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Un
étrange texte signé du marquis de Cherisey (2ième partie) - Observations |
Conditions
d’Aabonnement
Nous
poursuivons, ici, notre étude de la couverture de cet étrange
document.
Tout d’abord, nous devons admettre que cette revue n’est pas
l’oeuvre du marquis de Cherisey, mais celle d’une personne du
nom de Richard Tialans. Cependant, la participation assez intense de Philippe
de Cherisey -trois articles sur les quatre de ce bulletin- indiquerait au
moins un partage formel des opinions du directeur de production, ou de celles
exposées. Pourtant, la méfiance doit être de mise si
l’on se réfère aux fameux textes ‘secrets’
déposés ‘officiellement’ sur les rayons de la
Bibliothèque Nationale. De plus, nous avons pris l’habitude
de trouver souvent un élément destiné à en dissimuler
ou remplacer un autre. En ce cas, ‘on’ lance un fait apparemment
secret, mais avec assez de rumeurs pour le rendre pas trop difficile à
retrouver par le commun. Ensuite, le ‘détail’ est monté
en épingle et prend son vrai rôle d’informateur ou désinformateur
! Ce constat doit, dans le cas de ce document, nous obliger à rester
sur nos gardes sans toutefois le mépriser. L’avenir nous dira
ce qu’il doit en être retenu une fois que nous présenterons
sa première de couverture.
Pour l’instant, nous continuons l’exploration de la page de
présentation.
Le ton résolument ‘Aa’ est poursuivi jusqu’à
la dernière ligne puisque les ‘conditions’ subissent
le même traitement que le titre « AAREVUE » en indiquant
« Conditions d’Aabonnement ».
De
l’Absolu 107 à la 'Pataphysique'
A
présent, il nous faut reprendre le quantième du numéro
de publication.
La Rédaction nous indique que nous sommes au ‘n° 123’.
Si nous sommes ravis pour la publication de cette ‘AAREVUE’
qui affiche une telle série de magazines, nous restons toutefois
quelque peu perplexes de ne jamais avoir eu connaissance de l’existence
de cette parution… ou au moins son nom. En effet, les ténors,
en ce qui concerne le marquis de Cherisey, n’en ont jamais fait état,
du moins pour nos archives qui, nous le déplorons, ne sauraient tout
contenir. De plus, à lire le contenu de ce numéro 123, tout
porte à supposer que cette série est en pleine santé
et rien ne laisse deviner un arrêt brutal d’un aussi intéressant
et riche magazine.
Aussi, nous passons au terme suivant : « Absolu 107 ».
Ici, un de nos plus fidèles adhérents, ayant ‘pioché’
le sujet, nous apporte une indication des plus intéressantes. Le
mot absolu n’aurait rien à voir avec le qualificatif montrant
l’illimité et comporte une indication bien plus précise
qui nous apportera de quoi sortir… du ‘brouillard’ ou,
plus précisément, nous y précipiter en même temps
comme nous le verrons plus loin !
En vérité,
le fait que le mot « Absolu » soit nanti d’une majuscule,
signifie qu’il s’agit d’un nom et non d’un adjectif
ou d’un constat. Et ce nom est celui d’un mois, le premier en
l’occurrence, du calendrier du Père Ubu, donc d’Alfred
Jarry (1873-1907) et plus précisément celui inscrit dans le
« calendrier ‘Pataphysique »… dont l’apostrophe,
devant le mot, n’est pas une erreur de frappe mais le signe distinctif
permettant d’éviter un prétendu calembour que les initiés
cherchent encore… Et nous, face à cet exercice ‘pataphysique,
d’imaginer un canular inattendu dans l’affaire de Rennes-le-Château.
Pourtant, à mieux y regarder, nous allons trouver d’étranges
détails.
La définition de ce mot, d’après son fondateur A. Jarry,
serait officiellement : « La pataphysique est la science des solutions
imaginaires, qui accorde symboliquement aux linéaments les propriétés
des objets décrits par leur virtualité. ».
Ensuite, Michel Balmont explique : « La pataphysique, discipline intellectuelle
inventée par Alfred Jarry, mais « dont le besoin se faisait
généralement sentir » est la « science des exceptions
», ou « des solutions imaginaires ». C'est « la
science de ce qui se rajoute à la métaphysique [...] s'étendant
aussi loin au-delà de celle-ci que celle-ci au-delà de la
physique ». Elle opère par inversion du point de vue commun
: « Au lieu d'énoncer la loi de la chute des corps vers un
centre, que ne préfère-t-on celle de l'ascension du vide vers
une périphérie ? » Elle pose en absolu l'équivalence
des contraires : « La vitesse maximale est le repos » (Samuel
Beckett), Ubu est donc en même temps Dieu et le Diable. On aura donc
compris que cette discipline est en même temps profondément
sérieuse et totalement dérisoire, absolument absurde et philosophiquement
essentielle ».
Ubu,
Dieu et le Diable
Certes,
on pourrait rire de ces argumentations si l’on n’y trouvait
le principe d’inversion si cher aux étapes de la progression
de Bérenger Saunière dès certaines découvertes
dans son église de Rennes. Notre abbé, dans cette affaire,
ne cherche t-il pas simultanément à ‘descendre rapidement
vers un centre’ et à la fois à ‘monter du vide
vers une périphérie’ propre à cette énigme
? De plus, si le grotesque roi Ubu, considéré comme le centre
et l’extérieur - symbolisés par la spirale que le ventru
personnage exhibe comme ses ‘armes parlantes’ - représente
à la fois Dieu et le Diable… nous sommes tout près du
démon Asmodée, ou Diable, abritant ‘IESUS’ sous
son aile… à l’entrée du sanctuaire remodelé
par l’abbé Saunière à Rennes. Ensuite, de ce
point, s’enchaînent avec une logique qui ne prête plus
à rire les termes « science des exceptions » et «
solutions imaginaires » ainsi que « discipline en même
temps profondément sérieuse et totalement dérisoire,
absolument absurde et philosophiquement essentielle ». Mais, également,
nous observons qu’avec malice Alfred Jarry octroie au père
Ubu une maîtresse du beau nom de Madeleine! Enfin, sur un registre
tout proche, ajoutons qu’Alfred Jarry pare de vert les habits d’Ubu
roi et son juron favori « par ma chandelle verte ! ». Cette
chandelle verte pourrait-elle être une reprise de celle que l’on
va pieusement chercher et faire bénir à l’abbaye de
St Victor de Marseille… où se trouve précisément
la crypte dédiée au tombeau de Marie-Madeleine ?
Mais ceci ne doit pas nous faire oublier de revenir à la date indiquée
sur le calendrier pataphysique qui prend un sens bien défini…
celui d’un ‘autre calendrier’, donc d’un autre temps
reconnu et en usage dans certaines circonstances bien précises puisque
le très sérieux Magazine Littéraire de juin 2000 en
propose une étude des plus solides.
Les
deux premiers mois de l’ère pataphysique et… L’Angelée
Alfred
Jarry
Ainsi,
l'ère pataphysique commence le 8 septembre 1873 (année de
naissance d’Alfred Jarry), qui prend la dénomination de 1er
du mois Absolu An n° 1 de l’ Ere Pataphysique. A partir de quoi
l'ordre des 13 mois (douze de 28 jours et un de 29) du Calendrier Pataphysique
est fixé comme suit : Absolu, Haha, As, Sable, Décervelage,
Gueules, Pédale, Clinamen, Palotin, Merdre, Gidouille (29 jours),
Tatane, Phalle. On peut supposer, alors, que l’étrange AAREVUE
se situe dans cette ère hors de notre temps… celui de ‘Jésus-Christ’…
qui commence en septembre 1876. Ensuite, ce N° 123, qui sans doute est
le premier, propose les trois textes du divin marquis comme le début
de quelque chose devant retenir le plus sérieusement possible notre
attention hors d’un contexte farfelu ou délirant. Notons qu’il
n’y a, dans cette information de parution, pas le plus petit indice
de rythme d’édition (mensuel, annuel ou autre) permettant une
quelconque localisation chronologique. Le numéro 123 (1-2 et trois
comme les 1-2 et 3 articles) semble bien être le seul et unique paru
entre le 8 septembre et le 5 octobre (selon le calendrier Ubu) de l’an
vulgaire 1979… comme le dit la parenthèse sous l’Absolu
107ème année !
Ensuite, si Absolu est le premier mois de cette étrange année
ubuesque, le mois suivant porte le nom de Haha. Celui-ci est répété
douze fois en soulignant le titre général AAREVUE. Cette discrète
information prévient-elle d’un fait annoncé entre le
6 octobre et le 2 novembre (selon le calendrier pataphysique) de cette année
vulgaire de 1979 ou pour un autre inscrit dans le calendrier pataphysique?
Quoi qu’il en soit, après ce détour par les couloirs
de deux temps différents, nous arrivons à la triple répétition
(1-2 et 3… comme les articles???) des voyelles Aa comme si nous devions
en étudier la signification. En effet, dans le contexte de cette
page, et de ses méandres chronologiques, l’Aa ne semble pas
avoir la moindre importance ou signification… même dérisoire
ou réellement ubuesque. La mise en évidence de la double première
voyelle pourrait-elle nous conduire directement à l’étrange
société secrète d’ecclésiastiques des
XVIIe et XVIIIe siècles (présentée dans notre dossier
‘Les Sociétés Secrètes dans l’affaire de
Rennes-le-Château’) qui mettait en évidence d’étranges
« Amitiés Associatives » pouvant avoir dérivé
de l’ancienne ‘Angelée’… confondue un peu
hâtivement avec ‘l’Angélique’ par certains
auteurs trop pressés de se montrer aptes à en démêler
les méandres ?
Des
suggestions Aaccentuées pour un marquis
Ce
document, quasiment inconnu des ténors et du public, pourrait bien
contenir quelques indices aptes à indiquer, à qui de droit,
une direction ou certains éléments jusque là ignorés
ou occultés.
Dans ce cas, il est quasiment hors de question d’impliquer Bérenger
Saunière dans l’articulation du calendrier pataphysique et
ses suggestions. En échange, il est tout à fait possible de
l’inverse et de supposer un groupe attentif à cette affaire
et qui la suit au plus près. Ce ne serait, dans ce cas, qu’au
moment de la parution des ‘dossiers secrets’ (déposés
à la B.N.) que certains personnages lancent l’information sous
la forme d’une ‘couverture’… AAREVUE. Il y aurait
dans ce document une série d’informations peut-être de
deux natures se rejoignant en une seule direction. Nous aurions alors trois
articles ‘De Cherisey’ dans le contenu et les éléments
d’identifications complémentaires dans la présentation
générale. Les trois textes concernent, nous le voyons, les
accents circonflexes et le tréma. Nous pourrions dire que de Cherisey,
ou ses commanditaires, décident de « mettre l’accent
» ou accentuer, en trois étapes, un événement
important qui fait peut-être suite aux ‘dossiers secrets’.
L’accent posé sur ‘Aa’ nous indiquerait, entre
autres, la direction d’une « société secrète
d’ecclésiastiques » comme, par exemple, celle éditant
ses règles sous le titre « AA CLERICALE à Mystériopolis,
chez Jean de l’Arcane, rue des Trois-Cavernes, au Sigalion ».
Cette ‘fraternité’, qui eut au temps de l’Angelée
un de ses sièges à Lyon, put peut-être faire confusion,
voulue ou non, avec une autre AA, celle des Amitiés Angéliques
dont une dérive vers celle, moins connue, des Adeptes du Brouillard.
Si l’on considère que certains personnages étaient membres
de ces sociétés depuis le 16e siècle (et non le 17e)
jusqu’aux moments de l’affaire de Bérenger Saunière…
et d’autres enfin au 20e siècle, un itinéraire se dessine
depuis l’AAREVUE qui signifie, peut-être, qu’il faut à
l’époque du marquis de Cherisey nous tourner vers une Aa…
revue et sans doute adaptée au siècle dernier. En effet, les
interventions du marquis se situent aux moments des parutions de Gérard
de Sède et s’impliquent plus profondément dans les parchemins
surgis d’on ne sait pas très bien où.
La
courbure et les porteurs de nouvelles
Il
y aurait, dans cette possibilité de rebondissements inattendus, des
cohérences avec, par exemple, une couverture ‘pataphysique
garantissant une certaine tranquillité de transport ‘brumeux’,
d’une ou plusieurs informations, pendant que tous s’acharnent
à suivre des dossiers secrets en forme d’écran de fumée…
Sinon, comment expliquer l’implication d’un marquis de Cherisey
dans un cycle pataphysique complètement hors propos de l’affaire
de Rennes-le-Château par le biais d’un bien curieux fascicule
?
Philippe de Cherisey met sans doute l’accent sur le parcours qu’il
nous invite à suivre de manière intensément circonflexe…
Ce chemin risque d’être long et méandreux car, si l’on
en croit l’Encyclopédie Quillet, cet accent sert à désigner
une « forme sinueuse » (exemple : une artère sinueuse)
ou encore à définir une courbe (du latin ‘circumflexus’)
qui est une ligne dont la réputation n’est pas celle du trajet
le plus court d’un point à un autre… Ensuite, ‘Aa’
trois fois répété nous rappelle le rapport de cette
affaire avec la société secrète des Anges, mot provenant
d’Aggelos qui signifie «messager, porteur de nouvelles ».
De
l’AAREVUE à d’autres réalités…
Philippe
de Cherisey
En
bref, de Cherisey, par sa triple intervention sur cette page d’introduction
vers une direction, un but, « met l’accent » et nous invite,
comme pour ses autres textes ‘secrets’, à suivre le langage
vert des mots… peut-être du même vert dont nous avons
vu Alfred Jarry colorer ses récits ubuesques. Cet usage positionnerait
l’Angelée et sa fraternité dans la mission de transmettre
dans le temps un important message codé par le système ‘lanternois’
ou celui du ‘grimoire’. Ce dernier serait nettement adapté
aux possibilités du marquis Philippe de Cherisey… s’étant,
discrètement sans doute, rapproché de la pataphysique pour
mieux naviguer incognito dans les eaux de l’énigme de Rennes-le-Château
et apparaître discrètement sur le bulletin n° 123 de l’AAREVUE
pataphysique.
Ce collège, des plus sérieux malgré son autodérision,
créé le 11 mai 1948, se serait « occulté »
le ‘17 sable 102’ soit 17 décembre 1974 selon nos années
vulgaires. Peu de temps après, en 1985 (17 juillet), Philippe de
Cherisey décède. Que se serait-il passé durant cette
période d’obscurité ? On sait depuis peu qu’une
‘autre société’, « héritière
des principes », serait apparue en Espagne à ce moment…
et prospérerait encore malgré le réveil actuel de l’institut
de Pataphysique en France. En ce qui concerne la ‘ramification’
espagnole, elle se place sous le vocable du ‘Brouillage’ et
de Sion afin de poursuivre la veille des messages émis depuis l’abbé
Bigou et ceux de tous les successeurs depuis ce temps… C’est
peut-être cette représentation du temps qu’Alfred Jarry
plaçait sur une montre ronde, qui de profil n’était
plus qu’un rectangle et une ellipse de profil pour en montrer la surréalité…
que saisit au vol Salvador Dali avec sa montre molle.
Notons enfin que la pataphysique s’ouvre à la surprise du public
aux mêmes moments que certains faits (la parution en 1897 du livre
sur les AA) liés parfois tragiquement (le meurtre de l’abbé
Gélis, par exemple) à l’affaire de Rennes-le-Château
et de son curé, l’abbé Bérenger Saunière…
Si tous les éléments que nous venons de reprendre, le plus
précisément possible, sont étroitement liés
à l’énigme qui nous concerne, le rôle du marquis
Philippe de Cherisey serait bien plus important, bien moins rocambolesque
et mensonger qu’on ne le prétend aujourd’hui. En ce cas,
nous ne nous manquerons pas d’apporter d’autres pierres à
cet édifice sous forme de documents inédits en la matière…
maintenant en notre possession.
André
Douzet
En remerciement à Lio, Rémy et Stéphane