Plan du site | Recherche | Forums | Publications | Actualités
Une
manière différente d’interpréter « La Vraie Langue Celtique et le Cromleck de Rennes les Bains » |
Ma
rencontre avec l’abbé Boudet et « La Vraie Langue Celtique…
»
Parler
de l’abbé Henri Boudet, curé de Rennes-les-Bains, n’est
pas chose facile. En effet, on peut trouver à peu prés tout
ce que l’on désire y découvrir pour peu que l’on
ait de l’imagination. Ce que je propose n’a aucune autre prétention
sinon celle d’aborder sa lecture d’une manière différente
afin de trouver les buts de ce livre étrange.
J’ai découvert pour la première fois le livre étrange
du curé de Rennes les Bains d’une façon tout à
fait particulière. C’était dans les années 1970,
je m’intéressais déjà à « l’histoire
de Rennes-le-Château » et donc bien évidemment à
celle de l’abbé Saunière. A cette époque je fréquentais
assidûment un bouquiniste de la rue du Taur à Toulouse Nous
avions évoqué plusieurs fois l’histoire du trésor
de Rennes, l’affaire n’en était encore qu’à
ces débuts et seuls Gérard de Sède, J.P Monteils et
René Descadeillas avaient écrit sur ce sujet. Nous cherchions
plus particulièrement des ouvrages réputés introuvables
parmi lesquels figuraient « Le Serpent Rouge », la généalogie
des Rois Mérovingiens de Madeleine Blancassal, et, le livre de l’abbé
Boudet : « La Vraie Langue Celtique et le Cromleck de Rennes les Bains
» de l’abbé H. Boudet, curé de Rennes-les-Bains,
persuadés que munis de ces précieux ouvrages la solution ne
pouvait pas nous échapper. Il se trouve que je ne sais par quel hasard
(mais y a t il seulement place pour le hasard dans l’histoire de Rennes?)
ce bouquiniste annonça que « La Vraie Langue Celtique »
allait être réédité sous forme de photocopies
conformes à l’original et ce en un très petit nombre
d’exemplaires numérotés. C’est de cette façon
que j’abordais l’ouvrage de Boudet il y a une trentaine d’année.
Depuis je n’ai pas passé de mois sans y revenir pour quelques
lignes, parfois pour un mot, une idée sans jamais rien y trouver
de vraiment probant. Ce n’est que maintenant à force d’en
être imprégné que je commence à voir les motifs
qui ont poussé Boudet à écrire et comment il a crypté
son œuvre et, quel en est le sujet.
Pour analyser ce livre j’ai utilisé un exemplaire de «
la Vraie Langue Celtique… » photocopié à partir
d’un des originaux de 1886, sa réédition chez Belfond
de 1978 dans la série « les classiques de l’occultisme
», et, bien sur deux dictionnaires anglais-français, français-anglais
à savoir le Harrap’s de 1982 et le dictionnaire Larousse.
L’abbé
Henri Boudet: un survol de sa vie et de son œuvre littéraire
Quelques
mots concernant l’abbé Boudet. à propos de sa biographie
et de sa bibliographie. Il est né à Quillan le 16 novembre
1837, il passe sa jeunesse au Petit, puis au Grand Séminaire, il
est professeur d’anglais au lycée Saint Stanislas de Carcassonne
peu de temps avant d’être ordonné prêtre en 1861
(soit à l’age de 24 ans). Il est ensuite nommé vicaire
à Durban puis à Caunes Minervois où il s’intéresse
à la Vierge Noire de Notre Dame du Cros. De là, il va à
Festes avant d’être nommé curé à Rennes-les-Bains
en 1872, agé de 35 ans. Là dés 1881 il travaille à
la mise en forme de son livre « La vraie Langue Celtique » qu’il
publie chez Pomies à Carcassonne en 1886. En 1914 il est destitué
de sa cure par Monseigneur de Beauséjour et se retire à Axat
où il décède d’un cancer de l’intestin
le 30 mars 1915 à l’âge de 78 ans. Retenons déjà
qu’il ne quitte pas sa cure de son plein gré mais il est destitué
par son évêque. Il est remplacé par l’abbé
Rescanières qui meurt à Rennes quelques mois après
le début de son ministère.
L’abbé Boudet a laissé comme travaux littéraires:
« La Vraie Langue Celtique » 1886 ; « Remarques sur la
phonétique de dialecte Languedocien » suivi de « Du nom
de Narbonne » 1894, et en fin « Le livre d’Axat »
« Du nom de la famillle d’Ax » en 1896. Signalons que
ces trois derniers documents n’ont pas été édités
de son vivant. Pourtant cette liste ne serait pas complète si nous
ne lui ajoutions un livre très controversé quant à
son existence et a fortiori quant à son auteur, nous voulons parler
du fameux : « Lazare Veni Foras ».
Un
peu d’onomastique avant d’aller plus loin
En
fait ce travail onomastique et linguistique fait par Henri Boudet n’est
pas une première, en effet déjà peu avant la Révolution,
Bullet avait rédigé un ouvrage appelé: « Les
Mémoires sur la Langue Celtique ». Cet ouvrage donna l’idée
à plusieurs chercheurs que les noms géographiques s’expliquaient
par le celtique, et, l’on croyait alors que chaque syllabe moderne
représentait un mot gaulois alors que les composés indo-européens
n’étaient composés que de deux termes.
Après ces travaux empiriques parurent des synthèses scientifiques.
Le premier auteur à citer est H. d’Arbois de Jubainville qui
étudia en 1890 les noms de village d’origine gauloise ou gallo-romaine,
puis fit de même en 1891 pour les noms de personne gauloise du temps
de César. Mais le créateur de la toponymie française
fût Auguste Longnon dont l’enseignement sur l’origine
des noms de lieux qu’il donna au Collège de France ne fût
publié qu’en 1920 à titre posthume par deux des ces
anciens étudiants: L. Mirot et P. Maréchal...
Les instruments indispensables
en onomastique sont les cartulaires, les chartes, les terriers et les dictionnaires
topographique. Pour nous faire l’avocat du diable (si nous osons l’expression)
disons que les mots venant de la langue gauloise sont très rares
à avoir subsisté jusqu’à aujourd’hui, et
qu’ils nous ont été transmis par les auteurs de l’Antiquité.
En utilisant un ouvrage de référence à savoir «
L’Histoire et ses Méthodes » publié dans la prestigieuse
collection des Encyclopédies de « la Pléiade »
chez Gallimard, on peut y lire ce qui suit : « Les linguistes se sont
efforcés de retrouver la signification des termes gaulois et pour
se faire se sont aidés des mots correspondants qui sont encore parlés
dans les langues celtiques d’Irlande et du Pays de Galles. Il n’est
pas prouvé que les Celtes de Gaule parlaient une langue identique
à celle des Celtes installés dans les Iles Britanniques même
si ces parlers avaient sans doute de grandes ressemblances comme en ont
aujourd’hui le français parlée en France et le français
parlé au Canada… il n’existe pas encore de répertoire
complet des toponymes d’origine gauloise… mais certains voient
leur origine parfaitement éclaircie comme Condate signifiant au confluent.
» Ainsi peut on dire avec certitude que les localités bâties
sur un confluent s’appellent Condate ou du nom de ses dérivés
Condé, Condat, Cosne ou Conta, que celles bâties sur des gués
ou autour de ponts s’appellent Brive ou un de ses dérivés.
De même chez les gaulois l’eau s’appelle dubron au pluriel
dubra qui se retrouve dans Douvres ou encore dans l’Aude l’Argentdouble
(Argantodubrum: rivière d’argent). Ajoutons que les eaux thermales
étaient placées sous la protection d’un génie
en l’occurrence Borvo ou Bormo.
Ajoutons
que Boudet fait preuve d’un énorme travail de préparation
et de recherches livresques en écrivant son ouvrage, en effet il
a beaucoup lu d’ouvrages de linguistique notamment les travaux de
l’allemand Fr. Bopp, auteur d’une grammaire en 1816 démontrant
les analogies entre les langues européennes et le sanscrit, ce qui
donnera plus tard le nom de langue indo-européenne. Notons toutefois
que le passage suivant n’a pas pu lui échapper: « …les
mêmes procédés appliqués sur une plus vaste échelle
à tous les idiomes ‘‘indo-européens’’
sanscrit et ses dérivés de l’Inde, persan et vieil iranien,
grec, latins; parlers italiques, irlandais, gothique, lituanien, vieux slave,
arménien ont abouti à une certaine restitution du parler commun
dont chacune de ces langues représente une évolution originale,
la langue dite indo-européenne » lui qui cite Fr. Bopp dés
la page 10. Alors pourquoi vouloir faire remonter la langue primitive au
celte et donc à l’anglais moderne contre toute vraisemblance
sinon parce que c’est qu’elle se prête plus facilement
au phonèmes musicaux.
Que tirer de tout ceci d’abord que H. Boudet n’est pas un précurseur
dans son domaine; ensuite qu’il commet des erreurs grossières
pour un érudit ; par exemple Condate qu’il cite à la
page 169 le faisant dériver de to con, apprendre par cœur, ‘-
death’ la mort et ses suites ; ou bien encore ‘- date’
époque; enfin que peu de mots gaulois sont conservés dans
notre langue contrairement à ce qu’il prétend.
Nous serions donc en droit de penser que « la vraie Langue Celtique
» n’est qu’un fatras de divagations toutes plus farfelues
les unes que les autres, et pourtant non, le livre est cohérent,
il a un but, un dessein bien précis et, ce but est de nous parler
d’une TOMBE.
Les
buts du livre indiqués dans l’avant propos
«
La Vraie Langue Celtique ou le Cromlech de Rennes les Bains » est
un livre déconcertant ; c’est le moins que l’on puisse
dire. Un fatras de mots, de noms propres, de noms de lieux tirés
de la langue Hébraïque, Punique, Basque, Languedocienne qui
décomposés en monosyllabes en phonèmes trouvent leur
origine dans l’anglais moderne lui même issu du Celtique. A
première vue l’œuvre est celle d’un illuminé,
et, elle est jugée comme telle par l’Académie des Jeux
Floraux de Toulouse qui y voit, et y reconnaît un immense travail
mais dépourvu d’intérêt scientifique. Alors que
penser, œuvre d’un illuminé ou bien message à transmettre
! Nous avons choisi la deuxième approche, et, nous allons essayer
de vous le démontrer.
Première remarque : si l’on veut transmettre un message en 1886 à la fin du XIXième siècle et ce à partir d’un petit village perdu à la limite du Razés, pourquoi avoir choisi cette méthode reposant sur une langue étrangère ? En effet, il ne devait pas y avoir de nombreux anglophiles dans les couches populaires audoise suffisamment au courant de cette langue pour décoder le message. Aussi, l’abbé prend il soin de distribuer gracieusement son livre à toutes les sociétés savantes de l’époque. Là où il sait que son œuvre durera et sera peut être un jour correctement interprétée. Et pour lui ceci a tellement d’importance qu’il fait fi des quolibets dont il sera accablé en distribuant son livre dans ces milieux. Ensuite pour répondre à cette première remarque, nous dirons sans grand risque d’erreur que l’anglais se prête admirablement comme nous l’avons déjà dit à son projet dans la mesure où cette langue est riche de phonéme monosyllabique. Ne perdons pas de vue qu’il enseigné cette matière. Pour lui, l’Anglais est une langue familière. Nous avons donc affaire à un livre ésotérique par opposition à un texte exotérique, s’adressant à des gens capables de le comprendre.
Deuxième
remarque : lorsqu’un auteur écrit un livre, il le fait précéder
en général d’une préface dans laquelle il exprime
le but de l’ouvrage, ses raisons d’être, en un mot «
Pourquoi l’a-t-il écrit ? ». Intéressons nous
donc à la préface. Celle ci est appelée par l’auteur
« Avant Propos » : dés la première ligne, Boudet
nous explique clairement que la lecture ne doit pas être faite comme
d’habitude en effet nous pouvons y lire : « Le titre donné
à cet ouvrage semble, au premier abord, trop prétentieux pour
être rigoureusement exact. » Autant dire que l’on ne va
pas nous parler directement de la langue celtique, non plus que du cromleck
de Rennes les Bains.
Mais si le sujet n’est donc pas d’interpréter le cromleck
à la lecture de la langue celte, l’abbé nous rassure
en nous affirmant que nos recherches seront couronnées de succès:
« ce peuple…avec le secours de sa langue nationale, peut se
livrer à des recherches, qui, certainement, seront couronnées
de succès. » Et suit un passage où Boudet nous met en
garde sur ce qu’il y a à découvrir : « la langue
vivante à laquelle nous faisons allusion, nous a puissamment aidé
à découvrir le magnifique monument celtique existant à
Rennes les Bains. » Or il n’y a pas et il n’y jamais eu
de cromleck à Rennes-les-Bains c’est donc que le magnifique
monument est autre chose qu’un cercle de pierres. Il insiste pour
bien éveiller l’attention du lecteur en disant : «
et l’étude de ce monument nous a conduit avec sûreté
à des déductions étymologiques qui nous semblent difficiles
a réfuter. »
Concluons ce second point en disant que Boudet nous dit qu’il y a
un MAGNIFIQUE MONUMENT à découvrir à Rennes-les-Bains
que c’est le but de son livre et non pas des interprétations
hasardeuses de la LANGUE CELTIQUE mais que celle ci peut nous aider à
le retrouver.
Troisième point de l’avant propos, Boudet nous indique clairement
ce qu’est ce monument : « C’est ainsi que le cromleck
de Rennes les Bains se trouve intimement lié à la résurrection.
» Difficile d’être plus explicite.
Il nous faut donc chercher une TOMBE et, pas n’importe laquelle, celle
qui par excellence est liée à la RESSURECTION. Pour y arriver
nous utiliserons le VRAIE LANGUE en l’occurrence la celtique, celle
qu’il faut comprendre avec du SEL, même si en patois languedocien
lorsque quelque chose ne paraît pas tout à fait clair on dit
de quelqu’un qu’il TIQUE.
Quatrième et dernier point de cet avant propos : il n’est pas
inutile de préciser que cette page recto verso est surmontée
d’une frise; au centre de laquelle un ornement d’imprimerie
rappelle une sorte d’ange les ailes déployées dont la
forme ressemble un peu a un grand M mais plus intéressante est la
forme qui semble s’envoler au dessus de ce symbole, les bras en croix
cela ressemble a un être humain qui s’élève vers
le haut de la page. Un homme qui s’évaderait du M (M comme
mort) et qui monterait vers le ciel.
Confirmation
du but de la « Vraie Langue… » d’une tombe a l’autre
Lorsque l’abbé Boudet décède en mars 1915, il est inhumé à Axat dans la Haute Vallée de l’Aude, avec son frère Edmond Boudet qui l’a précédé de 7 ans dans la mort. Sa sépulture étonne : sur une simple dalle est gravée une croix à branches égales, et plus bas dans l’angle inférieur droit une sorte de petit livre fermé portant sur la couverture une inscription qui pourrait être du grec. Cela lui ressemble mais ce n’en est pas, au passage il est bon de voir que la croix à branches égales est dite croix grecque par opposition à la croix latine sur laquelle Jésus a subi le supplice et que cette croix reste le symbole clé de l’église chrétienne. C’est cette croix que les chevaliers du Temple était censé fouler du pied lors de leur initiation (c’est du moins ce qui ressort de leur acte d’accusation), et cette même croix rejetée par les Cathares pour qui le fils de Dieu n’avait pas pu mourir de mort mais c’était « adombré », et donc ils ne reconnaissaient pas cette croix comme un objet sacré.
Si
nous faisons pivoter le livre de 90° l’inscription pseudo-grecque
donne ЭIO.XI. Nous remarquerons que 310 renvoie au livre de Boudet
« La Vraie Langue Celtique » puisque 310 est exactement le nombre
de pages de cet ouvrage. Ceci étant posé, nous pouvons donc
dire que le livre à un rapport étroit avec cette tombe, ou
mieux avec UNE TOMBE.
Continuons l’analyse de la sépulture Boudet d’Axat et
intéressons nous au chiffre XI. Cette page est importante car pour
la première fois l’abbé va mettre en place son système
onomastique ou plus simplement linguistique. Il compare pour commencer les
noms languedociens avec le breton, l’irlandais et le gallois, et le
premier mot étudié est brén : « la pellicule
de blé moulu et passée au blutoir se nomme en dialecte languedocien
brén; en gallois bran; en irlandais et en écossais bran ».
Cette pellicule s’appelle en français le son, et en utilisant
le système de Boudet c’est à dire en y ajoutant un peu
de SELtique, on traduira le SON par le bruit, la musique des mots.
Voilà ce que nous dit le petit livre fermé d’Axat :
La Vraie Langue celtique parle d’une tombe et pour la trouver (ou
si vous préférez pour ouvrir le livre) ce qui revient au même
il faut utiliser les Sons.
Nous
voilà comme Gulliver au sein d’une contrée inconnue
dominée par des chevaux savants et hautement civilisés. Gulliver
les prend pour des enchanteurs connaissant toutes les langues et il parvient
à saisir le sens des sons émis par les hennissements. Indubitablement
le but de Jonathan Swift dans cette partie de son œuvre fut de souligner
la transcendance de la Cabbale (cavale) phonétique dont Fulcanelli
devait deux siècles plus tard démontrer le rôle décisif
pour l’étude de la Philosophie Hermétique.
Ce langage est universel et se manifeste dés les premiers jours de
ses Noces Chymiques à Kristian Rosenkreutz, de la même manière
Rabelais l’avait utilisé en tant « qu’abstracteur
de substantifique moelle », ainsi que Cyrano de Bergerac dans «
Les Etats et Empire de la Lune » où se sont les oiseaux qui
parlent. Cette langue des oiseaux rejoints la vieille idée (on va
retrouver H. Boudet) des hermétistes qu’à l’origine
les hommes et les animaux parlaient tous la même langue primitive.
La langue des oiseaux
ne peut ni se lire ni s’écrire ; elle est purement phonétique,
immédiatement accessible aux illettrés mais en même
temps inaccessible au commun des mortels. C’est pourquoi les hermétistes
ont dénommé ainsi une langue non écrite reposant sur
l’interprétation phonétique et sur la connaissance d’un
argot. Cette langue d’initié est aussi celle de l’héraldique
qui se déchiffre comme un rébus, c’est également
elle qui permet de comprendre les sculptures de nos cathédrales gothiques.
L’argot désigna ensuite par extension la langue incompréhensible
des constructeurs, la langue verte (le vert est le symbole de la connaissance),
puis par la suite par réduction l’argot a été
considéré comme une langue réservée à
une communauté bien précise.
Voilà ce que nous dit l’abbé à la page 11 : utilisez
l’argot, la langue verte, la langue des oiseaux, la langue des chevaux,
la cabale phonétique, LE SON pour espérer vous approcher du
temple et, alors comme à Jéricho au son des trompettes les
murs nous laisseront passer.
Analyse
des « Observations préliminaires »
On notera avec profit que ce qui tient lieu de préface au livre de
Boudet ne porte pas ce nom habituel mais est découpé en deux
parties bien distinctes. D’abord l’avant propos sur une page
recto-verso que nous avons examiné et qui a été imprimé
en caractères italiques pour bien le différencier du reste
du volume; puis les « Observations préliminaires » sur
4 pages numérotées en chiffre romain.
Dans ces observations l’abbé explique qu’appelé
par Dieu à Rennes-les-Bains, il pense que ce nom même de Rennes
va lui permettre de redécouvrir l’histoire de cette région,
surprenant pour un lettré érudit qui paraît ignorer
que le nom de Rennes est loin de remonter à la période celte,
puisque quelques années auparavant à peine les quelques maisons
composant le village s’appelaient « Les Bains de Montferrand
» et non « Rennes-les-Bains » et de découvrir surtout
de nombreuses choses au sujet des roches aiguës couronnant ses montagnes,
ne serait ce pas là une allusion à une célèbre
couronne d’épines. Mais pour cela comment faire?
Chez les celtes pas de langue écrite sur laquelle s’appuyer,
autant dire pas de témoignages écrits sur cette fameuse couronne
ou ce monument.
Pour l’appréhender il ne nous reste que le dialecte, cependant
là aussi Boudet nous met en garde contre le dialecte languedocien
En effet il « ne paraît pas une voie bien sure pour arriver
à un résultat important ».
- Cette voie nous l’avons « parcourue avec patience ».
- « Lorsque le flambeau que nous cherchions avec anxiété,
s’est montré à nos yeux, son premier rayon est tombé
sur le nom des Tectosages, et ce rayon nous a ébloui » et plus
loin
-« le résultat nous a paru sérieux » pour expliquer
« la signification des monuments mégalithiques de Rennes les
Bains objet premier de nos recherches ».
Autant
dire que nous avons là les consignes et le but à atteindre.
Il faut utiliser le patois mais pas de trop, il faut être patient,
la vérité est longue à entrevoir. Il faut faire comme
les Tectosages, c’est à dire en reprenant la méthode
de Boudet se rappeler que cela vient de ‘to take’ – se
plaire à, ‘to sack’ – piller, il faut donc se comporter
en « pillard », mais en lui redonnant le sens que ce terme exprime
en Occitan à savoir quelqu’un de vif, de malin, de dégourdi
; d’ailleurs, l’abbé donne cette définition de
pillard plus loin dans son livre. Enfin comment chercher un monument mégalithique
dés lors que tout le monde sait qu’il n’y en a pas à
Rennes. Sauf si ce ‘magnifique monument’ n’est pas un
cromleck mais autre chose qui a un rapport avec la couronne d’épines…
et qui doit rester l’OBJET PREMIER DE NOS RECHERCHES…et toutes
les démonstrations du début du livre c’est à
dire des deux tiers ne serviront qu’à démontrer la réalité
de la ‘preuve décisive’ de la fin du livre à savoir
le monument de Rennes.
Méthode
de cryptage utilisée
Plusieurs techniques son utilisées simultanément à
savoir des erreurs manifestes de noms ou de lieux dits, des mots clés
de lecture, des exclamations, des inventions, des jeux de mots, des associations
de son autant dire de la musique. Voyons donc ces différentes méthodes.
L’abbé Boudet nous explique au moins par deux fois sa technique
de l’assonance. Ainsi peut on lire une première fois page 92
(ce qui est en général le plus connu des passages se rapportant
à cette méthode) : « Nous croyons que la langue Numide
peut aisément le revendiquer, et, en examinant de prés le
langage actuel des Kabyles, on s’assurera qu’il est fait de
jeux de mots et par conséquence le seul punique - to pun (peun) faire
des jeux de mots. Cette assertion ne paraîtra pas sans doute sans
fondement,… » Voilà le premier jalon posé : la
technique du jeu de mot n’est pas sans fondement. Avant d’y
arriver ajoutons un détail nouveau sur la langue punique : l’abbé
dit que celle ci peut aisément le revendiquer. Revendiquer quoi?
C’est tout le passage qui précède la citation désormais
classique qui est importante, nous y apprenons que les Phéniciens
fondateurs de Carthage parlaient la langue cananéenne et cette langue
était proche du Numide. Mais cependant ce n’est pas au Carthaginois
qu’il faut rattacher le Punique mais bien plus certainement au langage
des Numides et à celui des Maures. Voilà c’est dit nous
comprenons maintenant que pour comprendre la langue des MORTS, il faut parler
par jeux de mots. Mais si le début de ce passage est le plus fréquemment
cité par les exégètes de « La Vraie Langue Celtique
», les auteurs ne citent pas ce qui va suivre. En effet l’abbé
nous met en garde une deuxième fois sur la manière d’interpréter
son livre.
Ce second passage se situe à la page 127 dans le chapitre IV de la
langue de Japhet nous trouvons ce titre: « les Cantabres - Les Ibères
- Les Kjoekken-Moeddings du Danemark. »
Lisons
comme nous y invite le texte : « Le langage des Ibères
était de nature à surprendre vivement les Celtes : aussi tout
étonnés de n’en point saisir le sens, ils décorèrent
les descendant de Tubal du nom de Cantabres, - to cant parler un certain
jargon, - abroad (abraud) à l’extérieur… »
comment être plus explicite. Nous savons maintenant de source sure
qu’il faut utiliser les jeux de mots et qu’en plus il faut parler
un langage codé pour l’extérieur. Nous remarquerons
au passage que Boudet fait preuve de connaissances tout à fait dans
le goût de son temps. En effet, en 1884 est paru un livre fort intéressant
de Garrigou Adolphe intitulé : « Ibéres, Ibérie
» dans lequel cet auteur Ariégeois démontre l’origine
Caucasienne des Ibères. Preuve s’il en était besoin
que l’abbé de Rennes a fait un travail de recherche important
pour écrire son livre.
Voyons maintenant une autre technique employée pour crypter «
La Vraie Langue… ». Il s’agit, nous nous en sommes aperçu,
de certains mots clés. Nous trouvons par exemple l’emploi du
terme ‘- To eye’, avoir l’œil sur ; cette expression
peut être suivie ou non de points de suspension. Ceci a aussi son
importance. S’il n’y a pas de points, il faut prêter son
attention à l’expression en question, sinon suivi de points
de suspension cela indique que c’est ce qui va suivre qui demande
une plus grande attention. ‘To eye’ prononcer ‘aï’
sert aussi parfois d’exclamation ‘Aïe’, autant dire
qu’il faut que nous portions notre attention même si ça
fait mal, même si cela paraît impossible ; nous y reviendrons
plus tard.
Autre mot clé utilisé le terme anglais ‘key’ qui
se traduit d’ailleurs en français par ‘clé’
; cet usage nous est apparu dans la traduction de « Kaïrolo »
page 295. A cet endroit, Boudet analyse ce mot en le faisant dériver
de ‘- key’, clé, ‘- ear (ir)’ épi
de blé, ‘- hole’ petite maison, grenier « et peut
être le silo ou souterrain renfermant la précieuse céréale…
» ; voilà le style typique de Boudet : sous couvert d’un
mot clé il nous indique que le blé était stocké
dans un souterrain avec toutes les allusions relatives au blé, aussi
bien à l’or en argot, mais aussi à la parabole du semeur:
si le grain ne meurt….
Nous avons déjà dit que l’utilisation des sons était
fréquente. Nous avons déjà vu que ‘to eye’
devait se dire ‘Aï !’. De même la phonétique
de ‘how’ qui signifie ‘comment’ doit se prononcer
‘Haou !’. De la même manière nous constatons que
la prononciation des mots anglais n’est pas forcément donnée
par Boudet, c’est donc qu’il y une raison lorsqu’il la
donne et ce n’est pas toujours pour les mots les plus compliqués.
Nous voilà plongés dans la langue des oiseaux, et comme eux
nous devons retrouver notre âme d’enfant, c’est à
dire écouter la musique et nous laisser aller aux exclamations lorsque
celles ci s’imposent devant l’énormité de ce que
nos yeux découvrent.
Nous
constatons aussi dans le livre des erreurs géographiques, des inversions
de lieux, ou des inventions comme par exemple Lampos au pied du Cardou.
Les terriers, les compoix anciens ne mentionnent jamais ce nom pour ce tènement.
Alors pourquoi l’avoir inventé sinon pour le faire dériver
de ‘- to lamb’, mettre bas en parlant d’une brebis et
cela rappelle à Boudet l’image des petits êtres rassemblés
et composant une famille possible, à moins que l’abbé
veuille nous faire penser à l’animal que la brebis met bas…
l’agneau.
Enfin nous sommes face à des inventions pure et simple, la plus flagrante
étant celle du ‘Cromleck’ nous reviendrons sur ce monument
qui à lui seul mérite une étude particulière.
Voilà, nous pensons que cette première approche permettra de se rendre compte que « la Vraie langue Celtique et le Cromleck de Rennes les Bains » n’est pas l’œuvre d’un fou mais bel et bien un livre ésotérique, crypté, dont le but est de mettre sur la piste d’un secret pas forcément matériel, mais lourd de conséquence en ces temps ou l’humanité est plus que jamais à la recherche de ses racines. Dans une prochaine étude nous étudierons avec plus de précisions, maintenant que nous connaissons ses méthodes, des passages révélateurs du lourd secret de Rennes. Nous nous pencherons sur « le Cromleck » et sa signification et mettrons au clair ce qui aujourd’hui est caché sous « la cabale phonétique ». Nous irons sur le terrain et, analyserons la carte de la fin du livre en la mettant en rapport avec certaines parties du texte…
Alain Pito