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Société Périllos ©

Le chemin de croix de Louis de Coma

 

Le 7 mai 2007

Dans le village de Raynaude, on peut encore contempler le chemin de croix de Louis de Coma, sauvegardé après le dynamitage de toute son oeuvre en 1956.
Le chemin de croix est, à l'origine, implanté sur une colline à côté de son église. Dans ce chemin de croix, la douzième station représente, grandeur nature, le Christ mort sur la Croix. Les 13 autres stations se présentent sous la forme de grandes plaques en métal ornant différents emplacements sur la colline et commençant près de la crypte de la Madeleine. Derrière la chapelle de la douzième station se trouvent les restes de deux grandes grottes souterraines semblant avoir contenu des tombeaux d'origine antique. Il est tout à fait possible que ces tombeaux aient été en place bien avant le domaine.

Un prêtre dans le besoin

Juste à quelques kilomètres plus bas que la route, dans le village sans attrait de Raynaude, le Père Antoine Rousse doit faire face à de sérieux problèmes relevant de l’urgence car son église et son presbytère sont dans un tel état de délabrement qu'il ne peut y célébrer la messe. Il en résulte que les enfants catholiques du village sont contraints de suivre leur scolarité dans une école protestante des environs. Cette situation désespère le jeune prêtre qui se met en quête de rénover et reconstruire l’ensemble des bâtiments.
L'ancienne église Notre Dame de Raynaude date du 12ème siècle. La rénovation interne et environnante du bâtiment commence en 1892, mais le travail est vite compromis par un cruel manque de fonds.
C’est alors, si l’on en croit la légende, que le prêtre au bord du désespoir va être le bénéficiaire d'une série de stupéfiantes bonnes fortunes. C’est en 1892, moins d'un an après l’événement, que Béranger Saunière, prêtre à Rennes-le-Château, écrit dans son carnet personnel : « Découverte d’un tombeau. Le soir pluie ». Par le plus pur hasard… le magnat du pétrole, industriel et philanthrope John D. Rockfeller visite la région. C'est à cette époque que l'histoire commence. Aussi incroyable que cela paraisse, Rockfeller a entendu parler du bourbier dans lequel se trouve le père Rousse et la déconfiture de sa restauration. Le milliardaire se prend de sympathie pour cette cause désespérée. Un don substantiel arrive par la poste et la restauration reprend aussitôt.
Le travail, achevé en 1895, est commémoré par une inauguration que préside Monseigneur Rougerie. L'église est dédiée à la Vierge Marie, Saint Joseph et Sainte Anne, dédicace inspirée par l'apparition de la Vierge Marie à Lourdes, en 1858.


La restauration achevée, l'église est essentiellement repositionnée plus bas que la précédente. Cependant, la colline derrière l'église ne reste pas longtemps inoccupée. Rendons-nous une cinquantaine d'années en avant, au moment où la propriété du Carol de Louis de Coma est dynamitée sur ordre de l'Evêque. A l'annonce de cet événement, le clergé local décide de sauver les stations du chemin de Croix du Père Louis de Coma. Elles sont déplacées discrètement à Notre Dame de Raynaude, sur la colline derrière l'église actuelle. Les stations du chemin de Croix qui sont in situ aujourd'hui sont tout simplement exceptionnelles, sensationnelles. Chaque station est déposée dans un oratoire particulier. Les pièces, coulées dans une fonte de belle qualité, ont approximativement trois pieds de long et deux de large. Toutes sont en place, sauf la station 12 (le Christ mort en Croix) puisque celle-ci est représentée par une chapelle complète avec des répliques grandeur nature sur la colline du Carol, comme on peut le voir aujourd'hui. A Raynaude, la station 12 est représentée par une simple et humble croix.

Il faut prévenir nos lecteurs que les stations du chemin de Croix sont sous propriété privée. On ne peut donc pas les photographier en dehors de leurs chapelles sans autorisation. Cette dernière obtenue, je remarque que la plupart des chiffres romains, écrits à la main au verso, mentionnent chaque numéro de station. Cependant, la station 13 porte le numéro ‘7981’ gravé à son revers. Les nombres détachés ‘79’ et ‘81’ sont différemment calligraphiés sur le plan stylistique. De mémoire, je ne peux être certain que les autres soient inscrits de la même façon. Si c'était le cas, cela semblerait moins clair. Cela ne peut-il pas représenter simplement un numéro de série?


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