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Le Codex Bezae : Analyse historique & religieuse

 

Il est un défaut que l’on rencontre fréquemment chez les chercheurs qui s’intéressent à l’énigme de Rennes-le-Château : c’est de ne point considérer les deux parchemins de l’abbé comme d’authentiques écrits ecclésiastiques. Avant de chercher querelle aux positions des lettres de ces textes et d’y voir un possible codage, il conviendrait en effet de s’interroger sur la valeur religieuse du contenu. Le meilleur exemple qui puisse être, est qu’il n’y a que récemment qu’un universitaire du nom de Wieland Willker s’est aperçu que le petit parchemin avait été copié d’un codex biblique fort ancien, le codex Bezae. Wieland Willker de l’université de Brême apporte, nous le soulignons, des preuves suffisantes pour démontrer que le document en question (petit parchemin) provient de ce codex, qu’il en possède la calligraphie et les particularités textuelles. Ceci posé, comme le rapporte Thierry Garnier, écrivain savant, cette seule constatation ne suffit point, et l’universitaire aurait dû pousser plus avant les conclusions de son étude. Wieland Willker a puisé ce rapprochement en consultant l’original du codex Bezae dans les fonds d’archives de l’université de Cambridge. Certes la découverte est agréable, mais l’auteur n’a point remarqué qu’une césure existait sur le codex, et que de cette manière, quelqu’un avait mis en relief ce verset. Or le texte du petit parchemin de l’abbé Saunière commence exactement à l’endroit où la césure débute dans le codex. Il va de soi que cette Césure démontre que si le parchemin est partie prenante dans l’énigme de Rennes-le-Château, le codex qui en est la base n’est pas moins mystérieux. Quelle main savante s’est donné la liberté de souligner dans le codex le verset correspondant au début du parchemin ? A quelle date ? Dans quel but ?
La date est d’une extrême difficulté à déterminer, d’autant que les éditions du Codex de 1864, 1899 et suivantes portent la même caractéristique. Quant à la main qui fit la césure, si elle ne peut être dévisagée, on peut par contre connaître sa volonté. Mais pour éclaircir ce point, quelques éléments d’histoire doivent être précédemment posés : Le codex Bezae est écrit en grec et en latin. Le texte grec commence sur la page de gauche, le latin sur la page de droite. Frédéric H. A Scrivener, qui l’a redécouvert, datait l’ouvrage du Vème siècle. Des études paléographiques sont venues confirmer cette déduction, et donnent entre 380 et 430 pour époque de sa rédaction (J. Trigoin, L. Holtz). Au cours de l’histoire il est rarement fait mention de ce manuscrit, toutefois on le voit apparaître en 1545 au concile de Trente, où un évêque le présente et y montre des passages propres à ce seul codex. On pense d’ailleurs à ce sujet, et vu les particularités dudit texte, qu’il vient de la région de Lyon. Certains versets de la partie latine se rapprochent du martyrologue d’Adon, rédigé à Lyon au IXème siècle. D’ailleurs, le codex semble avoir été partiellement réécrit à cette époque par l’atelier de calligraphie Florus, toujours dans la même ville (R. L Mullen dans les Dossiers d’Archéologie 2003, p 35.) Le codex Bezae, d’après R. L Mullen, serait donc originaire premièrement de la région de Constantinople et aurait été apporté de là en Gaule vers le VIIème siècle, pour ensuite être modifié à Lyon au IXème. De façon incertaine, la césure dont nous avons parlé pourrait être datée de cette époque. Mais, même si cette réécriture est attestée, Scrivener pense au contraire que le codex en mauvais latin fut rédigé à Lyon, au Vème siècle, sur la base d’un manuscrit apporté par St. Irénée, originaire de Smyrne et vieux du IIème siècle. Dans tous les cas, le codex Bezae reste une énigme constamment en lien avec la ville de Lyon…
Enigme quant à son origine, mais aussi quant à son contenu : A ce sujet, il convient de souligner que ce codex est d’une rare étrangeté, particulièrement dans le passage qui fut la base du petit parchemin de Bérenger Saunière. La césure fait débuter le passage en ces mots : « ET FACTUM EST EUM IN SABBATO SECUNDO-PRIMO ». Ce qui signifie « Or il arriva le jour de Sabbat Second-Premier ». Secundo-Primo est un terme chronologique en contradiction avec les passages de Matthieu et de Marc. [Mc. II, 23-28, Mt. XII, 1-8. (voir les passages des évangiles en notes****)]
Il s’agit d’une difficulté fort connue, dont St. Jérôme (ep. Ad. Nepotian, VIII) avait demandé, sans résultat, la solution à St. Grégoire de Nazianze. St. Augustin en sa « Concordance des Evangiles » s’était de même interrogé sur ce mot curieux : Chap. XXXIV, sur les épis rompus « St. Matthieu continue ainsi : « En ce temps là Jésus passait le long des blés, un jour de Sabbat. » Mais St. Luc ne dit point « En ce temps-là » mais « Or il arriva un jour de sabbat Second-Premier ». Et St. Matthieu poursuit « Jésus s’étant éloigné de là, vint dans leur synagogue. Alors se présenta un homme qui avait une main desséchée ». St. Luc parle aussi de la guérison de cet homme qui avait une main desséchée, mais le fait ne semble pas être arrivé le même jour de Sabbat que celui relatif aux épis, car pour Luc, il s’agit encore d’un jour de Sabbat, mais non le même que celui qu’il nomme « Secundo-Primo ».

Eglise St Irénée, Lyon

St Augustin sent bien ici une difficulté, qu’il tente ensuite d’expliquer par une omission de St. Matthieu. « Sabbato Secundo-Primo » pose donc un problème de concordance entre les évangiles de St. Matthieu, Marc, et Luc. Le texte du petit parchemin de Saunière est ainsi particulièrement remarquable, car il reprend un passage de l’évangile de St. Luc fortement controversé. Notons d’ailleurs que le Codex Bezae se démarque ici de tous les autres manuscrits bibliques de son époque. Le père Joseph Marie Lagrange, directeur de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes Bibliques de Jérusalem (sous Léon XIII), soulignait ainsi le fait : « il serait sans doute ici question du Second de deux Sabbats qu’on pouvait qualifier de premiers. Ces mots, Secundo-Primo, invraisemblables, doivent être rejetés d’après les règles de la critique, car ils sont omis par les codex aleph, B, L, W, 1, 22, 33, 69, 118, 157, 209, ew, b, c, e, f° l q, boh, sah, syrr, ce qui autorise à les supprimer malgré leur existence dans le codex (D05) de Bezae ». En d’autres termes, les mots Secundo-Primo ont été supprimés de la Vulgate et de toutes les éditions bibliques modernes, car ils ne se trouvaient que dans le codex Bezae (sauf Textus Receptus, mais qui ne fait pas partie des codex du Vème siècle). On ne peut donc que s’interroger sur les motivations du rédacteur du petit parchemin et de celui qui appliqua une césure dans le codex à cet emplacement. Voulait-il donner un certain relief à ces mots « Secundo-Primo », qui n’existent point ailleurs ? Les lettres P.S en bas, et en marge du petit parchemin de l’abbé Saunière, entourées d’un signe qui les font lire à l’envers, n’avaient-elles point pour vocation d’être les initiales de ces mots, « Secundo-Primo », ou « Primo-Secundo » ? S.P, ou P.S, lettres qui d’ailleurs se retrouvent sur la dalle dite de Blanchefort, en lien avec deux autres mots « Prae-Cum », à savoir « Avant-Avec ». (Comme s’il fallait lire « Secundo-Primo » à l’envers : La première lettre de P.S à « l’avant », la seconde « avec ».) Dans ce cas précis l’auteur de la césure aurait été doté d’une solide connaissance biblique…. ! Pour répondre à cette question : De quelle utilité sont ces deux mots ? Il faut tout d’abord expliquer que le Sabbat de ce passage de Luc, où les disciples de Jésus rompent des épis de blés, pose un problème de date identique à celui que l’on rencontre pour la fixation de la Pâques, dans les évangiles de Luc, Jean, Matthieu, Marc.
Luc, dans le passage du codex qui est soumis à notre étude, déclare que l’épisode des épis rompus arrive le jour du Sabbat Second-Premier, et dit ensuite qu’il arriva aussi un « autre » sabbat, au cours duquel Jésus entra dans une synagogue pour y guérir un malade. Or Matthieu donne un unique Sabbat pendant lequel ces deux évènements arrivent. Nous sommes donc en présence d’un problème de concordance entre les deux auteurs, qui implique que Luc doit avoir écrit en sens inverse de Matthieu : Le Sabbat de Matthieu où l’on rompt les épis doit être compris comme se passant la nuit, et celui de Luc, comme s’accomplissant le jour. Les disciples auraient donc rompu deux fois les épis de blés, à des heures de la nuit et du jour différentes. La guérison du malade à la synagogue interviendrait ainsi à la fin de la nuit, c'est-à-dire entre le moment de la nuit où les disciples passent par les blés, et le jour où ils reviennent sur les lieux pour de nouveau les rompre.
Luc écrit donc son évangile à rebours de Matthieu ; et c’est pour cette raison qu’il donne ces mots : « Second-Premier Sabbat ». Car le Sabbat décrit dans Luc est en réalité Binaire et double, en ce qu’il se déroule à cheval sur deux journées différentes : d’abord la nuit d’une première journée, puis la demi-journée suivante. Il faut ajouter pour mieux comprendre, que selon l’horaire romain en vigueur à l’époque des Evangiles, chaque journée débute à l’aube et s’achève à l’aube suivante, ce qui signifie concrètement que le changement de date s’effectue non pas au milieu de la nuit, à minuit, mais bien à l’heure où le soleil commence à poindre à l’horizon. Chaque passage de l’aube au cours d’un Sabbat marque donc le commencement d’un nouveau jour, ce qui a pour effet d’ajouter un second Sabbat à la suite du premier. Ce qui explique que, l’épisode de la rupture des épis de blés intervenant le jour dans Luc, celui-ci le considère comme un Second Sabbat, par contraste avec le Premier qui se passe vers la fin de la nuit précédente, et qui voit s’accomplir la guérison du malade à la Synagogue. Nous comprenons alors la raison de cette appellation très particulière de « Second-Premier » donnée par Luc à cet épisode diurne où les disciples de Jésus rompent les épis de blés, puisque ces Deux Sabbats accolés, tout en étant distincts l’un par rapport à l’autre, sont considérés comme un seul Sabbat à l’échelle de la semaine.
Après avoir détaillé le fonctionnement du Sabbat Binaire décrit dans Luc, examinons plus en détail le Sabbat selon Matthieu. Contrairement à ce que l’on observe dans Luc, la rupture des épis de blés s’y produit pendant la nuit du jour antérieur, c’est-à-dire au cours de la même nuit que la guérison du malade à la Synagogue. Ce qui signifie tout simplement que le Sabbat de Matthieu se déroule intégralement durant la nuit. Il s’agit donc d’un Sabbat unitaire, qui commence à la tombée de la nuit, en d’autres termes, débute AVANT le Sabbat binaire de Luc. La partie commune à ces deux Sabbats étant l’épisode de la guérison du malade à la Synagogue situé en fin de nuit, c’est-à-dire à la fin du Sabbat unitaire de Matthieu et au commencement de celui Binaire de Luc. Par conséquent, les Sabbats de Luc et de Matthieu ne peuvent être considérés comme identiques, puisqu’ils sont décalés dans le temps d’une demi-journée l’un par rapport à l’autre !
[Les lettres P.S au bas du parchemin nous parleraient alors d’un Sabbat nocturne, dit des sorcières. (PS étant l’indication de retourner en sens inverse les mots Secundo-Primo, c’est-à-dire la chronologie du passage de Luc).]
La meilleure preuve s’il en est de cette approche, est que les passages de Luc sont en ordre inverse de ceux de Matthieu et Marc dans cet épisode, celui de la rupture des épis de blés par les disciples de Jésus. (****** voir les passages des évangiles fournis en notes)
Maintenant que nous avons posé ceci, il est évident que la date de cet épisode (des évangiles) est différente selon que l’on suit l’évangile de Matthieu ou celui en ordre inverse de Luc. Or, le même problème de chronologie se retrouve pour la Pâques, c'est-à-dire la Cène du Christ. Et d’ailleurs lorsque l’on observe le passage du codex Bezae, il faut remarquer qu’il contient déjà des éléments le raccordant à la dernière Cène : chap. VI, Luc, Verset VII, ‘Or les scribes et les Pharisiens prenaient garde s’il (Jésus) le guérirait le jour du Sabbat, afin qu’ils trouvassent de quoi l’accuser », et dans Matthieu, XII, 14, « Or les Pharisiens étant sortis consultèrent contre lui comment ils feraient pour le perdre ». Nous sommes dans une préfiguration de la Cène pendant laquelle Judas sera accusé par le Christ d’avoir l’intention de le vendre à ceux de la synagogue. D’autre part, les évangiles nous déclarent que le Christ est mort une veille de Sabbat, et que ce jour était de même celui de la préparation de la Pâques juive, sans doute le 14 Nisan (date selon le calendrier hébreu). Cette date de la Pâques n’est point concordante entre les différents évangiles, et pose donc le même problème que celui que nous venons d’étudier (problème de date). A ce sujet, il est bien curieux de lire dans le grand parchemin de l’abbé Saunière cette première ligne : « Jesus ergo antes sex pespascsha », ce qui signifie « Six jours avant la Pâques, Jésus » vint à Béthanie. (XII, 1-12, Jean) C’est en comptant à partir de ces six jours que les exégètes trouvent justement des difficultés pour établir la date de Pâques selon l’évangile qu’ils suivent (Jean ou Matthieu, ou Luc). Que penser de tout cela ? On en déduira que l’auteur de la césure dans le codex Bezae, ainsi que l’auteur des deux parchemins désirait discuter de la date de la Pâques, et sans doute contester sa fixation actuelle. Nous allons voir qu’une telle idée avait été défendue à Lyon, là même où le codex séjourna un temps.
Vers l’an 170, le jour de Pâques fit l’objet d’un profond désaccord entre les chrétiens. A Rome, on déplaça la Pâques au Dimanche qui venait après le 14 Nisan, alors que les Marcionites (groupe religieux Manichéen, disciples de Marcion), les Montanistes de Lyon (autre sorte de Manichéens), et certains Evêques d’Asie alléguaient que la Pâques devait être fixée le 14 Nisan. Les uns, ceux de Rome, suivaient l’évangile de Jean, les autres celui de Matthieu, et interprétaient Luc afin d’asseoir leur opinion. C’est ce que l’on nomme la controverse de Laodicée ; controverse qui prit une singulière force vers l’an 195. Rome désira imposer la date de la Pâques aux églises d’Asie, aux Montanistes, et aux Marcionites. Le Pape Victor convoqua les évêques, et l’on consulta le concile de Palestine qui avait pour chef Théophile de Césarée. Puis, on envoya des missives à St. Irénée de Lyon, évêque des Gaules. La date de la Pâques fut d’un commun accord déterminée au Dimanche et non au 14 Nisan. La réponse des contestataires ne se fit point attendre et Polycarpe d’Ephèse, scandalisé, écrivit une protestation officielle contre cette décision arbitraire et illégale. Irénée de Lyon avait pourtant accepté la transposition de la fête de Pâques au Dimanche, mais il refusa par contre de soutenir le Pape Victor dans son idée d’excommunier les églises récalcitrantes d’Asie, et de Gaule. Nous gardons d’ailleurs d’Irénée ces quelques lignes : « Les anciens d’avant Sôtêr qui dirigeaient les églises que tu conduis, ô, Victor, 5 […] n’ont jamais observé la Pâques du 14 Nisan et ne permirent point à leurs fidèles de la faire. Mais ils ne se séparaient pas des autres membres des églises qui observaient, eux, le 14 Nisan. Jamais personne des églises ne se sépara pour ce motif ».
Irénée venait de conclure une paix entre les églises d’Asie, et de Rome, et avait évité que la question de la Pâques ne permette un schisme. C’est ainsi que nous constatons qu’Irénée de Lyon participa grandement à la détermination de la date de la Pâques, et qu’il fut un acteur essentiel de la discussion. Comme le rapporte H. A Scrivener, le codex Bezae qui contient les mots « Sabbato Secundo-Primo », semble avoir été apporté à Lyon par St. Irénée, ou ses disciples, vers les années 170. Si tel était le cas, cela signifierait que, le codex étant le seul de cette époque à contenir les mots « Secundo-Primo » (vu que les codex du IVème siècle ne les contiennent point !), il aurait été utilisé par St. Irénée pour fixer la date de la Pâques, et conclure pareillement que certaines églises pouvaient y déroger. Conséquemment, la césure qui apparaît à la page 186 du codex et qui marque les premiers mots du petit parchemin, a été tracée vraisemblablement après St. Irénée (réécriture du IXème siècle à Lyon – par l’atelier de Florus) par un Montaniste ou un Marcionite de Lyon, qui désirait contester sur la base des mots « Secundo-Primo » la fixation de la date de Pâques. Justin, au second siècle avait d’ailleurs publié de nombreuses lettres contre les « hérétiques » gnostiques, notamment de Lyon. Marc-Aurèle de même s’était insurgé en 177 contre les Montanistes de cette ville, qu’il accusait d’incitation à la débauche, de rites mortuaires odieux, et d’incestes. L’évêque gnostique Pothin, et une servante nommée Blandine avaient pour cette raison été martyrisés à Lyon ; et déclarés Manichéens Montanistes.

Jérusalem

Or les Montanistes de Lyon n’étaient point originaires de la Gaule, mais d’Asie, et avaient été très proches des Marcionites, desquels ils gardaient une grande partie de leur doctrine. Leur chef, Marcion, Manichéen, avait établi son propre canon biblique, lequel ne contenait à vrai dire que l’Evangelion, les épîtres, et les antithèses ; à savoir l’évangile de Luc, et certaines épîtres. Il pratiquait le dualisme et voyait en Moïse un démon nocturne, et dans le Dieu de l’Ancien Testament, le diable, Satan. Il employait de l’eau pour l’eucharistie et avait pour rite selon Jean Chrysostome (I Cor 15-29), un baptême des morts… on l’accusait d’ailleurs de chasser les démons par Belzébub. Le plus curieux reste que l’unité littéraire de St. Luc contenant le passage du petit parchemin et soulignée dans le codex de Bezae serait d’après Tertullien, le commencement de l’édition de l’Evangelion de Marcion le Manichéen. Le père Marie Joseph Lagrange de l’Ecole des Hautes Etudes Bibliques de Jérusalem déclarait ainsi : « La descente à Capharnaüm était la descente pour Marcion de Dieu en passant par le ciel du démiurge (Contra Marcionem, IV, 7/1) : « anno quintodecimo principatus Tiberii proponit eum descendisse in civitatem Galilaecae Capharnaum, utique de Caelo creatoris, inquod de suo ante descenderat ». Avec le petit parchemin et le codex Bezae, nous sommes, semble-t-il, au cœur d’un rituel de Sabbat nocturne, d’un baptême mortuaire marcionite, et de rites d’exorcismes par Belzébub…

Issac ben Jacob

Notes

Marc II
23 Et il arriva que comme il passait par des blés un [jour] de Sabbat, ses Disciples en marchant se mirent à arracher des épis. […] 26 il n'était permis qu'aux Sacrificateurs de manger.
[…]

Marc III
Puis il entra encore dans la Synagogue, et il y avait là un homme qui avait une main sèche. […] Il dit à cet homme : étends ta main ; et il l'étendit ; et sa main fut rendue saine comme l'autre. 6 Alors les Pharisiens étant sortis, ils consultèrent contre lui avec les Hérodiens, comment ils feraient pour le perdre. […] 11 Et les esprits immondes, quand ils le voyaient, se prosternaient devant lui, et s'écriaient, en disant : tu es le Fils de Dieu. […] 22 Et les Scribes qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : Il a Béelzébul, et il chasse les démons par le prince des démons.

Matthieu XII
1 En ce temps-là Jésus allait par des blés un jour de Sabbat, et ses Disciples ayant faim se mirent à arracher des épis, et à les manger. […] mais aux Sacrificateurs seulement ? […] 9 Puis étant parti de là, il vint dans leur Synagogue. 10 Et voici, il y avait là un homme qui avait une main sèche, et pour [avoir sujet de] l'accuser ils l'interrogèrent, en disant : est-il permis de guérir aux jours du Sabbat ? […] 13 Alors il dit à cet homme : étends ta main ; il l'étendit, et elle fut rendue saine comme l'autre. 14 Or les Pharisiens étant sortis consultèrent contre lui comment ils feraient pour le perdre. […] 22 Alors il lui fut présenté un homme tourmenté d'un démon, aveugle, et muet, et il le guérit ; de sorte que celui qui avait été aveugle et muet, parlait et voyait. […] 24 Mais les Pharisiens ayant entendu cela, disaient : celui-ci ne chasse les démons que par Béelzébul, prince des démons.

Luc IV
31 Et il descendit à Capernaüm, ville de Galilée, et il les enseignait là les jours de Sabbat. […] 33 Or il y avait dans la Synagogue un homme qui était possédé d'un démon impur […] Et Jésus censura fortement le démon, en lui disant : tais-toi ; et sors de cet homme. Et le diable, après l'avoir jeté avec impétuosité au milieu [de l'assemblée], sortit de cet homme, sans lui avoir fait aucun mal.

Luc VI
Or il arriva le [jour de] Sabbat second-premier, qu'il passait par des blés, et ses Disciples arrachaient des épis, et les froissant entre leurs mains, ils en mangeaient. 2 Et quelques-uns des Pharisiens leur dirent : pourquoi faites-vous une chose qu'il n'est pas permis de faire [les jours] du Sabbat ? 3 Et Jésus prenant la parole, leur dit : n'avez-vous point lu ce que fit David quand il eut faim, lui, et ceux qui étaient avec lui. 4 Comment il entra dans la Maison de Dieu, et prit les pains de proposition, et en mangea, et en donna aussi à ceux qui étaient avec lui, quoiqu'il ne soit permis qu'aux seuls Sacrificateurs d'en manger. […] 6 Il arriva aussi un autre [jour de] Sabbat, qu'il entra dans la Synagogue, et qu'il enseignait ; et il y avait là un homme dont la main droite était sèche. 7 Or les Scribes et les Pharisiens prenaient garde s'il le guérirait le [jour du] Sabbat, afin qu'ils trouvassent de quoi l'accuser. 8 Mais il connaissait leurs pensées ; et il dit à l'homme qui avait la main sèche […] il dit à cet homme : étends ta main ; ce qu'il fit ; et sa main fut rendue saine comme l'autre. 11 Et ils furent remplis de fureur, et ils s'entretenaient ensemble touchant ce qu'ils pourraient faire à Jésus.

Ecrits de Référence

L’étude de Wieland Willker, premier découvreur du lien entre le Codex Bezae (partie latine) et le contenu textuel brut du petit parchemin de Saunière (page en anglais)

http://www-user.uni-bremen.de/~wie/Rennes/

Les fracassantes découvertes de Thierry Garnier, qui a été le premier à révéler l’existence dans le codex Bezae (latin ET grec) des MÊMES symboles que l’on retrouve dans les DEUX parchemins de Saunière ET sur la dalle tombale dite de Blanchefort, prouvant par là même et de manière définitive qu’il en était la source ultime (codage « ARKA DEI », PAX 681 écrit à l’envers, REDIS BLES, entre autres)
« Le Codex Bezae : De son implica…Sion dans l’affaire de Rennes-le-Château »

http://lemercuredegaillon.net/gaillon27/codex_bezae.htm
http://lemercuredegaillon.net/gaillon27/codex_bezae_p2.htm