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Le
T.C.F. Bérenger Saunière, prêtre ? |
Avertissement
: dans ce texte nous utiliserons souvent les initiales T.C.F. qui signifient
‘Très Cher Frère’, T.C.FF. pour ‘Très
Chers Frères’… et F.M. pour le terme ‘Franc-Maçonnerie’.
L’insoutenable
hypothèse
Lorsque nous avancions, il y a maintenant plus de 12 ans, que l’abbé
Saunière fréquentait, au plus près, des personnalités
de la franc-maçonnerie lyonnaise, au point d’être admis
en loge, nos propos avaient soulevé l’hilarité générale
et les sarcasmes de nos joyeux adversaires… Fort heureusement, conscients
des éléments à notre disposition, nous choisîmes
de « laisser braire… et bien faire »... pour reprendre,
précisément, une expression maçonnique adaptée
en la matière.
En réalité, nos éléments se disposaient plus
dans le milieu des loges ‘martinistes’ que dans celles de la
F.M. de l’époque. Cependant, ce n’est un secret pour
personne que de nombreux maçons appartenaient alors au courant martiniste
et vice-versa, voire d’autres annexes sans doute plus occultes.
Parmi les arguments allant à contre-courant de nos affirmations,
il est tout d’abord avancé que Saunière n’aurait
jamais mis les pieds dans la région lyonnaise, et ensuite que sa
qualité de prêtre lui interdisait la fréquentation d’amis
francs-maçons. Enfin les plus furieux prétendent que le fait
de ne pas trouver traces de voyages, dans les hypothétiques carnets
personnels de l’abbé, suffirait pour nier tout ceci…
Nous savons, depuis l’étonnant ‘retour’, et ses
conditions trop contestées pour être claires, de ces notes
passoires, qu’elles brillent surtout pour leur banalité et
surtout pour le fait d’être très largement incomplètes
sur tant de points qu’à présent plus personne n’en
fait état, de peur de se retrouver en porte à faux dans une
argumentation devenue suicidaire.
Ceci étant dit, il reste encore la vieille thèse brandie en
ultime argument qui explique sans appel que, la religion combattant pied
à pied le démon des ‘Frères trois points’,
il serait impensable qu’un prêtre s’égare dans
leur direction sans y damner son âme à tout jamais…
C’est ce point qui demande à être éclairci tant
que faire se peut et que nous allons tenter d’élucider.
Arsène
Billard pourfendeur de Francs-maçons
Tout
d’abord, revenons sur une « lettre pastorale » de Mgr
Arsène Billard qui se lance dans une ‘mission’ anti -
maçonnique sans doute inspirée à la suite de l’encyclique
du pape Léon XIII fulminant contre les T.C.F.
Nous sommes en 1884 ; Saunière est encore curé au village
du Clat et le 1er juin suivant, il arrive à Rennes. On sait que Monseigneur
Billard est particulièrement indulgent et paternel, pour ne pas dire
laxiste envers son turbulent subalterne. Nous signalons, dans un de nos
petits chapitres concernant cette lettre pastorale, les détails curieux
et jamais mis en lumière par les ténors en la question.
On y voit, certes, un pamphlet anti - maçonnique mais également
d’étranges éléments. Comme nous le constatons,
Arsène Billard présente son texte parsemé de termes
usuels en loge. On trouve à cet effet de nombreuses fois les abréviations
TCF, (Très Chers Frères), et NTCF (nos très chers frères)
(pp. 445, 446, 448 par deux fois, 450, 451, 452, 453)… qui sont ‘régulières’
en termes maçonniques.
Tout pourrait à ce stade n’être qu’un amusant détail…
si, en première page, la lettre pastorale de Mgr Félix Arsène
Billard ne portait le N°33, qui est, comme nous le savons, le nombre
‘fraternel’ symbolique par excellence! Quant aux treize pages
composant l’intervention, leur représentation se passe ici
de plus de commentaires. Il serait évidemment possible de trouver
de quoi contrer notre argument à propos de ces abréviations.
Nous nous épargnerons, par exemple, le prétexte que ce système
économise de la place pour des répétitions longues
et laconiques… comme on nous l’a déjà servi avec
le plus grand sérieux. Serait-ce à dire que l’évêché
serait avare de papier en matière de déclaration d’ouverture
des hostilités ? Non, bien entendu, car il faut rester sérieux
face à ce genre de risibles arguments. Il est fort possible que,
présentement, Monseigneur ait choisi sa présentation à
l’attention de ‘brebis’, déjà empêtrées
dans le mauvais roncier, pouvant percevoir ici un accent de réconciliation
moins agressif et plus ‘pastoral’. Là encore, ce n’est
pas forcément la bonne solution.
Alors, une fois fait le tour des solutions envisageables, il reste celle,
hypothétique, que peut-être Arsène Billard, du haut
de sa cathèdre, savait parler le ‘jargon trois points’…
pour s’en être approché au plus près, où
y avoir des connections serrées… un ou deux de ses prêtres
les plus fiables, par exemple ? Nous noterons encore que cet avertissement
pastoral fut diffusé le 9 juillet 1884, jour de la célébration
des prodiges de la très sainte Vierge, et placé sous son marial
patronage. Cette ‘protection’ est d’autant plus renforcé
que Mgr Billard rappelle que cette ‘croisade’ est évoquée
par une supplique officielle de l’épiscopat. Celle-ci est prononcée
au pèlerinage de Lourdes du 28 juillet de la même année
afin de demander l’intercession de la Sainte Vierge dans ce combat
sans merci contre… ‘La Légion’ (ancienne dénomination
interne des rangs de la Franc-Maçonnerie !), combat dans lequel les
institutions de St Vincent de Paul sont également engagées.
Le
beau monde de l’affaire Rennes-le-Château sur les colonnes
Marconis
de Nègre
Certes,
nous avions déjà exprimé, il y a plusieurs années,
nos soupçons sur le fait que cet évêque ait eu des informateurs
dans ce milieu des plus fraternels. En la matière, la seule ‘preuve’
dont nous disposions, était précisément que l’abbé
Saunière disposait d’appuis déjà à son
arrivée à Rennes en 1886, notamment lors de son ‘exil’
forcé à Narbonne. Nous savons que cette mesure eut lieu suite
à sa suspension, par ordre préfectoral, pour avoir lors d’un
prêche incité fermement ses ouailles à voter ‘monarchiste’.
Lors de cette mise à l’écart, mais en était-ce
bien une, sans doute la famille des Chefdebien ouvre-t-elle toute grande
son hospitalité à ce bouillonnant prêtre réfractaire.
Pourtant, jusque là, tout est encore calme… Où notre
affaire se précise, c’est au moment de comprendre que les Chefdebien
ont un passé des plus maçonniques. C’est effectivement
chez eux que va éclore la célèbre Société
des Philadeldes qui répandra son pouvoir occulte dans tout le secteur
de Narbonne et de la Septimanie ensuite. Il est inutile de revenir ici sur
les convictions maçonniques des hommes de cette famille qui s’illustrent
en la matière depuis les lointaines origines de cette discrète
fraternité. Ajoutons encore que c’est au sein de cette pépinière
‘trois points’ que le frère de Bérenger, Alfred
Saunière, aura le poste de précepteur qui lui sera retiré
pour avoir été un peu trop curieux et rapace dans les archives
secrètes des Chefdebien.
A ceci, nous ajoutons encore l’appartenance des frères François-Pierre,
Eugène, Armand, Théobald et Charles d’Hautpoul dont
la famille s’honore d’un important passé maçonnique
du plus haut niveau. De plus, par alliance, c’est un H.J. Marconis
de Nègre (branche de la marquise Nègre d’Ables) qui
sera le « souv :. P :.G :. Maître
des lumières, Prince de Memphis, Organe de l’héirophante,
Dép :. Sacré des Trad :. Sub :.
Command :. Des 3 légions des Chev :. De l’Ordre
&a &a »… Admettons bien qu’il est difficile d’être
plus maçonnique dans ce registre. Nous sommes là encore sous
le ‘rite Misraïm’ qui fusionnera avec celui de ‘Memphis’
pour n’en faire plus qu’un.
Bien entendu, nous citons rapidement pour mémoire les T.C.FF. Henri
Dujardin-Beaumetz, Jules Doinel, Ernest Cros, impliqués tout aussi
complètement dans l’entourage maçonnique de l’abbé
Saunière. Quant à la région lyonnaise, si riche en
pépinières du même ordre, et plus encore, nous nommerons
sommairement les libraires Derain et Raclet que fréquentait Saunière
lors de ses trop rares passages à Lyon et bien entendu messieurs
Coindre et Soulier sur lesquels nous ne tarderons pas à revenir…
à propos d’un détail oublié sur un fameux reliquaire
lié à Marie Madeleine !
Monseigneur
et le possible faux-pas maçonnique ?
Alfred
Saunière
Tout
ce petit détour anecdotique nous montre qu’effectivement l’entourage
de l’abbé Bérenger Saunière, et accessoirement
son frère et souvent complice, se montrait riche en T.C.FF. de différentes
obédiences.
Si nous semblons ne pas avoir suivi le fil conducteur de notre travail,
ce n’est que pure illusion. Effectivement, en vérité,
nous sommes au cœur de ce problème car les personnages de cette
galerie d’initiés de hauts grades sont tous issus d’illustres
familles locales notoires et nobiliaires. Et le problème, si toutefois
il en est un, réside dans le fait que ces familles, et leurs représentants
mâles, sont également des catholiques convaincus, fidèles,
souvent très généreux et bien connus de l’évêché.
De ce constat, nous pouvons nous demander si monseigneur Arsène Billard,
évêque du diocèse de Carcassonne, était bien
convaincu de sa lettre pastorale, ou s’il l’édita mollement
pour ne pas se faire soupçonner de laxisme ou ‘collaboration
avec l’ennemi’.
Expliquons-nous un peu plus. Il est impossible que Billard ne soit pas au
courant des appartenances ‘trois points’ de ces familles qui
souvent partageaient sa table et totalement ses convictions religieuses,
pour ne pas dire peut-être plus encore que lui-même. De fait,
Monseigneur pouvait-il mettre à l’index ceux-là mêmes
qui lui étaient les plus fidèles, et s’en faire des
ennemis ? Non seulement il serait difficile de prendre Félix Billard
pour un crétin ou un incompétent, mais nous pouvons le considérer
bien consciemment impliqué dans l’affaire de l’abbé
Saunière. La réponse, même si aucun document ne peut
l’accréditer, est que cet évêque savait bien que
son pamphlet ne s’adressait pas à tous et n’était
que ‘poudre aux yeux’. Afin de bien ‘annoncer la couleur’,
notre prélat put user de tournures de phrases et termes utilisés
qui sont, en vérité, autant de signaux discrets et fraternels
en direction de ceux qu’il ne faut surtout pas déplacer, excommunier,
ou froisser ! De là à se demander si Monseigneur n’est
pas allé jusqu’à frapper… en profane à
la porte du Temple, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons
surtout pas, mais qui n’est pas forcément le plus faux.
Saunière
au pays des trois points ?
Si,
sur ce plan intime des convictions ‘initiatiques’ de Billard,
nous ne savons pas la finalité, nous pouvons en échange nous
tourner vers son protégé préféré, l’abbé
Saunière, curé de Rennes. Celui-ci fréquente, comme
nous l’avons vu, tout un milieu aristocratique autant religieux qu’impliqué
en Maçonnerie de haut niveau. Nous seulement cet état ne semble
pas gêner notre curé mais nous l’y voyons évoluer
avec une surprenante facilité, visiblement sans répulsion,
voire au contraire avec un plaisir évident… A mieux y réfléchir,
on pourrait quasiment affirmer qu’il se sent accueilli dans ses ‘hautes’
familles non seulement avec la déférence due à un prêtre,
mais aussi avec tous les accents de la … fraternité. On l’héberge,
on l’aide, on l’assiste et surtout on lui procure d’importants
subsides accompagnés de recommandations mondaines et sans doute plus
encore : d’un ordre de mission que notre curé accomplira avec
reconnaissance jusqu’au moment où il semblera échapper
à tous contrôles.
Mais avant d’en arriver là, nous pouvons maintenant ajouter
que le milieu ‘trois points’ qui entoure solidement ce prêtre
s’étend non seulement dans l’aristocratie mais également
dans d’autres milieux tout autant utiles. C’est ainsi que nous
voyons le docteur Roché (famille de Déodat Roché !)
être plus que serviable avec Saunière en lui proposant, ni
plus ni moins, de faux certificats médicaux au moment des difficiles
passes d’armes avec son supérieur hiérarchique Mgr de
Beauséjour, devenu extrêmement dangereux pour les affaires
de notre curé. Avouons que ce genre de conduite n’est guère
étique en matière médicale… sauf si, bien entendu,
cette mesure reste des plus exceptionnellement confinées à
la rescousse d’un… T.C.F. en grande difficulté et surtout
ayant été mandaté pour une mission imposée en
‘loge’… Ceci peut aussi se porter sur d’autres menus
services comme par exemple celui d’un autre TCF, un certain V. Jordy,
photographe de son état, s’avérant être un des
officiers de la R.L. ‘Les Vrais Amis Réunis’, à
l’Orient de Carcassonne. Si un doute persistait, disons que nous disposons
d’un document original des plus officiels concernant ces détails.
De plus, Jordy, non content d’être ‘Frère trésorier’
propose à Saunière de réaliser sa série de cartes
postales… en 33 clichés, nombre occulte et magique qui finira
de signer l’appartenance de l’un et la complicité minimale
de l’autre ! Nous assistons ici au franchissement de toutes les barrières,
sociale, politique et religieuse confondues, selon la grande règle
d’entraide, rescousse et assistance sacrée en Maçonnerie…
c’est bien connu !
Saunière
sur les colonnes de loge
En
bref, ces appuis religieux, pratiques et politiques, tous issus de T.C.F.
influents, pourraient bien montrer, à l’étude, que Saunière
doit peut-être toutes ces bienveillances au fait qu’il soit
considéré comme un des leurs dans l’étroit, méfiant
et rigoureux monde des initiés en loges… ceci dans un premier
temps, sans vouloir pourtant signifier une appartenance très officielle
en Maçonnerie répertoriée. Ce constat sera maintenu
jusqu’à l’arrivée, peu à peu, d’autres
preuves plus probantes. Sur ce dernier registre, nous disposions déjà
de plusieurs éléments concordants, bien souvent contredits
par nos joyeux adversaires, pratiquant, une fois de plus pour la circonstance,
leur usuelle politique des étoiles de midi. Il est vrai que nous
n’étions toujours pas disposés à produire, publiquement,
un certain document dont nous avons eu copie. A ce jour, seules deux personnes
ont connaissance d’une infime partie de cet élément.
Il s’agit d’un extrait des présents aux ‘tenues’
au sein d’une loge martiniste et maçonnique lyonnaise. Comme
le veut la coutume, les Frères présents sur les colonnes s’inscrivent,
ou sont inscrits, sur le registre en question. Si nous hésitions
à montrer l’extrait que nous nous sommes procuré, c’est
simplement en raison du fait que ces ‘présences’ sont
enregistrées par écriture et non mécanographiées,
ce qui serait impossible sur un gros volume relié. Cependant, nous
savons nos antagonistes si retors, qu’en cas de présentation
du document, nous serions séance tenante taxés d’en
être les auteurs… juste avant que ces individus ne se ruent
sur l’information qu’ils exploiteront sans vergogne ensuite.
Jusqu’à il ya quelques mois, nous en étions à
cette prudente réserve.
Les
ornements du TCF Saunière… curé de Rennes-le-Château
!
Or,
un événement s’est produit, comme nous l’avions
précisé sur notre site. Le 28 avril 2007, Antoine Captier,
lors de l'assemblée générale de son association ‘Terre
de Rhedae’, à la surprise générale, décide
d'afficher en public la preuve que Saunière appartenait bel et bien
à la F.M. Dès cet instant, toute la donne de cette surprenante
partie est modifiée avec l’apport de cet élément
par un personnage des plus fiables, et néanmoins très sympathisant
de nos plus âpres joyeux adversaires. Cet élément se
présente, ni plus ni moins, sous la forme d’ un ‘sautoir’
d’officier Maçon… ayant appartenu à l’abbé
Bérenger Saunière lui-même, et retrouvé dans
une malle de ses affaires ‘oubliées’ après son
décès… L’objet en question, visible sur le site
de ‘Terre de Rhedae’, se trouve en possession d’Antoine
et Claire Captier, ce qui rend incontestables ses origine et qualité
!
Il s’agit d’un ornement du ‘Rite Ecossais’ se référant,
selon ce qui aurait été affirmé au propriétaire,
au grade de ‘Chevalier de la Rose Croix au 18e degré’.
L’arrivée de ce nouvel élément dans l’affaire
qui nous concerne a produit, on s’en doute, un effet de surprise pour
certains ténors qui, il y a encore quelques années, nous riaient
grassement et publiquement au nez lorsque nous supposions l’appartenant
maçonnique de l’abbé Saunière. On imagine facilement
à présent la déception de ces individus s’apercevant
que ce crédit à notre compte était porté par
leur plus fidèle allié. Il reste cependant à remarquer
que cet ornement incontestablement maçonnique est dépourvu
de son ‘bijou’. Cette absence est des plus regrettables car
elle nous prive des éléments qui nous auraient permis d’identifier
sans erreur possible à quelle ‘Vénérable Loge’
le sautoir appartenait. De là, nous avons deux possibilités.
La première serait la perte pure et simple du ‘bijou’…
Si cette éventualité est envisageable sur son principe, dans
la réalité il en est tout autre et elle nous pousse vers la
seconde solution. D’abord, les attaches maintenant le bijou à
sa parure sont faites solidement et non amovibles une fois l’ensemble
réalisé. La perte accidentelle et gratuite est donc à
exclure. De plus, si toutefois on voulait s’en tenir à un mauvais
hasard, le propriétaire de la parure s’empresserait de remédier
à cette perte dans les plus brefs délais… Il ne reste
plus maintenant que la solution d’un bijou pouvant effectivement donner
des indications trop précises soit, pour raisons que nous ignorons,
enlevé et séparé de son sautoir afin de couper la piste
à ce stade. Ce geste peut être celui de Saunière voulant
interdire toutes recherches de son intime appartenance. Cependant, en ce
cas, pourquoi garder le sautoir et laisser traîner négligemment
un ornement suffisant pour remettre le feu aux poudres de l’enquête
? Il serait alors possible que ce … bijou ne soit pas très
loin en compagnie de tous les autres éléments distinctifs
d’appartenance à ses grade et identification d’obédience
qui font cruellement défaut ici. L’acte, en ce cas, ne pouvait
être perpétré par Marie Denarnaud qui, sans être
stupide, ne pouvait sans doute pas comprendre grand-chose à la ‘bijouterie’
maçonnique… Nous éliminerons également dans la
foulée, et sans regret, l’argument avancé récemment
par l’entourage d’A..Captier, voulant que cet ensemble ait été
prêté à un enfant (et pourquoi un enfant ?... pour se
déguiser ?) pour qu’il s’en distraie… Dans ce cas,
l’objet ne serait pas revenu en bon état et cette intention
montrerait surtout que les preuves d’activités ‘trois
points’ de BS pouvaient traîner au hasard de la vue de tous…
ce qui serait une réaction tout à fait contraire aux habitudes
de Bérenger Saunière et de la stricte règle de discrétion
imposée à tout Franc-Maçon…
Il ne reste ici qu’à envisager que les éléments
pouvant assurer les distinctions et fonction aient été soigneusement
séparés et remisés à part… et peut-être
pas si loin ni perdus, comme nous le verrons une autre fois.
A
vaincre sans péril on triomphe sans gloire
Cette
révélation, curieusement, n’a pas eu de suite sur les
grands sites, ou prétendus tels, où se développe habituellement
l’énigme. On peut se demander si ce manque de réaction
est simplement le fait de la méconnaissance de l’événement…
ou celui d’une volonté tacite de ne pas faire de remous autour
d’un fait qui décrédibiliserait les ténors à
notre bénéfice. Comme l’information s’est suffisamment
répandue dans le milieu ‘RLCéen’, la première
supposition ne peut être retenue comme valable… il ne reste
donc que la seconde. Et c’est contre cette politique du silence, lorsqu’il
s’agit de montrer les erreurs et méconnaissances des ‘mandarins’,
que nous nous insurgeons.
Cependant, la parade à cette formidable déclaration ne tarda
pas à se dessiner sous la forme d’un contre argument expliquant
qu’il ne peut se concevoir qu’un prêtre de cette époque
soit entré en Maçonnerie. A l’appui de ce raisonnement
est avancée, par exemple, la lettre pastorale de Mgr Billard, supérieur
direct de l’abbé Saunière. Cette ‘lettre’
est le reflet de l’idée populaire d’alors voulant montrer,
effectivement, qu’un religieux ne peut que combattre la F.M., et ne
laisser aucun doute sur ses fulminantes intentions. On peut, à ce
propos, lire sur le texte de Billard, au chapitre III (voir ci-dessous l’extrait
en question) :

Cette appartenance est si grave qu’en cas espéré de
repentir du pêcheur il serait absout de son faux-pas et de sa chute…
On se croirait au temps de la croisade contre les Albigeois et du rachat
de ceux reconnaissant leur prétendue hérésie. On serait,
hors de notre temps, à l’extrême limite de l’excommunication
et de l’odeur du fagot… Mais nous avons vu, plus haut, que probablement
Monseigneur, ne devant qu’obéir aux ordres du Vatican, en la
matière, pouvait ménager les appartenances utiles et agréables
de certains de ses pasteurs ou fidèles aristocratiques généreux
ou influents.
En cas de magnanimité flagrante concernant uniquement Bérenger
Saunière, curé de Rennes, une mesure pouvait être prise
dans la discrétion la plus absolue et la confidentialité…
« sous le maillet » (terme maçonnique signifiant que
le secret absolu doit être gardé sur un sujet ponctuel placé
sous le maillet du VM de loge). En ce cas, l’exception, comme le veut
la coutume, confirmerait la règle…. Et tout serait dit et …
trois points c’est tout !
Ceci entend que Saunière soit devenu un frère trois points
régulier, ce qui pour nous ne fait plus l’ombre d’un
doute puisqu’on le trouve sur le registre d’une loge lyonnaise.
Une fois de plus, nous pourrions admettre nous trouver devant un cas particulier.
L’ennui, car il y en a un et de taille, c’est qu’il est
possible que d’autres religieux se trouvent dans le même cas
de figure que Bérenger Saunière. La surprise de savoir des
ecclésiastiques sur les colonnes d’une loge serait telle qu’elle
appartiendrait au domaine du canular ou d’une imagination fiévreuse
en faveur de l’affaire de l’abbé Saunière.
Et oui… de l’imaginaire à la sauce ‘périllossienne’
diront nos protagonistes de service. Le problème est que nous pouvons
à cet instant avancer des preuves irréfutables, car vérifiables
à moindre frais (un simple ticket de visite), du fait que les Vénérables
Loges abritaient des frères trois points religieux réguliers.
Les
surprenants petits trésors d’un musée local
C’est
ainsi qu’il est facile de se rendre au musée (ouvert au public
près de 10 mois par an), au demeurant très intéressant,
de l’agréable chef lieu de canton qu’est Saint Paul de
Fenouillet.
On y trouve les vestiges d’une abbaye bénédictine du
Xe siècle transformée, en 1318, en une majestueuse collégiale
ravagée à la Révolution. Ensuite, le visiteur peut
admirer une exposition de peintures, disposée à hauteur des
anciens plafonds de l’église dont il ne reste pratiquement
rien du rez de sol transformé en écurie… A ce premier
étage, une remarquable exposition de minéraux, fossiles et
mobilier récupéré lors de fouilles archéologiques
locales de tout premier intérêt. En redescendant, la visite
se poursuit par les reconstitutions d’un intérieur domestique
local et d’atelier artisanaux (ferronnerie, travail du bois, chapellerie,
etc…) et autres activités allant de l’exploitation des
eaux curatives de l’endroit à la photographie, jusqu’aux
services postaux et autres…
Et c’est dans le petit secteur réservé aux différentes
fanfares et orphéons de la ville que notre curiosité sera
satisfaite. Parmi les instruments de musique, les bannières d’harmonies
sous le vocable de Sainte Cécile, se trouve discrètement une
autre oriflamme dont le titre distinctif, « La libre Pensée
», le fait sortir radicalement du cadre musical communal. En effet,
il s’agit là d’une bannière de loge dont la timide
exposition s’accompagne de deux documents photocopiés entrant
cette fois sans équivoque dans la vie maçonnique locale…
Sur
ces deux panneaux, le premier nous montre la liste des FF composant « la
Révérende Loge Régulièrement Constituée
à l’Orient de St Paul sous le titre distinctif de la Prudence
». On y trouve une vingtaine de FF dont monsieur le maire qui occupe
la charge de second surveillant…
Le second panneau va nous offrir bien plus d’intérêt
concernant les affiliés. Cette fois, on y lit en toutes lettres que
les colonnes sont occupées par d’incontestables religieux.
On y trouve, avec surprise, un chanoine à la charge de Trésorier
et grade d’Ecossais Rose Croix… un autre chanoine ‘Maître
de cérémonie’ au même grade que le précédent…
et enfin un ‘ecclésiastique’ et un autre chanoine, tous
deux au degré de maître sans charge particulière dans
la loge. A ces éléments s’ajoute curieusement, dans
une vitrine de chapeaux féminins, une sorte de tabatière ornée
de symboles maçonniques (colonnes, degrés et temple) permettant
de dater l’objet…
Ces éléments nous prouvent de manière irréfutable
que le milieu maçonnique fut favorable à tenir des religieux,
non seulement sur ses colonnes mais aux charges d’une loge. De fait,
on peut facilement se douter que Monseigneur Arsène Billard savait
cet état de chose… mais nous ne savons pas comment il pouvait
« balayer devant sa porte »… ni les conséquences
qui en découleraient. Pour nous, l’important est surtout de
démontrer que l’abbé Saunière n’était
pas une exception en la matière, que son appartenance pouvait fort
bien passer inaperçue et ne pas soulever trop d’interrogations
à son époque. Quant à définir les raisons profondes
qui pouvaient le conduire dans ce milieu, elles restent sans doute du domaine
des tenants et aboutissants secrets de cette affaire dans laquelle nous
voyons que la Franc-Maçonnerie dut s’impliquer à plus
d’un niveau. C’est ce que nous tenterons d’élucider
un peu plus tard en reprenant les éléments dont nous disposons
afin de comprendre les liens entre ces milieux lyonnais et catalans et leur
tentative de fusion au moment où vivent les protagonistes de l’énigme…
Les
dérives d’une découverte
Pour
conclure cette première partie concernant l’appartenance secrète
de l’abbé Saunière à la F.M., nous ajouterons,
sur un autre registre, une petite remarque. Celle-ci va en direction des
carnets de comptes personnels, constellés de vides affligeants tant
il leur manque d’éléments indiscutables quand on connaît
la minutie de ce prêtre et son sens du secret.
On sait que les ‘capitations’ ne sont pas minces pour se maintenir
sur les colonnes de loge. De fait, cette ‘dépense’ étant
régulière, elle apparaîtrait forcément à
un moment ou à un autre sur les notes passoires. Le compte serait
en quelque sorte réglé si par manque de preuves on nous accusait,
une fois encore, d’avoir orchestré un montage pour étayer
nos travaux. L’ennui ici réside dans le fait que la preuve
vient une fois encore de chez nos adversaires et du fait d’un personnage
hors de soupçon. Ce dernier détail, sans doute le premier
d’une série à venir, pourrait bien finir par prouver
formellement que le manque de trace des capitations, régulières
et élevées, sur les carnets de plus en plus vides d’intérêts,
signifierait l’existence d’une autre comptabilité ‘orientée’
vers des sujets que Saunière tenaient secrets… Ce serait là
une dérive imprévue, très intéressante en la
matière, et non la moindre comme nous le vérifierons un peu
plus tard à la suite de ce chapitre.
A suivre…
André Douzet
On consultera, pour plus d’informations au sujet des alliances de Saunière avec le monde des sociétés secrètes, y compris la Maçonnerie, notre cinquième dossier « Les Sociétés Secrètes dans l’affaire de Rennes-le-Château ». Nous ne manquerons pas très prochainement de présenter un chapitre plus précis sur les présences de l’abbé Saunière à des réunions martinistes à Lyon et dans le sud de la France… |