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Société Périllos ©

Les secrets de l’église de Périllos
(3ième partie) - ouverture sur un secret

 

Détour par Courtade

Il est fort possible, voire certain, que le secret de l’église St Michel de Périllos ait été la propriété, non seulement des seigneurs de Périllos, mais également de quelques autres personnalités religieuses, et de haute volée, comme nous l’avons démontré plusieurs fois. Il est tout aussi certain que plusieurs ecclésiastiques, du Razès voisin, savaient une importante partie de ce contenu.
N’oublions pas que le notaire B. Courtade avait eu accès à tous les actes de propriété et testamentaires concernant les terres de Périllos, et aux terriers du village, au 17e siècle. Courtade est également le nom du curé de Brenac, ami de Bérenger Saunière, issu de la branche familiale du notaire en question… On peut se demander quelle était la teneur des renseignements et documents que lui demandait inlassablement l’abbé de Rennes-le-Château. Sans plus d’éléments, nous ne dirons pas que les informations demandées pouvaient être en liaison avec les archives du notaire royal, à propos des territoires du Roussillon en passe de se retrouver sous la houlette de la couronne de France quelques années plus tard… mais nous pouvons le supposer.

Du tracé jaillit le savoir

Revenons à cette église qui est, rappelons-le, l’ancienne chapelle des seigneurs… tout comme l’était celle de Rennes avant de devenir l’église du village. Cependant, si celle de Rennes changea de vocable pour adopter celui de Ste Madeleine, pour Périllos le sanctuaire est resté sous la bienveillance de son premier patron : St Michel archange.
Nous avons établi l’hypothèse de son emplacement positionné sur l’ouverture d’une série de cavités et réseaux souterrains naturels utilisés à plusieurs fins, mortuaire et vitale, par les seigneurs locaux. Si nous n’avons pas pu savoir la nature du mécanisme qui permettait, en un temps assez court, d’accéder au sous-sol et de se refermer sans laisser trop de traces, nous en avons par contre localisé l’emplacement.
Il est temps à présent d’aborder les perplexités situées sous cet édifice religieux.
Nous avons pu réaliser, avec l’accord de la mairie d’Opoul, que nous remercions vivement ici, le relevé technique du bâtiment. Ce relevé architectural est à présent disponible et fera l’objet d’un dossier ‘spécial’ concernant l’édifice. Nous l’avons volontairement voulu technique et dénué de toutes autres interprétations. Chacun, depuis ce document, se forgera sa propre hypothèse sur le sujet, en fonction de ses aspirations.
Le relevé en élévation exécuté par triangulation est rigoureux en cotations et angulations et ne permet aucune dérive. On voit, à la lecture du tracé, qu’effectivement il y eut une emprise de base primitive étroite et courte qui peut correspondre à une sorte d’oratoire. Ensuite, on trouve le tracé plus étendu et large qui doit correspondre à la chapelle castrale. Enfin, se superposant aux deux premières bases, la construction de l’église actuelle, retracée à 90° de la première bâtisse digne de ce nom.

Première esquisse d’un sanctuaire

On trouve une base de pierres appareillées, formant une fondation en surépaisseur, à droite en entrant dans l’église, qui s’étend à l’ouest de la nef, pratiquement jusqu’aux fonts baptismaux. Il s’agit d’une sorte de tracé rudimentaire formant un angle droit avec ce qui reste de deux murs extrêmement anciens. Il peut s’agir des derniers vestiges d’une construction conséquente si on en juge par l’épaisseur de ses bancs de fondations. S’il s’agit d’une muraille, elle peut, tout au plus, être celle d’une tour non angulaire, mais certainement pas les restes d’un rempart de défense, en raison, justement, de cet angle qui n’aurait pas lieu d’être à cet endroit. Si cette solution n’est guère satisfaisante, nous pouvons en échange admettre nous trouver sur l’emplacement d’un petit édifice religieux, un sanctuaire par exemple. Ce serait une solution satisfaisante s’il n’y avait pas cette épaisseur de mur si conséquente d’environ 1,50 mètre.
Par contre, ce petit bâtiment à forte muraille devient tout à fait acceptable si on reprend le fait qu’il doit dissimuler, dans son sous-sol, l’entrée vers une faille naturelle qui doit, de tous temps, rester méconnue de tous. Ajoutons qu’il est tout à fait envisageable que le lieu ait été ‘sacralisé’ en raison de son ouverture vers les entrailles divinisées de la terre depuis des temps immémoriaux. En ce cas, un petit sanctuaire, ou autre monument, élevé à d’obscures divinités pouvait fort bien s’être superposé ici jusqu’à l’apparition d’un oratoire édifié par la religion naissante… Cette dernière, pour des raisons oubliées, aurait cependant perpétré un axe de construction orienté… vers le Nord! Cette raison peut être d’ordre mystique, mythique ou issue d’une religion ‘polaire’. Celle-ci pouvait être soigneusement occultée sous les apparences d’une innocente errance concrétisée par ce choix délibéré de trois chapelles tournées dans cette direction nordique hautement symbolique !
Les seigneurs locaux, ayant eu connaissance des privilèges redoutables de leurs terres, auraient soigneusement, en ce cas, perpétré ce culte, même, et surtout, à travers la nouvelle religion naissant il y a près de deux mille ans… Cette dernière, à son tour, usait secrètement du pouvoir magique et sacré des lieux de ce territoire choisi parmi tant d’autres pour protéger son secret le plus profond : celui d’une ou plusieurs tombes pour le moins encombrantes, dangereuses et royales. Le secret des sous-sols sacrés de Périllos a pu être partagé par ses premiers seigneurs, les souches naissantes de la royauté et la nouvelle Eglise assoiffée de pouvoir. Ainsi a pu naître le premier oratoire, sans doute déjà dédié au maître sacré des sommets : Saint Michel archange !

Le sanctuaire

La seconde construction

Le temps se déroule… et les premiers seigneurs de Périllos, conscients de ce que représente ce secret, ne peuvent que le protéger, en profiter et surtout s’en servir à des fins mortuaires, à l’avantage, peuvent-ils penser, de leurs seigneuriales dépouilles. Dès ces instants, les femmes seront exclues de ce savoir et de la nécropole installée sous le lieu…

St Barbe

Alors, sur les vestiges des premières constructions rituelles, voire le premier oratoire, est édifiée la chapelle des seigneurs de Périllos. Là encore, il s’agit de l’implantation d’une chapelle ostensiblement orientée nord-sud. La tradition sera ainsi entièrement respectée. C’est sans doute aussi l’époque des premières constructions de la chapelle de Ste Barbe et de l’oratoire, dédié à Ste Thérèse (déjà inscrit en 1654), incorporé dans le ‘domaine’ primitif de la Belle Oriole ! Le souvenir imposé à ce lieu fut tel que de tous temps, comme nous l’avons vu dans une étude précédente, les trois chapelles du territoire de Périllos se sont trouvées unies dans cet axe ‘polaire’ pour le moins insolite et contraire aux autres édifices religieux, habituellement orientés de l’est pour le choeur à l’ouest pour la nef.

Une orientation obstinée vers le nord

Cette chapelle, nous en avons re-localisé, avec une infime précision, tout le tracé au sol, tant à l’intérieur de l’église qu’à son extérieur. Il s’agit d’un édifice effectivement orienté nord (pour l’entrée) et sud pour le chœur. Ce dernier, à chevet plat, se voit encore entièrement à l’extérieur et en surplomb du cimetière.
On distingue parfaitement, au relevé d’état des lieux en élévation, l’implantation de murailles en reprise sur des fondations primitives. L’implantation forme une courte partie au nord et sur toute l’ancienne longueur… qui devient, pour la circonstance, la largeur de la nef à l’ouest, s’achevant au sud vers les fonds baptismaux actuels. Du côté droit du portail d’entrée à la petite cuve baptismale, nous sommes entièrement sur l’ancien tracé de l’oratoire et du temple primitif. On note seulement un léger décalage de quelques degrés qui dut permettre de replacer l’orientation vers un nord-sud plus près de la réalité magnétique. Cette ‘rectification’ se lit parfaitement à la superposition du mur de la chapelle qui prit ses fondations directement sur l’arasement de l’ancien appareillage primitif. Ces remarques sont visibles directement sur site… pour peu que l’église soit ouverte. Nous précisons que pour cela, nul besoin d’un théodolite, ni d’être spécialisé dans l’art de remonter les murs médiévaux… un simple coup d’œil suffit et nous sommes très étonnés que personne n’ait fait ces remarques élémentaires avant nous.
La chapelle castrale était d’un tracé simplifié à l’extrême. Au sud, le chœur avec un maître-autel appuyé contre un chevet à fond plat consolidé à l’extérieur par deux contreforts encore existants. A l’intérieur, une nef à travée unique dont on retrouve la longueur tenue dans la largeur actuelle de l’église sur le côté ouest. Ce détail s’accrédite, s’il le fallait encore, par le très beau vestige d’un arc roman de grande pureté s’appuyant sur des bases torses à chanfreins probablement wisigothes. Cet arceau délimitait la fin, au sud, de la nef et le début du chœur… L’entrée de l’édifice est celle que nous utilisons encore aujourd’hui… Résolument, cet accès est resté au nord. Cependant, ce qui est maintenant le côté nord de l’église formait sans doute un pignon en forme de fronton dominant ce court parvis surmonté de sa pierre de ‘réparation’… On peut deviner à l’extérieur où s’arrêtait ce qui était le pignon, loin de la reprise du chœur arrondi actuel.
Ces tracés, dans l’état des lieux, montrent une rigueur nettement supérieure en angulation de 90°, à sa base, que celui de l’édification des derniers murs que l’on voit aujourd’hui, semblant construits à la hâte et sans grand soin ni finitions.
On peut affirmer ici que seule la partie de l’angle intérieur, à droite en entrant dans le sanctuaire et jusqu’aux fonts baptismaux, se superpose rigoureusement avec le tracé primitif.

La chapelle des seigneurs

Une porte pour les morts ?

Serres, Porte des morts

De ce qui reste de l’ancienne chapelle nous pouvons déduire qu’il n’y eut jamais d’ouverture du type permettant de recevoir une verrière ou un vitrail… Il est donc permis de dire que cet édifice était dépourvu de toute ouverture d’éclairage.
Cependant, une porte au nord, à l’époque médiévale, avait pour nom « Porte des morts » ! On trouve ce ‘détail’ architectural dans de rares églises romanes du Languedoc… comme à Serres, Rennes-le-Château, et dans d’anciennes chapelles, dans le Minervois par exemple. Cette porte était systématiquement murée dès la consécration du sanctuaire. Symboliquement, elle était réservée au seul usage de l’âme du mort qui était censée l’utiliser, dès après la messe funèbre, afin de se détacher à jamais de sa dépouille et quitter le monde des vivants. Jamais personne ne devait franchir ce seuil de son vivant sous peine des pires superstitions. A cet effet, elle était murée le plus tôt possible ! Le porche d’entrée des fidèles se trouvait en principe sur le mur pignon principal. Ici, pour St Michel de Périllos, le porche d’entrée principal se trouve au nord, sans souci de la superstition et des promesses de malheurs qui immanquablement l’accompagnaient à ces sombres époques. Une nouvelle fois, le nord, pour les Périllos, ne semblait pas être un obstacle… mais bel et bien la représentation d’un espoir et d’un savoir certain, craint, oublié ou… soigneusement occulté !

La troisième et dernière construction… d’un arbre pour cacher la forêt

Et nous voici arrivés à la dernière construction, celle de l’église de Périllos telle que nous pouvons la visiter… du moins quand elle est ouverte. Il s’agit là de l’ultime sanctuaire du village qui supplanta les premiers édifices : temple, oratoire et chapelle castrale. Une description n’est guère utile puisqu’il suffit à chacun de venir sur place pour la comprendre. En résumé, il s’agit d’une construction faite hâtivement, sans grand soin et en tous cas sans l’aide d’un bâtisseur patenté. De la chapelle il reste :
Le porche d’entrée, au-dessus duquel a été ajoutée une pierre de ‘réparation’.
Le mur pignon ouest. Ce dernier a été surmonté d’un mur fronton en forme de clocher avec l’emplacement pour deux cloches. L’une a été dérobée il y a longtemps. La seconde a été ôtée par une main que l’on souhaite charitable. Cependant, à ce jour, cette ‘main’, depuis des années, n’a toujours pas signalé son geste pieux… Par contre, cette seconde cloche aura beaucoup de difficultés à sonner, même le glas, car celui qui la possède sait qu’elle ne dispose plus de son battant ! Nous reviendrons sur ce sujet très prochainement.
En attendant, regardons de l’extérieur ce mur pignon ouest. Nous y distinguons nettement la ligne qui délimitait le chaînage et le faîte de l’ancien bâti. Sur ce dernier, on a grossièrement monté le mur fronton que l’on voit maintenant. On a donc là une autre indication parfaitement visible de la dernière modification du lieu. Sur la façade arrière, au sud et côté cimetière, on distingue, là encore de manière certaine, l’arcade romane sur ses colonnes wisigothes, entièrement comblée. Le travail de fermeture, ici encore fait de manière malhabile, laisse deviner la forme de ce qui était la fin de la seule travée de nef.
En regardant ce mur depuis l’extérieur, puisque maintenant l’église est fermée l’été, le visiteur doit se rendre compte que là où il se trouve… se trouvait le chœur de la chapelle des seigneurs ! En observant, d’où nous sommes, cet appareillage de muraille, on peut voir, à droite (à l’est), en surépaisseur la construction du chœur de l’église ajoutée lors des derniers travaux de modification. Tous ces détails, bien visibles, montrent bien le pivotement de l’insolite vieille orientation nord-sud, en un axe irréprochable est-ouest qui, en principe, devait suffire à dissimuler de nombreuses choses dans l’esprit de ce sanctuaire.

L’autel primitif de la chapelle des seigneurs

A présent retournons, faute de pouvoir y entrer, virtuellement dans l’église St Michel de Périllos. On peut y constater une autre anomalie quasiment perçue par personne. Dans le chœur ajouté à l’est (on peut y constater les mauvaises jonctions liées aux murs primitifs en surépaisseur) se trouve le maître-autel baroque. Il n’y aurait là rien de bien insolite si nous ne remarquions dès notre entrée, et à main gauche, un second autel… qui n’en est pas un ! D’abord, il n’y a là aucune chapelle aussi infime soit-elle. Ensuite, il ne s’agit ici que d’un rudimentaire amoncellement de pierres lourdement enduit d’un plâtras. Appeler cet appareillage un ‘maître-autel’ est à la limite une injure faite à ce mot. Mais à mieux y regarder, on comprend ce qui motive notre réflexe. En effet, ce parallélépipède est tout simplement surmonté du plateau, en grès tendre, d’une table d’autel ! Cette présence a suffi pour suggérer notre idée. Est-ce ici une astuce ou le réemploi d’une pierre dont ne sait plus quoi faire… ou qu’on craint assez pour ne pas en ‘faire n’importe quoi’ ? Nous ne le savons pas à ce jour. Ce qu’on peut dire, cependant, c’est que ce bloc de grès entaillé de l’emplacement de sa pierre de consécration… est sans doute la table d’origine de l’autel de la chapelle castrale des Périllos. De plus, est-ce un hasard si ce plateau se trouve ainsi disposé dans l’ancien axe de cette chapelle… face, symboliquement, à l’emplacement où il se trouvait à son origine ? Si l’ancien chœur se trouve éventré et à l’extérieur, sa table d’autel est bien restée dans son axe primitif, mais à l’intérieur… Il suffit parfois de regarder pour… voir !
La mémoire, même dispersée, du puzzle sacré de ce sanctuaire hors norme a été conservée suffisante pour en reconstituer les éléments principaux si on sait les admettre et les comprendre.

Une église pavée de bonnes intentions…

Il faut à présent porter notre regard au sol de cette église St Michel.
Nous considérons comme le niveau ‘zéro’ le sol de la nef. En entrant, à gauche le chœur (à l’est) ajouté, pour les besoins de l’église nouvelle, voit son sol surélevé d’une marche et le maître autel lui-même posé sur une autre hauteur. A droite (ouest), le long du pignon, on trouve encore le rebord de l’ancienne assise sur toute la longueur de ce mur. La petite cuve baptismale est elle aussi sur une hauteur supplémentaire. A son opposé se trouve le départ du petit escalier permettant de monter à la tribune. Il y a donc plusieurs parties élevées, l’une en raison du rajout du chœur, l’autre en raison du fait qu’elle se trouve… sur quelque chose ! Restons avec notre regard porté au sol. Ce dernier est pavé de tommettes anciennes de terre cuite. Des ’retouches’ ont été pratiquées à plusieurs époques et on les situe par le fait d’une différence de dimension, de couleur et d’aspect de ces carrés de terre cuite typique à cette région. Cependant, dans l’ensemble il s’agit de forme carrée… et parfois rectangulaire en de toutes petites quantités.

A bien observer ce sol, on peut dire qu’il n’a pas trop mal supporté le poids des siècles. En général, sur cet ensemble, il y a peu de carreaux brisés dans la nef, le chœur et jusqu’à l’entrée. C’est à cette hauteur que les choses changent radicalement. En effet, nous voyons nettement à partir du porche d’entrée, en allant à droite (ouest), que les tomettes semblent avoir assez mal vécu l’outrage des années. On peut, certes, supposer qu’il s’agit d’un périmètre où les pas sont plus fréquents… Cependant, en ce cas d’usure, on retrouverait également ce phénomène dans l’allée de circulation de la nef. Dans ce périmètre, les carreaux de terre sont souvent brisés, mais non déchaussés. Cette ‘usure’ n’est pas le fait des passages trop fréquents, mais d’une autre sorte.

Des ‘tomettes’ cassées, oui… mais pourquoi ?

Ce genre de ‘cassure’ trouve souvent sa cause dans une faiblesse de la chape de ragréage supportant et recevant le revêtement de sol, en l’occurrence ici, de terre cuite.
La défaillance d’une chape peut avoir plusieurs raisons. La première, la plus courante, serait une mauvaise qualité des liants (ciment, chaux, plâtre). Ces derniers finissant par ‘fuser’ très rapidement, la surface de support n’est plus rigidifiée, et ‘porte’ mal son revêtement qui ‘casse’ en raison de la mouvance du sable qui reste seul à mal supporter la charge. Cette explication ne tient guère car, en ce cas, comment expliquer qu’en dehors de certains zones atteintes de cette ‘usure’ les autres carreaux aient bien supporté le même facteur temps avec la même chape, donc les mêmes liants?
La solution pourrait résider dans le fait que ces parties ‘défaillantes’ se trouvent sur des ‘endroits’ moins stables que la généralité du sol de l’église. Ceci expliquerait que le sol, ou le sous-sol, à ces ‘endroits’, soient soumis à des efforts différents de l’ensemble. On peut dire, par exemple, que ces ‘tensions’ pourraient avoir leur cause dans un ‘sous-plancher’ qui ‘bouge’ pour des raisons naturelles, comme un tassement, un micro séisme, ou un affaissement des terres. Si des effets naturels ne peuvent être écartés, on ne peut pas plus négliger qu’il puisse s’agir d’une construction en sous-sol qui ‘bouge’ elle aussi, avec un ‘couvercle’ mouvant ou corrodé !

Du carré au rectangle vitrifié

Une autre remarque concernant le revêtement de sol de l’église se montre des plus intéressantes. Il s’agit des tomettes de forme rectangulaire. Il n’y aurait là rien de bien extraordinaire si nous n’avions une remarque importante à faire.
Si nous observons ces terres cuites, nous les trouvons recouvertes d’une sorte de vernis leur donnant l’aspect d’un grès émaillé. En vérité, il s’agit simplement de pièces provenant du revêtement intérieur d’un four à verre. Ce que l’on peut prendre pour un ‘émaillage’ est une pâte de verre qui s’est déposée au gré des cuissons par éclaboussures sur les terres cuites de la voûte du four. Ce phénomène est fréquent lors des cuissons de verre. En ce qui concerne les anciens fours en plein air, on peut même les identifier par la qualité du verre, ses particularités, ses fondants, ses sels de coloration.
Pour ces ‘tomettes’ vitrifiées, l’identification du lieu de fonte du verre est simple puisque la pâte est la même que celle que nous avons retrouvée sur les scories du fameux four à verre qu’un de nos membres nous a permis de découvrir sur les terres oubliées de Périllos ! Le vrai problème résiderait dans une remarque en forme de question : Pourquoi avoir pris la peine d’aller loin et d’enlever de vulgaires pièces d’argile d’un modeste four à verre pour en faire un pavage sans aspect décoratif ? Pourquoi ne pas avoir utilisé sur toute la surface du sol de la nouvelle église le même choix de terres cuites ? Répondre qu’il n’y en avait pas assez, ou qu’on ne pouvait en acheter la quantité suffisante, serait à mourir de rire, puisque les modestes demeures de Périllos avaient ce genre de ‘tomettes’ sur les planchers d’étages ! Peut-on croire que le seigneur local, ou ce qu’il en restait, pouvait payer une modification radicale de son sanctuaire sans pouvoir acquérir de quoi le paver entièrement de la même manière ? En aurait-il été à un point de dénuement tel qu’il ne puisse finir ce revêtement de sol à deux mètres carrés près ? Certainement pas puisque les seigneurs de Périllos étaient riches et puissants!
Quant au four, les clichés infra rouges montrent qu’il aurait fort bien pu servir à dissimuler une autre cavité. De plus, pour information, ce four était tenu par une petite communauté juive qui disparut, sans explication, aussi vite qu’elle était apparue sur ce secteur!

Les raisons d’une décision insolite

Alors, quelle raison impérative a pu pousser le commanditaire à ‘bâcler’ cet édifice, en le finissant de ‘bric et de broc’? La splendeur de Dieu aurait-elle été oubliée dans ce pays, dit par certains, sacré ? En vérité, on observerait que le four à verre a été fermé et démantelé pour la circonstance… Oui, mais quelle circonstance ? Quelle est la raison profonde de ce choix incongru de ‘tomettes’ de terre extraites de la voûte du four pour paver un morceau seulement du sol de l’église St Michel de Périllos ? Nous répondrons en affirmant, nous l’aurons deviné, qu’il s’agit d’un morceau précis de ce pavage. D’un morceau si précis qu’il fallait le signaler à la vue de celui, de ceux, qui pouvaient en comprendre la signification et l’importance de ce qu’il dissimulait à la vue de tous les autres !
Avant de relever notre regard, observons une dernière fois le sol à l’endroit de ce pavage de verre… Par imagination, posons une règle au sol sur cet endroit. Nul besoin d’être carreleur ou maître maçon pour vite comprendre qu’il y a là une déclivité ponctuelle… un net affaissement du niveau zéro à ce seul endroit. Y aurait-il là une raison pour que le sol se soit légèrement tassé ? Une cavité par exemple ?
Mais, où sommes-nous par rapport à nos recherches et observations ? Il est facile de répondre à cette question. En vérité, nous sommes précisément au seul endroit qui se soit toujours trouvé dans le périmètre de toutes les constructions ayant existé ici, qu’elles aient été axées nord-sud ou est-ouest. Il s’agit d’une sorte de rectangle tenu dans l’angle formé par la rencontre du mur fronton (ouest) et de la portion depuis le porche (nord) jusqu’à cet angle (moins de deux mètres). C’est le point qui servit à établir tous les bâtiments superposés, en raison justement de cet endroit souterrain qu’ils étaient destinés à protéger de tous temps et au-delà des seigneurs de Périllos même.
Nous nous trouvons sur l’emplacement où s’ouvre en profondeur un aven, d’abord considéré comme un sanctuaire antique, puis très vite comme l’emplacement privilégié des caveaux seigneuriaux… relié au lourd secret sur lequel ils avaient pour mission de veiller indéfiniment.

L'église de Périllos

La réalité d’une cavité localisée

A quoi bon dissimuler plus longtemps ce que chacun aura compris… Ce lieu, où se trouvent les tomettes ‘vitrifiées’, et celles ‘cassées’ (et l’action de l’homme n’y est rigoureusement pour rien !), se superpose précisément à l’endroit où nous avons des réactions à l’infra rouge, à la détection scientifique des cavités, et aux résonances sonores ! Nous pouvons donc maintenant avancer l’hypothèse que l’accès au sous-sol, et au ‘profond’ secret des seigneurs de Périllos, se trouve à cet emplacement.
A ce stade, nos grincheux de service affirmeraient que rien ne peut prouver vraiment que sous cet endroit existe la cavité que nous annonçons, ni surtout qu’elle s’étend en direction du sud. Le sud… Il est, justement, concrétisé par la petite cuve baptismale. C’est donc ici que nous ferons une autre observation. Elle sera simple et sans la moindre dégradation pour l’édifice. Dirigeons-nous vers cette cuve où nous allons nous livrer à une expérience des plus insolites. A cet effet, nous attendrons une météo nous promettant un vent fort. Ce jour là, nous nous munirons d’une simple feuille de papier. Il suffira de poser la feuille au fond de la cuve et de la voir s’envoler aussitôt, propulsée par un courant d’air arrivant de l’orifice percé au fond de la cavité, qui semble fait pour assurer l’évacuation des eaux baptismales… Mais alors, d’où vient cet air violent et où s’en va l’eau du baptême, sinon d’un aven ou d’un réseau naturel aménagé en évacuation de secours, adapté en caveau des seigneurs de Périllos? Cet orifice est tout simplement une sorte de soupape de ventilation d’une cavité qui se trouve dessous.

Ne cachez pas ces saints que nous saurons voir

St Michel, maître des sommets, peut être considéré comme bien choisi comme patron de cette petite hauteur désignée pour établir le village depuis des temps oubliés.
Curieusement, cet archange se trouve au-dessus de deux grands anges portant flambeaux. La hiérarchie angélique, bien représentée ici, est au complet !
Dans la niche de l’appareillage occultant l’arcade romane du mur sud, se trouve une statue chère à la Sanch… Il s’agit d’une vierge douloureuse dont le cœur est percé de sept épées représentant les sept douleurs du Christ. Que fait ce personnage dans l’église de Périllos ? Est-ce là une ultime extension du regard porté par l’archiconfrérie de la Sanch sur cette affaire de Périllos qu’elle ne perdit jamais de vue depuis l’affaire Bérenger Saunière ?
Sur quoi veille ce St Jean Baptiste vêtu de peaux de mouton, en nous montrant de son index, le ciel de Périllos ? Et d’ailleurs, que peut-il se passer dans le ciel de Périllos qui mérite d’être… mis à l’index ?
Que fait encore dans l’église la petite statue de Jeanne d’Arc, mise avant la Pentecôte dans une petite cavité juste au-dessus de la ‘Mère douloureuse’ ??? Pourquoi arrive t’elle au moment où, sur décision arbitraire de la mairie, l’église de Périllos est fermée à tous ?

Une Ste Barbe à la mission étonnante ou… détonante ?

Nous n’oublierons pas non plus une autre patronne choisie pour ce territoire des seigneurs de Périllos. Il s’agit de Ste Barbe. Cette dernière est plus particulièrement invoquée en ce qui concerne le monde souterrain et minier. Pour certains, Ste Barbe serait simplement une patronne pour les bergers craignant de voir leurs troupeaux décimés par la foudre… ce qui n’est guère crédible. Nous avons vu les seigneurs de Périllos se montrer précis et minutieux en tous leurs actes. Alors, comment supposer que Ste Barbe, patronne des profondeurs minières, soit choisie par le plus pur des hasards… Nous ajoutons que cette sainte veille aussi sur les explosifs et les poudrières. Le hasard fait si bien son travail que sur le territoire d’Opoul se trouve justement… une des importantes poudrières de l’état français !
Si cette patronne a sa chapelle en bas du village, ne peut-on pas aussi supposer qu’elle avait surtout pour mission de veiller sur l’ouverture, sous le sanctuaire du village, accédant au royaume des morts de Périllos… et de la Mourtre (la mort) ? Sur ce registre, on peut également se demander comment il se fait qu’ont disparu, en quelques années, tous les documents miniers de Périllos… des archives de la mémoire locale, y compris, curieusement, celles de la mairie et de son passé maire, monsieur Jean-François Carrère… enfant du pays !? Disparaîtront également tous les calvaires qui dessinaient, encore au 19e siècle, sur le vieux territoire, le périmètre d’une enclave minière comprenant le pied du village et le secteur approchant la Mourtre… Oui, Sainte Barbe, patronne des sous-sols miniers, devait avoir beaucoup à faire pour veiller sur un tel territoire et en assurer la sérénité ! A ce jour, elle doit avoir une recrudescence de travail avec tous les feux qui s’allument ça et là, par hasard, sur sa ‘juridiction périllossienne’… parfois sous l’effet de la foudre céleste, nous dit-on…

Tout doit-il disparaître ?

Beaucoup de choses disparurent étrangement dans cette affaire et, en principe, tout aurait dû sombrer, à jamais, dans l’oubli le plus profond… si nous n’avions retrouvé tous ces éléments, dissimulés pour on ne sait quelle raison !
Aussi, pour nous, il était temps de donner ces dernières précisions en ce qui concerne les mystères de l’église de St Michel de Périllos. Nous pensons, en effet, que, sous peu, d’autres recherches que les nôtres auront peut-être lieu. Elles aboutiront forcément à notre conclusion. Il est important, alors, que nous puissions justifier d’une antériorité de découverte indiscutable… n’en déplaise à certains grognons!
En conclusion sur les mystères de l’église de Périllos, ancienne chapelle des seigneurs et ultime sanctuaire d’un savoir oublié, il nous semble indispensable de présenter ces réflexions :
L’église est close, paraît-il, afin de nous en interdire l’accès ! Cette décision émane de la plus haute instance communale… qui en garde farouchement les clés. Remarquons que cette mesure arrête ceux qui sont respectueux de l’autorité, mais certainement pas ceux qui viennent détruire et piller. Ce serait surtout vers ce genre d’action qu’il faudrait tourner les interdits et les actions de protection… pensons-nous. Il doit y avoir, à notre sens, certaines procédures pour nous imposer une telle interdiction… sans pour autant pénaliser tous les autres visiteurs, croyants et nombreux nostalgiques de ce genre de sites émouvants. En ce qui nous concerne, nous avons terminé tous nos travaux et nous disposons, depuis quinze ans, de plus de films et clichés que personne n’en aura jamais. La fermeture de ce sanctuaire ne nous pénalise pas dans nos travaux, nous tenons à le dire ici, alors que d’innocents touristes ne comprennent pas cette mesure arbitraire dont ils subissent l’intransigeance radicale. Nous pourrions même ajouter que cet interdit tyrannique nous assure l’exclusivité et toute notre avance en matière de conclusion. Mais, au fait, et si l’église était fermée … pour une autre raison que celle de nous en interdire l’accès? Ajoutons que nous sommes, sur le sujet, les seuls à détenir certains documents retrouvés au cours de quarante années de recherches alors que plus personne ne s’intéressait à ce lieu sombré dans l’indifférence la plus totale. Cette documentation, qu’on nous a donnée légalement (précisons-le clairement !), nous a permis d’arriver où nous en sommes, et cette avance nous reste acquise quoi qu’en feront, ou diront, les grincheux et rois de l’hypothétique théodolite.
Le relevé d’état des lieux de l’église de Périllos est terminé et disponible. Il contient les constats d’angulation de l’hypothèse des superpositions successives, exposée dans ce texte. Ce dossier sera, dans un premier temps, disponible seulement pour les adhérents de la Société Périllos.
Dans le sens des perspectives de la Société Périllos, nous poursuivrons nos travaux prochainement en abordant le problème de la nécropole des femmes et familiers des seigneurs de Périllos.

A suivre… plus que jamais !

André Douzet