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Emma Calvé (2ème partie) Moulinsart, à la recherche du foyer perdu |
"Pour lui [Hergé] le mot ne se réduit jamais à ses significations, aussi multiples soient-elles. Autant que le sens, le vocable lui-même, les lettres qui le composent, peuvent être le point de départ de multiples associations les bijoux de la Castafiore offrent d'innombrables exemples" .
"Dans les Bijoux de la Castafiore, seul ce qui paraît sans importance est vraiment essentiel" (B.PEETERS, Lire Tintin).
Au terme de la première partie de notre texte, (Emma CALVÉ, la Castafiore, un rossignol peut en cacher un autre) nous nous interrogions sur les raisons qui avaient incité Hergé à prendre Rose Aimée pour modèle de Blanche Chaste Fleur.
Nous aurions pu, pour appuyer notre argumentation, parler de M. SOULIER, orfèvre rue Victor Hugo à Lyon, ou de M. COINDRE, sis cours Vitton, dont deux courriers furent adressés à l'Abbé SAUNIERE, à son adresse lyonnaise, rue des Macchabées. M. SOULIER à qui Armand CAILLAT, dont l'atelier était installé montée du Gourguillon servait de paravent. M. SOULIER, et non M. CAILLAT (comme indiqué parfois) à qui revient, à notre avis, la véritable paternité du reliquaire de Marie Madeleine à la St Baume. L'objet n'est pas ici d'argumenter cette opinion -qui pourra faire l'objet d'un autre article- mais de signaler ce fait, qui devient d'importance si l'on s'attache à un "petit détail" de la figuration de la traversée de la Méditerranée et des relations de l'orfèvre avec l'Abbé Saunière.

Nous aurions pu, de même, signaler qu'en Avril 1902, "Emma revient en France lestée de trois cent soixante quinze mille francs or Elle consacre immédiatement trois cent mille francs à Cabrières, le reste à l'achat d'une maison à Montpellier et à la décoration de son appartement parisien de l'avenue du Bois" (Jean CONTRUCCI). A la même époque, de 1901 à 1904, l'Abbé SAUNIERE menait le chantier des constructions de son domaine : (Villa Bethania, Tour Madgale, Tour de l'Orangeraie), faisait planter des essences rares et achetait des animaux dont des paons, des ARAS et cacatoès, deux chiens dont l'un fut appelé FAUST. Il reçut à cette époque de nombreuses personnalités, dont, selon les spécialistes de RLC, Monsieur "G" et sans doute Emma CALVÉ.
Mais revenons à notre objectif principal : pour suivre cette piste des motivations de HERGÉ, il nous a paru nécessaire de nous arrêter sur quelques éléments de la personnalité de notre auteur qui pourront, tels des lampions, apporter quelque clarté sur certains de ces centres d'intérêts de ses pôles, sources d'inspiration.
Parmi ceux-ci, le château de Moulinsart nous a paru intéressant
pour cette deuxième livraison. En effet ce château de part
son nom, sa localisation inconnue et son architecture, nous semble indiqué
comme un objet de recherche adéquat à notre but. Acheté
par le professeur Tournesol grâce à la vente du brevet de son
"requin" sous-marin (et non grâce au Trésor de Rackham
Le Rouge, à ces pierres précieuses qui disparaissent de l'histoire
comme si elles n'avaient jamais existé) il devient le NID (habité
autrefois par l'ancêtre, le chevalier de Hadoque) où nos héros
se reposent de leurs aventures. Et dans ce nid nous rencontrons, au fur
et à mesure du déroulement de l'histoire, en gardant bien
en tête que chez HERGÉ la complexité provient des relations
entre le texte et l'image :
Un nid de guêpes, qui peuvent à la fois piquer les habitants et chasser les inconnus : douleur et protection
Des journalistes de Paris Flash, qui ont "PONDU" des calembredaines" qui, selon la Castafiore sont "sans aucune importance parce qu'elle y est habituée"
Pourtant il est agréable ce nid, on lui trouve même du goût, avec les succès de notre cantatrice dans les uvres de ROSSINI, de PUCCINI, de "GOUNID"
PUCCINI
CI NI CUP
CI NID COUPE? Ce nid est-il la coupe ?
ROSSINI
S ROI NI, Est-ce le nid d'un roi ?
Mais ce nid VERDI, verdit comme une émeraude
Ce nid recèle aussi le NID d'une pie voleuse d'une émeraude qui tombe dans l'herbe verte (une souris verte, qui courait dans l'herbe ) sur la Table d'Emeraude nous faisant passer de Lucifer (noir et blanc comme la pie) à Hermès.
"Trouver la pie dans son nid" n'est-il pas "faire une découverte d'importance" ?
"Tintin, se retournant vers nous, un doigt sur les lèvres, pour nous demander le silence " Chut ! Et maintenant place au théâtre".
Mais il s'agit peut-être plus encore de nous annoncer un secret, tout en nous invitant à le taire" (B. PEETERS). Peut-être même y a t'il plusieurs secrets dans ce nid où les flombs PONDENT ?
Notre dictionnaire Wallon-Français nous donne le substantif FLOMICHE, avec le sens de doucereux, flagorneur et le verbe correspondant FLOMSCHER. Flombs, soit phonétiquement FLOM : où le flatteur intéressé, à la douceur feinte et affectée a t'il pondu ?

Les dédoublements
Le phénomène du dédoublement, l'existence du double est un invariant dans l'uvre d'HERGÉ, que l'on va trouver sur trois niveaux : spirituel, exprimé principalement sous la forme de rêves de vision, mental sous la forme d'inversions, de calembours qui modifient et multiplient les rapports entre le texte et l'image, physique enfin grâce aux images elles-mêmes, comme les essais télévisuels de Tournesol -et aux personnages. Et ces niveaux peuvent interagir les uns sur les autres, créant, à travers ces affinités une démultiplication qui efface la linéarité que pourrait avoir un simple récit encadré par les bandes et les cases de l'album.
C'est ainsi, par exemple que nous sommes en permanence en présence des deux DUPON(D.T.) (jumeaux ?), que mentalement nous lirons PONDU DT, -soit phonétiquement DETTE- : de quelle dette peut-il s'agir et doit-on comprendre pondu par né ?
De même, le capitaine Haddock se dédouble dans Le Secret de la Licorne en revivant les exploits de son ancêtre. De celui-ci, nous avons plusieurs traces : dans notre livraison précédente nous avons signalé que c'était le nom porté par le capitaine du Titanic avant sa livraison à la Transatlantique : HERGÉ nous le précise d'ailleurs -Le Trésor de Rackam le Rouge-; P. 55, 3C3 -quand Haddock s'adresse à Tournesol devant la licorne, figure de proue du bateau de son ancêtre : "et ça hein ! et ça ? c'est sans doute la figure de proue du Titanic ! mais ce Haddock en cache deux autres :

En 1672, Louis XIV voulant ruiner la Hollande, scella en accord avec Charles II, Roi d'Angleterre pour briser la triple alliance de La Haye. Le 28 mars Charles II déclare la guerre aux Provinces Unies, suivi le 6 avril par Louis XIV. Le 7 juin l'Alliance Franco-Anglaise essuie un échec à la bataille de Solebay devant la flotte hollandaise. La flotte Anglo-Française était divisée en trois escadres. Dans la troisième, dite bleue et d'arrière garde, la capitaine Richard Haddock commande le Royal James, qui "déjà combattu par le DAUPHIN sur lequel le lieutenant Amiral GENT avait son pavillon, fut attaqué par la Grande Hollande de 62 canons, capitaine BRAAKEL, et tomba sur ce vaisseau son vaisseau fut accroché et incendié vers midi .; L' Amiral MONTAGU périt dans les flots. Le capitaine HADDOCK fut plus heureux : il fut recueilli par un canot, mais il était blessé " (Batailles navales de la France, O. TRONDE, Tome I, 1867). Cet épisode fut l'objet de plusieurs tableaux, dont celui de W. VAN DE VELDE que nous reproduisons ici. Cette guerre qui opposa la France et ses alliés (Angleterre, Munster, Liège, Bavière, Suède) à la quadruple alliance (Provinces Unies, Saint Empire, Brandebourg et Espagne), se terminera par le traité de Nimègue, victoire pour Louis XIV qui devient "Louis Le Grand".

Nous trouvons, en 1726 un autre capitaine HADDOCK, prénommé Nicolas, commandant du Torbay qui fut chargé de plusieurs missions d'ambassades, dont une près de la Tzarine à St Petersbourg (Histoire navale d'Angleterre, Th. LEDIARD, 1751). Il nous suffira pour l'instant de noter cette ville, car nous y reviendrons ultérieurement.
Un capitaine (celui du Titanic) qui en cache deux autres : technique utilisée plusieurs fois par HERGÉ et que nous retrouverons, entre autre, au sujet de Moulinsart.
Le capitaine Haddock, à lui seul, est une véritable galaxie de renseignements que HERGÉ se plait à "distiller". Tonnerre de Brest est le premier juron du Chevalier de Hadoque : repris par le capitaine il nous permet certes d'écrire Brest -le grand port militaire de Louis XIV sur l'Atlantique avec la Rochelle, donc avec le tonnerre des canons- mais aussi TRONE EST EN BERDER ! Berder, une des quatre îles de Lamor-Baden dans le Golfe du Morbihan. Un autre juron "patagon" vient renforcer notre première idée : nous développerons, dans une prochaine livraison les rapports existants entre Berder, Rennes-le-château et la Patagonie, renseignement que HERGÉ ne pouvait ignorer et qu'il distille comme à plaisir. Ainsi en est-il aussi de la marque préférée de whisky du capitaine, le Lock Lomond. Parmi les 1486 distilleries recensées, la distillerie écossaise de Lock Lomond présente en effet une caractéristique très particulière : les fûts dans lesquels elle fait ses whiskies sont des barriques américaines dans lesquelles, auparavant, a vieilli du BOURBON, et qui sont "brûlés" pour rajouter une couche de carbone à l'intérieur.
Dans l'album Tintin et le Picaros, nous apprenons son prénom : Archibald,
prénom masculin d'origine germanique, dont l'étymologie est
:
Ercan : naturel (fils ?)
Beld : audacieux
HERGÉ aurait il fini par découvrir le secret qu'il cherchait, ou donnait-il un indice supplémentaire ?
"Ton
grand-père, c'est quelqu'un qui passait par là" disait-on
au jeune Georges REMI pour s'en débarrasser lorsqu'il posait des
questions. Et s'il insistait, on rajoutait : "si tu savais, ça
pourrait te monter à la tête".
Pour notre part nous pensons qu'HERGÉ savait à partir du Secret
de la licorne, une aventure qui dévoile, à travers ses mémoires,
le CHEVALLIÉ (lié à la caballe, donc à lire
avec attention) de Hadoque, et se termine par l'acquisition du château
de Moulinsart, baillé précédemment par Louis XIV à
"notre cher et aimé François, chevalier de Hadoque".
Louis XIV est réputé dans l'histoire pour sa volonté
de bien doter et marier ses enfants naturels (au nombre de dix huit, officiellement
.)
La
Licorne nous met, encore une fois, en face de la technique de HERGÉ
pour dévoiler en camouflant. De même que nous avions un triplet
avec les capitaines Haddock, dont le premier (du Titanic) cachait les deux
autres, la licorne nous en offre un autre : Du point de vue symbolique la
licorne médiévale est un symbole de PUISSANCE, ainsi que de
faste et de PURETÉ; elle concourt à la justice royale, en
frappant les coupables de sa corne. Elle symbolise aussi, avec sa flèche
au milieu du front, un rayon solaire ou l'épée de Dieu. Dans
l'iconographie chrétienne elle représente la VIERGE fécondée
par l'ESPRIT SAINT et symbolise la virginité physique : pureté
agissante de l'amour courtois, elle sublime la vie charnelle.
D'un autre point de vue, celui de l'Héraldique, elle est présente
plus dans les ornements qu'au centre de l'écu, et principalement
en Ecosse puis en Angleterre. Symbolisant la chasteté, l'amour honnête,
elle est en général l'emblème de ceux qui renoncent
aux plaisirs ou fuient les vices; Essentiellement christique, elle rapporte
à la mort du Christ et à sa résurrection.
Elle est habituellement représentée passante, mais nous la
trouvons en Belgique, où Franeau de Gommegnies blasonnait de gueules
à la licorne assise d'argent, la queue relevée sur le flanc.
C'est aussi l'écu de la ville d'Hyon, en picard -et ceci ne doit
pas être négligé- LYON, dont la famille Fromeau de Gommegnies
fut les seigneurs de 1577 à la fin de l'Ancien Régime. Hyon
est une section de la ville de Mons, située en région Wallone,
dans la province du Hainaut, qui abrita plusieurs MOULINS, dont le "Moulin-au-bois".
Il n'est pas l'objet ici de développer l'histoire de la Baronnie
de Gommegnies: Nous nous bornerons à signaler quelques faits, qui
apparaîtront en relation avec l'objet de cet article : en 1459 une
partie de la Seigneurie de Gommegnies est vendu à Jean de Croÿ,
seigneur de CHIMAY. En 1470, le duc de Bourgogne érige la Seigneurie
de Chimay en Comté, au bénéfice de Jean de Croÿ,
et y incorpore Gommengies, Wargnies le petit et Frasny. En 1647 Gommegnies
est vendu à Philippe FRANEAU, Seigneur d'Hyon, Attre et Arbre. Le
dernier seigneur de Gommegnies est Gustave, Henri, Comte de FRANEAU de Gommegnies,
né en Août 1841.
Après
Jean de Croÿ nous trouvons Philippe, comte de CHIMAY (1437-1482) qui
épousa Walpurge, fille du comte de MARS, puis Charles de CROY-CHIMAY,
comte puis PRINCE DE CHIMAY en 1486, qui épouse en 1495 Louise, Vicomtesse
de Limoges.
HERGÉ se sert de ce lien avec CHIMAY, que nous retrouverons, pour
asséner une vérité cachée inverse de significations
ci-dessous :
Le Secret de la Licorne
Le secret de la LIT - CORNE
Qui a attrapé des CORNES ? de quel lit s'agit-il ?
La future grand-mère maternelle de HERGÉ; se prénommait Marie Barbe Léonie. Ne peut-on entendre que ce secret c'est celui de Léonie ? Est-ce alors un hasard si le chevalier de Hadoque descend à la Sainte Barbe ?
Le SECRET
Celui-ci n'en est plus un depuis une enquête finalisée par deux journalistes belges, sur la base initiale d'une livre de Serge TISSON "Tintin chez le psychanalyste" paru en 1988. Le lecteur intéressé trouvera de nombreux détails sur Internet, qu'il n'est pas utile ici de reprendre.
Longtemps il a été pensé que HERGÉ était le petit-fils naturel du Roi Léopold II, qui fréquentait les ERREMBAULT de DUDZEELE et leur demeure de Chaumont-Gistoux; une maison où la grand-mère d'HERGÉ, Marie Barbe Léonie DEWIGNE était femme de chambre. Léopold II, prince Von SAXE-COBOURG und GOTHA, qui épousa Marie Henriette d'Autriche. Victoria, Reine d'Angleterre et Impératrice des Indes donna à son époux, Albert de Saxe Cobourg-Gotha neuf enfants, dont la descendance s'est alliée à toutes les grandes maisons d'Europe :
Victoria, sa fille aînée, épousa Frédéric II, Empereur d'Allemagne, qui eut le Kaiser Guillaume II comme enfant
Sophie, petite fille de Victoria et sur de Guillaume II épousa Constantin 1er, Roi des Hellènes
L'impératrice Alexandra de Russie était une petite fille de Victoria, qui lui transmit le gêne de l'hémophilie dont souffrait le tzarévitch.
Margaretha, petite fille de Victoria, épousa en 1905 le roi Gustave VI Adolphe de Suède.
Et nous pourrions parler encore de l'Espagne, de la Roumanie, du Danemark, etc
Ainsi Georges REMI se trouverait lié à l'ensemble du Gotha européen par Victoria et ses descendants. De même, par Léopold II trouvons-nous Stéphanie qui épousa Rodolphe Archiduc d'Autriche, étroitement lié à son cousin Jean Salvator, connu ultérieurement sous le nom de Jean ORTH que de nombreux chercheurs pensent être le fameux MONSIEUR G, qui visita l'abbé SAUNIERE entre 18888 et 1890.
En
fait, HERGÉ, quant à lui, envoyait toujours les premiers exemplaires
de ses uvres à Léopold III, dont le beau frère
(Umberto, éphémère roi d'Italie) avait une tante commune
avec l'auteur. Le père d'HERGÉ serait "tout simplement"
né d'une "liaison ancillaire" entre le Comte Gaston ERREMBAULT
DE DUDZEELE (1847-1929) et sa servante Marie Barbe Léonie DEWIGNE.
Nous allons voir que le jeune Georges REMI n'en a pas perdu pour autant
toute liaison avec le Gotha européen, mais signalons avant que le
comte Gaston avait eu, en plus de deux filles (Germaine et Valentine) un
fils nommé lui aussi Gaston, qui épousa en seconde noce la
veuve du Prince héritier du Montenegro, Nathalie CONSTANTINOVITCH,
dont le père était le cousin du roi Alexandre 1er OBRENOVITCH
de Serbie. Ce mariage faisait donc de HERGÉ le neveu de la princesse
de Monténégro. La tante d'HERGÉ (épouse de son
oncle naturel) était la belle-fille du Roi Nicolas 1er de Monténégro,
dont une fille épousa Victor Emmanuel III, le futur Roi d'Italie.
De deux autres de ses filles, Zorka épouse le roi Pierre 1er de Serbie,
tandis qu'une autre épouse le Grand Duc Pierre de Russie.
De la liaison entre Gaston et Marie naquirent deux garçons, Alexis et Léon, qui serviront de "modèles" pour les deux DUPON(D.T.). Toute leur vie, Alexis Rémi, père d'HERGÉ et son frère jumeau Léon parleront avec émotion de leur maman Marie DEWIGNE et également d'une certaine "baronne" de DUDZEELE. Celle-ci, Marie Hélène, née à Vienne le 6 avril 1824, était la fille du Comte Jean Adam Antoine d'APENSBERG ET TRAUN, porte bannière héréditaire de l'Autriche inférieure; En 1846 elle épousa à Vienne le Comte Antoine Guillaume Jean Gaston ERREMBMAULT de DUDZEELE (né en 1819), secrétaire de légation à l'ambassade de Belgique à Vienne. En 1847 naissait, à Berne, Gaston Charles M. Raphaël Gaétan ERREMBAULT DE DUDZEELE. En 1860, celui-ci est nommé ministre résident à Constantinople, et en 1866 ministre plénipotentiaire à SAINT PETERSBOURG.

SAINT PETERSBOURG
Nous retrouvons cette ville, où nous avions déjà rencontré
le capitaine Haddock. En 1802 Joseph de MAISTRE y avait été
envoyé, par Charles Emmanuel IV Duc de Savoie et Roi de Sardaigne,
comme ambassadeur plénipotentiaire. Il y restera jusqu'en 1817.
Joseph de MAISTRE était membre de la Loge Maçonnique Saint Jean des Trois Mortiers à l'Orient de Chambéry, une des premières loges maçonniques crées en Europe continentale après Paris. En 1778 il créa une nouvelle loge, "La sincérité" et prend contact avec Jean Baptiste WUILLERMOZ à LYON pour y être initié aux enseignements de la maçonnerie illuministe (il sera nommé Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, avec le nom de Josephus à Floribus).
Il éprouve un grand attrait pour le Martinisme et entretient un contact étroit avec Louis Claude de SAINT MARTIN.
Au début du XXème siècle se retrouveront à Saint
Petersbourg, Philippe de Lyon, Papus et Emma CALVÉ. Il y a lieu ici
de ne pas oublier les contacts de l'Abbé SAUNIERE avec une certaine
loge martiniste lors de ses déplacements à Lyon, rue des macchabées.
Un ancêtre de Gaston, Edouard Guillaume participa à la guerre de Java, qui débuta en 1825 : de nombreux belges étaient en effet dans l'armée coloniale néerlandaise, où ils s'étaient engagés après la chute de Napoléon, période pendant laquelle ils avaient été au service de l'armée Française. Après la défaite de Napoléon à Leipzig (16-19 Octobre 1813) et la capitulation de l'Empereur en Mars 1814, Guillaume d'Orange administra de fait la Belgique, et le congrès de Vienne confirma le 13 février 1815 l'intégration de la Belgique dans le territoire des Pays Bas. A Waterloo, il combattit donc l'Empereur. Son journal est un document assez extraordinaire et qui contient des informations sur les aspects de la guerre les plus divers : l'armement, les butins, l'alcool, l'opium, le traitement des prisonniers (simple et expéditif : exécution instantanée, soit d'une balle dans la tête, soit, très souvent décapités; ERRAMBAULT utilise l'expression "raccourcir de quelques pouces").
Il embarque pour son retour le 17 mai 1830 sur une frégate à destination des Pays Bas; le 25 Mai, il aura "le plaisir d'aller voir le tombeau du grand homme que j'ai servi pendant dix années" et visite le tombeau de Napoléon à St Hélène. Le 7 Septembre il débarque à Helvoetsluys et meurt quelques heures plus tard. Ses mémoires se trouvent aujourd'hui conservées à la bibliothèque de l'école française d'extrême orient. Cette "admiration" d'un ancêtre naturel de HERGÉ doit être bien prise en compte lorsque nous retrouverons la plaine de Waterloo.
Toujours St Petersbourg : Monsieur Lou Tseng Tsiang, qui avait participé en 1919 à la Conférence de la Paix de Versailles en qualité de Premier Ministre et Ministre des Affaires Etrangères chinois, y fut pendant des années en poste diplomatique. Plus connu sous le nom de Dom Celestin Lou OSB il était, après la mort de sa femme, la gantoise Berthe BOVY, devenu moine bénédictin dans l'Abbaye de Saint André les Bruges. Il était originaire de Shangaï, comme Tchang; Tchang Jen dont le grand- oncle avait été son professeur de littérature et de philosophie. HERGÉ était allé plusieurs fois en retraite dans cette abbaye, alors qu'il était élève au collège St Boniface de Bruxelles. C'est ainsi que HERGÉ rencontra Tchang, qui fut l'inspiration du petit chinois tant du Lotus bleu que de Tintin au Tibet, et que le secrétaire de Lou, Dom Edouard NEUT renseigna Georges REMI sur le caractère belliqueux des Japonais. Dom Celestin Lou s'éteignit le 15 Janvier 1949, à l'âge de 78 ans; Depuis 1927, année où il revêtit l'habit bénédictin, il n'avait cessé de réaliser en lui la fusion de l'Orient et de l'occident dans le domaine moral, lui qui avait dit à propos de sa célébration quotidienne de la messe : "oser approcher moi-même, tous les jours, le Tout-Puissant ! j'en mourrai". A l'époque, la presse entière s'est inclinée devant cette grande figure.
ERREMBAULT DE DUDZEELE - CHIMAY - MOUSTIER, etc
Nous disions précédemment qu'en "échangeant" Léopold II contre Gaston ERREMBAULT de DUDZEELE, Georges REMI n'avait "pas perdu au change", même en dehors des liaisons provenant de l'autre fils du Comte.
Comme en un clin d'il à certains amis nerwiens de la SP signalons que le nom complet du Comte était Gaston ERREMBAULT de DUDZEELE et d'ORROIR. Est-il besoin de préciser que les arrières fiefs de la Seigneurie d'ORROIR étaient Beustre et Brugelette ?
ERREMBAULT de DUDZEELE fut créé Compte par un décret de l'impératrice et Reine Marie Thérèse, comme souveraine des Pays Bas, en date de 1774, et fut Marquis par ordre de primogéniture (Bulletin de l'Académie d'archéologie, T.II, Anvers 1844).

L'annuaire de la noblesse belge, nous apprend, au sujet de la famille de
la HAMAYDE (descendante de Thierry-le-Batard, mort à la bataille
d'Azincourt en 1415), qu'en 1868 Euphérie Marie Adélaïde,
fille de Thierry Charles Nicolas Joseph d la HAMAYDE, épouse Camille
Alexandre Joseph de LESSY DE FRAYENNES, fils de Léopoldine Alexandrine
Wilhelmide ERREMBAULT de DUDZEELE.
Les matrices cadastrales de Philippe Christian POPP nous indiquent les ERREMBAULT DUDZEELE propriétaires à Grand Metez, Callenelle, Wiers, Tournay.
A propos de Grand Metz, Denis ERREMBAULT de DUDZEELE achète la Seigneurie en 1740. La famille restera propriétaire du domaine après la révolution, et le cède en 1876, au Baron du SART de BOULAND.
Ce qui est frappant ici c'est que l'un des vitraux de l'Eglise de Moustier, qui fait l'objet de parutions dans les colonnes de la SP fut offert par la Baronne du SART de BOULAUD , propriétaire à Tournay, Montignies les Lens, Bellignies (France), Neufmaison, Forest, et Moustier, évidemment. Cette Seigneurie, gouvernée par les Barons de SART de 1818 à 1902 et plus anciennement par les de CROY (que nous avons déjà rencontrés au sujet de la Licorne) comprenait une grande partie de Moustiers et s'étendait sur Frasnes-les-Buissenal. Du SART de BOULAND était aussi Seigneur de la Motte, relevant de la Baronnie de Leuze. Au temps de Charlemagne, Leuze faisait partie du "Burbant" (Brabant). Lors du partage de 870 entre les héritiers de Charlemagne, cette localité appartient à Charles Le Chauve. Ce pagus est donné, par la suite, à GERARD DE ROUSSILLON, Prince de Bourgogne . Plus tard, Jeanne de CHATILLON, épouse Jacques 1er de BOURBON, troisième fils de louis 1er, Duc de Bourbon, qui devient Seigneur de Leuze et de Condé en 1241.

En 1822, le Baron de SART de BOULAND pouvait produire seize quartiers généalogiques
et nobles.
Du SART Du BERON
STAPPENS INGUILLARD
VAN DER GRACHT du BOIS
DEL RIO Y AYALA GAYAFFA
HESPEL FOURMESTREAU
LE CAMUS RAULIN
DE LA TOUR DU PIN CORNEILLE
L'ESPEE FOURBISSEUR
Dans quel curieux cheminement HERGÉ nous permet de nous promener ! Mais continuons.
Le Bulletin de la commission royale d'histoire (tome 86, 1922) consacre plus de 120 pages aux archives du château de Chimay. Nous pouvons lire :
1646 : testament et codicille de Madeleine d'EGMONT, princesse de Chimay, épouse du prince Alexandre DE CROY AREMBERG
1650 - 1664 : papiers relatifs aux terres féodales et allodiales situées au Franc de Bruges et appartenant à la BARONNE DE DUDZEELE, PRINCESSE DE CHIMAY .
1666 lettres d'anoblissement, octroyés par le Roi de France Louis XIV à Pierre Paul RIQUET, Seigneur de Bon Repos. On lit que RIQUET avait proposé au Roi Louis XIV de construite le canal de communication des mers Océanes en Méditerranée .. puis obtenu la mission de creuser ce canal depuis la rivière de la Garonne proche de la ville de Toulouse jusqu'à la rivière de l'Aude P.P. RIQUET est déclaré noble, ensemble sa femme et leurs enfants à perpétuité.
Après 1845 notes biographiques sur le Prince de CHIMAY (écrits de sa main) et biographie manuscrite de Fr. J. Ph. De RIQUET DE CARAMAN, quinzième PRINCE DE CHIMAY
En 1356 la Châtellerie de Chimay revient à un cadet du COMTE DE BLOIS. Au XV ème siècle elle revient à Jean II de CROÿ, qui achète la ville de "Cimay" à Philippe LE BON en 1445. En 1473, Charles LE TEMERAIRE élève la terre Chimacienne en Comté. En 1486 Chimay est érigé en principauté par Maximilien d'Autriche en faveur de Charles de CROY, parrain de Charles QUINT.
En 1612, après la mort de Charles II de CROY, la principauté est vendue à son neveu, Alexandre d'AREMBERG, puis elle échoit en 1686 au Comte de BOUSSU, avant qu'en 1804 les CARAMAN en héritent et y habitent toujours.
CHIMAY ne peut que nous emmener vers Thérésa CABARUS, plus connue par le nom de son second époux comme Mme TALIEN, qui fut une des reines du Directoire avec Joséphine de BEAUHARNAIS, Fortunée HAMELIN, Mademoiselle LANGE et Juliette RECAMIER.

Après avoir vécu quelque temps avec BARRAS, elle se remaria
avec le Prince François Joseph de RIQUET de CARAMAN, petit neveu
de Pierre Paul RIQUET. La fille de Joseph de RIQUET de CARAMAN CHAMBRAY
(1836 - 1892) est plus connue sous le nom de Comtesse Henry GREFFULHE, qui
fascina Marcel PROUST et devint le principal modèle de la "Duchesse
de GUERMANTES". Elle règna sur le Tout Paris de son époque
où, du 8 au 10 rue d'Astorg, doté d'un jardin avec une serre
garnie de plantes exotiques, "une espèce de cité d'Angkor"
(Ghislain de Diesbach) discret havre parisien où elle hébergeait
des souverains étrangers venant dans la capitale assouvir incognito
leurs passions amoureuses. Son salon du 10 vit se presser le gratin parisien
des arts, de la science, de la politique et de la mondanité. Citons
Edouard VIII, Roi d'Angleterre, Franz LITZ, Claude DEBUSSY, MOUSSORGSKI,
Boris CHALIAPINE, Blanche, Comtesse de CLERMONT TONNERRE, la danseuse Loïe
FULLER, la Comtesse de NOAILLES, Elisabeth, Reine de Belgique, DAGHILIEV,
Misia SERT, la Princesse BIBESCO, Paul CLAUDEL, François MAURIAC,
André MAUROIS, Edouard BRANLY, Edmond ROSTAND, Marcellin BERTHELOT,
Irène JOLIOT CURIE, BERGSON, MAN RAY, etc
Il va sans dire que
dans son salon se côtoyaient plusieurs personnalités que l'on
pouvait aussi rencontrer chez Nathalie BARNAY
Si l'on remonte un peu dans le temps, en 1609 nous rencontrons Pierre Paul RIQUET, baron de BONREPOS et Comte de CARAMAN, ingénieur et entrepreneur français qui a permis la réalisation du canal du midi -en investissant sur ses fonds propres deux millions de livres. Les terres de Chimay entreront dans la famille de CARAMAN à la mort de Philippe Gabriel Maurice Joseph de HENIN, dont les biens passeront à ses neveux : les enfants d'Anne d'Alsace et de Victor Maurice de RIQUET. C'est ainsi que François Joseph Philippe de RIQUET (1804-1843) Comte de CARAMAN devint Prince de CHIMAY et épousa Thérèsa CABARUS. Nous renvoyons ici le lecteur à nos livraisons traitant de M. Gustave VISON où nous avons parlé des liens existant entre P.P. RIQUET et la famille DUCROS DE SAINT GERMAIN . Nous voilà arrivés à LIMOUX, après être passé, tout en suivant les DUDZEELE, à Moustier, St Petersbourg, Chimay, Waterloo etc
Nous avons fait un périple spatio-temporel, qui, de notre point de vue, permet d'illustrer, et de faire partager, une partie de ce qui pouvait se passer dans la tête de Georges RÉMI et d'expliquer plusieurs de ses techniques d'expression, d'exposition et de camouflage, de "montrés" pour laisser entrevoir des "suggérés", de comprendre sa nostalgie du château perdu, sa recherche douloureuse d'un nid à la fois source de génération et de destruction, inséparabilité de l'amour et de la mort, "mélange d'ivresse et d'amertume qui laisse dans la bouche le goût du sel de la terre (Omar KAYAN). Le château de Moulinsart va nous en donner maintenant une des plus belles illustrations.
Une dernière note à propos d'ERREMBAULT de DUDZEELE : dans un texte "Aux origines de la Franc Maçonnerie française" Alain LE BIHAN cite la "Loge de Coustos-Villeroy" ou "A la ville de TONNERRE" fondée, semble t'il en 1726, par un certain Coustos originaire de Berne, donné comme anglais sous le nom de COUSTOWN, Coustaud en Français, Custos en Portugais Le registre de cette page s'ouvre sur une soixantaine de signatures; l'ensemble des procès verbaux a fourni 41 maçons étrangers, dont 26 reçus avant le 18 décembre 1736, parmi lesquels ERREMBAULT DUDZEELE.
"Le rôle joué dans les premières loges parisiennes par les Jacobites, catholiques ou non, venus de Grande Bretagne, la place tenue par des ORANGISTES ou HANOVRIENS, de religion protestante ont amené à parler de "Loges GALLICANES" par R.S. Lindsay un noyautage par des éléments hostiles, voire indifférents aux STUARTS, et par des éléments protestants ou déistes qui se réclamaient de la Grande Loge de Londres ?"
MOULINSART nous apparaît à la fois comme un NOM, un LIEU, un CHATEAU, image de la trilogie de temps, de lieu et d'action qui caractérise la tragédie classique, enveloppe culturelle de la quête du Héros, que celui-ci soit Cornélien ou Racinien. Dans la vie il sera plus souvent un subtil dosage des deux et sa quête non univoque.
LA CROIX DE L'AIGLE
De prime abord, les faits nous ont paru simples et leur lecture aisée :
SART, signifiant champ en picard et jachère en Wallon -Sarter : peler un terrain-, nous obtenons le champ la jachère du moulin, ou le moulin du terrain pelé !. Dans le Trésor de Rackam le Rouge, Tintin finit par découvrir le trésor grâce à la croix de l'AIGLE, à la FIN de l'aventure.
Tout de suite, nous saute aux yeux l'association AIGLE et FIN, AIGLEFIN, poisson qui prend le nom de haddock lorsqu'il est fumé Nous y reviendrons, sachant qu'un autre nom de l'Aiglefin est le SAINT PIERRE. Saint Pierre, l'Aiglefin (et son perroquet) ayant, cachés en ses cryptes, la croix de L'aigle de Patmos: l'église du premier logeant, à son insu, celle du second ? Moulinsart un château, un palais, un temple de logeurs de Bon Dieu, de Cheval-liés ? Eglise de Pierre et église de Jean; laquelle contient le trésor, détient la vérité ?
Mais cet Aiglefin c'est aussi la FIN DE L'AIGLE, le lieu et le temps où il arrêtera son vol. Le "VOL DE L'AIGLE" s'est terminé à WATERLOO, ultime défaite de Napoléon, à water (l'eau en anglais) loo ("l'eau"); combien de fois HERGÉ n'insiste t'il pas sur le fait que le capitaine Haddock ne boit pas de l'eau (deux -fois-l'eau).
Dans la plaine de Waterloo nous trouvons la ferme de MONT SAINT JEAN, et
dont le MOULIN est resté célèbre dans l'histoire :
hasard, à-sart ?
"Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine !"
1815, le 18 juin : bataille de MONT SAINT JEAN, dite aussi de Waterloo;
MONT SAINT JEAN, célèbre par son MOULIN dominant la morne plaine, le moulin du terrain pelé, le MOULINSART , à l'abri duquel Napoléon piqua un petit somme pendant la bataille.
Ce moulin avait été construit en 1777 et existait encore au début du XX ème siècle. Nous avons vu précédemment une des causes possibles de l'intérêt d'HERGÉ pour Napoléon et Waterloo, image de l'amour destructeur comme le nid de guêpes . lorsque nous avons parlé d'Edouard de DUDZEELE.
1815, le 19 juin : au lendemain de la bataille, l'église paroissiale St Etienne de Braine l'Alleud servit d'hopital aux blessés de 1822 à 1826, la chaussée de Braine l'Alleud à Mont Saint Jean (actuelles chaussées Reine Astrid de Mont Saint Jean) fut pavée.
BONS BAISERS DE SART MOULIN
Mont Saint Jean n'est pas le seul village à posséder un moulin dans la plaine de Waterloo. Braine l'Alleud en possède plusieurs, et l'un de ses hameaux porte le nom de SART MOULIN. L'armée de Charles Quint y campa en 1554, occasionnant de nombreux dégâts, et son église St Etienne est célèbre pour avoir reçu, en 1734, les reliques de St Sebastien.
En 1766, un certain Léandre Henry reçoit un octroi pour faire, à Sart Moulin "des glaces en verre en tables et miroirs à l'imitation de ceux de Bohême et de France". Lorsque Moulinsart devient MOULIN SERRE dans le reportage de Paris Flash, est-ce une indication de fabrique de verre ?
Ce hameau de SART-MOULIN est, pour de nombreux spécialistes d'HERGÉ, à l'origine du nom donné au château de Moulinsart, HERGÉ s'appuyant sur la toponymie locale.
Lucien GERKE rappelle que le père d'HERGÉ était directeur d'une usine de confection, rue des Tanneurs, à Bruxelles, dont le patron passait alors l'été dans sa maison de campagne à Sart Moulin. Le père d'HERGÉ, souvent accompagné du petit Georges, venait, quand son patron était absent, à Sart Moulin, tous les quinze jours pour rendre compte de l'évolution de l'entreprise.

Belle histoire ! mais autant le moulin de Mont Saint Jean et son aura Napoléonienne
nous paraît bien se placer dans le puzzle hergéen, autant cette
anecdote familiale nous paraît de peu de poids dans la saga de nos
héros, malgré ses nombreux châteaux , dont celui de
Goumont.
Un point toutefois : mieux connu sous le nom de bleu indigo (blue jeans) le bleu de Sart Moulin fit autrefois la gloire de ce hameau de Braine l'Alleud. Au lendemain de la bataille de Waterloo, l'épouse d'un MEUNIER de Sart Moulin ramena chez elle un soldat autrichien blessé et le soigna. Pour la remercier, le soldat, qui avait travaillé chez un teinturier de Salzbourg, révéla le procédé de la teinture à l'indigo pour teindre la toile de tabliers et de sarraus. L'entreprise artisanale acquit très vite une renommée lui donnant une extension importante, avant de cesser son activité en 1953 (jusqu'ici nous ne connaissions que le succès aux Etats-Unis du "bleu de Gêne", qui phonétiquement donna le "bleue jean".
Faut-il voir une indication sur ce bleu de Sart Moulin dans le fait que HERGÉ habilla d'un jean Tintin dans l'album Tintin et les picaros ? -le procédé d'inversion impliquait que ce pantalon ne soit pas bleu: le lecteur a été "marron" .
DE NOMBREUX MOULINS SART ET SART MOULIN
Nous sommes allés à la recherche d'autres moulins en Belgique et en avons référencés 1457, tant à vent qu'à eau, encore en cours, ou en ruines ou restaurés. Parmi ceux-ci, il ne reste plus que 50 moulins à vent, -ils étaient encore plus de 1000 au début du XIXème siècle-, essentiellement en Flandre occidentale. Le Luxembourg belge, quant à lui, renferme de très nombreux moulins à eau, dont, dans l'arrondissement de Neufchâteau à Bertrix, section Jehanville, le Moulin de Sart.

De
même avons nous trouvé plusieurs localités portant le
nom de SART, et associées à des moulins, dans diverses provinces.
Mais, parmi ceux-ci aucun ne nous semblait avoir quelque caractéristique
en rapport avec notre recherche. Puis nous sommes arrivés dans la
ville de Villers-le-Temple, près de Liège, et son hameau de
Sart Moulin. Villers-le-Temple tient son nom de deux grands évènements
historiques : la romanisation d'un site déjà fréquenté
à l'époque du néolithique, et l'installation d'une
commanderie de l'ORDRE DU TEMPLE.
D'après le cartulaire de l'Abbaye de Flône, le 16 novembre
1260, les frères de cette abbaye cèdent un terrain situé
sur les hameaux de Villers et de Clémodeau à un certain Gérard
de VILLERS, frère du temple, mentionné par plusieurs chartes
comme maître du Temple en Brabant et en Hesbaye. Il va ériger
une commanderie qui deviendra chef lieu du Temple en Hesbaye, et la plus
importante de la province de Liège : maison fortifiée munie
de 4 tours, chapelle, écuries, étables, le tout ceint d'une
muraille formant enclos: le village Villers-en-Coudroz devient alors, dans
les textes, Villers-Le-Temple.
En 1466 Villers devient maison principale pour tous les domaines de l'Ordre de Malte situés dans l'est de la Belgique. Du château de la commanderie, il ne subsiste aujourd'hui que deux tours d'angle et la moitié d'une troisième; les bâtiments et la chapelle ont été détruits au milieu du XIXème siècle.
Gérard de VILLERS fût Maitre en France (province de l'Ordre du Temple) de 1299 à 1307. Le rapport d'Alain de PAREILLES, chef des archers du Roi, rendu à Guillaume de NOGARET et l'état remis à Enguerrand de MARIGNY indiquent que pratiquement rien n'a été retrouvé au Temple de Paris après l'arrestation des templiers et la confiscation de leurs biens. Une déclaration faite par le Templier Jean de CHALON, du Temple de Nemours, en juin 1308 devant le Pape, révèle que la veille de l'arrestation des Templiers, le 12 octobre 1307, un cortège de trois chariots couverts de paille et une cinquantaine de chevaux ont quitté le Temple de Paris sous la conduite de deux Templiers, Hugues de CHALONS et Gérard de VILLERS, le précepteur de France (dont les archives d'Hesperange au Grand Duché conserveraient les traces du passage). Par ailleurs, les navires de l'Ordre en mouillage à la Rochelle quittent leur port d'attache pour une destination inconnue : on peut alors laisser libre cours à son imagination.
Le trésor de Rackam le Rouge ? le chevallié de Hadoque, naviguant sur une sorte de CARAMEL (le secret de la licorne, p. 3 B3), lapsus typique nous le savons maintenant, de la méthode de divulgation d'HERGÉ
CARAMEL
RACAM LE
.
ROCHEFORT ET BROUAGE
Rochefort faisait partie de la ligne de défense de la côte d'Aunis et de Saintonge. A la fin du XIIème siècle, la famille de ROCHEFORT s'éteint et le domaine est vendu à Philippe le BEL, intéressé par la position frontalière du château compte tenu des possessions du Roi d'Angleterre. Le Traité de Bretigny le voit passer aux mains d'Edouard III d'Angleterre (1360) jusqu'en 1372 où Charles V le reprend. En 1537 Rochefort repasse dans le domaine royal, avant qu'Henri IV ne le revende en 1599.
En 1665, Louis XIV charge COLBERT de trouver un lieu sur la côte atlantique capable d'accueillir un arsenal qui devienne un lieu de "refuge, de défense et d'approvisionnement". En décembre le lieu est choisi : ce sera Rochefort.
La ville se développa rapidement sous l'impulsion de COLBERT de TERRAR, puis de Michel BEGOU, de 1688 à 1710 où la construction navale se fait à un rythme très soutenu (près de 49 navires en 1692 et environ 350 au total).
Ce fût certainement à Rochefort que fût construit le navire La Licorne, "fier vaisseau de troisième rang de la flotte de Louis XIV" [souvenons-nous que le Royal James, commandé par le capitaine Haddock faisait partie de l'escadre bleue -arrière garde de la flotte anglaise-, derrière l'escadre blanche (l'avant-garde) et l'escadre rouge (le corps de bataille).

Les coques des navires devaient être périodiquement entretenues ou réparées. A Rochefort, trois formes de radoub sont encore visibles : la vieille forme, la forme double (Louis XV) et la forme Napoléon III. La vieille forme, première "forme à l'anglaise" entièrement maçonnée, fût une innovation pour l'époque. Il fallait que le dallage supporte le poids d'un navire de premier range.
Il
y a lieu ici de se demander pourquoi HERGÉ nous présente la
Licorne comme une caravelle, alors que celle-ci, navire à voiles
à hauts bords inventé par les portugais, évolution
de la caraque, possède un gréement de voiles TRIANGULAIRES.
Le gaillard d'avant et le château arrière augmentés
conféraient aux caravelles une plus grande stabilité et une
meilleure manuvrabilité qu'aux caraques.
La Licorne, avec ses voiles résolument carrées et rectangulaires
est, au même titre que la Santa Maria de Christophe COLOMB, une CARAQUE
et non une caravelle -par contre, la Pinta et la Nina étaient bien
des caravelles-. HERGÉ, avec la recherche de précisions qui
lui était connue ne pouvait ignorer ce fait, il y a là une
"erreur" "volontaire", une indication

Dans les langues du sud de la France, à CARAQUE correspond CARACO
: bohémien, tzigane. Est-ce une première indication annonciatrice
d'Emma CALVÉ et de ses rapports avec la musique andalouse et tzigane
dont nous avons parlé lors de notre livraison précédente
au sujet des bijoux de la Castafiore ? Ou bien faut-il comprendre le Bohémien,
le tzigane comme étant éternellement du voyage non reconnu
socialement par la société des gens à domicile fixe,
identique, analogiquement, à un enfant naturel par rapport à
une famille .
A quelques kilomètres de Rochefort, une dizaine environ, et "un peu plus à l'ouest", nous trouvons la ville de BROUAGE, qui fut créée au XVIème Siècle par Jacques de PONS. En 1622, Richelieu, qui songe au futur siège de la Rochelle, entreprend de faire fortifier toutes les places fortes entourant la cité rebelle protestante, dont Brouage et le château d'Oléron.
En 1653 Mazarin devient gouverneur de Brouage. En 1659, il y "hébergea" sa nièce, Marie MANCINI, pour l'éloigner du jeune Louis XIV qui la courtisait mais qui devait épouser, pour des raisons politiques, l'infante Marie Thérèse d'Autriche.
Marie MANCINI est réputée être le premier et véritable amour de Louis XIV. Après une maladie du Roi, où Marie "se tua de pleurer" (la Grande Mademoiselle), elle devint le point d'attraction de la Cour à Fontainebleau, présidant aux fêtes et aux bals, remplaçant ainsi sa sur Olympe qui avait précédemment la faveur du Roi. La dernière entrevue de Marie avec Louis XIV avant son éloignement forcé à Brouage, le 22 juin 1659, a inspiré ce vers célèbre de Racine, dans sa tragédie Bérénice :
Vous êtes empereur, seigneur, et vous pleurez !
Cet éloignement forcé suggère une autre question : Parmi les seize ou dix-sept enfants naturels connus de Louis XIV, le premier connu sous l'initiale N serait né(e) vers 1660. Seul Saint Simon dans ses mémoires indique une possibilité pour la mère, qui serait "la fille d'un jardiner de Versailles" !
Cette indication de St Simon nous rappelle Henri IV, le vert galand, et son "aventure" avec FLEURETTE -d'où l'anglais FLIRT, qui nous revint sous former de flirter-, "la belle jardinière d'Anet". De ces brèves amours naquit un enfant dont le fils -soit le petit-fils d'Henri IV, époux de Marguerite de VALOIS, "recluse" de longue année en Forez- portait le nom de DE LA RIVIERE.
Henri IV eût comme médecin M. ROCH LE BAILLIF, SIEUR DE LA RIVIERE, qui officia principalement en Bretagne -dont l'HERMINE est le symbole- et mourut en 1605 (!)
COÏNCIDENCES, COÏNCIDENCES ?
Marie MANCINI éloignée en Juin 1659
Naissance de N en 1660 .
Dans
le Trésor de Rackam le Rouge, Louis XIV fait part du château
de Moulinsart à son "cher et aimé François en
1695 : "N" aurait alors 35 ans, un âge raisonnable à
cette époque pour un capitaine comme le Chevalier, et de fille à
garçon il n'y aurait qu'une inversion, méthode bien caractéristique
de HERGÉ pour brouiller les pistes
Or en Belgique, non loin de Villers-le-Temple, se trouve aussi une localité
nommée Rochefort, célèbre principalement pour l'arrestation
du Général La FAYETTE en 1792 et sa grotte de Lorette, haute
de 85 m dans sa salle la plus grande, la "salle du sabbat".
UNE CARTE GEOGRAPHIQUE, LA CLÉ VERS LE SECRET
"Les faits géographiques eux-mêmes, et aussi les faits historiques, ont, comme tous les autres, une valeur symbolique, qui d'ailleurs, évidemment, ne leur enlève rien de leur réalité propre en tant que faits, mais qui leur confère, en outre de cette réalité immédiate, une signification supérieure" (R.GUENON, Le roi du monde). Dans la majorité des histoires de trésor, le héros est en possession d'une carte -parfois d'une maquette . souvent stylisée à l'extrême et demandant d'être sur les lieux pour qu'une lecture en soit possible-. Or, ici, en l'espèce, HERGÉ nous présente trois parchemins à superposer en lieu et place d'une carte, qui portent un message précisant à deux reprises le chiffre trois.
Trois frères, Trois licornes
Avec la compréhension que nous avons acquise de la méthodologie d'HERGÉ, de ses techniques de dédoublement par les rêves, les personnages, les images, les lieux, ses techniques d'inversions par les mots et les calembours, sa méthode de suggérer par ostentation de l'opposé, cette absence de carte n'est-elle pas l'indication que c'est à nous d'en dessiner une sur la base des indications que nous avons ?
Deux Sart Moulins dont l'un dans une morne plaine, et l'autre près d'une commanderie Templière.
Deux Rochefort
Un CHIMAY
En traduction graphique, les dédoublements et inversions graphiques et textuels pourront être traduits ainsi que suit :
-
Par des parallèles, droites dédoublées latéralement
- Par des angles égaux, déterminés par une bissectrice
ou symétrie/rotation
- Par des segments égaux ou dédoublés, déterminés
par une médiatrice, une médiane ou résultant d'une
rotation
- Par des alignements de trois points (ou de deux et un points) : dédoublement
linéaire ou kaléïdoscope plan
Souvenons-nous ici des DUPON(D.T.) : "impossible que ce soit l'UN d'entre nous il y a DEUX traces PARALLELES" (Au pays de l'Or noir)
N'oublions pas, non plus, les voiles triangulaires des caravelles, dont l'absence nous a montré que la Licorne est une Caraque.
La carte absente serait-elle à construire sur une base triangulaire ?

Traçons donc le triangle déterminé par les lieux que
nous connaissons : Waterloo, Villers-le-Temple, Chimay.
Par Rochefort traçons la parallèle à la médiane au côté Waterloo - Chimay. Celle-ci passe par Villers (en Normandie) : nous voilà en possession maintenant de DEUX VILLERS. En continuant cette droite, nous arrivons à BREST (Tonnerre de Brest, serions-nous dans la bonne direction ?).

Par Waterloo, "de l'eau", traçons la droite qui joint Rochefort
en Saintonge.
Par Villers (Normandie) traçons une parallèle au côté Waterloo - Chimay : il va couper le prolongement du côté Villers-le-Temple - Chimay à Malicorne, où se situe le château de Rivesarthe.

Par Rochefort (Belgique), traçons la parallèle à la
ligne Waterloo - Rochefort (Saintonge), et depuis Malicorne la parallèle
au segment Waterloo - Villers-le-Temple : les deux droites se coupent sur
Cheverny, célèbre pour son château.
En prolongeant la ligne Villers (Normandie) - Malicorne, celle-ci coupe la ligne Waterloo - Rochefort (Saintonge) à Lamorlay, et son château de Saint Loup sur Thouet.

Nous obtenons alors un deuxième triangle, Malicorne, Cheverny, St
Loup, pendant du premier triangle composé des deux Sart Moulin et
de Chimay.
Nous ne savons pas si HERGÉ a suivi précisément ce chemin, car il y a plusieurs méthodes de construction possible : mais admettons que si le résultat obtenu est du au hasard, alors il y a un Dieu de la coïncidence, car nous trouvons, aux angles de ce deuxième triangle, deux châteaux qui sont présentés comme pouvant avoir été des modèles pour HERGÉ lorsqu'il cherchait à donner une forme à Moulinsart.
Cheverny n'est plus à présenter : il est OFFICIELLEMENT le modèle ayant servi à HERGÉ.
Riversarthe, près de Malicorne a quelques adeptes, pour des raisons de vocabulaire, de mots, de noms, plus réellement que de forme. En effet Malicorne ne peut qu'envoyer directement sur MA LICORNE. D'autre part, le village de Malicorne est connu pour ses faïenceries créées par les frères (encore un doublet) LOYSEAU en 1747. Quant au château de St Loup il est pratiquement absent des discussions des "spécialistes tintinophiles".

Et pourtant : comparons les trois châteaux avec celui de Moulinsart.
Sur Cheverny (en haut à gauche) et St Loup (en bas à droite)
nous avons reporté un décalque de Moulinsart, pour que l'on
puisse bien comparer les toits (hauteur et pente), ainsi que le campanile
central et les deux cheminées. Rivesarthe, avec son toit en une seule
ligne est architecturalement hors course.
Pour nous l'affaire est claire : St Loup est le modèle le plus proche de Moulinsart que HERGÉ a caché sous un doublet. Cheverny ("c'est vernis" -de façade" pour éloigner les guêpes de la ruche) château connu et reconnu, comme celui de Chimay à qui il correspond entre les deux triangles. Rivesarthe, intégré non par sa forme mais par les jeux de mots qu'il permet, correspondant à Waterloo (Mont St Jean et Braine-l'Alleud). Saint Loup correspondrait alors à Villers-le-Temple et sa commanderie Templière.
SUR LA PISTE DES LUPEENS
On doit l'édification du château de St Loup à Louis GOUFFIER, gouverneur du Poitou. Mais avant tout il est utile de préciser, qu'en plus de son architecture, dont nous avons vu l'adéquation avec Moulinsart, un canal, bordé de marronniers mène, dans une jolie promenade à la rivière du Thouet, utilisée pour faire fonctionner des MOULINS, et ses PRAIRIES. "Il y a une belle PÂTURE près du château, au bord d'une petite rivière " (Les B. de la C, p.4 C3). Saint loup est aussi célèbre pour ses jardins, ceux de l'Orangerie, Jardin aux Fleurs, Cour de la Ménagerie, Verger et Potager. Le jardin aux fleurs se trouve face à l'orangerie et comprend dans ses parterres latéraux, bordant DEUX TRIANGLES deux zones réservées aux ROSES ROUGE et roses roses cultivées dans la tradition du XIXème siècle pour la confection de bouquets. Le long du canal un petit pavillon édifié en 1631

Un autre point de convergence, suggéré par l'équivoque
sur la CARAVELLE de LA LICORNE et qui vient comme en miroir de celles découlant
de CARAQUE. Caravelle, vient de l'espagnol Carabela, lui-même issu
du grec KARABOS ? Une sorte de barque. L'on pense immédiatement à
la fée Carabosse, ou au marquis de Carabas. Or Claude GOUFFIER était
ancêtre de Louis GOUFFIER à qui l'on doit le château
de St Loup, étant comte ou Marquis de CARAVAZ, demeurant au château
de Crazannes (Charente Maritime) et aurait inspiré à Charles
Perrault son personnage du marquis de Carabas.
"La fille du Roi le trouva fort à son gré, et le Comte de Carabas ne lui eût pas jeté deux ou trois regards fort respectueux et un peu tendres, qu'elle en devint amoureuse à la folie"
Cela ne vous rappelle t'il rien ? Détail piquant : le château de Crazannes appartient de nos jours à la famille de Rochefort
D'autre part, l'histoire du chat botté fait référence à la FORTUNE RAPIDE faite par la famille GOUFFIER.
COINCIDENCES, COINCIDENCES
Le château de Saint Loup, sur la ligne reliant Waterloo - Braines-l'Alleud à Rochefort, le château de Louis GOUFFIER, ne nous permettent-ils pas d'écrire, tel Hadoque sur son cheval lié, lié à cette intelligence du texte que symbolise la cheval ?
CARAMEL,
pour Rochefort
GOUFIER pour les Lupéens
Soit, FI(t) RACAM LE ROUGE
Ne peut-on y voir que nous sommes sur la piste d'un trésor. Mais lequel ?
Déjà nous avons vu passer, quelque part dans le temps dans l'espace le reflet d'un trésor des Templiers avec Gérard de VILLERS, toponyme que nous avons aussi retrouvé en Normandie, sur la ligne Rochefort (Belgique) Brest.
A quelques kilomètres de Villers cette ligne passe au sud de Creuilly, proche de Courseulles sur mer, localité connue, d'une part grâce au débarquement allié de 1944 (Juno Beach) et le site de fouilles dit de "FOSSES ST URSIN".
Ces fouilles, sur un site, entre autres, néolithique, en peuvent que nous rappeler celui de Villers-le-Temple en Belgique, connu aussi pour son site néolithique.. ô Temps plié
Coïncidences, Coïncidences.

Saint Ursin fût l'apôtre de Bourges, la VILLE DE JACQUES CUR.
D'après l'auteur de la vie de cet apôtre, Gaspard Thomas de
la THAUMASSIERE (édition 1689) assure qu'il était du nombre
des DISCIPLES DE JESUS, qu'il assista à la cène, fut témoin
de sa passion et de son Ascension et qu'il reçut, avec les apôtres,
le jour de la Pentecôte, la grâce du Saint Esprit et le don
des langues. Plusieurs chroniqueurs établissent l'identité
de Saint Ursin avec Nathanaël, un des soixante douze disciples.
Creuilly, quant à lui est célèbre pour son château, ses Comtes descendants de Rollon, ainsi que plus tard, en 1682, sa vente par le dernier Baron de Creuilly, Antoine V de SILLANS endetté et exproprié, à COLBERT, ministre de Louis XIV, qu meurt l'année suivante. Ses descendants occupèrent le château sans interruption de 1682 à 1789

Sans remonter à nouveau au néolithique, arrêtons nous quelques instants sur ROLLON. Pour cela, nous devons d'abord retourner en l'an 542. Cette année là, CHILDEBERT et son frère CLOTAIRE firent la guerre à l'Espagne et assiégèrent Sarragosse.
Dans "Histoire ecclésiastique, Tome VII, 1750" M. FLEURY, confesseur du Roi, précise : " l'évêque [de Saragosse] lui donna [à Childebert] l'étole de St Vincent, gardant la tunique. Ainsi les français levèrent le siège et Childebert, de retour à Paris, fit bâtir une église en l'honneur de St Vincent, où il mit son étole, avec quantité de VASES PRECIEUX, DE CALICES, DE CROIX qu'il avait rapportées de Tolède: entre autre une CROIX D'OR, ORNEE DE PIERRERIES (renfermant peut-être un fragment de bois de la vraie croix), à cause de laquelle il fit bâtir cette église en forme de croix Le peuple la nomma SAINT GERMAIN doré le principal autel fût dédié en l'honneur de la SAINTE CROIX Le Roi donna à cette église quantités d'ornements précieux "
En 885 et 886, après plusieurs attaques sur Paris les Normands pillent, entre autre, le trésor de Saint Germain (le siège de Paris par les Normands, par N.R. TARANNE, 1834), et retournèrent sur leurs bases arrières avec leur butin vers l'estuaire de la Seine. Rollon, (860 ? - 927 933) fût le chef Viking à l'origine du Duché de Normandie et participa au siège de Paris en 885 - 886, avant de s'emparer de la ville de Bayeux, à une petite vingtaine de kilomètres de Creuilly, dont le premier Baron, HAIMON LE DENTU, fils de Richard, était le frère (ou le neveu selon les historiens) de ROLLON.
En 1854, à Bayeux fût édité le livre de M. Antoine PEZET "Les Barons de Creuillly, études historiques". M. PEZET était président du Tribunal Civil de Bayeux ainsi que de la Société Académique.
En
1107, Mabile, fille de Robert FILZ-HAIMON recueillit tous les biens laissés
par son père en Angleterre et en Normandie et entre autres la baronnie
de Creuilly. Henri 1er d'Angleterre avait eu de Sybille CORBET, l'une de
ses maîtresses, fille de Robert CORBET, bourgeois de Caen, un FILS
NATUREL (encore un
), sur lequel il FAISAIT PORTER TOUTE SON AFFECTION.
Ce fût lui qu'il se proposa de donner pour époux à Mabile.
Pour ce faire, il nomma son fils naturel Comte de Gloucester, domaine qui
appartenait déjà à Mabile: ainsi Robert Comte de Gloucester
devint aussi Baron de Creuilly, avec le gouvernement héréditaire
des villes de Caen et de Bayeux
A sa mort, en 1135, Henri 1er renouvela la déclaration que Mathilde
était sa vraie et légitime héritière, et conjura
ses amis, qui le promirent, de la recevoir comme Reine d'Angleterre et Duchesse
de Normandie, et de lui rendre tous les services nécessaires.
"Robert reçu un autre témoignage de confiance de la part de son père, car par son testament le Roi lui remit la GARDE DE SON TRESOR DE NORMANDIE, DEPOSE AU CHATEAU DE FALAISE (bien connu des membres de la SP et des lecteurs de France Secrets), et dont la valeur était de 90 000 marcs d'argent, représentant à peu près cinq millions de notre monnaie actuelle" (en 1854)
Après avoir remis à Thibaut, frère d'Etienne de BLOIS, qui était devenu à force d'intrigues Roi d'Angleterre et Duc de Normandie, le château de Falaise, "il eût soin, toutefois, dépositaire fidèle, d'EMPORTER AVEC LUI LE TRESOR QUE SON PERE MOURANT AVAIT CONFIÉ A SA GARDE, en 1136 à Creuilly où Mathilde vint chercher abri avant de reprendre la couronne d'Angleterre en 1139 . Et devoir affronter une autre révolution". Nous noterons ici, au passage, qu'un certain Richard, BATARD de Robert et d'Isabelle, fille de Samson, Seigneur de Douvres, avait été nommé par le Roi Henri 1er, avant sa mort, EVEQUE DE BAYEUX/ nous verrons que l'histoire ne fait que se répéter

Des
souterrains, dit-on, relient le château de Creuilly à Courseulles,
à Crépon, à Vaux-sur-Seulles et à St Gabriel;
Certains croient dur comme du fer que le trésor de Henri 1er y est
encore dissimulé
COLBERT peut-être
,?
Il y a une trentaine d'années lors de restaurations pour les monuments
historiques, un entrepreneur en peinture M. René LEMARS et un électricien,
M. Michel MADELAINE ont mis à jour, entre autres officiellement "un
cul-de-basse-fosse, "oubliette" munie d'une étroite cheminée
en entonnoir de 3 m x 3 m, mais dont l'un des murs, si l'on en croit l'imbrication
des pierres, est une cloison ajoutée ultérieurement à
la construction initiale : début de salle, plus vaste souterrain
Nous n'avons pu en savoir plus mais nul doute que les Monuments Historiques
ont la situation bien en main.
Les lecteurs intéressés par le sujet du Trésor de Falaise
pourront se reporter aux textes de France Secrets "Le château
hermétique de Falaise"
Nous voilà maintenant devant deux trésors potentiels dont l'un peut en cacher un troisième : méthode de la kaléïdoscopie plane que nous avons déjà rencontrée. Compte tenu de ce que nous connaissons maintenant des méthodologies de Georges RÉMI, ne serait-il pas temps de nous plonger sur la fortune rapide faite par la famille GOUFFIER ?
GOUFFIER, JACQUES CUR ET LE FOREZ
Au moyen âge et sous l'ancien régime, le Roannais n'était, pour l'essentiel qu'une partie du Comté de Forez -sans doute la topographie, la réalité géographique y a son importance, pour cette plaine entourée, sauf au Nord, d'un pourtour montagneux; "situation favorable à une autonomie de l'espace Roannais qui a pu échapper ainsi à une trop forte emprise de Lyon" (R. BERGERON, Le Roannais : une région ? un pays ?).
L'histoire administrative et judiciaire du Roannais a conduit à un premier regroupement spatial quand fut assurée la promotion de la famille GOUFFIER, sieurs de Boisy. L'émergence d'un espace Roannais relativement autonome, apparut clairement en 1566. A cette date fut constitué au profit de Claude GOUFFIER une entité féodale et seigneuriale, le "duché de Roannais", avec les terres, mandements et seigneuries de Saint-Haon, La Chambe, Renaison, Saint Maurice, Villerest, Vernay et le Crozet. En 1667, est confirmée l'érection du Roannais en duché-pairie en faveur du duc de la Feuillade époux de la dernière descendante des GOUFFIER. Quelques années plus tard, les châtellenies de Crozet, Saint Haon, Saint Maurice et Cervières sont officiellement réunies au duché et la justice est exercée à Roanne par les officiers du bailliage ducal, mais avec audiences et greffes distincts. Cette juridiction s'exerce alors sur environ soixante dix communautés d'habitants" (R. BERGERON, ibid.)
Telle est succinctement résumée l'histoire et la famille GOUFFIER.
Couzan, forteresse féodale de Damas, Seigneurs de Couzan que nous avons déjà rencontrée -dans notre livraison concernant la fresque de l'église de RLC (Vin Mariani)- était la seule des vassaux du comté à pouvoir rivaliser avec les châteaux du suzerain et réputée imprenable. L'alliance stratégique des DAMAS et des BEAUJEU contre le comte de Forez fit de Couzan le plus importante du Forez entre 1180 et 1222, date à laquelle Hugues III de DAMAS consentit à rendre enfin hommage au comte Guy IV. Lorsque Hugues V de DAMAS, seigneur de Couzan hérite des terres roannaises de sa femme Alice à la mort de son beau-père Guy II de la Perière, le domaine des DAMAS en Forez contient les fiefs suivants : Couzan, Sauvain, Boen, Arthun, Urbise, Leigneux, Trélins. Il hérite par ce mariage de Chalain d'Uzore, tandis que le domaine hérité de la Périère en Roannais comprend les fiefs suivants : Roanne, pour partie : Mably, Saint Romain, St Haon-le-chatel, pour partie : Boisy la Motte.
Les
descendants de la branche ainée des DAMAS, Eustache de LEVIS , prirent
le nom de LEVIS COUZAN et conservèrent la forteresse jusqu'en 1622.
Eustache de Lévis était le fils cadet de Philippe de Lévis,
seigneur de la Roche-en-Regnier, Vilais, Florensac et d'Aliz, dame de Quélus.
Il épousa en 1425 Alix de COUZAN, fille d'Hugues VI de DAMAS, seigneur
de COUZAN, et d'Isabelle de DAMAS du PLESSIS, dernière de son nom
et héritière de son frère Guy V de DAMAS.
Elle lui apporta tous les domaines de la branche aînée des
DAMAS en Haut Forez et en Roannais, le tout constituant la PLUS GROSSE FORTUNE
DU FOREZ.
Jacques
CUER, dit Jacques CUR (Bourges 1395 - Chio (peut-être ?) 1456),
fils de Pierre CUER, pelletier de Bourges. En 1418, Charles VII s'installe
à Bourges, ce qui procure à Jacques CUR une ascension
remarquable.
En 1429, il est nommé fermier des monnaies, et émet 300 marcs
d'argent au-dessous du titre, et garde pour lui la différence. Condamné,
il est gracié par le Roi.
En 1433 il est nommé maître des monnaies, puis en 1435 Grand
argentier du Roi, à qui IL FOURNIRA TOUS LES FONDS NECESSAIRES POUR
MENER A BIEN SES GUERRES.
Ennobli en 1441, il est nommé commissaire royal, collecte la gabelle
dans le Languedoc, installe le parlement de Toulouse, DEVELOPPE LES MINES
DU BEAUJOLAIS et du LYONNAIS, ce qui -officiellement- lui apporte une fortune
colossale. Il développe d'autre part d'importantes opérations
commerciales avec le Levant.
Le Roi ferme les yeux sur des accusations de trafic de la part de Jacques CUR, car celui-ci a mis à sa disposition sa fortune pour hâter la conquête de la Normandie sur les Anglais.

Le 8 Novembre 1447, Jacques CUR achète son château à Jean Humbert de BOISY ainsi qu'à Eustache de LEVIS tous LES DOMAINES DE DAMAS EN ROANNAIS. Le sieur Jean Baronnet, son "commis" ou homme d'affaire à Lyon, vient en prendre possession le 12 novembre 1451.
LES GRANDS DU ROYAUME DOIVENT DES SOMMES ASTRONOMIQUES à JACQUES CUR, qui note tout sur des registres. La noblesse endettée cherche donc à le perdre par diverses accusations, les moines pensent qu'il vend des armes à l'Egypte, les bourgeois l'accusent de trafic sur les marchandises; Enfin, il est accusé d'être l'amant d'Agnès SOREL, la favorite du Roi.
Charles VII fût aussi ingrat envers Jacques CUR qu'il l'avait été avec Jeanne d'Arc, et le fait arrêter en 1451, accusé d'avoir empoisonné Agnès SOREL morte l'année précédente. Poursuivi pour détournements de fonds, MALGRE LA TORTURE IL N'AVOUERA RIEN. Enfermé au château de Poitiers, il est condamné à verser la somme astronomique de 400 000 écus, et le Roi en profite pour lui confisquer tous ses biens.
C'est l'un de ses rivaux, GUILLAUME GOUFFIER, sénéchal de Saintonge en 1451, qui fût chargé d'arrêter Jacques CUR dont il était personnellement débiteur de DEUX MILLE ECUS. Après l'arrêté de confiscation par le Grand Conseil en 1455, et la mise en vente des biens, Antoinette de COUSAN, qui avait cédé les siennes à sa nièce Alice de COUSAN et à Eustache de LEVIS proteste, alléguant des créances hypothécaires sur les biens mis en vente: réclamation non admise, car les terres ont été confisquées par réparation du crime de lèse-majesté et viennent donc au Roi libres d'hypothèques.
Le début de ses opérations commerciales avec le Levant fût presque instantanément couronné de succès, d'où -du point de vue des historiens officiels- la "légende officielle" de sa DECOUVERTE DU SECRET DE LA PIERRE PHILOSOPHALE, grâce, de plus, à sa rencontre avec le fameux alchimiste RAYMOND LULLE, MORT 120 ANS PLUS TOT, en 1316, racontée par Pierre BOREL dans ses recherches et antiquités gauloises et Françaises en 1658. "Le père de Jacques CUR était si pauvre qu'il n'avait pas de quoi louer boutique, mais qu'ayant fait la connaissance de Raymond LULLE, majorquin, celui-ci lui communiqua le secret pour faire de l'or, secret qu'il transmis à son fils qui, feignant d'avoir beaucoup gagné dans le commerce, couvrait, par ce moyen, l'origine de la richesse ".
Il est vrai que Jacques CUR transporta, contrairement aux lois (l'exportation d'or et d'argent constituant un grave délit) des monnaies françaises toujours fort recherchées dans le Levant tant à Damas qu'à Beyrouth. De nombreux témoignages rapportent aussi sa générosité auprès des princes d'orient. Dans le même temps il avait le monopole d'importation des épices ainsi que du transport des marchandises françaises vers les ports musulmans.

Alors alchimiste ou non ? Le débat reste ouvert, avec force arguments
tenant compte de la décoration de son palais à Bourges; Mais
en tout état de cause, entre ses mains, s'amasse une immense fortune
: n'a t'il pas avancé 200 000 écus au Roi pour la reconquête
de la Normandie ?.
Par acte du 8 mars 1450, Jacques CUR entra par moitié dans l'exploitation des mines que possédaient les trois frères BARONNAT, Jean, Pierre et Mile: à Chissieu, St Pierre-la-Palud et Joux-sur-Tarare. Alice JOLY ("Etablissements de J. CUR dans le Lyonnais") nous précise : "En sa qualité de Maître des mines de Bourges, puis de Pairs, Jacques CUR avait un intérêt évident à jouir de droits étendus sur les mines de plomb, du cuivre et d'argent du royaume. La région du Lyonnais, Forez et Beaujolais, était riche en gisements métalliques. Ces mines avaient la réputation d'avoir été exploitées par les romains Jacques CUR en 1453 n'était pas rentré dans ses avances et ses associés ne touchaient aucun bénéfice. - Arch. Nat.KK 328, fol. 243- TRES VITE JACQUES CUR DUT SE RENDRE COMPTE QU'IL FAISAIT UNE BIEN PIETRE AFFAIRE PEUT-ETRE NE LUI ETAIENT ELLES PAS TOUT A FAIT INUTILES La fortune de l'argentier suscitait les soupçons les plus extraordinaires. LA POSSESSION DE MINES D'ARGENT CONSTITUAIT UNE EXPLICATION PLAUSIBLE "
Pour notre part la réussite de Jacques CUR dans la mise au point d'une pierre transmutatoire semble une évidence: Pour celle de la pierre philosophale nous serions plus circonspect. Compte tenu du tire d'Argentier de jacques CUR, nous opterions pour la pierre au blanc permettant de transmuter le métal vil en argent -et le plus souvent en Platine-. Plusieurs auteurs, retrouvent des allusions aux secrets de la fabrication de l'argent dans les "Hiéroglyphes" des maisons de Bourges et de Montpellier.
Pierre BOREL dans "Trésor et recherches et antiquités" précise que "il y a plusieurs choses qui semblent faire voir qu'il était vray qu'il la possédoit [la pierre philosophale] par les écrits qui se trouvent de lui touchant cet uvre les figures hiéroglyphiques qu'il a laissées de cet art sur ses bastiments, selon la coustume des chimistes adeptes Bourges Loge de Montpellier "
Dans sa "Bibliotheca chimica" Petro BORELLIO cite, comme ouvrage dont l'auteur est Jacques Cur, "Chimia transmutaria extat Monspelu, Gallice conscriptum".
Notons au passage ici, simplement, qu'Emma CALVÉ avait acheté une maison à Montpellier en même temps qu'elle faisait faire les travaux de Cabrières, où la rumeur court que se trouva, à l'époque de Richelieu, le livre des figures hiéroglyphiques de Nicolas FLAMEL.
Coïncidences, coïncidences ?
Nous ne pouvons ici, d'autre part, éviter de penser au Sire de Plessis Bourré, lui aussi grand argentier à qui le Roi demandait de remplir sa cassette vide, et qui, dans un court billet ,demanda à celui-ci "d'attendre la prochaine pleine lune"
Une légende peut-être en rapport avec ce point raconte que près du château de Boisy, Jacques CUR -dit Joli-cur dans le centre de la France- s'empara par ruse de l'ANNEAU MAGIQUE (d'autres sources parlent d'un diamant) qu'un serpent d'eau (une vouivre) portait à son front. Il lui permit de changer en or tout ce qu'il touchait. "A vaillant cuers riens impossible" soit "acuer feu ayant pot Cybèle".
Signalons enfin les souterrains de Rouillères, au Nord du Forez, près d'Ambierle, où reposerait une partie du trésor de l'Argentier, qui avait aussi des biens et de gros intérêts à Bruges. De même peut-être ne faut-il pas négliger, ici, que ce fût dans les terres du Morvan et du Forez que l'histoire de l'uranium en France au XXème siècle tira ses racines

Guillaume GOUFFIER (mort à Amboise en 1495), Sénéchal
de Saintonge de 1451 à 1459, Chambellan du Roi Charles VII obtient
le 24 décembre 1455 les terres de jacques CUR qu'il a lui-même
accusé et arrêté, dont La Motte, Boisy, et la moitié
de celles de Roanne et de St Haon-le-Châtel, pour la bagatelle de
10 000 écus d'or QU'IL NE VERSERA JAMAIS AU TRESOR. Il fût
ensuite accusé de sorcellerie et condamné au bannissement
en 1459. Il rejoint alors Philippe le BON, duc de Bourgogne, puis revient
vers le Roi en 1465. Il sera de nouveau gouverneur de Saintonge sous Louis
XI (1467), puis Charles VIII le fait Gouverneur de Touraine.
Son
premier fils, Arthus, obtient de François 1er l'érection de
Boisy en duché-pairie du Roannais. Son deuxième fils, Guillaume
GOUFFIER de BONNIVET, ami d'enfance de François 1er, a en haine le
connétable Charles, Duc de Bourbon et d'Anjou, Comte de Forez.
En 1514, Guillaume GOUFFIER et Charles III de BOURBON entrent en conflit
sur la juridiction du Roannais dont ils se partagent la Seigneurie, l'un
par héritage des COMTES DU FOREZ depuis 1410, l'autre par les dévolutions
successives que nous avons vues : La Perrière, Damas-Couzan, Levis-Couzan
et Jacques Cur. Soutenu par Louise de SAVOIE, Guillaume GOUFFIER gagne
son procès et la réunion des terres du Roannais et concrétisée
lors de la confiscation des biens du Connétable (1525).
Charles GOUFFIER, fils d'Arthus, obtient de Charles IX les Seigneuries de Villeret et du Crozet dans le marquisat du Roannais, qui est transformé en 1566 en Duché du Roannais.
En 1612 le duché est érigé en duché-pairie. Arthus, duc du Roannais, pair en 1619 vend le duché à François d'AUBUSSON pour 400 000 livres en 1667.
Le duché de Roannais a donc vu comme titulaires les BOURBONS depuis Louis II de BOURBON, Duc de Bourbonnais, COMTE DE FOREZ, BARON DE ROANNAIS, jusqu'à Suzanne de BOURBON (1491-1521) Duchesse de Bourbonnais, d'Auvergne, COMTESSE DE FOREZ, BARONNE DE ROANNAIS, Baronne de Beaujolais.
Ensuite les GOUFFIER :
Arthus (+ 1519) Duc de Roannais, Compte de Caravas, Baron de Saint Loup
Claude GOUFFIER, Duc de Roannais, Comte de Caravas
Louis GOUFFIER (1575-1642) Duc de Roannais, Paris de France, Marquis de Boisy
Arthus GOUFFIER, Duc de Roannais, Marquis de Boisy
Et enfin les D'AUBUSSON.
La rapidité de la fortune des GOUFFIER n'est plus maintenant, pour le lecteur, une énigme, ce qui peut le rester est le fait que les réserves monétaires de Jacques CUR, s'il y en avait, n'aient pas été retrouvées; Officiellement, son neveu, Jacques de VILLAGE, aurait sauvé une partie de la fortune de l'Argentier. Alors, si l'on exclut "L'hypothèse alchimique", celle d'une CACHE DANS LE FOREZ pourrait être envisagée. Est-ce qui a poussé HERGÉ à visiter cette région -sa signature dans un registre d'hôtel de Pelussin en fait foi- comme l'article du site France Secret "TINTIN DANS LE FOREZ" le signale, établissant même un parallèle étonnant entre les pages 60 et 61 du Trésor de Rackam le Rouge, où apparaît la statue de Saint Jean et un tableau de la chapelle Saint Sabin, auquel nous renvoyons le lecteur, après ces quelques mots tirés de l'article : "c'est un double miroir, la statue est peut être elle aussi le reflet d'un tableau, et ce tableau représente sans doute aussi une statue Derrière l'image de Saint Sabin se cache en fait l'image de deux saints nommés Jean, le Baptiste et l'Evangéliste, voire d'un troisième Jean L'église exotérique de Pierre et l'Eglise ésotérique de Jean et l'Eglise Alchimique à JACQUES "
Une fois évadé en 1454, après 3 ans de prison, JACQUES Cur (le cur étant un des noms symboliques de la matière première alchimique) se réfugie auprès du Pape Nicolas V qui "l'apprécie beaucoup". Il passe l'année, dit l'histoire, à "recueillir les débris de sa fortune, car tout n'était pas en France" et de plus il reçoit des bénéfices qui ont pu être mis à l'abri par certains de ses agents demeurés fidèles". En 1456, il finance l'expédition et la flotte -armée par le Pape Calixte III- devant porter secours aux chrétiens menacés par les Ottomans, flotte qu'il COMMANDE AU TITRE DE CAPITAINE DE L'EGLISE.
Le lecteur aura noté qu'entre 1454 et 1456 Jacques CUR, comme l'on dit, s'est "vite refait une santé", après, officiellement, avoir recueilli des débris
Signalons ici une COINCIDENCE curieuse : Marie Madeleine de CASTILLE, femme de NICOLAS FOUQUET, lui aussi victime d'un Roi ingrat, avait pour arrière-grand-mère Marie BALUE, nièce de Geoffroy COUER, fils de Jacques CUR Nicolas FOUQUET et POUSSIN, une autre histoire, un autre nid ? Quel guêpier !
Nous avons maintenant, dans le Nord de la France, trois -toujours ce fameux terroir" "trésors", dont deux cachés sous le même vocable. Villers-Le-Temps, suggérant le Trésor des Templiers, Villers (Normandie) celui des barons de CREUILLY et Saint Loup-sur-Thouet, celui de Jacques CUR.
Chez
HERGÉ nous avons trois maquettes de la Licorne (lit corps né
?)
.
Trois parchemins
LES BOURBONS
Un autre aspect mérite toute notre attention, qui peut avoir été le chemin de départ de Georges RÉMI, eu égard à son histoire familiale personnelle et à sa quête des origines, et l'avoir amené à un premier "contact" avec le Forez.
Dans la généalogie de la Maison Royale de France, nous rencontrons, dans la troisième branche, les BOURBONS, force "bâtards", enfants naturels ou illégitimes comme l'on dit maintenant.
Avant d'en citer quelque uns, revenons quelques instants sur Louis XIV et le cheval lié de Hadoque.

Dans le Trésor de Rackam le Rouge, nous pouvons lire (page 58) :
"Louis, par la grâce de Dieu Roy de France, voulant récompenser
les grands, mérites de NOTRE CHER ET AIME FRANCOIS
". Dans
"Histoire du Forez" (par Auguste Bernard JEUNE, volume I, 1824),
page 61 : "1469
Nous donnons ici les lettres de nomination, pour
faire connaître les formules traitées en ce temps : "Jehan,
DUC DE BOURBONNAIS et D'AUVERGNE, COMTE DE FOUREZ, etc
scavoir faisons
que nous confians à plein des sens, vaillance, prud'homic et bonne
diligence de notre CHIER ET AMÉ FRERE NATURER, Pierre, BATARD DE
BOURBON
"
Coïncidence, coïncidence ?
Dans la généalogie des BOURBON, nous trouvons donc :
Jean de BOURBON, seigneur de ROCHEFORT, fils illégitime de Jeanne de ROCHEFORT - bâtard de BOURBON
Louis de BOURBON, PRINCE EVEQUE de LIEGE, qui eût trois fils illégitime, de Catherine d'EGMONT (Pierre, Louis, Jacques dont les descendants font valoir actuellement des prétentions dynastiques)
Charles
de BOURBON MONTPENSIER, Charles III, Duc de BOURBON et D'AUVERGNE, dont
l'un des fils, ayant du s'enfuir à la suite d'un duel, fût
pris en mer par des PIRATES, débarqué en Egypte d'où
il passa en indes, où l'un de ses descendants, Balthazar, fût
vers 1870, REGENT DE BHOPAL. Comment ici ne pas penser au maharadjah de
GOPAL qui fût fiancé, selon les journalistes, avec la Castafiore
?
Cette famille existe toujours, et fit l'objet d'un long article de Grasset
d'Orcet dans la Revue britannique du XIXème siècle.
Louis de BOURBON, Comte de ROUSSILON, fils illégitime de Jeanne de BOURNAN.
Louis de BOURBON, Comte de FOREZ, ainsi que de nombreux seigneurs, dames et barons de ROCHEFORT.
LE CIMETIERE DE DIEWEG et
OTTOKAR II
Les dernières volontés d'un personnage éclairent souvent un aspect de sa personnalité -parfois cachée durant son vivant- qui lui TENAIT A CUR, et souhaitait voir conservée même après avoir RENDU L'AME (à qui ?).
HERGÉ, mort le 3 mars 1983 avait demandé à être inhumé dans le cimetière de Dieweg, totalement désaffecté en 1958 : il bénéficia donc d'une dérogation spéciale Ce cimetière est décrit comme l'un des lieux les plus curieux et insolites de la capitale Belge : "peu entretenu le cimetière se métamorphose lentement. Les ferronneries commencent à rouiller, les monuments tombent en ruine. La végétation envahit les allées et les tombes, jusqu'à en recouvrir entièrement une bonne partie. Le mariage de l'architecture et de la nature, de la pierre et du végétal, dégage une atmosphère fortement romantique..." (Luc VIATOUR). L'ensemble du site est classé depuis 1997.

Si le patrimoine funéraire monumental et décoratif des sépultures de la bourgeoisie uccloise de l'époque est important, une particularité du Dieweg est triple (encore !) qui consiste à abriter :
-
Un nombre important de tombes de Francs-Maçons
- un important cimetière Juif Ashkénaze
- un nombre important de tombes d'enfants "morts en bas âge"
Qui se ressemble s'assemble dit l'adage : francs-maçons, nostalgie de l'enfance Quant à la culture Ashkénaze -de Achkenaz, un des arrière-petits-fils de Noé- elle est des juifs provenant d'Allemagne, de Pologne, de Russie, de l'ANCIEN EMPIRE AUSTRO-HONGROIS, et, globalement de l'Europe Centrale et de l'est. Le nom lui-même est emprunté à la Génèse (X,3) : "les fils de Gomer : Ashkénaze, Riphat et Togarma" ; à l'origine il désignait les populations Scythes, "ashkouza" en hébreu..
En dehors des multiples émigrations vers l'Est de l'Europe dues à diverses expulsions des juifs de France dont celle promulguée par le Roi Dagobert 1er en 629, et aux persécutions de l'Eglise, une partie importante des ashkénazes descend des Khazars, peuple turc converti au judaïsme dont les populations ont émigré vers l'Ouest après la destruction de leur empire au IXème siècle. Bien que non juive, parfois même anti-sémite, cette population descendante des Khazars ne pût échapper aux pogroms ni à la "solution finale".
Les Khazars étaient un peuple semi-nomade. Gheser, en turc moderne signifie errant, nomade, ce qui n'est pas sans nous rappeler la nostalgie que soulève à Tintin la musique Tzigane dans Les bijoux de la Castafiore.
Au
VIIème siècle, le Judaïsme devint leur religion d'état,
état qui correspondrait aujourd'hui au sud de la Russie, au Kazakhstan
occidental, l'Ukraine orientale, la Crimée, l'est des Carpates, l'Azerbaïdjan,
la Géorgie.
Les Byzantins ménagèrent l'empire Khazar qui les protégeait
des envahisseurs Vikings et Arabes : Constantin V épousa une princesse
Khazar
; Ceux-ci étaient en contact étroit avec les
juifs de Cordoue
.
Les Khazars fondèrent sans doute la ville de Kiev, et sont à
l'origine de la fondation de la Russie actuelle; La majorité des
traces de cet empire restant liées à l'histoire, aux cultures
russes et hongroises.
En 1260, Ottokar II de Bohème (1230-1278) bat Etienne V de Hongrie
à la bataille de Kroissenbrunn, qui lui cède la Bohème,
la Silésie, la Slovaquie, la Lusace, l'Autriche et la Styrie.
En
1276 Ottokar II cèdera à Rodolphe 1er de HASBOURG, augmentant
ainsi considérablement la puissance de cette famille, l'Autriche,
la Styrie, la Carinthie, la Carniole: Il ne conservera que la Bohème
et la Moravie.
Au Vème siècle les Khazars avaient envahi les Magyars et s'étaient
mêlés avec eux
Serait-il raisonnable de penser que le cimetière de Dieweg, l'histoire des Askhanases et les Khazars, l'album Le sceptre d'ottokar, le Comte Gaston ERREMBAULT de DUDZEELE sont des évènements et des faits dont la réunion autour de Georges RÉMI n'est le fruit que du hasard ou d'une coïncidence "puissance cinq"
Alors que penser des mausolées francs-maçons ou des tombes d'enfants ?
HISTOIRE SANS PAROLE
ARMES PARLANTES
Avant de conclure de cette livraison il nous a paru intéressant de mettre côte à côte quelques blasons, armes parlantes qui en bien L assonnées pourraient nous emporter sur les ailes de l'imagination créatrice, comme HERGÉ à emporter les deux ailes du château de Saint Loup pour la création de Moulinsart.
Ainsi, présentons-nous ci-dessous :
-
les armes des Seigneurs de BOURBON de la famille de Dampierre
- le blason de CHAUMON-GISTOUX, château où la Comtesse ERREMBAULT
de DUDZEELE se retira en 1888 après le décès du Comte.
Marie DEWIGNE devint sa femme de chambre et la Comtesse s'occupa de ses jumeaux Alexis et Léon, nés en 1882 "de père inconnu", le père et l'oncle de Georges RÉMI
-
Le blason de Jacques CUER, dit Jacques CUR
- Les armes de
. dit Dom Polycarpe
de la Rivière
- Les armoiries de Robert FILZ-HAIMON, deuxième Comte de CREUILLY
- Les armoiries du Forez, avec, à côté le blason de Moulinsart
- Les armoiries de Braine-l'Alleud
Nous aurions pu y ajouter le blason de Venceslas 1er, qui succéda à Ottokar II et que nous avons mis en illustration dans les paragraphes concernant ce dernier. Si nous y avons renoncé c'est qu'à celui-ci, au-delà de ses liens avec les autres armoiries se rattache la notion complémentaire de la BOHEME. Alors le bohémien, le tzigane n'apparaît plus comme le sans domicile mais comme celui du domicile du sang Nostalgie
Cheminé vers le séminé (die) WEG
UNE CARTE EN DEUX-VENIR
A travers les aventures de ses héros Georges RÉMI nous a raconté -avec cette même discrétion et retenue que celle qui apparaît dans son graphisme dit de "la ligne claire"- et, sans la dévoiler, permis de découvrir une part de sa vie personnelle.
De même, HERGÉ nous permit de "voyager" de Belgique en France, de Villers à Sart Moulin, de Cheverny à Riversarthe et Saint Loup, de Waterloo à Rochefort, en utilisant une méthodologie simple et claire.
En continuant sur la même lancée, à base de parallèles, d'angles égaux, de bissectrices et de médianes nous pouvons tracer plusieurs lignes, qui vont peut-être nous amener vers d'autres aventures et aventuriers dont HERGÉ semble suivre les pistes.
Nous
pouvons tracer la parallèle à la ligne Waterloo - Chimay à
partir de Villers-le-Temple, cette ligne coupe la ligne Rochefort-Durban
en un point/ La ligne reliant Rochefort à ce point coupe la ligne
tracée à partir de Villers-le-Temple sous les terres de Sainte
Croix en Jarez dans le Forez. Est-il ici besoin de rappeler les liens entre
cette chartreuse et Polycarpe de la Rivière ?
Et ainsi de suite
Nous obtenons d'autres lignes passant par Durban,
CABRIERES, LIMOUX, CARAMAN

Une esquisse se dessine d'une CARTE AU SUD de la France (un troisième triangle trois trésors trois parchemins -par chemins- trois maquettes -ma quête- de licornes lit corps né -corps ou cur ?- lit (du) crâne lit golgotha ) qui n'entre pas dans l'objet de cette livraison. L'on peut toutefois noter que les terres de CABRIERES se trouvent à la croisée de deux alignements :
STE
CROIX EN JAREZ - CABRIERES - LIMOUX
VILLERS-LE-TEMPLE - CABRIERES - DURBAN
De
même, l'on peut voir que CARAMAN, qui dans notre topographie du Sud
correspondra à CHIMAY dans celle du Nord, est aligné avec
ROCHEFORT et LIMOUX.
Les correspondances s'éclairent et commencent à apparaître
D'autres lignes doivent être tracées, comme Saint Loup - Cabrières,
parallèle à Rochefort - Durban. Mais déjà en
reflet des trésors des Templiers, du Roi d'Angleterre et de Jacques
CUR, nous voyons apparaître Limoux, Durban -avec leurs "périphéries"
RLB, RLC, Perillos- et Sainte Croix en Jarez.
Comme au centre de cette nouvelle carte, semblant jouer un rôle d'articulation, CABRIERES où la rumeur, selon entre autres Gilles MENAGE, veut que le livre des figures hiéroglyphiques de NICOLAS FLAMEL ait été abrité dans le château de Monsieur de CABRIERES, dans le Rouergue, près de Millau. Le Cardinal de RICHELIEU l'aurait eu entre ses mains.
NICOLAS FLAMEL en écho à JACQUES CUR . ?
Cabrières qui fût acheté par EMMA CALVÉ, dont nous avons montré, dans l'article précédent, qu'elle avait été le modèle de la CASTAFIORE. Emma CALVÉ, qui, comme Papus, fût à Saint Petersbourg, et proche des loges martinistes de Lyon; qui comme Monsieur G, de la famille de Habsbourg s'en vint à RLC.
Georges RÉMI avait-il entendu Monsieur G, l'austro-hongrois, comme HERR GE ?
COÏNCIDENCES,
COÏNCIDENCES
. Habsbourg, Hase Burg, soit lièvre château
A régné, soit araignée
A Moustier se trouvait un des trois tableaux du Christ au Lièvre
COÏNCIDENCES, COÏNCIDENCES
.
Lorsque l'Imagination et l'Inspiration s'élèvent au niveau de l'Intuition, alors s'ouvre la porte de l'Initiation.
Il nous reste maintenant à suivre Emma CALVÉ dans ses déplacements et ses rencontres, ses états d'âme et ses recherches spirituelles pour mesurer combien Georges RÉMI fût marqué, lui qui n'aimait pas spécialement l'opéra, par son charisme, sa quête spiritualiste et les sociétés qu'elle a côtoyées, derniers représentants d'un monde dont il provenait, qui l'ignorait et qui a disparu dans la tourmente. De même Emma CALVÉ, telle le Titanic, ne sombra-t-elle pas brutalement, et incompréhensiblement dans l'oubli ?
A suivre
Zéphyrin
Le 5 février 2010