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Société Périllos ©

Cassaignes

 

De Arques à Cassaignes

Bien que s'inscrivant dans notre recherche sur Rennes-le-Château, nous allons, cette fois, visiter une commune voisine, située sur la rive droite de la Sals: Cassaignes.
On y accède par une route carrossable uniquement depuis la route départementale 613 entre Couiza et Arques.

Arques et ses curiosités

C'est depuis ce dernier village que nous choisirons notre itinéraire.
Au passage nous ne manquerons pas de visiter d'abord le musée consacré au catharisme, installé dans la maison de Déodat Roché et ensuite l'église du village dans laquelle un arrêt s'impose également (dossier RLC N°2).
En effet celle-ci contient l'étrange tableau du 'Jésus à la poire', une peinture du Christ crucifié commanditée par l'évêque Nicolas Pavillon. Nous n'oublierons pas d'admirer un autre Christ peint à même l'enduit sur le tympan de la nef au-dessus du choeur. Étrange travail attribué à un peintre juif qui l'aurait exécuté en remerciement pour avoir été hébergé secrètement lors des rafles nazies dans ce secteur. Retenons qu'il est assez rare, pour ne pas dire insolite, qu'un ressortissant juif représente un Christ en croix. Croix qui au demeurant, flottant dans un espace bleuté, ne semble reposer sur... rien! hasard ou volonté de signifier quelque chose de précis?
Sortant d'Arques nous passerons près de son donjon exceptionnel méritant à lui seul toute l'attention du visiteur.

Un tombeau disparaît un autre apparaît

Un peu plus loin ce sera sur la rive gauche de la D613 un regard sur ce qui était l'emplacement du fameux tombeau, aux Pontils, dit des 'Bergers d'Arcadie' (en raison de sa ressemblance avec l'oeuvre de Nicolas Poussin). Excédé par d'incessants actes de vandalisme, son propriétaire prit la décision, bien compréhensible, de détruire entièrement ce petit édifice funéraire pour le moins insolite en ce lieu (voir le dossier RLC N°2).
A deux kilomètres de là, sur notre droite, nous apercevrons brièvement un autre caveau à quelques mètres de la route. Il s'agirait de la tombe du dernier habitant de Périllos! Dans le cas contraire il s'agirait alors d'un homonyme ce qui n'en serait que plus curieux encore.

Direction Cassaignes via Coustaussa par la route

Enfin, 500 mètres plus loin, nous atteindrons le carrefour permettant, à gauche, en empruntant la route départementale 14 de rejoindre Rennes-les-Bains et la commune de Bugarach (voir le dossier spécial Bugarach). Nous resterons un peu sur la D613 pour l'abandonner très rapidement en empruntant, à droite, la petite D312 nous conduisant à moins de 2 kilomètres de Cassaignes, but de notre visite.

A l'entrée du village nous attend la petite église romane face au vieux cimetière. Ce sera le but principal de notre périple. Toutefois nous constaterons que, si la D312 s'arrête à Cassaignes, un chemin de quelques centaines de mètres la prolonge jusqu'à Coustaussa et les ruines de son vieux château...

De Coustaussa à Cassaignes par les sous-sols?

Souvenons-nous que c'est à Coustaussa, le jour de Toussaint de 1897, que fut massacré l'abbé Gélis dans son presbytère. Nous reviendrons une prochaine fois sur cet épisode aussi sordide qu'inexpliqué. Nous ne retiendrons pour l'instant, simplement que Cassaignes est aussi proche de Coustaussa que des ruines du château de Blanchefort situé sur l'autre rive de la Sals.
Pourtant Louis Fédié nous rappelle que sous ce bastion se serait trouvé un important site minier d'or et d'argent, abritant de plus une partie du fameux trésor des Wisigoths... Serait-ce de ces mêmes souterrains, où d'une de leur extension, dont ferait état Mme Coincy-Saint-Palais en signalant cette tradition d'une galerie partant de Coustaussa "vers la plaine"? A moins, selon D. Roché (d'après les notices de G.M. Daunat), qu'il ne s'agisse d'un seul et unique réseau minier prolongeant des cavités naturelles s'étendant sur plusieurs kilomètres entre Coustaussa, Blanchefort, Arques et ayant une sortie dérobée sous la petite église de Cassaignes (ou son cimetière). Ce ne semblerait pas vraiment un délire de chasseur de trésor si l'on prend en compte un très vieux recensement royal mentionnant des mines abandonnées sous ce secteur de cette petite commune injustement oubliée.

Les dominants et les autres

C'est en tous cas une région qui passa sous la domination de plusieurs familles dont l'histoire se trouva, à un moment ou un autre, liée étroitement au passé de Rennes-le-Château: les familles Nègre d'Able, d'Aniort (que nous retrouvons à Durban!), Voisin, Joyeuse, Les barons de Coustaussa, les Hautpoul, Fleury de Blanchefort... Petites histoires ordinaires de familles peu ordinaires dont furent à propos plusieurs évêques et non des moindres: Mgrs Henri de Bonnechose, Arsène Billard, et peut-être de Beauséjour et Besson... et quelques prêtres connus dans l'affaire de Rennes-le-Château.

L'église de Cassaignes

Mais il est temps de revenir au village de Cassaignes et sa petite église.
L'abbé Sabarthès dans son formidable 'Dictionnaire Topographique du Département de l'Aude (1912) nous résume:

Cassaignes, commune, canton de Couiza, église annexe de Coustaussa dédiée à Saint Martin; sénéchaussée de Limoux.
Villa quae dicitur Cassanias, 889 (H.L., V, pr.9). - Cassanea, 1377 (ordonn., VI, p269). - Cassahas, 1371-1583 (bibl. Carc. M3. 9551, p67). -Cassagnas (vulg.).


Concernant plus précisément l'église de cette paroisse, nous consulterons quelques informations, adressées à Monsieur le maire de Cassaignes, par la Direction des Services d'Archives de l'Aude en date du 28 août 1991.

On y trouve une brève référence aux travaux du Dr Courrent (Bulletin de la Société d'Etudes scientifique de l'Aude t.XL, p.105). Cette église aurait été une ancienne dépendance du monastère de St-Martin-Lys. Son architecture la situerait du XIIe siècle. A la Renaissance, le choeur roman, semi-circulaire et en cul-de-four, est séparé de la nef par un mur. Un maître-autel surmonté d'un retable, daté de 1580, ornera ce fond du nouveau choeur. Pour le Dr Courrent il se pourrait que ces modifications aient été commandées par le duc de Joyeuse, seigneur des lieux.
Le partage de la nef en trois travées date du XIXe siècle.

Un très beau retable

Le retable se divise en 3 tableaux: la Vierge à droite, et St Martin à gauche, encadrant un Christ en croix.

"Le fronton est dominé, au centre, par un vase à fleurs, et, sur les rampants, par deux longues guirlandes florales rigides, nouées à leur base par un large ruban ondulé.
Les cadres des trois tableaux sont constitués par des torsades larges et peu saillantes, à feuilles de chêne et rubans ; des guirlandes enrubannées décorent les pilastres, de part et d'autre du Christ.
Pour raccorder ces hauts pilastres avec les panneaux latéraux plus petits, le vide a été garni par de larges ailerons dont le renflement dessine un ample macaron orné de feuillages.
Le grand tableau central est en partie dissimulé par l'autel ; le Christ agonise sur la croix, les yeux levés ; la Vierge à sa droite se tient debout, les bras étendus. Elle est vêtue d'une longue cotte rouge à plis verticaux et d'un ample vêtement de dessus , de couleur noire. Son visage, fin et pensif, témoigne d'une indéniable délicatesse d'exécution. Le traitement de saint Martin est, en revanche, plus grossier."

De fait, on peut admettre que St Martin représenterait le saint patron de St-Martin-Lys. Il est cependant curieux que ce dernier personnage ait été traité d'une manière moins soignée. Cette différence en forme de dédain aurait-elle une signification notoire? Serait-ce une façon discrète de vouloir attirer l'attention sur des détails plus importants ou dissimulés dans ce travail?

A mieux regarder les détails...

Essayons de poursuivre cette remarque:

Saint Martin des oublis

Si St Martin est secondaire, il nous reste à observer le tableau représentant Marie et celui du Christ en croix. En regardant mieux la décoration périphérique du retable on constate que seules ces deux peintures sont ornées d'un 'vase de fleurs' et non celui de St Martin, pourtant patron de cette église, qui semble décidément privé de tous égards et ornements.

Une étrange "Marie" d'ombres et de lumières

Concernant Marie, rien ne prouve qu'il s'agisse précisément de la représentation de la mère de Jésus. Il se peut tout autant que ce soit une des autres femmes assistant à l'agonie du Christ... et elles ne devaient pas être très nombreuses à cet endroit, à ce moment précis.
Rien de particulier dans le personnage ne permet de le désigner particulièrement en tant que Marie ou d'une autre femme. Par contre au sol , 'côté crucifixion' on distingue nettement deux tibias surmontés d'un crâne. Ces ostensibles ossements très clairs ne peuvent échapper au regard et leur présence soulignée semble disputer l'avant-scène de la peinture à la femme en robe rouge et manteau sombre.

De plus cette dernière est dotée, pour ses mains, d'une intensité lumineuse accentuée par rapport au visage moins éclairé d'une nuance égale à celle des ossements. Par ailleurs la main gauche aux doigts fermés (en opposition à ceux ouverts de sa main droite) nous invite du geste à contempler ce macabre décor. Enfin, seuls ces sinistres vestiges osseux sont entourés de végétaux vivaces. Tout le reste du tableau est dans une noirceur profonde et sans aucun autre détail. A mieux y regarder on pourrait supposer que cette obscurité est le prolongement du vêtement du christ. On retrouve ce prolongement 'invisible' d'un vêture dans le tableau du 'Jésus à la poire' de l'église d'Arques. Quant aux ossements sous cette forme, 2 tibias et un crâne, ils sont parfois représentés dans la scène de la crucifixion. mais en ce cas ils se situent au pied de la croix et non sur un côté excentré et non aux pieds d'une femme. Par contre Marie Madeleine est habituellement accompagnée d'un crâne sans tibias.

Un Christ au grand manteau

Observons maintenant le 'Christ en croix'.

Là encore quelques détails peu habituels s'offrent à nos yeux. Le Christ semble vêtu d'un tissu lui ceignant les reins. Celui-ci, de teinte claire se prolonge curieusement en un gigantesque manteau devenant subitement, dès la taille dépassée, de la même obscurité dans laquelle sont plongés la femme et les végétaux.
Le crucifié est cloué sur un tau charpenté. Au-dessus de sa tête couronnée d'épines auréolées se trouve le traditionnel écriteau 'I.N.R.I.' identifiant le condamné et dont on trouve plusieurs traductions sensiblement différentes selon le point de vue du traducteur.

Le 'N' inversé

Arrêtons-nous maintenant sur ce détail d'écriture. Nous sommes face à une particularité trop souvent rencontrée dans l'affaire de Rennes-le-Château. En effet, à mieux y regarder, les 4 lettres, en majuscules et d'une hauteur conséquente, sont en 2 fois 2 lettres: 1ère ligne I et N, 2ème ligne R et I. Notre attention se portera sur la 1ère ligne où nous trouverons le 'N'... inversé!

Les grincheux de service argumenteront qu'il s'agit simplement d'une erreur ou d'un caprice de l'artiste... ou encore que cette forme d'écriture de 'N' se rencontrait parfois aux environs des 16ème et 17ème siècles (exemple notoire sur les signatures de certains tableaux dans l'église St Sulpice à Paris...). Les habitués de l'affaire de RLC retrouvent de loin en loin ce curieux 'N inversé' émaillant de nombreux points de son parcours et pas forcément sur des éléments des 16ème et 17ème siècles. Si cette inversion est le fruit d'une mode, d'une incohérence ou d'une méconnaissance de l'orthographe il est à remarquer qu'elle s'accentue dangereusement en convergeant vers le point focal de RLC et de ses annexes.

Et un autre 'N' normalisé!

De plus si l'on considère que le retable de Cassaignes est une oeuvre datant de l'époque de l'élévation du mur (1580), séparant le nouveau choeur de l'ancien, on admet aussi que le maître-autel se trouvant devant est approximativement du même moment. En ce cas un autre détail devra nous étonner. Sur ce maître-autel se trouve une croix ornant son sommet. Sur la branche verticale haute se trouve le même panneau 'INRI' gravé dans le bronze doré... mais cette fois écrit bien conventionnellement! Faut-il en conclure qu'à cette époque on aurait eu deux orthographes utilisés selon les caprices et les humeurs des artistes?.. N'est-ce là que le seul fruit d'un hasard facétieux?.. Ou encore est-ce un lien discret avec l'affaire de Rennes-le-Château? Qui pourra le dire?

Monsieur Saunière?

Sur ces observations, et interrogations, ressortons de cette étonnante petite église. C'est à ce moment, une fois sous le porche d'entrée, que nous pourrons regarder sur l'enduit des murs différents graffitis et écritures. Et là, parmi les diverses gravures hétéroclites, plusieurs mots et chiffres frappent la vue par leur régularité et application singulière. En lettres noires soigneusement calligraphiées nous trouvons un ensemble en trois parties grandement écrites. De haut en bas:

1866
-un peu plus bas et nettement détaché vers la droite (sous réserve):
'firmin'
-en dessous, à gauche, le groupe:
Monsieur
                                    18
Saunière

Ajoutons que pour ce nom propre une majuscule, et une arabesque achevant la dernière lettre, sont d'une remarquable élégance linéaire.
Une écriture en forme d'interrogation
De l'ensemble se dégage la sensation que ces écritures ne sont pas l'oeuvre rapide et habituelle de quelqu'un voulant laisser son nom sur un enduit plâtreux... mais plutôt d'une volonté de 'signer' quelque chose de non-dit, de laisser une trace de belle qualité. Il serait facile d'argumenter là encore qu'il pourrait s'agir d'une marque honorant par exemple un généreux bienfaiteur ou un événement particulier ou précis ayant un lien avec le lieu: mariage, décès (encore que ce genre de cérémonie ne soit pas souvent souligné ou ostentatoire), fête religieuse rituelle, saisonnière, régulière. Mais souvent, en ce cas, un mot (ou plusieurs) accompagne cette célébration afin qu'elle soit clairement liée à ces nom, prénom, chiffres et date millésime, comme par exemple 'Toussaint 1897'...

Saunière...oui, mais lequel?

Bien entendu le nom de Saunière n'échappe pas à notre attention, tout comme le 'N' inversé, l'étrange retable et autres détails de l'intérieur de l'édifice... pas plus que l'emplacement topographique du village dont la place stratégique ne peut que s'inscrire dans une autre histoire comme celle de Rennes-le-Château, pourquoi pas? Notre pensée, ainsi, ne peut que se tourner en direction de l'abbé Bérenger Saunière... Mais le nom de Saunière ici est précédé de 'Monsieur' et sans allusion à la prêtrise (qui serait monsieur le curé). Tout comme la date au -dessus du groupe ,1866, interdit le lien avec Saunière. Cette interdiction pourrait s'expliquer pour deux raisons immédiates: d'abord en 1866 Bérenger Saunière, né en 1852, n'aurait eu que 14 ans et n'aurait pas été appelé 'Monsieur', ensuite il aurait fallu une importante raison pour que le nom d'un adolescent de cet âge s'inscrive ici.

Un monsieur bien sous tous rapports

Il y aurait encore le fait que le nom de Saunière soit répandu dans la région et qu'il pourrait s'agir tout simplement d'un quelconque 'Monsieur Saunière'... Oui mais en ce cas ce personnage, ou quelqu'un d'autre, aurait souhaité matérialiser son passage en ces lieux? Or, si on voulait laisser une trace liée à un événement, quelqu'il soit (tourisme, oeuvre de bienfaisance, acte, cérémonie religieuse, etc) ce dernier aurait été, même de manière abrégée, signalé plus ouvertement... et il n'y a aucune autre précision. De plus à la fin du 19ème siècle le terme 'Monsieur' était une marque de respect civil très particulière. Le 'Monsieur' s'adressait au Maire, médecin, notaire, toutes personnalités administratives en générale, et enfin à un maître d'école ou à la fonction de prêtre ou curé.

L'ombre des nombres

Mais encore les 2 chiffres sous le 'Monsieur' peuvent représenter plusieurs informations numériques :
- 1 et 8 séparés
- le nombre 18
- le début d'un autre nombre inachevé
- la fin d'un autre nombre inachevé
- des chiffres à prendre dans un autre cadre et peut-être situés au centre d'un nombre comme par exemple 00 '18' 00, ou tout autre combinaison

Enfin il est très possible que ce 18 soit le résidu d'un effacement volontaire. Cependant en ce cas nous nous demanderions pourquoi on aurait épargné le 1 et le 8. Et ce ne saurait être le manque de temps ou autre raison interrompant l'acte d'effacer car en ce cas il est facile de revenir et achever la tâche.
Ajoutons également que ce 18 se situe, en hauteur, entre le 'Monsieur' et 'le nom 'Saunière' et qu'il perd ainsi le sens de chronologie ou millésime rendant le sens de ce montage incohérent... s'il était complet comme: Monsieur 18 Saunière!
Tout comme le '1866' très au-dessus du groupe, qui, remarquons-le, est de la même calligraphie donc de la même main, peut se situer autrement qu'en un sens de datation lié à ces état (Monsieur) et nom.

Firmin l'effacé?

inscription sans "Firmin"

N'oublions pas non plus le mot ou prénom qui nous semble, sous toutes réserves, se lire 'firmin'... Sous toutes réserve pour plusieurs raisons.
D'abord parce qu'en 1999, au moins, ce 'nom' complet n'était pas visible! - voir la photo 1 - On ne distinguait que la boucle basse du 'f' initial. Le reste du mot était dissimulé sous une surcharge d'enduit. Ce n'est qu'en septembre 2001 - voir photo 2 - que nous l'avons photographié entièrement!

Ensuite, il ne peut y avoir, à cette soudaine apparition d'écriture, que deux explications. La première serait que la surcharge d'enduit a été délicatement enlevée afin de lire le mot entièrement. La seconde pourrait être, puisqu'effectivement l'épaisseur de plâtre n'y est visiblement plus, qu''on' ait retracé ce mot lisiblement après avoir lissé l'enduit et endommagé l'écriture première... Travail difficile, d'orfèvre en la matière, car il aurait été calligraphié dans le même style que les autres lettres, avec une 'teinte' similaire et d'une écriture identique aux autres écrits. Ce qui, avouons-le, n'est pas chose aisée à la portée du premier venu.
Quoiqu'il en soit, et jusqu'à plus d'informations, il nous faut admettre qu''on' à fait ressurgir, depuis environ deux ans, cette partie d'inscription. Si tel est le cas, ce travail, difficile au demeurant, est resté discret car nulle part cet élément n'a été signalé. On peut admettre également que si 'on' à minutieusement enlevé le plâtras jusqu'à lire clairement ce mot, ce ne pouvait être que dans un but précis dont nous ignorons tout...
Maintenant, concernant ce mot, deux éléments pourraient être retenus: On peut lire 'firmin' et peut-être 'firma'. 'Firmin' (toutefois sans majuscule, où très discrète, et sans point sur le second 'i') est un prénom assez ancien, peu usité de nos jours, mais classique effectivement dans les années1860. Quant à 'firma'( ne nécessitant pas d'autre point que sur le seul 'i' de la première syllabe), en italien, ce mot signifie... 'signature' pour un sens de persistance et d'authentification dans celle-ci! En ce cas le sens de ce mot prend une valeur tout aussi insolite qu'intéressante.
Quoiqu'il en soit, dans les deux cas il faut admettre que ce mot n'a pas le traitement soigné des deux suivants car, bien qu' apparemment de la même encre, il ne bénéficie d'aucune calligraphie ornementale particulière et commence par une majuscule (si c'en est une) à peine esquissée. En ce cas pourquoi serait-il détaché et s'ajouterai-t'il à ce groupe?
Enfin, s'il s'agissait là de plusieurs écritures faites pour différents motifs (personnes, cérémonies, autres) pourquoi aurait-on concentré ces marques sur le même côté, pratiquement au même endroit et non les avoir dispersées un peu partout?
A mieux y réfléchir ces calligraphies pourraient bien avoir une plus grande importance qu'elles ne le sembleraient à première vue... mais qui en trouvera le sens profond? Et nous pourrions nous éloigner de notre abbé Bérenger Saunière dont rien apparemment n'autorise le rapprochement avec ces mots.

En approchant B. Saunière...

Pourtant... oui, pourtant, nous recommandons au visiteur de s'approcher un peu plus de la belle signature 'Saunière'. S'approcher encore et observer soigneusement le long de l'arabesque horizontale achevant ce nom propre... et lire en très petites lettres gravées: B SAUNIERE... et certes nos grincheux de service de s'exclamer qu'il peut s'agir de n'importe quel B. Saunière car B est tout autant celui de Bérenger que de Bernard, Benoit, Benédict, Brenac, Bertrand ou... Bruzeau!
Mais à trop contester on en oublie le pourquoi... de la contestation. Nous inviterons donc le curieux à photographier cette dernière gravure et à se rendre, au retour, dans l'église d'Arques. Il ira, respectueusement derrière le maître-autel au fond du choeur et observera, à main gauche, le même B SAUNIERE aussi gravé de la même main, même profondeur et hauteur... Sans doute le fruit du hasard?
Le profil de RLC
Aussi il est temps, pour nous, de sortir du petit porche de l'église de Cassaignes et de sa pénombre interrogatrice. C'est au moment d'entrer à nouveau dans la clarté extérieure que notre regard embrassera, au niveau du mur portant ces curieux écrits,
la colline de Rennes-le-Château et son village tout en longueur, dont les dernières constructions plombant l'extrémité du mur aux écritures... le domaine de Bérenger Saunière, curé en ce village du 1er juin 1885 au 22 janvier 1917.

Nous reviendrons dans un article suivant sur d'autres éléments concernant cette église, le passé du village, les mines oubliées de Cassaignes, et autres. Ces détails intéressants étant mentionnés dans un recensement royal jamais présenté, du moins à notre connaissance.

André Douzet