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Société Périllos ©

« CHRONODROME »

 

Extrait (pages 54-55)

« Le hall du Centre Communal d’Action Sociale(CCAS) grouillait de monde, les femmes qui oeuvraient ordinairement derrière les bureaux avaient été, sembla-t-il à Julien remplacées par du personnel majoritairement masculin, sans doute jugé plus apte à canaliser la cohue qui s’amassait au fil des minutes.
Julien n’avait jamais vu une telle effervescence régner en cet endroit. « Pour une fois ça bosse ici » se dit-il, puisqu’il était de bon goût de taper sur les organismes sociaux et leurs fonctionnaires.
- Reste près de moi, enjoignit-il à David qui restait bouche bée devant cette ruche inhabituelle.
Celui-ci papillonna des paupières et acquiesça non sans lui attraper discrètement la manche de son blouson.
Lorsqu’il présenta ses convocations pour la cellule d’insertion, ils furent dirigés vers le couloir qui menait ordinairement dans les locaux attribués aux « restaus du cœur » pendant la campagne d’hiver. Il y avait déjà pas mal de monde d’agglutiné, un type assez costaud planté à l’orée du couloir régulait le passage vers la salle. Julien se défit de la poigne de son frère :
- Arrête de faire le bêta, tiens-toi tranquille !
- J’ai peur, gémit-il en baissant la tête, où qu’elles sont les dames de d’habitude?
- Tais-toi, quand ce sera notre tour, laisse-moi parler.
- Ouais, répondit bravement David.
Julien s’assura une fois de plus, en tâtant la poche de son blouson, qu’il n’avait pas oublié les cartes concernant leurs examens médicaux. Une pensée traversa son esprit : David…Son arriération n’était donc pas congénitale…en effet aucun bordel dans ses chromosomes n’avait été relevé, son cerveau avait bien été bousillé par son père. Julien serra les points et une coulée de haine lui brûla l’estomac, lui laissant dans la bouche un goût d’amertume : il aurait bien grillé une cigarette.
Tous les 18/25 ans qui étaient là ne se gênaient pour « pétuner ». Il réfréna son envie, quelque chose lui disait qu’on les observait peut-être à leur insu. Il fut soulagé de constater que David avait trouvé une revue ainsi qu’une chaise vacante. Tranquillement assis, il regardait les photos : on aurait pu croire qu’il lisait.
Le public continuait de s’amasser le long des divers guichets, à croire que tout Villonne, ou tout du moins tout le quartier du Sanitas, avait été convoqué en même temps au centre social. Le brouhaha et la chaleur ambiante créaient une sensation suffocante.
Julien avait du temps pour gamberger, il s’aperçut que les écriteaux qui désignaient certains services inhabituels avaient été écrits à la main au feutre noir sur des cartons disposés en chevalet : cela faisait très improvisé et…provisoire… Comme par exemple l’endroit qui annonçait « Regroupement pour le Centre Cosmopolite Culturel », c’était la première fois que Julien entendait parler d’un centre de ce genre.

Si ce livre était un film, il serait sans doute « interdit aux moins de 18 ans » ! Le mot violence pourrait résumer le fond et la forme de ce roman de science-fiction. L’histoire est dure et cruelle, le vocabulaire osé et cru.
Mais… il a l’avantage de ne pas laisser indifférent le lecteur : on aime ou on déteste ! Moi j’ai adoré l’atmosphère inquiétante qui fait se poser des interrogations sur la société actuelle et son devenir, sur l’être humain, sa conscience ou plutôt son inconscience, sa cruauté…
Certains personnages sont abjects, mais il y a toujours au fond un espoir : les héros gentils qui s’en sortiront peut-être parce que pas tout à fait « comme les autres ».
Au fil d’une trame surréaliste (mais jusqu’à quel point ?) ce roman plein de rebondissements nous laisse sur notre « faim » : il me tarde de connaître la suite…
Au fait, ce premier volume se termine avec pour cadre le village de Périllos !...
Alors si vous voulez faire une expérience intéressante, lisez « CHRONODROME ».

C.R.

Références bibliophiles :

« CHRONODROME »
Gil Graff
Sience-Fiction
Cap Béar éditions (C.B.E.) - 2005
www.cap-bea-editions.com
ISBN 2-35066-014-1