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Crash
du Constellation. Catastrophe du 11 janvier 1963 (Seconde partie) |

Les
causes dont on ne parle pas
Nous en étions à nous demander s’il pouvait y avoir
une raison à cette catastrophe, autre qu’une défaillance
humaine ou matérielle, peu à peu aussi improbable l’une
que l’autre. Il reste à essayer d’apporter des suppositions
sur les vraies raisons de cette tragédie et surtout les conditions
dans lesquelles elle se déroula.
Sur l’épouvante des restes de cette tragédie, la pudeur,
ou plutôt le silence des médias s’est très vite
installé. Aujourd’hui, seuls les compagnons d’armes des
victimes militaires perpétuent, une fois l’an, en présence
de monsieur le maire d’Opoul, la mémoire des hommes morts en
mission. A notre connaissance, jamais plus aucun média, ni personne,
ne parla des causes de l’accident du Constellation dans le secteur
de Périllos. Serait-ce supposer qu’aucun rapport officiel ne
fut donné ? Il est vrai qu’en matière d’informations
les services militaires de relations avec le domaine public sont limités
à leur plus simple expression. Effectivement, il est rarement possible
d’avoir connaissance des conclusions de la ‘Grande Muette’
concernant ce genre d’accident.
Faute d’en savoir plus, nous avons repris les coupures de la presse
locale ayant longuement fait mention de la catastrophe. En reprenant la
lecture, nous notons un certain nombre d’informations qui, sans doute,
passèrent inaperçues face à l’horreur de cette
tragédie.
Les
sujets dont on évite de parler
C’est
en parcourant à nouveau les pages, à la recherche d’un
indice qui nous aurait échappé, que plusieurs détails
retinrent notre attention.
Cependant, s’il est un sujet difficile et délicat à
aborder de manière générale, c’est celui de l’insolite
dans l’espace aérien.
Tant
de sottises, fausses informations ou interprétations sont déversées,
sans plus de vérifications, qu’il est impossible de séparer
le douteux du réel. Nous avions, depuis le début de nos études
concernant le secteur de Périllos, délibérément
choisi de ne pas aborder ce sujet délicat. Plusieurs fois, il nous
a été fait mention d’observations inexpliquées,
ou de faits insolites, par des personnes n’ayant pu se rencontrer
en raison des époques différentes et des lieux. Nous avions
pris note de ce que ces ‘témoins’ nous rapportaient,
sans jamais en faire état sur nos colonnes.
Ici les conditions sont différentes. Les sources étant celles
d’un média de l’époque, nous croyons utile d’apporter
certains éléments au dossier du ‘Constellation’…
et quelques réflexions.
Revenons à la lecture des pages de journaux concernant la catastrophe
du 11 janvier 1963 près de Périllos. Nous ne revenons pas
sur les articles concernant cette dernière, mais sur les informations
présentées dans les mêmes pages. Nous en retiendrons
plusieurs, sans prendre en compte, évidemment, les ennuis de Johnny
Halliday ou les entrefilets consacrés à l’O.A.S. à
cette époque. Il y a nettement plus étonnant pour nous.
D’autres
faits dont on parle
Effectivement,
nous trouvons dans les mêmes numéros du journal deux autres
événements qui pourraient bien présenter nettement
plus d’intérêts qu’ils ne le paraissent, ainsi
‘effacés’ par l’annonce de la catastrophe aérienne.
Premier évènement :
Il s’agit d’une
annonce, pourtant en titre près du cartouche du journal L’INDEPENDANT
n°10 du 11 janvier 1963 (un vendredi) qui est celui du jour du crash
sur Périllos. On lit donc en première page « UN CHAMP
DE TIR SPATIAL SERAIT CREE ENTRE LEUCATE ET PERPIGNAN »… avec
un article plus complet expliquant la prévision d’installation
d’une base de lancement de fusées… et de satellites,
depuis ce secteur de la côte roussillonnaise. Le dimanche qui suit,
nous lisons, en page deux, de ‘L’Indépendant Dimanche’
: « Le premier satellite français sera lancé de la base
de Leucate en Roussillon ». On nous explique, ensuite, que ce lancement
est prévu pour le printemps 1965 et que le choix du site de tir est
idéal à cet endroit si l’on prend en compte «
la rotation de la Terre » ! Non… ce n’était pas
un canular, mais on est très étonné, d’abord
qu’il n’y ait pas eu plus d’écho pour cet événement
exceptionnel pour l’époque… ensuite de l’absence
de commentaire sur ce scoop et enfin… que plus rien ne fut expliqué
sur ce projet qui apparemment ne vit pas le jour ou alors dans le plus grand
secret. Mais en cas de confidentialité exceptionnelle, compréhensible
pour ce genre d’exploit technique à l’époque,
on se demande alors pourquoi l’info s’est retrouvée en
première page dans un quotidien à grand tirage. Enfin, dans
notre première partie de ce dossier, nous joignions en document la
reproduction ‘texto’ d’un article concernant la catastrophe
du Constellation. Volontairement, nous n’avions présenté
que la colonne texte. Nous présentons maintenant cette même
colonne texte, mais avec l’illustration qui le jouxtait. Nous pouvons
voir qu’il s’agit de la reproduction d’une carte de la
côte roussillonnaise et qu’un cadre noir y est accompagné
du mot « fusées » ! Il est donc admis que le projet d’un
« pas de tir spatial » était bien en cours au moment
du crash du Constellation perdu dans les montagnes de Périllos !
L’étrange
accident du Constellation
Maintenant, posons le problème de cet accident aérien nous concernant. Un Constellation est en mission d’essai. Il est habituellement affecté à des missions de sauvetages et secours en mer. Il est en perdition avec un équipage et un ‘laboratoire volant de 19 tonnes’ à la fin d’un virage incompréhensible dans sa trajectoire habituelle. L’article dans le journal précise bien que l’appareil venait de « survoler St Laurent de la Salanque et décrivait un cercle pour rejoindre la mer ». Or, si l’on regarde une carte topographique de ce secteur, St Laurent de la Salanque est situé précisément dans le rectangle « fusées » de l’article de Presse. Ajoutons que sur la carte du journal, St Laurent, pourtant dans le périmètre en question, n’est pas inscrit… on ne le voit pas… un regrettable oubli, sans doute ?
Une
inavouable mission du Constellation ?
Rappelons-nous
que ce vol ‘d’essai’ emportait à son bord quatre
militaires ayant la fonction ‘d’observateurs’, un troisième
pilote dont on peut se demander ce qu’il pouvait piloter alors que
chaque avion ne peut disposer que d’un commandant de bord et de son
co-pilote. Il en est de même pour deux exploitants radio… et
un civil curieusement affecté à la Compagnie Générale
de Transports maritimes !
Et si, tout simplement, ce Constellation s’était trouvé
en mission militaire pour une surveillance d’un site ‘secret’
et stratégique de la plus haute importance pour notre pays. Certes,
en ce cas il était impossible, pour l’Armée, de donner
le véritable but d’observation d’un site sous haute surveillance.
Peut-être était-ce là la vraie mission de cet appareil…
Cependant, si cette hypothèse devient vraisemblable, elle n’en
reste pas moins comporter des zones d’ombres. Si le rôle d’observateur
est maintenant acceptable, il n’en est pas de même pour le point
de l’accident très éloigné du site « fusées
» et de la surveillance en mer… même pour un exercice
d’essai. Le rayon de virage de l’appareil est beaucoup trop
large pour être un simple trajet habituel pour ce genre de manœuvre.
Il est donc difficile d’admettre que le survol du territoire de Périllos
soit une simple trajectoire suivie d’un accident en raison d’un
‘plafond’ trop bas… surtout pour un équipage chevronné
choisi pour ses compétences, comme nous l’avons vu dans la
première partie de notre travail.
Un
vol routinier de surveillance
Il
resterait à envisager d’autres solutions.
Une où il y aurait eu effectivement des plans de navigation destinés
à une unité aérienne de sauvetage en mer… en
raison du site stratégique implanté vers le secteur de Salse.
On note que le rectangle de limite s’achève vers le site de
la chapelle templière de St Hipolyte. Un vol de surveillance de ce
secteur n’aurait alors rien eu d’étonnant. Mais, en ce
cas, un large virage aurait cependant dû être exécuté
en direction de la mer, et non de la terre ! A moins évidemment que
ce plan de surveillance… ‘d’observation’…
ait eu une extension jusqu’aux terres oubliées de Périllos.
Si tel était le cas, on serait sans doute contents de savoir ce qu’il
y avait à surveiller, en ce secteur, qui ait un lien avec la base
de lancement de fusées ou de satellites ?
Où
il serait question d’O.V.N.I.
Une
autre hypothèse serait que le Constellation n’ait pas été
affecté à une surveillance stratégique. Sans doute,
ce pourrait être le cas car ce genre de mission fait plutôt
appel à une couverture aérienne assurée par des chasseurs
armés ou des appareils de repérage en mer, rapides et spécialisés
dans ce genre d’opération. Un Constellation pourrait tout au
plus signaler une observation nécessitant une intervention plus efficace
que la sienne… puisque le sauvetage en mer ne se fait pas depuis un
avion armé ! Il faudrait, alors, admettre que cet appareil ait bien
été en mission d’observation sur une ligne se situant…
là où il s’est abattu et qui demandait un vol à
basse altitude, malgré les risques qui, hélas, entraînèrent
la catastrophe!
Nous arrivons maintenant à une autre remarque, plus délicate,
depuis ces pages de quotidien ayant annoncé la tragédie.
C’est dans ces mêmes colonnes que nous trouvons cette fois des
informations faisant état… d’OVNI dans le ciel perpignanais.
Ces témoignages précisent qu’ils font suite à
d’autres sur la région de Limoux et Narbonne quelques jours
auparavant. Les témoignages sont faits par des personnes semblant
dignes de foi, l’une étant expert judiciaire. Le second article
est plus précis encore puisqu’il explique la façon étrange
dont se déplace l’engin non identifié et la direction
qu’il semble prendre.
On retient de ces différents articles que le phénomène
s’est surtout produit entre le lundi 7 et le lundi 14 janvier…
soit au moment de la catastrophe du Constellation dans ce secteur.
Beaucoup
d’engins non identifiés pour un secteur délimité
Bien
entendu, nous soulignons ces constats seulement pour information…
et nous nous gardons bien d’affirmer catégoriquement un lien
de cause à effet avec le crash du Constellation. Simplement nous
pouvons, à juste titre, être étonnés qu’il
y ait eu une telle ‘activité aérienne’, provisoirement
inexplicable, justement dans le périmètre de l’espace
de lancement des satellites et fusées expérimentales françaises.
Admettons plusieurs témoins signalant immédiatement aux autorités
ce qu’ils viennent de voir d’anormal dans le secteur aérien
en question. Il est certain que l’autorité met en action au
moins une vérification autorisée. S’il y a confirmation
de l’observation, une procédure plus… ‘poussée’
est actionnée à fin ‘d’interception’ ou
‘mise sous contrôle’. C’était en tous cas
la procédure il y a une trentaine d’années, donc à
peu près à l’époque de l’accident du Constellation.
Pourquoi, en ce cas, ne pas envisager un appareil de l’EARS, disponible
ou en exercice, détourné sur ordre de l’autorité
pour aller aux vérifications sur zone ? Si cette action est possible
il faudrait qu’elle se soit déroulée juste au moment
où une opération ‘ponctuelle’ était en
cours… permettant le détournement du Constellation sur les
lieux à surveiller. Le hasard ferait-il bien les choses à
ce point là ? Il est difficile de répondre à cette
remarque.
Une
effarante hypothèse
Evidemment
il reste une hypothèse, si extraordinaire, qu’elle ne peut
effectivement que se dérouler dans le périmètre de
Périllos. Ce serait celle, vraiment incroyable, d’une recrudescence
de témoignages à propos d’engins non identifiés
survolant une zone qui à l’époque est au-dessus de tous
soupçons. Il faut bien admettre que le ‘paysage’ de cette
affaire prend un autre aspect si l’on considère simultanément
:
- L’aménagement d’une base de tir spatial français
sur la côte roussillonnaise à peu de distance de Périllos.
- Le lancement programmé d’un satellite depuis ce site.
- Le lancement programmé de ‘fusées’ depuis ce
point.
- Le survol innocent d’un Constellation s’écrasant, sans
explication plausible, hors de son plan de vol… d’essai.
- Dans cet appareil un personnel spécialisé embarqué
et équipé pour… observer… on ne sait quoi.
- Le survol ‘grouillant’ durant une huitaine de jours de ces
points par de nombreux engins peu identifiables…
- Une dernière question au cas où le Constellation se soit
trouvé en mission de rendre compte d’objets volants dans son
périmètre : les observait-il, les suivait-il… ou était-il
lui-même suivi, comme dans l’affaire du 22 janvier 1971, où
un Nord 262 s’écrasait entouré d’étranges
boules lumineuses…
Tout
est bien qui finit mal
Et
après la catastrophe du Constellation, et la consternation générale,
on n’entend jamais plus parler des points de cette série d’éléments.
Il y aura simplement annulation du projet d’un site de lancement spatial
français. Nos satellites et fusées partiront d’autres
sites et les Constellations suivront un autre plan de vol.
Toute une effervescence particulière, ponctuelle dans le Temps et
l’Espace, se terminera dans le silence qui entoure habituellement
ce genre d’affaire, hélas pas si rare qu’on peut le souhaiter…
Sur tout ça, le silence pudique, ou gêné, couleur de
poussière du temps, s’étendra comme l’oubli sur
la mémoire d’une poignée d’hommes morts en service…
sans doute bien commandé.
Nous trouverons aussi, peut-être, que ce fut une providence que le
village de Périllos soit inhabité… car il s’en
fallut de peu que le Constellation ne s’écrase sur ce petit
hameau oublié… une chance ? un autre hasard ? la providence
?
L’ombre
de monsieur André Malraux pour une… autre histoire?
Dommage
que monsieur André Malraux ne soit plus à ce moment un homme
de plume… Il aurait peut-être écrit un autre roman, une
fiction, sur une série d’événements où
se seraient enchevêtrés faits, personnages, lieux et noms pour
le moins pas si inhabituels que ça… Heureusement, sans doute
par hasard, Monsieur André Malraux, au moment des faits, était
un haut fonctionnaire d’un ministère culturel qui s’intéressa,
avec tellement moins d’ambiguïté, à Gisors, un
dossier ‘Lazard’ et… Salse !
A présent nous sommes loin des Lockheed L-049 et de leurs formidables
quatre moteurs en étoile Wright Cyclone R-3350 de 2 200 ch. Nos bases
spatiales de fusées et satellites sont loin de notre pays…
et si parfois quelques lueurs surgissent dans le ciel de Périllos,
ce ne sont que celles, nocturnes, du radar, au-dessus de tous soupçons,
de Météo France… et rien d’autre !
Même si quelques personnes nous font état de ‘boules
éclairées’ posées, aux dernières heures
de la nuit, près du village abandonné… plus personne
n’en prendra note… Plus personne, même si ces témoins
du matin sont d’honorables fonctionnaires des services de sécurité
de notre territoire !
Il n’y a décidément plus rien à voir sur ce secteur
oublié. Plus rien à voir sauf, peut-être, le premier
mai, quelques personnes à l’affût d’un témoignage,
une sorte d’accusé-réception arrivé d’un
futur vieux de 50.000 ans grâce justement au lancement d’un
satellite dont monsieur André Malraux n’aurait, certes, pas
décrié le nom… d’un satellite lancé d’une
autre base que celle oubliée, elle aussi, entre Leucate et Perpignan…
Quelle ironie !
Mais au fait… que sont devenues les installations réalisées
alors, dans les années soixante, pour ce site de lancement vers l’espace
? Ces vestiges sont-ils… ‘d’une autre époque oubliée’,
ou s’inscriront-ils bientôt, si ça ne l’est pas
déjà, dans… ‘une autre histoire’, peut-être
pas si ‘autre’ qu’elle ne le paraît ?
A suivre, et pourquoi pas ?




