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La
Commission du Christ |
En
arrière du temps
Parfois,
la fiction est un excellent moyen pour aborder, et argumenter, une révélation
historique fortement controversée. En ce cas, il n’y a pratiquement
aucun danger à avancer une hypothèse qui, en d’autres
circonstances, aurait immédiatement entraîné de violentes
polémiques et levées de boucliers… comme c’est
souvent le cas quand on approche de trop près l’énigme
qui entoure la mort ou non de Jésus sur la Croix. Et il semblerait
bien que ce soit les circonstances concernant l’ouvrage ‘la
Commission du Christ’ d'Og Mandino. Les annonces faites pour la parution
du livre demandent si « la Résurrection était un canular
!? ». Il s’ensuit une étrange enquête dans le temps
débouchant sur une autre question : que se passera t-il lorsqu’
« un homme découvrira la preuve que chaque chrétien
dans le monde a tort? ». Cependant, la conclusion de cet ouvrage aux
deux questions est « non ».
L'intrigue commence avec Matt Lawrence, un des plus grands romanciers dont
le thème préféré s’axe autour d’enquêtes
de détectives, et qui présente son dernier best-seller. Pendant
une interview, il lui est demandé s'il a un nouveau projet de roman.
Matt Lawrence répond qu’effectivement, depuis le tout début
de sa carrière, un projet lui tient à coeur et qui aurait
pour titre "la Commission du Christ". Il s’agirait d’une
enquête serrée qui commence six ans après la mort de
Jésus Christ. Face à l’énigme de la mort de Jésus
s’ouvre une commission d’enquête ayant pour mission d’interviewer
les témoins principaux de sa vie et plus particulièrement
de ses derniers jours et des instants de son décès. La raison
finale est d'établir si oui ou non Jésus s'est miraculeusement
levé d’entres les morts ou si son corps aurait été
enlevé du tombeau par certains personnages pour favoriser le mythe
que le Christ ait ressuscité et se soit levé seul… Cette
seconde hypothèse est celle que soutient fermement Matt Lawrence.
L’interview,
contre toute attente, ne se passe pas dans les meilleures conditions attendues.
Comme il ne s’agit pas d’une émission en direct, Lawrence
se trouve confronté à des intervenants pouvant se permettre
des réflexions dont le public ne verra peut-être pas, selon
le contenu, toute la teneur agressive. C’est lors d’un échange
de vifs propos que l’un des interlocuteurs, furieux, considère
que la thèse avancée dérange profondément le
dogme chrétien… Emporté par sa colère, il lui
décoche un violent coup sur le nez qui assomme le héros. Celui-ci,
à son douloureux réveil, réalise que son inconscience
l’a fait remonter le temps jusqu’en l’an 36 de notre ère.
Il se retrouve dans la maison de Joseph d'Arimatie, qui lui déclare
être l’auteur de ce transport à travers le temps afin
que puisse se dérouler, selon ses vœux, cette fameuse ‘Commission
du Christ’. Il s’ensuit, alors, une enquête de ‘commission’
au long de laquelle Joseph organise pour Matt(hias) la rencontre avec les
principaux ‘témoins’ de cette énigme, comme Jacques,
frère de Jésus, Jean, Marie, Pierre, Ponce Pilate, etc…
A chacun des personnages, l’enquêteur pose une série
de questions critiques, dont les réponses, il l’espère,
apporteront la vérité en attestant que la crucifixion n’est
ni plus ni moins qu’un sordide canular.
A l’issue de cet interrogatoire, Matt(hias) admet que le corps n’a
pas été enlevé et que les témoignages concordent
vers le fait que les apôtres et Jacques ont clairement vu un homme
ressusciter en leur présence… et que ce ‘divin miracle’
leur a donné la conviction que Jésus était le ‘Christ’
et le ‘fils de Dieu’. Cinq jours suffisent à conduire
l’enquête. Cependant, avant sa conclusion (au bout d’une
période de cinq jours), le voyageur du temps voit se dessiner, sans
en comprendre la raison profonde, que Ponce Pilate complote de le faire
mourir de la même manière que Jésus. Joseph d’Arimatie
explique anxieusement à Matt Lawrence que s’il meurt en 36
de notre ère il lui sera, de fait, impossible de le transférer
de nouveau dans le futur, jusqu’à notre époque. Heureusement,
au moment où il est sur le point de mourir, il est projeté
de nouveau dans le temps. Il se réveille dans sa chambre d’hôtel,
quelques heures avant qu’ait lieu l’émission de télévision
au cours de laquelle il doit recevoir un coup violent sur le nez…
que devrait lui donner un des participants furieux du thème choisi.
Partant de ces étranges réflexions, il se demande où
est alors la vérité. A-t-il tout simplement rêvé
après s’être assoupi avant cet interview ?… ou
a-t-il vraiment vécu cet étrange voyage dans le temps ? Matt
choisira de rester convaincu de son erreur dans le problème posé
et de ses torts à douter de la véracité de la Bible.
Correspondances
possibles
Og
Mandino
L'histoire
est infiniment plus complexe que les méandres romancés du
livre d'Og Mandino. Dans ce dernier, certes, nous retrouvons un bon facteur
de sensations au sujet de la croyance de la vérité, sur l’événement
de la crucifixion, au long des interrogatoires ‘supposés’
de l’enquête. Cependant, la solution apportée à
la fin du roman est le maintien de la croyance de base qui se résumerait
à une sorte de : « tout est bien. Continuez comme ça
! »
Le livre est néanmoins proche de notre intérêt pour
l'histoire de Périllos. Et cela pour trois raisons :
- La première est que l’ouvrage se concentre sur le fait de
prouver que le corps de Jésus a été enlevé de
sa tombe (celle de Joseph d’Arimatie) au matin du lundi de Pâques…
et déposé ailleurs. Et l’enquête de Matt Lawrence
est simplement de tenter de découvrir ‘par qui’ et…
où il aurait été dissimulé.
- La seconde est, curieusement, le sujet du voyage dans le temps qui représente
la charnière du dernier rebondissement du roman qui remet les ‘choses’
à la place où il serait dangereux, visiblement pour certains,
qu’elles soient enlevées.
- La troisième, plus insolite encore, dans ce livre, place Joseph
d'Arimatie dans une position de ‘premier maître du jeu’
et le place même en tant que ‘seigneur du temps’, capable,
sans en donner l’explication, de transporter Lawrence dans le temps
et l'espace.
Ajoutons
que les trois éléments centraux du roman sont également
ceux qui servent d’axe au mystère de Périllos :
- D’abord le ‘moulage-modèle’ comporte les informations
des tombeaux de Jésus et de Joseph d'Arimatie. Cette maquette identifie
un endroit, un lieu précis, que nous connaissons maintenant et qui
représente un centre d'intérêt principal pour certaines
traditions ésotériques. Ensuite le document Courtade (notaire
royal du XVIIe siècle) identifie ‘administrativement’
(donc indiscutablement) cet endroit comme abritant « un tombeau royal
»… et Saunière ira encore plus loin (peut-être
l’a t-on téléguidé pour cela) en l’identifiant
comme « tombeau du Christ ». Certes, ceci ne suffit surtout
pas à affirmer qu’il s’agisse obligatoirement du tombeau
du Christ… Pourtant, il ne faut pas négliger qu’il peut
s’agir, schématiquement, de la seule conclusion ‘logique’
à tirer de l'évidence disponible. En outre, nous notons cette
étrange référence à Joseph d'Arimatie, donnée
également par Saunière avec un deuxième endroit ‘funéraire’
qu’il situe tout près du premier tombeau dit ‘de Jésus’…
- Enfin, nous observons l’utilisation du thème ‘déplacement
dans le temps avant et arrière’… ce qui rend impossible
de ne pas se rapprocher de l'expérience ‘Chronodrome’
qui rend, voulu ou non, le voyage dans le temps étroitement lié
au site et à l’histoire d’Opoul-Périllos.
Trouver
simultanément le voyage dans le temps, Joseph d'Arimatie en tant
que ‘seigneur du temps’, et la recherche du ‘tombeau
du Christ’, tout à la fois, dans un roman – et un
secteur défini – forme une correspondance des plus intrigantes.
Cependant, il nous faut souligner qu’il s’agit ici d’observations
situées dans le domaine d’une œuvre de fiction, qui n’eut
sans doute pas la célébrité qu’elle méritait.
Retenons simplement qu’un auteur américain a eu une idée
intéressante, qui étrangement ‘s'avère justement’
correspondre aux ingrédients principaux du mystère de Périllos
tel qu’il apparaît depuis ces cent dernières années.
Filip Coppens