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Société Périllos ©

Le Cromleck de Rennes-les-Bains
(2ème partie) - L'invitation au passage

 

…. Devant nous, l'ouvrage toujours fermé

Celui-ci comporte un double titre : la vraie langue celtique, d'une part, le cromleck de Rennes-les-Bains, d'autre part

Première remarque : Les mots « la vraie langue celtique » sont imprimés en rouge. Faut-il y voir la signature du dolichocephale, l'Adamite Rouge venu de l'île Hyperboréenne ? On le rencontre (« la vérité sur l'Atlantide », M. R.M. Gattefossé) « à la base des civilisations akkadiennes et Chaldéennes, Egyptiennes, Etrusques,… presque intact dans certains cantons de Bretagne, d'Auvergne, dans les Iles Canaries, au Maroc…. Adam signifiait rouge… leur triomphe (des atlantes) était sans contredit l'embaumement. D'origine nettement Atlante… ce sont des Libyens, des Ibères comme les Français du midi,… les dignes descendants des néolithiques, de Cro-magnon et de la madeleine »…et nous nous interrogeons alors : des redonnes, soit des « red-ones » (anglais ceux qui sont rouges) ? nous souffle Henri Boudet.

Faut-il y voir un rouge rubicond, du nom de la petite rivière d'Italie, qui, pendant la période républicaine formait la limite entre la province de la Gaule Cisalpine et de l'Italie proprement dite « Cette rivière est restée célèbre dans l'histoire par le passage de César qui la franchit à la tête de son armée; passage qui était de sa part une déclaration de guerre à la république ». Cet extrait du Dictionnaire de biographie, mythologie, géographie anciennes, traduit de l'anglais par M. Theil (Firmin Didot frères, 1865) ne peut que convenir parfaitement à notre curé qui n'a jamais caché ses choix légitimistes en faveur du Comte de Chambord.

Faut-il voir, à travers ces lignes rouges écrites en Capitale, la rose-ligne, le méridien 0 passant par la capitale, Paris ?
Nous retrouvons cette caractéristique d'être écrit en rouge pour les quatre initiales des mots Menirs (2 fois) Dolmen et Croix grecques et légendes de la carte d'Edmond Boudet jointe au livre -Nous reviendrons ultérieurement sur cette légende de la carte et les interprétations qui peuvent en découler- dont, pour l'instant, les remarques suivantes seront suffisantes :

Pour M. Daniel Dugès, ces initiales de quatre lignes de la légende forment, verticalement, le sigle MMDC, que l'on doit lire Méridien DC, soit méridien 600, dénomination du méridien de Paris sur les cartes IGN, car il est à 600 km à l'est du méridien de Greenwich.
Alors, sachant la distance de Rennes-les-Bains à ce méridien, qui est selon l'auteur de 1 500 m, ces nombres permettent de calculer l'échelle de la carte.

Au sujet de ces 1 500 m nous nous posons une simple question : est-il possible de réduire un village en un seul point ?
Pour Pierre Plantard MMDC (soit 2600 en chiffres arabes) est à rapprocher de la taille de la carte (soit 26 cm), tandis que 2600 est un multiple du Ell (soit 2,6 m), mesure de longueur des celtes qu'Edmond Boudet aurait substitué au mètre pour dessiner sa carte.
Avant eux, Heron d'Alexandrie (Diottra, 34) et Vitruve (X, 9, 1) avaient fait allusion à un « odomètre » (mesureur de voies) conçu pour indiquer la distance parcourue grâce à une système décomptant le nombre de tours faits par la roue d'un char et le mettant en rapport avec un mille -Peut-on négliger cette approche en terre de Rhedae (raeda, latin : chariot) ?

Le rouge partout

De notre point de vue, ces trois possibilités des Rouges embaumeurs, du Rubicond républicain et de la géographique rose-ligne ne doivent pas être considérées exclusives l'une de l'autre, car chacune a son effectivité sur un plan spécifique :

- le monde divin de la création avec l'Adam
- le monde physique avec la carte et le méridien
- le monde humain avec la république

ou, exprimées d'un autre point de vue, tout en gardant les degrés de différenciation :

- le monde des essences principes
- le monde des lois célestes et des formes : « Fabre ne tire pas toutes les conséquences… mais il paraît apercevoir que l'évolution de l'univers se reflète, homologue, dans la marche de l'humanité, des civilisations »… (R. Guénon, La langue et l'histoire)
- le monde de l'univers sensible

Nous verrons ultérieurement que cette tri-partition est analogique à un système d'expression fondé sur une représentation méthodique du cosmos : la différenciation du chaos (le plan métaphysique de la Génèse) puis la création de la matière, du ciel et de la terre (le plan astronomique) et enfin la vie sur terre (le plan biologique).

Limojon de Saint Didier est toujours, et ce dans le cadre de la plus antique tradition initiatique, sur le même schéma lorsqu'il explique que selon la théorie et la pratique de la philosophie alchimique : « il y a trois sortes d'or : le premier est un or astral… le second est un or élémentaire, c'est-à-dire qu'il est la plus pure et la plus fixe portion des éléments… le troisième est le beau métal. »
Nous pouvons ajouter que le second deviendra l'aimant du premier, dont, ou inversement, il est la « résolution », c'est-à-dire le terme permettant le passage d'un plan donné au plan inférieur.

La triade

Nous reviendrons sur ce concept universel de la triade résolutive lors de notre approche de l'écriture Kabyle, qui nous permettra de formaliser les modalités suivant lesquelles « le langage, selon C. de Gébelin, est comme une idéomonographie généralisée, où la relation symbolique transparente et sans rupture, ne cesse de circuler entre la ‘chose’, l'organe percevant, le mot prononcé et le mot écrit, toujours dans un alphabet hiéroglyphique ». (G. Genette, Voyage en Cratylie)

Une autre remarque : le terme « La Vraie » qualifiant la langue celtique est-il à interpréter comme indiquant qu'il existerait plusieurs fausses langues ? S'agit-il de ces langues, « d'usage », dont les formes découlent de mélanges de conventions -d'où, et seulement d'où- sont constituées la justesse des mots ? Est-ce une diminution des initiés qui fut la cause de tant d'erreurs sur les mots, donc sur l'objet (et non seulement son image), donc sur la compréhension (remplacée par les interprétations) des religions anciennes, des mythes proto et historiques, du paganisme ? « La triade égyptienne est une erreur de Champollion passée dans le jargon nébuleux des égyptologues modernes. » (Armand de Vertus, les Temps sacrés des celtes)

Devons-nous comme Chauvet (Traduction archéométrique, 1926) affirmer que « Jamais le sens littéral ouvert d'un livre (sacré) n'en permettra la découverte, pousserait-on ce sens aux dernières limites de l'allégorique… seul pourra le révéler l'ésotérisme du texte, voilé sous son exotérisme »… « Pour dire vrai…, continue t'il dans L'ésotérisme de la Génèse (1946), … la grammaire est d'une utilité très relative pour la découverte du sens ésotérique des livres… puisque ce sens dépend uniquement de la valeur hiéroglyphique symbolique des signes composants les mots. »

Le sens d’un mot

Ces interrogations épigraphiques furent stoppées net dans notre esprit par la vision d'une incongruité d'écriture : dans un des mots du titre, à la vue de tous, des lettres -ces lettres qui révèlent l'essence des choses en les imitant- ont disparu, sont apparues, modifiant l'image de l'unique objet concret du titre !

En français « cromleck » s'écrit :
Cromlech ou cromlek, mais pas cromleck

Est-il imaginable que l'Abbé Boudet, dont l'on dit qu'il lut, relut et corrigea son livre pendant plusieurs années ait laissé passer involontairement une telle « coquille » ? -de Compostelle ?-

Au H, Henri Boudet a volontairement, en vue de tous, préféré un K, tout en gardant le C qui aurait alors du disparaître; En vue de tous… et pourtant non révélé, non aperçu de tous les analystes de son livre : ils ont des yeux pour voir… Première partie d'un message

K CH, à prononcer caché; pour attraper un oiseau il faut lui mettre du sel sur la queue…
Pour attraper un sens faut-il mettre du sel sur la langue -Cell Tick, soit, en anglais, la cellule, l'élément marqué avec justesse-

Mais aussi,
C K au H
C'est KOH, Potasse… travaille pour trouver,
Trou verre -le vase des troubadours, dans lequel se baigne la reine,
La Reine dans laquelle on vient se baigner ?

Un cromleck, pour Boudet

Henri Boudet nous fait comprendre, bien avant d'ouvrir son livre que le « cromleck » dont il veut parler n'est pas un ensemble de pierres immédiatement apparent (ne faut-il pas passer par Marceille pour obtenir l'ouverture des yeux ?) et artificiellement construit, et qu'il peut être appréhendé à plusieurs niveaux : « Tel est bien notre fumier que les philosophes désignèrent par les expressions notre soufre de nature, prison de l'or, tombeau du roi, ou les noms de laton, laiton, corbeau, saturne, venus, cuivre, airin, etc. Ils l'estimèrent, à bon droit, comme un très réel présent du créateur… don de Dieu… » (E.Canseliet, Préface de la première édition des Demeures philosophales)
« Selon toute apparence, les noms établis avec justesse se trouvent parmi ceux qui ont un report aux choses éternelles de la Nature,… peut-être même quelques-uns d'entre eux ont-ils été formés par une puissance plus divine que celle des hommes. » (Platon, Le Cratyle)

Le Cromleck cache de même qu'il est caché, et nous devons donc nous interroger sur sa nature : « Fulcanelli nous confia être resté plus de 25 ans à rechercher cet or des sages qu'il avait sans cesse auprès de lui, sous les mains et devant les yeux »… »L'or philosophique… environné d'épaisse ténèbres, doit être considéré néanmoins comme la seule et unique matière de l'œuvre. » (E. Canseliet, idem)
« La langue la plus parfaite possible consisterait sans doute à user de mots, qui seraient tous, ou la plupart, semblables aux objets, c'est-à-dire appropriés, tandis que le plus laid consisterait dans le contraire. » (Platon, Le Cratyle)
« Ces appellations possèdent certainement un sens précis, plein de révélations intéressantes, quoique toutes les langues semblent impuissantes à expliquer ces énigmes. » (Henri Boudet, La vraie langue celtique)

En français, un cromlech est un monument druidique formé de pierres plantées debout, autour d'une pierre plus grande; en anglais, que nous devons utiliser -selon les recommandations de la vraie langue celtique- nous obtenons dans la compréhension d'usage les significations suivantes du mot Cromleck :
Dictionnaire de Cambridge : dolmen
Dictionnaire Unabridged : chambre mégalithique, tombe
Dictionnaire American Heutage : monolithes en cercle, dolmen
Dictionnaire gallois : dolmen, de crom, féminin de crwn : en forme d'arche, concave, Blech : pierre
Dictionnaire étymologique Harper : tombe mégalithique, Dolmen

Les dolmens sont, nous dit Louis Figuier, « des monuments qui se composent d'un gros bloc de rocher, plus ou moins aplati, et posé horizontalement sur un certain nombre de pierres, dressées verticalement elles-mêmes pour servir de supports. La terre recouvrait ces sortes de chambres sépulcrales et formait un monticule… par la suite des temps, cette terre ayant souvent disparu… les prétendus autels druidiques ne sont que des dolmens en ruine. » (L'homme primitif, L. Figuier).

Monsieur H. Martin nous précise de son côté que « les grottes factices se nomment leckh, roche, ou dolmen (de tol ou dol, élévation)… Les cercles crom leckh (pierres de crom). » (H. Boudet, La vraie langue celtique, p. 165)

Le cromleck d'Enri Boudet, une grotte factice !
Lire le cromleck en inversé :
Un cercle, un point
Une pointe, un creux…

Pierre de Crom, devons-nous entendre Pierre de Crown, de la couronne… ?

Un dolmen, entendez selon la langue celtique, nous souffle H. Boudet, toll-men, hommes qui font payer les péages, les droits de passage, « Le transport des cadavres (vers le pays d'Aides, souverain des enfers) devait être effectué par une confrérie de bateliers nécropompes.. une redevance était payée à ces nautoniers de mort. » (A. Paniagua, Géographie mythique)

Mais vers où ? Mais d'où ? Un armier ? Un entremetteur d'âmes ?

L’ajout des Perillos

Purgatoire de St Patrick

Dans le pays de Ramon de Perillos qui effectua un « voyage au purgatoire de St Patrick » au XIVème siècle, une descente « vertigineuse » dans un puits donnant la possibilité de voir, de consulter l'âme des morts, l'Abbé Boudet nous invite à caver les écorces des réalités condensées sous le verbe apparent de « Cromleck », à casser les eaux pour trouver la substantifique moëlle… la vision du Ciel et des Enfers… activable selon les lieux et les rites :

- Perillos de Roccaful… Fucalor n'est-il pas un démon ?…. Le serpent natif dans les entrailles de la terre… ?
- Pierre de crom : Crom n'est-il pas un démon ? En magie invocatoire, n'est-il pas un nom du diable ? -Alors, au centre de la couronne, l'émeraude…-
- Cromeruach (ruach, le souffle en langue hébraïque) : Idole principale des irlandais, nous dit le Dictionnaire de la Fable (de F.R. Noël, 1803), avant l'arrivée de saint Patrice en Irlande. L'approche du saint la fit tomber, tandis que les divinités inférieures s'enfoncèrent dans la terre jusqu'au menton. Suivant les hagiographes on voit, en mémoire de ce miracle, leurs têtes à fleur de terre dans la plaine de Moy-Sleuct, en Brésin. L'idole était d'or et d'argent, et environnée de douze autres petits dieux d'airain.
- Cromus, lui est le fils de Lycaon, lui-même fils de Phoronée, roi d'Arcadie, auquel il succéda… et in arcadia ego…

Au vocable Crom est associé celui de lech. La lechanomancie était -ou est ?- une méthode de divination. « On met dans un bassin (lechave) plein d'eau des pierres précieuses et des lames d'or et d'argent gravées de certains caractères dont on faisait offrandes aux démons. Une fois les conjurations effectuées, on leur posait la question à laquelle on désirait une réponse. Alors il sortait du fond de l'eau une voix basse, semblable à un sifflement de serpent, qui contenait la solution désirée. Glycos rapporte que Nectanèbe, roi d'Egypte, connut par ce moyen ce qu'il désirait; et Delvio ajoute que, de son temps cette divination était encore en vogue chez les turcs. » (Dictionnaire de la Fable)

Continuons…

Leches, fils de Neptune et de Pirène,
Lecheates, surnom sous lequel Jupiter avait un autel, à Aliphéra, en Arcadie
Lechone, Ville tartare (Myth. Tartare, Mendez Pinto) où l'on voyait un temple qui contenait 27 tombeaux.
Lechies, en mythologie slave, dieux des bois qui répondaient aux Satyres, vivant dans des cavernes, et pouvant changer de taille, rapetissant au niveau des brins d'herbe ou égalant la hauteur des arbres. Dans ces cavernes, ils emmènent des hommes…Cela suffit.

Avons-nous encore besoin d'analyser les parallèles entre Roccaful et Rocaïl Ben Adam, vizir de Surkhrage qui commandait toute l'étendue du montage caf. Ce frère puîné de Seth, connaissant l'approche de sa mort, « fit construire un sépulcre magnifique où l'on voyait grand nombre de statues de différents métaux, faites par art talismanique, lesquelles opéraient par des ressorts secrets ce que tout le monde cru se faire par des hommes vivants. » (Dictionnaire de la fable)

Caf, qui entoure tout le globe de la terre et de l'eau a pour fondement une pierre appelée Sakhrat, faite d'une seule émeraude -la table des philosophes chymiques, la pierre horizontale du dolmen, le contenu de la grotte ?-.
Pour arriver à Caf, à l'anneau qui entoure la terre, il « faut passer un très grand espace de pays ténébreux » où nul homme ne peut pénétrer s'il n'y est conduit par quelque intelligence…
Quant à la pierre Sakhrat (« sacrée ») que les mahométans prétendent être placée au centre de la terre et avoir des propriétés merveilleuses, c'est la pierre betyle, pierre sur laquelle Jacob avait parlé à Dieu, et, en même temps, la demeure de Dieu…

Le cromleck, KCH de l'Abbé Boudet apparaît ainsi comme un voile -cachant la nudité de la Reine prenant son bain, de Diane ?- que les eaux de Marceille peuvent entrouvrir… les eaux de la source, souterraines… porteuses de sels métalliques…avec lesquels cohabite l'or des sages-.
Le cromleck de l'Abbé Boudet nous a parlé, derrière son voile, d'Irlande, de divinités métalliques qui s'enfoncent, de cavernes, de grotte artificielle, de passages, de tombeaux, d'âmes des morts, du Dieu des Mers -dont l'eau contient le sel… les eaux supérieures et les eaux inférieures…ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.

Un outil idoine ?

Alors la vraie langue celtique n'apparaît-elle pas comme l'outil idoine à l'ouverture du cromleck sur ce plan des formes, la vraie clé, le sel dissolvant que le philosophe doit obligatoirement connaître ? la langue celtique n'est pas une langue, qui serait la vraie, mais la gangue unique que l'artiste ne laverait pas sans le sel, univers-sel : « Le symbolisme était partout, non pour dissimuler la connaissance, comme on l'a dit, mais parce que le symbole est le seul moyen d'inclure, en un seul signe, toute une série d'idées, dépassant très largement tout ce que peut contenir un commentaire verbal. » (M. Gattefossé, Les sages écritures)

La gangue du sel « quiet », du sel silencieux, doux, lieu scellé par le « mur du chaos » et où règne le calme, le silence (des espaces infinis des nuits calmes, complément indispensable à la table d'émeraude, au sel central)

Le Mur du chaos, dit aussi Mur de Planck, est aussi loin du centre de l'atome, qu'il enserre, que de la limite de l'univers, qui nous enserre : le chaos fut différencié en matière et en ciel, plan astronomique de création de vie; Le Cromleck et le menhir, faits de pierres qui captent le magnétisme terrestre tandis que ce dernier en modifie la polarité selon les variations du pôle…

laverait, guangue, sel, quitte

Sel quiet, mais aussi sel kitt, nom qui désignait selon Renan (Histo. Gen. Des langues sémitiques, Liv. 1, Ch.II, p. 54) toutes les îles de la Méditerranée. Kitt était le frère de Tarsis, et son nom signifiait « terreur ». C'était l'enfer où régnait le sévère orcus « Sombre séjour, couvert d'un brouillard épais, qui s'échappait de la terre volcanique » (orphée, Argonautiques V. 1103), région gardée par le terrible Cerbère « chien dévorant » fils de la vipère Echidna, un « lien abominable et abhorré qui inspirait la terreur aux dieux eux-mêmes » (Homère, Illiade Ch.II, V. 781).
C'était bien là l'empire de la terreur, donc de kitt « terror » (Générisus, Thesaurus linguae hebrae, t.I, pa.540). Il est enfin a bien remarquer ici, car nous y reviendrons ultérieurement, que « tout le domaine plutonien est en bordure soit de la mer d'Azov, soit du Bosphore, cimmérien, soit du Pont-euxin » (A. de Paniagua, Géographie mythique).
Il n'est pas inutile non plus de se rappeler la pierre en clé de voûte de l'église Ste Madeleine de Rennes-le-Château avec sa mention « terribilis est iste locus », qui apparaît ainsi à correller avec orcus dont A. de Vertus nous entretient au sujet de la région sud de Soissons.

Oui, c'est bien là une forme d'expression du sel d'harmonie des philosophes hermétiques dont Henri Boudet va nous entretenir dans les premiers chapitres, avant d'envisager l'ouverture vers l'autre mystère, celui du sel central, que l'on trouve au-delà de la tourmente de l'inversion du temps, « derrière » le mur de Planck : « Ce jardin (des Hesperides) était entouré d'un mur d'enceinte… Cette enceinte tout à fait primitive reporte la pensée vers l'enceinte constituée par des alignements de pierres dressées qui défendaient le domaine sacré de Karnak, en Armorique. » (A. de Paniagua, Note sur les alignements de Karnak, 1907)

Le symbolisme construit le lien entre la métaphysique -qui est de plus en plus ignorée- et la science, à qui l'on veut faire dire beaucoup plus qu'elle ne peut; le symbolisme applicable aux différentes possibilités spirituelles homogénéise la connaissance dans le temps.

Nous verrons, dans une prochaine partie, que la forme coronale de ce symbolisme est la seule expression possible de la Connaissance, c'est-à-dire de l'humaine vérité se superposant au système du monde.

Réouvrir le livre de Boudet

Nous sommes prêts maintenant à réouvrir notre première matière, à réouvrir le petit livre d'Henri Boudet,

Henri, masque philosophique de inri….
« Par le feu la nature est entièrement rénovée »…

ultimes instants, où, retenant notre pensée comme l'on retient son souffle, nous nous reposons mentalement devant la tombe du curé de Rennes-les-Bains…. Et, de nouveau un petit livre, dont la couverture porte un titre

Ce monogramme, et ses possibilités de lectures, nous rappelle tout d'abord et instantanément Saint Exupéry, dont l'épouse, Consuelo Suncin fut liée d'amitié avec André Breton, Max Ernst, Pablo Picasso, et… Salvador Dali.

L'astéroïde du Petit Prince fut, nous dit-il, aperçu en 1909 par un astronome turc; Sa communication au monde scientifique fut reçue avec scepticisme et sa découverte niée. En 1920, après qu'un dictateur turc impose à son peuple de s'habiller à l'Européenne, l'astronome refit sa démonstration -selon les usages- qui fut, cette fois-ci, acceptée par le monde scientifique.

Refaisons la démonstration de Saint Exupery
L'astéroïde s'appelait B 612

Lorsque Atta turk demanda à son peuple de s'habiller à l'Européenne, il changea le mode d'écriture, qui de droite à gauche passa de gauche à droite, de lunaire devint solaire

Donc il nous faut lire B 612 en inverse,
Soit      B inversé          Bi
                612             216

Le Bismuth 216 est le seul isotope radio-actif de ce métal, appelé au Moyen-Age Antimoine féminin…Par analogie, en inversant, nous lisons sur le livre :

310        IX

-Saint Exupéry avait-il eu connaissance de cette tombe par l'intermédiaire de Dali ?- et ouvrons notre livre page 310, ou le IX indique un chapitre, intitulé le Guy sacré - p. 282, dernier sous-chapitre de celui intitulé Cromleck de Rennes-les-Bains.

En cet univers d'inversion l'auteur nous invite à commencer par la deuxième partie du livre -du titre-, et celle-ci par la fin : les derniers seront les premiers…

Le guy sacre

Le voyage de Gulliver

Selon le décryptage autorisé et indiqué par la vraie langue celtique, nous lisons en Anglais, « gee », substantif, signifie de manière familière -soit, entre nous- un cheval, et, sur un mode enfantin, un gee-gee est un dada, « Par l'amour des rébus, des jeux de mots, de l'assonance cabalistique pratiquée dans les trois langues qu'il connaissait bien, Jonathan Swift -doyen de la paroisse de Saint Patrick, à Dublin- s'est identifié avec les philosophes hermétiques, jusqu'à pousser ses exercices à la puérile et surprenante fantaisie de son « petit langage. » (E. Canseliet, L'hermétisme dans la vie de Swift)

Dans ce voyage de Gulliver -Gulli, génitif de gullus, navire et ver, le printemps, le vent, le vert, le verre- Gulliver donc, le verre du vaisseau, ou le vaisseau de verre-, ses pires ennemis sont les hommes, tels les Yahoos dominés par une race de chevaux, savants et hautement civilisés. Gulliver prend, tout d'abord, ces quadrupèdes pour des enchanteurs -n'entendent-ils pas tous les chants, toutes les langues ?-.
Le but du doyen, en ce chapitre est de souligner la transcendance de la Caballe (Cavale) phonétique, instrument capital d'initiation, Sel précieux -sel près cieux- de la simplicité naturelle, Sel d'Esprit plus accessible aux enfants qu'aux gens d'esprit –« laissez venir à moi les petits enfants »… « heureux les simples d'esprit »-,

Sel d'Esprit, et non Esprit de Sel…

Houyhnhnm signifie, nous dit Gulliver, cheval et « savant en étymologie, la perfection de la nature » : la perfection étymologique domine les hommes et ne les libère pas. « Je décrirai en deux mots, autant qu'il est permis, le siège principal, le plus certain et le plus spécifique du Sel de Nature. Il est dans le règne du milieu. Je l'appelle une caverne au séjour de tristesse et de joie. L'habitant de cette demeure l'appelle son aimant, son chaos, son hyle, son premier être. » (Introduction à la vraie physique)

Le langage phonétique

L'Abbé Boudet nous engage donc, à l'instar de l'ecclésiastique irlandais du XVIIIème siècle qu'il ne pouvait pas ne pas connaître, d'utiliser ce langage phonétique et universel, ce langage même qui s'est manifesté à Christian Rosencreutz, dès le premier jour de ses noces chimiques…

En anglais Cave signifie autant caverne que tombeau; En moyen français du XIIème siècle, le vin se disait par l'expression « eau bénite de cave » -ceci est mon corps, ceci est mon sang; Le Christ naît-il dans une étable ou dans les cavernes (des métaux), soit des matières susceptibles de transformation, qui le cachent ?-

Henri Boudet se réfère souvent à Dom Martin, bénédictin ayant fait ses études d'abord au collège de Limoux avant d'aller à Toulouse. Il fut aussi mal vu par l'Eglise que par l'Etat, et son ouvrage « L'histoire de la religion des gaulois », s'il ne fut pas censuré, vit sa diffusion très freinée, argumentant que la religion des gaulois provenait de celle des patriarches bibliques. Sur ce point de vue, l'abbé de Rennes-les-Bains est en complet accord, que la remarque suivante de M. Armand de Vertus vient compléter : « l'auteur de l'histoire de la religion des gaulois » Dom Martin, a prouvé que le culte lunaire était répandu dans toute la Gaule…
« Je viens demander aux penseurs, je ne dis pas aux savants, aux penseurs sérieux, s'il est possible que des signes, des nombres (la trinité) et des sens identiques tout autour de la terre, ne constituent pas la preuve d'une communauté d'origine… une idée religieuse, la même chez tous les peuples… la trinité nuisible que les Egyptiens nommaient Osiris… »

M. A. Maury, de son côté, écrit, en commentant M. Bergmann (Les Gètes…) que ce dernier croit retrouver dans les Amazones le prototype d'une divinité caro-lycienne, dont il reconnaît le prototype dans la déesse lunaire, l'une des principales divinités des Hyperboréens, de la Thrace, lesquels sont pour lui à la fois des cimériens et des Celtes.

L'habitant de cette caverne du Règne du milieu appelle, nous avons vu, le sel de nature, son aimant, son chaos, son hyle -duquel, dans lequel, le philosophe taillera son émeraude-.

Pour rester sur le plan du « petite langage », et sans nous éloigner, malgré les apparences, de notre sujet, signalons la gravure et l'adage qui l'accompagne, en la planche XXI du Jardin chymique ou Viridarium chimicum, avec sa traduction :

Albert avait été nommé « Le grand »
Car il fut par son art; estimé pour ses études,
Versé dans des arts multiples, il laissa beaucoup d'écrits :
C'est par cela que son nom reste grand dans l'univers
Ceux qui ont écrit s'accordent, dit-il, sur un point :
Celui de l'hermaphrodite, doté des deux sexes

Un accord ?

Le seul accord possible entre tous les symboles et toutes les fables concernant l'androgyne -et qu'il serait hors sujet de développer ici- qui proviennent de la diversité des époques (depuis Platon et l'Atlantide jusqu'à Jacob Boehme, en passant par Bérose, de l'Etre bicéphale à l'ange bi-parti en conséquence de sa chûte) des races et des langues, le seul accord donc, s'exprime par le rebis, c'est-à-dire dans les propriétés de la Matière Première,en grec hyle, dont l'Androgyne représente l'initiale Y et dans les phénomènes qu'il manifeste au cours des stades successifs de son Information. Celle-ci s'opèrera au moyen de l'agent spirituel, du sel d'harmonie, symbolisé par l'évêque, (le druide ?)

Il est opportun ici de remarquer que « la grande piété mariale d'Albert ne l'a pas empêché, ainsi que saint Bernard, d'écarter la thèse de l'Immaculée Conception. » (Bernard Husson)

Page 310, Chapitre IX, Le guy sacré, p. 282, disions-nous. Nous rendant page 282 nous ne pouvons que constater que le titre Gui sacré, ainsi que dans tout le chapitre concerné, le gui est écrit avec un i et non un y. Il y a donc bien eu volonté, de la part de H. Boudet, de se servir de ce Y comme un indicateur.

Chez les Pythagoriciens, le Y est l'arbre de Samos… Sa branche verticale marque la monade, la gauche la dyade, l'ensemble étant donc la triade.
Nous pouvons aussi y rencontrer le corps, l'âme et l'esprit de l'androgyne, représenté par l'être à deux faces opposées.

Mais la représentation la plus conforme à la description de Bérose, transcription a IIIème siècle avant notre ère des traditions Chaldéennes, sera celle des XVIème et XVème siècle, l'androgyne a deux têtes couronnées sur un corps bi-parti, pourvu d'ailes : « Dans la création première, écrit-il, née au sein du chaos, avant la production des êtres qui peuplent actuellement la terre, il y avait des humains ailés à deux têtes, l'une d'homme, l'autre de femme, chacun portant des organes sexuels double, mâle et femelle. »

« C'est le type d'androgyne qui exprime le plus fidèlement les conceptions gnostiques, aussi bien aux premiers siècles de l'ère chrétienne que lors de leur remarquable et magnifique résurgence au début du XVIIème siècle… à savoir que l'Adam protoplaste était un être angélique, appartenant au plan subtil. » (Bernard Husson)

Parmi les miniatures peintes du Splendor solis de 1598 -conservées à Londres-, celle du rebis ou double mercure montre un « homme » à deux têtes rayonnantes (l'une masculine, l'autre féminine) et à deux ailes -l'eau et le feu à l'état d'équilibre-, habillé de noir : l'esprit -métallique- a été délivré de sa prison et rayonne. Microcosme, le rebis est aussi le paysage qui l'entoure en réduction : il est miroir, tenu d'une main, tandis que l'autre brandit un œuf, la génération dans tous les genres de la nature, aidée par l'homme. Dans une des variantes (1708-1718), l'œuf du monde est devenu une « cible », un ensemble de cercles concentriques; la coupe de l'œuf, un cromlech ?

En arrière plan, deux troncs d'arbres coupés, et semblant provenir de la même souche (deux frères morts) laissent pousser entre eux un nouvel arbre… H. Boudet l'écrivain du livre ne s'est-il pas fait inhumer dans la même tombe que son frère Edmond, le dessinateur de la carte ?

Nous pouvons donc maintenant lire notre titre

Le guy sacre
Et entendre,

G, U, Y Sacré,

J'ai (G) eu (U) l'hyle (Y) çà crée (sacré)

Le Grand Dictionnaire Universel du XIXème siècle nous signale, au sujet de l'Y une enseigne curieuse de tisserands bonnetiers :

A l'Y

Les Tisserands

Tisserands et drapiers étaient nombreux à Limoux, qui, comme le savent nos lecteurs, étaient fortement liés à la Sanch. Parmi eux, un alchimiste du XIXème, M. Cambriel auteur du « Cours de philosophie hermétique » paru en 1843 et qui s'annonce lui-même, comme fabricant de draps à Limoux. Selon Eliphas levy (Dogme et rituel de haute magie, Tomme 2) Cambriel ressuscita un de ses amis, forgeron.

Il fallait lire cette enseigne :

A LI GREGUES, c'est-à-dire en français actuel AUX CULOTTES

Et que nous continuerons

AUX CULTES ÔTÉ

Mais ne rentrons nous pas, à notre tout, dans ce domaine qui permit d'accuser les templiers de blasphème, les templiers qui chevauchaient la Cabale accompagnés de leur doubles étherique ?

Le doyen de Saint Patrick, pour revenir en une dernière remarque sur Jonathan Swift, ne manqua pas de faire répéter à Charles Quint que s'il avait à parler à son cheval,soit cabalistiquement, il le ferait en Haut Allemand -lange celtique- :

Krone : couronne, diadème
Leck : trou (to « throuw » croire)

Le Cromleck de Rennes-les-Bains et La vraie langue celtique apparaissent ainsi, définitivement, sous les grimaces de l'Androgyne comme la technique du voyage vers cYthère, Si terre, « c'est la force de toute force… tu auras la puissance du monde si tu la transforme en terre » (Table d'Emeraude).

Le tombeau, le trou, le bain dans lequel agit ceres, la reyne couronnée, la caverne en dolmen inversé, la grotte ayant puissance de vase : synonimes des différents aspects que peut prendre le sépulcre lumineux, résultat tangible de la dissolution programmée et non subie…
Le corps de l'Ame est le complémentaire du corps matériel : Nature s'esbaudit avec Nature, chaque sec attire avidement son propre humide. L'habitant de la caverne appelle le Sel de nature son aimant, son chaos, son Hyle…
« Au début du christianisme, jusqu'en 325, la réincarnation faisait partie des canons. Après cette date, qui est celle du Concile de Nicée, elle fut condamnée à travers l'œuvre de ce curieux docteur de l'Eglise (non canonisé) qu'est Origène. » (Léon Gineste, L'alchimie expliquée par son langage).
La réunion matérielle des deux corps est la clé de la compréhension, le point de vue qui permet de voir la porte ouverte, la porte du Palais fermé du Roi… lazare veni foraz…

La mort, alors, L'Ame hors, hors l'ame

Alors, oui, lecteur, il est possible de commencer les aller-retours entre le sel étoilé et le ciel étoilé, le voyage vers Compostelle. Si Moïse, en montant au ciel, trouva Dieu occupé à tresser des couronnes aux lettres, nous devons comprendre que, vu de la terre, Dieu tresse les lettres en couronnes…
Avant d'ouvrir le livre, afin de ne pas bouder ton plaisir, analyse les propriétés du gui, rare sur les chênes, même Kermes en roussillon…

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Zephyrin