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Société Périllos ©

Embres et Castelmaure
(2ème partie) - Cholet… du rapport à la chanson

 

Evidences entre Rennes-le-Château et Embres-Castelmaure

Avant de poursuivre notre travail, il serait utile de revenir, une dernière fois, sur quelques remarques instituant un constat difficilement contestable en liaison étroite avec l’énigme des parallèles entre Rennes-le-Château et le secteur de Périllos. La première est que ce secteur est proche de Durban, géographiquement et administrativement. Cette réalité montre indéniablement que l’aspect religieux des deux communes était des plus étroits, surtout à une époque où l’Eglise avait une importante emprise sur les populations locales. De fait, les prêtres de ces paroisses devaient avoir des relations fréquentes, ne serait-ce qu’en raison des processions à la ‘Recaoufa’ et des grandes manifestations religieuses communes à ce secteur. Il est donc évident que Gélis et Boudet, vicaires de Durban en leurs temps, ont forcément fréquenté leurs confrères d’Embres et Castelmaure… tout comme il ne pouvait en être autrement qu’ils soient à propos de l’histoire ancienne et du passé mythique ou insolite des territoires sur lesquels ils devaient veiller. A ces deux religieux nous devons ajouter l’abbé Bigou qui, fuyant la colère révolutionnaire, s’enfuit en passant par Durban et en utilisant très probablement le sentier ‘du roi oublié’ pour rejoindre Périllos et l’exil en Espagne… Enfin, notre abbé Saunière ‘gueuletonnant’ à Durban, pour cacher les vrais motifs de ses incartades en Corbières, ne pouvait manquer de s’en aller saluer ses confrères locaux et en profiter pour s’entretenir avec eux de ce qui lui tenait à cœur. L’inverse ne pouvait manquer ce rendez-vous ecclésiastique des plus ordinaires, du moins en apparence, permettant, pourquoi pas, aux prêtres d’Embres et de Durban d’être, au moins partiellement, affranchis des pôles d’intérêts pour Rennes-le-Château et Périllos qu’ils ne pouvaient manquer de connaître ! De là à estimer que le bon docteur Courrent en profite pour ‘avoir des nouvelles du pays de Razès’, il n’y a qu’un pas que nous franchissons sans grande crainte. Même, et surtout, si tout ceci déplaît furieusement à nos antagonistes, il leur est délicat, de bonne foi, de contredire ces remarques peu usitées et de les passer à la trappe.
Ces relations d’apparence normale et de ‘bon voisinage’ auraient fort bien pu servir le docteur Courrent pour établir une documentation qu’il aurait été de bon ton, ou impératif, de faire disparaître après sa mort et celles de tous les autres protagonistes religieux… Il n’empêche que nous verrons ensuite les allemands occupant, sans trop de vacarme, le canton de Durban s’intéresser à différentes familles et archives locales, allant des plus anecdotiques à d’autres plus ciblées sur certains lieux des environs. Très curieusement, on note la remontée en surface des écrits de Courrent à Durban dès le départ des envahisseurs.

D’intéressants détails

A propos de Courrent, par exemple, il y a tout lieu de croire que sa documentation, après son décès, a peut-être été pillée et déplacée là où nous l’avons trouvée : à Durban. Et ce transfert n’est peut-être pas anodin et laisse le doute qu’il pouvait y avoir bien plus conséquent que ce que nous avons pu récupérer sur les généalogies des Durban et deux ou trois notices sans guère d’intérêt. Connaissant ce personnage remarquable, on ne peut qu’imaginer ce qui a pu être détourné et se poser les fatidiques questions : pour qui et surtout pourquoi ? On note que simultanément, et selon l’ancien curé de la paroisse, les vieux registres du presbytère (rien à voir avec les registres de l’église : mariages, baptêmes, décès) des 19e et 20e siècles disparurent également à cette époque. Certes, nos joyeux drilles diront que ce n’est là que le fruit d’un malicieux hasard… et ils auront peut-être raison jusqu’à nouvelles preuves du contraire. Cependant, nous verrons dans le chapitre « Durban, Villeneuve et les anciennes traditions » que le hasard n’y est sans doute pas pour grand-chose.
Pour exemple, nous trouvons dans les archives locales que Courrent montre une curiosité médicale particulière pour l’épidémie de typhoïde frappant la population de Périllos. Observons également qu’il est le seul médecin à s’être attaché à cette calamité alors que ses confrères des Pyrénées Orientales ne se manifesteront pas, du moins n’en voit-on pas la moindre trace dans les notes de Courrent. Bien entendu, loin de nous d’imaginer autre chose qu’une abnégation bienveillante d’un médecin de campagne pour de pauvres ouailles… qui n’ont rien à voir avec son secteur d’intervention, loin s’en faut. Pourtant, nous gardons en mémoire, à toutes fins utiles, d’abord le fait qu’il se soit interrogé sur la rapidité et l’envergure de ce fléau contenu au village seulement, ensuite qu’il en ait fait part à ses pairs, et enfin que ces derniers n’aient donné aucune suite à cet… incident.
L’épidémie eut lieu quasiment à la même époque que l’abandon du hameau de Castelmaure qui, nous dit-on, était devenu un repaire de parias et contrebandiers… oui… mais parias de quoi et vis-à-vis de qui ?
En observant de plus près le site de Castelmaure, on ne peut que constater que, si foyers il y avait, ils se trouvaient cantonnés dans l’ancien périmètre du château et à un maigre hameau à ses pieds. Ce qui peut, au maximum, représenter trois ou quatre familles et tout au plus une trentaine d’individus évacuant les lieux définitivement dès le fameux crime commis en 1880. A ce moment, il y a collusion administrative et le hameau désertifié passe sous la dépendance d’Embres… Tout comme le phénomène juridique se produira pour Périllos un siècle plus tard, bien que la dernière naissance y ait eu lieu en 1916, et que le village ait été abandonné longtemps avant.
L’agonie et la fin de Castelmaure marquent l’oubli du lieu qui pourtant, comme nous le montrions dans notre chapitre précédent, est un site loin d’être anodin et présente encore un passé digne du plus grand intérêt. Hélas, le manque d’archives nous empêche d’aller très loin sans risque d’erreur. L’endroit peut éventuellement se visiter, bien qu’il soit plus que vivement recommandé de le faire avec prudence, en raison de probables éboulements des chicots de murs non stabilisés pouvant causer de dangereux accidents, sans parler de chutes dans de possibles citernes, salles basses ou caves rendues invisibles par l’impénétrable roncier.
Nous avions fait également un rapide détour par la superbe église de St Félix, au pied des ruines, faisant de cet ensemble un paysage aux couleurs nostalgiques et touristiques. Loin de mépriser cet aspect romantique, nous n’y arrêterons pourtant pas particulièrement notre attention, car notre intérêt se porte plutôt sur un autre personnage de cette commune dont le nom nous reporte vivement à Rennes-le-Château.

L’ombre de Jacques Cholet

La maison de Jacques Cholet à Verrières

La personne dont il est question ici a pour nom Jacques Cholet… ce qui représente un parfait homonyme, lien de famille compris, entre lui et le fameux Jacques Cholet s’étant illustré dans l’affaire de l’église de l’abbé Saunière.
Ceci nous permet de faire un détour par ce dernier et de présenter le fameux rapport du même nom… du moins dans sa version la plus connue, ce qui est loin de prouver que ce soit la bonne, comme nous le verrons dans une prochaine suite.
Jacques Cholet est un responsable de la R.A.T.P. habitant la banlieue parisienne. Il est essentiellement connu pour avoir rédigé, ou fait rédiger, un document qui entre dans l’histoire de Rennes-le-Château sous le nom de « rapport Cholet ». Il s’agit de neuf feuillets dactylographiés agrémentés de quelques ajouts dessinés ou sous forme de schémas. Aujourd’hui, ce document est classé dans la catégorie des éléments tombés en désuétude, voire dans l’oubli, et c’est assez regrettable. Regrettable car, en effet, Cholet reste aujourd’hui le seul chercheur ayant pu obtenir une autorisation d’entreprendre une série de recherches dans et sous le sanctuaire.
Il établit une demande en bonne et due forme à l’attention de la mairie de Rennes qui la lui accorda… quatre ans plus tard, en 1959 ! Il faudra attendre 1967 pour que le compte rendu de cette aventure soit rédigé, mais pas forcément mis à la disposition des foules, loin s’en faut. Ajoutons que l’année de ce rapport coïncide avec la sortie du fameux livre de Gérard de Sède ‘L’Or de Rennes’ et l’arrivée de messieurs Plantard et de Cherisey sur le théâtre de cette affaire.

Avis favorable… oui mais sur quels critères ?

Nous devons remarquer que les avis favorables, pour ce genre de prospection, seront accordés par les autorités religieuse et préfectorale, afin de réaliser des travaux de repérages souterrains dans l’église de Rennes-le-Château. Pour entamer de telles démarches de prospections, il fallait forcément détenir des arguments acceptables au regard des pouvoirs administratifs et de l’Eglise.
Selon les sources, les éléments en question qui lui permirent de convaincre ces derniers, seraient en provenance d’écrits contenus dans quelques ouvrages vendus par l’abbé Saunière… au moment d’un impératif besoin d’argent. Si on ignore combien d’écrits étaient contenus dans les livres, on sait au moins que deux se trouvaient chez la même personne ayant récupéré les documents du docteur Courrent, laissés pour compte à Durban. Le lot se composait de petites feuilles de papier quadrillé pliées en deux, dont seulement quatre échappèrent à la dispersion. Le contenu de ce mince butin permit cependant la certitude d’un dépôt dissimulé sous l’église Ste Madeleine de Rennes… Ce détail est important car si cette nomination est retenue, elle signifie que le contenu des notices ne peut remonter au-delà du 14e siècle, en vertu du fait qu’auparavant l’église n’était que la chapelle castrale placée sous le vocable de la Vierge Marie !
Toujours est-il que Cholet devait disposer de certitudes pour conduire son projet en aussi peu de temps, en allant droit au but… des certitudes semblant prises au sérieux par l’autorité religieuse puisque le prêtre desservant la paroisse de Rennes, l’abbé Rigaud (curé de Couiza), n’aurait pas quitté d’une semelle notre archéologue de circonstance.

« ici est enfouie la puissance »

Le texte dactylographié commence par la présentation, sur deux pages, d’un très bref résumé historique de Rennes jusqu’au moment de son siège (XIVe siècle) marquant le déclin de la place forte en tant que citadelle majeure. On y retrouve également les événements de Bigou quittant les lieux à la Révolution Française, ainsi que les épisodes du pilier ‘wisigoth’, de la marquise de Chambord et de la mise à jour des ‘parchemins’… signalés au nombre de trois.
Dès la page 4, nous avons la présentation des différentes possibilités de trésors régionaux tels que celui des Wisigoths d’Alaric 1er (A), suivi du dépôt emporté de Montségur à sa chute (B) ainsi que la fortune des Templiers du secteur (C)…
Arrivent également ceux de Blanche de Castille (D) et de Blanche de France, fille de St Louis (E).
Cholet, après cette énumération, explique comment Saunière, puisant dans « un tonneau de pièces d’or », nuitamment, dans le cimetière, sera surpris par un témoin à qui il fera jurer le silence. A sa mort, ce personnage visiblement connu du chercheur, aurait pourtant confessé ce dont il a été le témoin involontaire.
Visiblement, notre chercheur dispose aussi d’un élément dont on entend peu parler : peut-être le fameux troisième parchemin concernant un ‘bagage’ de Blanche de Castille. Celui-ci rédigé en deux fois, et par des mains différentes, mentionne que les précieux fardeaux de la régente trouvent refuge en un souterrain de Rennes dont l’accès est minutieusement condamné. Celui-ci est cependant ‘tracé’ par « Frère Dominique de Mirepoix, le 29 Juin 1249 ». La seconde partie du manuscrit ne laisse aucun doute sur le contenu puisqu’elle le résume ainsi : « ici est enfouie la puissance »… mettant ainsi un point final et affirmatif aux hypothèses des autres chercheurs dont pratiquement aucun ne prendra ce détail en compte.

Les deux solutions

Jacques Cholet

Le onzième chapitre nous parlant des « dalles et leurs inscriptions » s’ouvre sommairement sur la ‘pierre de Coumesourde’ qui n’est pas nommée mais montrée comme l’œuvre d’un ‘fuyard’ laissant derrière lui de précieuses informations… à qui saura les lire. Evidemment, la dalle qui retient toute l’attention de Cholet est celle, bien connue, de Marie de Nègre d’Ables, marquise d’Hautpoul, sur les textes de laquelle il consacre toute une page d’hypothétiques explications, dont une remarquable interprétation du chiffre huit semblant tenir une part importante dans cette affaire.
Enfin, le douzième chapitre nous donne plusieurs pistes explorées par l’auteur dans le périmètre du sanctuaire : sous l’escalier de la chaire en existerait un second conduisant sous le cimetière, ainsi que dans le sol de la sacristie se trouverait l’amorce d’une autre descente orientée au sud.
A ce niveau, nous apprenons que Cholet ne pouvant poursuivre ses travaux de prospection, faute de moyens financiers, trouve une sorte de ‘sponsor’ avec lequel, plusieurs années plus tard, il entreprend une série de nouveaux sondages dans la nef même de l’église. Il y trouve des emplacements de tombeaux vides dont les ossements auraient été transférés dans d’autres caveaux au sud.
S’ensuit une dernière série de travaux, souterrains cette fois, depuis l’extérieur de l’édifice, sans plus de succès, il faut bien le dire. Cholet enfin cite plusieurs affirmations que lui aurait faites un facteur d’alors. Ce dernier lui aurait confié qu’effectivement un souterrain relie le château à l’église, mais qu’il y aurait grand danger à s’y aventurer, alors qu’il serait plus simple de lancer une exploration depuis le jardin (la grotte en rocaille ?) qui pourrait se voir couronnée de succès.
Quoi qu’il en soit, ce chercheur affirme deux seuls trésors possibles dans cette affaire : celui de ce qu’il appelle ‘l’ancien temple’ encore quasiment intact, et le second constitué des ‘bagages de la reine régente’.
La conclusion, sèche et brève, est qu’il est dangereux de s’engager dans les sous-sols de l’endroit d’après lui truffé de pièges encore actifs… à l’image de la déconfiture des mercenaires catalans en 1365, au moment de mettre la main sur le trésor de la première église de Rennes, celle de St Pierre aux Liens.

Neuf feuillets pour un rapport… qui ne dit pas tout

Et ce sera tout… Le fameux rapport composé de ses neuf feuillets s’achève aussi sèchement qu’il avait commencé. Certes, si de nombreux éléments l’émaillent, le texte semble ne pas contenir un événement qui pourtant aurait pris beaucoup d’importance pour Jacques Cholet. En effet, il est dit qu’un soir, les travaux du jour terminés, en sortant de l’église, il aurait failli recevoir une poutre mise en équilibre sur le porche afin de lui casser la tête !
On dit même qu’une enquête de gendarmerie aurait été ouverte à la suite de cette tentative d’homicide. Les enquêteurs auraient relevé que le lourd madrier était retenu, jusqu’au moment de l’ouverture de la porte, par des fils de nylon ! Certes, on peut imaginer que ce système était destiné à ne pas être vu… mais nous objecterons que l’ensemble se trouvait dehors et que si des fils très fins ne pouvaient se voir… un énorme madrier posé sur le porche, lui devait bien se voir et même de loin ! Enfin, nous restons un tout petit peu sceptiques quant à croire qu’une importante pièce de bois ait pu être maintenue en l’air seulement par ‘quelques fils de nylon’ assez fins pour rester invisibles !
Toujours est-il que si l’événement est vrai, et nous n’en douterons pas jusqu’à preuve du contraire, il devait être suffisamment marquant pour notre homme. Si marquant que certains chercheurs affirment même qu’à la suite de cette tentative de meurtre, Cholet dut, pour se remettre de ses émotions, subir un arrêt de travail de quatre mois ! Or, même en relisant bien le contenu des neuf feuillets, on n’y trouve nulle part ce grave accident qui aurait dû prendre place au moment où l’auteur nous met en garde contre les antiques pièges… mais, hélas, pas contre les récents bien plus redoutables.
Enfin, il y a lieu de croire qu’il eut accès à des documents ou informations qui échappent encore aux ténors d’aujourd’hui, car on ne voit nulle part que l’église de Rennes recèle en ses souterrains quelques secrets concernant Marie Madeleine ou quelques tombes sacrées de Jésus… du moins dans le Razès, comme on nous le clame aujourd’hui.

L’arbre d’Rennes-le-Château cachant l’ailleurs d’une autre forêt

Dr. Paul Courrent

Aussi, nous nous posons la question suivante : et si ce rapport était un arbre cachant une forêt, ou un faux destiné à lancer les chercheurs sur une piste anodine et sans grande suite ? Et cette question, nous l’avons abordée et soulevée dans la région de Durban et d’Embres… puisque dans une famille de ce secteur dormirait un second rapport… ou plus précisément, non pas un ‘autre’ mais le vrai rapport de Jacques Cholet, contenant un peu plus d’éléments que celui disponible aujourd’hui. Ce dernier, tronqué des préambules et conclusions ou épilogues, laisse un arrière-goût de ‘baclage’, en amont et aval, ne correspondant pas vraiment au ton donné au long de ce rapport. On ne peut imaginer Cholet, habitué par sa profession et ses qualités de chef de section de la R.A.T.P., contremaître en T.P., établissant un compte rendu d’activité de manière aussi désinvolte et incomplète. Il y a donc, de fait, de quoi s’interroger sur des oublis et absences concernant des événements ayant toute leur place ici. Il est hors de question, bien évidemment, de conclure que ce monsieur, disposant d’une culture exceptionnelle, se soit comporté en véritable novice. En ce cas, il faut alors envisager une autre solution, comme par exemple celle de vouloir ne pas mettre à la disposition de tous ce qu’il jugeait important, tout en laissant quelques portes entr’ouvertes vers d’autres possibles ou découvertes. Toujours est-il, et nous entendons déjà nos joyeux antagonistes, qu’une partie des documents récupérés par lui-même se retrouvait, comme par enchantement, à Durban, dans le lot dissimulé des écrits de Courrent.

Rencontres à Durban…

Alors, il reste une question en forme de remarque. Pourquoi les textes du docteur Courrent et de Jacques Cholet se sont-ils retrouvés ensemble au même endroit ? L’un travaillant sur Rennes-les-Bains et… Durban, et le second uniquement sur des prospections axées sur l’église de Rennes-le-Château. Si pour le premier personnage, Durban peut être un réceptacle acceptable pour ses écrits, pour J. Cholet il n’en rien du tout puisque pas même une seule fois il ne fait mention d’intérêt pour ce secteur des Corbières. Il faut entrer dans ce constat un élément extérieur aux deux précédents, à savoir qu’une troisième personne (ou plus, une confrérie par exemple) a pu ‘centraliser’ un nombre d’informations pour une finalité inconnue à ce jour.
Nous pourrions nous contenter de dire que le hasard s’est bien amusé à mélanger les cartes, si d’autres indices n’existaient. Par exemple, il est cocasse qu’une personne du nom de Jacques Cholet soit domiciliée dans ce même secteur… Hasard, bien entendu ! Nous l’avons rencontré, il y a des années. L’homme se montrait réticent à aborder ce sujet en l’éludant chaque fois jusqu’au moment où il nous répondit que dans ses proches familiers le sujet présenté n’était pas à l’ordre du jour et… ne le serait jamais ! Peu à peu, nous avons sympathisé et les discussions tout aussi évitées n’empêchèrent pas une ou deux confidences… En bref, vu de l’extérieur, notre homme ne manifestait pas le plus petit signe d’intérêt pour l’affaire de Rennes-le-Château, ses personnages, ses dérives et ne semblait pas à la veille de changer d’avis. En échange, son intérêt est grand pour l’œuvre de Déodat Roché, Lucienne Julien et le Catharisme !

La chanson de l’abbé Saunière…

Le temps est passé et au cours d’une des dernières de nos rencontres, Jacques nous a clairement dit qu’il ne pouvait répondre sur le rapport en question et qu’il lui serait gênant de le faire. Par contre, ce jour là, il nous remit un document pour le moins inattendu pour quelqu’un n’ayant que faire de l’affaire de Rennes-le-Château et de son abbé. Il s’agit d’une sorte de complainte ayant pour titre « Le curé de Rennes le Château » (en ne mettant pas les tirets, nous respectons la forme du texte). Le contenu de cette forme de cantilène a de quoi nous surprendre car il s’axe sur les comportements les plus noctambules de Saunière. Tout y est résumé : Saunière et sa bonne, les expéditions nocturnes en quête de « pierres de couleur d’un ruisseau »… d’une lanterne magique aux images de diableries comme celles du démons « grimaçant à l’entrée de l’église »… De l’ange des ténèbres et des secrets rêvés ou s’entassent pêle-mêle Arsène Lupin, Templiers, Roses-Croix, trésor des Rois et mines oubliées ou perdues… Arrive encore la présence de la « bonne servante aimante » veillant sur la mort de l’abbé s’étant émerveillé de lingots d’or enfouis dans l’eau en forme de butin des soldats wisigoths… Enfin, la chanson se termine sur une vision à faire « de là-haut » pour apercevoir dans un « soleil éclatant » des richesses interdites représentant l’immense trésor de Rennes… Avouons que pour quelqu’un ne voulant rien savoir de cette affaire, le résumé n’est pas si mal que ça car l’essentiel y est bien récapitulé, jusqu’à la lanterne magique dont seulement de rares personnes parlent, à l’image du regretté Jean-Luc Robin avec qui nous avions eu une longue discussion lors des premières rencontres concernant la maquette.

Certes, tout ceci serait bien une fantaisie ou facétie de poète dérivant sur ce sujet romanesque… et nous en serions restés là si la dédicace de son auteur n’était la suivante : « à mon grand-père, au Docteur Courrent ». Si on n’éprouve rien pour quelqu’un, il est étonnant qu’on lui dédie une complainte sur un sujet qui le concerne un peu plus qu’il n’est séant.
A ce moment de notre conclusion, on peut se demander si le docteur en question, et un certain autre monsieur Cholet, n’avaient pas des affinités de recherches dont les témoins… ou commanditaires, ne tiennent pas vraiment à faire état, expliquant ainsi la réticence du dernier Jacques Cholet ne pouvant ou ne voulant s’en entretenir.

Un rapport sans rapport avec un compte-rendu

Nous présentons maintenant le fameux document communément connu sous le nom de « Rapport CHOLET » et simplement titré par son auteur, ou présumé tel, « RENNES-LE-CHATEAU ». Il s’agit de 9 feuillets dactylographiés au format de 20,5 X 29,7. Notre exemplaire est annoté et nous le laissons tel que nous le détenons. La page 9 comporte en bas la date du 25 avril 1967 avec en dessous la mention : « signé : J. CHOLET ». Nous ajoutons que cette copie nous a été passée par Antoine Captier il y a maintenant près de douze ans. A ce moment, il demandait à tous de ne pas largement présenter ce document… Comme nous l’avions promis, nous n’avons pas trahi notre engagement, ce qui ne fut pas le cas des premiers à en avoir eu une reproduction. A ce jour, notre promesse n’a plus lieu d’être et nous entrons le ‘rapport’ sur nos colonnes, en ajoutant toutefois la demande de discrétion d’Antoine Captier. A ce propos, nous avions, dès l’entrée du document sur un site internautique bien connu de Rennes-le-Château, prévenu son web master que ce qu’il présentait n’était pas le bon rapport, du moins en fonction de ce que nous savions… rien n’y fit et le procès rendu ! Pour tous, le « rapport CHOLET » serait ce que les ténors voulaient qu’il soit, point final du moment où ces derniers, à cette époque, voulaient conserver les apparences de tout détenir, à l’image du « dossier PUMAZ » et du « plan des croquis du château de BUGARACH », dont la reproduction nous fut littéralement volée par ceux qui se reconnaîtront ici.

Cependant, nous tenons à préciser tout de suite que nous sommes également détenteurs d’un autre document mécanographié qui de loin pourrait ressembler à celui de ce jour. De loin seulement, car de nombreux détails éclairent le contenu de façon différente, avec par exemple le nom du fameux ‘sponsor’ qui arrive à la rescousse de Cholet alors qu’il ne dispose plus de subsides. L’en-tête ainsi que la conclusion sont très différents, avec en plus un titre plus complet et une présentation plus complète des raisons du travail. On peut aussi ajouter que la dactylographie n’est pas issue de la même machine à écrire. Peut-être ces comparaisons font que Jacques Cholet d’Embres ne veut surtout pas parler du rapport commun, pour le considérer, pourquoi pas, comme un faux sans intérêt ni mérite. Nous attendons l’autorisation de publier l’autre version du rapport. Dès celle-ci obtenue, nous ne manquerons pas d’entrer cette version ayant toutes les chances d’être l’authentique.
De plus, nous joignons ici la chanson écrite par Jaques Cholet, de Castelmaure, qui est une primeur que nous avons le plaisir de présenter à nos lecteurs.

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André Douzet
Merci à Jacques CHOLET pour son autorisation de publier la 'chanson de l'abbé Saunière', et "P.C." pour la photographie de la maison de Jacques CHOLET à Verrières. Reproduction des documents interdites sans autorisation.