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Société Périllos ©

La pierre de Coumesourde
(1ère partie) - Où il serait question d’une dalle… oui, mais laquelle ?

 

Là où l’Histoire se tait, les pierres parlent, dit un proverbe
cher aux archéologues.
G. de Sède (Le Trésor Maudit de Rennes-le-Château)

La longue mémoire de la pierre…

Que serait l’affaire de Rennes-le-Château sans cette mosaïque d’éléments de toutes sortes souvent aussi vite désignés que vite disparus ? Elle ne serait certainement pas aussi fascinante qu’elle ne l’est… Cependant, on peut se demander si ces disparitions sont toujours le fruit d’une méconnaissance ou d’une inflexible volonté à effacer ce qui pourrait conduire le chercheur perspicace à bon terme. Cette fresque formidable, plongeant ses premières racines dans les siècles lointains, fait appel à des acteurs pas forcément toujours humains : témoins manuscrits, lieux, faits… ou enclavés dans la mémoire la plus solide : la pierre. Cette dernière nous offre tant de villes, villages, hameaux, moulins, fermes, cimetières, églises, cathédrales, basiliques, calvaires, grottes, et tant d’autres que nous oublions, qui persistent jusqu’au moment où la main de l’homme efface, abîme ou modifie à jamais. Et c’est ainsi qu’au fil des découvertes surgit parfois un élément gravé de mémoire qui, aussitôt réapparu, est détruit, emporté, en masquant toutes chances d’en retrouver le vrai message… par quelques irresponsables ou… responsables oubliés.

L’arrivée de la « dalle de Coumesourde »

Dans le registre des pierres gravées, il en est deux qui sont le plus souvent indissociables, sans que la raison en soit clairement établie, jusqu’au point de ne pas savoir ou l’une finit ni où l’autre commence. Il s’agit de la dalle verticale de la tombe de la dame d’Hautpoul et d’une autre du nom de « dalle de Coumesourde ». Il est possible que leur analogie provienne déjà du fait qu’on les identifie sous le même mot « dalle », alors que rien ne prouve que ce soit mérité. Certes, en ce qui concerne la stèle, la dénomination peut s’accepter car il s’agit d’un monolithe séparé et taillé puis gravé d’un texte. Pour la seconde, en vérité, rien n’est prouvé du tout. Comme nous allons le voir, dès son apparition, elle est entourée d’un flou d’incertitudes qui va s’accentuant au fil des reprises de l’élément de base. En effet, depuis ce dernier, chaque nouvel auteur y va de sa version, sans d’ailleurs le moindre risque puisque, dès le début, nous ne disposons que d’un même croquis de base. Celui-ci sera légèrement modifié au fil des ouvrages, et dossiers sur quelques sites, sans apporter la plus petite preuve de son existence même. Certes, il n’est pas question, ici, de mettre en doute la bonne foi de ceux qui écrirent sur ce sujet mais simplement de nous demander pourquoi jamais personne ne put donner une preuve tangible de l’existence de cette fameuse « dalle de Coumesourde ».

Un peu de topographie ne saurait nuire

Tout d’abord, regardons où se trouve le lieudit « Coumesourde ». A notre grande surprise, cet endroit n’existe pas sous cette orthographe, mais sous celle de « Coume Sourde », en deux mots. Or, cette pierre est plus souvent indiquée comme « Coumesourde » que « Coume Sourde ». Sous cette dernière appellation, la carte I.G.N. ‘Quillan’ au 1/25000° nous donne deux lieux précis, pas un de plus.
Le premier se trouve sur le passage du chemin carrossable reliant les deux Rennes, bien connu des chercheurs pour conduire à proximité de lieux reconnus dans l’affaire de Rennes-le-Château : La Valdieu, La Maurine, d’autres hameaux et divers lieux mégalithiques réputés contenir de nombreux indices… tous plus attrayants les uns que les autres. Le site de Coume Sourde en question se compose de quelques constructions ayant sans doute formé une très ancienne exploitation agricole locale.
Le second site, un peu plus bas en altitude, est celui d’un ru qui naît précisément au-dessus du hameau en question.

… Et un peu d’orthographe non plus

Robert Charroux

Jusque là, rien de bien extraordinaire ou d’anormal. Cependant, nous sommes un peu étonnés que, le plus souvent, l’orthographe utilisée pour désigner cet élément ne soit pas en accord avec celle des cartes locales pourtant bien lisibles et faciles à se procurer. Notons que le Rapport concernant E. Cros donne le nom en un seul mot… Robert Charroux également… Seul P. Jarnac n’emboîte pas le pas dans ce sens… évidemment G. de Sède en fera de même. Peut-on croire que tous ces messieurs ne se soient pas penchés une seule fois sur une carte de la région ?... Cet infime détail voudrait-il insinuer que personne ne lit les cartes ‘d’état-major’ ni leurs inscriptions… ou que l’écriture sous une autre forme signifie que nous ne sommes pas sur le bon secteur désigné à tous. Au demeurant, avant d’aller plus avant dans nos raisonnements, disons que personne jusque là n’a pu montrer une photographie de cette prétendue ‘dalle’ mystérieuse en provenance directe de ces deux lieux. Certes, le manque d’éléments probants ne veut rien dire de définitif mais on sait que l’endroit, pas vraiment très étendu, a été quadrillé par des centaines de chercheurs dont certains chevronnés… sans le moindre résultat. Devant ces échecs aussi cuisants que répétitifs, on a prudemment émis l’hypothèse de secours que la fameuse dalle était en vérité une ‘pierre’ amovible… prétendue retrouvée chez un médecin parisien ! Et comme ça, tout le monde peut dormir tranquille car on peut, la tête haute, dire que cette dalle n’est plus là où elle était.
Ensuite, nous observons que le nom signifierait une sorte de ‘combe… sourde’. Sourde, en l’occurrence, pourrait signifier en vieux français ‘discrète’, peu visible, peu connue, sombre, du moins dans un sens général. Quand on connaît l’endroit, il faut admettre qu’il n’a ni de quoi nous inquiéter ni rien de sombre au sens mystérieux… à moins, évidemment, que cette appellation ait été motivée par un événement qui doit rester dans la pénombre !?

A la recherche des 5 éléments

A présent, essayons de retrouver les documents et ouvrages présentant cette pierre. A cet effet, nous choisirons les plus importants, ou du moins les plus anciens, car ensuite, les reprises se feront pratiquement chaque fois sur deux mêmes données, celles de Robert Charroux et Gérard de Sède. Sur ces quatre modèles, les variables concerneront les dispositions de lettres et signes représentés sur le recto de la roche. Une autre différence sera retenue et prendra toute son importance au moment de définir s’il s’agit d’une ‘dalle’ ou… d’une ‘pierre’.

Premier élément selon Ernest Cros

Tout d’abord, nous trouvons une sorte de petit dossier de quelques pages attribué à un certain Ernest Cros qui serait le premier à mentionner ce qui est alors considéré comme une curiosité locale. Nous éviterons d’entrer dans la polémique sur ce personnage et son appartenance ou non à la Franc-Maçonnerie, ce qui pour l’instant n’a rien à faire ici.
Le texte mécanographié est repris dans l’ouvrage ‘Les Archives du trésor de Rennes-le-Château’, aux éditions Bélisane (1988) et maintenant contesté semble-t-il pour être vraiment le document original. On connaît bien ce refrain, si cher à certains détracteurs systématiques de découvertes… hormis les leurs !
Ce serait donc aux environs de 1928 que cette découverte aurait été faite par E. Cros, amateur d’antiquités et de vestiges du passé. S’il est vrai que l’homme se montre un chercheur hors pair, le petit rapport le situe également comme intéressé par le décryptage des inscriptions sur cette roche… Evidemment, le sens de ce décodage ira dans le droit fil d’un dépôt ‘trésoraire’ indiqué par le rébus gravé ici. Le problème est que ce compte rendu de découverte, et son déchiffrage, est proposé par quelqu’un d’autre en ces termes : « Mr. CROS supposait que l’auteur de l’inscription… ». Il est donc difficile de considérer cet écrit comme de la main même de ‘l’inventeur’ de la remise à jour. A partir de ce point, on peut craindre, sinon une falsification du document, et surtout du croquis, au moins une erreur au moment de recopier ces derniers… encore que pour nous, le résultat, s’il est faussé, apporte les mêmes conséquences.
Dans un premier temps, nous dirons, sans craindre de trop nous tromper, qu’Ernest Cros est le premier à avoir signalé « une découverte » sous la forme d’une inscription au début du XXe siècle.

Le second élément selon Jacques Cholet

Il faut ensuite attendre 1967 pour que des informations soient retrouvées sur le fameux prétendu « rapport Cholet » qui forme un mélange d’éléments concernant Rennes et l’auteur du document qui aurait échappé, comme il le décrit, à une tentative de meurtre maquillé en banal accident, à la sortie de l’église de Rennes très curieusement.

Aux pages 6 et 7 du document, on trouve une très brève description d’une gravure, dont le nom ‘Coume Sourde’ n’est pas prononcé, mais que nous reconnaissons pourtant facilement.

Le troisième élément selon Robert Charroux

Vient ensuite l’incontournable Robert Charroux qui, dans son « Trésors du monde », édition FAYARD - 1972, nous offre sa version des faits. Cette édition est très recherchée puisque nommée ‘introuvable’. Ce qui est très curieux dans cette édition, c’est qu’elle serait la reprise, augmentée, du premier ouvrage de 1962, sous le même titre et même éditeur. Or, dans le premier livre, il est bien question d’un chapitre intitulé « le trésor de Rennes-le-Château. Rhedea. Le berger Paris. Les rouleaux de l’autel wisigoth. Travail occulte dans le cimetière. Un curé mécène. Béranger meurt avec son secret. ». Cependant, à bien lire et relire, il n’y a pas un seul mot sur cette pierre… et tout au plus deux ou trois lignes sur la tombe de la dame d’Hautpoul…
Par contre, dans la réédition, l’affaire est plus longuement développée, accordant cette fois un large passage à « la dalle de Coumesourde » bien détaillée et commentée. On peut, à juste titre, se demander comment cet écrivain put, entre 1962 et 1972, tout à coup argumenter en direction de cette dalle ? Et bien, la réponse viendra probablement du troisième écrit qui sera le dernier à frapper les imaginations et que nous verrons plus loin.
En attendant, Robert Charroux développe pour la première fois une hypothèse qu’il présente comme le fruit d’une méticuleuse enquête personnelle. On y apprend tout d’abord que le trésor de Rennes est dans la citadelle du roi et appartient aux Templiers. La manière d’accéder aux richesses serait lisible depuis deux clés disposées pour l’une sur la stèle de la dame d’Hautpoul et la seconde sur la fameuse dalle de Coumesourde qui commence à prendre son envol dans l’affaire de Rennes-le-Château. Le précieux dépôt serait réparti en deux lieux bien distincts et désignés comme « au Bézu » et « au Val-Dieu ». Bien entendu, pour lire le rébus, il faut arriver jusqu’à la pierre et l’auteur nous donne évidemment la solution, en toute simplicité… Elle est précisément dans un creux de rocher, lui-même signalé par « une flèche et une croix pattée » ! Une fois la pierre trouvée, il suffit de reproduire le tracé des lignes sur une carte actuelle du secteur concerné pour faire main basse sur un inestimable magot !... Evidemment, il suffisait d’y penser! Bien entendu, dans tout ça, nous avons la sensation d’être pris pour des simples d’esprit. Pourtant, à mieux y réfléchir, cette sensation est peut-être une sorte de pare - feu dont le but est de décourager le tout venant, et laisser place à quelques réflexions que nous nous ferons plus loin, une fois cette sensation effacée. Nous noterons que déjà le tracé des lettres et signes gravés n’est plus du tout le même que celui du relevé d’Ernest Cros…

Le quatrième élément selon Gérard de Sède

En attendant, nous voici, comme convenu, au quatrième écrit majeur sur ce sujet. Evidemment, il s’agit de l’ouvrage de Gérard de Sède « L’or de Rennes », publié en 1967 aux éditions JUILLARD. Il n’y aura pas d’effet de surprise avec cette parution car nous attendions bien au fil de ces pages que le chapitre Coumesourde s’ouvre… Il s’ouvre en effet, mais en seulement quelques lignes laconiques, et le seul élément intéressant qu’il contienne est une représentation des gravures de cette ‘dalle’ qui, cette fois, a un serti périphérique… En échange, pour la troisième fois, nous avons droit à un tracé différent des gravures du rébus… Ca commence à faire beaucoup pour des personnages se basant tous sur un même modèle ! Mais notre surprise est encore plus grande en lisant le commentaire sous les deux croquis :

« Fig 3. – La dalle de Coumesourde
(relevé d’Ernest Cros) »

Cette fois notre perplexité est à son comble car cette ‘légende’ propose un relevé qui n’est plus conforme à l’original donné par le texte présenté et illustré par E. Cros lui-même. L’un des deux est faux, oui… mais lequel ?

Le cinquième élément selon PUMAZ

Enfin, pour le dernier commentaire que nous choisissons est extrait du Rapport PUMAZ, daté de 1977. Celui-ci, dont nous proposons une copie complète, reprend curieusement le même faux croquis de G. de Sède. Cependant, cette fois c’est le plateau du Lauzet qui est donné comme point de gisement de la pierre.

Copies et reprises

D’autres ouvrages reproduiront cet étrange témoignage. Les auteurs oscilleront entre les deux modèles de Gérard de Sède et le croquis du relevé prétendu d’E. Cros… Aucun ne reprendra celui que nous propose Robert Charroux, ce dernier dessin n’étant sans doute pas jugé assez… spectaculaire. Certains ne semblant pas pouvoir se décider reproduiront tout simplement les deux propositions, comme par exemple André Salaün…
On verra aussi sur un site la photographie d’une pierre « dite de Coume-Sourde » qui aurait été trouvée en 1970 près de la Valdieu… Celle-ci reposerait à présent chez une avocate dans la région parisienne. Le problème, ici, est que la base est visiblement plus longue que la hauteur, alors que la seule information disponible sur les dimensions, à notre connaissance (1929), en assure le contraire ! De plus, tous les croquis différents sont au moins d’accord sur ce principe d’une hauteur plus importante que la base. En tous cas, pour ce qu’on voit sur le cliché, les lignes ont bien supporté les outrages du temps depuis le XIIIe siècle…

Description possible de l’élément

Après cette rapide petite galerie des commentaires et tracés possibles, il nous faut survoler les interprétations disponibles et, à cet effet, nous donnons celle proposée par Robert Charroux puisque d’autres sites ne se gênent pas pour le faire.

Interprétation :
PS : pars ; REDDIS : à Rennes ; REGIS : du roi. CELLIS : dans les caves. ARCIS : de la citadelle (autre sens possible). PRAE-CVM : des Hérauts (abrégé de "prae-convm" ; hérauts du Christ, une des désignations des Templiers aux XIII. et XIVe siècles). D'où : « A Rennes, un trésor est caché dans les caves de la citadelle du Roi. Ce trésor appartenait aux Templiers".
Autre interprétation :
PS : propriété.
Regis : du roi.
Reddis : à Rennes. Arcis : de Blanchefort (Blanca fortax, arcis).
Cellis : dans les caves (ou cryptes).
Praecum : venant des Templiers.

LA PIERRE DE COUMESOURDE

D'après une tradition tenace, et peut-être sans fondement, la pierre tombale ne donnerait que la première clé de l'énigme du trésor.
La seconde clé serait gravée sur la dalle de Coumesourde qu'Ernest Cros découvrit en 1928, près de Rennes-le-Château, vers le sommet de la cote 532 de la carte de l'état-major.
Depuis le XIIIe siècle, les familles de Voisins, de Marquesave, d'Hautpoul et de Fleury détinrent, par legs successifs, le secret de l'emplacement d'une ou de plusieurs caches de trésors constitués pendant les troubles de la Révolution.
Une chronique assure qu'en 1789, avant d'émigrer, les comtes de Fleury gravèrent "les indications énigmatiques du secret sur la dalle tombale de la dame de Blanchefort et aussi sur la pierre de Coumesourde".
L'un des trésors revenait de droit au roi (affaire des Infants de Castille, petit-fils de saint Louis).
Un autre venait des Templiers (affaire des grandes familles du Roussillon appartenant au parti Majorquin), et les nobles ci-dessus mentionnés le considéraient comme leur bien depuis la disparition de l'Ordre.
Ce trésor, réparti en deux caches, était enterré ou emmuré au XIVe siècle sur les terres de ces familles :
- Au Bézu, au nord-est de Rennes.
- Au Val-Dieu, au sud-est du bourg, au Casteillas ou dans le ruisseau de Couleurs.
La pierre de Coumesourde était dissimulée dans une anfractuosité de rocher et signalée très discrètement par une flèche et une croix pattée, gravées en creux dans la roche (Comme pour le trésor des chartreux de Villeneuve - les - Avignon).

Voici le libellé et l'interprétation qu'en fit M. Gros, compte tenu des mots effacés ou illisibles :
SAE : la Sauzée (Sauzils) ; SIS : les Roches ;+ : croix pattée des Templiers ; IN MEDIO LI LINEA : la bissectrice de l'angle SAE + SIS ; UBI M SECAT = là où elle coupe le plus grand côté du triangle ; LINEA PARVA (sous-entendu : ubi M secat) : là où le côté le plus petit coupe le plus grand; PS PRAECVM : une partie du trésor des Templiers ; + = croix des Templiers, désigne les Tiplies ou le roc du Bézu où cette croix gravée était encore visible en décembre 1958, (le même signe existait aussi en 1958 sur un rocher de Val-Dieu).
On pourrait donc théoriquement situer le trésor en construisant sur une carte d'état-major, les figures géométriques indiquées par Ernest Cros.
L'inscription aurait été tracée par un membre de la famille d'Hautpoul-Fleury, avant l'émigration.
Mais deux difficultés majeures se présentent :
- le texte de la dalle de la comtesse de Blanchefort, irrémédiablement détruit, n'est reconstitué que de mémoire.
- dans ce que l'on possède du texte de Coumesourde, il manque des mots entiers, et la position des caractères gravés - extrêmement importante - est très approximative.
La tâche des chercheurs de trésors est donc de retrouver le texte intégral.
M. Ernest Cros qui était un disciple johannite (secte chrétienne orientale agréée par les grands baillis du Temple) fit porter la pierre de Coumesourde à Paris, soit dans sa famille, soit plus probablement, pense-t-on, au siège d'une société secrète.
Depuis cette époque (1945-1946) la pierre est introuvable.

Si on en croit le texte reproduit par P. Jarnac, qu’il déclare comme ancien et intéressant, il y aurait d’autres tracés possibles pour décrypter le message de pierre. Le premier ferait appel aux lieudits ‘Sauzet’ et ‘Ramounichou’ (encore que cette orthographe nous semble douteuse). Un autre prend les lieux ‘Le roc du Bezu’ ou des ‘Tipli’. Ces tracés seraient l’œuvre rapide et maladroite réalisée par un membre de la famille Hautpoul Fleury avant de partir pour l’exil.
En fin de compte, le chercheur n’est guère plus avancé car si ces informations s’étaient avérées exactes, il y a longtemps que ce problème aurait été réglé et rapporté par la rumeur habituelle. Cependant, nombreux sont ceux qui arpentèrent les secteurs de Coume - Sourde et du ru du même nom… sans le moindre indice valable.

Petite galerie de l’élément selon les auteurs

Nous allons à présent reprendre les principales représentations disponibles, au nombre de quatre, afin d’y relever quelques observations qu’à notre connaissance personne ne crut utile de soulever.

Selon Ernest Cros

Nous avons le premier relevé, prétendu celui d’Ernest Cros, vers 1928. Ce serait le plus ancien jusqu’à nouvel ordre, donc le plus fidèle.


Si on regarde ce tracé attentivement, nous voyons un ensemble de mots, lettres et signes répartis dans le périmètre d’un triangle équilatéral (trois côtés égaux). Les deux croix tracées sont filiformes et pattées à leurs quatre extrémités… et rien d’autre !

Selon Jacques Cholet

Sur le rapport, l’image est réduite à sa simple expression et cadrée dans un rectangle en hauteur.

La représentation est formée de deux droites convergeant vers un seul sommet. Une croix pattée filiforme, quatre mots en latin et deux groupes de lettres en sont les compléments.

Selon Gérard de Sède

Ensuite, nous trouvons le croquis proposé par Gérard de Sède et qui est le plus souvent repris au fil des auteurs en mal d’inscriptions sur la fameuse pierre.

Ici, le triangle n’est plus équilatéral et les deux côtés descendants sont plus longs. Les inscriptions sont identiques au premier relevé jusque dans leur disposition. Les croix sont ici radicalement pattées en serti gras. Cependant, à part cette différence de tracés des croix, on note une nouveauté dans cette version. En effet, cette fois l’ensemble du triangle et de ses lettres et signes… est inscrit dans une forme voulant radicalement suggérer le contour d’une sorte de pierre.

Selon Robert Charroux

Enfin, nous observons la dernière version, généralement jamais présentée, qui serait celle de Robert Charroux. Là, tout est ambigu car nous avons un tracé pouvant s’adresser aussi bien à la stèle funéraire de la dame d’Hautpoul, qu’à la dalle de Coumesourde… Le flou semble entretenu par des mots latins réputés gravés sur la dalle de cette tombe du cimetière de Rennes-le-Château, souvent présentée mais jamais prouvée. Cet ensemble bien connu -REDDIS REGIS CELLIS ARCIS- ici surmonte le tracé contenu dans le triangle de la pierre de Coume - Sourde… avec ses deux croix filiformes à bouts pattés. Ici, en plus, il manque le haut horizontal du triangle. Cependant, nous ferons deux réflexions supplémentaires sur ce dessin. La première ne fait pas appel à un tracé illustrant ‘une pierre’ et pourrait, de fait, s’adresser à la tombe de la dame d’Hautpoul. Quant à la seconde remarque, elle se situe au niveau du texte reproduisant cette fois le dessin de Coume - Sourde.

Relisons attentivement ce morceau de texte :
SAE : la Sauzée (Sauzils) ; SIS : les Roches ;+ : croix pattée des Templiers ; IN MEDIO LI LINEA : la bissectrice de l'angle SAE + SIS ; UBI M SECAT = là où elle coupe le plus grand côté du triangle ; LINEA PARVA (sous-entendu : ubi M secat) : là où le côté le plus petit coupe le plus grand; PS PRAECVM : une partie du trésor des Templiers ; + = croix des Templiers, désigne les Tiplies ou le roc du Bézu où cette croix gravée était encore visible en décembre 1958, (le même signe existait aussi en 1958 sur un rocher de Val-Dieu).
On y trouve trois croix… alors qu’à bien regarder TOUS les dessins, il n’y a que deux croix seulement… y compris sur le croquis ambigu de ce même auteur !

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André Douzet