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La
pierre de Coumesourde (2ème partie) - Où il ne serait plus question que d’une dalle… |
Une
dalle pour tous et tous pour une dalle
Ces
comparaisons montrent en tous cas que les quatre grands tracés ne
sont pas d’accord sur cette pierre. Et c’en est d’autant
plus étrange que, soit on reprend un modèle ancien -celui
de Cros- et on ne déroge plus car la reproduction est facile…
soit on dispose d’un autre modèle et on peut être surpris
que rien n’en fasse mention. A ce jour, on en est à ce stade
d’un laissé pour compte général des plus surprenants.
Alors, une fois encore, nous continuons seuls nos remarques. En effet, ces
tracés nous montrent (Cros et Charroux) un relevé sans tracé
périmètre alors que G. de Sède (en forme vague de dalle)
et J. Cholet (rectangulaire) nous en montrent un disposant de ce trait.
Cette remarque pourrait sembler ne rien vouloir souligner d’autre
qu’un oubli au moment du relevé, et ce serait tout. L’ennui
ici est qu’une autre remarque va suivre dans la foulée. Elle
concerne la présentation de de Sède qui, non seulement est
le seul à nous imposer le tracé périphérique
d’une dalle, mais ajoute, en plus, un verso à celle-ci, crédibilisant
cette suggestion. Ajoutons d’abord qu’Ernest Cros, à
aucun moment, ne mentionne d’autres gravures au verso… alors
qu’il est le seul à pouvoir prétendre l’avoir
vu !!! A ceci, nous ajoutons que ce dernier, selon le rapport présenté
par P. Jarnac, ne fait jamais état d’une dalle détachée,
sauf au moment de la troisième solution « autre interprétation
: la dalle serait une borne limite de propriété seigneuriale
»… Et, certes, une borne de limite peut avoir la forme d’une
dalle. Cependant, l’auteur renchérit aussitôt en nous
disant que c’est impossible, « opinion assez difficile à
soutenir, étant donné le texte et la présence des mots
‘PS PRAECVM’ », ce qui nous renvoie donc à l’impossibilité
d’une dalle telle que tous l’ont conçue depuis certaines
dérives.
Mais alors, pourquoi Gérard de Sède présente-t-il un
modèle différent qui risque d’être mis à
mal en cas de découverte d’une autre réalité
? Nous disons bien « qui risque » puisque jusque là personne
ne souligne ces différences étranges, et tous de se gaver
de cette version devenue… véritable !
L’ombre
du Prieuré sur une dalle ?
A propos de Gérard
de Sède, ajoutons qu’il faut attendre l’intervention
de Jean-Luc Chaumeil qui, dans ses écrits, démontrerait que
la version de cet écrivain aurait eu pour but de prouver un lien
avec le Prieuré de Sion. A ceci, nous ajoutons que « Coume-Sourde
» n’apparaît à aucun moment dans les documents
‘plantardisant’ ou prétendu ‘Dossiers secrets’
de ce Prieuré. La raison peut en être la méconnaissance,
et le problème est réglé… ou alors il y a connaissance
mais volonté de ne rien en dire, et là la perspective devient
très attractive. Ce serait en raison de cette insistance, un peu
trop accentuée, que cette hypothèse aurait été
abandonnée par de nombreux chercheurs. Certains iront même
jusqu’à parfois vouloir démontrer que le travail d’Ernest
Cros aurait été frappé sur la machine à écrire
de… Noël Corbu, en 1959! Mais là on se trouve sans doute
face au travail de sape coutumier en la matière.
Ainsi, pour toutes ces raisons d’obscurité, la ‘pierre
de Coume-Sourde’ aurait été oubliée et passée
aux oubliettes de Rennes-le-Château.
Monsieur
l’ingénieur et les premiers éléments secrets
Pour
nous, cette pierre a bel et bien existé, et nous verrons pourquoi
plus loin. En attendant, nous pouvons dire aussi qu’Ernest Cros, s’il
trouva vraiment ce vestige, pouvait en faire un tracé fiable, contrairement
aux auteurs qui s’y attaquèrent. En effet, Cros a été
élève de l’Ecole Polytechnique et finit sa carrière
ingénieur principal aux chemins de fer de l’Etat. Intéressé
par la cartographie, l’archéologie, l’Histoire, il ne
pouvait que faire un relevé fidèle du vestige qu’il
venait de découvrir. De fait, on peut pratiquement affirmer que si
ce personnage n’a fait que rapporter un tracé de traits, mots
et signes et pas de serti périphérique… c’est
tout simplement que cet ensemble d’inscriptions n’était
pas sur une dalle déterminée par un bord ! Peut-être
cet ingénieur s’est-il trouvé face à une gravure
réalisée sur… une roche native trop grande pour être
dessinée… un pan de falaise, la partie lissée d’une
anfractuosité, un énorme rocher par exemple. On ne peut en
dire autant, concernant ces qualités, pour tous ceux qui prétendent
un autre relevé du sujet. Toujours est-il que force est de reconnaître
que personne jamais n’a pu apporter un croquis original de cette pierre
et qu’on ne sait pas d’où d’autre auteurs (de Sède,
Charroux et autres) sortent leurs informations, comme si personne n’avait
jamais vraiment vu le relevé de Cros!
On peut donc, à ce stade, dire que rien ne permet de crédibiliser
la version d’une « dalle » d’abord trouvée
« sous un chêne vert » et ensuite recachée
- par qui ? pourquoi ? sur quelle impulsion? - dans une anfractuosité
de rocher marqué, évidemment, d’une croix templière…
Tant qu’à faire, autant frapper fort l’imaginaire des
lecteurs. Mais, si tel était ce chemin de cache-cache, il faudrait
alors imaginer que le premier lieu étant mis à jour, un nouvel
indice devenait indispensable pour que les ‘héritiers’
retrouvent le second afin de faire ‘ce que doit’… en prenant
le risque d’éventer un peu plus l’énigme à
résoudre. Si les ‘successeurs’ s’étaient
présentés dans la région, donc les légitimes
possesseurs de secret ou leurs ayants droit, cela se serait forcément
su dans l’étroit paysage aristocratique local. Or il n’en
a rien été.
Les
clés de Paul-Vincent de Fleury
Ensuite,
si on en croit d’autres chercheurs prétendant avoir trouvé
la clé du message de la pierre, il y a plusieurs réalités
à prendre en compte. D’abord, nous les remercions d’avoir
eu la générosité, après avoir découvert
le mode d’accès au trésor, d’en faire bénéficier
tous leurs lecteurs… sans en priorité ‘s’y être
allé servir abondamment’… Nous saluons ici cette marque
d’altruisme ! Pour rester plus sérieux, mais en restant encore
dans le domaine des incohérences, on nous sert des tracés
sur cartes I.G.N. ou autres, sans prendre en compte qu’à l’époque
où ce rébus est lancé dans le temps, ces cartes n’existent
pas et qu’on ne dispose alors que de celles de Cassini, peu accessibles
au commun, convenons-en. Cependant, si ce message est fait au XVIIIe siècle
par un seigneur, le marquis Paul-Vincent de Fleury, il est tout à
fait jouable qu’il ait eu ces cartes à sa disposition. En ce
cas, le problème serait des plus simples si le cryptage n’était
que topographique… pour un érudit évidemment. Et Ernest
Cros, avec ses compétences, l’aurait résolu sans grandes
difficultés. Or, sauf information de dernière minute, l’ingénieur
qu’il était n’en est pas venu à bout… et
personne non plus à cette heure. Dans la logique d’une lecture
depuis une triangulation géographique, on peut aussi se demander
pourquoi présenter trois points d’où en découle
un quatrième étant le but final. Si le cryptage est ouvert,
il n’y a pas de nécessité de mettre trois points dévoilés
qui en quelques secondes donnent le sanctuaire… Le codage de ce dernier
serait plus direct tout en restant plus énigmatique en raison du
fait qu’un seul point présente bien plus de complication qu’un
triangle offrant quasiment toujours la clé en son centre. Pour nous,
le message serait plutôt le moyen de transport d’une information
que la description d’un point ponctuel abritant un fabuleux trésor.
D’ailleurs, une fois de plus, tous ceux qui se risquèrent sur
la piste ‘triangulation’ sont tous revenus « gros Jean
comme devant » !
Retour
à la case ‘trois points’
Il
nous reste à voir le délicat problème d’un Ernest
Cros, ‘Frère trois points’… Très curieusement,
M. Vallet tente de démontrer qu’il n’en serait rien,
sur le témoignage des parents du personnage (même chapitre
que la dalle de Coume-Sourde). Il est dommage qu’il ne soit pas fait
allusion à cette liste établie par Vichy qui indexe précisément
les Francs-maçons et sur laquelle il apparaît. Mais ce doit
être sans doute un malchanceux homonyme, n’en doutons pas !
En tous cas, il est bien dommage que monsieur Cros ne soit pas un TCF car
nous aurions pu aussi souligner que le tracé de la pierre se résumait
à… trois points qui en désignent un autre en forme de
« maître inconnu ». Que le support de ce schéma
de principe est tracé en « tableau » sur une pierre brute,
devenue travaillée mais non finie. Et dans ce cas, nous disons bien
une pierre et non une dalle ! Ensuite, dans cet ordre de chose, nous aurions
même pu dire que le tracé a quelque chose d’un « tablier
maçonnique triangulaire (comme l’avaient alors certaines loges
primitives… en position de « bavette baissée ».
Mais bien entendu, tout ceci ne peut être à retenir sérieusement
comme indice de la vision de Cros qui nous aurait laissés ‘apprentis’
face à ce petit mystère.
Les
dangereux secrets de l’affaire en exil vers l’Espagne ?
Il
resterait à dire que si l’on en croit la ‘légende’,
la pierre aurait été enterrée et ne pouvait, de ce
fait, délivrer son contenu à quiconque la verrait. En échange,
elle semblait destinée seulement à la personne sachant où
la retrouver et donc mandatée pour en recevoir le message. Ceci exclut
le commanditaire qui forcément dispose du secret et n’a donc
pas besoin de le retrouver, ni de le transmettre sous cette forme, du moins
de son vivant, à son successeur familial ou non.
On peut ainsi comprendre qu’elle était faite pour voyager dans
le temps et à l’intention de quelqu’un en particulier
sachant exactement où trouver le support et comment l’interpréter.
Si le mandataire y est parvenu, on se demande alors pourquoi il l’aurait
déplacée au lieu de la remettre là où elle était
bien en sécurité. Tous ces ‘relais’ suggèrent
encore une succession de ‘testaments’ présentant à
chaque fois un autre risque de fuite ou de perte. Tout ceci n’est
guère logique et bien embrouillé. La solution devait être
simple si, comme la tradition le dit, ce rébus dut être fait
dans l’urgence des convulsions d’un départ précipité
devant les menaces révolutionnaires. Toutefois, il faut, si tel était
le cas, comprendre que le dernier dépositaire du lieu et du texte
en clair, une fois son devoir de mémoire fait, s’enfuit vers
l’Espagne… pour ne pas en revenir, comme le regretté
abbé Bigou. Pourquoi alors ne pas supposer que, comme cet abbé
rongé par l’écroulement de tout son monde, l’aristocratique
détenteur ne se soit pas confié, à ses derniers instants,
à quelques religieux l’assistant dans cette épreuve
?... ou mieux encore, à l’image de l’abbé Bigou,
se soit soulagé avant la mort de son savoir à quelques ultimes
notes ? Et pourquoi tous ces riches fuyards, en exil dans la même
région, n’aurait il pas laissé ces ‘confessions’
à une congrégation des plus religieuses… ayant fait
sien le devoir de conserver pieusement ces témoins d’un secret,
précisément lié à la religion, ou pire encore
à notre Très Sainte Mère l’Eglise... que ce soit
un fabuleux trésor ou un inestimable, mais redoutable, secret ?
Scénario
pour l’intervention de la Franc - Maçonnerie
Ce
scénario n’est en fin de compte pas si déplacé
que ça puisque les derniers écrits de Bigou sont restés
jusqu’au XXe siècle propriété d’une société
religieuse espagnole, détentrice du passé de la congrégation
de l’époque. En ce cas, il y aurait eu extériorisation
en direction d’un énième ‘Prieuré’,
mais espagnol cette fois, installé dans les larges environs de Gérone
précisément. Ces ‘héritiers’ d’un
nouvel âge auraient ouvert, pour une mission ponctuelle, leurs colonnes
et élargi leurs rangs en acceptant quelques frères…
‘trois points’ ou d’une appartenance très proche.
La transmission se serait faite lentement mais sûrement jusqu’aux
ramifications d’un attendu ‘nouvel Ordre’ liant dans un
même élan le savoir ‘fraternel lyonnais’ à
celui d’une fraternité catalane. Cette alliance aurait permis
une transmission sans danger jusqu’à quelques Très Chers
Frères ecclésiastiques français, comme un curé
de Rennes par exemple, et un ou d’autres civils, comme un ingénieur
en autre exemple… Afin de faciliter les tâches et réduire
les risques de fuites, on fait en sorte de les choisir amis aux yeux de
tous, puis complices et enfin associés dans une même recherche.
L’un cherche dans un sens religieux, et l’autre nettement plus…
archéologique. Tous deux reconnus dans leurs qualités respectives,
personne ne s’en serait inquiété, et ce fut sans doute
le cas !
Si ce supposé T.C.F. laïc, sur information, découvre
la pièce en question, il n’en dit rien sur l’emplacement
mais en exécute un relevé fidèle. Décédé
en 1945, Ernest Cros ne dut confier ses notes à personne car le document
n’apparaît nulle part, du moins officiellement. Il faut attendre
que surgisse l’affaire de Rennes pour qu’un premier rapport
soit enfin présenté, sans toutefois la moindre garantie d’authenticité.
Comme nous l’avons vu, le document présenté par P. Jarnac
est en effet un compte rendu qui n’est pas directement de la main
de Cros qui aurait utilisé une autre personne de conjugaison dans
le texte (la première personne du singulier par exemple). Le texte
original a normalement pu se trouver parmi les archives de l’ingénieur,
déposées à sa mort dans une de ses propriétés
à Ginoles. Ce document confidentiel finit, pourquoi pas, par être
retrouvé, sans doute lors du pillage de cette habitation, en 1960,
par un des auteurs inconnus du vandalisme… et retranscrit sous la
forme dont nous disposons grâce à M. Vallet. Ce qui prouverait
que le saccage ne fut pas innocent ou hasardeux mais bien exécuté
depuis des informations précises et justes.
L’étonnante
aventure d’Ernest Cros
Tout
pourrait en rester à ces observations et à un dernier stade
d’interrogation et suppositions sans issues. Oui… mais, il y
a une suite à cette affaire, et non des moindres ! Les éléments
présentés ci-dessus tendent à montrer que seul Ernest
Cros put voir celle que nous appelons maintenant résolument la «
Pierre de Coume-Sourde ». Promenons-nous dans le secteur des deux
Rennes, en nous enfonçant dans les sous-bois et les fourrés
hors des chemins. La progression devient très vite pénible
et il devient quasiment impossible de localiser un point sur une carte d’E.M.
sans notre moderne ‘GPS’. Ceux qui s’y essayèrent
comprendront où nous voulons en venir en sachant combien de temps
et d’efforts il faut pour trouver un point précis d’un
demi mètre carré à la verticale. Si le but recouvert
de végétaux se trouve dans une combe et des taillis, il faut
des jours, sans garantie d’y arriver. Cette expérience s’entendant
avec un outillage de progression actualisé et en ayant un point précisément
déterminé. Cette épreuve donne une idée de ce
qu’elle devait être il y a quatre-vingt-dix ans. De plus, à
ces difficultés s’en ajoute une plus décourageante encore
qui est celle de chercher un point mal ou vaguement défini…
voire pas du tout repérable ou, pire encore, sans la certitude que
le sujet y soit encore. Cette fois, nous en sommes à chercher une
aiguille dans une meule de foin, sans certitude d’être devant
la bonne meule ni que l’aiguille soit présente à notre
rendez-vous… Et bien, c’est la situation, à quelque chose
près, d’Ernest Cros au moment d’entreprendre son aventure.
Les
critères d’un pari stupide et les sources d’informations
L’état
de cette recherche qui tient d’un pari stupide n’est pas imaginable
en ce qui concerne ce… scientifique qui aurait tout d’un rationaliste
et rien d’un rêveur fiévreux ou visionnaire.
Plusieurs critères sont indispensables pour se lancer dans cette
gageure.
Le premier est le plus important de tous car de lui tous les autres vont
découler. Il s’agit de l’information indiquant quoi chercher
et sans laquelle on ignore même qu’il y a quelque chose à
retrouver.
Si le premier est franchi, il nous envoie au second qui sous-entend qu’on
puisse capter une rumeur assez insistante pour être crédible.
Bien entendu, on peut surmonter ce premier obstacle si le renseignement
se présente sous la forme d’une mission assez explicite en
la matière. Si cette solution est possible, elle nécessite
un ou plusieurs informateurs, ou une appartenance familiale ou ‘sociétaire’
en conséquence avec le but.
Supposons les premières
difficultés franchies, nous voici maintenant face à une localisation,
un cheminement datant d’au moins plus d’un siècle, si
on considère que l’origine remonte aux tumultes révolutionnaires.
Le problème s’épaissit si le dernier dépositaire
dut agir dans l’urgence et la précipitation et sans rien pouvoir
vérifier de ces indices.
A ceci s’ajoute une nature farouche qui reprend ses droits derrière
l’homme et qui s’ingénie à tout recouvrir et à
cicatriser la plaie ouverte par l’homme.
Ernest Cros, de plus, n’est pas venu ici par hasard, et n’a
pas découvert un témoin à la suite d’une bucolique
promenade champêtre, en quête de champignons, châtaignes
ou solitude poétique. Non… nous avons un personnage qui conduit
une recherche radicale avec certitude et informations jusqu’à
bonne fin comme nous le montre le compte rendu. Il lui faut donc disposer
de tous les critères ci-dessus sans la moindre hésitation.
Le fait semble certain mais soulève d’autres questions et constats.
Parmi ces derniers, nous devons reconnaître que personne, et surtout
pas E. Cros, ne daigne indiquer les sources de ce vestige qui interdit cependant,
une fois encore, le seul hasard. Derrière Cros, aucun auteur ne sera
capable de nous en dire plus que lui, et pourtant, tous se précipitent
sur l’élément surgi de nulle part. L’absence de
départ de cette piste se doublera d’un manque de légende,
tradition ou mémoire locale. Tout semble sortir du néant pour
y retourner une fois l’opération terminée… et
cela dans la plus grande indifférence générale car
seul le résultat sera retenu par tous. C’est un système
d’approche pour le moins curieux qui s’est prolongé depuis
1928 jusqu’à nos jours.
E. Cros ne pouvait avoir ses sources que depuis des héritiers, quels qu’ils fussent. Comme il ne reste pas de piste familiale, il faut bien admettre un canal d’appartenance au moins à une société ou confrérie assez discrète… dans laquelle il peut évoluer à son aise. Ceci nous rapproche sans doute de la piste espagnole encore en activité et disposant également des derniers écrits de l’abbé Bigou en exil. La mission est remplie et reste secrète jusqu’au pillage crapuleux de la bâtisse de la famille Cros à Ginoles et le vol des archives qui y reposaient. Ainsi, l’information se met à circuler d’auteur en auteur sans qu’aucun n’ait le moindre mérite de l’enquête… et les lecteurs de se contenter grandement de ce peu parfaitement médiatisé à la sauce mystère.
L’Espagne
joue et gagne
Tout,
maintenant, serait dit une fois pour toutes si certaines circonstances n’en
avaient décidé autrement. C’est ainsi que les correspondants
français du groupe espagnol, qui se révéla il y a près
de quatre ans maintenant dans le ‘carnet Bigou’, décidèrent
de lancer une seconde ‘tentative’ d’approche de la pierre
« de Coume-Sourde ». Cette honorable fraternité se lança
dans l’aventure il y a plus d’une année sur les probables
mêmes données que celles obtenues par E. Cros. Elle remit à
jour d’abord une mine dont elle donna la primeur aux colonnes de la
S.P. (voir cet article sur ce site). Ensuite, de loin en loin, nous obtenions
des informations sur la progression de cette démarche s’accomplissant
péniblement, dans la discrétion totale, sur le secteur pourtant
bien quadrillé de la Val-Dieu et ses alentours. C’est seulement
au début du printemps de 2007 que la tentative aurait abouti aux
localisation et remise à jour du vestige en question.
Mais, à notre avis, ce n’est pas encore tout en ce qui concerne
la filière espagnole. Au-delà du fait qu’elle détienne
les dernières confessions de l’abbé Bigou, des informations
sur Saunière vers Gérone et celles permettant de retrouver
l’inscription dite « de Coume-Sourde »… nous pouvons
sans doute ajouter un dernier élément peu contestable. En
effet, ce dernier élément s’est quasiment déroulé
aux yeux de tous, sous la forme du saccage d’un gourd dans le lit
du ruisseau de Couleurs. On sait que cette dévastation avait pour
but de retrouver… une autre pierre cachée au fond de cette
poche d’eau. Cette récupération a été
accomplie avec forcément le consentement de la mairie de Rennes,
ou du moins le savoir laxiste de son ancienne autorité. L’opération
s’est faite en échange d’une nouvelle cloche pour l’église
de Rennes… A ce propos, on peut toujours voir l’ancienne dans
la cour du presbytère. Si cette transaction est curieuse et discutable,
car le lit du ruisseau de Couleurs a été saccagé, il
ne nous faut pas perdre de vue qu’elle a été conduite
sous l’initiative d’un groupe espagnol mystérieux.
Décidément, l’Espagne semble de plus en plus apparaître
comme un lien précis (jamais retenu par aucun ténor) dans
l’affaire de Rennes et qui se poursuit actuellement au travers de
l’ouvrage de Patrice Chaplin. Enfin, puisque nous savons que ce groupe
espagnol ‘discret’ mit en œuvre une véritable opération
‘musclée’ pour récupérer une autre dalle
totalement inconnue, nous pouvons poser une question qui prend toute sa
place ici. En effet, ne se pourrait-il pas que cette ‘dalle’
soit celle fameuse et amovible sur laquelle auraient filtré assez
de renseignements pour l’identifier, peut-être faussement, sous
le qualificatif de… ‘Coumesourde’. En ce cas, elle pourrait
parfaitement être complémentaire de l’inscription fixe
pas très éloignée de ce lieu sans devoir ni pouvoir
en porter le nom. La fraternité espagnole ne pouvant réitérer
l’opération ‘en force’ de la première dalle
énigmatique, voulant sans doute récupérer le contenu
du message gravé sur un plat rocheux, aurait alors transmis à
deux ‘correspondants’ français assez de détails
pour qu’ils retrouvent la gravure fixe ? Devant un tel faisceau de
convergences espagnoles, peut-on, comme nos joyeux adversaires, encore négliger…
la piste de Girone dans cette affaire, sans risquer de passer à côté
de tout un pan enfin éclairé de l’énigme.
André Douzet