugarach… village à 15km de Limoux. Le passé du bourg pourrait être un des plus communs de cette région. Une occupation préhistorique précoce de l’homme sera suivie par la sédentarisation habituelle des époques de l’Antiquité et des conquêtes romaines. Le Moyen-Âge suivra avec son cortège d’intrigues et de violences ‘ordinaires’, rien de plus, mais rien de moins, qu’ailleurs dans les Corbières.
Bugarach… s’assoupissant, s’épuisant, au rythme des vicissitudes de la vie contemporaine, subit au début du 20e siècle l’abandon et le désintérêt propre à toutes les crises sociales.
La commune, maintenant, reprend vie grâce à la richesse naturelle de son environnement. Ses paysages réellement hors du commun offrent à présent des parcours de plus en plus appréciées, mérités, des inconditionnels de la randonnée, la spéléologie ou simplement de la beauté sauvage de sa nature et de ses curiosités historiques alentours.
Bugarach, agréable petite commune des Corbières, pourrait être effectivement tout à fait ordinaire et paisible… Et s’il en était différemment ?