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Les
citernes de Rennes-le-Château (4ième partie) - Saunière ou... le culte des citernes |
La
formation géologique sous le village de Rennes-le-Château,
surtout depuis la galerie naturelle des citernes, permet de supposer des
lignes de failles pratiquement rectilignes et parallèles, assez proches
les unes des autres. On peut donc théoriquement imaginer ce réseau
naturel se dirigeant selon le couloir de la citerne connue. Le château
actuel, nous l’avons vu, se trouve au-dessus de ce réseau et
de par ses besoins et situation ne pouvait se placer différemment.
Par ailleurs il existait deux puits, dont un dans les bâtiments eux-mêmes,
et l’autre à l’extérieur. La distance du couloir
alimentant les réservoirs en eau potable s’achève quasiment
sous les bâtis fortifiés.
Si la galerie d’arrivée d’eau s’achève contre
une sorte de dalle il est évident que le fluide provient de bien
plus loin. C’est sur cette nappe qu’aboutissait le puits du
château.
Maintenant voyons si d’autres installations ne puisaient pas, naturellement,
dans ce cours souterrain. Si nous prolongeons, sur le plan de masse, le
réseau souterrain connu depuis la citerne nous allons directement
vers l’éperon du plateau selon cet itinéraire : Citerne
communale connue – château féodal – champ arrière
du château – et de là en direction du cimetière,
de l’église Ste Marie-Madeleine et enfin en bout de parcours
l’ancien domaine de Saunière.

Plan 1 des différentes galeries
Le
choix égal des sites du domaine
Si
le village se contentait d’une réserve générale
d’eau il n’en semblait pas de même pour la seule consommation
de Saunière.
En regardant le cadastre et les possibilités de l’époque
de l’abbé, ce dernier disposait pour édifier son domaine
de plusieurs solutions et impératifs : D’abord le prolongement
des terrains jusqu’au bout du plateau. Ensuite il pouvait implanter
ses bâtiments à l’emplacement où il dispose ses
jardins, bassin et potager, soit en face du presbytère. Soit enfin
en un autre endroit du village.
Admettons que son choix, pour des raisons pratiques se fixe effectivement
à proximité de l’église du village. En ce cas
nous retenons les deux premières solutions. Elles restent égales
quant aux surfaces de leurs emprises. Ce critère ne pourra donc pas
être avancé.
On peut argumenter, ensuite, l’exigence d’un point de vue agréable
dans le choix de Bérenger. En ce cas il avait un important champ
de vision quasiment identique sur les deux solutions qui lui restaient :
celle que nous connaissons et les terrains de ce qui deviendra le potager
et le jardin…
Nous savons que la première solution sera la bonne.

Plan 2: des points d'eau et galeries possibles - domaine Berenger Saunière - église - cimetière - et place devant église
Pourtant on pourrait argumenter que l’aspect pratique serait identique
pour les deux choix. En effet, de la Villa Béthanie pour se rendre
à l’église, il faut sortir et redescendre la rue Béthanie…
Observons le plan de situation des terrains de Saunière. La porte
d’entrée de la villa est face à celle d’accès
au jardin. La distance est donc la même pour les deux terrains. Mieux
encore, on aurait en plus vue directe sur l’entrée de l’église,
du presbytère (puisque la Villa Béthanie n’existerait
pas !), du cimetière, de la grotte, du calvaire, du reposoir…
Ces angles de vue sont impossibles depuis la Villa Béthanie où
le parc du domaine. On pourrait rétorquer que, tel qu’il est,
le domaine permettait l’installation, à son extrémité,
des terrasses et des tours dont celle de Magdala. Là encore la comparaison
nous donne les mêmes possibilités dans le second cas pourtant
plus large encore au bout du plateau.
Ne sous-estimant pas l’intelligence de Saunière, il dut forcément
se trouver face à ces remarques et son choix dicté par d’autres
impératifs. Essayons maintenant de deviner lesquels.
Le
culte des citernes chez Bérenger Saunière ?
Reste
d'une autre possible citerne inconnue (cliché 1988)... près
du reposoir. [repro interdite sauf autorisation]
Si
l’on regarde les réalisations de l’abbé une réflexion
peut s’imposer. A chacune d’entre elles apparaît un détail
pouvant sembler logique pour l’époque: l’alimentation
en eau ! Certes en ce temps (comme encore aujourd’hui) le précieux
liquide est vital pour vivre et plus encore pour agrémenter une propriété.
Or, au 19e siècle le village de Rennes ne dispose pas d’un
réseau de distribution en eau potable. Ce sera d’ailleurs,
on s’en souvient, un des grandioses projets de l’abbé.
Ce besoin semble devenir une obsession chez Bérenger…
Regardons de plus près les plans de ses réalisations. Nous
trouvons sur ceux-ci, comme point d’eau, en partant de la Tour Magdala
: les grandes citernes justement installées sous le ‘rempart’
reliant les deux tours (Magdala et serre de verre) – la citerne entre
le presbytère et la Villa Béthanie – l’alimentation
du presbytère – une autre citerne… sous le reposoir …
et un petit bassin souvent oublié au centre de l’allée
allant du calvaire édifié par BS et l’entrée
du cimetière. Enfin un autre grand bassin se trouve toujours au centre
de ce qu’était les jardins. Plusieurs auteurs expliquent que
ces citernes étaient simplement alimentées par les eaux de
pluie. Pour une de ces réserves cette affirmation peut être
satisfaisante. Pour d’autres n’étant pas reliées
aux eaux de toitures elles se remplissaient forcément par un autre
moyen naturel, car nous le verrons plus loin, bien remplies en pleine canicule.
L’incident
du 14 juillet 1895
L’abbé
Saunière obtient par délibération du conseil municipal,
en février 1891, l’autorisation d’aménager à
ses frais une place devant l’église. Sur ce périmètre
triangulaire, il fait édifier le calvaire, une grotte et près
de l’entrée du cimetière un ‘bureau lui servant
de bibliothèque’ installé sur… une citerne.
Tout est bien jusqu’à ce jour du 14 juillet 1895 où
« un incendie se déclare dans une maison, menaçant de
se communiquer à tout un quartier presque exclusivement composé
de granges remplies de fourrage ». Il est alors nécessaire
de pomper beaucoup d’eau pour maîtriser le sinistre. Manquant
de cet indispensable liquide (nous sommes à la veille des canicules)
les pompiers et les responsables communaux décident de puiser dans
la citerne de l’abbé. Ce ne sera pas chose facile car Saunière,
à la stupéfaction générale, refuse tout net
l’accès à sa pompe. « Il a fallu l’intervention
de M. le Maire et la menace de la part de M. Olive d’enfoncer les
portes de cet appartement pour qu’il (l’abbé) ait laissé
pénétrer dans l’intérieur et livré la
pompe, alors que d’autres propriétaires donnaient volontairement
l’eau de leur citerne ». Pire encore le lendemain Saunière
porte plainte à la Gendarmerie pour « invasion du parterre
et de la clôture »… plainte qu’il retirera rapidement
au demeurant. Il existe une autre version de l’incident. Jacques Rivière
écrit que la manœuvre des pompiers forçant le local de
pompage s’est faite en raison de l’absence de l’abbé
… Quoiqu’il en soit le problème réside dans le
fait que personne n’avait les clés d’un local que Saunière
semblait vouloir protéger des intrus et… curiosités
même justifiées.
On reste stupéfait devant la réaction de l’abbé
devant laisser une clé de ce local en mairie et qui ostensiblement
s’en est bien gardé. Certains auteurs y voient simplement une
réaction d’humeur anti-républicaine en raison du 14
juillet. Mais est-ce suffisant ? un feu risquant de sinistrer le village
ne passait-il pas avant le ressentiment politique de l’abbé…
lui qui prétend justement s’intéresser au bien-être
de ses ouailles au point d’envisager de faire installer pour tous,
justement, la distribution d’eau potable ? Cette motivation revancharde
n’est guère satisfaisante. Et d’autres auteurs s’interrogent
sur cette conduite étonnante.
Quand
une bibliothèque peut cacher un puits
Et
si Saunière avait eu des raisons personnelles de ne laisser personne
se pencher sur cette citerne… surtout pas au risque d’épuiser
la réserve d’eau et de laisser peut-être entrevoir, de
fait, ce qu’il voulait garder pour lui seul?
Plusieurs auteurs mentionnent les dire d’une personne âgée
qui racontait que l’abbé Saunière avait trouvé
quelque chose, ou un trésor, sous ce local fermé à
clé. Une autre version plus précise affirme que sous le plancher
de ce local l’abbé aurait suspendu ou immergé le produit
de ses diverses fouilles … Pourquoi pas ? Toujours est-il qu’il
était notoire que Bérenger aimait à s’enfermer
dans ce bâtiment de longues heures. Etrange lieu en vérité
que ce ‘bureau’ édifié sur une citerne à
fonction de bibliothèque. Saunière, qui nous habitué
à localiser ses biens et surtout ses livres, les entrepose tout à
coup dans un endroit éloigné de son domicile ?
Effondrement
de la terre à côté de la bibliothèque
Autre chose qui ne fut jamais retenu à notre connaissance. Il est dit que cette ‘place’ était inutilisée avant que l’abbé n’en demande l’usage à la municipalité, et qu’il s’agissait d’un lieu sans entretien particulier. S’il y avait eu une citerne avant les travaux de Saunière il en aurait été question dans un document communal et des réserves sans doute émises au moment du ‘contrat’. Or il n’est pas fait mention de ce genre d’installation ni d’ailleurs de l’existence de la moindre bâtisse en mauvais état. On peut envisager que Saunière réalise à la fois une citerne et un petit bâtiment par-dessus. Pourtant nulle part on ne trouve mention de paiement d’ouvriers ou matériaux pour ces réalisations… étonnant pour quelqu’un qui notait scrupuleusement toutes ses dépenses et travaux. Aucune trace, non plus, du moindre souvenir de l’exécution de ce genre de réalisation ne pouvant, à l’évidence se faire au grand jour sans être remarquée… surtout si l’abbé s’en était chargé avec l’aide de quelques volontaires comme les travaux que nous savons dans l’église. Alors ??? Alors il est également possible qu’à cet endroit il y ait eu déjà un réduit, une construction anodine sans intérêt notoire… sur une sorte de puits ou réserve peut-être alors comblée ou en piteux état. Possible alors que l’abbé depuis ce local se soit livré, sans être vu, au dégagement à faible profondeur d’un puisard, d’une citerne, d’une galerie négligée puis lentement oubliée. Chose faite l’appareillage se serait progressivement remis en eau et rempli peu à peu… comme les citernes officielles du village par exemple.
Une
demande de renseignement d’un certain Marcot au 17e siècle
Mais en cas d’usage intentionnel de l’endroit, dont Saunière se serait bien gardé de donner les raisons et origines, il faudrait alors admettre qu’il ne s’en soit pas remis au hasard mais à un savoir qu’il aurait obtenu depuis quelques éléments ou documents retrouvés Dieu sait où. Dieu et plus certainement un besogneux archiviste royal du nom de Marcot.
Document
Marcot
Marcot est un employé, sans doute appliqué, attaché aux services des renseignements paroissiaux et plus particulièrement des informations historiques… ce qui est pour le moins curieux de la part des services royaux du 17è siècle. Il envoie à Rennes, au curé, une demande de renseignements pour « avoir une connoiffance parfaite de l’Etat de la paroiffe »… Très curieusement il est demandé dans la liste du questionnaire le détail des points d’eau du lieu. Et nous avons sur la réponse une liste méticuleuse de ces endroits hydrologiques. Nous y trouvons le bassin souterrain de l’actuelle citerne… mais encore les deux puits du château et d’autres totalement oubliés dont un direct dans l’église à effet de ‘fontane’ (fontaine ?) un autre justement à l’endroit ‘ensclot’ de ce qui deviendra la petite bibliothèque de Saunière dont il est question ci-dessus. Et suivront dans le désordre (ou un ordre qui nous échappe) d’autres résurgences sur le plateau dont une sur ‘le viel mantel’ ( ???) qui n’est autre, on le comprend par la description, que ce qui deviendra … le domaine de Saunière ! Mais plus intéressant encore : on apprend sur cette ‘demande de renseignements’ que certains de ces lieux nécessitent un entretien ponctuel et qu’à cette fin un homme doit y descendre et parcourir le cheminement des eaux. Il est ajouté laconiquement qu’il s’agit toujours d’un homme extérieur qui s’acquitte de ce travail.
Alignement
des fissures naturelles et cavités pas naturelles du tout !
Un
morceau de galerie sèche entre le château et l'église.
Reprenons
l’hypothèse selon laquelle le long des failles naturelles,
amenant par pression l’eau à fleur du plateau, une galerie
soit aménagée dans une des fissures moins humide que les autres.
Elle ne peut qu’obligatoirement (géologiquement) suivre le
même cheminement général et donc se trouver à
proximité des points d’où l’on tire de l’eau…
comme nous l’avons vu concernant le château. Si ce passage souterrain
est aussi praticable que celui des citernes encore en usage il n’y
aurait donc pas de problème à suivre un réseau qui
s’étend, au moins depuis le réservoir principal (dont
une partie serait d’époque wisigothique), jusque sous le domaine
de Saunière.
Autre
réponse possible au savoir de notre abbé. Si son prédécesseur
envoie la réponse au questionnaire de M. Marcot en date du 24 juillet
1697, il est fort possible qu’il ait gardé un double de ce
document ou l’élément qui lui permet de satisfaire facilement
cette demande. Ce document pourrait alors fort bien avoir été
tenu dans les archives de l’église de Ste Marie-Madeleine de
Rennes, et transmis au fil des prêtres se succédant dans cette
paroisse jusqu’à l’abbé Saunière qui en
utilise les informations, puis, ceci fait, le fait disparaître afin
d’en clore la transmission…
Certes la connaissance de points d’eau potable est fort utile pour
une cité comme Rennes. Mais ce savoir, pouvant être admis comme
une forme de trésor, suffisait-il à le faire oublier ? Certainement
pas. Mais certainement oui si ce document comporte des éléments,
même discrets, permettant de deviner qu’au gré des points
de puisage de l’eau on dispose également d’accès
à des galeries dont l’usage est réservé à
un tout autre usage que délivrer le vital liquide…
Evidemment tout ceci ne pourrait être qu’une hypothèse
impossible ou très fragile… incroyable si nous étions
les seuls à l’avancer. Et pourtant à mieux lire d’autres
récits on devine effectivement tout un ensemble de possibles installations
souterraines disposées au long de réseau tout à fait
naturel et innocent à l’origine. Cependant ces éléments
dispersés ne furent jamais pris dans un ensemble allant dans ce sens.
La
réalité dépasse la fiction?
Nous ne retiendrons pour cette théorie que quelques passages d’ouvrages moins ‘fréquentés’ mais assez précis pour ne pas négliger ou rire des possibilités souterraines des lieux. Il y sera question de cavités sous l’église, sous le cimetière et autres dont l’existence sera logique. On observera que ces ‘soupçons’ se situent tous dans un sens longitudinal entre le plateau du domaine de Berenger Saunière et la citerne actuelle.
Amorce
comblée falaise sous cimetière.
-‘L’Héritage de l’abbé Saunière’.
Claire Corbu et Antoine Captier – Bélisane Nice 1985. A
propos d’un caveau conséquent sous l’église –
« on peu en déduire que ce tombeau donnait accès
à une crypte assez vaste pour recevoir plusieurs sépultures
» - plus loin même page « Ils aboutissaient à
la conclusion qu’un trésor, d’origine royale, était
enfoui dans les caves (ou cavernes) de la citadelle de Rennes). (p. 274).
Ensuite il est question le long de l’église dans le cimetière
d’un emplacement dangereux car sur la faille en question. «Nous
retiendrons surtout que cet emplacement ne sera jamais plus utilisé
par la suite, le fossoyeur du village ayant failli y périr englouti
alors qu’il y creusait une fosse, le sous-sol s’étant
brusquement effondré sous lui. Depuis le sol s’y affaisse constamment,
ce qui nous laisse supposer qu’il existe une cavité dans la
roche à cette endroit » (p. 275). Plus loin à propos
du cimetière: « Si l’abbé Bigou fit inhumer
la marquise de Blanchefort à cet emplacement, c’est probablement
pour une raison bien précise. Confident de la dernière seigneuresse
de Rennes, Elisabeth d’Hautpoul, plus connue sous le nom de mademoiselle
de Rennes, on peut concevoir qu’il avait connaissance d’un secret
dont les seigneurs de Rennes étaient les derniers détenteurs.
A-t-il à son tour laissé un message ? Message que l’abbé
Saunière allait trouver et exploiter à son profit une centaine
d’années plus tard». Encore plus loin, il s’agit
à la fois du caveau sous l’église et du passage vers
un secret ailleurs : « Nous pensons que les seigneurs de Rennes
utilisèrent en partie une crypte existant déjà dans
l’ancienne chapelle de la forteresse wisigothe, puis mérovingienne
pour y aménager leur tombeau.//-// Il est probable que l’abbé
Saunière se rendit compte de cela lorsqu’il découvrit
le tombeau des seigneurs. S’il n’y trouva pas de documents,
du moins dut-il y relever des indices qui l’amenèrent à
la découverte de la crypte. Qu’y trouva-t-il ? »
(p. 280). Enfin où il est question de très longues failles
aménagées : « Celle qui nous paraît la plus
importante pour notre histoire est celle qui passe au ras du domaine de
l’abbé Saunière et qui affecte une forme incurvée//-//
cette faille s’étire sur une longueur totale d’environ
20 km » (p. 263). A cette page on y trouve des remarques concernant
cette faille sous le domaine de Berenger Saunière « Plus
étonnant est le fait qu’elle se situe exactement au pied de
la tour Magdala. Il a été dit que des souterrains, très
anciens, ont été découverts récemment sous la
tour (notons qu’il ne peut s’agir des derniers sondages puisque
le livre est écrit en 1984). Il est fort possible qu’il en
existe, étant donné que Rennes fut longtemps une place forte
à une époque où les souterrains revêtaient une
grande importance en cas de siège. Sur leur parcours ils peuvent
comporter des salles susceptibles de servir de cachette à un dépôt
précieux » (pages 263-264).
Le sérieux, en la matière, de Claire Corbu et d’Antoine
Captier n’a d’égale que leur prudence à avancer
seulement des éléments tangibles et parfaitement possibles.
Alors ?
Les
raisons discrètes d’un choix risqué
Alors…
et bien nous voyons que l’église de Ste Madeleine de Rennes
aurait fort bien pu être édifiée volontairement dans
l’alignement du château… et de la citerne actuelle. Cette
volonté d’implantation, comme celle du château, prise
avec le risque d’être très près des premières
lignes de défense de la citadelle pour des raisons soigneusement
effacées. Ces dernières auraient-elles permis de dissimuler,
en ‘terre sacrée inviolable’, un orifice naturel d’accès
à une galerie suivant le cheminement des eaux dont la sortie débouchait
sous le château où à proximité… N’oublions
pas qu’avant d’être l’église St Madeleine
de Rennes, l’édifice était une chapelle sous l’invocation
de la Sainte Vierge.
Ce n’est qu’après le saccage des troupes d’Henri
de Trastamare, en 1362, détruisant radicalement l’église
de St Pierre aux liens que la chapelle castrale serait devenue l’église
de la cité sous le vocable de Ste Madeleine… Et ça Saunière
ne pouvait pas ne pas en avoir connaissance (voir sur ce site notre texte
‘la 2e église de Rennes-le-Château').
Il est donc évident que si souterrains il y a, ils ne peuvent naturellement
(nous l’avons vu précédemment) que se situer au long
des failles géologiques que ce travail essaye de resituer. On peut
pratiquement déduire que toutes les constructions du côté
Nord du plateau de Rennes l’ont été pour des raisons
aussi impératives que confidentielles. Notons également que
tout le reste périphérique du village est occupé par
des habitations ou bâtiments divers. On doit souligner que seul le
flan nord du plateau est seulement occupé par le château, la
citerne, l’église, le cimetière et enfin plus tardivement
par tout le domaine de Bérenger Saunière… qui pouvait
tout aussi bien situer son territoire là où se trouve les
jardins.
La
difficile maîtrise du savoir
Il devient indéniable qu’il y a là une volonté à pouvoir maîtriser des éléments seulement connus au départ des seigneurs du lieu. Ces derniers tenant à être ensevelis dans l’ombre de ce secret, joignant leurs sépultures à des caches secrètes, ne pouvaient faire autrement que d’affranchir les prêtres de Rennes-le-Château de ce savoir. En effet, l’accès à la crypte mortuaire se trouvant dans ce qui était autrefois leur chapelle était maintenant dans l’église où tous pouvaient se rendre… et peut-être trouver certains détails intrigants. Surtout les prêtres, d’abord en mesure de savoir lire et disposer d’une certaine réflexion face à des anomalies même discrètes, et ensuite en raison qu’à chaque enterrement ils célébraient l’office, laissaient ouvrir un passage ‘discret accessible depuis l’église’(et le refermer ensuite), et souvent peut-être accompagnaient le cercueil jusqu’au fond d’un caveau depuis lequel ils pouvaient deviner un dégagement…
Vue
de l'église RLC coté reposoir.
Certes le prêtre du lieu souvent était également le chapelain du seigneur. De fait il lui devait un dévouement habituellement largement récompensé. Le secret de la confession et du devoir de réserve religieux faisait le reste du secret. Mais ne peut-on pas supposer que ces curés pouvaient avoir songé à consigner certains détails interdits sous une forme ou une autre ?.. écrits, dessins, documents, transmission orale ? Et puis probablement le seigneur lui-même pouvait-il volontairement enseigner son chapelain pour une transmission destinée à ses descendants… cette dernière pouvant avoir été éventée pour des raisons qui nous échappent encore ? pourquoi pas ? Ce fait, aussi, que seuls les seigneurs de Rennes soient ensevelis dans la crypte (à l’origine) limitait peut-être les risque de fuite ? Car seuls peut-être les descendants mâles accompagnaient dans le caveau leur mort pour ce dernier voyage ? Les femmes qui, par alliance naturellement ne descendent pas par le sang, pouvaient être considérées comme étrangères à ce secret, n’auraient pas eu accès ni au savoir ni au lieu du secret. Si une femme avait été ensevelie dans la crypte forcément ses parents de sang pouvaient demander à accompagner leur familière jusqu’à son ultime demeure… et découvrir ce qui ne les concernait pas !
Un
secret pour les abbés de Rennes-le-Château
Ainsi, sans doute, a t-on entretenu le secret des galeries souterraines de Rennes connues seulement des seigneurs et de leurs curés… les habitations de ces deux personnalités étant également tenues aux liens et raisons identiquement semblables… Les prêtres et leurs seigneurs se succédèrent besogneux, inintéressés ou serviles selon les cas. Puis arriva Bigou qui entendit en confession l’intégralité du secret, que plus aucun homme ne pouvait transmettre ou savoir, de la bouche de la dernière seigneuresse. Les temps étaient terminés et Bigou le savait. Ne pouvant plus transmettre ce lourd savoir qui de toute manière ne lui appartenait pas il s’en remis sans doute à la divine providence en espérant que sa confession (à lui) serait recueillie par un autre prêtre. C’est sans doute ce qui se produisit avec Bérenger Saunière qui peu à peu comprit et accéda aux clés d’un savoir probablement dangereux…
Villa
Béthanien
De
petits magots lui permirent d’acquérir les lieux de ces secrets
: les places devant l’église, la citerne et la bibliothèque,
les jardins et enfin et surtout… le domaine de la Villa Béthanie.
Le rôle de Marie Madeleine sera omniprésent et protecteur de
ce savoir au point d’en devenir un culte et une véritable vénération…
Mais Saunière était-il seul dans ce culte peut-être
inavouable ?
Bérenger, dernier curé de Rennes-le-Château à
avoir eu accès au secret de la cité, s’est éteint
après avoir eu une vie suffisamment houleuse pour qu’un jour
ces ‘scandales’ ne soient repris par… ceux qui peut-être
devaient en être les nouveaux dépositaires… mais ceci
sera une autre histoire car sur celle-ci s’écoule imperturbablement
le temps infini au fil de l’eau des citernes secrètes de Rennes-le-Château…
| NB:
nous présenterons une suite à ce sujet à propos
d’un autre point d’eau situé par Bigou dans l’ancien
cimetière. Cet élément sera abordé avec
les précisions données par l’abbé Bigou (exilé
en Espagne) sur les sujets de ‘la croix des Hautpoul’ du
cimetière de Rennes-le-Château, du savoir des tombes extérieures
et intérieures, de la mise au tombeau de la Dame d’Hautpoul
vis-à vis de cette croix oubliée, des deux cimetières
anciens de Rennes-le-Château et des précisions qu’il
apporte sur le presbytères. - Les pages du document ‘MARCOT’ concernant les points d’eau seront présentées ultérieurement et par ailleurs dans la rubrique ‘DOCUMENTS’. |