Plan du site | Recherche | Forums | Publications | Actualités

Société Périllos ©

666… la Chanson de Satan?
(4ème partie) - L’Arma Christi

 

Une nouvelle théorie entre dans le jeu

Depuis 2005, l’équipe d'Isaac Ben Jacob apporte une nouvelle dimension à l’énigme de Rennes-le-Château en abordant, pour la première fois dans cette affaire, la participation des congrégations de pénitents. Ces organisations, largement répandues à travers le Catharisme, ont néanmoins survécu à la croisade albigeoise et continuent d’exister, par exemple, avec les prérogatives de la Sanch à Perpignan… et la Sang à Gérone. En effet, que la « Société privée » dont parle Chaplin dans son livre ‘City of secrets’ soit de la même ‘essence’ que La Sang, organisation jumelle de la Sanch, survient logiquement comme une révélation majeure, bien que ce ne soit peut être pas une surprise.
Avant la publication de ‘City of secrets’, en septembre 2006, Hammer désigne déjà la véritable éminence grise qui détenait l'Arma Christi : les Ebionites. Bien qu'opérant sous un nom différent, il fut vite évident que cet auteur faisait référence au même fil pénitentiel de la Chrétienté. A l’évidence, trois chercheurs indépendants, Chaplin, Isaac Ben Jacob et Hammer, identifièrent tous trois le même groupe comme étant la véritable éminence grise du mystère de Rennes-le-Château.

Confirmation personnelle

Sur son site web, Hammer révèle qu'il a, sur lui, un Tau particulier lui ayant été donné par Tom R. Le site montre une photographie où il porte cette croix. Le Tau, comme l'a précisément expliqué Isaac Ben Jacob, est particulièrement en liaison avec la tradition pénitentielle. En outre, il paraît de plus en plus clair que Tom R. ne s’est pas seulement contenté d’initier Hammer à la seule histoire de l'Arma Christi, mais lui a catégoriquement affirmé être lui-même devenu « membre » d'une organisation s’interdisant le recrutement. Hammer souligne que le terme ‘Ebionites’ correspond plus à une façon de vivre qu’à une organisation, bien que cette ‘fraternité’ dispose d’un corps d'élite formé d'individus semblant veiller sur l'Arma Christi… composé des reliques de la crucifixion du Christ.
En outre, il souligne également l'importance des Franciscains et plus particulièrement du troisième Ordre franciscain, synonyme d’Ordre pénitentiel se composant de laïcs vivant ensemble de manière communautaire. Hammer relate que les Ebionites étaient considérés comme étant particulièrement pauvres et ne conservant pour eux aucune possession personnelle, ces dernières étant destinées aux avoirs en commun.

Analyse détaillée

Une analyse détaillée de l'image arborée par Hammer révèle que le Tau contient une gravure représentant un cercle traversé par un feuillage, comme on peut le voir à la fin de son ouvrage. Il semble que ce symbole soit une sorte de ‘signe de reconnaissance’ porté par les Ebionites ayant choisi un cercle perforé par une branche d’olivier, car le cercle symbolise à la fois le monde et une bouche ouverte sur un rameau d'olivier représentant la paix.

L’auteur souligne qu'ils s’imposèrent volontairement de ne pas utiliser l'alpha et l'oméga, ce qui est un sujet également abordé par Isaac Ben Jacob dans son analyse de la tradition.

Les Ebionites

Le terme ‘Ebionite’ fait normalement référence à une des plus ‘anciennes sectes chrétiennes’, située généralement entre Judaïsme et Christianisme. Le nom lui-même n’est pas de provenance hébraïque mais de souche araméenne, bien qu'on le trouve dans certains manuscrits grecs, sous la forme ‘Ebionaioi’, c'est-à-dire ‘Ebionéen’, signifiant ‘le Pauvre’. Cette version est privilégiée par Origène, ce à quoi nous devons ajouter qu'ils étaient considérés comme démunis au sens spirituel et non matériel, encore que Hammer soutienne la thèse d’une vision matérielle du principe.

Selon Tertulien, ce mouvement tire son origine d'un hérétique du nom d’Ebion, décrit comme un personnage historique, un grand voyageur résidant autant à Rome qu'en certains villages d'Asie.
Pour Irenaeus, les Ebionites étaient des hérétiques partageant des similitudes avec les Carpocratiens. Comme eux, ils refusaient de croire en la divinité du Christ, vu que celui-ci était un être humain ne pouvant préexister avant de naître sur terre. Ils niaient aussi la maternité divine du Christ et, à ce propos, Origène écrivait : « les Ebionites disent qu'il est né d'un homme et d'une femme, ainsi qu’il en va pour nos propres naissances ».
Il est souvent prétendu que les Ebionites étaient très attachés à la loi juive, ce qui ne semble pas avoir été le cas car les Ebionites, par exemple, méprisant le Temple de Jérusalem, n’adhéraient absolument pas à la loi juive interdisant au peuple de toucher à des sépulcres.
Enfin, dans ‘Contra Celsum’, Origène écrit qu’il n’y a pas de mouvement uniforme Ebionite, mais plusieurs sous-groupes. Il aurait, semble-t-il, identifié deux principaux de ces derniers, notant également qu’en dépit de différences sur des détails de la naissance de Jésus, tous le considéraient comme un prophète.

Les Ebionites selon Hammer

Dans ‘la Chanson de Satan’, Hammer soutient que les Ebionites considèrent un passage de la bible comme un des plus importants, à savoir celui dans lequel Jésus, identifiant Jacques comme son successeur, l’appelle « le Juste ». A ceci, il ajoute que Jacques est aussi un juge, ainsi le titre de « Juge Intègre » ne peut mieux lui être appliqué. Cette référence est censée être très explicite en ce qui concerne les raisons du vol du tableau de Van Eyck, sinon l’inclusion d’un panneau consacré aux juges intègres dans la peinture elle-même. Quant à la ligne officielle de cette énigme, Hammer expose que c’est seulement dans l’Evangile de Matthieu que Pierre est identifié comme le successeur de Jésus.

Jacques, à l’ossuaire célèbre

On fait souvent référence à Jacques comme « Jacques le Juste » (pour son extrême droiture) ou « Jacques de Jérusalem » (son lieu d’exercice) ou encore, plus rarement, « Jacques, Frère de Jésus ».
La découverte, remise au goût du jour en 2002, d’un ancien ossuaire au Moyen-Orient, un ‘coffre-sépulture’, a fait les gros titres internationaux en raison d’une inscription surprenante gravée sur cette cuve de pierre identifiant cet ossuaire particulier comme ayant contenu les os de « Jacques, fils de Joseph, frère de Jésus ». Pour deux raisons essentielles, cette découverte était bouleversante à la fois pour la communauté intellectuelle et le public non spécialisé. La première, si toutefois l’authenticité en est reconnue (et ceci est toujours une question chaudement débattue), montrerait que cet artefact est la première preuve archéologique de l’existence de Jésus. Mais surtout, ensuite, il serait fascinant pour le public que ce coffre mortuaire se présente comme étant celui des restes de Jacques, à qui le nouveau testament fait référence en plusieurs endroits comme étant le « frère » de Jésus.

Colette de Corbie

Une autre personne que Hammer, présente dans sa liste de candidats sélectionnés pour une orientation précise, est Colette de Corbie. Il argumente que son cri de ralliement « Jésus Marie » est très important ; de plus, elle semble avoir participé au déplacement de certaines informations de France à Gand, d’où la piste est supposée conduire à Van Eyck. Colette de Corbie est née en Corbie en 1381 et décède à Gand en 1447, dans la période où Van Eyck peint son Adoration de l’Agneau.
Chose plus intéressante, Sainte Colette a joué un rôle clé dans le Schisme… en œuvrant de concert avec Vincent Ferrer… un homme important dans le mystère de Périllos et de la Sanch, (dont il est le fondateur). Le Schisme, et particulièrement les tentatives pour y mettre fin, coïncident curieusement avec la période où la famille Périllos est à son apogée. C’est également à ce moment que se forge l’idée d’un futur pape issu de la région perpignanaise, en un temps où Van Eyck peint… pendant que Jeanne d’Arc est sujette aux visions de St Michel et Colette de Corbie s’applique à son travail de missionnaire alors que Ferrer instaure la Sanch à Perpignan.
Depuis son très jeune âge, vers 4 ans, Colette se mortifie en donnant sa nourriture aux pauvres et en plaçant du bois sous son matelas afin de perturber son sommeil. En retour, il semble que Dieu lui ait accordé le don de soigner miraculeusement, ainsi que celui de visionnaire.
Il n’est pas surprenant que quelques unes de ces visions soient liées avec le futur Ordre des Franciscains, si étroitement apparenté aux traditions pénitentielles. Bien qu’ayant reçu une mission divine pour réformer l’Ordre, ceci néanmoins se révélant difficile en raison du fait qu’elle passe le plus clair de sa vie recluse, elle requiert auprès du pape Bénoit XIII (Pedro de Luna, un autre proche ami à la fois de Vincent Ferrer et de la famille Périllos) de pouvoir quitter sa cellule. Sa requête est accordée par la bulle papale du 1er août 1406, en même temps que lui sont octroyés les droits de réforme des couvents. Forte de ses pouvoirs, elle fonde et réforme 17 monastères passant sous le vocable des « Pauvres Clarisses » ; Gand fut le dernier monastère qu’elle créa.
Son cri de ralliement « Jésus Marie » est également celui de sa célèbre contemporaine Jeanne d’Arc. On note des rumeurs affirmant que les deux femmes se sont rencontrées et qu’à l’une de ces occasions, Colette donna à Jeanne une bague où sont gravés les mots « Jésus Maria »… généralement reconnus comme emblème du culte populaire du Saint Nom. Cependant, les historiens semblent curieusement s’opposer à l’hypothèse de cette rencontre.

‘Aller à Meersel-Dreef’

L’influence de la tradition pénitente n’est plus à démontrer à l’intérieur de la ‘Chanson de Satan’ et Hammer affirme que l’intérieur des rangs de ce mouvement abritait en vérité un petit groupe de personnages formant les gardiens de l’Arma Christi. Au cours de son interview sur Radio Rennessence, Hammer invita les auditeurs à visiter Meersel-Dreef (un pèlerinage situé sur la frontière hollando-belge). Les amateurs hollandais de ce mystère s’y rendirent presque immédiatement et réalisèrent que le sanctuaire était de ceux fréquentés par les pénitents. L’insistance des décors tels que la croix, le coq, le dé, etc… conduisant Corjan de Raaf à faire une enquête sur ce terrain d’investigation apporte effectivement la confirmation finale que les Ebionites étaient des pénitents.

Gardiens de l’Arma Christi

Hammer, en soutenant que les organisations de pénitents sont les gardiens de l’Arma Christi, démontre clairement que seul un groupe fermé peut être au courant et qu’en échange très peu de personnes connaissent la localisation des précieuses reliques. Quant à l’endroit où ces dernières sont cachées, il semble qu’au cours du temps leur dépôt ait été déplacé. Dans son livre, et durant l’interview, Hammer affirme que par deux fois elles furent dissimulées à Notre Dame de Marceille, un site que Isaac Ben Jacob associe aussi à un lieu cher aux pénitents. Cette hypothèse peut être attestée par divers documents, comme par exemple celui relatant l’enlèvement de la Vierge Noire à l’époque de la Révolution Française… Cette précieuse statue fut ensuite découverte en la possession d’un membre éminent d’une organisation pénitente locale.
Ainsi, les théories d’Isaac Ben Jacob et de la Chanson de Satan paraissent se recouper… Cependant, la question reste de savoir jusqu’où elles se rejoignent et quels sont, dans l’étrange puzzle de cette affaire, les rôles de Rennes-le-Château, son prêtre Bérenger Saunière et de Périllos.

suite >>

Filip Coppens