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Société Périllos ©

Les seigneurs de Durban

 

D’étranges attentions pour un docteur

On se rappelle, avec grand intérêt, du Dr. Paul Courrent célèbre pour la commune de Rennes-les-Bains, où un jardin au centre de la ville lui a été dédie… ainsi que dans l’affaire de Rennes-le-Château. Ce qui est sans doute un peu moins connu c’est qu'il fut, par son état de médecin, un important témoin des derniers jours, ou derniers instants, de la vie de Saunière. De fait, fut-il probablement à propos d’une ou plusieurs ‘ultimes confidences’ de l’abbé Saunière sur son lit de mort. Il est sans doute également des plus troublant qu’après la mort du docteur, soit près de trois décennies plus tard, des archives personnelles sur certains aspects oubliés à l’époque par l’ensemble des ténors en ce qui concerne l’affaire de Rennes-le-Château, aient été volées à son domicile. Si ces manuscrits ont subitement disparus sans qu’il y ait eu effraction ou cambriolage, il est possible que ce soit les conséquences d’une maladresse ou inattention de la part de ses proches… ou de ses héritiers… Certes, se débarrasser de paperasses encombrantes n’a rien de répréhensible, cependant il y aurait tout lieu de croire, et pourquoi pas, que ces écrits puissent avoir été directement liés avec le mystère de Périllos et par conséquence l’énigme de l’abbé Bérenger Saunière.

Entre les deux événements, lorsque ce médecin du Razès prend sa retraite, il y a toutes les raisons de penser qu’il le fasse dans le pays qu’il semblait tant aimer. Or, contre toute attente, il choisit résolument de s’en éloigner pour s’installer à Embres-et-Castelmaure. Cette décision à elle seule assez surprenante le devient encore plus du fait que cette charmante commune se trouve à très courte distance de Durban-Corbières, un autre village, chef-lieu de canton connu pour avoir reçu la visité de Bérenger Saunière lui-même. On note, pour rappel que ce fut dans cette dernière paroisse que furent vicaires messieurs les prêtres Gélis et Boudet… Enfin soulignons que c’est d’Embres, au passé et vestiges remarquablement riches, que part le plus antique chemin direct reliant ce secteur à celui de Périllos. Peut-être pour ces raisons historiques peut-on envisager que le docteur Courrent ait porté son choix d’amateur éclairé d’antiquités…
Pourtant, loin de s’intéresser aux ombres oubliées du vieux territoire où il s’est retirer le docteur Courrent, contre toute attente entreprend plutôt d’écrire une histoire des seigneurs de Durban-Gléon.
La Société Périllos suivant les traces de ses trois prêtres du Razès, auxquels nous ne manquons pas d’ajouter l’abbé Bigou, ne pouvait manquer de conduire ses travaux de recherches sur ce secteur audois au passé parfois assez trouble. C’est au cours de ces investigations que nous parvenions, après des années, à l’opportunité de récupérer un nombre d’éléments surprenants dont une volumineuse généalogie manuscrite concernant les gros barons de Durban. Ces documents inédits, une fois étudiés, montrent qu’ils furent utilisés par Courrent lui-même pour constituer un manuscrit des plus précis et surprenant, que nous avons précisément employé dans nos diverses présentations sur l'histoire des seigneurs de Périllos. En effet, au cours de l'annexion du Roussillon au Languedoc par la couronne de France Languedoc-Roussillon, le titre des "Vicomtes de Périllos" est transféré, sans autre procès aux seigneurs de Durban qui, pour la circonstance prennent également possession des archives de Périllos. La Révolution Française, à son habitude, emporte dans ses fiévreuses tourmentes la destruction par le feu d’importantes archives nobiliaires. Cependant en ce qui concerne le durbannais pour des raisons restées inconnues, des mains anonymes soustraient alors à la folie dévastatrice toute la partie de ces archives concernant les titres des seigneurs de Périllos passés aux barons de Durban. Si nous restons discret sur les familles durbannaises ayant conservées pieusement ces précieux éléments manuscrits, nous pouvons ajouter qu’elles détenaient également deux photographies de l’abbé Saunière en compagnie de leurs ancêtres de l’époque et une série de cartes postales offertes précisément par le prêtre lui-même à ces personnes… C’est parmi ces dernières que nous retrouvons Saunière venant régulièrement prendre de pantagruéliques repas… prétexte officiel pour émailler agréablement l’étude des documents récupérés à la fin du 18e siècle…

Polémique

Comme d'habitude dans l'histoire de Rennes-le-Château, après l'annonce de notre découverte, surgissent les incontournables allégations contestant l’authenticité de notre découverte. Plus spécifiquement la virulence de l’attaque se tourne contre André Douzet, traditionnellement battu en brèche en ce qui concerne le lien, semble t-il insupportable pour les ténors, entre l’affaire de Rennes-le-Château et le passé de Périllos. Il est donc rapidement, et sans autre forme de procès, fait état que cette généalogie manuscrite, forte de plus de cent pages en grand format écrite par le Dr Courrent est ‘clairement’ qualifiée de faux… Ces accusations, évidemment infondées sont encore lancées de préférence par ceux qui n’eurent jamais le document en main, mais plus surprenant encore par nos détracteurs habituels ayant eu l’occasion de pouvoir le consulter personnellement. Le but évident de ces manœuvres diffamatoires et mensongères est celui, maintenant bien rodé, d’entretenir d’abord comme irrecevable, et ensuite présenter comme ‘risibles’, les éléments attestant formellement que le cœur du mystère de Rennes-le-Château se trouve dans les ombres oubliées de Périllos.
Nous en étions encore là il y a quelques jours seulement… Cependant cette ‘vision’ est maintenant devenue irrecevable avec les conclusions des recherches conduites par Jérôme Landgrafe. Et c’est avec certitude que "nous" pouvons maintenant annoncer que de telles critiques sont formellement fausses et non fondées. Cette affirmation s’appuie, sans erreur possible, sur une version éditée donc incontestable, du fameux manuscrit en notre possession. Ce que venait de retrouver notre ami est une partie complète du volume manuscrit reproduite mot à mot. Les dates d’édition interdisent toute idée que nous ayons pu être les auteurs d’un faux… il y a plusieurs décennies. Ce constat rend, non seulement définitivement caduque les attaques mensongères lancées contre nous en faux et usage de faux, mais crédibilise l’hypothèse de la relation entre Durban, Périllos l’affaire de Rennes-le-Château et ses protagonistes religieux, l’abbé Saunière en tête!

La version éditée

La version éditée retrouvée ayant pour nom « Recherches sur le Département de l'Aude, Avec Illustrations et Blasons, 2ème série », identifie clairement le Dr. Paul Courrent en tant qu'auteur. Cette édition est issue des "Imprimeries Gabelle" de Carcassonne.
On trouve dans cet ouvrage l'information bibliographique suivante : « 25 copies sont numérotées de I à XXV, avec 150 copies numérotées de 1 à 150." C'est dans ce livre qu’est présentée la fameuse généalogie de Treilles-Gléon-Durban. Ajoutons que ce travail, dans l’indifférence générale, n’a visiblement jamais intéressé quelque chercheur que ce soit en la matière…
En ce qui concerne le manuscrit de Courrent en notre possession nous constatons qu’à aucun moment l’auteur ne donne ses sources d’informations bibliographiques en ce qui concerne la grande généalogie. En échange dans la version ‘éditée’, ces dernières sont partiellement fournies avec entre autres les origines suivantes:
- « Généalogie de la Maison de Treilles » par de Beaujon
- Le manuscrit de la ‘Maison de Rieux’ déposé à la bibliothèque de Carcassonne
- Les registres de paroisse de Villesèque des Corbières
- Des informations concernant la famille de Gléon en possession de cette dernière (possédées par M.H. Bonnes).

Dans l’ouvrage en question il est écrit, à propos de la copie ‘texto’ des notes manuscrites du Dr Courrent, qu’au lieu de donner une interprétation libre des éléments, l’édition reproduit scrupuleusement le contenu des pages 79 à 81 afin de confirmer ce qui est exposé plus loin et par ailleurs.

Observations accessoires

Nous noterons que divers membres de la famille des Durban-Gléon étaient « chevaliers dans l'ordre de saint Jean de Jérusalem »… tout aussi bien que de l'ordre de Malte. Ceci est des plus intéressants car cette mention se rapporte à Jean Baptiste François de Gléon, marquis de Gléon, qui se marie en 1749. Cette remarque peut éventuellement être à retenir car ce De Gléon devient également chevalier, dans cet ordre illustre, peu de temps après que Ramon de Perellos y Roccafull y ait tenu la vénérable charge de grand-maître. Coïncidence ?
Observons encore que dans les générations précédentes Edouard de Durban-Gléon, avec la dispense du pape Gregoire XIII, épouse sa cousine une certaine Gabrielle de… Voisins de Cornebarrieu. Paul Courrent observe que ces fameux seigneurs "de Voisins" viennent de la lignée de Pierre de Voisins, qui fut par le passé seigneur de Couiza et de Limoux… situé sur le secteur de Rennes-le-Château. Il s’agit là, nous le comprenons d’un personnage et d’une région qui jouèrent un rôle primordial dans le mystère de ce village du Razès.

De telles observations doivent, dès à présent, conforter le chercheur à considérer l’importance de Durban dans le mystère de Rennes-le-Château et de Périllos… cette commune étant à mi-distance historiquement, pour Saunière, afin d’aller d’une place à l’autre et obtenir les informations essentielles sur le passé oublié de Périllos. A tout ceci nous ajoutons le fait que Courrent est contemporain de Henri Boudet, prêtre de Rennes-les-Bains, qui avant cette nomination fut vicaire de Durban. Cette fonction lui a forcément permis d’accéder sans le moindre problème à certains registres et archives religieuses de la paroisse de Périllos… qui, et c’est pour le moins curieux, disparurent entièrement en cette seconde moitié du 19e siècle du presbytère de Durban ! Au moment de conclure nous pouvons encore nous demander, depuis toutes ces remarques, si le Dr Paul Courrent n’eut pas accès à certains éléments du penon généalogique des titres de Périllos passés aux de Durban non pas par l’abbé Saunière à l’agonie mais plutôt par… l’abbé Boudet lui-même. En ce cas la connaissance de ce dernier serait un nouveau révélateur sur le savoir de ce dernier prêtre dans l’énigme de Rennes-le-Château…

Filip Coppens