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Société Périllos ©

Fauteuils du diable
(2ème partie) - « un fauteuil de deuxième rang »

 

Petit survol au dessus de ‘diaboliques’ fauteuils

Les Roches des fées croqueuses d’âmes ; « la Roche D’arthur »

Avant de nous lancer à la recherche du second siège de ce secteur il serait toutefois intéressant de porter un regard sur ce type de travail de la main de l’homme depuis des roches natives résurgentes ou d’autres qu’il déplace et aménage avec d’étranges façons mais chaque fois en un lieu de forte inspiration mégalithique.
Il nous semble, donc, à propos de faire une petite recherche sur ce qu’on appelle arbitrairement ici « les fauteuils du Diable ». Qu’ils soient, où non, ceux du démon, d’un démon particulier… ou celui d’une obscure divinité, ils n’auront pas pour l’instant beaucoup d’importance, car ces appellations sont celles ayant survécues au temps et à l’oublie précisément en raison de leur impact sur l’imaginaire populaire et la crainte superstitieuse que pouvait générer un tel lieu. Nous avons tenté de faire un survol ‘googolien’ de ce nom… avouons que de guerre lasse et devant l’avalanche d’endroits proposés pour ce genre de strapontins réservés au diabolique postérieur nous dirons que des dizaines de sites s’enrichissent de cette curiosité étonnante mais inquiétante pour nos anciens.

En Ardèche

Nous retiendrons, cependant, ceux qui nous semblent les plus curieux en commençant par les plus significatifs pour nous en France pouvant avoir des similitudes avec nos approches sur le Razès. Dans les régions ardéchoises nous trouvons vers le lieudit ‘Chalencon’, sur la Commune de St Andéol, des traces de toponymes et de vestiges forcément attribués au Diable avec la légende de son pont mais surtout de son « siège » au milieu d’autres pierres à bassins et pas très loin d’une source… même si elle ne porte pas le nom de ‘cercle’.

En Bourgogne

Les Roches des fées croqueuses d’âmes ; « la pierre de Pellot »

Ensuite nous nous arrêtons en ‘Burgondie’ pour y admirer plusieurs mégalithes des plus étonnants à la Roche en Brenil, à Montmilien et leurs environs où là il s’agit de pierres abritant des ‘fées croqueuses d’âmes’ (rien que ça !) et ayant pour noms le ‘siège Arthur’, ‘Poron Meurger’, ‘dolmen de Beuffnie’ et les ‘pierres Pelot’. Ce site mérite un arrêt particulier car il abrite une pierre branlante qui s’animait en chancelant au contact d’un coupable, et forcément un fauteuil du Diable près d’une roche plane à cupule évidement appelée ‘à sacrifices humains’ (tant qu’à faire peur autant le faire complètement). Cet endroit nous a particulièrement surpris par sa ressemblance étonnante, en un point, avec le site entre les deux Rennes, où nous situons l’emplacement d’où pouvait avoir été extrait la roche pour les encadrements du porche de l’église de Saunière ; marches taillées dans la roche, même espèce que cette dernière, etc… sans oublier la similitude entre les roches branlantes du lieu et celle citée par l’abbé Boudet. Le reste des ensembles de ces roches bourguignonnes nous rappellent à s’y méprendre les sous-bois et roches du Pilat près de la chapelle de Ste Magdeleine.

En Pilat…

Cette remarque nous amène donc tout naturellement à prendre en compte ce vestige au dessus du village de Roisey où on trouve un siège taillé dans une roche incluse dans une sorte d’assemblage mégalithique en forme d’amande ou de petit bateau. Aux alentours d’autres roches sont ornées de cupules et autres formes de sièges nettement moins accentués mais cependant significatifs. Près de ce site se situerait une ‘tombe de géant’ (« à Gigan ») en direction des chapelles de St Antoine (avec deux petits cochons autrefois) et celle de l’ermitage de Ste Magdalena. Nos lecteurs trouveront ce détail plus complet sur les colonnes de la Société Périllos et France Secret.

Au pays de Périgord

Les Pierre d’Antonne ; le gnomon de Borie-Belet (dessin du marquis de Fayolle)

Ce sera ensuite le Périgord qui retiendra notre curiosité avec les roches d’Antonne, Sainte-Orse et celles d’un village à l’abandon : Borie-Bellet. Ici il est même question du passage d’un étrange méridien mégalithique identique à celui de ‘Pierre-Juton découvert par Monsieur et Madame Panier dans le Pilat précisément tout près de son fauteuil du Diable lui-même peu éloigné de la chapelle Ste Madeleine. C’est donc à Antonne que se trouve le siège du Diable en Périgord. Quand à Borie-Bellet il y a une roche pointue dont le dessin du Marquis de Fayolle (bulletin SHAP) ressemble à s’y méprendre au tracé de celui de Boudet dans son ouvrage « La Vraie Langue Celtique et le Cromleck de Rennes-les-Bains »… le monde est si petit ! Ce lieu en Périgord à pour autre nom le « trône du roi des Chozes », ce qui, avouons le bien volontiers, nous rappelle bien d‘autres ‘choses’ du même ordre ! Cependant d’autres… ‘choses’ nous étonnent encore, comme ce souterrain retrouvé sous Borie-Bellet et fouillé par le marquis de Fayolle qui aurait été solidement comblé par … l’inquisition au XIIIe siècle pour endiguer ici l’installation d’hérétiques venus se réfugier dans ce boyau… comme c’est curieux car on peut bien se demander à quels hérétiques s’adonnaient les laquais de la Très Sainte Inquisition à moins qu’il s’agisse de ceux pourchassés et exterminés dans le sud de la France et répondant du doux nom de… Cathares ? On dit encore que ces sites, le village abandonné et le fauteuil, seraient fâcheusement axés sur des rayons solaires observables au matin de Noël… vraiment là trop c’est trop… dirons-nous très simplement car il serait même ici question de l’intervention de Raymond VII de Toulouse en ce qui concernait ce boyau vers 1229. C’est donc un lieu que se promet de visiter un ou deux membres de notre Société Perillos, dont votre serviteur, on ne peut plus rapidement.

Auvergne

Nous ne pouvions réaliser ce survol sans faire un détour par l’Auvergne plus particulier vers Monistrol-sur-Loire avec un superbe ‘fauteuil du Diable’ à Montméal… disposé parmi de nombreuses pierres à cupules.
Et puis la suite de notre liste serait interminable, bien que concernant tant d’autres sites du même ordre que nous finirions par nous trouver ’hors sujet’ en nous éloignant un peu trop des deux Rennes du Razès. Aussi nous consacrerons une étude entière qui sera publiée sur les colonnes du site France-Secret le plus rapidement possible.

Belgique et Hollande

Nous en resterons là pour notre si beau pays de France, pour nous rendre également en Belgique où on nous signale l’existence de deux sites abritant un « fauteuil du diable ». Sur ces deux emplacements, dont nous tairons provisoirement les noms, une importante étude de nos amis hollandais est en cours mais dont ils ne souhaitent pas encore voir les résultats dévoilés. Une fois achevée, cette étude entrera évidemment sur nos colonnes à cette même rubrique car elle présente de bien curieuses similitudes avec une région bien proche de notre Razès… Il en est pareillement en Hollande où là nous avons de nos yeux pu contempler un superbe ‘siège’, inclus dans un des mégalithes d’une allée couverte digne de nos plus belles de Bretagne.

L’oublie et la prudence de mise

Ce préambule pour expliquer tout simplement que si on trouve ce genre de manifestation mégalithique dans le secteur des deux Rennes, sur le principe il n’y a là rien de bien étonnant et pourrait passer comme une banalité si Gérard de Sède n’avait donné à ce site une importance exagérée. Pour la défense de cet auteur il est vrai qu’il dut, pour ce thème, se référer au travail de l’abbé Boudet que nous avons abordé dans la première partie de ce dossier. Nous avons, par exemple eu la surprise de constater qu’il ne prenait pas en compte un certain nombre de ces curiosités incontestablement faites de main d’hommes il y a fort longtemps. L’oublie du ‘fauteuil du Diable’ pour nous n’est peut-être pas aussi simple et pourrait correspondre à une sorte de volonté car effectivement il n’y a pas un ‘fauteuil’ qui passe à la trappe de la ‘Langue Celtique’ mais deux, et c’est vers ce second que nous tournons notre intérêt à présent.
En raison d’autres expériences en matière de ‘scoop’ c’est, cette fois, avec une prudente réserve que nous dirons que peu de personnes semblent avoir connaissance de ce vestige, alors que le premier est de notoriété en la matière. En effet celui bien connu de tous à un nom qui lui a été attribué depuis longtemps alors que le second reste, du moins pour nous, jusqu’à nouvelle information sans le moindre sobriquet diabolique ou autre.
C’est un chercheur bien connu en matière de Rennes-le-Château qui nous a conduit à cette curiosité oubliée, et avec ‘l’inventeur’ lui-même nous étions sans doute pas plus de cinq ou six à ‘savoir’ l’endroit, et il nous a été demandé dans un premier temps de ne rien en révéler. Ce qui a, durant plusieurs années, été respecté. A présent cette information commençant à circuler nous avons demandé à pouvoir la diffuser à notre tour et c’est ce que nous faisons dans ce dossier.

Un endroit oublié pourtant facile à trouver

Tout d’abord il y a la situation de ce site. Si on considère que l’endroit n’est quasiment pas connu on pourrait, en ce cas, le supposer loin des… sentiers battus de ce secteur, ou encore très éloigné des deux Rennes et son emplacement quasiment inaccessible sauf pour un ‘Indiana Jones’ chevronné. Or, notre première surprise est de trouver ce mégalithe à très peu de distance du premier, en tous cas à environ moins de 500 mètres. Ensuite, comme nous le supposons très peu connu on pourrait imaginer que cette raison est due à une zone située dans un enchevêtrement végétal si impénétrable et touffu qu’on ne puisse rien y voir à moins de ‘tomber’ par hasard sur le rocher émergeant. Or, si en effet l’endroit est dans un sous-bois il est d’une densité tout à fait praticable et, comme le montre les photos, le sommet arrondi de cette roche est parfaitement visible en approche à quelques mètres sans le moindre problème. La progression d’approche est on ne put plus facile sur ce terrain, même pour un promeneur non expérimenté.

Plusieurs roches ornées

Une fois sur place on s’aperçoit très vite qu’il y a là plusieurs roches émergeantes, une seule comporte une grande cavité pouvant, effectivement, par sa taille faire office de siège. Les blocs rocheux environnants n’ont pas ce genre de creux mais de petites gravures que nous verrons plus loin en détail. Les deux visites que nous avons faites sur le site montrent à l’évidence que personne ne fréquente l’endroit aucune trace de randonneurs ou chasseurs s’étant déplacés. Le ‘fauteuil’ est chaque fois que nous y sommes allés, recouvert de déchets de feuillage qui en recouvrent quasiment tout le fond et le dessus. Il est curieux de noter une totale absence de passage de visiteurs ou de personnes ayant pu tenter de dégager plus amplement ce bloc creusé. Ce constat répété par trois fois pourrait signifier qu’effectivement personne ne vient par ici pour regarder ce vestige peut être très peu connu.

Culte ou extraction ?

Les blocs proches de celui du ‘siège’ comportent quelques signes. Le premier est gravé d’une croix à quatre branches régulières mais d’un tracé assez souple et élégant, entrant dans un carré de 7 à 8 cm environ de côté, dont la patine des bords semble montrer une importante ancienneté. Le second signe est une cupule très profonde mais de faible circonférence. Elle a pu être faite avec une barre à mine… mais là encore si un tel outil avait été utilisé il aurait eu pour but de faire éclater la pierre pour en récupérer les morceaux à fin d’empierrage ou de construction. Cependant se donner tant de mal pour éclater un seul modeste rocher, en extraire une dizaine de morceaux et les charrier jusqu’au chemin ne pouvait payer la peine de l’ouvrier. Si on peut donc supposer que ce trou profond et régulier devait être autre chose que l’entrée d’une barre à mine on peut se perdre en échange en conjecture sur son pourquoi. La réponse qui pourrait se faire serait que ce creux pouvait avoir eu pour fonction de tenir soit une barre servant de visée depuis le siège par exemple ou encore le bas d’une croix en fer qui aurait été emportée avec les ans ou à la révolution… sinon il n’y a guère d’autres solutions, du moins pour nous, en ajoutant que forcément nous ne pouvons avoir la certitude que nous avons juste dans nos suppositions.

Le second ‘siège’

Le fauteuil de la Source du Cercle

Le bloc que nous appelons ‘le fauteuil’ est un peu moins conséquent que celui que tous connaissent, tout au plus pouvons nous dire qu’il semble plus torse, moins haut. Cependant, cette impression pourrait provenir du fait que son socle n’a visiblement jamais été dégagé, et que la terre et l’humus ont du avec les siècles faire remonter assez haut son niveau d’apparence naturel. Il est possible que des surprises soient encore à venir par exemple sous la forme d’un socle ou d’une marche comme celui de la Fontaine du Cercle. La forme générale est également légèrement bombée pour le haut et d’une largeur assez massive à hauteur de ce que nous qualifierons arbitrairement des… ‘accoudoirs’. De plus, il est fort possible que cette roche ne soit pas une résurgence du sol naturel mais un bloc rapporté ou roulé d’un peu plus haut, où on en trouve d’à peu près similaire tout comme ce fut peut-être le cas à la Source du Cercle… Dans cet ordre d’idée les deux ‘sièges’ auraient pu avoir des origines identiques dans leur usage et manière de les apporter là où le voulaient précisément ceux qui les utilisèrent et les façonnèrent. Il y a cependant deux différences notoires entre ces deux mégalithes. La première est que le second ne présente pas la même superbe finition et taille détaillée. Quant à la seconde il s’agit d’une différence caractéristique dans l’orientation… Si le ‘fauteuil du Diable’ regarde résolument le levant, le second siège est tourné en gros vers Rennes-le-Château… sans pour autant que l’axe soit très précis.
La forme intérieure de ce ‘siège’ pourrait rappeler, toute proportion gardée évidemment, la forme générale d’un ‘bridge’. Le dossier est arrondi et surélevé, le ‘fond’ est souligné par une ligne longeant les deux côtés des bases d’accoudoirs et il ne reste, hélas qu’un de ceux-ci en place. Du second on ne peut deviner que sa base et son inclinaison. Pourtant ces détails montrent à l’évidence qu’il y avait bien deux larges et hautes remontées de roche permettant à un sujet assis ici de poser ses bras et avant-bras à peu près à la hauteur de ses épaules. Une profonde rainure grave du fond vers l’avant la partie ‘siège’ de ce mégalithe. A l’évidence ce dernier ne pouvait guère avoir un autre usage que celui de recevoir le postérieur de la personne désignée pour y prendre place.

… qui n’en est peut-être pas un

En revanche, à la vue d’une ou deux photos de ce second vestige mégalithique il nous a été suggéré que la forme présentée peut ne pas correspondre à celle d’un fauteuil… Si chacun est libre de ses opinions et suppositions la remarque est tout à fait recevable car rien n’indique que ce soit un siège dans la moindre tradition mémorisée (comme un toponyme du type fauteuil ou siège du Diable ou autre personnage) ou reconnue des scientifiques, historiens, archéologues, archives religieuses ou administratives, communales ou… touristiques. Pourtant, à part s’y assoir normalement il est difficile d’y prendre une autre posture à moins bien entendu de s’y livrer à un numéro de contorsionniste de cirque… ce que nous ne pouvons pas totalement exclure cela va de soit. Quoiqu’il en soit jusqu’à preuve du contraire, et très arbitrairement, nous dirons simplement qu’il s’agit d’une sorte de ‘siège’ dont nous ignorons, en toute bonne foi l’usage, qu’il soit destiné à une ‘obscure divinité’, des études solaires, stellaires, nocturnes ou simples visées à vue d’un lieu à un autre… ou à quel personnage il pouvait être destiné tel qu’un dignitaire, chamane, obscurs observateurs des nuées des époques oubliées, le saurons nous jamais… Ce que nous pouvons, en échange, affirmer c’est qu’il n’est pas certain du tout, pour ce ‘siège’ que ce soit pour un fessier diabolique qu’il fut taillé…

Une méconnaissance difficile à admettre

Au demeurant son oubli, bien qu’inexplicable, est à lui seul une interrogation car il est curieux sur un secteur comme celui-ci, quadrillé et passé régulièrement au peigne fin par des hordes de chercheurs que ces derniers n’aient jamais fini par mettre le nez sur ces mégalithes pas très éloignés des chemins et faciles à repérer. Cette remarque à elle seule pour nous pose un petit problème. A ce dernier nous ajoutons toutefois quelques restrictions sur le fait que ce silence peut signifier que si quelqu’un a découvert l’endroit il s‘est abstenu de le dire ou de le divulguer à grande échelle ou dans un livre… sauf erreur ou omission de notre part. Par exemple nous avons vu qu’il est quasiment impossible que l’abbé Boudet n’ait pas eu connaissance du premier fauteuil alors qu’il savait la Source du Cercle… et qu’il put décider le même passage sous silence pour ce second siège pour une seule et même raison pour les deux… raison qu’hélas nous ignorons. Si tel était le cas d’une volonté de ne pas ébruiter l’endroit il serait intéressant d’en connaître les raisons, car apparemment rien sur cet endroit ne semble révéler un secret ou autre élément à taire à tout prix. Ceci peut d’autre part nous montrer qu’en dehors des traditionnels sentiers battus et rabattus par tous il peut suffire de peu, ou d’une simple courte distance et quelques buissons au bon endroit, pour qu’un détail échappe à la majorité des chercheurs… détail qui peut avoir, ou non, une certaine importance.

… et un peu plus loin ?

Pour l’instant, nous nous contentons largement de cette petite visite ‘mégalithique’ qui, du moins pour nous mérite d’être citée.
Cependant avant de clore ce chapitre, nous ajoutons que c’est un peu plus haut dans le fourré et dans l’alignement du ‘siège’ que se trouve sous l’humus une autre pierre plane, de plus d’un mètre carré, présentant sur sa surface plusieurs cupules alignées et un ‘réceptacle conséquent et profond’. Il est possible que cette dernière ‘trouvaille’ puisse s’étendre plus largement sous la terre végétale ou faire partie d’un second ensemble dépendant du premier… C’est que nous tenterons de comprendre lors de notre prochaine visite sur cet endroit.

André Douzet
Le 20 avril 2009

La Société Perillos remercie chaleureusement la personne qui nous permit de visiter ces vestiges inconnus pour nous.