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Société Périllos ©

Le site de Durban-Corbières

 

Les origines de Durban remontent au plus profond passé de la région des Corbières. Des écrits mentionnent le lieu dès le Xe Siècle et son étymologie proviendrait du gaulois « duro » (fortification) et « bann » (corne). De nombreux témoignages archéologiques confirment une présence humaine dès la préhistoire, plus conséquente à l’âge du bronze et particulièrement depuis la conquête romaine. Après cette dernière, ce sont les Wisigoths qui marquèrent le plus la mémoire, que ce soit au travers des noms, de l’architecture ou du mode de vie des habitants de cette région.


Le site Durban-Corbières d’après la carte de Cassini

Aujourd’hui Durban est au centre de la région viticole renommée des Corbières. Chef-lieu de canton de 14 communes, le village est dominé par un château féodal dont les vestiges rappellent une place forte contrôlant fermement les vallées de la Berre et du Barrou.
Le souvenir de l’existence d’une église paléochrétienne du IIe siècle, dédiée à Saint Just, permettrait de situer un village primitif un peu en aval. L’église définitive, ancienne chapelle du château sous le vocable de Saint Just et Saint Pasteur, daterait du XIe siècle. Jouxtant le cimetière, une chapelle gothique, Saint Hippolyte, aurait abrité un caveau relié par un souterrain au château des maîtres de Durban. Un peu plus éloignés du bourg, sur une petite élévation, les vestiges pré-carolingiens de l’ancienne église Sainte Ruphine intriguent par leurs légendes, par son cimetière oublié et par ses murs bâtis en « arête de poisson », apparemment wisigothiques. Ce sanctuaire, halte religieuse obligée, se trouvait sur l’antique chemin de Sigean, Fraïsse, et Saint Jean-de-Barrou. Tout au long de cette desserte millénaire, les restes de sites romains fortifiés, mines antiques, tombes mérovingiennes, montrent toute l’importance de cette voie d’accès aux anciennes mines de Villeneuve, Cascastel et Albas... sous la vigilance protectrice du fort de Durban.
Aux époques féodales des croisades, le castel se constitue sous la forme d’une puissante enceinte protégeant toute la partie haute du village, encore maintenant appelé « Le Fort », et capable de soutenir des sièges importants. Lors de la croisade contre le catharisme, Durban choisira la bannière de Simon de Montfort....
Au XVIe siècle, avec la Renaissance, les modes de vie, le territoire et l’architecture de Durban évoluent vers une destinée plus agricole que guerrière.
La situation géographique de Durban fait de cette cité, jusqu’au rattachement du Roussillon à la France, un important poste frontalier avec l’Aragon. Cependant, bien que fidèle à la couronne de France, le comté de Durban lie étroitement ses origines et son histoire aux anciens territoires ibériques. On suppose que les relations de voisinage n’étaient guère difficiles, car l’empreinte espagnole émaille régulièrement le passé de Durban. Ainsi le culte à Sainte Ruphine provient de Séville, comme celui primitivement dédié à Saint Just dérive d’une Sainte Juste martyrisée en compagnie de Sainte Ruphine. Ensuite les premiers seigneurs de Durban sont connus sous le nom « Ibérinus » signifiant « l’Espagnol »...Ajoutons que le territoire de Périllos, dernier bastion aux confins des terres de Catalogne, passera tardivement sous la tutelle des « La Treilles - Gléon – Durban », seigneurs des lieux depuis 1450 jusqu’au 22 mars 1873... date à laquelle le château est voué à l’abandon.

De tous temps l’histoire de Durban rejoint, avec plus ou moins de bonheur, la grande Histoire de notre pays. Ainsi on le retrouve allié au vicomté de Narbonne, au roi d’Aragon (1289), à Philippe le Bel (1309), Charles VI (1385) , Marie d’Anjou reine de France (1450), aux comtes de Foix (1455), chevaliers de St Jean de Jérusalem (1503), au prince de Condé (1637) etc, et ce ainsi jusqu’au XIXe siècle.
Sur les chroniques de Durban planent d’étranges et merveilleux récits tout en mystères et énigmes encore en attente d’être élucidés.