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| Le document Courtade |
1659
- Mazarin négocie le ‘Traité des Pyrénées’.
La monarchie française réalise enfin le vieux rêve de
Charlemagne: reporter la frontière française jusqu’aux
Pyrénées. La Province française du Roussillon est alors
administrée par l’intendance de Louis XIV. Les comtés
de Roussillon-Vallespir et de Conflent-Capcir sont donnés au roi
de France, tandis que la majeure partie des territoires catalans fait retour
à l’Espagne. Les services administratifs royaux de France font
un recensement des propriétés et biens rendant compte dès
cet instant à la justice, l’administration générale
et surtout au trésor de la couronne française.
Pour ce faire plusieurs notaires royaux organisent le répertoire
des nouveaux biens terriers et immobiliers ainsi annexés. Le notaire
royal appelé à travail, concernant les domaines limitrophes
des pays de Razès et ancien Languedoc (dont les comtés de
Durban, Feuillat, Treilles, Gléon et Caves) travailla sur les archives
d’un autre notaire royale: Bernard COURTADE. Il disposait, en effet,
déjà de plusieurs répertoires terriers attenant ces
lieux. Dans ceux-ci apparaissent les propriétés de Périllos
lié au village même, et non les annexes pyrénéennes
des héritiers éloignés.
C’est dans cette documentation que sont inscrites toutes les terres
directement attachées à ce fief et leurs droits propriétaires.
Le travail de Courtade, alors, ne concernait pas les droits de justice,
d’impôts et litiges administratifs divers. De plus il est évident
que l’essentiel des documents de propriété et actes
familiaux personnels n’étaient pas concernés par ce
recensement uniquement axé sur ce que nous appellerions aujourd’hui
les actes cadastraux. Il est extrêmement difficile, de nos jours,
de se procurer copie d’écrits originaux nobiliaires, héraldiques
et familiaux des familles seigneuriales ayant fait l’histoire de l’ancien
pays de Catalogne roussillonnaise. Ces originaux ne disparurent pas vraiment
mais furent, peu avant le rattachement à la France, emportés
et mis en sécurité en catalogne espagnole où l’on
peut encore, en cherchant bien les consulter et en retrouver une partie
encore conservée chez les descendants héritiers de cette noblesse
nostalgique et orgueilleuse. Il est à noter que les bribes d’archives
familiales des anciens secteurs catalans d’Opoul, Périllos,
Vingrau et Rivesalte (pour ne citer que ceux-ci) se trouvent entre les mains
d’anciens descendants habitant la région de SABADELL (province
de Barcelone) … secteur où, d’ailleurs, s’est exilé
le dernier curé avant la Révolution Française: l’abbé
Bigou.
Ce
qui nous intéresse plus précisément, dans le ‘registre
Courtade’, c’est une page dans laquelle se trouve un petite
paragraphe mentionnant que les terres de cet ancien comté contiennent
un lopin qui, administrativement, est intouchable, non transmissible, sur
lequel il est interdit de couper et ramasser du bois, des pierre et d’y
chasser… même pour les seigneurs de Périllos. Ce lot
ne peut pas non plus être vendu. En un mot il s’agit d’une
enclave fermée, sans accès, prise dans les terres des seigneurs
de Périllos. Ils en ont la garde forcément mais pas la gestion…
Elle ne leur appartient pas et en aucune manière ils ne peuvent y
intervenir ou s’en servir… Cette particularité administrative
peut étonner et sembler difficile à admettre. Cependant un
fait similaire se trouvait à Lyon (quai Pierre Scize): un lot régulièrement
cadastré mais n’appartenant à personne, ne pouvant ni
se vendre ni s’acheter, et à charge pour la ville de l’entretenir…
Sur les notes de Courtade une note laconique à propos de ce lopin
fait mention qu’un tombeau antique d’importance y est tenu et
ne peut être bouleversé. Le plus curieux après le rattachement
de ce territoire à la couronne de France sera que cette même
couronne respectera cette particularité insolite et… n’y
touchera pas en laissant le lieu sous les mêmes conditions que celles
de la couronne de Catalogne. A la Révolution française il
en sera autrement et les lots de terres éparpillés, vendus,
dépouillés sans autre procès. Ajoutons sur ce propos
que cette parcelle est incluse dans le secteur désigné par
la maquette dite de Bérenger Saunière.
NB:
Ces documents ne sont pas reproductibles sauf accord de leur propriétaire. |