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Société Périllos ©

La Généalogie de la famille de Perellos
(1ère partie) - Les racines d’une famille

 

Rencontrez la famille de Perillos

Les sources pour cette enquête sont diverses : les Archives nationales, comme le carton J 1050, qui contient entre autres : « 47. 1er mai 1393. Acte de vente, par le roi Jean (Ier) d’Aragon, comte de Roussillon et Cerdagne, à Ramon, vicomte de Perillos et de Rodez, de son château et fief d’Elle (Ille). — Copie coll. par un notaire de Perpignan le 12 mai 1688. » et « 48. 25 janvier 1438. Acte par lequel François de Fenouillet, vicomte de Perillos, s’engage à payer à Francisco Dalcamora, de Barcelone, certaines sommes à lui dues par Louis, vicomte de Perillos et de Rodez, sur le fief d’Elle (Ille). — Copie coll. par le même notaire, même date (la pièce est liée à la précédente) » En plus, il y a la généalogie « officielle » de la famille et des documents historiques, trop nombreux pour les identifier ici. On note, entre autres, L’Héraldique & Généalogie (1988 & 1989), Grand dictionnaire historique (10 tomes) de Louis Moréri (Paris, 1759), le Gran Enciclopèdia Catalana, etc. En plus, nous avons utilisé des documents historiques qui ajoutent des détails sur les lieux et les évènements, plutôt que sur la généalogie de la famille.

La préhistoire

Après avoir été la capitale du royaume wisigoth, Toulouse demeure la grande métropole de la France du Midi. Le comté de Toulouse est donc une principauté territoriale qui s’étend selon les époques sur toute l’Aquitaine ou une grande partie du Languedoc et contient même des terres au-delà du Rhône. Dès l’époque mérovingienne, un comte ou duc est placé à Toulouse, alors capitale de l’Aquitaine entière.
La tradition dit que les Perillos descendent de ces comtes de Toulouse, au temps de Charlemagne et qu’un descendant, un certain Ramon Beltran, était le premier à devenir un “Perellos”, a cause des ses efforts sur le champ de bataille « perilleux ». Cela est décrit dans la généalogie « officielle ».
Ce texte parle de Torson, qui était chevalier au temps de Charlemagne, vers 770. Il était devenu comte de Toulouse en 778, et déposé en 790. Ses successeurs se nomment Isauredo, Bertran, Guillermo, Remon de Sanguil, Guilien, Ponce, Aymerico et Ramon/Remon.
Cette histoire est tout à fait vraie – la question est de savoir si les Perillos sont vraiment descendus de ce Torson comme l’affirme le texte. Si oui, on note que Torson lui-même est un descendant de Charibert II, le Roi d’ Aquitaine (629-632), qui a comme enfants Childeric – Duc d’ Aquitaine (631-637), Boggis – Duc d’Aquitaine et Gascogne (637-688), Chilperic (mort en 630), Bertrand – Duc d’Aquitaine et Gascogne (637-?) et Dagobert. Torson lui-même descend de Boggis, son fils Eudes I le Grand, Eudes II, Hunald, Mansion, qui était son deuxième fils et le père de Torson, aussi connu comme Chorson et Torsion.

La famille des futurs comtes de Toulouse apparaît vers 840 quand Pépin II nomme Frédelon, jusque-là comte de Rouergue. Dans cette famille, on trouve bien sûr beaucoup de Ramon, ou Raymond. Frédelon est remplacé en 852 par son frère Raymond I. Frédelon se rallie à Charles le Chauve, qui le confirme dans ses fonctions en 845 et nomme son frère Raymond comte de Quercy. À la mort de Frédelon (vers 852), Raymond lui succède, mais est évincé en 863 par Bernard de Septimanie et meurt l’année suivante.
Après une guerre contre le comte d’Auvergne, Bernard Plantevelu, le fils de Raymond, Eudes, se réinstalle à Toulouse et y exerce son pouvoir d’une manière relativement indépendante. Son fils Raymond II lui succède, puis son petit-fils Raymond III Pons, qui annexe la Septimanie et étend sa suzeraineté sur l’Albigeois, le Rouergue et le Quercy. Raimond III (Raymond Ponce III) (né 923 – mort 969), était le père de Raimond Ponce & Guillermo Tallaferro III (Guillaume Taillefer), ce dernier né vers 947. Le comte de Toulouse Guillaume Taillefer (†1037) épouse Emme, fille du comte d’Arles, Roubaud II. De ce mariage vient une revendication par la famille de Toulouse d’une partie de l’héritage provençal, revendication qui conduit à l’accord de 1125 par lequel le comte de Toulouse reçoit, avec le titre de marquis de Provence, les régions au Nord de la Durance et Beaucaire, pendant que le comte de Barcelone, Raymond Bérenger Ier, dont la femme est héritière d’une branche cadette, garde un comté de Provence organisé autour des comtés d’Arles et de Forcalquier. L’accord est précisé en 1174. La famille reste au pouvoir durant les siècles successifs, avec les autres Raymond au premier rang de l’histoire de Toulouse.

La ligne « mythique » des Perillos se dirige, quand même, vers Raymond IV, qui dans la généalogie Perillossien « officiel », devient « Ramon I ». Il devient comte en 1088, à la mort de son frère Guillaume IV et acquiert le Rouergue et le Narbonnais, ainsi que les droits sur de nombreuses villes du bas Languedoc. On peut se demander si parmi ces villages se trouvait celui de Périllos. Plus tard, il participe à la première croisade et il se distingue dans les batailles d’Antioche, Jérusalem, et meurt dans le siège de Tripoli en 1105. Mais ce ne sont pas ses exploits sur le champ de guerre, mais sur le plan marital qui nous intéressent. Le premier de ses mariages est annulé vers 1061. Il a aussi un fils “hors mariage”, Beltran/Bertrand. Il se marie ensuite avec Sancha ou Ermesenda d’Aragon, créant une alliance entre les Aragons et Toulouse.
Bertrand part à son tour à la Terre Sainte, ou il fonde le comté de Tripoli en 1109 et laisse Toulouse à son frère Alphonse Jourdain. Il devient comte de Tripoli et est mort 1112. C’est avec cet homme que nous trouvons le dernier descendant « mythique » de la famille de Perillos.

L’entrée dans l’histoire, et la disparition

Déjà, en 1100, un “Raimundus Segarii de Perelons” était seigneur de Perillos. A ce moment, on sait qu’Opoul est connu comme Oped, retrouvé dans un leg d’Arnau Guillem de Salses à son fils Oliba. Il lui cède un alleu à Opoul et le château de Salses. C’est en 1114 qu’un Ramon de Perillos est présent à l’inauguration de l’église de Salses. Il est nommé comme étant un vassal du comte de Barcelone. Quand, en 1172, la Catalogne est annexée par Aragon, les Perillos deviennent des vassaux des rois d’Aragon.

Eglise d’Espira-de-l’Agly

Bien qu’il y ait des sires à Perillos, en 1148, on note que l’ancienne chapelle appartient au prieuré d’Espira-de-l’Agly, qui depuis 1134 est dans la propriété de l’évêché d’Elne, qui y adjoint un prieuré des moines augustins. On sait que, dans son alliance avec les augustins en 1136, le prieuré ne cesse de prospérer et reçoit de nombreux biens en Roussillon et en Cerdagne. Quand on note alors l’appartenance de Perillos au prieuré en 1148, la logique nous informe que les deux endroits étaient parmi les « profits » des moines augustins.

La terre de Perillos ne contient, à ce moment, pas le plateau de « Salveterra », comme on le retrouve plus tard dans l’histoire. Ce qui est quand même assez intéressant, c’est qu’en 1215, on retrouve toujours la mention d’une l’église sur ce plateau appartenant aussi au prieuré d’Espira-de-l’Agly. Les sires d’Opoul et de Perillos à cette époque semblent ne pas être en charge des églises sur leurs territoires. En 1246, Jacques I le Conquérant décide d’établir un village et Opoul devient une ville royale, une situation qui durera jusqu’à la Révolution. Il rébaptise alors le lieu qui s’appellera désormais Salveterra. Opoul est né ; Perillos continue à exister.

Mais juste au moment où nous avons des infos concernant l’histoire des villages, la généalogie paraît passer à côté de ce moment historique. Alors, la généalogie « officielle » mentionne un Bertrand II, qui se dirige dans le territoire de Cahors, dans un endroit qui se serait appelé Perillarch, sur les rives de la rivière Dordogne. C’est à ce moment que la généalogie constate un manque d’infos et un « trou » de deux siècles. C’est cette lacune qui doit nous prévenir de ne pas trop lire les détails de cette « préhistoire ». Il est bien possible que la famille ait inventé une noble ascendance, peut-être que leurs origines n‘étaient pas connus dans le détail généalogique par eux-mêmes. Quand même, il est possible que la famille de Perillos soit, en effet, une noblesse mineure dans la descendance des comtes de Toulouse. Cette route est la plus logique, car elle peut expliquer comment les membres de cette famille sont devenus seigneurs de Perillos.

Au début du XIVième siècle, l’histoire « officielle » recommence, et on note l’existence de trois frères de cette famille de Perillarch: Ils s’appellent :

1. Ramon Beltran de Perellos
2. Beltran Claquin, qui sert le roi de France, que certains historiens appellent Beltran Duglesquin. Quand même, ce Beltran Duglesquin est mentionné en 1366, un date qui semble trop tard pour les événements. Une autre erreur de cette généalogie? Car bien que celon différentes sources historiques Duglesquin soit mort en Languedoc, sa naissance est normalement située en Bretagne et non pas dans le Sud de la France.
3. Francisco Beltran de Perellos

Même lorsque la généalogie « officielle » reprend le fil, nous nous trouvons toujours sur une terre incertaine. Pour certains, cette famille de Perillarch est devenu « Perillos » en passant par « Peligroso », « dangereux ». Deux experts, Gaspar Escolano et Martin de Viciana, en parlent. Apparemment, la famille habite toujours à Perillarch. Quand même, un de ces experts, Gaspar Escolano, pense qu’il est plus probable que le nom de Perillos dérive de Perillos (66600). Nous soutenons cette conclusion, car elle est la plus logique. En ce qui concerne un autre village Perillarch, sur les rives de la Dordogne, durant au moins deux siècles, il manque de la documentation, mais nous avons voulu quand même mentionner cette info et ce texte curieux.

On note aussi que la logique veut qu’entre 1100 et 1300, les deux siècles manquants » dans la généalogie officielle, on voit la résurgence de « Perillos ». Et quand on note que les Perillos se trouve à Perillos au début de XIVième Siècle, on doit bien conclure que cette lacune est, en vérité, sans doute remplie, même que peut-être nous pouvons jamais récupérer tout les détails historiques des sires de Perillos entre 1100 et 1300. La généalogie officielle aussi veut que, à cette époque, les sires de Perillarch quittent leur territoire pour aller en Espagne et servir les rois d’Aragon. Mais on note que les sires de Perillos (66600) sont déjà devenu des vassaux de ce roi, par l’annexion de la Catalogne à Aragon. Si on simplifie les choses, deux mystères peuvent être résolu dans un coup.

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