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Société Périllos ©

Le chemin de croix de Louis de Coma

 

Station 8 : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem

Station 8 détail

Station 8 détail

Station 9 : Jésus tombe pour la troisième fois

Station 9 détail

Station 9 détail

Station 9 détail

Station 10 : Jésus est dénudé

Station 10 détail

Station 10 détail

Station 11 : Jésus est cloué sur la Croix

Station 11 détail

Station 11 détail

Station 11 détail

Station 12 : une simple croix et la chapelle de la douzième station au Carol : Jésus meurt sur la Croix.

Station 12 détail

Station 12 détail

Station 12 détail

Station 13 : Jésus est descendu de la Croix

Station 13 détail

Station 13 détail

Station 13 détail

Station 14 : Jésus est mis au tombeau

Station 14 détail

Station 14 détail

Station 14 détail

Premières impressions

Ayant examiné les stations du chemin de croix de Louis de Coma, nous devons maintenant nous poser des questions sur ces images insolites !? Il est clair que le Père de Coma était obsédé par certains détails, comme le suggère ce qui reste du domaine du Carol. Le problème reste que les stations du chemin de Croix sont, par nature, sujettes à une interprétation artistique. D'innombrables variations existent sur un thème de base tel que la Passion du Christ.
Nous savons que Béranger Saunière était particulièrement précis au sujet de ses stations de chemin de croix, ayant acquis la version la plus chère d'une série émanant d'une manufacture de Toulouse (dont le maître semble d’origine maçonnique). Dans cette dernière, il commande également son étrange fresque du mur ouest. Ensuite, il les modifie pour des raisons inconnues, laissant ainsi place à nombre de spéculations.
Il est clair, comme nous l'avons vu, que les deux prêtres avaient beaucoup de points en commun. Pourtant, pour quelles raisons Louis de Coma fut-il aussi minutieux pour son chemin de croix?
Bien que spéculatives, quelques observations sont possibles.

A nouveau, les observations qui suivent sont dues à la perspicacité du forum « Retour à la Source » dont le modérateur est Corjan de Raaf.

Le chemin de croix de Louis de Coma semble avoir été commandé à une manufacture française du nom d' ‘Ateliers Revillon & Rouillard’.
Le logo ‘Revillon’ apparaît au pied de la Station 2: ‘Jésus porte sa croix’. Les premières recherches révèlent que la maison Revillon a fabriqué au moins une autre série de stations. Leurs archives indiquent qu'elles ont été livrées, en 1856, à la basilique Notre-Dame de Bonne Garde à Longpont-sur-Orge. Ces éléments sont enregistrés aux Archives Nationales françaises et peuvent être vérifiés sur place.

Station 2: la marque du fabricant: Revillon

Revenons sur le ‘7981’ gravé au dos de la station 13. On peut supposer raisonnablement que ce nombre reflète la date du 7 septembre 1881 puisque, durant la seconde moitié du 19ème siècle, les Ateliers Revillon & Rouillard exécutent ce travail.
A mieux observer les deux séries de stations, on retient quelques divergences. Par exemple, les stations 7 et 8 sont signées dans la série installée à Notre-Dame de Bonne Garde et seulement la station 2 pour la série de De Coma. Une inspection plus poussée et un nettoyage des stations sont requis avant confirmation des observations.
Incidemment, la station 2 affiche un blason avec les lettres SPQR. Bien que fascinant, il s'agit simplement du sceau de Senatus Populusque Romanus (le Sénat et le Peuple de Rome), lequel n'a rien d'inhabituel. Sur la station 2, nous voyons apparaître un gourdin posé aux pieds de Jésus et du soldat romain qui l'aide à porter sa croix. Est-ce le même que nous voyons dans les mains d'un jeune homme en station 3 ? Si c'est le cas, qui attaque-t-il et pourquoi ?

Le gourdin des stations 2 et 3 a-t-il la même signification dans les deux scènes ?

Sur la station 14, Jésus est mis au tombeau de manière étrange. Nous voyons un homme tenant une torche… Or, les Evangiles indiquent que le Christ est porté au tombeau durant le jour. De fait, nous nous interrogeons sur la nécessité d'une torche pour éclairer le tombeau ? L’intérêt, dans ce détail, réside dans le fait que l'une des modifications les plus notables de Saunière implique la même station 14, par la présence d'une torche inutile… Ajoutons que l’abbé Saunière peint également la lune au-dessus du soleil. Cette représentation, notée par de nombreux chercheurs, notamment Michael Baigent, laisse supposer que Jésus n'aurait pas été crucifié comme nous étions tentés de le croire, étant donné qu'un enterrement de ce type ne pouvait pas avoir eu lieu la nuit. De Coma a-t-il essayé de nous dire la même chose ?

La station 14 de Saunière : Ce dernier a-t-il peint le soleil et en a-t-il fait une lune ?

Nous voyons également, dans la station 14 de Louis de Coma, deux vases qui, selon l'Evangile de Jean (Jean 19-39), furent utilisés pour des raisons bien spécifiques : « Nicodème vint aussi, lui qui naguère était allé trouver Jésus au cours de la nuit. Il apportait un mélange de myrrhe et d'aloès d'environ cent livres. » Comme beaucoup de chercheurs l'ont noté, c'est une exceptionnelle quantité d'ingrédients médicinaux qui fut préparée pour un défunt… Si la myrrhe et l’aloès peuvent être d'une utilité notoire pour un blessé ayant besoin d'être soigné, nous pouvons nous interroger quant à leur utilité pour un défunt !? Soulignons également que, dans la station 14, on ne voit pas Jésus coiffé d'une couronne d'épines… bien que ceci soit artistiquement attendu.

Sur la station 1 de Louis de Coma, on distingue Jésus condamné à mort. Cette représentation est peut-être une réminiscence de la station 1 de l’abbé Saunière, notamment par le fait qu’un garçonnet noir porte un plat d'eau que Ponce Pilate utilise pour se laver les mains. De nombreux chercheurs associent le jeune garçon noir, ou Nègre, avec le ‘Rocco Negro’, une montagne entrant dans la géométrie du pentagramme d'Henry Lincoln. D'autres l'ont associé avec Marie de Nègre. Ostensiblement, les Evangiles ne font pas mention de la nationalité de l'enfant, et les autres représentations conventionnelles de cette station semblent montrer un sujet caucasien dans ce rôle.
Est-ce significatif ou encore une interprétation artistique ?

Les stations 1 conventionnelles montrant un caucasien avec l'eau.

Station 5 : Simon aide Jésus à porter sa croix. Cette scène comporte encore plus de ressemblances avec les restaurations de Saunière mais, cette fois, la similitude se situe au niveau de la peinture du maître-autel de l’église de Rennes. Curieusement, une pyramide apparaît dans les deux scènes et au même endroit, sur la droite du paysage peint. Il s’agit peut-être d’une référence gnostique au fait que Marie-Madeleine et la Sainte Famille soient venues d'Egypte ? Ensuite, une pyramide a 5 points, tout comme un pentagramme, et Vénus, la seule planète en orbite dans le ciel qui prend la forme d'un pentagramme tous les huit ans, est l'équivalent céleste de Marie-Madeleine. Est-ce encore une coïncidence, une conjecture ou cela apparaît-il dans un but bien précis?
Arrêtons-nous sur ces mêmes images : des observations additionnelles permettent de constater que les peintures de l'autel de Saunière, dépeintes dans le paysage, prennent la forme d'un M. Est-ce le symbole de Marie-Madeleine ? Dans la station 5 de De Coma, on retrouve une construction monastique dont le plafond est en forme de dôme, tout comme le Dôme du Rocher à Jérusalem ainsi que d'autres basiliques construites sur ce principe. Ces détails sont-ils significatifs ?

De Coma et Saunière.
Illustrations apparentes d'une pyramide, une basilique avec un dôme et une arche en forme de M.

Il existe d'autres curiosités justifiant qu'on en fasse mention, telles que l'apparition proéminente de plantes bibliques dans les stations 3 (Jésus tombe pour la première fois) et 13 (Jésus est descendu de la Croix). Nous avons l'information attestant que De Coma fait venir des plantes de Terre Sainte pour les replanter au Carol dans le jardin de Gethsemani. Les plantes, sans surprise, ne pouvant s'acclimater au climat français, s’étiolent irrémédiablement. Se pourrait-il que ce soit pour cette raison que de Coma choisisse de les immortaliser dans le métal ?... car enfin, nous nous interrogeons sur les motifs de l'importance qu’elles prennent dans les stations.
En station 3, les orteils de Jésus touchent une plante et avec son gros orteil, il s'approche étrangement des autres, alors qu'en station 13, son pouce pointe en direction d'une plante qui est là sous les pieds du Christ.

Stations 3 et 13 : Les plantes. Que peuvent-elles représenter ?

Egalement en station 3, nous voyons un élément, ou une arme, avec l’inscription ‘3 x’. Au départ, cela semble curieux mais en fait relativement ordinaire dans ce contexte. Cet appareil est une arme romaine appelée ‘fascia’, ce qui se traduit simplement par « le parcours d'un homme pour accéder au commandement ». Cette arme était couramment utilisée par les gardiens ou gardes du corps précédant un consul ou un haut magistrat, comme symbole de leur autorité. La question est : qui est le haut magistrat qui était protégé ici, Ponce Pilate ou le Christ ?

Station 3 : ‘3 x’ sur la fascia romaine

Station 11 : Jésus mis en Croix. La scène est intéressante du fait qu'elle montre le Christ qu’on attache avec une corde. Ce ‘détail’ n'est pas habituel car les Romains, pour les crucifixions, utilisent de préférence la corde, d’abord moins onéreuse que les clous et qui ensuite provoque une mort par suffocation plus lente et douloureuse. La crucifixion par corde est considérée comme un châtiment des plus cruels pouvant durer des jours, voire une semaine. La question, peut-être naïve, est de se demander pourquoi les romains fixent une corde autour de la taille du Christ ?

Station 11 : sur la croix, les romains passent une corde autour du corps du Christ.

A la fin de ce périple, ce chemin de croix, pourtant conforme à ce que voulait Louis de Coma, semble contenir de nombreuses anomalies et curiosités. Encore une fois, la question posée est de savoir si ces étrangetés sont conscientes et, si oui, quelle est leur vraie signification.
Encore beaucoup de questions restent en suspens. Pourquoi de Coma fit-il construire ses plus importantes bâtisses religieuses dans un alignement et sur une orientation bien précise? Ensuite, quels sont les impératifs imposant des personnages grandeur nature dans la station 12, alors que les autres points ne disposent que d’un simple moulage métallique ? Cette volonté souligne-t-elle les thèmes de son parc de Gethsemani ? Encore, pour quelle raison une statue montre-t-elle Jésus tournant le dos au Père de Coma dans la crypte de sa famille ? Enfin, pourquoi le corps de ce dernier fut-il retiré de cette crypte… et enterré anonymement sous la pelouse inaccessible du parking de l'église ? Qui accomplit cet étrange déplacement dont on ne peut que remarquer les similitudes avec le transfert récent de la dépouille de Béranger Saunière. Ces deux ‘transports’ sont-ils significatifs ou purement accidentels ?
Beaucoup de questions, à ce stade de notre travail, demeurent sans réponse. Cependant, ne faut-il pas préférer des questions à des suppositions forcées ?
Après tout, au chapitre du mystère, où les questions sont plus nombreuses que les réponses, peut-être vaut-il mieux contempler plutôt que de spéculer !

Andy Gough