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Espéraza L’église de l’abbé Rivière et ses… curiosités |
Espéraza
est un important village de l’Aude, entre Quillan et Limoux, non loin
de Couiza ; il est dominé par la tour wisigothe de Fa qui, en fait,
devait être la tour, ou donjon, d’un petit château qui
a laissé des traces sur ce plateau élevé. Son histoire
est captivante et sa porte offre un regard sur Rennes-le-Château qui
doit être à la même hauteur. Si ce village est des plus
attirants et sympathique, pour l’instant, nous consacrerons notre
attention à son église et un de ses prêtres ayant un
lien étroit avec l’affaire de l’abbé Saunière.
Les
stupeurs d’un abbé au-dessus de tous soupçons
Dans
cette église, nous allons parcourir certaines particularités
révélatrices et intéressantes sur les préoccupations
de Béranger Saunière, curé de Rennes le Château.
Ces détails se retrouvent ici sans doute grâce à l’abbé
Rivière, curé puis chanoine d’Espéraza de 1906
à 1920, et qui devint doyen de Coursan de 1920 à 1929.
Au moment d’investir le sanctuaire de cette paroisse, rappelons-nous
que c’est ce même abbé Rivière qui confesse son
collègue de Rennes-le-Château au moment de son agonie et qui,
dit on, fût tellement choqué par les révélations
du prêtre agonisant qu’il refusa… ou en oublia…
de lui donner l’extrême-onction. Admettons quand même
que cet incident est des plus graves et irrémédiable pour
les deux prêtres.
Mais une fois la stupeur suivant cette révélation passée, Rivière semble à son tour vouloir laisser un message sur le contenu de la confession de Saunière, peut-être sous la forme d’un legs passé de Rennes-le-Château à Espéraza… précisément dans l’église de cette paroisse.
Sous
le regard de Saint Michel
Ce
sanctuaire d'Espéraza est tout simple ; cependant une surprise nous
attend déjà tout en haut, juste sous le forget de toiture
du pignon d’entrée. A cet emplacement, une bande de maçonnerie
affiche curieusement:
Liberté Égalité Fraternité
Propriété communale
La
bande se réduit au centre en un médaillon où trône
un RF de grande dimension. Cet élément se poursuit et entoure
la représentation d’une vierge aux mains tendues reposant sur
un coussin de feuilles de chêne retenues par des liens en X au centre
sous les pieds de la Vierge. Au-dessus de cette dernière se trouve
une croix trilobée. Quant à la grille d’entrée,
elle est ornée, à son sommet, d’une magnifique fleur
de lys en fer forgé.
En entrant dans l’église, face à nous, semble veiller
une statue de Saint Michel, patron du lieu, terrassant le dragon. Or, le
dragon est associé aux grottes et serait constitué des quatre
éléments, l'air par les ailes, l'eau par les écailles,
la terre par son allure serpentiforme et le feu par sa gueule crachant des
flammes !!! Décidément, de nombreux édifices religieux
locaux offrent d’office le spectacle de l’archange terrassant
le dragon… quand ce n’est pas un démon qui s’y
montre lui-même à l’entrée même de la nef,
comme à Rennes-le-Château.
Des
Jésus, des Christ et des grottes pour gisant…
L’abbé
Rivière, comme son collègue Bérenger Saunière,
ajoute d’abord une statue de Marie tenant Jésus-enfant dans
ses bras. Initialement située à gauche du chœur (depuis
la nef), elle fut ensuite remplacée par Notre Dame des Victoires.
Le fait d’avoir ainsi pris la place de cette vierge du même
style que le Saint Joseph lui faisant face maintenant, en portant aussi
un enfant sur son bras, étant son pendant logique, ne peut que donner
de l’importance à ce qui va suivre !!!
Une autre surprise est de retrouver dans la première chapelle, à
gauche en entrant, une grotte apparemment faite avec les mêmes pierres
que celle dans le jardin devant l’église de Rennes-le-Château.
Pour cette dernière, nous savons que c’est Bérenger
Saunière qui serait allé récupérer ces roches,
dans des grottes ou sur des terrains les surplombant, et qu’il les
aurait ramenées dans une hotte au cours de ses promenades, ou recherches
!!!
Cependant, les pierres ici sont plus noires, plus petites et régulières.
Elles peuvent êtres issues d’un amalgame, mais la volonté
de ressemblance avec la grotte de Rennes-le-Château est évidente.
Or : la grotte a été ainsi élevée pour y déposer
‘un gisant’… Dans nos contrées, il faut préciser
qu’un Christ mort allongé est appelé ‘gisant’,
et celui qui nous concerne ici est de grandeur humaine, bien que de petite
taille, et parfaitement reproduit. Notons encore qu’il est représenté
les yeux ouverts, dans une grotte, les bras allongés dans le prolongement
du corps. Les mains et pieds portent les marques traditionnelles des clous
et on distingue nettement le coup de lance porté au côté
gauche. Enfin, on observe un dernier détail : l’homme a la
moustache, la barbe et les cheveux… roux !
Une autre particularité mérite ici d’être soulignée.
En principe, les gisants ne sont présentés que pour le temps
de la Passion avant Pâques. Seuls quelques-uns, dans un contexte particulier,
sous forme de châsse par exemple, sont présents dans l’église
toute l’année !!!
Quel message l’abbé Rivière, dans la continuité
de B. Saunière, a-t-il voulu laisser dans ces représentations
particulières? Se pourrait-il qu’il fasse allusion ici à
un Christ… à la fois mort et vivant ? Un rappel de la Résurrection?
Un signe, une ouverture sur ‘autre chose’ suggérée
dans une grotte en fin de compte anodine pour le visiteur peu attentif?
Et puis, s’agit-il ici d’un lien ‘feutré’
avec la maquette de l’abbé Béranger Saunière
sur laquelle se voit, se lit, précisément un …’tombeau
du Christ’, dont on sait qu’il ne peut s’agir que d’une
grotte réaménagée en sépulcre??? Dans ces détails,
les cheveux roux du personnage auraient-ils précisément un
lien avec une origine particulière ? Si telle était l’intention,
rejoindrait-elle l’illustration, sur les vitraux de l’église
de Saunière, de Marie-Madeleine montrée, elle aussi, avec
une chevelure rousse… tout comme sur un autre vitrail de ce sanctuaire
on peut voir un Jésus à cheveux roux. Si ces ‘détails’
étaient tous intentionnels, nous soulignerons que la Galilée
de l’Antiquité a été en partie peuplée
de Gaulois qui eux-mêmes était un peuple à chevelure
d’un roux flamboyant dont les hommes n’étaient pas peu
fiers !
Ce sont en tout cas des signes précis pouvant esquisser discrètement,
en forme de rappel, ce que Béranger Saunière a pu révéler
à l’abbé Rivière dans son ultime et terrible
confession !!!
De plus, sur ce registre, au-dessus de la grotte, on voit la présence
d’un Christ habillé d’un manteau rouge, la main droite
levée, ouverte, laissant apparaître la blessure du clou pendant
que la main gauche désigne son cœur enflammé. Ces deux
présences christiques se trouvent l’une sous l’autre
… tout comme, par hasard, sur la chaire de Rennes-le-Château.
Ce qui nous fait, à présent, un autre ‘doublet’
dans cette affaire des similitudes soulignées.
La
belle montée des âmes
En
face des gisants et ‘Sacré-Cœur’ se trouve un autel
de marbre noir. A sa base sont représentés une tête
de mort et des tibias croisés. La porte du tabernacle, noire également,
de cet élément, est ornée d’une fleur de lys
dorée. Au-dessus du maître-autel, faisant face à la
grotte où repose le divin corps, un magnifique tableau représente
une ‘Assomption’ qui ne semble pas être celle de la Sainte
Vierge… En vérité, ce tableau représente un jeune
personnage féminin qui, accompagné ou guidé par un
jeune homme, monte au ciel. Cette scène semble se dérouler
sous l’acclamation de six personnages commençant à monter
à sa suite. Au-dessus de cet ensemble, un personnage avec un bandeau
doré, semblant se recueillir, peut difficilement s’incorporer
aux anges ou avec les âmes qui s’élèvent. Des
angelots attendent l’arrivée du groupe de personnages. En contrebas,
une foule de sujets se désintéresse de la scène pendant
que d’autres la regardent, envieux, implorants et tristes. Parmi eux,
une jeune fille au visage recueilli, les yeux fermés, très
belle ; est-elle la suivante sur la ‘liste d’attente’
des « montées » au ciel ?… pendant qu’au-dessus
d’elle un moine, vu de dos, s’élève les bras tendus
vers le ciel !
Cette peinture est-elle une représentation des âmes montant
au ciel, guidées par un jeune homme symbolisant le Christ ? C’est
ce qu’on peut ressentir dans le cadre des stéréotypes
chrétiens, sans que rien ne l’indique avec précision.
Dans ce cadre religieux, la foule, en bas, peut suggérer les ‘vivants’
ou les âmes en attente du Purgatoire. Scène anodine comme on
en rencontre des centaines dans de tels sanctuaires, nous diront nos grincheux
de passage… Certes, ils pourraient avoir bien raison si, malheureusement
(ou heureusement), ce tableau ne faisait penser au détail du collage
de Saunière dans un de ses carnets personnels. Effectivement, on
y voit un enfant Jésus, les yeux ouverts, montant au ciel avec l’aide
des anges. Dessous, l’abbé Saunière souligne la scène
d’une phrase d’apparence laconique : « Monté dans
l’éternité l’année 1891 ». C’est
précisément l’année où notre prêtre,
en date du 21 septembre 1891, inscrit également dans ses notes confidentielles
: « trouvé Tombeau ».
Là encore, nous entendrons clamer au hasard évidemment…
Seulement, ce hasard peut également représenter la délivrance
de Sainte Cécile qui, avec Valérien, son ‘chaste époux’,
ainsi que Tiburce et d’autres, accède aux félicités
du ciel, de la même façon que la Sainte Vierge. A propos de
Ste Cécile, nous soulignons qu’un couvent lui étant
dédié se trouvait depuis les origines de la religion sur les
terres de Périllos, où justement fourmillent des grottes dont
une se situe sous l’enceinte des vieux bâtiments oubliés.
En ruine depuis longtemps, ce monastère féminin garde encore
tout son mystère.
La légende de Cécile nous dit qu’elle fut tellement
emplie du don céleste qu'elle reçut la palme du martyre et
qu’elle en maudit le monde et les joies du mariage. C’est à
elle que serait revenu l’honneur de la confession glorieuse de Valérien,
son époux, et de Tiburce… tous deux couronnés de fleurs
odoriférantes par la main d'un ange pendant qu’une vierge les
conduisait à la divine gloire. L’empereur Maxime furieux les
fit condamner à la peine de mort… A l’aurore, Cécile
s'écrie : «Allons, soldats du Christ, rejetez les œuvres
des ténèbres, et revêtez-vous des armes de la lumière».
Les saints personnages sont alors conduits, dociles, au quatrième
mille hors de la ville, jusqu’à la statue de Jupiter; et là,
ne voulant pas sacrifier aux divinités, ils sont décapités.
Maxime affirma un peu plus tard qu'au moment de leur martyre, il avait vu
des anges resplendissants emportant dans leur giron les victimes jusqu’au
ciel.
De
St Etienne de Toulouse à Espéraza
A
propos de ce tableau remarquable, nous signalons aux amateurs en la matière
que la cathédrale Saint Étienne de Toulouse, dans son déambulatoire
et juste derrière le chœur, recèle une peinture identique.
Cependant, à mieux y regarder, quelques détails divergent,
telles que les couleurs de cheveux ou de quelques vêtures. Si ces
derniers sont des plus minimes, nous avons observé d’autres
différences, plus curieuses, entre les deux tableaux.
Tout d’abord, les personnages, au bas de celui de l’église
de l’abbé Rivière, ainsi que la jeune fille recueillie,
sont absents sur la toile de Saint Étienne. On peut d’autant
plus leur donner de l’importance s’ils se trouvent face au Christ,
mort et ressuscité, permettant aux âmes du Purgatoire, en attente,
de monter au ciel. Cette remarque se fait, évidemment, selon l’interprétation
religieuse la plus attendue et classique.
Mais ensuite, la deuxième grande différence se trouve au niveau
de la présence des personnes, au bas du tableau d’Espéraza,
dont on ne voit que les têtes. Ce détail pictural donne de
la profondeur à l’œuvre et permet de faire s’élever
les personnes du premier plan qui, dans le tableau de Toulouse, semblent
seulement acclamer admirativement les deux personnages du centre s’élevant,
rejoints par le même moine.
Enfin, une troisième différence se trouve en haut du tableau.
Celui d’Espéraza montre des angelots accueillant les ‘ascensionnés’.
A Saint Étienne, un large rayon ouvre vers la droite une voie similaire
à celle illustrant le collage de Saunière. En haut à
gauche, un personnage, -Dieu le Père ?- entouré d’anges
ou archanges, semble les élever vers la lumière dorée
d’un ‘ciel ouvert’.
Si le cadre du tableau d’Espéraza est noir brillant et sculpté,
dans une chapelle austère dont les murs sont couverts sur deux mètres
de haut de dalles noires, en échange, le tableau de Toulouse, simple
et doré, est également plus lumineux dans ses couleurs et
son cadre général.
Bien qu’émaillées de sensibles différences, ces
deux peintures semblent révéler une espérance, qui
se justifierait à Espéraza par cette banderole, au-dessus
du tableau, qui déploie ces mots : ‘Autel Privilégié’.
Se pourrait-il qu’ici dans ce sanctuaire soit présentée
‘la porte du ciel’ annoncée sur le portail de Rennes-le-Château
! Toujours est-il que tout ceci n’empêcha pas l’abbé
Rivière de devenir Chanoine…
Une
grotte pour une Vierge de Lourdes… et dix heures à l’horloge
Mais
poursuivons notre petite visite des lieux. Et nous voici devant la Chapelle,
face à celle de la grotte du gisant. Comme cette dernière,
elle est entièrement recouverte du même appareillage de pierres,
même grosseur et même aspect, provenant d’un amalgame
bien imité des pierres des grottes construites par Béranger
Saunière. Les murs et le plafond de cette chapelle sont plaqués
de ce revêtement rocheux donnant, à l’évidence,
l’impression d’entrer dans une grotte ; le sol du périmètre
est fait de telle sorte qu’on ait l’illusion optique d’un
pavage constitué d’étoiles à 6 branches…
c’est-à-dire de sceaux de Salomon ! A l’intérieur
de cette fausse cavité se trouve une sorte de petite grotte présentant
une ‘Vierge de Lourdes’. Vêtue de blanc, la statue est
parée d’une ceinture bleue ornée de plusieurs étoiles
dorées à six branches, dont trois entièrement visibles
; là encore, en forme de sceaux de Salomon. La Vierge est avec Bernadette,
devant un vitrail sur lequel la basilique de Lourdes marque arbitrairement
dix heures.
Un peu plus loin, sur un socle surélevé, c’est une intéressante
statue de Notre Dame des Victoires qui nous attend. La Vierge est sur une
nuée tournoyante, de laquelle s’élève une colonne
de volutes. Au sommet de celle-ci, un globe bleu est parsemé de sept
étoiles dorées à cinq branches. L’enfant Jésus,
couronné, comme la Vierge, de fleurs de lys, se tient debout sur
ce globe étoilé et se tourne vers l’observateur. L’index
de l’enfant montre le haut tandis que son autre main est tendue vers
le visiteur. Pour certains chercheurs, le support de cette statue comportant
des sortes de grains dorés pourrait représenter un symbole
alchimique…
Croix
truquée, Rotas et inversions
Au
sommet du tabernacle de l’autel, sous cette statue, se trouve une
ancienne et délicate croix de bronze doré. Le panneau traditionnel
‘INRI’, posé sur la branche haute de cette croix, est
entièrement inversé, sans doute fixé à l’envers
au moment du montage de l’ornement, donnant ainsi IRNI en lieu et
place de l’image habituelle de cet écriteau…
Une hypothèse est avancée à propos de ce ‘détail’
surprenant. Il suffit de faire pivoter effectivement l’inscription
pour qu’elle soit dans le bon sens de lecture. Cet élément,
dans le cas d’une déclinaison alchimique commencée sur
le socle ‘aux grains dorés’, signifierait que soit souligné
ici l’usage d’une rotation suggérant ‘un ROTAS’,
encore appelé ‘feu de roue des alchimistes’.
En suivant l’invitation à lire l’inscription à
l’envers, nous pourrions comprendre qu’il faut considérer
le haut comme étant le bas, suivant l’antique précepte
de la Table d’Émeraude d’Hermès Trismégiste.
Certes… mais à ce moment d’inversion, si les initiales
sont à l’endroit, nous avons cette fois le N inversé…
Quoi qu’il en soit, qu’on lise ces lettres dans un miroir ou
qu’on les fasse pivoter, nous aurons chaque fois un R ou un N à
l’envers entre deux I qui resteront, par leur tracé, faits
d’un seul trait vertical, d’inflexibles barres droites. Au-delà
d’un hypothétique aspect alchimique, nous pourrions dire qu’il
y a là une invite à « passer derrière le miroir
» pour comprendre le sens des initiales… soit à imaginer
l’usage d’une langue jouant sur la phonétique plus que
sur l’orthographe. Dans les deux cas, le ‘jeu’ ne se déploie
que sur le centre du ‘chiffre de lettres’ : NR ou RN. S’il
s’agit ‘d’initiales’, cette compréhension
ne se fera que sur une base … initiatique ou initiale donnant pour
RN le mot RENNE. Certes, ceci n’est qu’une suggestion des plus
fragiles, mais tout le reste de l’édifice, qui guida Saunière,
ses collègues et maîtres initiés, ne l’est-il
pas tout autant sinon plus ? Bien entendu, nous considérons cette
possibilité seulement comme un dérivatif et non une certitude
impossible du fait que nous pouvons fort bien nous trouver face à
une erreur, dans un moment de distraction, de l’ouvrier ayant composé
puis fixé le petit panneau… Cela étant dit, ajoutons
également qu’il lui était possible de réparer
son erreur au moment du montage. De plus, des croix comme celle-ci sont
une multitude. Il était donc raisonnable de la remettre aux rebuts
ou de la changer. Le fait de son emplacement la signale ostensiblement aux
visiteurs mais aussi à qui de droit, faisant d’une apparente
faute d’étourderie une balise faite pour guider celui, ou celle
qui sait lire ou… entendre de l’autre côté du miroir…
et pourquoi pas, si l’on considère les personnalités
engagées dans ce ‘jeu’ de piste en forme de dédale
?
Si nous pouvons admettre une erreur d’atelier, sur ce point, nous
irons encore un peu plus loin concernant cette croix d’autel. En effet,
en observant plus minutieusement l’objet, nous trouvons d’autres
éléments pour le moins amusants.
Tout d’abord, chaque branche de la croix se termine par une fleur
de lys incluse dans une sorte de couronne faite de treize ‘pétales’
en forme finale de ‘Mérelle’… ou coquille de saint
Jacques de Compostelle.
Ensuite, non seulement Jésus a les pieds placés l’un
à côté de l’autre, et non superposés, mais
la marque du coup de lance au côté ne semble pas être
représentée.
Cette croix posée au sommet du tabernacle oblige à considérer
la constitution des décors de celui-ci. Sa porte, en pierre blanche,
possède deux magnifiques fleurs de lys qui croisent leurs tiges,
formant ainsi une coupe dont le réceptacle dessine une belle ogive.
Sous cette ornementation est gravée une branche de chêne. Dans
l’hypothèse d’une attente alchimique, ce symbole pourrait
souligner, si on doute encore, qu’il s’agit bien de noble Art…
à moins qu’elle ne soit là pour annoncer la fantastique
évolution qui s’opère au-dessus d’elle. Cette
branche de chêne, à quatre feuilles et trois glands, figurerait
les quatre éléments et les trois ingrédients du Grand
Œuvre qui sont sel, soufre et mercure.
L’écriture
hermétique, le verbe aimer et la haine
Comme
nous l’avions avancé sur ce sujet, sur notre forum, l’écriture
inversée est une des formes bien connue et pratiquée des langues
hermétiques prononcées. Son extériorisation la plus
connue dans l’affaire de Rennes-le-Château est celle de la lettre
N inversée ou retournée (Croix funéraire de l’abbé
Saunière, le N du nom de Signol à St Sulpice, etc.). Cette
lettre, devenue ainsi un ‘signe hermétique’, dispose
de nombreux privilèges tels que celui du Mystère, du Secret,
du Surprenant, d’un codage… Mais cet ‘indice’ notoire
dénonce également un emblème de l’Alchimie en
y adjoignant la Langue des 0iseaux ou Langue Verte… ou encore celle
dite ‘du Cheval’ ou ‘Cabale’. En ce cas, il ne faut
pas la confondre avec la kabbale juive voulant dire Tradition.
L’un des exemples, en langue française oiselée, les
plus appropriés à notre recherche est celui des phonétiques
depuis les lettres N et M, donnant ainsi ‘aime’ pour M, et ‘haine’
pour N.
Si à cette ‘entente’ nous ajoutons une inversion depuis
un N, nous devons alors également retourner le mot HAINE qui devient
ENIAH. Ce qui peut nous apparaître comme un charabia inextricable
devient simplement d’abord une décomposition des lettres :
E N Y A H, ce qui peut donner par exemple le montage suivant : E N Y A H.
Ce nouvel ensemble né de l’inversion peut à son tour
engendrer une phrase audible et compréhensible donnant « dans
(en) il y (y) a (a) H. Ce qui peut signifier correctement « dedans
il y a un H »… et nous inviter, pourquoi pas, à «
chercher dedans pour trouver le H ». Ensuite, certes, il reste à
définir dans quoi on doit chercher et surtout ce que peut être
ce fameux ‘H’ si soigneusement caché… La première
solution serait que le ‘H’ représente l’Homme,
ce qui signifierait qu’il faille simplement chercher en soi pour y
comprendre la solution. Sur le plan alchimique, la lettre H symbolise l’Esprit.
On pourrait aller plus loin, comme par exemple retenir qu’en Indi,
Homme se résume à OM, ou AUM, signifiant… Ame. Quant
à la lecture ‘en miroir’, on pourrait l’assimiler
à la psyché des Grecs montrant l’autre partie voilée
de soi-même. Ces constats et correspondances se rapprocheraient de
ce que Richard Khaitzine résume ainsi à propos des trois ingrédients
essentiels de l’alchimie, le sel correspondant au corps, le soufre
à l’âme, et le mercure à l’esprit! Quant
à cette partie cachée de certains éléments,
nous pourrions considérer ici que cette fameuse ‘face cachée’…
pourrait être celle d’où tout provient si, du moins,
on s’en tient aux écrits sacrés.
Mais le message ne s’arrête sans doute pas là car le
terme INRI comporte un R qui se trouve à l’envers. Cette forme
d’écriture du R ne nous est pas totalement inconnue puisqu’on
la retrouve sur les tableaux des Bergers d’Arcadie de Nicolas Poussin,
chaque fois désignée par le berger barbu sur le mot ARcadia!
Cette représentation peut signifier à notre attention un certain
Royaume, une certaine Royauté ou le terme Royal. Serait-ce ce que
la croix de bronze doré tente de nous transmettre avec ses trois
fleurs de lys symbolisant la Royauté française, ses racines
ou extensions connues ou inconnues ? Si c’était le cas, il
faudrait bien admettre qu’il ait fallu que le commanditaire soit affranchi
de ‘détails’ flagrants et ait choisi ce mode de transmission
peu usité, mais après tout pourquoi pas ? Enfin, si on veut
se tenir dans cette représentation inattendue à un aspect
encore alchimique, il faut convenir que le terme Art Royal s’entend
précisément à la maîtrise du Grand Œuvre
qui prendrait dans ces figurations un rôle de première importance,
peu approché à ce jour.
A
suivre…
Seconde partie : De la présence de l’alchimie dans l’énigme
de Rennes-le-Château
Juliette
Goudin