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Société Périllos ©

… Pour ceux qui aiment Courtade

 

Le nocturne rassemblement anonyme de ceux qui aiment…

Le titre de ce nouveau chapitre peut, évidemment, paraître pour le moins insolite, car si ce besogneux notaire royal est maintenant entré, avec les honneurs dus à son rang, dans la légende de l’énigme de Périllos, il est difficile de savoir ce que les lecteurs, curieux et chercheurs peuvent éprouver pour cet homme d’un autre siècle et d’une autre société dont il était un notable.
Cet intitulé nous est venu en nous souvenant d’une émission radiophonique des années 1960, se déroulant en pleine nuit sur Europe 1 et qui s’appelait « Pour ceux qui aiment le jazz ». Animée par Frank Teno et Daniel Filipacchi elle attirait de nombreux inconditionnels noctambules d’une musique, déjà nantie de ses lettres de noblesse, mais encore un peu considérée hors norme à cette époque… Ils ne se connaissaient pas ces auditeurs et, sans doute, n’eurent-ils jamais l’opportunité de se regrouper pour échanger leur passion comme on pourrait le faire aujourd’hui grâce au net. Combien étions-nous alors à, nuitamment, monter le son du ‘transistor’ ou celui de l’antique radio de bord des transports routiers de nuit… des milliers sans doute rassemblés en anonymes autour de cette musique venue de si loin pour notre plus grand plaisir…

En est-il de même pour ce qui reste des écrits notariés de Bernard Courtade ?... Bien malin qui peut le dire. Cependant, l’intérêt est croissant, sans que vraiment nous n’y soyons pour grand-chose, dans ces courants qui s’opposent sans grands véritables remous, il faut bien le dire. Cependant, nous reconnaissons volontiers que ces ‘mémoires’ ont de quoi perturber quelque peu le monde feutré de la nuit des mystères de Périllos. Par là on suppose ces écrits sans le moindre élément concernant ce territoire hors du commun… pendant que par ici on affirme forcément le contraire… Et pas moyen de tourner le bouton de cette radio pour s’y retrouver vraiment. C’est donc à ce rendez-vous des ‘amateurs’ inconditionnels du royal notaire que nous convions nos lecteurs à tendre non pas une oreille noctambule mais toute leur attention éclairée car les choses vont évoluer formellement sur différentes gammes du savoir.

Une archive dont l’importance augmente de volume

Lors de nos dernières interventions, à propos des écrits du notaire royal Courtade, nous faisions état de plusieurs volumes de ses archives, en notre possession depuis de nombreuses années. Il s’agit d’assemblages se présentant sous diverses formes écrites et relevés. Pour rappel, on trouve notamment des ‘registres’ semblant être des éléments correspondant à des quantièmes d’années d’archives. Ensuite suivent des relevés référencés depuis des compoix, ‘terriers’ et croquis d’assemblages que nous appellerions aujourd’hui ‘relevés d’arpentage’. A la suite de ces éléments il y a encore un testament que nous avons joint nous même au lot, car il correspond aux énoncés d’un acte notarié.
Sur ce document nous reviendrons forcément en détails car c’est un élément intéressant, et complet, sur les biens immobiliers des Périllos, à une époque donnée, tant sur leur fief qu’à propos de biens allant du large perpignanais jusqu’aux pieds des Pyrénées dans le secteur de l’Ariège. Enfin, à ceci s’ajoute tout un important lot d’écrits disparates se présentant sous la forme de ventes, droits, taxes, cessions, baux, procédures et actes entre privés.
Il est certain que cet ensemble représente tout un large pan de la vie administrative, mais aussi privée, d’une population locale allant de Quillan à Feuilla et jusqu’à certains confins du Roussillon. Ce dernier lot est composé d’environ plusieurs centaines d’actes et enregistrements. Pour l’instant il n’y a pas lieu de détailler ces documents du XVIIe siècle, bien qu’ils soient d’une grande importance pour comprendre la vie administrative, ses droits et devoirs engageant les écritures d’un notaire et son officine.

Périllos et Opoul en registres ?


Ce qui, présentement, nous intéresse se compose des seuls actes et enregistrements concernant le secteur de Périllos et ses seigneurs. A propos de Périllos l’archive, en notre possession, est abondante et conséquente en raison du fait qu’avant nous personne ne manifestait le plus petit intérêt pour ce village oublié de tous… ou presque. Ainsi, il n’y eut aucune demande ou recherche plus ou moins intense, avec ou sans résultat ! C’est cette quasi complète mémoire écrite qui nous montre l’importance de cette famille, plus que millénaire, qui sur son secteur fut d’une telle ampleur qu’il n’y eut jamais le moindre seigneur, ou nobliau, sur le territoire d’Opoul qui semblait dépendre totalement du si petit castel de Périllos… En effet les actes notariés d’Opoul, en notre possession dans cette liasse, sont insignifiants et tout au plus composés de baux et enregistrements d’actes de faits ordinaires, taxes banales, devoirs entre privés et l’administration. Rappelons, d’autre part, que les décisions de justice sont des éléments, certes administratifs, mais ne dépendant pas des ‘exploits’ d’un notaire local, même royal, qui tout au plus, nous le voyons dans les écrits, est ponctuellement chargé de menues applications bénignes ou transmission. Cette autre juridiction, de ‘justice’ plus répressive et froide que celle ‘civile’ exercée par un notaire royal, qui par définition échappe à toutes formes de comptes à rendre à la justice… n’intervient jamais dans le second volet notarié, sauf si une contrevenance venait à s’y introduire.
Cela dit, il nous faut revenir à notre pôle d’intérêt découvert dans les registres de B. Courtade, il y a des années. Nous savons maintenant, puisqu’il nous faut abattre certaines de nos cartes, qu’il y a plus de deux registres dans ce lot en notre possession et nous les survolerons une fois pour toutes, au fil des besoins, pour en clarifier le nombre et leur contenu.
L’affaire des deux premiers volumes, 1624 et 1632, est à présent réglée sur le point des éléments ‘périllossiens’ que certains espéraient y trouver. Il faut dire que d’une part il manque une feuille au cours des ‘journaliers’ du volume ‘1632’ et tout le cahier de 10 pages (20 feuilles dont 18 seulement sont écrites) en sommaire (sommaire qui n’a rien à voir avec les annexes régulières)… Ce dernier étant attenant, non inclus, et glissé dans la reluire tout simplement du fait des rappels y étant adjoints au fil des actes émis les années suivantes et pouvant concerner ceux inscrits en renvois sur le volume. La masse des inscriptions, ajoutées par la suite, pouvant déborder la prévision d’une réserve de pages définitivement reliées, il était habituel que ce ‘cahier’, afin de ne pas être surchargé de feuilles ‘volantes’ faciles à égarer, soit indépendant, mais placé dans la reliure comme on peut parfaitement, dans cette dernière, en voir la place réservée dans son épaisseur.

Un registre à plusieurs cahiers… dont un mentionnant ‘PERILLOUS’


Il en est de même pour le volume de l’an 1624 qui se trouve accessible, moins son cahier ‘sommaire’ de 8 pages, dont 5 écrites… Bien entendu nous disposons de ces ‘annexes volantes’ mais, par définition même, nous ne les avons jamais jointes aux deux registres afin de ne rien en perdre dans un transport ou une manipulation maladroite ou malintentionnée. Il va sans dire que la page manquante dans le 1632 n’est pas le fait d’un hasard malicieux d’erreur d’un ‘quantième de pagination’ (ce qui serait une injure au sérieux méticuleux d’une officine notariée de cette époque), mais bien de celui d’avoir été prudemment ôtée en raison de son contenu et ça depuis le début de notre possession. Ce qui fait qu’à l’heure actuelle nous seuls restons en possession de l’intégralité de ces deux premiers éléments bien connus de ceux, et celles, qui purent suivre nos exposés… sans pouvoir cependant consulter attentivement chaque page de ces mémoires. Peut-être, sait-on jamais, cette précaution n’a-t-elle pas été totalement inutile par les temps qui courent.
Il reste, maintenant, à faire mention d’un troisième volume (il y en aura d’autres…) entrant dans le cadre d’un registre global qui devait être celui relié en parchemin de 1624 et qui ne fut jamais réalisé on ne sait pourquoi. En échange nous avons le plaisir de pouvoir constater que ce troisième ‘sous registre’ de cette année là comporte bel et bien, comme nous le voyons sur la première de sa couverture, les noms de PERILLOUS et OPOL… avec à leur suite celui de FEUILLA. Il faut donc bien comprendre que ce registre portant la mention ‘ter’, pouvant signifier qu’il est le troisième de l’an, est bel et bien consacré aux actes notariés concernant Périllos, Opoul et feuilla… Nous voici enfin rassurés sur ce point.
Le cahier annexe à ce répertoire contient bien des références liées aux terriers correspondants… Peut-être dans ce volume, bien précieux pour nous, se trouve cette fameuse, et intrigante, mention faisant état d’un lopin enclavé abritant la fameuse « tombe royale et sacrée »… nous le saurons bientôt en parcourant ultérieurement ce cahier si peu connu du grand public, mais su de nos familiers. Cette méconnaissance, voire ignorance, permit sans doute que le contenu de cet écrit n’ait jamais été violé ou perçu par le commun, c’est ce qu’il faut du moins espérer sans certitude cependant, il faut bien l’avouer. Quoiqu’il en soit ce ‘1624 -3’, comme nous l’appellerons désormais arbitrairement, contient effectivement de précieuses archives sur les occupants du village abandonné, ses seigneurs, son administration et surtout ses étendues territoriales… tout comme ce qui concerne la première partie des actes à propos d’Opoul et les frontières avec Feuilla. Le 1624 -4 s’attache également à ce qui est la seconde partie de Périllos ainsi que sur les ‘tenants’ d’Oriole et les ‘limitrophes’ avec Vingrau… Mais, si ceci viendra en son temps, il faut toutefois signaler que ce registre ‘1624 -3’ est le premier à comporter des inscriptions inscrites sous le nom très rare de ‘Caron’ qui est, comme chacun le sait, une dérive du compoix seigneurial dans certains secteurs du XVIIe siècle de ces contrées. On y lit également des détails concernant des ‘Devois’ et surtout des ‘Rocas’ concernant les seigneurs de Périllos. Ces mentions plutôt languedociennes sont, il faut le souligner, des plus rares en la matière sur ce segment géographique du Roussillon.
Ce cahier destiné aux territoires enfin localisés qui nous fascinent, comme l’exprime le résumé en première de couverture, n’est pas rigidifié ni cousu définitivement. Ses mesures sont approximativement de 16,5 X 24,7cm, car les bords de ce registres, comme sa couverture dans un état pitoyable, sont très abimés et déchirés comme on peut le vérifier sur la photographie. Le titre semble être écrit de la même façon que le second cahier et orné du motif personnel de Courtade : une ‘fleur’ plane constituée de huit cœurs sertis d’un trait de reliure commune. Toutefois les hauteurs de lettres et de chiffres de titres ou intitulé (où se lit en dernières lignes les noms de PERILLOUS, OPOUL et FEUILLA) sont un peu plus petite que sur la couverture du 1624, premier de sa série.

Au fond, tout au fond d’une boite aux lettres


L’histoire pouvait en rester là et cela en aurait été largement suffisant en la matière… si le hasard n’en avait décidé différemment pour nous et nos lecteurs, comme nous allons le voir à présent.

En effet, il y a peu de temps nous trouvions au fond de notre boite aux lettres, parmi plusieurs autres enveloppes un emballage ‘gaufré’ suggérant la protection d’un DVD ou CD, du moins au toucher. Si cet envoi nous est bien adressé il ne comporte, curieusement, par d’intitulé d’expéditeur au dos, ce qui en fin de compte n’est pas si intriguant que ça à mieux y réfléchir. En échange, ce qui est plus troublant c’est le bref texte mécanographié laconique, trouvé dans l’enveloppe. Celui-ci explique que le contenu joint est composé d’un support informatisé contenant la représentation à peu près complète de deux registres extraits des minutes de Bernard Courtade, notaire royal à Quillan… et autres juridictions. L’expéditeur précise brièvement qu’il souhaite conserver l’anonymat, sans doute par modestie et sens de l’humilité, tout en nous laissant libre en tant que dernier détenteur des registres d’en faire ce que bon nous semble… y compris de commercialiser ces reproductions sous réserves, toutefois, que leur tarif reste abordable à tous et chacun.
Une fois le premier instant de surprise passé, nous avons pu voir qu’effectivement le contenu de l’enregistrement numérique correspond tout à fait aux registres dont nous détenons les originaux sauf, hélas pour cette copie, les ‘sommaires’ manquants ainsi que la page enlevée au volume ‘1632’… Par contre, la remarquable qualité de ces reproductions permet confortablement d’en réaliser une copie des plus acceptables.

Une bien généreuse, mais énigmatique, donation

Pour aller dans le sens de la volonté de ce si généreux bienfaiteur, dont l’anonymat est tout à son honneur, nous avons pris la décision d’en commercialiser la réplique. Cette dernière sera, tout d’abord, mise à la disposition des membres de notre SP, ensuite nous épuiserons le stock restant dans l’ordre d’arrivée des demandes extérieures pour ceux, celles, qui en feraient la demande. Cependant, dans l’esprit de ne pas dévaloriser ces documents nous limitons volontairement les duplications à un nombre raisonnable.
Espérons qu’au moment ou, sur les colonnes du site SP, nous présentons les volumes suivants des archives de Courtade, tenus entre nos mains, notre bienfaiteur nous lisant probablement aura à cœur de nous gratifier des suites de reproduction de la même qualité que son premier envoi. Dans ce cas, évidemment s’il en exprime la volonté comme pour les deux précédents, nous nous empresserons de les commercialiser dans le même esprit que les deux premiers registres…et ainsi de les mettre à disposition de nos membres et de ceux, celles, qui en feraient aussi la demande… dans les mêmes proportions que pour la première reproduction.

« Bon Dieu… mais c’est bien sur ! » aurait dit un certain inspecteur Bourrel

Evidemment, tout ceci n’explique pas vraiment comment ces clichés ont été faits sans notre consentement ou sans que nous nous en apercevions. Il y aurait bien une insignifiante remarque à faire… mais nous souhaitons qu’elle ne soit surtout pas perçue comme blessante envers notre bienveillant mécène s’il nous lit ici. Effectivement, le fait qu’il manque dans ces copies les parties ôtées par nos soins peu après que nous détenions les registres originaux, pourrait signifier que la reproduction ne pouvait être faite qu’après et non avant l’instant où nous venions de récupérer ces précieux, mais fragiles, documents. Cependant, face à cette impossibilité technique, ou ce qui pourrait s’apparenter (selon un certain point de vue) à un détournement de notre propriété, nous admettons qu’il est possible que, pour une raison nous échappant, ces prises de vue aient été quand même faites avant que nous entrions en possession régulièrement du lot des archives du notaire royal B. Courtade. En ce cas, notre malicieux donateur aurait eu le temps de compulser le contenu des écrits et jugeant, comme nous, de l’importance de certains passages, les ait, lui aussi et avant nous, soustraits à la lecture du commun qu’il pouvait estimer inutile voire indiscrète et dangereuse.
Si notre philanthrope bienfaiteur poursuit sa distribution, et c’est notre plus cher désir, nous risquons de trouver par la suite, au fond de notre boite aux lettres, tous les éléments manquants à notre collection… Si telle était cette formidable opportunité, bien évidemment nous entrerions cette manne providentielle, dès réception, sur les colonnes de nos sites afin que tous profitent de cette aubaine pour le moins inattendue.

André Douzet
Le 17 mai 2009

Nous tenons sincèrement à exprimer nos reconnaissance et gratitude à cette personne, restée si modestement anonyme, pour sa grande générosité, sa confiance et son intérêt pour nos travaux. Se reconnaissant ici, s’il nous lit et s’il souhaite, toutefois, prendre contact avec nous nous lui assurons par avance toute notre discrétion sur le sujet.

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