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De
fours en mines... (3ème partie) - Un endroit enfin présenté |
Nous
revenons sur nos textes présentés en matière de lieu
où se déroulait une activité de production verrière
sur les anciennes terres des seigneurs de Périllos. A ce moment,
la révélation des sites semblait prématurée,
voire poser un problème de confiance face à d’éventuels
saccages. Effectivement, par expérience, il est, hélas, commun
et courant de constater qu’une fois un emplacement connu, il subit
les visites d’indélicats visiteurs ne pouvant résister
à leur occupation préférée: le saccage en règle
de vestiges du passé. Pour cette raison nous ne fournissions pas
d’indication de repérage du premier four retrouvé fortuitement
lors d’une chasse locale, nous avait on affirmé.
Les temps changent et il faut bien qu’un site soit connu afin que
des scientifiques s’y penchent et nous apportent sur le sujet des
éléments tangibles et rationnels. Ces derniers, alors, éclairent
de manière incontestable ce genre de témoin afin qu’un
large public bénéficie du savoir des experts en la matière.
Ceci nous donnera, n’en doutons pas, des informations pédagogiques
sur la vie des artisans qui exercèrent leur maitrise dans cette contrée,
et dont le souvenir s’est trop souvent effacé au fil du temps.
Raviver ce passé technique et ‘insolite’ (puisque ce
mot est devenu actuellement au gout du jour) permettra au promeneur, curieux
ou scientifique, d’apprécier plus facilement ce que pouvait
être un rudimentaire four à verre. Ne doutons pas que cet élément
sera suivi d’autres informations ouvrant, peu à peu plus largement,
les connaissances perdues sur ces territoires aux confins du Roussillon.
Ajoutons
encore qu’ici il s’agit probablement d’un système
de four, dit ‘à bouteilles’ ou ‘flacons’,
permettant d’exclure toute possibilité d’une production
de type ‘glaces’, ‘bosses’ ou ‘verres plats’,
ces derniers nécessitant un espace différent et surtout un
appareillage plus sophistiqué ne pouvant correspondre à ce
que nous trouvons en place.
Les détails de la ‘motte’ correspondraient au modèle
dit ‘français’, encore que ce puisse être accepté
comme celui de ‘ hutte anglaise’ mais qui, en ce cas, serait
là étrangement trop réduit en taille.
Si le point de fabrication est découvert, il reste à définir
où pouvait se trouver celui de ‘rechauffe’ et refroidissement,
ainsi que l’emplacement ou le maître verrier pratiquait la paroison,
la piqure et le filet qui ne pouvaient se faire sans les marbres correspondant.
De plus, il est évident que ces opérations imposaient leur
pratique sous des abris imperméables au moment des pluies. A ce jour,
il ne reste rien permettant de supposer les bases d’une charpente,
un préau couvert ou autres toitures indispensables à l’abri
de l’eau. Si cette absence est remarquable, elle pose quand même
le problème de supposer un fonctionnement saisonnier, ou ponctuel,
inhabituel pour cette corporation relativement hermétique et un autre
problème de quantité des fours. Cette question se pose, car
pratiquement jamais ce genre de fabrication ne se fait depuis un seul point
de fusion, d’abord pour des raisons pratiques (éventuelle défaillance
imprévisible des installations) ou de rentabilité commerciale
qu’un seul four ne saurait satisfaire.

Il
a été dit, suite à nos récentes découvertes,
qu’il soit impossible que nous ayons pu trouver un second site de
manufacture verrière à proximité. Si on en croit les
chroniques de cette corporation, ce serait surtout qu’il n’y
ait eu qu’une seule ‘motte de fusion’ qui soit une incohérence
remarquable ! D’autant plus qu’il y a peu de temps, les restes
d’un potentiel troisième four auraient été retrouvés
par des chercheurs explorant ce secteur. Trois de ces appareillages devient
un nombre correct pour une petite exploitation dont on trouve le modèle
à la Sals (au dessus de Rennes-les-Bains) par exemple, bien que les
installations soient encore d’un modèle autre et peu connu…
en tout cas pour l’encyclopédie Diderot et d’Alembert,
d’où nous extrayons quelques illustrations.
Le lecteur aura noté que d’autres communautés verrières
se situent de l’autre côté du Montaillou de Périllos
sur le versant Embres et Castelmaure où, là, les lieux désignent
clairement avoir été exploités par des artisans d’origine
juive.
Afin que tous puissent apprécier ce site remarquable nous en donnons, comme convenu, les coordonnées GPS et une localisation depuis une carte d’état major :

Relevé GPS du four à verre:
42°51'40,6" N
2°50'25,6" E
Pour
se situer : sur la D9 allant du « pas de l’escale » à
Opoul, compter 3km et tourner à gauche (à droite en venant
d’Opoul) pour emprunter un chemin agricole (aussi DFCI) et poursuivre
jusqu’aux vestiges du « Cortal Tirolet ». De ces
ruines, situées à proximité d’une vigne et de
la borne de limites n°18, le four est à moins de cent mètres
en direction du plateau de Salveterra.
Bonne découverte à tous.
André Douzet