Plan du site | Recherche | Forums | Publications | Actualités
Du
Christ Romain et de la Prophétie d’Isaïe. Ou, la Théologie du Divin Empereur. |
Je
me fais ici le premier à tenter cette dure tâche, à
m’avancer en quelque sorte sur ce chemin désert où souffle
le vent de la destruction, sur cette route tourmentée cernée
par la nuit, qu’empruntèrent jadis les évangélistes
eux-mêmes, mais dont le tracé s’est perdu. Il ne me fut
pas possible de trouver quelqu’un qui ait déjà suivi
avant moi cet aspect de l’écriture, bien que je sache par ailleurs
que les Patriarches, les Papes, les Saints Pères et certains évêques
l’aient connu depuis longtemps. Mais ils considéraient la chose
comme dangereuse à dire, de nature à fragiliser la foi des
croyants et comme inquiétante pour les simples. Aussi ne faisaient-ils
qu’en murmurer le suave contenu et ne publièrent-ils jamais
cette tradition textuelle, cette voie, issue « Des origines du christianisme
».
Elles sont nombreuses les preuves de cet aspect de l’écriture, et chacune, à sa manière, nous fait découvrir le récit « vrai » des temps Christiques. Comme des flambeaux levés droit devant, elles éclairent l’obscurité qui recouvre les siècles passés, et leurs lueurs font apparaître, sur les murs délabrés du monde ancien, une fresque recouverte par la poussière du temps. On y doit presque frotter les torches pour y distinguer les traits du Christ, tellement le dessein s’est estompé. Il y est dépeint à la semblance d’une statue antique, faite d’un vieux marbre, usé par les tempêtes des âges différents…
Eusèbe
de Césarée déclarait quant à la rédaction
de son Histoire Ecclésiastique : « Je choisirai parmi les choses
qu’on rapporte çà et là ; comme en des prairies
spirituelles, je cueillerai les passages utiles des écrivains anciens
; j’essaierai de faire un corps de ce récit des temps oubliés.
» Il en sera de même en ces lignes :
Mais les paroles que je vais prononcer sont comme l’écho d’un
temps dont nous n’avons plus le droit de penser qu’il fut même
un jour; elles résonnent comme s’il leur avait été
donné de traverser les siècles en fraude, en cachette, et
leur murmure tombe dans vos oreilles et vous procure quelques gênes,
comme si vous aviez prêté attention à une chose interdite
et gênante. Elles ne sont que paroles volées, venues de loin,
des origines du Christianisme, et n’auraient jamais dû vous
parvenir. Car certains disent en effet qu’il ne faut point lever le
voile de tant de vieux mystères et qu’il convient de laisser
dans la poussière l’ancien Christ, le Romain. De grâce,
si mon propos vous donne de l’aigreur, obstruez-vous les oreilles
et passez ! Mais laissez voir encore pour un temps et ce seul temps, ce
que fut vraiment le Christ, pour que l’on puisse dire : « ils
l’ont vu, et ils ne l’ont point connu ». En cela vous
aurez toutes satisfactions, car ces paroles tombent dans des oreilles de
sourds.
Or
comme je l’ai dit, les paroles que je vais prononcer sont des paroles
volées, elles ne m’appartiennent point, car le temps et les
hommes qui les ont vu naître sont morts depuis longtemps. Ainsi, je
vais seulement rendre témoignage de ces paroles, et les redonner
à Saint Augustin et aux autres Pères de l’Eglise qui
en sont les auteurs. Ceux-ci parleront par ma bouche, et je leur donnerai
pour ce seul instant, un pied en ce monde :
Eusèbe de Césarée
déclare dans son histoire Apostolique : « La nature du Christ
est double ; l’une ressemble à la tête du corps et par
elle il est reconnu Dieu ; l’autre est comparable aux pieds, car par
elle, il a revêtu un homme comme nous. » Jésus-Christ
revêt donc les deux natures, l’une humaine, et c’est le
corps, l’autre Divine, et c’est l’esprit. Et le pain,
et le vin lors de la Cène figuraient ce mystère de l’union
des deux natures. C’est la loi Romaine qui veut en effet « qu’un
témoin vaut nul témoin. » Lors donc, puisqu’il
faut deux témoins pour apporter la preuve d’une chose, et rendre
en quelque sorte une démonstration éclatante, Dieu le Christ
ne pouvait se justifier qu’en revêtant deux natures. Ces deux
natures se faisaient ainsi l’image de deux personnes distinctes qui
se rendent témoignage l’une l’autre. C’est pour
cela que la parole de l’écriture ancienne (Ancien Testament)
ne trouve satisfaction que dans l’accomplissement du Nouveau Testament.
Car il fallait que les écritures se parlent de même l’une
l’autre. « Un témoin vaut nul témoin »,
signifie donc que tout ce qui est subjectif ne donne point de preuve à
sa vision propre des choses, et qu’on ne peut par conséquent
y apporter foi. Ce principe vaut pour toutes choses ; car comment sauriez-vous
qu’un aimant est aimant, s’il n’attirait point son opposé
? Comment sauriez-vous que le feu brûle, si l’eau ne rafraîchissait
point ? Comment sauriez vous que le haut est hauteur, si vous ne saviez
point que de là vous pouviez tomber plus bas et vers le bas ? Vous
possédez deux yeux, vous marchez sur deux jambes, alors donc comment
croyez-vous que la subjectivité est une preuve ? Elle vous rend boiteux,
asymétrique, de telle sorte que vous tombez à chaque pas et
que votre témoignage vaut nul ! A l’inverse, l’objectivité
est la preuve par deux de l’existence d’une chose ; elle apporte
une justification universelle et parfaite à toute revendication.
Le fils de Dieu ne pouvait donc que revêtir deux natures afin d’être
sans nul doute, son propre juge, sa justification ! De même l’écriture
ne s’exprime qu’en paraboles ou par des mystères, tant
qu’on ne l’a pas recoupée par elle-même. Si vous
lisez l’Evangile de Marc ou de Matthieu seuls, vous n’y trouverez
qu’une partie de la vérité, c’est une vision subjective
de la vie, mort, résurrection du Messie. De sorte qu’à
la semblance d’un aimant que vous posséderiez sans autre chose
et dont vous ne connaîtriez point l’utilité, jusqu’à
ne savoir comment le nommer, vous ne pouvez savoir ce que dit réellement
le Christ, et ce qu’il est, n’ayant aucune distinction entre
ce qu’il dit être et ne pas être. De là viennent
ces nombreuses « incohérences » entre les Evangélistes,
et qui passent pour des erreurs. Elles sont voulues pour qu’on puisse
y voir La Vérité objective. Il faut recouper le texte par
lui-même pour y distinguer le visage du Messie.
Comment
croyez-vous que Dieu dit dans son Apocalypse qu’il est l’Alpha
et l’Oméga, le commencement et la fin de toutes choses ? C’est
qu’il se fait Juge et accusé, témoin de lui-même
! Il perçoit en effet toutes choses. En outre, vous connaissez cette
formule adressée à Constantin : « C’est par ce
signe que tu vaincras ! ». Et ce signe de croix se rapporte aux Evangélistes,
qui sont au nombre de quatre. Il faut accomplir le signe sur les Evangiles,
placer Jean sur Marc, Luc sur Matthieu, enfin le Nouveau Testament sur l’Ancien,
pour que la vérité objective apparaisse. De sorte que les
textes soient mis deux par deux comme des témoins. Sans cela votre
lecture des écrits sacrés est subjective et n’a nulle
preuve ! D’où le fait que vous ignoriez que Jésus est
Romain. Saint Augustin avait connaissance de ce grand mystère, aussi
a-t-il rédigé : « De la comparaison des Evangiles ».
Cet ouvrage nous parle des « contradictions » des textes, et
comment il faut les accorder pour mieux les comprendre et voir en quoi leur
superposition donne, outre la solution à de nombreuses questions,
une autre vision du Christ et de sa vie. Saint Augustin parlait toutefois
en paraboles, et s’il connaissait ce que nous savons nous-mêmes
et qui se rapporte au Christ Romain, il ne le prononçait jamais ouvertement,
tout au plus le murmurait-il.
Ainsi convient-il d’éclairer les propos de ce Père de
l’Eglise, et de faire de son murmure une parole claire, en donnant
une fois pour toutes une idée précise des écritures.
La preuve de la nature Romaine du Christ sera ici fournie par TROIS EMPILEMENTS
SUCCESSIFS de comparaisons, lesquels, nous le verrons, sont irréfutables
:
Liturgie Catholique du bréviaire du V ème siècle à
Rome :
Au Lundi de la IV ème semaine de Carême, l’épître
du jour nous raconte le célèbre jugement de Salomon. L’une
des deux femmes qui en appellent à sa justice, ayant étouffé
son enfant en dormant, est jalouse de sa rivale dont le fils est vivant
:
Canon
Hébraïque, I Rois, III, 16-28. Canon Septante, III Rois, III,
16-28 :
16, « Alors deux femmes de faible vertu, vinrent vers le Roi, et se
présentèrent devant lui. » 17, « Et l’une
de ces femmes-là, dit ; Hélas ! mon Seigneur, nous demeurions,
cette femme-là et moi, dans une même maison, et j’ai
accouché chez elle dans cette maison-là. » 18, «
Le troisième jour après mon accouchement, cette femme a aussi
accouché, et nous étions ensemble ; il n’y avait aucun
étranger avec nous dans cette maison-là, nous y étions
seules nous deux. » 19, « Or, le fils de cette femme est mort
pendant la nuit, parce qu’elle s’était couchée
sur lui. » 20, « Mais elle s’est levée à
minuit, et elle a pris mon fils, que j’avais près de moi, pendant
que ta servante dormait, et elle l’a couché dans son sein,
et elle a couché son fils mort dans mon sein. » Vulgate, suite
: « Quand je me levai le matin pour allaiter mon fils, je vis qu’il
était mort ; et, le considérant avec plus d’attention
au grand jour, j’ai reconnu qu’il n’était pas le
mien, celui que j’avais enfanté. L’autre femme lui répondit
; ce que tu dis n’est pas vrai ; mais c’est ton fils qui est
mort, et le mien qui est vivant. (…) Salomon, Roi, ajouta : Apportez-moi
une épée. (…) Il dit encore à ses gardes : Coupez
en deux cet enfant qui est vivant, et donnez-en la moitié à
l’une, et la moitié à l’autre. Alors la femme
dont le fils était vivant dit au Roi : Seigneur, donnez lui, je vous
en supplie, l’enfant vivant, et ne le tuez point. (…) Alors
le Roi prononça cette sentence : Donnez à celle-ci l’enfant
vivant, et qu’on ne le tue point ; car c’est elle qui est la
mère. »
PREMIER
FONDEMENT DE LA PREUVE QUE JÉSUS EST ROMAIN
En
suivant la pensée de St Augustin, de St Grégoire le Grand
et de St Jean Chrysostome, il convient d’opérer une distinction
entre ces deux femmes et de remarquer leur signification. « Elles
sont comme la figure pour l’une de la Synagogue, des Juifs, pour l’autre
de Rome et de la Gentilité ». L’une étouffe son
enfant pendant son sommeil, et « se fait l’image de la Synagogue
» dont les chefs n’ont pas voulu que les anciens mystères
soient révélés au monde. Ils sont montrés ici
comme ayant étouffé symboliquement le fils de Dieu, car ce
dernier voulait briser le sceau du secret Biblique, et personnifier en lui
seul ce qui avait été préfiguré diversement
par les prophètes de l’Ancienne Alliance. « Cette femme
jalouse Rome, dont l’autre femme se fait l’image ». Mais,
et remarquons-le bien, ces deux femmes habitent toutes deux dans une même
demeure et partagent le même toit, selon leurs paroles : « nous
demeurions, cette femme-là et moi, dans une même maison ».
En soulignant que ces deux femmes, la Synagogue et Rome, vivaient conjointement
sous un semblable toit, les Pères de l’Eglise ont ainsi affirmé
ce que je disais précédemment : « Cham est maudit par
Noé, tandis que Shem (Les Juifs, Sémites) et Japhet (Les Romains),
sont bénits et que la promesse leur est donnée ! Dès
lors, Japhet (Les Romains) est mis au large, et demeure dans les tentes
de Shem (Juifs). » L’écriture se recoupe ici merveilleusement
et nous déclare de même, qu’avant le schisme des Dix
tribus, les Romains vivaient « sous la tente », « dans
la même demeure que les Juifs à Jérusalem. » Mais
nous sommes ici aux temps de Salomon et le Schisme, la séparation,
n’est pas encore consommé. Il est donc juste que l’écriture
souligne que ces deux femmes logent dans une même maison, car ces
deux peuples avaient une commune origine et demeuraient ensemble depuis
la bénédiction de Noé.
«
j’ai accouché chez elle dans cette maison-là »,
signifie suivant St Augustin, que cette femme, « c’est-à-dire
Rome et l’Eglise », a (accouché) enfanté le fils
de Dieu, le Christ, « qu’il est leur fils » et de sang
Romain, et qu’en souvenir de l’époque où les Romains
vivaient sous le toit des Juifs, Jésus le Romain est comme né
en Judée, bien qu’étant Romain ; né dans la même
demeure que celle qui abritait son peuple avant le Schisme, la séparation
des dix tribus. (Et les Dix tribus Romaines se sont séparées
des Juifs sous Jéroboam cf : « Des origines du Christianisme,
Issac ben Jacob ») Mais « Le troisième jour »,
après que l’autre femme, la Synagogue soit accouchée,
le fils de cette dernière femme est mort pendant la nuit, parce qu’elle
s’était couchée sur lui. » Alors la Synagogue,
la femme dont le fils est mort, a pris le fils de l’autre femme, de
la Romaine, pour le mettre près d’elle et se l’approprier
et, « pendant que la femme Romaine dormait », elle a couché
son fils mort à la place de l’enfant qu’elle avait pris.
» De sorte que l’on pense que Rome n’a point enfanté
le Christ, et qu’étant né de la Synagogue, il est de
la Synagogue. Mais c’est une substitution, car le fils qui passe pour
être celui de la Synagogue est en fait accouché par l’Eglise
et la femme Romaine.
L’autre femme, qui est la figure de l’Eglise et de Rome, dit
encore : « Quand je me levai le matin pour allaiter mon fils, je vis
qu’il était mort ; et, le considérant avec plus d’attention
au grand jour, j’ai reconnu qu’il n’était pas le
mien » ; alors elle va devant le Roi (Salomon) et réclame son
jugement pour qu’on lui attribue la naissance de son fils, lequel
n’est point mort, au contraire de celui de la Synagogue. Et le Roi
répondit : « Apportez-moi une épée. (…)
Il dit encore à ses gardes : Coupez en deux cet enfant qui est vivant,
et donnez-en la moitié à l’une, et la moitié
à l’autre. » La femme Romaine réclame donc la
restitution de son fils, mais le Roi Salomon propose qu’on le coupe
en deux car ce fils, étant le fils de Dieu, a donné une nouvelle
alliance à son peuple, un Nouveau Testament ; et désormais
il sera comme coupé en deux, d’un côté l’Ancien
Testament vers la Synagogue, de l’autre le Nouveau, vers Rome. Mais
la femme Romaine, l’Eglise, réclame plus que cela, elle souhaite
obtenir justification quant à sa maternité, et qu’on
lui redonne son fils. Toutefois, voyant qu’il va être «
tué » par les gardes du Roi, elle abandonne sa revendication,
sa maternité pour sauver le fruit de ses entrailles : « Seigneur,
donnez-lui, je vous en supplie, l’enfant vivant, et ne le tuez point.
» C’est ainsi que pour arracher son rejeton à la mort,
elle abandonne tout espoir de se voir reconnaître un jour Mère
du Christ. Rome confesse d’elle-même n’être point
mère du Christ. Pourquoi donc cela ? Car Rome veut que le Christ
lui survive, survive à son pouvoir politique, et pour cela confesse
ne point avoir donné naissance au Christianisme, ni à Jésus.
Dès lors, elle paraîtra avoir accepté une religion étrangère
à elle-même, et le peuple oubliera que son Dieu était
Romain et que les Romains eux-mêmes avaient une commune origine avec
les Juifs !
Certains
me diront béatement Que si la femme dont le fils est vivant est bien
Rome, et que la femme dont le fils est mort est bien la Synagogue et les
Juifs, personne ne peut savoir si le fils substitué figure le Christ
? Pourquoi une telle mauvaise foi ? Si j’ai choisi cet épître,
c’est justement pour prévenir de telles erreurs : Car il est
dit « Le troisième jour après mon accouchement, cette
femme a aussi accouché », […] « Or, le fils de
cette femme est mort pendant la nuit, parce qu’elle s’était
couchée sur lui. » (Bréviaire Romain du V ème
siècle) L’épître de ce Lundi de la IV ème
semaine de Carême est adjoint de son Evangile du jour afin que l’on
sache ce que signifie « Que le fils de la Synagogue soit né,
puis mort le troisième jour après que la femme Romaine ait
enfanté. » La sagesse de ce jugement de Salomon est ici admirée
de tout l’univers, car elle figure ici celle du vrai Salomon. Or Salomon
avait construit un temple, et Jésus parlant de son propre corps jette
ce défi aux Juifs : « Détruisez ce temple, je le rebâtirai
en trois jours. » Il ressuscite en effet le troisième jour,
après sa mort. [détruisez signifie ici étouffer]
Evangile du jour : Bréviaire Romain du V ème siècle,
Suite du Saint Evangile selon Saint Jean (St Jean 2, 13-25) : « Jésus
dit : Détruisez ce temple et en trois jours je le rebâtirai.
[…] Mais il parlait du temple de son corps. »
C’est parce que le Fils de la Synagogue est mort le troisième
jour, et qu’il fut substitué au Fils vivant de la femme Romaine
ce même troisième jour, et que le juge de cette affaire est
le Roi Salomon, que Jésus dit en cet Evangile : « détruisez
ce temple (de Salomon) et en trois jours (Le troisième jour) je le
rebâtirai (je serai substitué au fils mort pour le remplacer
par moi-même). « Mais il parlait du temple de son corps »,
et effectivement dans ce jugement de Salomon, Le Fils Mort est un corps
Mort, qui se voit remplacé par un corps Vivant, un Romain, celui
de Jésus.
DEUXIÈME
FONDEMENT DE LA PREUVE QUE JÉSUS EST ROMAIN
Pourquoi
cette préfiguration d’un Messie Romain intervint-elle sous
Salomon, et que ce Roi en est le seul juge ?
Salomon est le dernier ROI d’ISRAEL, c'est-à-dire le dernier
à régner sur les douze tribus, Juda, Benjamin, et les Dix
tribus d’Ephraïm. Et les douze tribus sont issues de Jacob, elles
forment le peuple Hébreu en son Entier. Mais il nous a été
donné de voir dans le « Des origines du Christianisme »,
qu’Ephraïm n’était autre que la nation Romaine et
Grecque. Car selon le raisonnement des Pères de l’Eglise, puisque
Japhet était au temps de Noé l’image du Peuple Romain,
et qu’il logeait dans la Nation Israélite (sous les tentes
de Shem, Ancêtre des Juifs), il est très juste de conclure
qu’il fit partie intégrante des tribus de David. Les deux peuples,
Juif et Romain, étaient ainsi réunis sous l’autorité
de David puis Salomon. Or c’est par la faute de ce dernier Roi, et
la faute de son fils Roboam, qu’un schisme survint, celui des Dix
tribus. Dans le livre des Rois, Dieu invective en grand nombre de fois David
puis Salomon, et les menace de leur soustraire le peuple, car ayant conclu
des alliances avec des femmes étrangères. C’est sous
son fils, que Salomon voit se réaliser la Prophétie de ce
Schisme :
Roboam
déclare au peuple qu’il les châtiera avec des scorpions,
et se montre plus terrible qu’aucun autre descendant de David. Dix
tribus refusent alors de se soumettre à son autorité, ce sont
les Nations d’Ephraïm, celles-là qui sont Romaines. Il
ne restera dès lors en Judée que Juda et Benjamin, tribus
qui formeront le Peuple Juif. Mais le royaume de Jérusalem perd son
nom d’Israël et devient la Judée. C’est au contraire
que le royaume des Dix tribus exilées, prend le nom d’Israël.
La Nation Hébraïque, divisée en deux peuples, l’un
les Romains et Grecs, l’autre les Juifs, sera répartie entre
deux royaumes qui ne se connaîtront plus. Et il faut reconnaître
qu’aucun Roi Hébreu ne gouvernera plus sur les douze tribus
jusqu'à l’avènement du Messie. C’est de cela dont
se plaint l’écriture : que les deux peuples ne se réconcilient
point, et qu’il n’aient point un même Roi en Israël
! Et comme c’est en David, puis Salomon que le Schisme est médité,
et qu’il trouve son origine, il est tout aussi juste de considérer
que l’écriture a grandement raison d’entamer les chants
sur la venue Prophétisée du futur Messie, dans la même
période. La Bible réclame, de même que Dieu, l’avènement
d’un nouveau Roi capable de réunir les deux peuples, les Juifs
et les Romains. Salomon juge ainsi ces deux femmes, dont l’une est
Romaine et l’autre Juive. Il Prophétise lui-même sur
sa culpabilité dans l’origine du Schisme, et dans l’événement
qui va le réparer bien longtemps après : La venue du Messie
Romain. Il fallait que vint un Roi de la Nation d’Ephraïm, de
la Nation Romaine pour que les deux peuples soient de nouveau unis. Salomon
déclare en somme : « J’ai péché grandement,
et de mon fils viendra le Schisme, alors je prophétise afin que l’on
sache qu’un Roi-Dieu viendra, qu’il surgira d’Ephraïm,
mais qu’il sera dit Juif, pour que l’on sache que deux natures
sont en lui : L’une Juive, et c’est l’apparence du Messie,
l’autre Romaine, et c’est la nature véridique. »
Salomon avait-il raison de Prophétiser sur la venue du Messie en
le regardant comme le futur Roi-Dieu, seul capable de réunir les
deux nations ? Certainement, car l’inscription portée au haut
de sa croix déclare : « Jésus de Nazareth Roi des Juifs
», et cette inscription était écrite en trois langues
(latin, grec, hébreu), de telle sorte que l’on puisse lire
: Jésus Roi des Juifs, Jésus Roi des Romains, Jésus
Roi des Grecs !
St Augustin ajoute d’ailleurs à ce propos en son Traité
de l’évangile selon St Jean : « N’est-ce point
une voix secrète qui faisait entendre au fond du cœur de Pilate,
ce qui avait été si longtemps à l’avance annoncé
dans les Psaumes : « ne change point l’inscription du titre
». Mais Jésus est-il le Roi des Juifs seuls ? N’est-il
pas aussi le Roi des Romains et des Grecs ? O glorieuse inscription ; il
est surtout Roi des Romains ! Il a été établi Roi sur
sa montagne de Sion, mais cela ne faisait point seulement supposer qu’il
était Roi des Juifs, mais aussi des Romains. » Que dire de
plus après ces paroles de St Augustin !
Et si vous regardez ce que j’ai écrit dans ces lignes, vous
y verrez LA Vérité, car rien de ce que j’ai marqué
ne se contredit, rien n’est obscur. Mais ce que j’ai dit éclaire
l’Ecriture Sainte avec une très grande constance, et sans aucune
variation. Pouvez-vous seulement me contredire ? Et contredire St Augustin
et tous les Pères de l’Eglise ? Je ne me suis point appuyé
sur des textes apocryphes, ni sur de vaines divagations. Je me suis au contraire
reposé sur les écrits reconnus comme justes, sans jamais essayer
de regarder une partie du texte Biblique sans prendre en compte l’autre.
Mais vous, qui ne croyez pas ce texte, sur quoi seront affermis vos arguments
? Sur de la paille et de la terre humide, en un mot, sur des briques molles
qui ne sont point passées au feu ! JUGEMENT DE SALOMON - FIN
C’EST
ALORS que vous dites : La Bible nous a menti, elle ne parle point en vérité
?
Non, l’Ecriture ne vous a point trompé, mais vous la lisez
mal, avec un regard tout humain, sans comprendre qu’il faut comparer
les textes et les regarder de la même façon que Dieu vous contemple
: Vous avez un corps et un esprit, alors pourquoi ne comprenez-vous pas
que les Juifs et les Romains sont les deux parties d’un même
tout ? Tout Romain est Juif par son corps, et tout Juif est Romain par son
esprit ! Il est donc juste que Jésus soit appelé dans l’écriture
Juif, car étant Romain, il est Juif par son apparence, mais Romain
par sa naissance de Dieu. Qu’importe, ne vous effrayez point, puisque
les Juifs et les Romains ont la même origine ; ils sont tous deux
Hébreux, et Jésus, étant Hébreu, rassemble en
lui les deux natures, l’une Romaine, l’autre Juive !
TROISIÈME
FONDEMENT DE LA PREUVE QUE JÉSUS EST ROMAIN
Le
Prophète Isaïe, qui est le premier dans l’ordre Canonique
des Prophètes, se peut de même aussi appeler en toutes manières
le premier de tous. Sa naissance royale, son éloquence inimitable
et merveilleuse, vraisemblablement Divine, l’ont rendu un homme tout
à fait surprenant. Il parle avec grande clarté de Jésus-Christ,
tellement, qu’il a toujours été rapporté (Saint
Jérôme) qu’il fut plus Evangéliste que Prophète.
Il vit la gloire de Dieu qui était assis sur un trône élevé,
et contempla ses mystères sans en être aveuglé. Les
Pères le qualifient de très « curieux scrutateur de
toutes sciences Divines », et ses Prophéties ont tellement
un caractère de force et de grandeur, qu’on n’est point
étonné qu’il ait, par cette autorité, révélé
de si puissants mystères sur l’origine du Christ. Il avait
en quelque sorte la légitimité suffisante aux yeux de Dieu,
pour qu’il puisse se permettre de dévoiler tant de secrets,
sans que l’on puisse n’y point croire. Il connaît le Sauveur,
le Christ, comme s’il lui avait était donné de le voir
debout devant lui. Car le Seigneur l’a appelé pour qu’il
« crie dans le désert, et rende droite sa voie ». Et
Isaïe marche en quelque sorte dans les pas de Jean-Baptiste, et se
fait la figure du précurseur, de celui qui rend témoignage
et rend témoignage lui-même ; car il voit les lieux par lesquels
le Christ doit commencer ses prédications.
Il a représenté avec une grande clarté la « naissance
obscure » du Christ, sa condamnation, ses souffrances, sa mort, tellement
qu’on ne sait s‘il s’agit plutôt d’un récit
fait d’après l’événement, ou d’une
Prophétie.
Ainsi
donc, d’une naissance obscure, il avait prédit que sortirait
la puissance Divine : « Il sortira, dit-il, un rejeton du tronc coupé
de Jessé, et une tige naîtra de sa racine. (…) En ce
temps-là, le rejeton de Jessé sera exposé comme un
étendard aux yeux des nations, et elles viendront lui offrir leurs
prières, et son sépulcre sera glorieux. »
Sur l’aspect Généalogique ; Isaïe déclare
que le Messie naîtra du tronc de Jessé, mais il ajoute par
ailleurs que ce tronc est coupé, et ne peut point enfanter la lignée
du Dieu fait homme. Comment cela se peut-il ? Et tel que le dit St Augustin,
il y a là « quelques grands mystères ». Mais en
forçant notre attention, nous y pouvons voir une autre signification
: La Généalogie des Rois d’Israël est la suivante
: Dieu donna à Abraham pour fils Isaac, et de ce dernier naquirent
en suivant, Jacob, puis, Juda, puis, Pharès, puis, Esrom, puis, Aram,
puis, Aminadab, puis Naassôn, puis, Salmôn, puis, Booz, puis,
Obed, puis, JESSÉ, [COUPÉ] puis, DAVID, puis, [COUPÉ]
SALOMON, puis, [COUPÉ] ROBOAM, puis, ABDIAS.
La Généalogie de Jésus aurait donc dû suivre
la suite de l’enchaînement des générations ! Mais
il n’en est point ainsi selon Isaïe, et ce dernier ajoute que,
le Messie étant issu du tronc de Jessé, n’en sera pas
pour autant inclus dans les rameaux, la descendance. Le tronc est ici COUPÉ
! Pourquoi donc ? Il est une réponse simple à cette question
: le tronc Coupé de Jessé représente, par un sectionnement
de cette généalogie, le Schisme des Dix tribus, et la séparation
des Romains d’avec les Juifs ! Si les Romains avaient en effet une
commune origine avec les Juifs, et que le Messie est Romain, il est très
juste que le tronc généalogique soit le même ! Mais
il est « coupé » en-dessous de Jessé, car le Schisme
se médite en David puis Salomon, et se consomme en Roboam, fils de
ce dernier. Isaïe avait donc vu avec une grande sagesse l’origine
obscure du futur Messie ; et si Jésus allait paraître aux yeux
du monde issu du Peuple Juif, ce grand Prophète n’avait point
de doute qu’il fut en réalité Romain. Il dit en effet
: « Et un rejeton naîtra de la racine ! » de telle sorte
qu’on sache que c’est la branche latérale de la généalogie
qui donnerait naissance au Messie. Si en effet le tronc est coupé
en Jessé, l’enfant-Dieu ne peut naître de la lignée
de Roboam, ni des tribus de Juda et de Benjamin ; et si au contraire il
naît de la racine, il est donc issu de l’autre branche, celle
d’Ephraïm qui est le peuple Romain, au temps justement de Jessé
et David !
Terribles sont ces paroles, car elles sont comme les murailles de la maison de David !
Isaac
Ben Jacob