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666…
la Chanson de Satan? (2ème partie) - Les Juges Intègres et Otto Rahn |
Des
peintures, des peintures et encore des peintures
L’histoire
de Rennes le Château est chargée de peintures, de Poussin en
passant par Teniers, jusqu’aux prétendues «acquisitions»
souvent ajoutées au long de certaines… ‘investigations’.
On se souvient, par exemple, qu’un des « codes du Prieuré
de Sion » sous-entend, en son temps, l’affirmation que Saunière
visite Paris et qu’à cette occasion il se rend acquéreur
des reproductions de deux peintures. Une de celles-ci était soi-disant
un portrait du pape Célestin V, pape qui régna à la
fin du 13ème siècle. Peu de gens, voire personne ne fut capable
de saisir la signification de cet élément à l’intérieur
du contexte plus large de la mythologie du Prieuré.
La peinture en question passe pour être une « Allégorie
du couronnement de Célestin V ». Il s’agirait d’une
peinture française du 16ème siècle que l’on peut
voir au Louvre à Paris. En échange, on ne sait rien de ce
tableau, même pas à qui il a appartenu ou quel en est l’auteur.
En tant que « Mark Harlem », Hammer suggère que le véritable
créateur de cette œuvre est un neveu de Jan van Eyck, le peintre
Barthélémy Van Eyck. Ce dernier a pour fonctions ‘peintre
et valet de chambre’ à la Cour de René d’Anjou…
personnage bien connu dans la mythologie du Prieuré de Sion.
Bien que la croyance populaire dise que René d’Anjou enlumine
et peint ses manuscrits lui-même, l’opinion de l'art professionnel
reste qu’il est impossible qu'il ait pu faire cela. En échange,
il est notoire que ce travail soit celui de Barthélémy Van
Eyck. Un aspect fascinant supplémentaire est que René d’Anjou
est, à ce moment-là, emprisonné par le Duc Philippe
le Bon, dont le ‘peintre et valet de chambre’ est précisément
Jan Van Eyck. Cette imbrication de faits ressemble pratiquement à
une affaire de famille...
Un
problème pour deux points de vue
Dans
le contexte de la mythologie du Prieuré de Sion et des suites du
‘Da Vinci Code’, le fait d’introduire un autre peintre
et une autre oeuvre dans la composition de la légende semble assez
simple.
En effet, on peut argumenter qu'avec le choix de Notre Dame de Marceille,
et la peinture de Van Eyck, Hammer reproduit simplement deux aspects de
l’histoire ésotérique de l’affaire et la fait
sienne. De plus, Hammer étant Hollandais, il peut facilement être
mis au contact d'éléments que nous-mêmes et d’autres
chercheurs ont, depuis 1996 en privé, et 1999 en public, discutés.
Par exemple, il apparaît que plusieurs aspects inconnus entourent
étroitement Van Eyck de zones d’ombre et plus particulièrement
en ce qui concerne son interprétation de l’adoration de l’agneau.
En fait, le paragraphe ci-dessus est une des perspectives soulignées
par plusieurs sceptiques en la matière. Hammer, d'autre part, avancerait
qu’en fait Tom R sait que certaines peintures contiennent des informations
clés, qu’il réutilise alors ensuite en créant
de fausses pistes. Il superpose Van Eyck à Poussin et Teniers…
De Vinci sera automatiquement ajouté plus tard. C’est ainsi
que, faute des clés nécessaires à la compréhension
de ces substitutions, naturellement, les éléments du puzzle
restent appliqués à (aux) la mauvaise(s) peinture(s). Nous
sommes ici face à la construction d’une désinformation
classique des plus logiques, si l’histoire de Tom R est réelle.
Révélations
templières
En
1995/1996, Clive Prince et Lynn Picknett attirent notre attention sur des
peintures paraissant cacher une certaine connaissance ésotérique
impliquant Jean le Baptiste. A ce moment là, nous commençons
à souligner l’importance de Jan Van Eyck et son ‘Adoration
de l’Agneau’. De plus, le panneau décrivant Jean le Baptiste
est justement l’un des deux volés en 1934… l’autre
étant la représentation des ‘Juges Intègres’.
Quand le voleur entre alors en correspondance avec les autorités,
il sait qu’il détient un moyen de se distinguer radicalement
des douzaines, sinon centaines, de prétendants et restitue donc le
panneau du Baptiste. Néanmoins, durant les discutions qui s’ensuivent,
le voleur soutient que, bien qu’il souhaite vivement rendre le panneau
restant, en échange d’une somme d’argent, la méthodologie
proposée par la police ne peut coller à la réalité
des faits. A partir de ce point, les négociations stagnent et la
scène des ‘Juges Intègres’ ne sera jamais retournée
puisque le négociateur, sinon le voleur, Arsène Goedertier,
meurt peu après.
A ce moment-là, Clive Prince se demande si le vol du panneau du Baptiste
n'est pas un indice en lui-même ainsi que l’identification du
personnage étant derrière l’entreprise, et si la restitution
n'est pas un autre signe car Goedertier peut également rendre ‘Les
Juges Intègres’ aux autorités.
Début octobre 2007, pendant l’interview de Hammer pour Radio
Rennessence, le vol est discuté puisque cela constitue une grande
partie de son livre. Hammer semble ignorer que nous avons collaboré
avec quelques-uns des chercheurs leaders en la matière, tel Karel
Mortier. De fait, quelle surprise de l’entendre, dans notre discussion,
insinuer que la scène des ‘Juges Intègres’ n’est
pas le panneau élément le plus important, mais bel et bien
un autre panneau bien plus déterminant ! Au cours de cet échange,
Hammer reste réticent quant à fournir des détails supplémentaires,
et on peut se demander, à juste titre, si c’est le panneau
de Jean le Baptiste qui le surprend et sur lequel il évite soigneusement
de répondre… bien que ce silence puisse devenir plus suggestif
qu’un millier de mots ! Ce silence révélateur est d'autant
plus remarquable que, dans son livre, l’auteur explique que les deux
panneaux semblent contenir un code secret conduisant à l’Arma
Christi… c’est un « fait » que Tom R discute peu
après la guerre avec les ‘maîtres chiens’ de la
CIA. Hammer conclut, dans son livre, que Van Eyck est un des initiés
connaissant le véritable lieu de l’Arma Christi.
Qui
est l’homme ?
L’historien
d’art italien du 16ème siècle Giorgi Vasari présente
Van Eyck comme ‘un alchimiste’ en suggérant ainsi qu’il
eut accès à des éléments non orthodoxes, ce
qui explique exactement ce par quoi les sociétés secrètes
de l'époque sont étroitement concernées. Cette déclaration
que Van Eyck soit un alchimiste fut répétée par Karel
Van Mander en 1604. Un groupe de Francs-Maçons modernes note que
Van Eyck est également le seul peintre qui, aussi loin qu’ils
sont capables de remonter la piste, représente une loge active :
une place abritée au pied d’une tour, dans un dessin de sainte
Barbara. Sainte Barbara (ou sainte Barbe) est généralement
considérée comme étant la sainte patronne des alchimistes
(bien que cela, bien entendu, n'ait jamais été officiellement
ratifié par l’église). A ce titre, elle figure aussi
sur le Retable de Gand. Sainte Barbara est également une sainte de
première importance en Aragon, donc au sein des seigneurs de Périllos,
dont un des trois sanctuaires du territoire lui est consacré.
Peu, sinon rien n’est connu sur les circonstances dans lesquelles
Van Eyck réalise ‘l’adoration de l’Agneau’
et si lui-même en est le seul exécuteur ou simplement achève
la peinture qui aurait été commencée par son frère
Hubert… comme une inscription sur la peinture le suggère.
La seule certitude connue reste qu’en 1430, au moment où Van
Eyck travaille sur sa pièce maîtresse, son commanditaire Philippe
le Bon établit l’Ordre de la Toison d'Or, un Ordre chevaleresque
basé sur l’Ordre Anglais de la Jarretière. L’Ordre
fut créé pour célébrer le mariage de Philippe
avec la princesse Portugaise Isabelle d’Aviz. Les raisons de ce choix
sur l'image de la Toison d'Or n’ont finalement jamais été
pleinement expliquées. Permettons-nous d’ajouter que Philippe
le Bon lui-même est intéressé par l'alchimie et il est
notoire que dans son palace de Bruxelles, il commande l’installation
d’une « pièce alchimique ».
Indices
pour le trésor
Philippe
le Bon
Philippe
n’a pas de capitale fixe et déplace sa Cour entre divers palais
dont les principaux sont ceux de Bruxelles, Lille et Bruges. Il y organise
de grandes fêtes pour faire valoir son pouvoir à ses sujets,
et les chevaliers de son Ordre voyagent fréquemment à travers
le territoire afin de s’afficher dans divers tournois.
Van Eyck entre au service de Philippe le Bon à la mort de Jean de
Bavaria en 1425. Il réside à Lille pendant un an, puis déménage
à Bruges où il reste jusqu’à sa mort en 1440.
Très curieusement, le lieu de résidence de l’artiste
à Bruges n’a jamais été établi avec certitude.
En 1428, il voyage au Portugal pour peindre Isabella, la fille du roi Jean
1er, avant que Philippe l'épouse, mariage qui induit la création
de l’Ordre de la Toison d'Or. C’est un évènement
clé, en raison du fait que l'on n'est pas entièrement assuré
de la raison du voyage de Van Eyck au Portugal. Hammer ajoute d'autres spéculations
sur cet épisode, en déclarant que le peintre est entouré
de cartographes pour justifier de l’importance vitale de cette mission
dans la codification du lieu de l’Arma Christi dans la peinture…
qui devient, de fait, une carte au trésor… ou, plus précisément,
une peinture au trésor.
Un
peintre privilégié
En
tant que peintre et chambellan, Van Eyck, exceptionnellement rémunéré,
ne ressent nul besoin de s’inscrire dans la guilde locale des peintres.
Son salaire annuel, particulièrement élevé quand il
fut embauché, double par deux fois dans les premières années
et se trouve souvent ponctuellement augmenté. De plus, le personnage
est tenu en si haute considération qu’on voit, dans un document
de 1453, le Duc réprimander ses trésoriers pour ne pas avoir
payé son salaire à Van Eyck. Le document montre le prince
déclarant que si, pour cette raison, Van Eyck quittait la cour, il
ne serait nulle part possible de trouver l’égal dans «
son art et sa science ». Certes, l’utilisation du mot «
science » peut faire référence aux techniques de peinture
révolutionnaires de Van Eyck, mais peut, tout autant, suggérer
des connaissances hors des limites de la peinture conventionnelle de l’époque.
Evidemment, trop d’éléments portent à supposer
que Van Eyck accomplit certaines missions autres que de peindre des portraits
pour le Duc… cependant la nature exacte de ses actions restent quasiment
inconnue. Finalement, il est clair que les deux hommes sont très
proches puisqu’un des enfants de Van Eyck a pour parrain le Duc lui-même.
Ce dernier soutient matériellement la veuve du peintre après
son décès et, des années plus tard, il aide une de
ses filles en apportant personnellement les fonds nécessaires pour
son entrée au couvent. On pourrait pratiquement argumenter que les
deux hommes sont quasiment devenus… des Frères !
L’adoration
de l’Agneau Mystique
S’il
y a quelque preuve d’une « prédisposition ésotérique
» chez Van Eyck, elle se situe indiscutablement dans ‘l’adoration
de l’agneau Mystique’ qui reste la seule peinture dans laquelle
Van Eyck pouvait exprimer son art secret, en raison du fait que toutes ses
autres peintures sont des portraits, plus difficiles à ‘cadrer’
dans un hermétisme particulièrement profond.
Officiellement, ‘l’adoration de l’agneau mystique’
est une commande de la famille Vijdt, encore qu'il soit connu que Van Eyck,
au moment de la peindre, est en fait employé par Philippe le Bon.
Bien qu'il n’aurait pas été impossible pour Vijdt de
requérir Van Eyck (certainement pas si Vijdt était en termes
amicaux avec le Duc), il faut bien admettre, dans ce cas, qu’il est
avant tout un portraitiste et non scénique. De plus, un portrait
demande nettement moins de temps que l’énorme somme de disponibilité
et d’énergie que Van Eyck consacre à peindre ce retable.
Il est donc clair que, pour commanditer cette œuvre exceptionnelle,
Vijdt aurait dû avoir au moins le consentement de Philippe, même
si Jan Van Eyck se contente d’achever « seulement » ce
qu’Hubert a commencé. Pour l’accomplissement d’un
tel tableau, force est de convenir qu’une telle commande aurait pris
plusieurs années de travail, et non une courte diversion de quelques
semaines ou même de quelques mois. Dans ce constat de durée,
on peut se demander à juste titre si le Duc aurait consenti à
se défaire, pour une aussi longue période, de son peintre
pour la réalisation d’une telle commande… qui ne soit
pas à son avantage ? A moins, bien entendu, que ce prince ait été
tenu à propos de certains événements demandant son
accord, voire sa complicité secrète, pour que ce travail,
alors quelque peu spécial, soit conduit à bonne fin dans le
délai réclamé.
Jésus,
mais pas tel qu'on le connait
En
dehors de directes bien qu’obscures références aux Chevaliers
Templiers et Jean le Baptiste, les trois panneaux centraux supérieurs
devraient être le point principal où se fixe notre attention…
bien qu’Hammer dirige l’attention de ses lecteurs dans une autre
direction. Le retable était fermé durant la semaine (révélateur
de l'adoration de la famille Vijdt aux deux Jean) mais ouvert le dimanche,
jour où l'on pouvait voir son panneau central supérieur. Il
y a la Vierge Marie à gauche avec une autre représentation
de Jean le Baptiste à droite, avec le personnage central généralement
identifié comme Jésus.
Bien que quelques éléments de ce personnage pourraient faire
référence à Jésus, d'autres éléments
font clairement référence à Dieu, ou encore à
un roi. Le consensus de cette œuvre, par conséquence, donne
« Jésus représenté tel un roi » dans cet
ensemble. Pourtant, il faut noter également que, bien que Van Eyck
voulut peindre un personnage pouvant être identifié, ou mal
identifié, comme Jésus et Dieu à la fois… cette
volonté reste, en fait, particulièrement singulière
sur des peintures médiévales ou gothiques.
L’Arma
Christi une fois encore
Ensuite,
que faut-il penser sur cette peinture de la présence de l’agneau
montré saignant et dont le précieux sang est capté
dans des calices? Peut-on supposer qu’il s’agisse là
des références faites au Saint Graal ? Pour Hammer, la réponse
est clairement non : dans son esprit, toutes les « Armes du Christ
» peuvent être trouvées dans la peinture et c'est, pour
lui, une indication que la peinture et Van Eyck sont en rapport avec la
quête.
Bien que la liste de « coïncidences ésotériques
» s'allonge considérablement, la clé est en fait cachée
dans un des carreaux du sol du décor. Dans ce dernier élément,
nous trouvons un détail presque invisible, et certainement prévu
pour ne pas être évident pour un œil non expérimenté.
Il s’agit de la présence du mot « AGLA » finement
écrit dans ce fragment du sol. AGLA est une très ancienne
formule magique protectrice, un acronyme Kaballistique de la phrase biblique
« Ateh Gibor Le-olam Adonai » : « Le Seigneur
est tout puissant pour l'éternité ». Bien que cela puisse
ne pas paraître signifier grand-chose, la présence de la formule
magique discrètement mise dans la peinture met subitement en évidence
que cette oeuvre est en fait un talisman magique. En entrant alors ici dans
la même catégorie que les peintures de Botticelli, on pourrait
imaginer facilement que ce ‘détail’ soit une sorte de
signature d’appartenance au mythique Prieuré de Sion ou, plus
encore, être en présence de la griffe… d’un de
ses grands maîtres.
Pour Hammer, qui utilise également cette clé, il s’agit
de beaucoup plus que cela. Celui-ci avance l’hypothèse que
les « Allahistes », notoires protecteurs de l’Arma Christi,
en fait tirèrent leur nom de Agla, Agla-istes. La mauvaise interprétation
de ‘jeu de mots magiques’ finit en donnant le terme d’Alla-istes.
Ceux-ci seraient, de fait, les membres de la société secrète
protégeant farouchement l’Arma Christi. En ce cas, l’incorporation
du mot AGLA dans la peinture est vue, pour Hammer, comme une confirmation
supplémentaire de la vraie allégeance de Van Eyck à
cet énigmatique Ordre.
Le
Christ selon Van Eyck
Hammer
souligne que les « Allahists/Agla-ists/Ebionites » présentant
une interprétation spécifique de Jésus, différente
de celle des « corrompus », acceptaient docilement la version
promue par le Vatican. La manière dont Van Eyck représente
Jésus, c'est-à-dire dans une non orthodoxie, ou précisément
d’une façon des plus orthodoxes… est d’intérêt
direct. La représentation de Jésus semble provenir d’une
inspiration issue de l’iconographie Byzantine. Cette dernière
nous ramène aux origines probables d'où la connaissance hérétique
fit ses débuts en Europe au 14ème siècle. A ce propos,
on notera un intérêt tout particulier dans Révélation
19 : 12-16 : « Ses yeux étaient comme une flamme de feu; sur
sa tête étaient plusieurs diadèmes; il avait un nom
écrit, que personne ne connaît, si ce n'est lui-même;
et il était revêtu d'un vêtement teint de sang. Son nom
est la Parole de Dieu.
Les armées qui sont dans le ciel le suivaient sur des chevaux blancs,
revêtues d'un fin lin, blanc, pur. De sa bouche sortait une épée
aiguë, pour frapper les nations; il les paîtra avec une verge
de fer; et il foulera la cuve du vin de l'ardente colère du Dieu
tout puissant.
Il avait sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit: Roi
des rois et Seigneur des seigneurs. »
Bien que nous ne trouvions pas la particulière représentation
morphologique d’une cuisse dans son tableau, Van Eyck écrit
cependant une phrase tirée des mêmes versets sur le «
vêtement » de son personnage, sa cape… preuve que nous
sommes bien en fait devant le « Roi des Rois »
Un
vol préventif
Arsène
Goedertier
Bien
que des douzaines de livres aient été écrites sur le
vol de la peinture, Hammer fournit un nouveau développement à
la plupart des solutions proposées. Il argumente que le vol était
obligatoirement un « vol préventif » : certaines
personnes le dérobent, afin que d’autres, ayant planifié
de s’en accaparer, ne puissent pas ‘mettre la main dessus’.
Hammer affirme que le régime nazi, et Otto Rahn en particulier, se
préparaient à subtiliser l’oeuvre dans le cadre des
opérations indispensables à la découverte de l’Arma
Christi et son usage pour leurs seuls bénéfices.
Rahn, bien sûr, est un personnage bien connu dans l’histoire
de Rennes le Château. Bien qu’il soit surtout connu pour ses
exploits autour de Montségur, on sait qu’il connaissait personnellement
Déodat Roché. Comme André Douzet, qui connut Déodat
Roché et son entourage, le souligne : « Pour qu’un homme
comme Roché rencontre un individu dont il méprisait les points
de vue politiques, aux antipodes des siens, les raisons devaient être
de toute première importance. » Quelques chercheurs avancent
également que Rahn aurait rencontré Marie Dénarnaud
? Cette hypothèse sans preuves formelles, donc fragile, reste néanmoins
dans le domaine du possible.
Un
premier essai de foi
Hammer
pense qu’il y avait une coopération entre Rahn et son supérieur
Himmler qui organisa l’opération destinée à détourner
‘les Juges Intègres’. L’auteur déclare que
Rahn était à Gand, sur ordre de Himmler, en automne 1933,
en préparation de la phase finale, vraisemblablement programmée
pour le printemps 1934 et plus particulièrement arrêtée
pour le 10 avril de cette année-là.
Les lieux où se trouvait Rahn sont relativement bien connus et présentés
par des chercheurs tels que Nigel Graddon. En consultant les bases de données
de ce dernier, on ne trouve nulle mention de la ville de Gand. Un chapitre
du livre de cet auteur, ‘un précieux trésor’,
centré sur la période 1933-1935, suggère que Rahn,
dans cette période de sa vie, cherchait en fait quelque chose de
majeur dont l’Arma Christi pourrait avoir été une part
importante… Cependant, ajoutons que ce trésor ne fut jamais
clairement désigné ou identifié comme tel.
Otto Rahn est retourné de France en Allemagne au début de
1933. Il engage alors une correspondance avec Antonin Gadal, établi
dans le sud de la France. Dans ces échanges épistolaires,
il se plaint souvent de sa pauvreté et combien il en est préoccupé.
Pourtant, ajoutons qu’en même temps il était un ami du
fils de Hjalmar Schacht… un des principaux chefs financiers de Hitler.
De plus, c’est au début de l’automne 1933 que Rahn achève
son premier livre, ‘Kreuzzug gegen den Gral’ et une partie de
son temps, cet automne-là, fut occupée par la promotion du
livre. Bien qu’il soit clair que Rahn se déplaçait dans,
et à travers, les échelons supérieurs du parti Nazi,
il est établi qu’il travaillait essentiellement pour Himmler.
Cependant, nous le répétons encore une fois, rien ne permet
de supposer qu’Otto Rahn se soit trouvé à Gand, bien
qu’en théorie, il est possible qu’il ait pu y être.
Un
cadre encore plus grand
Otto
Rahn
En dépit d'un tel échec apparent, Graddon est un de ces auteurs restant persuadés que ce que Rahn cherchait était en fait lié avec le « mystère de Rennes le Château ». Avouons qu’il s’agit là d’une conclusion fascinante à considérer, s’inscrivant bien dans le cadre nettement plus large et précis du travail de Hammer. Cette hypothèse, en fait, pourrait s’avérer une motivation récurrente à vérifier la « Chanson de Satan » et confirmer le sentiment que l’histoire entière pourrait être vraie, mais est souvent contraire à des détails connus sur certains de ses aspects. Mais qu'en dépit d'être « fausse », d'une manière ou d'une autre, la théorie en bloc est non seulement plausible mais vérifiable. Ceci, bien sûr, nous ramène en arrière sur l’art de la désinformation, ou plutôt d’une « désinformation inverse »… mais conduisant, pourquoi pas, à une véritable information. Dans le cas de la « Chanson de Satan », la conclusion pourrait être vraie et même validée, alors que les éléments, pris individuellement et hors du contexte, ont toute l’apparence du faux !
Filip
Coppens