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Un
Raccordement Espagnol de l’énigme Bérenger Saunière?
(3ème partie) - Le soleil et les pierres |
«
On roule »
En
1851, la « Maison des chanoines » de Gérone est agrémentée
d'une tour énigmatique. En 1962, la municipalité prend la
décision d’acquérir la propriété pour
la détruire arbitrairement. De cette opération de destruction
seul le jardin du domaine est épargné et reste intact. Ceux
qui étaient censés mettre en oeuvre le « grand travail
», en joignant l'énergie des tours jumelles, ont sans doute
compris que cette opération n'était maintenant plus réalisable…
ni même souhaitable.
En 1955, quand Chaplin arrive sur la scène de cette affaire, elle
rapporte qu'une célébrité importante se trouvait à
Gérone : Jean Cocteau. Il faisait un film de court métrage
et Chaplin fut invitée à apporter ses conseils pendant une
scène. Au cours de la production du film, Chaplin rapporte que le
tournage ressemble surtout à un prétexte pour que Cocteau
puisse entrer dans la maison des chanoines. Si au départ cette attente
semble anodine, le comportement du responsable de tournage l’est nettement
moins. En effet, il passe de longs moments sur des échelles à
tenter des angles de vues ‘plongeantes’ depuis certaines ouvertures
n’entrant absolument pas dans le cadre du sujet. Cocteau prévoie
de réaliser lui aussi des mesures sans la moindre relation avec la
production cinématographique en cours. Chaplin se souvient également
que pendant le tournage elle l’a vu participant discrètement
à une des cérémonies occultes que « le groupe
exécutait » des décennies auparavant avec la participation
de Saunière.
Jean Cocteau paraissait être autorisé à participer à
ce rite sans cependant sembler être un membre « du groupe intérieur
». On sait qu’il supposait qu’une de ses relations disposait
d’une des clés de cette cérémonie, mais le metteur
en scène n’y eut jamais accès malgré plusieurs
demandes. En 1961, Cocteau est membre de ce ‘cercle’ fermé
dont il rencontre les membres influents à Paris… Il décède
en 1963.
Cocteau
ou les guides pour des maisons énigmatiques
Cocteau
réalisant un court métrage sur le thème d'une maison
énigmatique n’a rien de neuf pour lui. En fait, en 1952, son
projet précédent concernait la villa Santo-Sospir. Il s’agissait
d’un petit film « qui était une production professionnelle,
à laquelle, pourtant, j'ai essayé de donner l'aspect d'un
film d'amateur », à propos de la villa de Mme Weisweiller à
Saint-Jean-Cap-Ferrat (Côte d'Azur), précisément décorée
par Jean Cocteau… et qui fut visitée par Pablo Picasso. Ainsi,
le cinéaste fait un film en 1955 sur une étrange demeure occupée,
en France, par une riche femme allemande… ensuite on souligne un autre
documentaire concernant une maison bizarre, occupée par une riche
française… en Espagne.
Malheureusement, il ne semble pas y avoir de référence concernant
cette oeuvre dans la cinématographie officielle de Cocteau. Selon
Chaplin, le film s'appelle ‘l'homme aveugle’ (L'aveugle ?),
ce qui peut être une référence au grand alchimiste local,
Isaac l’aveugle. On peut aussi penser qu’il s’agit là
d’une sorte de ‘galop d’essai’ pour les réalisations
qui suivront où il sera souvent question de la cécité,
de la vue et de son renvoi au travers des miroirs… Bien qu'aucune
mention officielle de ce film n’existe, Chaplin affirme en détenir
une copie. Il se peut, en effet, que la production ait été
simplement employée comme prétexte pour que certaines ‘portes’
s’ouvrent au grand artiste auquel, sans caméra, elles seraient
restées résolument closes.
Nous n’oublierons pas que Jean Cocteau fut présumé être
un des grands nautoniers du Prieuré de Sion… et que c’est
une résurgence de cet Ordre qui dispose, en Espagne, du carnet de
l’abbé Bigou !
Le
Grand Architecte
En
1955, le célèbre cinéaste apparemment met en oeuvre
toute sa puissance relationnelle pour accéder à la tour énigmatique
de Gérone, pour y faire d’étranges mesures.
En 1897, Saunière fait également l'impossible pour obtenir
les relevés précis de la tour, sans doute dans le but de la
reproduire dans son domaine de Rennes-le-Château. Comme le chercheur
Corjan de Raaf le souligne astucieusement, bien que notre abbé semble
avoir la copie des fameux plans, la tour Magdala n'est pas une copie conforme
de la tour de Gérone, ne serait-ce, par exemple, qu’au niveau
du nombre de créneaux qui est différent.
Comme
nous le savons par ailleurs, Rennes-le-Château fut témoin de
l'arrivée d'Alain Féral, ancien membre du groupe musical ‘Les
Enfants Terribles’ qui avait donc choisi le même nom que la
production de Cocteau. En outre, Féral a connu Cocteau personnellement
et indique qu’ils ont eu un rapport « maître-apprenti
». De nombreux détails permettent d’envisager que ce
« parrainage » fut plus religieux qu'artistique.
On voit alors Alain Féral passer une énorme quantité
de temps et d'efforts dans le relevé des mesures extrêmement
détaillées du domaine de Saunière. Néanmoins,
nous sommes très reconnaissants pour de telles mesures détaillées
par le fait qu’elles nous permirent de tracer une superposition de
la maquette de Saunière sur le jardin… et tout autant avec
l'arbre de la vie kabbalistique… et d'autres.
Il est clair que Chaplin a une vue d’ensemble correcte de la situation.
Les dimensions de ce bâtiment ont été considérées,
d’une façon ou une autre, comme de première importance…
au moins pour un homme comme Cocteau… et son apprenti, Féral,
dont l'arrivée à Rennes-le-Château se produit étrangement
après la démolition de la tour de Gérone.
La
pierre du soleil
La
pierre du soleil. © Patrice Chaplin.
En
1968, Patrice Chaplin surprend quelques hommes, tous membres de ‘l'organisation
locale de Saunière’, creusant dans les ‘jardins de la
Francesa’, précisément dans la seule partie de la maison
énigmatique restée intacte. Les ‘intervenants’
s’activent à creuser sous un arbre et finissent par découvrir
une grande pierre. ‘Le groupe interne et fermé’ de la
société occulte déclare, maintenant, que pendant la
démolition de la propriété, certaines personnes espéraient
bien découvrir le secret de la maison. Visiblement, ils savaient
qu’un élément avait, en fait, été enseveli
dans le jardin.
Ce qu’ils remirent à jour était une grande pierre comportant
certains symboles. Il semble que ce travail ait exigé les efforts
de plusieurs hommes pour enlever le monolithe. Durant cette opération,
Chaplin a pu apercevoir plusieurs tunnels sous la maison. Chacun de ces
passages était assez haut pour qu'un homme puisse en parcourir le
trajet… en rampant.
La
grande pierre retrouvée est connue alors sous le nom de ‘pierre
du soleil’. Cette dernière fut exposée dans les locaux
d’un centre Kabbalistique local espagnol. La pierre et l’assemblée
en question disparaissent vers la fin des années 80. Si on ne sait
pas où se trouvent ces deux derniers, cependant, lors d’une
entrevue avec Andy Gough, Chaplin précise que le lieu du dépôt
se trouverait actuellement à Perpignan.
Le but final de cette recherche pourrait être une antique pierre d'autel
décorée de signes druidiques.
Une
pierre en forme de miroir
Si
les tours jumelles forment un raccordement entre Gérone et Rennes-le-Château,
cette pierre peut représenter un autre lien de cette sorte. Chaplin
n’était pas au courant de l'histoire de Rennes-le-Château
et de la ‘pierre d'autel’ que les visiteurs peuvent voir aujourd'hui
à côté de la nouvelle mairie. Ce mégalithe, sauvé
de la destruction par le maire actuel, comporte aussi d’énigmatiques
inscriptions. Il est censé aussi avoir eu la fonction de pierre d'autel
aux temps druidiques… sinon mégalithiques.
En
échange, à propos de cet énorme monolithe, il y a certains
éléments propres à la polémique qui sont restés
nettement moins connus. De ce que nous avons appris, une demande aurait
été faite par un groupe d'espagnols souhaitant acquérir
un mégalithe énigmatique, en échange duquel ils offriraient
une nouvelle horloge pour le clocher du village. Certaines informations
font état d’une ‘pierre d’autel’ qui ne se
situait pas sur le bourg de Rennes même. En réalité,
cette ‘pierre’ aurait été extraite d’un
lieu situé dans le secteur du ruisseau de Couleurs… et peut-être
dans le lit du ruisseau lui-même. Quoi qu’il en soit, ce vestige
de notre patrimoine s’inscrivait dans un paysage antique et sacré
au sein duquel il avait toute sa place et son importance magique…
même s’il se trouvait dans le gour d’un ruisseau…
détruit lors de cette extraction. Il n’est pas à douter
que l’emplacement défini par cette pierre s’inscrit au
sein d’un alignement solaire faisant de cette roche la ‘pierre
solaire’ locale idéale.
A propos de mégalithes inscrits dans certains alignements sacrés,
nous avions fait mention de l'existence d’une autre telle pierre,
à proximité de Rennes-le-Château, découverte
par le remarquable chercheur Jos Bertaulet. L’existence de ce vestige,
en grande partie inconnue, est surtout remarquable par le fait que deux
‘autels’ se situent en deux endroits comme l’étaient
deux tours très proches dans leur aspect général. On
remarque à propos de ces deux édifices qu’il est question
de l’existence dans le sous-sol de celle de Gérone d’une
pierre énigmatique étant également une importante partie
du puzzle.
Quand
Chaplin prit connaissance de l'existence d'une telle pierre à proximité
de Rennes-le-Château, et informée qu'un groupe espagnol avait
fait des démarches pour négocier la récupération
de cette pierre sacrée (ce qui ne s'est jamais produit), elle estima
que cette opération ne pouvait avoir été montée
que par le groupe de Gérone.
Si tel est le cas, il semble bien que le groupe espagnol des ‘anciens
compagnons de l’abbé Saunière’ n’en soit
pas à son premier contact avec l’autorité de Rennes…
Selon Chaplin, en 1955, le groupe de Gérone a particulièrement
été contrarié en apprenant le décès de
Marie Denarnaud, au point de se mettre aussitôt en quête de
savoir si elle avait, ou non, dit certaines choses avant sa mort. Ils décident
alors de se rendre directement à Rennes-le-Château et s’entretenir
avec le maire, Etienne Delmas, afin de savoir si tel est le cas… et
savoir quel but particulier Noël Corbu projetait pour le futur de son
domaine. Apparemment, en apprenant que ce dernier avait décidé
de favoriser la théorie de la découverte du trésor
de Blanche de Castille, ils se seraient sentis soulagés et satisfaits
que personne ne soit sur la piste de la « véritable histoire
» de cette affaire.
La
grotte
Naturellement,
l'intérêt pour cette pierre dans les années 1990 se
déroule un siècle après l’époque de Saunière…
et il y a bien des raisons de croire que le prêtre se soit intéressé
de très près à cette ‘pierre’.
La plus énigmatique des constructions du jardin pourrait bien être
la grotte pratiquement totalement démantelée et reconstruite
ces dernières années. Si le but poursuivi par Saunière,
essayant de réaliser cette construction, a toujours été
peu clair, quelques détails nous sont connus, comme par exemple l'origine
des pierres utilisées pour la construction de la cavité.
On sait que ces pierres ont été recueillies par Saunière
et sa servante au prix d’efforts remarquables. Mais, le plus remarquable
encore est le fait que le lieu d’origine de ces roches, prétendues
‘décoratives’ par l’abbé, se situe dans
la vallée des Bals, au sud du village… à l'endroit précis
du ruisseau de Couleurs ! Coïncidence ?
Selon le chercheur Pierre Jarnac, Saunière était habitué
au cours de ce ruisseau depuis son tout jeune âge. L’auteur
ajoute qu’à l'âge de 15 ans, il était le chef
d'un groupe d'adolescents jouant fréquemment dans cette vallée.
Par conséquent, très jeune, Saunière connaissait chaque
centimètre du vallon.
Archéologues
amateurs
La
pierre d'autel, près de la mairie de Rennes-le-Château, est
une pierre archéologiquement importante. Et il est bien connu que
Saunière était intéressé par l'archéologie,
l’histoire ancienne et l’histoire du passé local.
Dans la première partie de notre chapitre, nous notions que le groupe
espagnol disposait d’un dossier de Julien Sacaze, un homme non seulement
intéressé par les Rosicruciens… mais également
fasciné par l'archéologie locale au point d’être
le président de plusieurs associations archéologiques composées
d’amateurs.
Nous avons également noté que Maria Tourdes rencontre Saunière
quand il rend visite à ses parents. Chaplin rapporte aussi qu’Ernest
Cros était également présent lors de ces réunions
familiales. Cros était un ingénieur ferroviaire retraité
passant ses vacances à Quillan, où son épouse possédait
les bains ‘chez Ginoles’. Comme Sacaze, Cros est un archéologue
notoire et, comme Sacaze et Saunière, il était fasciné
par les pierres antiques. C'est Cros qui apparemment accuse Saunière
de traiter ‘la Dalle des chevaliers’ avec mépris en l’utilisant
comme plaque de sol… et aussi d’avoir effacé l'inscription
de la pierre tombale de Marie de Nègre. Enfin, c'est Cros qui dresse
un schéma de la dernière pierre, contenant l'inscription très
importante « ET IN ARCADIA EGO ».
Ajoutons que c'est également Cros qui met à jour la pierre
de Coumesourde, restée une énigme à ce jour. Cet homme
connaît parfaitement chaque pierre de ce secteur… Peut-être
est-il l’homme qui en sait plus que tous ? Ernest Cros, comme Sacaze,
fut certainement un acteur principal pour Saunière dans la mesure
où ce dernier recherchait, lui aussi, les pierres sacrées
antiques !
Découverte
?
Il est possible que l’abbé Saunière n’ait pas eu connaissance, dans son enfance, de l’emplacement précis de la pierre d'autel le long du ruisseau de Couleurs. Dans ce cas, il est clair qu'il dut passer tout près. Cependant, bien qu'il soit impossible d’apporter une affirmation précise, nous dirions que Saunière savait l'endroit où dormait cette ‘pierre d'autel’, mais qu’il fut incapable de déplacer la pierre lui-même ou avec sa servante. Le prêtre était forcément au courant de ce dépôt sacré, alors que quasiment tous les habitants locaux en ignoraient même l’existence… Ne pouvant retirer le monolithe, il a sans doute jugé que sa cache ‘naturelle’ était encore l'endroit le plus sécurisé… et il le laissa là, avec l’intention de venir plus tard s’en emparer avec des moyens plus conséquents.
Miroirs
Comme
Cocteau dans ses films, nous savons, et avons prouvé plusieurs fois,
que Saunière était hanté par les miroirs et les reflets.
L’exemple le plus flagrant est encore une partie du paysage de Périllos
que le prêtre incorpore dans le relief de sa maquette topographique
selon le principe du fameux miroir – image… comme il symbolise
le reflet par un chemin de croix placé dans le sens inverse…
comme il transforme le jardin devant l'église en une inversion de
la disposition du sanctuaire. Bien entendu, si une ‘image miroir’
peut prétendre être identique à son originale, elle
n’en reste pas moins son inverse opposé comme également
le yin et le yang, le noir et le blanc, et surtout le nord et le sud se
rencontrant sur le ‘méridien’ qui n’est autre qu’une
surface du miroir !
Chaplin argue du fait que Rennes-le-Château et Gérone étaient
des images de miroir de l'un et l'autre. A cet effet, les deux tours ont
été choisies pour concrétiser le phénomène
d’inversion et de renvoi des reflets. Dans cette affaire, il est clair
que la pierre d'autel -la ‘pierre du soleil’- a été
un autre ingrédient de l'histoire de Gérone dont il y eut
des contreparties à Rennes.
La pierre locale était évidemment de première importance
pour le groupe de Gérone… Il semble, un peu plus tard, que
celle de Rennes-le-Château soit devenue encore plus importante pour
un groupe espagnol vers la fin des années 1990…
Filip
Coppens