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| Un étrange document manuscrit? |
En
2003 nous a été donné, pour information, un document.
Il s’agit de 4 feuilles d’un format inhabituel de 16,5cm de
large pour 22,7 cm de haut. Le papier très fin ressemble à
celui utilisé par exemple pour les missels, bréviaires ou
des ouvrages, d’une qualité certaine, très épais
du 19ème siècle par exemple.
Sur chacune de ces feuilles on trouve une écriture bien déliée,
calligraphiée avec attention semble t’il, dont l’élégante
cependant ne devait pas être le premier souci de son auteur.
Le texte est rythmé par des sortes de quatrains en latin. De plus
on s’aperçoit que les rimes s’accordent, deux lignes
par deux lignes, sur les terminaisons phoniques latines. Ce genre d’exercice,
de toute évidence, est fait pour une lecture harmonieuse dans cette
langue morte et non pour des rimes à la traduction. Ce travail d’écriture,
s’il est sans doute réalisable, ne peut être mis en place
que par un auteur maîtrisant parfaitement le latin et l’équilibre
de son texte. Cette remarque peut exclure l’idée d’une
farce facile à la portée de tous pour une écriture
en français courant.
Chaque quatrain est précédé ou annoncé par un
mot qui, sous toutes réserves, pourrait bien être la déclinaison
chronologique, lettre par lettre, d’un alphabet hébraïque.
Sur les quatre pages en notre possession se déroulent, en latin,
vingt deux quatrains titrés d’une lettre écrite elle-même
en toutes lettres de notre alphabet. Nous avons également obtenu
la traduction du texte groupe par groupe de lignes qui en français
ne riment plus du tout.
Il est difficile à première vue de comprendre le sens et le but d’un pareil document. Il aurait été plus facile d’établir un rythme de rime similaire en écrivant directement en français courant, ou dans une autre langue vivante. L’expression en latin a t’elle une signification particulière ou n’est-elle qu’un simple exercice de style ?… Difficile de répondre. Certes la perspective générale et le ton peuvent faire penser aux fameuses ‘Prophétie de Nostradamus’, mais en moins dramatique. Rien à première vue n’autorise un rapprochement immédiat avec l’affaire de Rennes-le-Château, si le vingtième quatrain n’ouvrait sa première ligne sur le mot ‘rheda (leoni dat viam)’ et une autre sur Madeleine (et non Marie-Madeleine). Nous remarquons également que le nom de Bugarach se lit dès le second quatrain, à la troisième ligne. De plus la personne qui nous confiait copie de ce document d’une certaine façon est impliquée dans les affaires de Rennes-le-Château. Pour ces raisons, mais avec cependant les réserves d’usage en la matière, nous joignons ce manuscrit dans ce registre.
Evidemment
sur un plan plus symbolique de nombreux ‘détails’ dans
le texte pourraient être pris pour l’empilage d’éléments
voilés se rapportant à notre affaire. Le nombre de vingt-deux
quatrains non plus n’échappe pas à la comparaison avec
les vingt deux lames des arcanes majeurs du Tarot. Cependant il est prématuré
de trop supposer en l’absence de plus d’information sur cet
écrit qui nous semble pourtant, pour l’instant, à signaler.
Il y avait avec ce texte, qui nous fut remis, une lettre d’accompagnement
pour le destinataire. Ce courrier donne des informations sur la découverte
de ces quatre pages et les raisons de cette transmission insolite.
Toutefois nous pouvons ajouter que selon la lettre d’accompagnement
ces écrits proviendraient d’Espagne et auraient été
expertisés et datés « des années 1830 ».
Traduction
de la première page

| Aleph | alabastrum
reficitur a cyreneo traditur per manus primae columbae rapitur foras galilae |
le
vase d’albâtre est restauré par le cyrénéen il est remis par les mains de la première colombe on l’enlève loin de galilée |
| Beth | bonis
supernis implevit Quos falce sua redimit Burgaragio videtur Diurne comburano robur |
il
a rempli des biens d’en haut ceux qu’il a rachetés de sa faux depuis bugarach on le voit à midi consumant le chêne |
| Gimel | gallinae
voce prae gallo Antequam impleret cursum Aquam eduxit de ramo Et plasmavit florem merum |
à
la voix de la poule surpassant le coq avant d’accomplir sa course il a fait jaillir l’eau de la branche et modèle une fleur pure |
| Daleth | de
rota septemtrionis urbe electa inter aquas fines circuli terminas quo nucleum concupiscis |
délice
du septentrion ville choisie parmi les deux tu marques les limites du cercle où tu convoites le noyau |
| He | hedera
hic radicavit Sed fructum suum non dadit Saltare didicit longe Sicut haedus in aethere |
le
lierre ici a pris racine mais il n’a pas donné son fruit il apprit à sauter au loin comme le chevreau dans l’éther |
| Vav | vexillum
bello dat signum Vespae ascendunt ab austro Acumen equitum fractum Sidus suspensus in caelo |
l’étendard
donne le signal pour la guerre les guêpes montent du sud le dard brisé des cavaliers est un astre suspendu au ciel |
Traduction
de la deuxième page

| Zain | Zelatores
arcanorum Ab oculis absconditem Non adspiciunt margaritam Quae occurrit ad figulum |
Ceux
qui sont jaloux des secrets N’aperçoivent pas la perle Qui est cachée au regard Et qui s’offre au potier |
| Heth | Hemeridis
ad radices In medio olte collies Revolvitur vernus lapis Ad conculcandum capites |
Aux
racines de chêne Au milieu de la colline de l’olive La pierre du printemps est roulée Pour écraser les têtes |
| Teth | Terribilis
domus ista Quo limen tangit tartara Ancilia custodit ostium Ferens coronam sanctorum |
Elle
est terrible cette maison Dont le seuil touche les enfers La servante garde l’entrée Portant la couronne des saints |
| Jad | Janua
noctis patitur Sera temporis frangitur Iter patet ad inventum Sed mane iterum clausum |
La
porte de la nuit s’ouvre Le verrou du temps est brisé Le chemin s’ouvre pour la découverte Mais le lendemain est à nouveau fermé |
| Caph | Cardine
anni vespere Sub tutela turriculae Regina noctis exorta Scutum verberat lancea |
Au
soir du solstice d’été A l’ombre de la tourelle La reine de la nuit levée La lance frappe le bouclier |
| Lamed | Latere
Fisso tumuli Rivulus manta lacrimas Statim silice voratas Donoc resurgent temport |
Du
côté du tertre fendu Un ruisseau épanche des larmes Aussitôt dévorée par la roche Jusqu’à ce qu’elle ressurgissent en leur temps |
Traduction
de la troisième page

| Mem | Mutata
vinum in aqua Per occultas subterrenas Emundat radices sacras Pergens rursus perlucidam |
L’eau
est changée en vin Par des voies cachées sous terre Il enivre les racines sacrées Poursuivant sa course étant devenu transparent |
| Nun | Nive
albescuntur saxa Lepra senescunt arbores Via sindone sepulta Praeter cruciformi fontes |
Les
rochers sont blancs de neige Même les arbres sont sénescents Tout est enseveli dans un linceul Hormis les sources en forme de croix |
| Samech | Soporatus
sub tegmine Exspectat pastor oblitus Ut liquefactis ab luce Ovibus fiat proevinus |
Solitaire
sous le couvert Le berger oublié attend Pour que libérées du gel par la lumière Les brebis commencent leur retour |
| Ain | Ait
bodie cras negat Ut in foramina petrae Sub aeditua fodiat Conam passa luciferoe |
On
dit qu’il est grand le nom Pour que dans le creux du rocher On creuse sous la gardienne du temple Aux cheveux défait par la pénitence |
| Phe | Pharetra
jacta panditur Sagittae carent sepulcro Arcus intentus in fulgur Alitur jactu ignea |
Le carquois jeté est ouvert Les flèches manquent de sépulture L’arc est fendu vers l’éclair Il est nourri d’un éclair de feu |
| Sade | Seminarit
in lacrimis Magdalena super montem Quo posit(?) in tenebris H (?) manet (?)sque ad finem |
Elle
a semé parmi les larmes Madeleine sur la montagne Où déposée dans les ténèbres Elle demeure ici jusqu’à la fin |
Traduction
de la quatrième page

| Qoph | Quadraginta
septem annis Involutus regis pannis Sceptro ferreo imperat Draconem aeris conculcat |
Pendant
quarante sept ans Enveloppée des langes du roi Il gouverne d’un sceptre de fer Il écrase le dragon d’airain |
| Rech | Rheda
leoni dat viam Plostrum majus junctum bovi Falco ruit super praedam Agnum extorquet homini |
Rennes
ouvre le chemin au lion Quadrige attelé au bœuf Le faucon fond sur la proie Il enlève à l’homme l’agneau |
| Sin | Si
speluncam ingressus est Jam luce non fulgidus est Neque sole neque luna Intus rorabunt oscula |
Si
tu entres dans la caverne tu ne rayonneras plus de lumière Ni de soleil ni de lune Au-dedans les baisers distilleront la rosée |
| Tav | Tabernacul (page déchirrée…) | Tente… (fin de texte, page déchirée) |