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De
fours en mines... (2ème partie) - Une énigme de Périllos enfin résolue |
Une
première découverte fortuite et des châteaux de sable…
Nous
avions présenté précédemment
la remise à jour fortuite d’un four à verre. Cette découverte
pour le moins étonnante apportait des certitudes sur la manutention
autonome et locale du verre sur ce pays. L’aspect de l’appareillage
et son agencement montrait, à n’en point douter, que cette
activité se déroulait il y a plusieurs siècles. Cette
remarque se doublait du fait qu’à plusieurs occasions l’autorité
communale, monsieur le maire en tête, tentait d’en savoir plus
sur la localisation du site. Cette curiosité montrait de toute évidence
que personne ne savait l’existence d’un four à verre,
son exploitation et surtout son emplacement. Nous pourrions également
souligner notre surprise, face à cette soudaine attention pour nos
recherches, en raison du fait que l’élément de base
composant le verre est le sable… et que nous étions ‘accusés’
de construire d’inintéressants châteaux de sable par
ce même maire d’Opoul.
Le
travail théorique du verre
Nous
sommes retournés sur le site en question et nous avons complété
ce dossier d’un plan d’état des lieux détaillé
montrant plusieurs détails des plus étonnants pour un four
de ce type. Par exemple, nous remarquons que la tuyère de chauffe
est extrêmement courte pour ne pas dire quasiment inexistante. Les
compositions des déchets de pâtes de verre sont aussi des plus
curieuses dans leurs composants puisqu’à certaines profondeurs
(donc lors de fontes ponctuelles) la matière laisse deviner des traces
d’or pur... Une analyse plus approfondie de ces échantillons
est en cours et devrait nous être délivrée très
prochainement.
Il est très rare que ce genre d’installation verrière
se trouve réduite à un seul four. Habituellement, on retrouve
plusieurs points de fusion rassemblés de manière à
former une sorte d’installation rayonnante composée d’un
point de refroidissement lent des produits finis, une aire de stockage et
ce que nous appellerions un ‘magasin’ pour les fondants et sels
assurant la coloration du verre dans sa masse. Jusqu’à il y
a environ deux mois, nous pensions être sur un point de fusion isolé
qui, de fait, posait le problème du manque de vestiges de ‘locaux’
de stockage et de refroidissement lent indispensable à ce genre de
travail artisanal.
Quand
le hasard est bon enfant… pour la Société Périllos
Le
hasard fut complaisant une fois de plus dans nos recherches en mettant sous
les pas d’un de nos adhérents, cherchant des champignons hors
des sentiers battus, un second vestige, au-dessus et à peu de distance
du premier.
Sur le principe, nous sommes sur un appareillage en pierres, identique dans
ses couleurs et dimensions. La partie qui devait être la voûte
de chauffe s’est effondrée d’un seul bloc sur elle-même.
Il y a cependant plusieurs différences entre cette construction et
la précédente. D’abord, on note cette fois un manque
total de tuyère habituelle pour ce genre de four. L’amorce
de celle-ci montre une alimentation en air, montante et très courte.
Ensuite, on distingue une épaisseur anormalement supérieure
à la moyenne du talus d’isolation sur le côté
nord. Certes, on pourrait supposer une protection amplifiée contre
les vents froids ou pluies arrivant de cette direction peu clémente.
Cependant, le premier four exposé pareillement se trouve sous une
épaisseur constante sur toute sa périphérie et sans
surépaisseur notoire. Enfin, concernant la dernière construction,
nous trouvons à l’intérieur de ce que nous imaginions
être la ‘cloche de chauffe’, une couche de dépôt
de verre seulement en de rares endroits et encore d’une minceur exceptionnelle
quasiment imperceptible.
Un
four qui n’en serait pas un ?
Il y avait tout lieu de croire que ce four, pour des raisons inconnues, avait été détruit, ou s’était écroulé, après avoir très peu servi et surtout avec un appareillage de fonctionnement anormal, comme cet étrange système de tuyère montante. A ces observations et ces questions s’ajoutait une autre particularité au moment de le débroussailler. La cloche de chauffe aurait eu une hauteur anormale en comparaison à la première découverte. Ce n’est qu’après plusieurs tentatives de compréhension et de ‘recomposition virtuelle’ de ce vestige qu’une hypothèse pouvait apparaître comme plausible. En réalité, nous pouvons ne pas être sur le site d’un second four conventionnel… mais sur celui d’un four destiné à d’autres usages que celui de la fusion du verre. Il se pourrait qu’il s’agisse d’un ‘silo’ de refroidissement lent indispensable à la baisse très lente de température des produits terminés. Le fait qu’il y ait eu une épaisseur supérieure du côté nord s’expliquerait par une protection accentuée au froid. Quant au manque de tuyère, il serait logique dans un appareillage qui ne demande pas de température montant au point de ‘fusion’ du verre, mais seulement un degré correctement élevé au moment de la dépose des objets et qui doit baisser progressivement avec le feu d’entretien qui s’éteint progressivement.
Une
activité verrière peut en dissimuler une autre
Avec
ces découvertes, le site que nous continuons à découvrir
est celui, complet de tous ses éléments, d’une production
verrière sur Périllos. D’autres petits ‘tumulus’
maintenant visibles dans l’environnement pourraient s’avérer
être un autre four, le silo de ‘refroidissement’ et les
restes de murs de l’aire de stockage avec son ‘magasin’.
Il reste pourtant une question importante à résoudre. Le lieu
est éloigné de tous chemins de communication, et il est logique
qu’une telle industrie même localisée ne puisse s’envisager
sans facilité de transport du sable de base et surtout des objets
finis. A moins, bien entendu, que l’exploitation sous couvert de verrerie
anodine, cache une autre activité sur laquelle nous ne savions pas
grand-chose jusqu’à ces jours. Effectivement, le site, loin
de tout hameau et des chemins habituels, peut servir à certains exercices
de fonderie locaux. Il faut bien avouer que ce pari de discrétion
maximum s’est montré particulièrement réussi
puisque même les autorités municipales d’Opoul-Périllos
n’en savaient rien, n’en savent rien et ne disposent d’aucune
archive, ou de simplement la mémoire humaine de ce site pourtant
étendu. Il est vrai qu’on ne peut pas tout faire… par
exemple, laborieusement tenter de médiatiser les ruines d’un
village endormi par une réhabilitation d’un petit bâtiment,
dans l’indifférence quasiment générale…
et tenter de retrouver les éléments du passé historique
d’un territoire dont les seigneurs furent souvent égaux, sinon
supérieurs, à bien des princes d’église et de
couronne… Des faits qui intéressent près de 50.000 visiteurs
chaque mois sur notre site.
L’ombre
blasonnée des seigneurs de Périllos
Croquis
de la pierre blasonnée du site 'four à verre'
A
présent, et depuis peu, nous pouvons parler des seigneurs de Périllos
en toute certitude en ce qui concerne ce site. En effet, en poursuivant
précautionneusement le dégagement du roncier recouvrant la
partie basse du four, nous avons fait une importante découverte.
Dans les décombres de pierres éparses autour de la ‘gueule’
du premier four, est apparue une pierre qui pourrait être…‘de
Propriété’. Elle semble mériter cette appellation
puisqu’elle comporte des gravures soignées montrant un blason
simple des Périllos (sans canton), la date de 1501 avec une autre,
plus récente, de 1654 avec la gravure d’une croix sur un tout
petit cercle (ou gros point en creux). Le détail est si rare, en
la matière, qu’il mérite particulièrement d’être
souligné.
Habituellement, ces genres d’installations se trouvent surtout appartenir
aux artisans verriers oeuvrant ponctuellement sur plusieurs sites réunis
en une exploitation générale. Ces ouvriers, d’ailleurs,
ne laissaient quasiment jamais de signes lapidaires particuliers sur les
fours et tout au plus en connaissait-on l’existence, les noms et la
production particulière : bouteilles, flacons et rarement des objets
plus sophistiqués. Les appareillages de four demandaient des matériaux
simples – pierres, terres, liants, sables et tuyauterie d’argile
pour les tuyères – qui souvent étaient remplacés
au fil de l’usure de l’ensemble… ou détruit en
fin d’usage. Ces laps de temps et de précarité excluaient
évidemment tout ornement, détail de finition, signature ou
autre symbole qui n’auraient pu perdurer.
Les
Périllos cachent leur jeu et gagnent
Dans
le cas de la construction qui nous intéresse, un blason daté
montre, à l’évidence, l’appartenance des installations
placées sous la propriété des seigneurs blasonnés…
les Périllos ! Cependant, pour devancer nos grincheux habituels,
nous dirons que cette pierre pouvait fort bien se trouver ici avant l’installation
verrière. En ce cas, les ouvriers auraient reposé, en la respectant,
cette marque d’inféodation… qu’ils pouvaient également
être allés chercher à courte distance pour la réutiliser,
sans qu’on en sache la raison. C’est très possible, mais
nous ajoutons que cette pierre, taillée soigneusement, est de dimensions
imposantes et il serait surprenant que des ouvriers, attentifs à
la rapidité d’une construction devant vite être rentabilisée,
aient consacré de leur temps à chercher cette marque nobiliaire
et l’inclure dans leur four… A cette remarque nous ajoutons
qu’il n’est pas non plus certain que le seigneur local ait apprécié
ce genre d‘initiative l’associant à une entreprise qu’il
n’aurait pas décidée. Il faudrait donc supposer autre
chose. Nous pourrions dire sans trop de risque, en un premier temps, qu’il
y aurait eu anciennement sur ce lieu une construction placée sous
l’empreinte des seigneurs de Périllos. Cette hypothèse
serait acceptable car nous sommes encore sur les terres féodales,
bien qu’à leurs confins, de cette famille. Il y aurait encore
une autre solution plus intéressante encore. Nous dirions que les
Périllos, à cet emplacement dont ils sont les maîtres,
installent sous leur coupe des maîtres verriers chargés d’ouvrir
une petite industrie du verre. Seulement, un seigneur ne lance pas une telle
opération sans un rapport ou un but bien particulier… Il n’y
aurait, sans doute, pas eu de rapport financier sans qu’il n’en
reste des traces. Il faut donc se tourner vers un but exigeant, nous l’avons
vu, un emplacement éloigné, discret, qui en cas de découverte
fortuite devient l’innocent emplacement d’une petite industrie
sans grande rentabilité… donc sans le moindre intérêt.
Oui… mais pour les Périllos, il y avait un intérêt.
Nous savons que ce site ‘industriel’ se trouve près de
certains gisements archéologiques et en un tel endroit qu’il
a la vue complète sur le lieu. Mais ce n’est pas tout.
Des
éclaboussures et de l’or… pour du verre rouge sang ?
Nous nous souvenons des observations sur les premiers échantillons des ‘éclaboussures’ de verres, trouvées sur les vestiges des parois demi sphériques du premier four. Dans cette stratigraphie pâteuse se voient les différentes ‘coulées’… dont certaines comportent des traces incontestables d’or pur ! Bien entendu, ce n’est qu’une hypothèse, mais nous pourrions nous trouver devant des ‘traces’ précieuses étant simplement celles d’un amalgame voulu au moment de la préparation d’un verre avec des inclusions d’or. En effet, nous savons que la composition d’un verre rouge intense demande l’incorporation, dans sa base, d’une ‘brioche noire opaque’, bien connue des maîtres verriers qui en détiennent jalousement le savoir secret, et… du lancer dans le creuset d’une pièce d’or calibrée suffisante pour la composition d’un volume donné. Pourtant, il ne faut pas rêver… ce genre d’œuvre souvent exclusivement réservé au rouge des grandes verrières des cathédrales ne se confectionnait pas à tous les vents en des sites hasardeux éloignés de tous centres de grosses industries corporatives en compagnonnages.
…
Ou une activité inavouable ?
Il
nous resterait une dernière solution. Ce serait celle de l’utilisation
d’une chauffe de fonderie très élevée, le degré
de fusion du verre par exemple, pour un usage ponctuel, comme par exemple…
celui d’une fonte d’or ! Les seuils de fonte sont très
proches l’un de l’autre et les creusets sont également
souvent de même encombrement jusqu’au 17e siècle. Il
serait donc admissible, et ceci justifierait le blason daté, que
les Périllos aient dissimulé une activité, inavouable
ou nécessitant une extrême discrétion, derrière
celle maigre et trop peu lucrative de la petite fabrication de quelques
bouteilles de verre sombre… Rien n’en aurait laissé trace
et ceci pouvait, alors, justifier la présence de charbon (du type
coke de fonderie) ou toute autre matière combustible, et d’ouvriers
spécialisés… payés pour se montrer peu bavards.
De plus, la forme, courte et montante, d’une tuyère de four
se justifierait tout à fait dans ce genre d’industrie de fonderie.
Notons que ce genre de four fut utilisé primitivement par les Chartreux
pour leurs activités de fonderies dans lesquelles ils étaient
passés maîtres!
Oui…
mais que fondre ?
A
ces hypothèses il manque un élément important, celui
du « quoi fondre », si on suppose cette activité cachée
sous celle du verre. Cette question est importante car si elle n’obtient
pas de réponse satisfaisante, elle annule forcément le sujet
‘fonderie d’un métal précieux’. A ceci,
nous pouvons apporter plusieurs solutions :
D’abord, nous observons que les infimes ‘traces’ d’or,
retrouvées dans la pâte de verre sur les parois, sont prises
en ‘feuilles’ dans des couches plus épaisses. On a donc
opéré des fontes de métal entre deux ‘culées’
de verre. Ce qui signifie que cette opération était ponctuelle
et alternée avec d’autres plus... innocentes.
Ensuite, il nous faut savoir qu’en coulant du métal précieux,
il faut disposer de ce fameux métal. De ce point, deux possibilités
s’imposent. La première est de disposer d’objets ou produits
à fondre ou refondre. La seconde, tout naturellement, fait appel
tout simplement à du minerai.
Il est impossible de supposer les seigneurs de Périllos réduits
à ‘refondre’ leur vaisselle ou objets précieux
par un besoin crucial… tout autant de les imaginer ayant pillé
un butin et le fondre pour en faire disparaître les origines contestables…
Le minerai serait donc la solution la plus acceptable et rationnelle. Pour
la circonstance, il faut apporter la matière première jusqu’au
four. Peut-on envisager que ce système n’ait, à son
tour, laissé aucune trace dans la région et surtout auprès
des autorités locales. Si on imagine des chars apportant le produit
à raffiner, il faut le voir circuler sur des chemins capables de
recevoir ce genre de véhicule peu discret et volumineux… Il
reste, on s’en doute, la solution de facilité qui serait celle
de l’extraction d’un minerai proche du site de fonte.
A ce stade, il nous faut revenir des années en arrière.
Silence
complet sur des mines fantômes
Nous
étant rendus à la mairie d’Opoul, pour y retrouver précisément
des documents miniers, nous avions été surpris de la réponse
à la fois étonnée et totalement négative de
mesdames les secrétaires. C’est alors que monsieur le passé
maire, sortant de son bureau, nous avait interpellés. Sa surprise
était égale à la nôtre. Son argument était
le suivant : enfant du pays et prétendant connaître son pays
natal ‘comme le fond de sa poche’, s’il y avait eu la
moindre mine de métal précieux, il l’aurait su, la mairie
l’aurait su, des archives en resteraient dans ses locaux, les anciens
l’auraient su. Le ton devint goguenard et c’est à peine
si on ne nous prenait pas pour de joyeux farceurs…
Le gros problème pour cette réaction étonnante réside
dans le fait que nous disposions de deux documents incontestables que nous
mettions, le lendemain, sous le nez de monsieur le passé maire et
de ses secrétaires. Ces éléments sont respectivement
le plan des secteurs miniers de Périllos et les points précis
d’extraction, et un ‘arrêté’ du préfet
d’alors, autorisant la poursuite des exploitations minières…
Et le commun des chercheurs et des grincheux habituels, de supposer comme
à son habitude que nous sommes les auteurs des documents, ou qu’ils
nous ont été remis par on ne sait quelle société
aussi occulte que secrète ! Manque de chance pour nos détracteurs,
car ces éléments provenaient tout simplement des archives
départementales qui, avouons-le, sont une administration d’Etat
difficile à traiter de société secrète, occulte
ou ésotérique !
Le problème pour tous ces gens était celui de s’accorder
la peine de faire une simple recherche au seul endroit approprié
en la matière. Mais, pour conduire ce genre d‘action, il faut
s’en donner la peine, y aller, persévérer et surtout
savoir dans quelles rubriques mener cette enquête. Peut-on supposer,
nous qui sommes targués de ne pouvoir « construire que des
châteaux de sable » par monsieur le maire actuel, que ayons
été les seuls à pouvoir accomplir ce travail ? Le résultat
est à lui seul notre réponse. Mais, nous précisons
que, pour ces recherches en archives, il faut avant tout avoir d’importants
soupçons… puisque plus personne n’est capable d’être
à propos de l’existence de cette mémoire. Et, en effet,
il nous fallait comprendre certains comportements des seigneurs de Périllos
ainsi qu’une accumulation d’observations sur le terrain. C’est
ainsi que peu à peu s’est dessinée l’hypothèse
de l’existence de mines très anciennes sur le secteur. Pourtant,
si la mémoire des habitants d’Opoul, et de leur mairie, est
défaillante, celle de ‘certaines personnes’ était
curieusement intacte au point de demander au préfet la prolongation
des titres d’exploitation minière remontant au Moyen-Âge.
Des
fours trouvés à des mines introuvables
Ces
remarques nous ramènent à notre site de ‘fours à
verre’ et nos suppositions d’un discret traitement des minerais
précieux. L’existence d’anciennes mines accréditerait
notre hypothèse… Pourtant, depuis plus de dix ans, malgré
nos recherches sur le terrain, nos résultats restaient trop insuffisants.
Nous reviendrons prochainement sur les éléments retrouvés
à propos du bornage de la superficie minière. En attendant,
une fois de plus, le hasard nous tirait d’affaire sous la forme de
l’opiniâtreté d’un des adhérents nous permettant
enfin de remplacer notre théorie par des certitudes indiscutables.
C’est ainsi que nous pouvons enfin annoncer qu’une des mines
de Périllos est enfin localisée.
Celle-ci est bien une de celles situées sur la carte en notre possession.
Il s’agit donc d’un des sites d’extractions de minerais
précieux dont nous soupçonnions depuis longtemps l’existence.
Nous pouvons dire sommairement que la distance entre les ‘fours’
et la minière est courte et peut se parcourir par d’anciens
chemins aujourd’hui totalement disparus et oubliés… dont
nous commençons à retrouver des portions ensevelies sous les
ronces.
Le mystère des traces de minerais précieux retrouvées
sur la paroi du four s’éclaircirait au moins par l’origine
du minerai. Ainsi, les Périllos auraient simplement extrait un métal
natif d’une de leurs mines et l’auraient fait raffiner en toute
discrétion sur leurs terres, en faisant appel à quelques spécialistes
étrangers – certains indices en notre possession nous poussent
à penser qu’il ait pu s’agir d’ouvriers d’origine
juive – tenus à l’écart des autochtones…
tout comme c’était le cas pour les deux autres sites verriers
en amont des ruines de Périllos. Mais ces ‘éclairages’
n’expliquent pas le fait qu’on ait voulu cacher cette activité
que rien ne qualifiait d’illicite. La question qui reste encore à
solutionner serait la suivante : pourquoi les seigneurs de Périllos
ont-ils voulu dissimuler ces faits ? Nous tenterons, plus tard, d’apporter
des débuts de réponses.
Le
premier puits de mine enfin retrouvé !
Concernant
cette dernière découverte, nous n’en sommes qu’aux
premiers repérages sur site. Pourtant, nous pouvons dire qu’il
s’agit bien d’un point d’exploitation minière.
Un orifice de plus de quatre mètres, parfaitement délimité,
ouvre sur une descente ayant la forme d’un puits de plus de cinq mètres
de profondeur. Aux pauvres arguments pouvant nous dire que n’avons
retrouvé qu’un vieux puits d’eau, nous répondrons
que le célèbre puits dit ‘de la cité de Carcassonne’
ne dispose pas d’une telle ouverture, et qu’ensuite on pourrait
bien se demander les raisons d’exister d’un tel puisard perdu
dans la garrigue des terres de Périllos. De plus, on ne distingue
aucune trace particulière d’humidité telle que des mousses
ou des boues habituelles au fond de vieux puits non entretenus. Enfin, le
fond de cette profonde cavité donne sur le départ d’une
galerie en légère déclivité. A l’entrée
de cette dernière se trouvent encore d’anciens dispositifs
d’étayages composés d’énormes madriers
en ‘corbeaux’ propres au milieu minier.
Pour l’instant, nous commençons le travail de données
topographiques et G.P.S. Ensuite, suivra le constat d’état
des lieux, suivi d’une première prospection souterraine demandée
à des spéléologues dûment inscrits à la
Fédération Française de Spéléologie.
Ceci pour mettre hors de propos toutes tentatives pour nous accuser de dégradations
ou de prospections non autorisées.
Il va sans dire que nous diffuserons prochainement plusieurs clichés
de cette installation minière à laquelle nous consacrerons
un chapitre particulier. Pourtant, aucune de ces vues ne permettra de deviner
par déduction l’endroit de notre découverte. Cependant,
comme à notre habitude, nous refuserons de donner la localisation
exacte, ou globale, afin d’éviter d’une part un saccage
du lieu, des dégradations devenues coutumières en la matière,
mais surtout afin de prévenir de graves accidents pouvant survenir
en cas de tentative de descente sans équipement approprié
ou autres maladresses pouvant très vite devenir catastrophiques…
…
et la caravane passe !
A
toutes fins utiles, nous avons tenté de prendre contact avec monsieur
le maire d’Opoul en demandant, devant témoin auditif, à
son secrétariat, un rendez-vous afin de lui faire part de nos travaux.
A ce jour, nous n’avons pas même obtenu de réponse évasive
à notre demande. De fait, nous considérons purement et simplement
que ces remises à jour fortuites de vestiges importants concernant
le passé de l’ancien territoire des seigneurs de Périllos
n’offrent aucun intérêt. Nous adresserons donc en temps
voulu nos dossiers plus complets à l’administration concernée.
Quant au site ‘verrier’, nous en poursuivons l’état
des lieux, sans bien entendu toucher aux vestiges, ni déplacer quoi
que ce soit encore en place. Cependant, là encore, nous décidons
de ne donner aucun élément permettant de retrouver l’endroit.
Ceci afin de préserver ce qui reste de cette exploitation et d’en
permettre l’étude par les spécialistes compétents,
car nous voyons trop souvent ce que deviennent les sites dont nous avions
donnés la localisation ou les possibilités d’accès.
Nous reviendrons, dans la prochaine partie, sur notre étude de ce
site minier et ses curiosités. Cependant, nous précisons ici,
afin que nos lecteurs ne puissent l’ignorer, que notre politique n’a
jamais été de cacher nos travaux mais de tenter d’en
donner la publication des résultats aux autorités, afin de
pouvoir poursuivre en bonne intelligence, cordialité et respect nos
recherches, parfois sous-entendues comme celles d’une « société
secrète » ou en forme de « château de sable ».
André Douzet
| Nous tenons à exprimer notre gratitude aux personnes qui nous accordent leur confiance en nous communiquant leurs découvertes fortuites nous permettant d’importantes avances dans nos travaux. Sans eux nous ne pourrions progresser ainsi, et cet article ne serait pas. |