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Les chemins périlleux vers l'archidiocèse de Rouen |
Les gîtes secrets du lion
Gaillon, Demeure Philosophale oubliée par Fulcanelli, peut-elle être
le réceptacle de secrets d’une force spirituelle abyssale ?
Qu’est ce qui nous permet d’oser arracher à la terre du
Razès une partie de «la chair de sa chair» et de faire
de Gaillon, demeure archiépiscopale des archevêques de Rouen,
un de ses gîtes secrets du lion dont parle la Tradition et si chers
à George Hunt Williamson [1] ?
Après
un demi-siècle d’enquêtes en tout genre et quelque 400
publications plus
tard,nous
sommes tous, plus que jamais, à la poursuite du mystère de
l’abbé Saunière. Nous considérons, comme d’autres
l’ont affirmé avant nous, que plusieurs sites sont en liaison
dans cette affaire[2]. Ne nous encourage-t-on pas à chercher ailleurs
quand on nous dit: «Tout n’est donc pas à Gisors»[3].
Outre Gisors, Stenay et Rennes-le-Château, il faut dès maintenant tourner notre regard vers d’autres horizons: Opoul-Perillos, par exemple. Arrêtons nous un instant dans ce petit village des Pyrénées Orientales où les recherches menées par la Société Perillos d'André Douzet depuis de nombreuses années ont révélé des secrets centenaires, sinon millénaires.
Nous avons trouvé tout à fait intrigant un renvoi indirect au château de PERILLOS gravé sur une face de la médaille de Dorothée danseuse de corde, roman de Maurice Leblanc; un mystérieux rendez-vous lui est donné le 12 juillet 1921 devant l’horloge du château de la ROCHE-PERIAC (ou Perillac ?), alors que les médailles de Charles de Bourbon, Roi de la Ligue, mises sous la responsabilité de Dorothée Aubourg, dernier prieur de la Chartreuse de Bourbon-lèz-Gaillon[4] dans notre réalité, invoquent la sentence latine gravée autour du calvaire situé dans le jardin de l’église de Rennes-le-Château: « Christus Regnat, Vincit et Imperat ». Nous découvrirons également avec grand étonnement une référence dans le traité de Gaillon au Château de Perille[5] dans le Lot et aux comtes de Toulouse (de Saint Gilles).
Tout
aussi intrigante est la venue à Rouen, en novembre 1356, de François
de PERILLEUX, aïeul des Vicomtes de PERILLOS pour traiter de certaines
affaires secrètes. Il revient en France en 1366 et se mit au service
du Roi Charles V en tant qu’ambassadeur pour les rois de Castille et
d’Aragon. Charles V le nomma à la charge d’amiral en 1368.
Il lui concéda 10 galères pour la sûreté de son
pays. Cinq d’entre elles iraient sur les côtes narbonnaises.
Les cinq autres resteraient sur les côtes de Normandie. Pourquoi la
moitié de la flotte de F. de Perilleux avait-elle son port d’attache
dans la Manche, en baie de Seine si ce n’est à Rouen même
?
La région de Sainte-Croix-en-Jarez, la région de Vannes-Carnac-Sarzeau dans le Morbihan, la région du Verdon et enfin Gaillon objet de toutes nos réflexions[6], sont parmi ces lieux chargés de mystères.

Plan du port de Rouen
De Rouen à Perillos
L’historique
de Rouen nous apprend qu’un Guillaume, seigneur de Flavacourt, y était
archevêque de 1277 à 1306, quelques temps avant l’arrestation
de tous les Templiers de France. Puis de 1356 à 1359, c’est
au tour de Guillaume II de Flavacourt d’occuper la place. Fait absolument
sans intérêt si l’on n’apprenait d’une part
que Guillaume II de Flavacourt avait été évêque
de Carcassonne en 1322 et que d’autre part, dans les années
1440 cette famille, fieffée à GISORS, avait offert au Chapitre
de la ville les sommes nécessaires pour construire la fameuse chapelle
Sainte-Catherine.
Dans son Histoire de la ville de Gisors, Mr Hersan nous dit: «Jeanne de Chantemesle, fille de Taupin de Chantemesle, ancien gouverneur de Gisors, fonda la Chapelle Sainte-Catherine dans l’église de Gisors, le 13 mai 1444, et la mit à la collation de Philippe (Fouilleuse) de Flavacourt, son fils, qui possédait alors un fief à Gisors»[7]. Ce fief n’était autre que le fief de l’Isle à Gisors et la crypte de cette chapelle, existant bien avant 1444, était celle située sous la motte du donjon; les restes de la toute première église de Gisors détruite par Robert de Bellême. Cette église, devenue crypte, aurait renfermé les 30 coffres et 19 sarcophages tant convoités par R. Lhomoy. On y accédait par un souterrain, partant l’église Saint-Gervais/Saint-Protais, situé dans la chapelle Sainte-Catherine. Le souterrain fut redécouvert pendant un chantier de réfection de voirie et condamné aussitôt… Ho là ! On ne passe pas !

Ce n’est pas tout ! Nous avons découvert, dans un document généalogique (ci-dessus) publié par le père Anselme de Sainte-Marie, que François de PERILLEUX, amiral de France et chambellan du Roi d’Aragon, était venu en tant qu’ambassadeur pour traiter de certaines grandes affaires secrètes[8], en 1356 et 1366, comme nous l’évoquions plus haut.
Il arriva à Rouen, sa première étape, le 11 novembre 1356. Pourquoi, F. de Périlleux, géniteur de la lignée des Vicomtes de PERILLOS, fit-il un détour par Rouen ? A-t-il pu rencontrer Guillaume II de Flavacourt... de GISORS, archevêque de Rouen qui avait officié à Carcassonne en 1322? Il est trop tôt pour se prononcer, rien ne permet de l’affirmer pour l’instant mais la coïncidence est encore un fois troublante. Rappelons nous du passage en 1789 à Gaillon de l’ambassadeur des Etats-Unis, Benjamin Franklin, franc-maçon notoire venu rendre visite à Dominique de Larochefoucauld, fils d’Antoine, Baron d’Arques en Languedoc.

Vue du port de Rouen au Moyen Age
Extrait adapté de « Mémoires des deux cités T. II, Gaillon Mystique ».
© Thierry Garnier 2004/2005 – M2G éditions. Tous droits réservés, reproduction interdite sans autorisation de l'auteur
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[1] Les gîtes secrets du lion, George Hunt Williamson, Ed. J’ai Lu, 1972.
[2] Rennes-le-Château, Capitale Secrète de l'histoire de France, Jean-Pierre Deloux, Jacques Bretigny, Ed. Atlas, 1982. Les douze trésors constituent bel et bien l'héritage du Grand Monarque annoncé par Nostradamus.
[3] In, Les Templiers sont parmi nous, G de Sède, Julliard, 1967.
[4] Arsène Lupin Supérieur Inconnu, P. Ferté, Ed. Trédaniel, 1992.
[5] Remerciement à Jérôme Landgräffe pour cette info.
[6] Cette liste n’est pas exhaustive.
[7] Histoire de la ville de Gisors, par Hersan, 1858, p.148.
[8] Histoire généalogique et chronologique…, A. de Sainte-Marie, TVIII, p.778.
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